"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

27 février 2008

Nostalgie de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières et de la sainte Russie

Le Bapteme de la Russie, peinture de Mikhail Shankov, 2003Le Baptême de la Russie
Mikhail Shankov, 2003


Nostalgie de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières
http://portal-credo.ru/site/print.php?act=english&id=292

Par le protopresbytre Pavel Adelheim (diocèse de Pskov, Église Orthodoxe de Russie, patriarcat de Moscou)


P. Pavel, expliquant l'église à des visiteurs. De 1970 à 1973, il a connu les geôles socialistes pour avoir voulu construire une église à Bouchara. source photo

La nostalgie et la promesse de réunification de "l'Église en Russie" après qu'elle ait été libérée du régime soviétique tourmente l'Église Hors Frontières. Les raisons se sont accumulées qui ont fait croire que le moment était venu. Le régime soviétique avait joué avec les sentiments des émigrés Russes à bien des reprises, et avait à chaque fois gagné. Et ils avaient brutalement perdu, et payé chèrement pour leur confiance, car leurs sentiments étaient sincères.
Le patriarcat de Moscou, Église Orthodoxe de Russie, a toujours joué la carte du régime soviétique. Non pas parce qu'il aimait particulièrement le régime soviétique, mais parce qu'il aimait le pouvoir en tant que tel, que c'était chair de sa chair, comme pour toute la nomenklatura soviétique.
L'Occident naïf comprend le "régime soviétique" comme une construction idéologique, qui se sera achevée lorsque cela aura pris un autre nom. Le "régime soviétique" change constamment d'apparence – la sienne et celle de ses institutions de répression. L'Occident croit que la répressive "Tcheka" a changé quand ils l'ont appelée le "GPU;" que c'était rechangé lorsqu'ils l'ont appelé "NKVD;" qu'en devenant le "MGB" il s'était adouci; qu'il serait devenu humain en devenant le "KGB;" et qu'en étant à présent appelé le "FSB", il serait devenu complètement démocratique. A présent il serait engagé dans la défense des droits de l'homme et la philanthropie, et il aimerait les petits enfants.
En un clin d'oeil, le PCUS (Parti Communiste / Socialiste d'Union Soviétique) aurait disparu du pays, comme s'il n'avait jamais existé. Où donc sont soudainement passés les millions de membres de ce parti? Il n'y a jamais eu de PCUS. Le PCUS était un mythe. La nomenklatura [номенклатура] a vraiment existé, et elle n'a pas disparu : elle était, elle est et elle sera, changeant de peau, préservant ses membres et son essence.
Le terme "régime soviétique" exprime la teneur de conscience sociale, qui change lentement – plaise à Dieu – au cours des siècles, sous l'influence de la réalité objective. Ce processus interne continue aussi de nous jours; mais l'impératif éthique s'en trouve absent. Il est orienté vers le collectif, et non pas vers l'individuel, qui est toujours lié au précédent. Nous étions habitués à chanter "là où l'homme respire si librement," alors que la moitié du pays était à mourir dans les camps [Goulag]. L'Occident était ravi par notre humanisme. A Tula, ils fabriquent des samovars. Les ouvriers en prennent une partie en cachette. Quand ils les assemblent, inévitablement, cela donne une mitrailleuse. Pour nous, nous comprenons; mais l'Occident ne comprend pas.
Nombre de fois, nos émissaires ont persuadé des émigrés à revenir. Toujours avec succès. Le métropolite Nikolai (Yarushevich), un patriote sincère et remarquable prédicateur, prit une part active dans ces actions. Lorsqu'on lui demandait "Vladika, pourquoi mentez-vous, disant que dans notre pays, nous avons la liberté de conscience?", il répondait "si votre mère était une poivrote, est-ce que vous iriez le clamer dans le monde entier?"
