"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

22 février 2008

Vie de saint Photios, patriarche de Constantinople, par Despina Stratoudaki White



Saint Photios fut patriarche de Constantinople de 858 à 867 et de 877 à 886.
Il fut un intime des puissants, un homme de court, un intellectuel, un encyclopédiste, un professeur, et quelqu'un avide d'étudier tout ce que les livres offraient. En même temps, il fut un ferme défenseur de l'Orthodoxie, le sauveur de Constantinople, le père de son troupeau, et un conseiller spirituel auprès de rois.

Dans ses écrits et ses activités, Photios incarna le schéma intellectuel qui représenta l'esprit byzantin dans les siècles qui suivirent. Au 9ème siècle commence avec Photios, comme l'exprime fort justement le professeur Zakythinos, "l'orbis byzantinus." Photios d'une famille aisée de la haute société. Son père, Sergios, était spatharios au palais (officier de la garde impériale); sa mère s'appelait Irène.

Il semble qu'un membre de sa famille – bien qu'il ne soit pas clair de qui il s'agit – épousa quelqu'un de la famille impériale; c'est ainsi que Photios était de la lointaine parenté de la dynastie Amorienne. Il avait 4 frères; Sergios et Constantine qui devinrent protospartharii (officiers supérieurs de la garde impériale); Tarasios qui devint patrikios, et Theodoros qui était probablement le plus jeune et que Photios appelle simplement "frère." Son père était parent du patriarche Taraise, que Photios appelait "oncle du côté de son père." Dans ses écrits, Photios fait constamment référence aux souffrances endurées par ses parents pour leur foi, souffrances sans aucun doute endurées pendant les persécutions iconoclastes de la première partie du 9ème siècle.


bague du Patrikios Leontios, 990-1030bague du Patrikios Leontios (990-1030).
Les membres de la court byzantine portaient souvent de massives bagues en or gravées avec des invocations religieuses et leurs titres. Celle-ci, pesant 30g, dit en grec : "Seigneur, aide Leontios, patrikios et conte de l'Opsikion gardé par Dieu." L'Opsikion était une des 4 régions ("themes") originales du Byzantium; à son époque, sa capitale était Nicée [ndt = Iznik, dans la Turquie Ottomanisée]. Patrikios était un titre accordé aux principaux gouverneurs et généraux.
Source: "Ring of Leontios [Byzantine] (1982.282)". In Timeline of Art History. New York: The Metropolitan Museum of Art, 2000.


Les différents biographes du patriarche fixent sa date de naissance au premier quart du 9ème siècle, avec, selon Beck, une date généralement acceptée, vers 820.
Au sujet de son âge, Photios y fait parfois référence indirecte. Il appelait le patriarche Nicéphore (Nikephoros) son "contemporain." Dans un autre passage, il déclare qu'il était très jeune lorsqu'il commença à écrire son Lexicon, et très vieux et fatigué lorsqu'il acheva son Amphilochia, entre 867 et 869, au cours de son premier exil.
Ce dernier ouvrage était adressé à Amphilochios, métropolite de Cyzique (Kyzikos), et il y décrit l'époque comme "le temps de tous les maux." Un autre détail aussi important pour établir l'âge de Photios, c'est l'information qu'il fournit au sujet de l'anathème prononcé contre son père, son oncle Taraise, et lui-même, par le dernier synode iconoclaste, qui a eu lieu en 837.

miniature de manuscrit byzantin montrant les iconoclastes en oeuvre, en parallele avec les soldats crucifiant le Christ
Dès son jeune âge, Photios se dédia à l'étude. Jusqu'à récemment, l'opinion commune était que Photios s'était formé de lui-même, car il ne mentionnait pas ses professeurs. De nos jours cependant, comme nous en apprenons plus à propos du système d'éducation byzantin, en particulier grâce aux vies des saints, nous pouvons suivre en détail l'éducation de Photios. A présent, il est établi que le Byzantium avait un système d'éducation de base qui comprenait la grammaire, la rhétorique, la logique ou dialectique, à savoir le trivium; et l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie et la musique, à savoir le quadrivium [trivium & quadrivium formant ensemble les "arts libéraux"]. Selon toutes probabilités, l'étudiant qui souhaitait faire de hautes études devait venir à Constantinople. Là, soit il entrait à l'école pour les hautes études pour le clergé, l'Académie patriarcale, ou à l'université, qui était subsidiée par le gouvernement. Niketas, le biographe d'Ignace (Ignatios) disait que Photios "était très versé dans la grammaire, la philosophie, la poésie, et la rhétorique."

Dans une lettre au protospatharios Michel, Photios définissait ce que l'éducation signifiait pour lui. Il conseillait à son ami "d'éduquer les enfants de sorte qu'ils leur soient une source de joie quand ils sont jeunes, et des compagnons stables une fois adultes." Par ces paroles, selon le professeur Tatakis, ce n'est pas le Photios patriarche qui s'exprime, ni le théologien, mais Photios l'amoureux de la connaissance. Il est dans la tradition d'Aulus Gellius, de Cicéron, d'Isocrates, un admirateur de l'Antiquité, un humaniste. Comme il en ressort clairement de sa vie et des informations que nous en possédons, Photios sut toujours, que ce soit comme simple citoyen, puis comme important membre du gouvernement impérial, puis comme patriarche durant les paisibles années de sa vie, et par après durant les années d'exil et d'épreuves, comment offrir sa connaissance à quiconque entrait en contact avec lui. Krumbacher l'appelle "le grand enseignant de sa nation." Dans son enthousiasme comme enseignant, Photios ressemble à un de ces grands éducateurs des anciens temps Chrétiens, saint Basile de Cappadoce.

Avant de devenir patriarche, et après son retour d'exil, Photios sera professeur de philosophie et dialectique à l'université du palais Magnaura. Il était encore jeune homme lors de sa première nomination à la fonction; c'est la conjecture que nous tirons des écrits de certaines critiques à propos du jeune enseignant. Fréquemment, un groupe d'étudiants attendait le retour du professeur rentrant de ses devoirs étatiques, et Photios appréhendait ce moment agréable. Il exerçait une grande influence sur ses jeunes disciples, et son but dans leur éducation était toujours, comme cela avait été pour Origène, de guider leurs esprits vers un profond respect religieux.

Nombre des conférences qu'il a données durant cette période ont survécues. Pendant cette même période, Photios continua la correspondance littéraire dont nombre de lettres nous sont parvenues. Les sujets qu'il abordait étaient aussi divers que leurs destinataires: à un historien, il écrivait "à propos des titres romains;" à des scientifiques, "à propos des affaires médicales," et "qu'est-ce qu'un aimant;" à Léon le Philosophe, quand ce dernier dirigeait l'université de Magnaura, Photios écrivit une lettre "à propos du verbe 'être'."

Dans le Byzantium du 9ème siècle, la logique et la méthode aristotéliciennes de recherche étaient les seules démarches scientifiques admises. Au sujet de ses préférences philosophiques, Photios est considéré comme un "aristotélicien déclaré," mais Platon ne lui était pas étranger. Il écrivit à propos des Catégories d'Aristote, et bien qu'il n'était pas d'accord avec la "République" de Platon, il fit sienne ses idées à propos des images. L'influence platonicienne est suggérée dans le texte de sa 17ème homélie, écrite à l'occasion de la dédicace de l'Icône de la Toute Sainte (Panagia) à Hagia Sophia. Voici un extrait :

la Theotokos, fresque au plafond a Hagia Sophia, Constantinople
"Ces choses sont exprimées tant par les récits que par les images, mais ce sont les spectateurs plutôt que les auditeurs qui sont attirés à l'émulation. La Vierge tient entre ses bras le Créateur, en enfant. Qui se trouvant là ne s'émerveillerait pas en voyant cela plutôt qu'en entendant en parler, vu l'ampleur du mystère, et qui ne se lèverait pas pour louer la condescendance qui surpasse toutes paroles."

fresque de la Theotokos a Constantinople


empereur iconoclaste Theophilosl'empereur Theophilos
Chronique de Ioannis Skylitzès, 11ème s.

Après la mort de dernier empereur iconoclaste, Theophilos (820-842), une régence fut établie, consistant de l'impératrice Théodora, de Theoktistos le logothète du Drôme (a); du patrice Bardas, frère de Théodora; et de son oncle, le magister (b) Emmanuel l'Arménien]. Théodora souhaitait restaurer la vénération des Icônes. Cependant, il fallut un an à la régence pour parvenir à évincer le patriarche iconoclaste, Jean le Grammairien, et à élire un nouveau patriarche, Methodios, appartenant au parti des iconophiles. Contrairement à l'impératrice Irène (797-802), qui fut entravée par une opposition militaire lors de la convocation du 7ème Concile Oecuménique en 787, Théodora avait le soutien de l'armée en convoquant un concile en mars 843, qui révoqua les décrets iconoclastes et réaffirma les Canons du Concile de Nicée de 787. En mémoire de cet événement,le premier dimanche du Grand Carême est appelé Dimanche de l'Orthodoxie, et est encore de nos jours fêté par l'Église Orthodoxe partout dans le monde, avec des Offices et hymnes dédiés. Le nouveau patriarche, Methodios, rappela les évêques qui avaient été exilés du fait de leur Foi et iconophilie, et avaient souffert au court des troubles iconoclastes. Cependant, il fut en même temps très prudent pour ne pas nommer évêque des hommes ayant des vues extrémistes, afin d'éviter tout accroissement dans la résistance des zélotes face à ses efforts pour ramener la paix dans l'Église.

(a) Logothète du Drôme = Le logothètes des Postes avait la charge de la diplomatie et du service postal impérial. Il avait dans ses attributions la réception des ambassadeurs étrangers.
(b) magister= fonctionnaire qui contrôlait l'ensemble des officia et l'administration impériale tout entière.

icone du Dimanche du Triomphe de l'Orthodoxie
Pendant ce temps, dans le gouvernement, le pouvoir réel passait progressivement à Theoktistos, car Théodora le préférait aux autres membres de la régence. Theoktistos avait prouvé être quelqu'un de très compétent, et, en même temps, un très fidèle serviteur. Il avait servit Michel II, le père de Theophilos, et l'empereur Theophilos, qui l'avait nommé au conseil de régence pour son fils Michel. Il servit Théodora avec le même zèle et la même dévotion. Theoktistos, reconnaissant les capacités administratives de Photios, le nomma protoasecretis (c) vers 851, avec aussi le rang de protospatharios (d). Cela signifiait que Photios était le directeur de la chancellerie impériale, ou, d'après Anastase le Bibliothécaire, "directeur de l'office des asecretis." Certains chercheurs pensent que la nomination de Photios comme protoasecretis eu lieu beaucoup plus tôt, probablement vers 843, et que Photios succéda à l'iconoclaste Zelix. Le mystère entoure encore le personnage de Zelix, qui occupa cette haute position dans le Byzantium. Le suivant que nous savons avoir occupé le poste de protoasecretis est Photios. Ensemble avec Theoktistos et Bardas, ils initièrent à trois un programme éducationnel à long terme. Ce fut durant la régence que Léon le Mathématicien, Photios et par la suite Constantin-Cyril enseignèrent à l'université. Comme le décrit le p. Dvomik:

"Le régime de Theoktistos représente la continuation du mouvement littéraire et scientifique qui dans le Byzantium s'étend de l'érudit patriarche Jean le Grammairien jusqu'à Léon le Mathématicien, et de Theophilos à Photios et leurs écoles."

(c) protoasecretis = chancelier, ainsi que responsable de l'enregistrement des lois et édits gouvernementaux.
(d) protospatharios = officier supérieur de la garde impériale.

Hélas, en 847, en la 4ème année de son élévation, le patriarche Methodios mourut, et lui succéda Ignatios, du parti des extrémistes. Ignatios, ou Niketas tel qu'il avait été baptisé, était le fils de l'empereur Michel I Rangave (811-813). Il fut tonsuré après la mort de son père, et se retira comme abbé du monastère qu'il avait fondé sur l'île de Trebinthos. Par contraste avec Photios, Igniatios détestait l'érudition séculière, et passa le plus clair de sa vie jusqu'à sa nomination comme patriarche à chercher la perfection monastique.


Stoudion de Constantinople, miniature du 11e siecleStoudion de Constantinople, miniature du 11ème siècle
source

Il semble qu'une faction du clergé iconophile dirigée par les moines du Stoudion, dans leur zèle pour préserver le Christianisme traditionnel, était opposée tant au contrôle gouvernemental qu'à toute sorte d'érudition séculière. C'était les ultra-conservateurs, qui estimaient que les ordres et les écrits ecclésiaux devaient être être suivis en toutes circonstances avec la plus grande vigueur. D'un autre côté, le restant des iconodules étaient favorable à une sorte "d'économie," à savoir une politique de compromis dans les domaines ne concernant pas les fondamentaux de la Foi et aussi vis-à-vis du clergé iconoclaste. Les modérés souhaitaient oublier les événements de la période iconoclaste, qui avait tenu le Byzantium dans un désarroi interne pendant près d'un siècle et demi. Dans ce groupe, on trouvait Bardas, Photios (avant de devenir patriarche), Constantin-Cyril, et d'autres hommes de lettres. Le patriarche Ignatios appartenait au parti des irréductibles ultra-conservateurs, et il était le choix de la pieuse et iconodule impératrice Théodora. Niketas, le biographe d'Ignatios, insinue que l'impératrice aurait eu un rôle-clé dans l'élévation d'Ignatios au trône patriarcal. Anastasios le Libraire, qui avait été envoyé par le pape de Rome pour examiner les positions d'Ignatios, reconnaît dans sa préface aux Actes du 8ème Concile le fait qu'Ignatios traitait avec un suprême mépris tout ce qui était érudition séculière. A cet égard, il partageait les sentiments des irréductibles moines et zélotes, un contraste flagrant avec la longue ligne d'érudits qui avaient siégé sur le siège patriarcal du Byzantium, des hommes tels que les patriarches Nikephoros, Taraise, Jean le Grammairien et Methodios.

Cependant, il n'y avait pas d'opposition apparente de la part de l'épiscopat envers le nouveau patriarche, comme il en ressort par l'hommage rendu à Ignatios par les amis du défunt patriarche Methodios. A la tête de ce groupe, on trouvait l'évêque de Syracuse, Grigorios Asbestas, qui avait lui-même été envisagé comme patriarche. Il semble que Grigorios avait été accusé de quelqu'indiscrétion au sujet de l'ordination d'un prêtre, et son cas n'avait pas été clarifié par l'Église à l'époque. Prêt à accepter le nouveau patriarche, Grigorios avait amené son groupe à l'église afin de rendre hommage à Ignatios lors de son intronisation. Mais l'intransigeant Ignatios ordonna à Gregorios de sortir de l'église Hagia Sophia. La querelle entre le nouveau patriarche et Gregorios s'intensifia lorsqu'elle devint en fait querelle entre les modérés, représentés par Gregorios et ses disciples et ses amis, et les extrémistes du parti Ignacien. Gregorios fit appel à Rome, et le pape Léon IV de Rome adressa une lettre à Ignatios, le réprimandant pour sa décision. On possède 3 sources contemporaines de ces événements, mais elles sont toutes de partisans d'Ignatios, et il est dès lors difficile de restituer le cas objectivement. Néanmoins, le fait est qu'Ignatios manquait du tempérament et de la capacité diplomatique nécessaire pour unifier l'Église. Au contraire, il provoqua un schisme interne dans le clergé.

Entre-temps, Bardas, qui avait acquis la confiance de son neveu, fut élevé par le jeune empereur au rang de magister, et fut aussi nommé domestique des écoles, à savoir chef de la garde impériale. Bien vite,il fut aussi nommé curopalates, une dignité qui n'était conférée qu'aux tous proches de l'empereur. Bardas et Theoktistos voulaient tous deux diriger le gouvernement, et tous deux avaient des vues différentes sur la manière de le faire, le premier étant modéré, et le second plutôt réactionnaire. Un des deux était de trop. Le 13 mars 856, Michel III parvint à l'âge adulte et remis le contrôle du gouvernement à son oncle Bardas, l'élevant au rang le plus haut – celui de César. C'est alors que Bardas et Michel décidèrent d'éliminer Theoktistos. Bardas assassina Theoktistos avec l'approbation de l'empereur, et Théodora et ses soeurs furent consignées pendant quelque temps au palais avant d'être envoyées dans un couvent. Le Sénat, d'un autre côté, applaudit à la décision de Michel de règner sans conseil de régence. Les modérés reprenaient espoir. Cependant, les extrémistes, avec le patriarche Ignatios à leur tête, étaient prêts à agir. Le signal fut donné lorsqu'en la fête de la Théophanie en 858, dans Hagia Sophia, le patriarche Ignatios refusa, en présence de tous les dignitaires, de donner le sacrement de la sainte Eucharistie à Bardas. Il basait son acte sur les rumeurs au sujet des relations illicites entre Bardas et la jeune veuve de son défunt fils. Bardas attendit son tour. Le moment vint lorsqu'il décida de confiner dans un couvent sa soeur, l'impératrice Théodora, et ses filles, et qu'il demanda au patriarche de bénir leurs voiles. Ignatios refusa de le faire et protesta aussi contre l'exécution d'un certain Gédéon, qui, prétendant être le fils de l'impératrice, avait suscité un complot contre Bardas. Ignatios fut accusé de haute trahison et exilé vers ses monastères sur l'île de Terebinthos. Il n'est pas clair si le patriarche a ou n'a pas démissionné. Jusqu'à récemment, le point de vue des partisans d'Ignatios prévalait, basé sur l'information donnée par Niketas, le biographe d'Ignatios. Ils croyaient qu'Ignatios n'avait pas démissionné. Cependant, en relisant bien le texte de Niketas, il est évident qu'Ignatios a dû avoir démissionné, probablement sous la contrainte, car dans le cas contraire ses partisans auraient pu avoir la vie encore plus dure. Le texte dit:

"Ne penseriez-vous pas que l'illégalité de l'investiture provenait du fait qu'après qu'Ignatios n'ait pas accepté de démissionner honorablement, ils avaient pris sur eux – certains hommes de l'entourage de l'empereur – de s'occuper du reste de l'affaire... Ils ordonnèrent le spatharios et protoacretis Photios comme patriarche de Constantinople."

La démission d'Ignatios était très importante par rapport à la canonicité de la position de Photios. Et Photios lui-même, dans sa lettre d'intronisation adressée aux patriarches d'Orient (Antioche, Jérusalem et Alexandrie) fait référence à la démission d'Ignatios. De même, dans sa lettre au pape de Rome, Nicolas I, Photios écrit: "J'ai reçut cette haute position de celui qui était patriarche avant moi."

saint Photius sur son trone patriarcalsaint Photius sur son trône patriarcal
Chronique de Ioannis Skylitzès, 11ème s.
Madrid, Biblioteca Nacional

L'empereur Michel III et Bardas avaient choisit Photios comme patriarche. Comme chef de la chancellerie impériale, Photios avait fait preuve d'un talent peu commun pour les affaires pratiques et administratives, et pendant qu'il était à l'université, il avait été admiré dans les cercles d'érudits. L'offre arriva comme une surprise pour Photios, du fait de son état de laïc. Ceci n'était cependant pas une procédure inhabituelle dans le Byzantium. Trois autres patriarches - Paul III (688-694), Taraise (+ 806), et Nikephoros (+ 815) – étaient, comme Photios, laïcs, avant d'être élevés au siège de Constantinople, et avaient tous les 3 servit comme protoasecretis. Le premier effort de Photios fut de ramener la paix au sein de l'Église. Cela ressort du texte qu'il avait choisit pour son premier sermon, qu'il avait prononcé depuis l'ambon d'Hagia Sophia le jour de sa consécration, titré "Paix sur la terre, bienveillance parmi les hommes."

De même, suite à son accession et comme il était de coutume, Photios envoya une lettre au pape de Rome Nicolas I et aux 3 autres patriarches en Orient. Dans la lettre au pape de Rome, Photios, après avoir confessé son attachement à l'Orthodoxie, déclara qu'il aurait préféré rester avec ses livres et ses chers élèves, mais qu'il avait accepté de devenir patriarche "en obéissance à la volonté de Dieu, Qui le punissait ainsi pour ses transgressions." Dans un autre épitre à Bardas, Photios se plaignait à nouveau d'avoir été forcé par ce même Bardas de monter contre son gré sur le trône. La lettre de Photios parvint à Rome au début de l'an 860. La réponse du pape de Rome à Photios fut brève mais amicale. Il écrivait qu'il était satisfait de la profession de foi du nouveau patriarche, mais qu'il était quelque peu ennuyé par la manière dont il avait été ordonné. Pour cette raison, ajoutait-il, il envoyait 2 légats à Constantinople afin d'examiner les circonstances de la démission d'Ignatios.

