"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

26 février 2008

Sainte Walburge, Bénédictine Orthodoxe et sainte patronne d'Oudenaarde

tapisserie contemporaine de sainte Walburge, moniale benedictine orthodoxe, missionnaire en Germanie sous saint Boniface de Fulda
Fêtée les 25 et 26 février, sainte Walburge (Walburga ou Walpurgis) fut une des Bénédictines Anglo-Saxonnes engagées dans l'oeuvre missionnaire en Germanie au 8ème siècle, aux côtés du plus célèbre évangélisateur de l'époque, l'évêque saint Boniface, futur martyr à Fulda.

Walburge naquit vers 710 dans le Devon, fille d'un chef Saxon de l'ouest. Du fait de sa parenté avec la famille royale, on la représente fréquemment avec l'écusson des armes des Plantagenet.

Pour être formée, Walburge fut envoyée au monastère double [*] de Wimbourne, dans le Dorset, où elle devint moniale. Saint Boniface, qui était un parent, fit appel pour avoir de nouvelles recrues venant l'aider à l'évangélisation de la Germanie. Deux des frères de Walburge, saint Willibald et saint Wynnebald, y étaient déjà partis en 739. Il n'est dès lors pas surprenant que Walburge répondit à l'appel, avec d'autres compagnes. Parmi les partants on trouvait Hugeburc, qui écrira la 'Vie de saint Wynnebald', qui est la source d'information à propos de Walburge elle-même. Il existe une tradition rapportant qu'avant de quitter l'Angleterre, le groupe rendit visite à l'abbaye de Minster dans le Kent. C'est assez probable, vu que l'abbesse, Eadburga, était amie et correspondante de saint Boniface, et que cela se trouvait très près d'un port de départ pour la traversée de la Manche.

Sur le Continent, elles firent d'abord le voyage vers Mayence, où elles furent accueillies par Boniface lui-même. Ensuite elles furent envoyées à Tauberbischofsheim où Walburge prêcha et développa ses talents médicaux. Après 2 ans, elle fut envoyée à Heidenheim où se trouvait un monastère de moines qui avait été fondé par ses frères Wynnebald et Willibald, ce dernier étant devenu évêque d'Eichstätt. Avec ses moniales, elle en fit un monastère double, le seul connu pour avoir existé en Germanie. Heidenheim suivit la Règle de saint Benoît et devint un important centre, non seulement pour la propagation de la Règle, mais aussi pour l'évangélisation et la prière.

Saint Wynnebald étant mort en 761, Walburge devint l'unique supérieure tant pour les moniales que pour les moines. D'après la 'Vie de Wynnebald' par Hugeburc, Heidenheim était un champ de mission fort difficile, avec 'beaucoup de dépravation païenne, beaucoup d'idolâtres," et des adversaires "prêts à assassiner et incendier." En plus de l'oeuvre missionnaire, il y avait aussi les difficultés liées au fait d'être supérieure d'un monastère d'hommes, qui n'étaient pas habitués à être dirigés par une femme, les monastères doubles étant inconnus en Germanie. Ce fut une implantation relativement importante, avec des ateliers, un moulin, et des fermes laitières. On possède peu de détails de la règle de Walburge, saut qu'elle était "une personne sensible et vulnérable, qui savait être patiente et pardonnait. Elle devait irradier la bonté et la luminosité" (Brigitta zu Münster). Une tradition nous rapporte que lorsque le portier de l'abbatiale refusa d'éclairer le chemin pour Walburge et ses moniales durant une nuit noire, elle irradia d'elle-même une lumière miraculeuse et puissante.

Walburge mourut en 779, et fut enterrée à Heidenheim. Après la mort de saint Willibald en 787, son successeur l'évêque Gerhoh, transforma le monastère en une maison pour le chapitre d'Eichstätt pour prêtres séculiers. Cela ne redevint pas une abbaye bénédictine avant 1150, hétérodoxe cette fois.

Entre-temps, en 870, les reliques de Walburge furent transférées dans le tombeau de son frère à Eichstätt, où son culte s'enracina et où elle fut vénérée comme sainte. De l'huile médicinale coula du rocher autour de sa tombe (et il en est encore ainsi jusqu'à nos jours), et cela devint un centre de pèlerinage. En 893, sa tombe fut ouverte et ses reliques répandues en divers lieu, qui devinrent à leur tour centres de son culte, comme à Oudernaarde, dont elle est la sainte patronne, ou à Veurne, dont voici une photo de la statue locale, extraite du livre du sous-diacre Jean Hamblenne
"Saints et saintes de Belgique au premier millénaire"
Editions Altaïr, BP 19, B-1420-Braine l'Alleud, Belgique, mai 2003
isbn 2-930197-41-2

Veurne, statue de sainte Walburge, moniale benedictine orthodoxe

[*] un monastère double, c'est un monastère qui a une communauté de moniales aux côtés d'une communauté de moines, avec clôture stricte mais certaines activités communes. On en voit un exemple actuel avec le monastère Saint-Silouane, à Saint-Mars-de-Locquenay, dans la Sarthe (patriarcat de Constantinople)

belle Icône sur cette page-ci:
http://www.comeandseeicons.com/w/cap42.htm

De la Règle de Saint Benoît
"Tous les hôtes qui se présentent ont à être accueillis comme le Christ, car Lui-même dira : J'étais un étranger, et vous M'avez accueilli. .. Il faudrait faire preuve de toute humilité en s'adressant à un hôte à son arrivée ou départ. En inclinant la tête, ou par une complète prostration du corps, Christ sera adoré, parce qu'Il est en effet accueillit en eux." RB 53 1-2, 6-7

Saint Benoît et le Carême : quels "outils" utiliser pour faire le bien? - le 4ème chapître de la "Regula", programme de Grand Carême idéal

Aucun commentaire: