"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

10 mars 2008

LET THERE BE ROCK! (Dynamis - Genèse 1,1-13)

Transfiguration, icone grecqueJesus-Christ, the one and only true Rock
Jésus-Christ, le seul et unique Rocher

Genèse 1:1-13 LXX - 1ère lecture aux Vêpres, Lundi du début du Carême
Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres couvraient l'abîme et l'Esprit de Dieu planait sur les eaux. Dieu dit: "Que la lumière soit!" Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière Jour, et les ténèbres Nuit. Le soir vint, puis le matin: ce fut le premier jour. Dieu dit: "Qu'il y ait un firmament entre les eaux, et qu'il les sépare les unes des autres." Et il en fut ainsi. Dieu fit le firmament, et il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament de celles qui sont au-dessus. Dieu appela le firmament cieux. Le soir vint, puis le matin: ce fut le second jour. Dieu dit: "Que les eaux qui sont au-dessous des cieux se rassemblent en un seul lieu, que le continent apparaisse." Et il en fut ainsi. Dieu appela Terre le continent et Mer la masse des eaux. Et Dieu vit que cela était bon. Dieu dit: "Que la terre produise de la verdure, des herbes portant semence, des arbres fruitiers de toute espèce, donnant sur terre du fruit contenant sa semence." Et il en fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant semence de toute espèce, et des arbres de toute espèce, produisant du fruit contenant sa semence. Dieu vit que cela était bon. Le soir vint, puis le matin: ce fut le troisième jour.

Genèse 1,1-13, en particulier le verset 1 : "Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre."
La Genèse appelle à la foi en Dieu – à avoir confiance en Lui et à s'engager pour Lui, dépassant l'intuition humaine, surpassant toute vision des hommes et les intuitions des philosophes. La Genèse est révélation, révélation par Dieu de Lui-même, rapportée au monde par Son saint prophète Moïse. Saint Basile disait de Moïse : "C'est cet homme, que Dieu jugea digne de Le contempler, face à face, comme les Anges, qui nous communique ce qu'il a apprit de Dieu. Écoutons les paroles de vérité écrites sans l'aide de "l'éloquence persuasive de la sagesse humaine" (1 Co 2,4)."

En effet, bien-aimés, lisez et fêtez les comptes-rendus que Moïse a faits de l'auto-révélation de Dieu. Le saint donne une bénédiction que l'Église nous présente comme lecture des jours de semaine durant le Grand Carême. Comme le dit le titre du livre, Genèse, cela signifie "origine," de sorte que Moïse nous partage nombre des origines qui sont nées de la volonté de Dieu. Cette première semaine de lectures met l'accent sur l'origine de l'ordre créé, en particulière sur l'origine de l'humanité et les laides réalités planant au dessus de notre race : le péché et la mort.
La Genèse commence avec la création des cieux et de la terre par Dieu. Dieu parla, et comme dit saint Basile, "l'ordre fut en lui-même opération, et un état des choses fut amené à l'être, tel que l'esprit de l'homme ne saurait imaginer de plus agréable pour notre jouissance." Dans ce passage, nous apprenons beaucoup à propos de Dieu, quand bien même beaucoup de ce qui Le concerne reste et restera toujours nimbé dans le Mystère. Nous rencontrons le Dieu éternel Qui est le Seigneur de l'histoire. Nous découvrons que Dieu est "partout présent et remplit tout," tout en étant distinct de Sa création.
Dieu est l'Acteur Premier dans le récit de la Genèse. Dans les lectures de cette semaine, Il est dévoilé comme étant le Créateur Qui "crée" les cieux et la terre. Comme saint Basile nous le fait remarquer, le Verbe de Dieu est efficace, non pas comme les paroles humaines qui ne sont que des sons émis. "Et Dieu dit... et elle fut.." (Gn 1,3). Toutes choses furent amenées à l'être par le Verbe de Dieu, exprimé, créatif, "et sans lui, rien n'a été fait" (Jn 1,3). La révélation du Dieu Trinitaire se trouve incorporée dans ce passage, explicitement, quoique Dieu en tant que Tri-Unité de Personnes n'est pas explicitement manifeste. Dieu Se manifeste pour finir définitivement dans la Théophanie au Baptême du Seigneur Jésus. Cependant, la Foi Chrétienne affirme que toutes les trois Personnes créent : le Verbe de Dieu le Père amena toutes choses à l'être alors que "l'Esprit de Dieu planait sur les eaux" (Gn 1,2).
De plus, dans ce passage, Dieu est révélé comme étant le Seigneur agissant dans l'Histoire. Remarquez 2 détails concernant le verset d'ouverture : "Au commencement, Dieu fit les cieux et la terre" (Gn 1,1). Tout d'abord, il y aura une fin au temps, de même qu'il y a eu un commencement. L'ordre créé n'est pas un incessant cycle répétitif d'être et d'extinction. C'est l'histoire, comme saint Basile l'explique : "Les dogmes de la fin, et du renouveau du monde, sont annoncés à l'avance dans ces brèves paroles placées en tête de l'histoire inspirée.. C'est que ce qui a commencé dans le temps est condamné à parvenir à une fin dans le temps." L'évêque Kallistos (Ware) explique la même chose : "Dieu crée le monde.. la Création n'est pas un événement dans le passé mais une relation dans le présent." Le Verbe nous maintient dans l'être, et nous existons!
Pour finir, Dieu est révélé comme étant Celui Qui est "Autre" par rapport à Sa création physique. Le panthéisme est balayé. Dieu crée hors du néant, sans modeler ni former ni manipuler quelque chose qui aurait déjà existé. L'évêque Kallistos note : "Dieu n'avait nulle obligation de créer." Au contraire, comme fait remarquer saint Jean Chrysostome,
"C'est Toi Qui nous a amenés du non-être à l'être." L'ordre créé est "fait" par Dieu "de ce qui n'était pas" (2 Macc. 7,28).
Les laïques modernes qui s'attardent inlassablement sur des interactions imaginaires de forces existantes pour expliquer l'univers, révèlent, comme le fait remarquer saint Basile, "leur athéisme profond.. [pour qui] rien ne serait gouverné.. et que tout ne serait que fruit du hasard."
Gloire et louange à Dieu, l'Artisan suprême de tout ce qui a été sagement et habilement créé.

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