Les conséquences de ces rapatriements ont été décrites en Occident. Souvenez-vous du sort de Marina Tsvetayeva, qui rentra avant la seconde guerre mondiale. Souvenez-vous des Cosaques, qui furent ramenés (de force) après la guerre. Pouvez-vous tous vous les rappeler? Qu'avez-vous besoin d'autre? Les faits ne sont pas agréables; les gens veulent avoir de l'espoir. A chacun son propre espoir. Pourquoi l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières n'a-t'elle pas analysé l'expérience des "non-commémorateurs" du patriarcat de Moscou? C'était des Confesseurs, qui sont rentrés des camps de concentration et d'exil, des générations entières poussées par dessus bord de la réalité soviétique. Nombre d'entre eux ont à présent été glorifiés comme néo-martyrs. Quel fut leur sort? Certains n'ont pas vécu jusqu'à nos jours, certains se sont joints, d'autres n'ont pas pu. Le schisme était officiellement surmonté. La confrontation entre les sentiments "soviétiques" et "anti-soviétiques" a survécu au régime Soviétique. Les politiques n'y sont pour rien. Le sentiment "anti-soviétique" signifie le conformisme, il a justifié la fausseté et a offert l'homme en sacrifice. Les 2 positions vitales étaient reflétées dans la vision du monde, la religion, l'art et la science.
Dès 1927, deux tendances étaient apparues dans la conscience ecclésiale, qui définissaient de manières différentes l'interaction de l'Église avec l'État. Les évêques détenus dans le camp de concentration de Solovki exprimèrent une position dans "l'Épître de Solovki." La position contraire fut exposée dans la "Déclaration" du métropolite Serge (Stragorodsky). L'opposition des positions était posée, et elle prédéterminera la rupture de l'Église entre les "Sergianistes" et les "non-commémorateurs."
Après leur retour, les "non-commémorateurs" restèrent des citoyen de seconde zone ayant un rôle second. L'archevêque Hermogène (Golubev) donna son coeur et toutes ses forces au patriarcat de Moscou. Il acheva sa vie dans la réclusion, privé des divins Offices et de liberté. On l'a trompé, on l'a enfermé jusqu'au restant de ses jours dans le monastère Zhirovitsky, et on n'a pas répondu à ses appels.
L'Occident n'a pas non plus compris ce qui s'était passé à Londres. La Charte de 1988 du patriarcat de Moscou permettait au métropolite Antoine (Bloom) d'amender la Charte du diocèse de Sourozh (Angleterre) à condition que cela soit confirmé par Moscou. La Charte ne fut jamais confirmée.
L'évêque Basil (Osborne) comprit que les espoirs du métropolite Anthony ne seraient jamais réalisés, et il quitta [le patriarcat de Moscou] pour Constantinople.
"L'Acte de Communion Canonique" a été construit sur le principe de l'expression russe "oui et en même temps non" – "je le permet mais je l'interdis." Un point contredit l'autre, et nécessite des explications complémentaires; par exemple, le point 3 est en contradiction avec le 9. Le 11ème et le 12ème annulent le sens du 10ème. C'est la répétition directe de l'histoire (du diocèse) de Londres. Moscou confirme l'élection du premier hiérarque, et de chaque hiérarque, et de l'établissement de diocèses. Et que se passe-t'il si Moscou ne confirme pas? Une coordination ou une procédure de conciliation n'a pas été prévue, de sorte que Moscou prendra les décisions finales au sujet des nominations.
Est-ce qu'une ébauche abrégée, dans laquelle il n'y a accord sur rien, peut devenir la base légale pour l'existence de l'EORHF sous de nouvelles conditions? Ce sont des zones complètement inconnues qui mènent à l'arbitraire. La déclaration concernant l'indépendance n'est pas défendue par le moindre mécanisme et reste une prétention vide. Quel enfantillage!
N'auraient-ils pas pu trouver un expert compétent en matière juridique? Tous les professeurs de Droit Canon sont morts? La loi défend le faible. Tout ce qui n'est pas explicitement prévu par la loi, le puissant l'interprétera à son avantage dès qu'il en aura l'occasion.
Il est inutile d'expliquer aux émigrés les truismes de la psychologie soviétique. L'expérience ne leur apprend rien : "l'expérience n'a jamais sauvé personne d'une calamité." Les descendants des émigrés croient que la Russie est, comme avant, ce pays que leurs grands-parents avaient quitté. Nous vivons dans une autre Russie, qui est malade de la perte de ses fondements moraux. Ils ont été détruits tant dans l'État que dans l'Église, et dans la société. Quand la conscience a été perdue, même la loi ne sait rien y faire. Si la repentance ne sait pas affaiblir la conscience, le résultat sera fatal. Ces décennies d'appels à la repentance, que l'EORHF avait adressés à la Russie, ne s'entendront désormais plus...

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Cet article est aussi repris sur un site d'une des parties de l'EORHF qui n'a pas accepté de se soumettre à l'Église de Russie sous les conditions dénoncées par le p. Pavel ci-dessus.


La Russie retrouve une influence globale, mais elle est moralement loin de l'idéal - Soljenitsyne
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=4046

Petropavlovsk-Kamchatsky, 10 Décembre 2007, 11:18, Interfax – Quand bien même la Russie a retrouvé une grande partie de son ancienne influence sur la scène mondiale, son ambiance
Alexandre Soljenitsinespirituelle et morale domestique est loin d'être idéale, a déclaré l'écrivain Alexandre Solzhenitsyn.
"La Russie a retrouvé son influence dans les relations internationales, et son rôle dans le monde. Mais à l'intérieur, moralement, nous sommes loin de ce que nous souhaitons et de ce que nous devrions être," a déclaré Soljenitsyne dans une entrevue à l'émission Vesti Nedeli, sur la chaîne de télévision Rossiya.
"De profonds et difficiles développement sont encore requis, ce que nulle action gouvernementale ou parlementaire ne pourrait réaliser. C'est un processus spirituel très complexe," dit l'écrivain.
A la question de savoir si le processus réussira, Soljenitsyne dit que "cela dépend de comment il se déroulera."
Lorsqu'on lui demande s'il croit encore que le "sauvetage de la nation" est la seule idée nationale acceptable, l'écrivain dit "pas la seule, mais faisable."
La société n'est pas suffisamment mure pour accepter l'idée nationale à long terme, dit-il. "C'était révulsant de voir tout ce tapage à propos de l'idée nationale lorsqu'elle a été lancée. Allons, c'est quoi cette histoire?! Vous n'êtes pas mûr pour ça," dit Soljenitsyne.
Une idée nationale ne sait pas suffire au sauvetage de la nation. "A côté du sauvetage, il y a bien plus important – en premier lieu, le développement spirituel est nécessaire. Mais le sauvetage pourrait être le premier pas," dit-il.

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A (re)lire absolument, cette splendide entrevue d'Alexandre Soljenitsyne donnée à l'hebdo allemand Der Spiegel en juillet 2007, en traduction française intégrale sur la page suivante :
http://www.maison-russie.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=2795



Les Russes refusent de voir dans l'Église une source de valeurs morales pour leurs enfants (sondage)
http://fr.rian.ru/society/20071011/83480747.html

MOSCOU, 11 octobre 2007, 19:18 - RIA Novosti. Dans leur majorité, les Russes refusent de voir dans l'Église une source de valeurs morales pour la génération montante, a annoncé le Centre de sondages d'opinion VTsIOM dans un communiqué jeudi.
De l'avis de 67% des personnes interrogées, les enfants et les jeunes doivent s'initier aux valeurs morales d'abord en famille et en deuxième lieu à l'école (17%).
Des sondages montrent également que 4% seulement voient dans l'Église une source de valeurs morales, alors que 5% des interrogées citent la télévision, 3% la littérature et les arts et 1% l'armée.
Aux termes de cette étude, les religions ayant le plus d'adeptes en Russie sont le christianisme de rite orthodoxe (75%) et l'islam (8%). Entre 1% et 2% des sondés disent appartenir à d'autres confessions.
Un tiers des sondés admettent l'existence de Dieu mais s'intéressent peu à la vie de l'Église. Les athées convaincus ne représentent que 6% des sondés, et 8% ne réfléchissent jamais à leur attitude envers la religion.
La moitié des Russes sont des croyants, 10% vont régulièrement à l'église et sont des pratiquants "fervents", mais 43% se disent pratiquants occasionnels et ne se rendent à l'église que pour les cérémonies et les grandes fêtes.
Le VTsIOM a pratiqué des sondages sur l'attitude des Russes envers la religion les 25-26 août et les 1-2 septembre 2007, chaque fois auprès de 1.600 personnes dans 146 localités de 46 régions russes. La marge d'erreur statistique ne dépasse pas 3,4%.

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Vie chrétienne réelle en Russie actuelle –
entrevue du métropolite Kyrill de Smolensk dans le quotidien allemand "Der Spiegel"


Métropolite Kirill de Smolensk & Kaliningrad : "La Bible appelle ça un péché."
http://orthodoxeurope.org/page/14/135.aspx#2

Le métropolite Kirill, ministère des affaires étrangères de l'Église Orthodoxe de Russie, discute des valeurs Chrétiennes dans l'ère post-communiste, de ses relations avec le pape à Rome, du pratiquant Vladimir Poutine – et se querelle avec Der Spiegel à propos de l'homosexualité.
[...]
Spiegel: Il est évident que nombre de Russes ont adopté un style de vie libéral occidental. Avoir des relations sexuelles avant le mariage est quelque chose de normal pour beaucoup, et seule une petite minorité vient régulièrement à l'église. Quelle est la réelle implantation des valeurs Chrétiennes en Russie?

Kirill: On ne saurait mesurer la spiritualité avec des statistiques. Cependant, nous ne craignons pas les comparaisons. Moins de 20 ans après la chute de l'Union Soviétique, le nombre des églises a quadruplé, nous avons à présent 2 fois plus de diocèses, et le nombre de monastères est passé de 32 à 700 aujourd'hui. Quinze mille jeunes étudient la théologie. D'un autre côté, bien que quelque 80% des bébés soient baptisés en Russie, seuls 60% des Russes se disent Chrétiens Orthodoxes, et moins de 10% viennent régulièrement à l'église – et moins encore dans certaines provinces. En d'autres termes, nous n'avons pas besoin de construire de nouvelles églises, mais ce que nous devons faire, c'est aider notre peuple à comprendre à quel point il est important d'adhérer aux valeurs Chrétiennes. Quant à y parvenir, cela dépendra aussi de notre capacité à nous libérer des influences étrangères.
[...]

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L'interprétation Chrétienne de l'amour est la moins populaire parmi les Russes - étude
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=4051

Moscou, 10 Décembre 2007, 16:20, Interfax – Les Russes n'associent pas l'amour avec le bonheur familial, et la compréhension Chrétienne de l'amour est la plus impopulaire parmi eux.
Selon une étude menée par le Superjob center, publiée dans le quotidien Noviye Izvestia ce
mariage orthodoxe greclundi, plus de la moitié des personnes interrogées (près de 53%) ont déclaré que de nos jours, une personne considère que l'amour c'est une histoire d'amour avec de forts sentiments, mais n'aboutissant pas nécessairement à fonder une famille.
Seuls 2 % considèrent l'interprétation Chrétienne de l'amour comme étant s'occuper de ceux qui nous sont proches et chers.
21% des interrogés réduisent l'amour au sexe, et seuls 17% croient que l'amour, ce sont des "relations familiales de longue durée éprouvées par des difficultés."
Les responsables des associations d'enfants et familiales sont alarmés par la situation actuelle. "Ce n'est pas seulement que la prochaine génération n'aura pas le temps pour avoir des relations durables, mais c'est qu'ils n'en veulent tout simplement pas," dit Marina Tumacheva, une responsable de la fondation Druzhnaya Semya.
Elle regrette que c'est "une génération de robots égoïstes qui ne se soucient que de satisfaire leurs instincts animaux" qui est en train de grandir en Russie, et elle souligne "qu'une telle civilisation n'a pas d'avenir."



