"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

16 janvier 2008

Les blessures de la vie

De: Prêtre Vladimir Demshuk
Objet: THE SCARS OF LIFE
Envoyé le: samedi 12 Janvier 2008

Il y a quelques années d'ici, au cours d'une chaude journée dans le sud de la Floride, un petit garçon décida d'aller nager dans la vieille mare derrière sa maison. Pressé de plonger dans l'eau fraîche, il courut hors de la maison, retirant chemin faisant ses chaussures, chaussettes et sa chemise.

Il plongea dans l'eau, ne réalisant pas qu'alors que lui nageait vers le milieu de l'étant, un alligator, très fréquent dans la région, nageait lui vers la rive.

Son père, travaillant au jardin, vit les 2 qui se rapprochaient l'un de l'autre. Horrifié, le père courut vers l'eau, hurlant aussi fort qu'il pouvait après son fils.

Entendant enfin la voix de son père, le garçonnet réalisa et prit peur, fit demi-tour pour nager vers lui. Mais il était déjà trop tard. A peine avait-il atteint le bord où était son père que l'alligator était sur lui.


Du ponton, le père agrippa son fils par les bras, alors que l'alligator mordait le gamin aux jambes. Un terrible spectacle de traction de force commença entre les 2, avec le gamin comme corde. L'alligator était bien plus fort que le père, mais le père était bien trop motivé pour abandonner. Un fermier passa par là, entendit les hurlements et courut hors de son véhicule, fusil à la main, il épaula et tua l'alligator.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, après des semaines et des semaines à l'hôpital, le gamin survécu. Ses jambes étaient terriblement marquées par les profondes blessures infligées par l'animal sauvage. Ses bras aussi étaient couverts de profondes marques: c'était les ongles de son père, enfoncés dans sa chair, dans un effort surhumain pour retenir ce fils qu'il aimait tant.

Le journaliste qui rendit visite au garçon après l'accident lui demanda s'il pouvait voir les cicatrices. Le gamin leva les jambes de son pantalon, et avec une fierté non-cachée, il dit au journaliste : "mais voyez plutôt mes bras. J'ai aussi de grandes cicatrices sur mes bras. Je les ai parce que mon père n'a pas voulu me laisser tomber."

Vous et moi, nous pouvons nous identifier avec ce garçonnet. Nous aussi, nous avons tous des cicatrices. Certes, pas d'un alligator, mais les cicatrices d'un passé douloureux. Certaines de ces cicatrices sont très laides, et nous les font amèrement regretter. Mais certaines cicatrices, mes chers amis, ne sont là que parce que Dieu a refusé de nous laisser tomber. Au milieu de notre lutte, Il était là, à nous retenir.

L'Écriture sainte enseigne que Dieu nous aime. Nous sommes tous enfants de Dieu. Il veut nous protéger, et prendre soin de nous de toutes les manières possibles, mais parfois, nous nous enfonçons dans des situations dangereuses, sans savoir ce qu'il y a au bout.

La mare de cette vie est pleine de périls, et nous oublions que l'Ennemi est là, tapis, près à attaquer. Ce n'est que lorsque commence cette guerre où nous devenons la corde entre Dieu et lui, que nous nous en rendons compte. Si vous avez des cicatrices de Son amour sur vos bras, soyez-en très très très reconnaissants. Il ne vous a jamais laissé tomber, et jamais Il ne le fera.

Vous ne saurez jamais tout ce qu'une personne a pu vivre et vit encore. Ne jugez jamais les cicatrices de la vie d'autrui, car vous ne savez pas comment cette personne les a eues. Et partagez ceci avec votre prochain. Ca lui fera du bien.

p. Vladimir.


Quand l'ennemi frappe à votre porte...


nous on préfère celui-là, d'alligator!


1 commentaire:

Anonyme a dit…

A propos du procès de Galilée :
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Les rationalistes tendent à opposer par principe foi et raison, dans le but avoué de ruiner les fondements de la religion. Or distinction n’est pas opposition, et il ne saurait y avoir d’opposition car Dieu est principe aussi bien de la foi que de la raison. Il s’agit seulement de bien poser le problème, ce qu’a fait le Pape en soulignant que foi et raison diffèrent quant à leur objet, mais concourent toutes deux à la connaissance de la Vérité qui est une. Comment deux sciences qui n’ont pas le même domaine d’application peuvent elles s’opposer ? L’affirmer relève de l’absurde, et pour le coup, est absolument contraire aux lois de la raison.
Un des cas les plus typiques de cette dialectique, utilisée bien souvent pour dénigrer une Eglise obscurantiste, est ce qu’on a coutume d’appeler « l’affaire Galilée ». Ainsi, à en croire certains, et hélas leur opinion, dont nous démontrerons la fausseté est très répandue dans la conscience populaire, Galilée, physicien et astronome aurait été condamné par l’Inquisition comme hérétique en 1633. Il aurait été réhabilité par le Pape Jean-Paul II en octobre 1992. Qu’en est il exactement ?