Les 2 légats du pape de Rome, Rodoald et Zacharias, arrivèrent à Constantinople et assistèrent au synode convoqué par Photios en 861. Ils étaient aussi mandatés pour demander la restitution des patrimoines de Sicile et de Calabre, de même que ceux d'Illyrie, à la juridiction de Rome. Ces patrimoines avaient été confisqués au pape romain par les empereurs iconoclaste du siècle précédent. Pour cette partie-là de leur mission, les légats romains n'obtinrent pas gain de cause auprès du patriarche. Cependant, ils trouvèrent que l'élection de Photios était légale et canonique, et après avoir achevé leur mission, ils rentrèrent à Rome. Déçu parce que les patrimoines n'avaient pas été restitués à Rome, le pape Nicolas I rejeta les conclusions de ses légats, et en 863, il convoqua un synode au Latran à Rome, qui déposa Photios et rétablit Ignatios.

Pendant ce temps, l'Église de Constantinople était entrée dans une période d'intense activité missionnaire, sous la direction de Photios (858-867). Le premier contact avec les Rhos eut lieu lors de la deuxième année de Photios comme patriarche, le 18 juin 869, lorsqu'une flotte de 200 navires s'introduisit dans le Bosphore et attaqua Constantinople. Les Rhos, ou Rus, un peuple scandinave, avaient fait leur première apparition dans l'histoire en 839, lorsque le 18 mai de cette année-là, une ambassade byzantine fut reçue par Louis le Pieux à Ingelheim. Dans les Annales Bertiniani, il est dit que les ambassadeurs Grecs étaient venus avec quelques hommes "qui se, id est gentem suam, Rhos vocari dicebant." Ils étaient venus voir l'empereur à Constantinople afin de négocier un traité commercial, mais vu qu'il n'était pas sûr pour eux de retourner par la route de l'Orient, Theophilos les avait envoyés avec l'ambassade, demandant à Louis de veiller à ce qu'ils puissent retourner dans leur pays en toute sécurité. Les Rhos s'installèrent en deux centres, à Kiev vers 840 et à Novgorod vers le milieu du 9ème siècle. Ils y vécurent en paix et firent commerce avec les Byzantins jusqu'en 860, quand ils attaquèrent Constantinople. A l'époque, l'empereur était parti en campagne contre les Arabes en Asie Mineure, et la flotte impériale était au combat contre les Arabes en Méditerranée La ville de Constantinople était totalement sans défense. Les Rhos pillèrent les faubourgs et les petites îles dans le détroit. Le préfet de la ville et le patriarche étaient chargés de la défense de la ville. Photios, dans 2 sermons mémorables prêchés dans l'église d'Hagia Sophia, encouragea le peuple effrayé de Constantinople à placer toute leur confiance en Dieu et à se dresser contre les attaquants. Le siège fut soudainement levé et les envahisseurs quittèrent la ville après que la "sainte tunique" de la Vierge ait été portée en procession par le patriarche tout au long des murailles de la ville et que le vêtement ait été plongé dans l'eau, déclenchant une grande tempête. Nous apprenons le sauvetage miraculeux de Constantinople par un sermon de Photios.

Protection de la Mere de Dieu, icone contemporaine anglophone
L'importante conséquence de cette attaque fut que peu après, les ambassadeurs des Rhos furent baptisés par le patriarche à Constantinople. Dans sa lettre encyclique de 867, Photios annonçait aux autres patriarches de l'Orient que les Rhos vivaient à présent comme citoyens et ambassadeurs de l'empire. Bien que plus d'un siècle s'écoula avant la conversion finale de la "Rus Kiévaine" au Christianisme, conversion qui eut lieu en 987/988 avec l'acceptation de Christianisme par le prince Vladimir et son mariage avec une princesse byzantine Porphyrogénète (d), la Christianisation effective de la Rhos commença à l'époque de Photios.

(d) Porphyrogénète = "né dans la pourpre" – surnom attribué aux empereurs byzantins dont le père était empereur, et partant, aux membres de la famille impériale en ligne directe.

Vers la fin de 860, l'empereur Michel III et le patriarche Photios décidèrent de renouveler les contacts avec les Khazars, un peuple Turc qui était apparu vers la fin du 6ème siècle dans le nord du Caucase. Vers le milieu du 7ème siècle, ils avaient occupé la région entre la Volga et le Dniepr jusqu'aussi loin au nord que la ceinture de forêts de la Russie Centrale et du Haut Oka. L'empereur Heraklios, en 627, avait établit un accord avec les Khazars, qui promettaient de garder le nord du Caucase contre les Perses. En 733, le fils de Léon III, le futur empereur Constantin V, épousa Irène, la fille du Khagan des Khazars. C'est cette princesse Khazar qui introduisit le tzitzakion (e) – son costume national – à la court du Byzantium. L'importance des Khazars pour les Byzantins ressort clairement du Livre des Cérémonies, 10ème siècle, où le dirigeant des Khazars venait au second rang après le calife de Bagdad dans le protocole diplomatique pour les dirigeants non-Chrétiens.

(e) costume "fleurit"? - tzizakion en grec venant de "çiçek" en turc, fleur. Cfr Constantin VII Porphyrogenète "De Cerimoniis Aulae Byzantinae" (Cérémonial du Couronnement des Byzantins)

royaume Khazar au 9eme siecle
Dans le passé, Constantinople avait plusieurs fois tenté d'évangéliser les Khazars, mais cela n'avait pas eu beaucoup de succès. Il semblait que les Khazars étaient bien plus enclins à échanger leur religion shamanique pour le judaïsme ou l'islam. En fait, la religion juive était dominante dans la classe supérieure, et les rabbins Juifs étaient très influents à la court Khazare.

Malgré leurs préférences religieuses, les Khazars restèrent cependant des alliés du Byzantium. L'ambassade qui fut envoyée fin 860 de Constantinople vers la court Khazare était dirigée par Constantin-Cyril, un ami de longue date de Photios, depuis l'université, et par son frère Methodios [ndt: futurs saints Cyril et Méthode]. Constantin-Cyril et son frère Methodios étaient nés à Thessalonique, dans une famille de la haute société Grecque. Leur père était droungarios dans l'armée, à savoir commandant de 5 bataillons. Les 2 frères reçurent leur première éducation à Thessalonique, où ils eurent l'opportunité d'entrer en contact avec les nombreux Slaves qui vivaient dans cette ville, et d'y apprendre diverses langues slaves. Lorsque Constantin-Cyril eut 17 ans, il partit pour Constantinople, où, sous la protection de Theoktistos, il travailla et étudia à l'université de Magnaura et y rencontra Photios. Son frère Methodios, étant jeune homme, fut nommé par l'empereur Michel III comme chef d'une des provinces slaves du fait de sa connaissance des langues slaves. Methodios se retira bientôt de ce poste et entra au monastère sur le Mont Olympe en Bythinie. Quand bien même il avait la chance de pouvoir obtenir une place élevée dans le gouvernement, Constantin, lorsqu'il eut 23 ans (d'après la légende), choisit de devenir prêtre. A la fin de l'an 850 ou au début de 851, il fut nommé enseignant à l'université, où il rejoignit, en tant que collègue, Photios et Léon le Philosophe, ses anciens professeurs. Dès lors, il n'est pas étonnant que Constantin fut choisit comme chef de l'ambassade auprès des Khazars. Constantin, accompagné de son frère, passa l'hiver en Cherson, en Crimée, où Constantin améliora sa connaissance de l'hébreu et appris même le dialecte samaritain, afin d'être à même de débattre de la Loi de Moïse avec les puissants rabbins à la court du chef Khazar, probablement à Samander sur le bas Terek, ou dans le Derbent l'été suivant. Les convertis au Christianisme ne furent pas particulièrement nombreux au cours de cette ambassade, quelque 200, mais l'alliance avec les Khazars était renforcée, et demeura étroite jusqu'au déclin de leur pouvoir vers le début du 10ème siècle.

Cependant, l'Église Byzantine continua son activité missionnaire en Mer Noire durant la décennie de 860, ce qui amena le patriarche Photios à exprimer sa satisfaction dans une lettre à l'archevêque de Bosporos. Il dit que la Mer Noire, "d'une mer inhospitalière, était devenue en effet une mer hospitalière," cette dernière expression étant l'ancien nom pour la Mer Noire.


l'Europe vers 900L'Europe en 900
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Omurtag I de Bulgarie fait massacrer les Chretiens, vers 820Omurtag I "le bâtisseur", khan de Bulgarie de 815 à 831, fait massacrer l'évêque Manuel et les Chrétiens
Chronique de Ioannis Skylitzès, 11ème s.


menologue de Basile II, miniature, le massacre des Chretiens par les BulgaresLes Bulgares massacrent les Chrétiens
Ménologue de Basile II

source

Peu après que l'ambassade soit rentrée du pays des Khazars, une autre mission de grande importance fut confiée aux frères, Constantin-Cyril et Methodios, en Moravie. Le long traité entre la Bulgarie et le Byzantium, signé en 814 par le Khan Omortag et l'empereur Léon V, était expiré depuis 845, et n'avait pas été renouvelé. Peu après, les armées bulgares envahirent la Macédoine autour des régions des fleuves Strymon et Nestos. Durant cette période, les armées byzantines étaient engagées dans la lutte contre les Arabes en Asie Mineure, et la flotte faisait de même en Méditerranée Le gouvernement de régence de Théodora, afin d'avoir la paix sur la frontière nord, avait fait quelques concessions aux Bulgares. C'est ainsi que peu après 852, lorsque Boris succéda sur le trône de Bulgarie, il reçut des Byzantins une bande de territoire de quelque 15km de large, au sud de l'ancienne frontière de la Thrace, incluant les forteresses en ruines de Develotos et Anchialos. Boris, percevant la faiblesse des Byzantins à cette époque-là, voulut les attaquer. Mais il changea d'idée et partit vers l'ouest pour attaquer Serbes et Croates. Cependant, les Serbes capturèrent son fils Vladimir avec 12 de ses grands boyards. Boris dût se soumettre aux termes du traité de paix et rentra dans sa capitale, où il vécut paisiblement pendant quelques années. A l'ouest, le royaume de Boris s'étendait à présent jusqu'au fleuve Tisza, où il rencontrait le royaume des Francs, car les Avares, qui vivaient en Pannonie, avaient été complètement vaincus en 796 par Charlemagne, le fils de Pépin le Bref. Le roi des Francs de l'époque, Louis le Germanique, souhaitant assurer le flanc oriental de son domaine pendant qu'il combattait contre la rébellion de son fils Carloman, fit des propositions à Boris.


Le prince Boris I envoie des emissaires a l'empereur byzantinLe prince Boris I envoie des émissaires à l'empereur byzantin

Auparavant, les Francs avaient été ennemis des Bulgares. Pendant la guerre entre les Francs et le royaume des Moraves, Boris s'était tout d'abord allié au prince des Moraves, Ratislav, pour mener avec lui une guerre perdue contre les Francs en 853. Cependant, lors que Carloman, le fils de Louis, se révolta contre son père avec l'aide de Ratislav, Boris se rangea aux côtés de Louis et signa officiellement un traité avec lui en 862. Au cours des négociations, Boris avait probablement été invité par les Francs à adopter le Christianisme, et il a dû avoir été ouvert à l'idée. Sans perdre de temps, Louis écrivit au pape de Rome, Nicolas I, et il reçut de lui une lettre le félicitant pour sa réalisation. S'inquiétant du rapprochement entre Bulgares et Francs, Ratislav envoya une ambassade à Constantinople pour leur proposer une alliance afin de contrebalancer le pacte entre Boris et Louis. En même temps, Ratislav demanda à l'empereur Michel III d'envoyer en Moravie un enseignant connaissant le slavon et qui pourrait instruire son peuple dans la religion Chrétienne. Le patriarche Photios vit l'opportunité d'étendre l'influence de l'Église grecque jusque dans les lointaines régions du Danube. Sans perdre de temps, il envoya en Moravie les 2 frères, Constantin et Méthode. La manière dont les arrangements fut accomplie nous est inconnue. Toujours est-il que dès l'été de 864, les 2 frères partirent vers le pays de Ratislav, et n'y restèrent pas plus que 4 ans. Pendant ce temps-là, Constantin utilisa un alphabet glagolitique (probablement de son invention) et traduisit les Écritures dans le dialecte slavon de Macédoine, qui était complètement différent de la langue slave utilisée en Moravie mais qui était facile à comprendre et à apprendre. Cependant, la tentative des 2 frères pour christianiser les Moraves fut un échec. Ils rentrèrent probablement à Constantinople vers la fin 867, et l'année suivante ils partirent pour Rome. La Moravie était bien trop éloignée de Constantinople et trop difficile à atteindre pour que les Byzantins puissent y exercer leur influence. D'un autre côté, la Bulgarie était un pays voisin, et là les choses se déroulèrent beaucoup mieux pour Photios et l'Église grecque.

Comme nous l'avons vu, le chef des affaires byzantines à l'époque, c'était Bardas. Étant un diplomate avisé, Bardas comprit le danger de l'alliance entre Bulgares et Francs et conclut immédiatement un traité avec les Moldaves, en 863. Ce que Bardas avait clairement pu prévoir, c'était qu'avec l'influence des Francs en Bulgarie, il y allait aussi avoir une influence croissante de Rome. Car Rome et le royaume Franc étaient devenus proches depuis temps du pape Etienne III de Rome, qui était personnellement venu à la rencontre du roi Pépin à Ponthieu le 6 janvier 754. Cette rencontre était une retombée des pressions et politiques des empereurs iconoclastes à Constantinople. La papauté romaine avait perdu présence et influence dans le Byzantium; dès lors, les papes romains étaient forcés à chercher de puissants alliés en Occident.

De plus, les Lombards qui avaient fondé un royaume dans le nord de l'Italie menaçaient Rome. D'après les Annales, le pape Étienne de Rome rencontra le roi Pépin dans une villa qui est appelée Querzy (Aisne), et suggéra au roi qu'il devrait le défendre, lui et l'Église romaine, contre les attaques des Lombards. Après que le roi ait acquiescé à sa demande, le pape romain le consacra avec la sainte onction, ainsi que ses 2 fils, Charles et Carloman. Plus tard, en 800, Charles (Charlemagne) sera couronné saint empereur romain d'Occident par le pape Léon III de Rome.

Charlemagne mourut en 814 après un long règne, et Louis I le Pieux lui succéda comme empereur. En 825, son fils Louis le Germanique reprit le gouvernement de Bavière, et progressivement étendit son domaine à toute la Germanie carolingienne. Ensuite il se tourna vers l'Est, contre les Moraves, et pour ce faire, il eut besoin de l'aide des Bulgares. De plus, comme nous l'avons vu, il avait des problèmes avec son fils Carloman. Cet effort eut pour résultat le pacte Franco-Bulgare d'un côté, et l'alliance Byzantino-Morave de l'autre. Suite à ces événements, au printemps de 864, une armée byzantine envahit la Bulgarie par le sud pendant que ses alliés Moraves envahissait par le nord.

carte du premier royaume de Bulgarie a son apogee
La flotte byzantine arriva elle aussi devant la côte bulgare, bloquant les ports. Durant cette période, les Bulgares souffrirent d'une terrible famine. Boris capitula rapidement, abandonna son idée d'une alliance avec les Francs, et promit d'être baptisé par le patriarche de Constantinople. Les prières du pape de Rome étaient donc exaucées, à un petit détail près : au lieu de missionnaires Romains et Francs, les Grecs avaient été choisis pour être les instruments de Dieu pour la conversion des Bulgares.

bapteme de Boris I de BulgarieBaptême de Boris-Michel de Bulgarie
Chronique de Ioannis Skylitzès, 11ème s.

Boris fut baptisé et reçut le prénom de Michel, suivant celui de son parrain, l'empereur byzantin. Dans certains documents, il est affirmé que c'est le patriarche Photios lui-même qui accomplit la cérémonie. A cette occasion, Photios envoya à Boris-Michel une lettre longue et très intéressante, dans laquelle il expliquait comment un prince Chrétien devrait se comporter dans sa vie privée et publique. Cette lettre, chef d'oeuvre de rédaction, est considérée comme un des meilleurs exemples de l'art byzantin de composition d'épitres. Elle appartient au genre du "Fürstenspiegel," si connu de la Grèce classique et du Byzantium [= "miroir des princes", specula regum; ndt]. Une autre lettre, bien plus courte, nous est aussi parvenue, adressée aussi par Photios à Boris. Bien que cette lettre n'ait été uniquement préservée par le manuscrit Iviron 684 datant du 16ème siècle, cette copie a été réalisée en recopiant un certain nombre de codices remontant jusqu'au 10ème siècle. La longue lettre à Boris est divisée en 2 parties : une traitant des devoirs d'un prince Chrétien, et l'autre donnant une brève analyse des 7 Conciles Oecuméniques.

2eme Concile Oecumenique de Constantinople, enluminure byzantine de 880, manuscrit BNF2ème concile oecuménique de Constantinople (381)
Homélies de saint Grégoire de Nazianze
(BnF MS grec 510, vers 879-882), folio 355.

Bibliothèque nationale de France


Cependant, Boris restait indécis quant à choisir entre Rome et Constantinople. Pour finir, il se tourna à nouveau vers son allié précédent, l'empereur Louis II le Germanique, et en 866, il lui demanda d'envoyer un évêque et des prêtres en Bulgarie. En même temps, il demanda à Rome pour avoir un évêque. Le pape de Rome Nicolas I décida de tirer le plus partit de l'opportunité que la demande de Boris lui offrait. Il envoya immédiatement comme légats pontificaux 2 évêques, Paul de Populania et Formuse de Porto, avec des missionnaires, et pendant quelque temps, tout se passa bien en Bulgarie pour l'Église romaine. Boris était si content des nouveaux missionnaires qu'il fit un serment solennel de rester à jamais fidèle serviteur du successeur de saint Pierre.

En même temps, le pape de Rome lui écrivit une longue lettre expliquant en détail les devoirs quotidiens d'un Chrétien, en 106 chapitres. Nicolas voyait finalement ses espoirs et rêves s'accomplir.

Pour les Byzantins, c'était une situation grave et menaçante. Les armées des Bulgares pouvaient franchir les frontières du Byzantium à n'importe quel moment. De plus, la situation à Constantinople était très grave. César Bardas, qui dirigeait en pratique l'empire, avait été assassiné. Le meurtrier était Basile, un favori de Michel III, qui avait été élevé du rang de garçon d'écurie à celui de compagnon permanent de l'empereur, et finit par être nommé co-empereur. Il y a des preuves que l'empereur lui-même fut complice du meurtre de Bardas.

Les Byzantins avaient à regagner les Bulgares, mais la tâche ne fut pas facilement accomplie. Les missionnaires Grecs, qui avaient été forcés de quitter la Bulgarie, s'étaient plaints de certaines innovations que leurs rivaux occidentaux introduisaient en Bulgarie. Par exemple, les Latins permettaient aux Bulgares de boire du lait et manger du fromage pendant le Grand Carême, une pratique interdite par l'Église d'Orient. L'Église d'Occident interdisait aux prêtres d'être mariés, alors qu'en Orient, un prêtre pouvait être marié avant son ordination. Ce qui était beaucoup plus grave, c'est que les Latins enseignaient que le Saint Esprit procédait non seulement du Père, tel qu'expliqué dans le Credo de Nicée, mais aussi du Fils. La procession du Saint Esprit avait occupé les pères des Églises d'Orient et d'Occident des premiers siècles du Christianisme. Le Premier Concile Oecuménique à Nicée (325), en composant le Credo, déclara simplement : "Et dans le Saint Esprit, Seigneur et Donateur de Vie, qui procède du Père, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils." Le 3ème Concile Oecuménique à Ephèse (431) et le 4ème à Chalcédoine (451) interdirent toute addition ou altération au Credo de Nicée-Constantinople. L'Église d'Orient a depuis lors préservé le Credo inaltéré. En Occident, tout d'abord en Espagne à cause des hérésies ariennes, le Concile de Tolédo en 589 ajouta le "Filioque," c'est-à-dire que l'Esprit procéderait aussi du Fils. Richard Haugh croit que l'addition ne fut pas intentionnelle mais due à l'ignorance. Le roi Wisigoth Récarède, en prononçant le "Filioque," croyait qu'il suivait le Credo nicéen. D'Espagne, le Filioque fut adopté par les théologiens Carolingiens. Le patriarche Paulin d'Aquilée écrivait au Synode de Fioul de 796: "et dans le Saint Esprit, le Donateur de vie, qui procède du Père et du Fils." Quelques années plus tard, en 809, Charlemagne convoqua un concile à Aachen, qui approuva l'ajout du Filioque au Credo. Cependant, lorsque Charlemagne demanda au pape de Rome Léon III de l'inclure dans le texte du Credo de Nicée, Léon refusa. Plus tard, le pape de Rome Nicolas I, dans une correspondance avec le patriarche Photios, défendit l'ajout, disant que plusieurs "hommes illustres, en particulier des Latins, avaient écrit à propos de la procession du Saint Esprit par le Père et le Fils." Il fit aussi remarquer que "la vérité ne provient pas uniquement des Grecs."

L'Église d'Orient avait continué à demeurer fidèle aux décrets des Conciles Oecuméniques et aux enseignements des pères Cappadociens et d'Athanase le Grand, en particulier quand à la consubstantialité de l'Esprit avec le Père et le Fils. Le père Jean Meyendorff exprima le concept byzantin de la Trinité par les mots de saint Athanase : "Le Père accomplit toutes choses par le Verbe dans le Saint Esprit."


Empereurs Basile I et Léon VIEmpereurs Basile I et Léon VI
Chronique de Ioannis Skylitzès, 11ème s.
Madrid, Biblioteca Nacional
Source: English Wikipedia


empereur byzantin Michel IIIMichel III
Source: English Wikipedia

Avec le consentement de l'empereur Michel III et de son co-empereur Basile, le patriarche Photios envoya une lettre encyclique aux patriarches d'Antioche, Alexandrie et Jérusalem, convoquant un Concile général pour l'été 867 à Constantinople. Le but de ce Concile était d'examiner et condamner les pratiques sus-mentionnées des Latins en Bulgarie, de même que la doctrine de la procession du Saint Esprit à la fois du Fils et du Père. Hélas, le peu qui nous soit parvenu des événements de ce synode et la maigre information que nous en avons ne provient que de sources anti-Photios. Ce qu'on peut en déduire avec certitude, c'est que le Concile a eu lieu, et que de nombreux évêques y ont participé. Le pape de Rome Nicolas I fut condamné pour les pratiques des Latins en Bulgarie; la doctrine romaine de la procession du Saint Esprit par le Père et le Fils fut rejetée comme hérétique, et l'interférence romaine dans les affaires de l'Église byzantine fut déclarée illégale; l'iconoclasme fut à nouveau condamné, et en clôture du Concile, Louis II le Germanique fut reconnu comme empereur d'Occident. Le patriarche s'occupa pendant de longues années du problème du Filioque. En conséquence, en 883, il envoya la célèbre lettre au métropolite d'Aquilée, dans laquelle il défendit de long en large la position de l'Église d'Orient sur la question. Très déçu, le patriarche écrivait :

"Il est venu à nos oreilles que certains d'entre ceux qui vivent en Occident, soit parce qu'ils ne sont pas pleinement satisfaits de la formulation du Seigneur, ou parce qu'ils n'ont pas compris les définitions et les dogmes des Pères et des Synodes, ou parce qu'ils en négligent les précisions, ou parce qu'ils ont des esprits qui sont insensibles à de telles questions, ne sachant pas de quelle autre manière quelqu'un pourrait exprimer cela, cependant, subrepticement, ils introduisent l'enseignement (on aurait aimé qu'ils s'en abstiennent) prétendant que le Divin et tout Saint Esprit ne procéderait pas seulement de Dieu, à savoir le Père, mais aussi du Fils, et par une telle affirmation est causé un très grand tort à ceux qui y croient."

A nouveau en 885, il en parla en écrivant le long traité sur la Mystatogie du Saint Esprit.

Le pape de Rome Nicolas I mourut le 13 novembre 867, sans avoir entendu la sentence prononcée à son encontre par les évêques d'Orient, et Adrien II lui succéda. Pendant ce temps, à Constantinople, des événements plus dramatiques se déroulaient. La nuit du 23 septembre 867, l'empereur Michel III fut assassiné dans ses quartiers par son "ami" Basile, qu'il avait élevé au rang de co-empereur, et qui dès lors assuma seul le pouvoir sous le nom d'empereur Basile I (867-886) et devint le fondateur de la soi-disant Dynastie Macédonienne.

En accédant au trône, Basile se rangea du côté du parti des extrémistes et décida de guérir la rupture avec Rome. D'après le récit de Georges le Moine et d'autres, Photios, probablement le jour de la Fête de saint Dimitri, 26 octobre 867, critiqua les récentes actions de l'empereur et lui refusa la sainte Communion. Dès novembre de cette même année, le patriarche Photios était déposé et confiné au monastère de Skepe. Entre-temps, Basile envoya l'amiral Helias sur l'île de Terebinthos, où résidait Ignatios, afin de l'escorter vers la capitale avec les plus grands honneurs et pompe. A son retour à Constantinople, Ignatios entama sa seconde période comme patriarche. Immédiatement, durant l'hiver de 868, Basile envoya le spatharios Euthymios à Rome pour annoncer les changements à Constantinople. Le pape de Rome Adrien II renvoya Euthymios avec Theognostos, porteurs de 2 lettres – une adressée à l'empereur, dans laquelle il le félicitait pour avoir remplacé Photios par Ignatios, et une autre au patriarche Igniatios. Le pape demanda aussi que des représentants soient envoyés de Constantinople afin de participer à un Synode romain qu'il comptait tenir l'année suivante.

grande icone orthodoxe avec rizza, representant saint Photios le grand
Accédant à la requête, l'empereur Basile I envoya une ambassade à Rome, probablement au printemps 869. Parmi les émissaires se trouvaient Basile le spatharios; un représentant d'Ignatios, Jean de Lilaison; et un de Photios, Pierre de Sardes. Une lettre fut aussi envoyée par l'empereur, demandant de l'impartialité dans le verdict, et qu'une délégation soit envoyée de Rome à Constantinople afin de l'annoncer.

L'ambassade byzantine fut reçue par le pape de Rome en l'église de Santa Maria Maggiore, où les Actes du Synode de 867 furent lus. Suite à cela, un synode eut lieu, probablement début juin, puisqu'une lettre envoyée par le pape de Rome à l'empereur faisant référence aux conclusions est datée du 10 juin 869. Le synode condamna et anathémisa Photios, y compris tous ses actes et tous les évêques et églises qu'il avait consacrés. A la fin de la rencontre, les Actes du Synode de 867 furent brûlés en face de la cathédrale Saint-Pierre, sous une pluie battante. Dans sa lettre à l'empereur, le pape de Rome lui demanda de faire aussi brûler à Constantinople les minutes du Synode de 867.

Le synode s'ouvrit le 5 octobre 859 à Constantinople, mais la participation fut très faible, seuls 12 évêques furent présents à la première session. Les légats du pape de Rome étaient les évêques Donatos et Stephanos, et le diacre Marinos, de même qu'Anastase le Bibliothécaire [Anastasios Bibliothekarios].

Lors de la 6ème session, quelque 102 évêques condamnèrent Photios et approuvèrent 27 canons. En Occident, ils considèrent ce synode comme étant le 8ème concile oecuménique, mais cela n'est pas accepté par l'Église Orthodoxe car on n'y a pas pris la moindre décision dogmatique. Dans l'Église d'Occident, le Concile de 869-870 fut tout d'abord appelé oecuménique par les canonistes du pape de Rome Grégoire VII à la fin du 11ème siècle. Le patriarche Photios, suite à cette sentence, fut envoyé en exil et Ignatios réinstauré comme patriarche.

C'est pendant ces longues années d'exil et de réclusion dans un monastère hors de Constantinople que la plupart des lettres traduites dans cette étude furent écrites. Une des plus émouvantes des lettres de Photios est adressée à l'empereur Basile I, demandant au dirigeant au moins de pouvoir récupérer ses livres, car la vie sans livres lui était insupportable.

En ce qui concerne les Bulgares, Ignatios suivit la même politique que Photios. En fait, pendant que le synode était en session et que les légats du pape de Rome étaient encore présents à Constantinople, une ambassade arriva de chez Boris-Michel, demandant une entrevue avec l'empereur et le patriarche. La réunion eut lieu en présence de Basile I. Anastasios, légat du pape de Rome, a rapporté en détail cette rencontre, quand bien même il n'avait pas été invité à y assister, un affront qu'il ne pardonnera jamais à l'empereur. Les Bulgares avait décidé de revenir à l'Église de Constantinople et de rompre leurs relations avec Rome.

Malgré les nombreux changements et décisions, le clergé de Constantinople resta fidèle au patriarche Photios, exilé. Suite à cela, Basile I, réalisant que ses ouvertures vers le parti extrémiste ne produisaient pas les avantages qu'il avait escomptés, changea de politique et transféra son amitié au parti modéré. En 873, Photios rentra à Constantinople, reçut un appartement au palais impérial, et se vit confier par l'empereur l'éducation de ses fils, Léon et Alexandre. Photios reprit aussi ses conférences à l'université de Magnaura. Trois jours après la mort d'Ignatios, le 26 octobre 877, Photios redevint patriarche de Constantinople pour la seconde fois.

Entre-temps, le pape de Rome Adrien II était décédé, à Rome, en 872, et son successeur, Jean VIII (872-882), fut très désireux de maintenir des relations paisibles avec Constantinople. A la demande de Basile I, le pape Jean VIII envoya à nouveau des légats en Orient, mais quand ils y arrivèrent, le patriarche Ignatios était décédé, et s'était vu succéder par Photios.

Le Concile de 879-880, parfois appelé "Concile de l'Union", rétablit Photios. Le patriarche promit en retour d'abandonner toute prétention en Bulgarie.

C'est ainsi que régna à nouveau la paix entre l'Orient et l'Occident. Le patriarche Photios siégea jusqu'en 886, et là, il fut forcé à démissionner par le nouvel empereur, Léon le Sage (886-912). Léon nomma son frère Stephanos comme patriarche, lequel avait déjà été destiné à cet honneur par son père, Basile I. Photios fut condamné à l'exil au monastère des Armoniens ou Arméniens, aussi appelé Bordonos.


antique mosaique de saint Photios le GrandEn médaillon supérieur, saint Grégoire l'Illuminateur,
apôtre de l'Arménie. Chez certains auteurs, saint Photios était qualifié "d'Arménien"
Mosaïque du parecclesion, église de la Theotokos Pammakaristos

source.

Dans sa vaste correspondance, Photios ne dit mot à propos des circonstances qui ont provoqué cette querelle entre lui et son ancien élève, l'empereur Léon VI. C'est pourquoi la seconde démission de Photios reste enveloppée de mystère. Le biographe de Léon VI, le moine Euthymios, qui était aussi le mentor spirituel de Léon, est le seul qui mentionne la démission de Photios; les autres chroniqueurs de l'époque n'en parlent pas. Euthymios écrit : "Au sujet de Photios, il (Léon) le releva immédiatement de son office en le démissionnant." Il est certain que le changement était question de politique intérieure. En bref, Léon VI suivit le même type de changement mental que Basile I avait eut, lui qui avait courtisé les extrémistes au début de son règne mais par la suite s'était tourné vers les modérés. On trouve la preuve de ce changement d'attitude chez le jeune monarque dans l'oraison funèbre qu'il prononça en l'honneur de son père, suite à la mort de Basile.

Quant à Photios, après une année d'épreuves, il fut envoyé dans un lieu plus agréable, où il vécut paisiblement, se consacrant à l'écriture et à la lecture. Malgré toutes ses épreuves, le patriarche Photios vécu presque centenaire. On ne connaît pas la date exacte de sa mort, mais selon certains récits, on pense qu'il serait mort le 6 février 897, sur le lieu même de son exil, dans le monastère des Armoniens. Immédiatement après, sa dépouille fut rapportée en l'église de Sainte Sophie à Constantinople, et là, en présence de l'empereur Léon VI et de tous les dignitaires, son nom fut commémoré ensemble avec celui du patriarche Ignatios : "Ignatios et Photios, les patriarches Orthodoxes, d'éternelle mémoire." Et enfin, son corps fut porté à son dernier repos au monastère d'Eremias qu'il avait fait construire quelque part la périphérie de Constantinople.

icone contemporaine de saint Photios le GrandCopyright © 1982 by the Holy Cross Orthodox Press
Traduction préservant le copyright de l'auteur, diffusion commerciale strictement interdite.
© traduction JM Dossogne 22/2/2008

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Note de post-traduction : Je me suis efforcé de suivre au plus près le texte de mme Despina S. White, jusque dans ses expressions quand cela avait du sens en français. Si certains passages vous semblent étranges, imputez-en la faute au traducteur. Contrairement à ma (mauvaise?) habitude, je n'ai pas cette fois introduit de remarques dans le texte même, me limitant aux explicatifs de vocabulaire en bas de paragraphe. Les illustrations ne sont pas dans le livre d'origine. Le livre complet dont cette biographie forme le premier chapître est :

"Patriarch Photios of Constantinople: His Life, Scholarly Contributions and Correspondence Together With a Translation of 52 of His Letters," par Despina Stratoudaki White



Couverture souple, 234 pages
Holy Cross Orthodox Press, Juin 1981
langue : anglais
ISBN-10: 0916586219
ISBN-13: 978-0916586218
Présentation par l'éditeur
Despina S. White accomplit l'exploit d'une présentation concise, complète et lisible d'un homme compliqué qui est un saint pour l'Orient, anathémisé pour l'Occident [hétérodoxe; ndt], et le plus extraordinaire et illustre esprit de son époque. Saint Photios de Constantinople, "un intime des puissants, un homme de court, un intellectuel, un encyclopédiste, un professeur, et quelqu'un avide d'étudier tout ce que les livres offraient," a été largement étudié par les érudits au cour des siècles; largement cité et catalogué, vénéré et excommunié. Mais nulle part ailleurs n'est-il présenté de manière aussi complète et cependant compréhensible que dans ce petit livre. Les propres écrits de Photios, présentés ici dans une collection de 52 d'entre ses lettres, révèlent un homme de passion et de compassion, de grande érudition et de profonde Foi, qui force encore notre admiration, quand bien même il continue à attirer le mépris de ceux qu'il appelait "hérétiques" il y a plus de mille ans d'ici.



sanctuaire nord-américain de Saint-Photios, lieu de pèlerinage de la métropole grecque-orthodoxe



"Myriobiblon" de saint Photius, en traduction anglaise :
http://www.tertullian.org/fathers/photius_01toc.htm



icone des 3 piliers de l'Orthodoxie, saint Photios le Grand, saint Gregoire Palamas et saint Marc d'EpheseLes trois "piliers de l'Orthodoxie," saint Photius de Constantinople, saint Grégoire Palamas, et saint Marc d'Ephèse :
Omnes sancti Pontifices et Confessores Dei,
orate pro nobis!



1 commentaire:

Istanbouloise a dit…

Merci pour le beaux travail...je cherchais la traduction du ''Patriarch Photios of Constantinople '' et voila quelle chance je tombe sur l'unique traduction qui date seulement de quelques jours.Comme vous savez il y a quelque années ont ete decouvertes les ruines du monastère construit par le patriarche Photios sur un ilot _ submergé dans les eaux de Marmara par la suite d'un tremblement de terre _en face du monastere Satyrios construit par le patriarche Ignatios a Küçükyalı ...
Cordialement.