"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

12 mars 2008

Grand Carême : Prière, jeûne & Eucharistie

Une prière personnelle, familiale et communautaire pour le temps du Grand Carême:
P. Schmemann: Carême & prière de saint Ephrem le Syrien

La Liturgie eucharistique particulière pendant les semaines du Grand Carême :
P. Hopko : la Liturgie des saints Dons Présanctifiés (Quinisexte Canon 52)

P. Schmemann : "RADIEUSE TRISTESSE", signification du culte liturgique du Grand Carême

Le jeûne du Grand Carême, explication du p. Thomas Hopko, avec rappel que dans l'Église, les samedis et dimanches sont aussi jours de jeûne. Liens vers les Règles du jeûne dans divers Synodes Orthodoxes de Rite Occidental & méditations sur le jeûne

Garde-manger et recettes pour le Carême Orthodoxe byzantin - réflexions sur le jeûne, les règles, le sens du jeûne et des règles, et .. saint Martin de Tours

Grand Canon de saint André de Crête, in extenso :
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=1789



aaah, enfin un vrai repas carémique! ;-)

NOTES LITURGIQUES
(d'après une page de 2006 du site de l'Église Orthodoxe en Estonie)

Le lundi qui suit le Dimanche de l'abstinence de laitage ("tyrophagie") est le premier jour du Grand Carême proprement dit. Pendant 40 jours l'Église nous invite à nous préparer au temps de la Passion et au temps de Pâques.

1) LE JEÛNE
On ne peut ignorer ou traiter à la légère la question du jeûne alimentaire, à laquelle s'attache une authentique valeur spirituelle. Car le jeûne est une "mise en disponibilité" envers le Christ et sa Parole. Mais il ne faut pas non plus le restreindre autour de la seule abstinence alimentaire. Le jeûne doit surtout nous aider à mieux contrôler nos actes, nos pensées, nos paroles; à mieux concentrer notre attention sur les exigences du Seigneur, à nous ramener à nos vraies dimensions pour que le prochain soit rehaussé. Le jeûne est un "tout" dont on ne doit pas scinder les aspects intérieurs et les aspects extérieurs, mais où les premiers sont les plus importants.

2) LES LITURGIES EUCHARISTIQUES
a) En semaine
Selon notre discipline, les jours de jeûne (c'est-à-dire tous les jours de Carême, sauf le samedi et le Dimanche, jour de la Résurrection), il n'y a pas de célébration de la Divine Liturgie en signe de pénitence. Pour permettre cependant aux fidèles de communier, les Saintes Espèces sont soigneusement conservées après la Liturgie du Dimanche et sont offertes aux fidèles, les mercredis et vendredis, au cours d'une Liturgie dite des Présanctifiés, c'est-à-dire dont les Saintes Espèces ont été préalablement consacrées. Aussi cette Liturgie qui est plus exactement un office de Vêpres suivi de Communion, ne comporte pas de consécration eucharistique.
Le Samedi, on célèbre la Divine Liturgie de Saint Jean Chrysostome.
b) Le Dimanche
Durant tout le Carême, on célèbre la Liturgie de saint Basile le Grand au lieu de celle de saint Jean Chrysostome.
Cette Liturgie est célébrée 10 fois par an dans l'Église, comme suit :
- les 5 premiers Dimanches de Carême,
- le Jeudi Saint, le Samedi Saint,
- la veille de Noël et de la Théophanie (Épiphanie) -mais si ces fêtes tombent un dimanche ou un lundi, la Liturgie de Saint Basile aura lieu le jour même de la fête -,
- le 1er janvier, fête de Saint Basile.

3) LES GRANDES COMPLIES
C'est le dernier des Offices du jour, que l'on dit les lundis, mardis, mercredis et jeudis du Grand Carême.
Dans cet office on lit une grande prière biblique de pénitence, celle de Manassé, roi de Juda.

4) LE GRAND CANON DE SAINT ANDRÉ DE CRÊTE
Il est lu par partie aux Grandes Complies, les lundi, mardi, mercredi et jeudi de la première semaine de Carême, et intégralement le mercredi soir de la cinquième semaine. C'est un grand poème de 250 strophes, réparties en 9 Odes.

5) L'HYMNE DE L'ACATHISTE
C'est un long poème de louange à la Sainte Vierge Marie, qui comprend 24 strophes, disposées selon un ordre alphabétique et divisées en 4 parties. Les 4 premiers vendredis de Carême, on en lit successivement une partie le soir à Complies. Le cinquième vendredi, on lit tout l'hymne.
L'office s'appelle "acathiste" parce qu'on le chante debout. Littéralement c'est l'hymne pendant le chant duquel on ne s'assoit pas.
En 626, les Avares et les Perses assiégeaient Constantinople, dont l'empereur était Héraclius. Le clergé et le peuple passèrent alors passé la nuit entière en prière, chantant debout cet hymne à la Vierge. Et la ville fut sauvée. On ajouta par la suite le souvenir de 2 autres délivrances de Constantinople, lorsque la ville eut à soutenir le siège des Arabes en 677 et 717. L'auteur de l'hymne serait pour les uns le patriarche Serge de Constantinople, pour les autres son archiviste, Georges le Pisside.


icone de la Protection de la Mere de Dieu, Russie, 19sLa Protection de la Vierge
seconde moitié du 19ème siècle, 21,8 x 18 x 1,4cm.
Lithographie sur métal. Atelier des frères Jako et Bon Akker.
Source & (c)



6) LE PREMIER SAMEDI DE CARÊME
nous faisons mémoire du miracle des "kolybes" (kolyva, kolyba) de saint Théodore le conscrit, qui mourut martyr au 4ème siècle. Voici comment eut lieu ce miracle : Julien l'Apostat ayant ordonné d'exposer au marché des produits déjà offerts aux idoles et pollués par le sang des victimes, le saint martyr apparut au patriarche de Constantinople Eudoxe pour avertir les Chrétiens de ne se nourrir que de kolybes, grains de blé bouillis à l'eau et assaisonnés de sucreries, et que nous consommons encore quand nous célébrons nos requiem.

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