"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

18 février 2008

Saints Léon le Grand de Rome et Flavien de Constantinople, fondements du Concile de Chalcédoine

Tout d'abord saint Léon le Grand, qui, étant encore archidiacre de l'Église du Christ à Rome, commanda à saint Jean Cassien un traité contre les erreurs de Nestorius, le renommé "Traité de l'Incarnation contre Nestorius." C'est ce traité qui servira de "charpente" au "Tome à Flavien" de saint Léon, qui sera lu à Chalcédoine et acclamé comme "Foi de l'Église." Il est important de rappeler cette origine du fond du texte chez saint Jean Cassien, qui résume en lui le meilleur de l'Occident et de l'Orient Orthodoxe d'alors. Il faut aussi rappeler que contrairement aux opinions qui prévalent un peu partout, ce n'est pas en 547 qu'est né en Occident l'hérésie du "filioque," mais sous saint Léon. En effet, en 461, l'évêque espagnol Thuribe fit insérer cette grave erreur théologique dans le saint Credo de l'Église par son synode réunit en concile local. Et preuve que même saint Léon n'était pas un "potentat régnant sur l'Occident," c'est qu'il eut beau protester par lettre, jamais ces Espagnols ne changèrent de cap...

Notre père parmi les saints Léon le Grand, pape de Rome
http://home.iprimus.com.au/xenos/leo.html

Commémoré le 18 février
Selon certains, saint Léon serait né à Rome, mais selon d'autres ce serait à Tyrrenia en Toscane. Il fut consacré au siège archiépiscopal de Rome en 440. En 448, lorsque saint Flavien, archevêque de Constantinople, fit comparaître Eutyches, un archimandrite à Constantinople, de rendre compte de son enseignement prétendant qu'il n'y avait qu'une nature en Christ après l'Incarnation, Eutyches fit appel à saint Léon à Rome. Après que saint Léon ait soigneusement examiné les enseignements d'Eutyches, il rédigea une épître à saint Flavien, mettant en avant l'enseignement Orthodoxe sur la Personne du Christ, et Ses 2 natures, et aussi conseilla à Flavien que si Eutychès se repentait sincèrement de son erreur, il soit reçut à nouveau avec toute bonne volonté. Un concile fut tenu à Ephèse en 449, présidé par Dioscore, patriarche d'Alexandrie. Dans une lettre adressée à l'impératrice Pulchérie en 451, saint Léon fut le premier à appeler ce concile un "Brigandage." Dioscore, ayant la force armée de son côté, ne permit pas que l'épitre de saint Léon à Flavien y soit lue, bien que cela lui fut plusieurs fois demandé. Déjà avant même que le concile n'ait été rassemblé, Dioscore avait réintégré de manière non-canonique dans la communion de l'Église le non-repentant Eutyches. Ayant trop de soucis à Rome à cause des guerres d'Attila le Hun et d'autres barbares, il envoya en 451 quatre légats au 4ème Concile Oecuménique, où 630 pères furent rassemblés à Chalcédoine pendant le règne de Marcien, afin de condamner les enseignements d'Eutyches et de ceux qui le soutenaient. L'épitre de saint Léon à saint Flavien y fut lue, et elle fut confirmée par les saints Pères comme étant bien l'enseignement Orthodoxe sur la Personne Incarnée de notre Seigneur; la lettre y fut appelée le "Tome de Léon" ou "Tome à Flavien." Le saint rédigea nombre d'oeuvres en latin. Il s'endormit dans le Seigneur en 461.

le saint pape Leon 1er de Rome fait face au roi Hun Attila
Ο Άγιος Πάπας Λέων Α και η μάστιγα του Θεού
Le saint pape Léon I et le "fléau de Dieu"

Saint Léon 1er de Rome
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=100553
icone de saint Leon le Grand, pape de Rome