Le tournant vers la religion atteste que quelque chose va mal dans le pays
http://fr.rian.ru/society/20060921/54140862-print.html

21/09/2006 19:58 MOSCOU, 21 septembre - RIA Novosti. L'accroissement de la religiosité, du moins déclarée, est évident en Russie. Il y a dix ans, d'après les données du centre d'étude de l'opinion publique (centre Levada), 44% des Russes se considéraient comme croyants et 43 %, comme athées. Aujourd'hui, le rapport est de 62% à 28%.
Selon les critères mondiaux, l'attachement des Russes à la religion est plutôt modeste, fait remarquer le quotidien Kommersant. Dans la "cote de l'athéisme" établie par le Pitzer College américain pour 2005, la Russie occupe la 12e place parmi 50 pays. Les chercheurs en sont venus à la conclusion que 48 % des Russes sont athées ou agnostiques. La Russie est devancée par les pays d'Europe du Nord (où le niveau d'athéisme atteint 80%), le Japon, la Corée du Sud, la France, l'Allemagne et la République tchèque.
Cependant, la diminution du nombre de croyants dans les pays industrialisés contredit la tendance mondiale, écrit le quotidien. D'après les données de Pow Research, en 2002, la part des croyants était d'environ 20% en Europe, de 60 à 80% en Amérique latine et d'environ 100% en Afrique.
Les experts indiquent les racines sociales de l'attirance croissante pour la religion. "L'insécurité sociale et personnelle est un facteur favorisant l'athéisme dans la société", estiment les auteurs du rapport du Pitzer College. La situation de crise sociale alimente la religiosité. Ainsi, au Mexique, le nombre de personnes qui déclarent que la foi est très importante pour elles a augmenté, entre 1990 à 2000, de près de deux fois, en passant de 44% à 82,5%.
On perçoit un lien entre l'inégalité sociale et la religiosité. Une autre explication : le tournant vers la religion est une réponse à la mondialisation.
Le retour des organisations religieuses dans la vie sociale et politique est un facteur important de "renaissance religieuse". "Depuis la fin des années 1970, la religion a commencé à revenir dans la vie sociale, publique", indique le professeur russe Alexandre Agadjanian. Selon lui, le monde musulman est le leader de ces processus. La révolution islamique de 1979 en Iran peut être considérée comme le point de départ. D'autres événements significatifs ont eu lieu ensuite : la recrudescence de la concurrence entre les catholiques et les protestants en Amérique latine dans les années 1980, l'accès du parti hindouiste à la vie politique en Inde dans les années 1990.

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Mais vers quel "dieu" se tournent-ils alors, si objectivement d'après mgr Kyrill, le Christianisme, à savoir l'Orthodoxie, ne représente même pas 10% de la population? Réponse : la vague religiosité genre "nouvel âge" et .. les sectes.

Russie: les sectes de personnes ayant quitté l'Église attirent des adeptes par centaines de milliers
Panorama du désastre, en anglais, site Orthodoxe :
http://molonlabe70.blogspot.com/2008/02/bewitching-lure-of-home-grown-cults.html

Et cette absence de Foi bien répandue autrement que dans les chiffres des patriarcats se reflète dans le "massacre des saints innocents," comme nous le rappelle une lectrice Bulgare habitant en Amérique :

Avortement en Russie : pire qu'en Occident
De: Galina Schneider
Forum: alt.religion.christian.east-orthodox
Date: mercredi 23 Jan 2008 21:33:54 -0500

Nous devrions avant toute chose balayer devant notre propre porte. La Russie a un énorme taux d'avortement
Voir http://www.johnstonsarchive.net/policy/abortion/russia/ab-rusreg.html
(région 1993 1994 1999 2000
RUSSIE total 3.211.000 2.970.000 2.181.200 2.138.800)

Et ainsi en est-il pour la Bulgarie. Dans la majorité des pays Orthodoxes avec un haut taux d'avortement, nous devrions nous concentrer sur le problème pour changer ce qui est devenu une méthode de contrôle des naissance, et en arriver à un respect pour la vie.

http://www.johnstonsarchive.net/policy/abortion/wrjp333pd.html cite par ordre décroissant le pourcentage de grossesses s'achevant par un avortement.
Le taux d'avortement aux États-Unis d'Amérique et au Canada est 2/5 par rapport à la Russie, par exemple. Quand bien même il est si élevé aux USA et au Canada, nous devrions choquer le coeur des gens ici? Mais c'est bien pire dans un pays à majorité Orthodoxe, quelle honte pour nous!

Voir cet intéressant et effrayant article sur le sujet :
http://www.economist.com/research/articles
carte des taux d'avortement dans le monde


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Les premiers Chretiens a Kiev, Vasili Perov, 1880Les premiers Chrétiens à Kiev
Vasili Perov (1880)



"O ces misérables villages,
O cette indigente nature,
Terre de longue patience,
Terre de notre peuple russe!

Accablé du poids de la Croix,
Le Roi du Ciel, en humble esclave,
T'a parcourue, terre natale,
Toute entière, en te bénissant.
"
Fédor Tioutchev (1803-1873)
http://www.russomania.com/article.php3?id_article=762
Fedor Tioutchev


Contrairement à ce qu'on pourrait croire, la chute de la Russie n'a pas commencé il y a 20 ans, ni même en 1905. En 1831, saint Seraphim de Sarov se plaignait déjà de la disparition de la Foi dans son pays. Et quelques décennies après, saint Jean de Cronstadt posait le même regard affligé sur une situation s'étant tellement aggravée qu'elle ne pouvait que mener au néant. 70 années d'Union des Républiques Socialistes soviétiques viendront confirmer les sombres pressentiments de ces 2 grands saints thaumaturges. Hélas.
Car le problème remontait à bien plus loin. Il a les mêmes sources que pour l'Occident – du moins dans son aggravation en ce qui nous concerne, puisque l'Occident avait déjà quitté l'Église des siècles auparavant.
La source de notre aggravation et de la chute de la Russie, c'est le ténébreux "siècle des Lumières," qui a répandu partout en Europe et aux Amériques les fumées sulfureuses des démons. Les despotes de Russie, aux successeurs toujours moins Chrétiens que leurs prédécesseurs, finirent par se laisser tenter. Un Pierre le grand n'a rien de grand aux yeux des patriotes Russes : cet "illuminé" (dans le sens non-Chrétien du terme) doit son surnom à l'Occident déchristianisé. Pas à son peuple à lui, qu'il a fait souffrir comme peu auparavant, depuis qu'ils avaient réussis à se débarrasser des dictatures et envahisseurs successifs voire simultanés, tels que Polonais, Mongols, Chevaliers Teutoniques, Jésuites, Dominicains, Suédois et autres Lituaniens..
Le tsar Pierre 1er avait vécu et étudié aux Pays-Bas, pays protestantisé jusqu'à fond des yeux, et aussi passé quelque temps à Londres, protestantisme version anglicane au pouvoir. Voilà la formation intellectuelle et "spirituelle" du tsar. Il fera construire, en 1703, "sa" nouvelle capitale, dans un endroit insalubre, construite dans des conditions climatiques épouvantables.
Pour la faire, cette ville que nos touristes occidentaux vénèrent comme un joyaux et dont ils ignorent (et se fichent de savoir) que c'est en fait un immense cimetière d'esclaves, il a ordonné une conscription annuelle de 40.000 serfs, un par 16 maisonnées, devant avoir son propre matériel de travail, sa propre nourriture, et voyageant en groupes sous escorte militaire... pour éviter les désertions. Fidèle à ses origines "spirituelles," Pierre fera au départ appeler sa ville "Sankt Pieterburg," en vieux néerlandais donc. Pierre voulait une ville occidentale dans le sens moderne du terme. Les Encyclopédistes Français qui y viendront s'y sentiront chez eux. Pierre sera tellement attiré par le miroir aux alouettes du pouvoir de ce monde, d'un palais de Versailles ou de son équivalent de Germanie, qu'il fera tout pour leur ressembler, les dépasser. C'est là, le vrai début des ennuis pour la Russie. Car avec un protestant comme Tsar, elle ne pouvait pas rester Chrétienne, elle ne pouvait pas rester cette sainte Russie présentée au Christ quelques siècles auparavant. Catherine "la grande," autre escroquerie intellectuelle d'origine occidentale, poursuivra l'oeuvre de déchristianisation acharnée.
Ces "illuminati" vont interdire aux moines de posséder de quoi écrire, d'apprendre au peuple lecture et écriture, etc, et ainsi tenter de stériliser intellectuellement et spirituellement tout le peuple. Ils vont laminer l'Église. Supprimer le patriarcat (qui ne sera rétablit que par le dernier tsar, le martyr saint Nicolas II, mais trop tard pour redresser la barre), et placer l'Église sous le joug d'une administration civile, dont bien souvent, et sans aucune gène pour le dire, le responsable principal sera .. franc-maçon.. Voilà ce qui a mené la Russie à la ruine, la même chose que chez nous : l'attrait du pouvoir de ce monde, puis, vu le vide spirituel, le comblement de ce vide par une religiosité athée.
Mais, et le "mais" est de taille, il y a de l'espoir. Car ces 3 siècles de destruction systématique de l'Église n'ont pas réussi à empêcher Dieu de susciter tous les grands starets d'Optina, par exemple. Et pendant la chape de plomb du régime socialiste, des millions de Confesseurs de la Foi ont tenu bon. Les centaines de milliers de martyrs du clergé et de ses assistants directs (catéchistes, etc) sont tous à prier pour ce peuple qu'on a tenté d'arracher au Christ. Leur force n'est pas mesurable par des instruments de mesure, des sondages, etc. Qu'après une telle dictature, il y ait à nouveau "autant" de fidèles qu'à l'époque du règne du saint tsar Nicolas II en dit plus long sur ce pouvoir spirituel que tout discours. Ce n'est pas dans l'irénisme et le triomphalisme de hiérarques très en ligne avec les idées de ce monde (oecuménisme, césaro-papisme, etc) qu'il faut chercher cette renaissance de la Foi en Russie. Eux, ils ne sont que les héritiers de Pierre "le grand" et Catherine "la grande," et pas de saint Ignace Brianchaninov ou saint Alexis Toth!
Les chiffres de membres sont faux. Il ne faut pas s'y fier. Donc numériquement, l'Église de Russie compte beaucoup moins de membres réels que l'Église en Amérique du nord, énormément moins même. Cependant, si dans les années 1920, la Grèce a "gagné" des saints martyrs et confesseurs par dizaines de milliers, à cause du génocide que les Turcs ont perpétré à l'encontre des Grecs d'Asie Mineure (dans l'indifférence occidentale, cfr la province serbe du Kosovo aujourd'hui..), la Russie, c'est par millions qu'elle a reçu de nouveaux intercesseurs en ce 20ème siècle de tous les paroxysmes, de toutes les folies déchaînées au niveau planétaire. D'où on aurait tort de se gausser des chiffres officiels du patriarcat de Moscou. Mais on aurait tout aussi tort d'être pessimiste. Il y a des millions de grands priants occupés nuit et jour à porter ce grand pays en prière. Ca finira par marcher. Inévitablement. Deo gratias.

Mikhail Nestorov, la Sainte Russie presentee au ChristМ.В.Нестеров "Святая Русь"
Mikhaïl Nestorov, "la Sainte Russie présentée au Christ"
Михаил НЕСТЕРОВ (1862-1942)

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