Disons d’abord que Galilée n’a pas pu être condamné pour hérésie, puisque l’hérésie est une erreur, ou négation, contraire à la foi révélée par Dieu et enseignée par l’Eglise. Or les propositions professées par Galilée ne touchaient pas directement à la foi, mais relevaient des sciences positives. L’Eglise n’a pas en soi autorité pour juger sur des propositions relevant de ces sciences. Nous pouvons en effet distinguer dans le vaste champ des connaissances, 3 niveaux différents :

 les hypothèses scientifiques, qui doivent être vérifiées expérimentalement. Karl Popper, célèbre épistémologue du XXè siècle parle à ce sujet de falsifiabilité : une proposition doit être telle qu’on puisse démontrer si elle est vraie ou fausse. Par ailleurs ces hypothèses, même vérifiée, peuvent toujours être révisées, reprises selon un autre point de vue, et c’est bien ce qui arrive en pratique.

 la réflexion philosophique, qui procède rationnellement, et qui peut, si elle est correctement conduite, aboutir à des vérités.

 la théologie qui déduit et expose les vérités contenus dans la Révélation. En ce domaine, seule l’Eglise, par son Magistère, a le pouvoir de dire ce qui est vrai ou ce qui est faux.

Galilée n’a donc jamais été condamné pour avoir affirmé que la Terre tourne autour du Soleil car cette affirmation relève des sciences positives ( astronomie ) et non de la foi. Certes, des passages de l’Ecriture semblent indiquer le contraire, mais les théologiens ont toujours reconnu que l’Ecriture s’exprime souvent selon l’opinion courante, par exemple quand on parle temporellement de Dieu, qui est pourtant éternel. Dans le langage courant, nous disons bien que le Soleil se lève ou se couche. Or nous savons bien que ce n’est qu’une métaphore, puisque cette impression de Soleil levant ou couchant nous est en réalité donné par la rotation de la planète. La Bible emploie très souvent un langage imagé pour décrire une réalité. Il s’agit encore une fois de ne pas être littéraliste.
A partir de 1611 Galilée milite pour le système de Copernic ( 1473 – 1543 ). Ce dernier avait émis l’hypothèse de l’héliocentrisme pour expliquer le mouvement des planètes. Ainsi la Terre ne serait plus au centre du monde, comme on le pensait jadis. Mais jamais cela ne fut considéré comme une vérité révélée à croire de foi divine. Or voici qu’en 1623 un ami personnel de Galilée, Maffeo Barberini, devint Pape sous le nom d’Urbain VIII. Galilée insiste alors auprès de son ami pour que ses thèses soient proclamées « d’Eglise » ce que le Pape ne peut absolument pas accepter. Etant gardien de la foi, il ne peut nullement faire passer pour article de foi ce qui n’est qu’une hypothèse scientifique. Imaginez le tollé que cela provoquerait si de nos jours Jean Paul II érigerait en dogme d’Eglise une hypothèse scientifique, même reconnue par tous les savants. On crierait à la confusion dans l’ordre du savoir et on reprocherait à l’Eglise de se prononcer sur un domaine qui ne la concerne pas directement. Et bien le Pape Urbain VIII a justement voulu éviter cela.
En 1630 Galilée explique le mouvement de la Terre par le phénomène des marées. Il enseigne cette théorie publiquement, comme étant vraie. Or il se trouve qu’elle est fausse comme le montrera Newton par la suite. On demande alors à Galilée de ne présenter ses théories que comme des hypothèses et de renoncer à commenter la Bible. Galilée persistant malgré tout, le Saint-Office ouvre un procès. Il est condamné à renoncer au système de Copernic qui n’était pas encore prouvé, et est assigné à résidence dans sa villa de Toscane. Ce fut certainement une sage sentence, peut être due à l’intervention du Pape, son ami, car à ce moment, Galilée âgé de 69 ans voyait très mal et ne pouvait se déplacer que difficilement. Il put ainsi se retirer tranquillement chez lui, loin de toutes polémiques, pour continuer son travail, ce qui lui permit de rédiger son Traité de mécanique. Quant à l’affirmation « Et pourtant, elle tourne ! », il ne l’a jamais prononcé. Ce mot lui a été attribué au XVIIIè siècle par les ennemis de l’Eglise.

Ainsi dans cette affaire, mis à part le fait que Galilée ne fut pas le martyr de la science face à l’obscurantisme de l’Eglise comme on veut nous le faire croire, il apparaît que l’Eglise se fait au contraire défenseur de la science. Galilée en voulant imposer sa théorie comme étant « d’Eglise » aurait nuit aussi bien à la science qu’à la théologie. L’Eglise n’a fait dans cette affaire que respecter la distinction des ordres du savoir. Quant la preuve du mouvement de la Terre autour du Soleil sera apportée scientifiquement, au XVIIIè siècle, grâce à l’optique, l’Eglise acceptera ces thèses sans aucun problème. Un mausolée à Galilée sera même érigé en 1734 dans l’église Santa Croce à Florence. Si réhabilitation il devait y avoir, elle serait déjà faite depuis plus de deux siècles !

(c) Abbé L. Demets