Saint Léon 1er le Grand, pape de Rome de 440 à 461, reçut une éducation excellente et variée, qui lui ouvrit la possibilité d'une bonne carrière dans le monde. Cependant, il aspirait à la vie spirituelle, et dès lors il choisit le chemin qui l'amena à devenir un archidiacre sous le saint pape de Rome Sixte III (432-440). A la mort de ce dernier, saint Léon fut élu comme évêque de Rome, en septembre 440.
C'était des temps difficiles pour l'Église, les hérétiques attaquaient l'Orthodoxie avec leurs enseignements erronés. Saint Léon combinait la sollicitude pastorale et la bonté à une fermeté inébranlable dans la confession de la Foi. Il était un particulier un des défenseurs principaux de l'Orthodoxie contre les hérésies d'Eutyches et de Dioscore, qui enseignaient qu'il n'y aurait eu qu'une seule nature dans le Seigneur Jésus-Christ. Il fut aussi un défenseur contre l'hérésie de Nestorius.
Il exerça toute son influence pour mettre un terme aux troubles causés par les hérétiques au sein de l'Église, et par ses lettres au saints empereurs Théodose II (408-450) et Marcien (450-457), il les encouragea à convoquer le 4ème Concile Oecuménique, à Chalcédoine, en 451, afin de condamner l'hérésie des Monophysites.
Au Concile de Chalcédoine, auquel 630 évêques participèrent, on lu une lettre adressée par saint Léon au défunt saint Flavien, patriarche de Constantinople (447-449). Saint Flavien avait souffert pour l'Orthodoxie lors du faux concile appelé "brigandage d'Ephèse" en 449. Dans la lettre de saint Léon était exposé l'enseignement Orthodoxe à propos des 2 natures (divine et humaine) en Seigneur Jésus-Christ.Tous les évêques présents au Concile marquèrent leur accord avec cet enseignement, et ainsi les hérétiques Eutyches et Dioscore furent excommuniés de l'Église [*].
Saint Léon fut aussi un défenseur de son pays contre les incursions de barbares. En 452, par la puissance de persuasion de ses paroles, il arrêta le Attila le Hun dans son pillage de l'Italie. A nouveau en 455, lorsque le chef des Vandales – une tribu de Germanie -, Genseric, se dirigea vers Rome, il le persuada de ne pas piller la ville, détruisant et incendiant, ni de verser le sang.
Saint Léon connu à l'avance l'heure de sa mort, et il se prépara avec 40 jours de jeûne et de prière, pour passer de ce monde à l'éternité. Il mourut en 461 et fut enterré à Rome. Son héritage littéraire et théologique comprend 96 sermons et 143 lettres, dont la plus célèbre est son Tome à Flavien.

******************
[ (*) On se souviendra que cette "condamnation" à l'excommunication n'était jamais que la reconnaissance du fait que les "condamnés," professant ouvertement et fermement une croyance contraire à la Foi de l'Église, n'étaient donc tout simplement plus en communion avec elle, puisqu'il est bien question de communion dans la Foi. L'Église reconnaît donc par cette décision le fait que le condamné s'est séparé de l'unique chemin de la Foi. S'il comprend son erreur, se repent sincèrement et s'amende, il peut être réintégré; comme le Bon Larron sur la croix, comme les "ouvriers de la onzième heure," comme tant d'anciens bandits devenus de grands saints...]

L'autre "fondement" de ce Concile capital pour l'Église, c'est le martyr saint Flavien. Car comme l'expliquait fort bien Tertulien, "elles ne servent à rien, vos cruautés les plus raffinées. Elles sont plutôt un attrait pour notre religion. Nous devenons plus nombreux, chaque fois que vous nous moissonnez : le sang des Chrétiens est une semence." Apologeticum, ch. L, §.13
C'est donc porté par les prières de saint Flavien que le saint Concile se réunit, confirma la Foi de toute l'Église, condamna les hérétiques qui avaient martyrisé Flavien et acclama sa mémoire.
croix avec NIKANOR


Saint Flavien le Confesseur, patriarche de Constantinople
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=100556
icone de saint Flavien le Confesseur, patriarche-martyr de Constantinople

Saint Flavien occupa le trône patriarcal de Constantinople sous le saint empereur Théodose le Jeune (408-450) et sa soeur la sainte impératrice Pulchérie (10 septembre).
Au départ, il était prêtre et s'occupait des calices dans la cathédrale. Il devint patriarche après la mort du saint patriarche Proclus (20 novembre). Durant son époque, diverses perturbations et hérésies menaçaient l'unité de l'Église.
En 448, saint Flavien convoqua un Concile local à Constantinople afin d'examiner l'hérésie d'Eutyches, qui n'admettait qu'une nature (la divine) dans le Seigneur Jésus-Christ. Persistant dans son erreur, l'hérétique Eutyches fut excommunié de l'Église et privé de sa dignité, mais Eutyches avait un puissant protecteur en la personne de Chrysathios, un eunuque proche de l'empereur.
En intriguant, Chrysathios amena l'évêque Dioscore d'Alexandrie à rejoindre Eutyches, et il obtint de l'empereur la permission pour convoquer un concile ecclésial à Ephèse, concile qui devait prendre par la suite le nom de "brigandage d'Ephèse." Dioscore présida à ce concile, et grâce aux menaces et à la force, il obtint l'acquittement d'Eutyches et la condamnation du patriarche Flavien. Saint Flavien fut cruellement battu durant les sessions de ce concile par d'impudents moines, dirigés par un certain Barsumas.
Même l'impie président du Brigandage, l'hérétique Dioscore, prit part à ce lynchage. Après cela, saint Flavien fut couvert de lourdes chaînes et condamné au bannissement à Ephèse. Cependant, le Seigneur abrèga ses souffrances en permettant qu'il meure (août 449). La sainte impératrice Pulchérie se retira de la court impériale. Peu après, les intrigues de Chrysathios furent révélées. L'empereur le renvoya, et rétablit sa soeur sainte Pulchérie. Par ses efforts, elle obtint que les reliques du saint patriarche Flavien soient ramenées avec honneur d'Ephèse à Constantinople.
saint Flavien le Confesseur, patriarche-martyr de Constantinople

Aucun commentaire: