"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

20 avril 2008

Des pèlerins de haut vol pour sainte Gudule (retour des faucons à Bruxelles)



A Novgorod, Russie, on a réintroduit des faucons afin de protéger la cathédrale contre les pigeons et leurs déjections :
Novgorod : des faucons protègent la cathédrale

A Bruxelles, c'est eux qui en prennent l'initiative :

Famille de faucons pèlerins dans la cathédrale Saints Michel et Gudule à Bruxelles
http://www.interfax-religion.com/?act=mosaic&div=203




Bruxelles, 18 avril 2008, Interfax – Un nouveau haut lieu touristique est apparu à Bruxelles : de plus en plus d'habitants et de visiteurs de la capitale de la Belgique viennent au centre, à la cathédrale des saints Michel et Gudule, depuis que des faucons ont installé leur nid dans une de ses tours.
Les rapaces l'ont peut-être confondue avec une montagne. Les biologistes animaliers ont réussi à installer des caméras sans perturber les faucons, et à présent n'importe qui peut contempler cette vie sauvage dans la capitale.
Cet événement bruxellois est unique, car depuis nombre d'années, les ornithologues redoutaient que la fumée des industries et les pesticides des champs aient chassé à jamais les faucons hors d'Europe occidentale. Nul ne s'attendait à les revoir dans de grandes villes.
Quatre petits sont nés dans le nid la semaine dernière. A présent, le père faucon, surnommé Michel d'après le saint patron, chasse toute la journée, pendant que la mère, surnommée Gudule d'après la sainte, ne quitte pas ses oisillons.
Les touristes et les habitants de Bruxelles passent des heures à attendre pour voir "Michel" chasser, et parfois jouer avec ses proies, rapportait le Pervy Canal vendredi dernier.




Plus d'informations & source photos des faucons :
http://www.sciencesnaturelles.be/cb/fauconvalken/2008/page_2_blog_mars2008.htm
http://fauconspelerins2008.blogspot.com/



SAINTE GUDULE

Sainte Gudule
enluminure, Den Haag, KB, ms KA36, folio 125

L'autre fille de saint Witger et de sainte Amelberge est appelée Gudule, mais on trouve également les formes Gode, Gote, Goule ou Ergoule. Elle naquit vers 650 à Ham, hameau d'Erdersem, prés d'Aalst (Alost). Suite à une vision qu'aurait eue sa mère, lui révélant la sainteté de l'enfant, on décida que Sainte Gertrude serait sa marraine, et que l'enfant lui serait confié pour recevoir auprès d'elle une éducation profondément chrétienne. Là, Gudule gravissait les échelons de la sainteté: elle s'introduisait à la doctrine chrétienne, refusait les mets variés et délicats, écoutait attentivement les lectures des offices, montrant beaucoup de charité envers les pauvres et déployait les vertus de patience, d'humilité et de douceur.

A la mort de sainte Gertrude, Gudule rentra chez ses parents. Elle passa une dizaine d'années en famille, tout en ayant voué sa virginité à Dieu. Elle mena une vie de jeûnes, de veilles et de prières. Elle fréquentait quotidiennement l'oratoire consacré au Saint Sauveur à Moorsel, faisant le bien, aidant les pauvres et soignant les malades. Elle devint ainsi vraiment la mère de tous les affligés.

Lorsque ses parents résolurent tous 2 d'embrasser la vocation monastique, les 2 soeurs restèrent ensemble pour administrer le domaine, au plus grand profit des pauvres de l'endroit. Gudule ressentait déjà l'envie d'être moniale, mais des tentations incessantes et des inquiétudes concernant son genre de vie l'assaillaient continuellement. A force de prières, elle retrouva la paix.

Gudule accompagne sa soeur chez l'évêque Aubert, mais devant les portes fermées de l'abbaye de Lobbes, elle renonce et retourne vivre à Ham, où sa charité et les miracles qu'elle accomplit attirent de plus en plus de monde. Elle guérit entre autres un enfant de 10 ans totalement paralysé et une femme atteinte de la lèpre. Une pieuse légende rapporte que, alors que Gudule était en route pour le sanctuaire de Moorsel, le diable souffla brusquement la flamme de la lanterne que portait la suivante de notre sainte, mais un ange vint à sa prière et ralluma le feu. C'est sans doute pour cela que Gudule est généralement représentée avec une lanterne ou une bougie à la main.

Sainte Gudule mourut à Ham, le 8 janvier 712, après une courte maladie. Elle fut enterrée en grande pompe dans le domaine allodial de Ham, en présence de la grande foule des malheureux qu'elle avait secourus. "L'on vit rarement autant de béquilles et de besaces à un enterrement" dit un chroniqueur. Et une légende affirme qu'un peuplier poussa en une nuit près de son tombeau, qui devint un lieu de pèlerinage très fréquenté.

Les reliques de sainte Gudule voyagèrent beaucoup: transportées à Moorsel en 760, elles furent conduites à Romsée, près de Liège en 836, ramenées à Moorsel, déposées au 10ième siècle en l'église Saint-Géry à Bruxelles, et enfin en l'église saint Michel de la même ville qui porta à partir du 12ième siècle le titre de "Saints Michel et Gudule". Elles disparurent définitivement au 15ième lorsque la collégiale fut mise à sac par les Iconoclastes.

Sainte Gudule est invoquée contre les maladies des nerfs, de la peau, les rhumatismes et la goutte, ainsi que contre les maladies du bétail. On la fête le 8 janvier, et elle est vénérée dans les diocèses de Malines et de Gand. Des sanctuaires lui sont dédiés à Moorsel, Romsée, Warre, et Bruxelles où la collégiale Saint-Michel et Gudule, devenue cathédrale, a retrouvé récemment son nom complet après une tentative menée en 1962 de dégommer la petite sainte mérovingienne, pour des raisons qui demeurent obscures. Le peuple d'ailleurs n'avait jamais accepté l'ukase clérical (*) et continuait à désigner sous le nom de "Sainte Gudule" le majestueux édifice. Sainte Gudule est la patronne de la ville de Bruxelles.


Tropaire de sainte Gudule Ton 2
Par amour véritable pour le Christ
Tu en es devenue l'illustre fiancée;
Demeurant vierge tu as connu la vraie joie
D'être en esprit la mère des indigents.
Aux misérables tu as voué ta sainte vie
Et dans les pauvres tu as vu l'image du Seigneur;
Sans cesse prie donc le Maître pour nous
Qui fêtons de tout coeur ta mémoire sacrée.


Kondakion de sainte Gudule ton 2
Dans le siècle tu as vécu la même vie
Que dans le cloître les moniales consacrées;
Sans voeu tu t'es acquittée de ton voeu:
Celui d'irradier autour de toi l'amour du Christ;
Et, pour ce qu'à ses moindres frères tu as fait,
Dans la lumière de Son Royaume Il t'a reçue;
Bienheureuse Gudule, intercède pour tous ceux
Qui vénèrent ta mémoire porteuse de Dieu.


in : "Saintes et Saints de Belgique au 1er millénaire,"
Editions Altaïr, BP 19, B-1420-Braine l'Alleud, Belgique, mai 2003, isbn 2-930197-41-2
Un paterikon composé par le sous-diacre Jean Hamblenne (PM)

(*) Ukaze clérical? Meuh non, Jean : habitude hétérodoxe, sans plus.. Souviens-toi, dans les années 1960, les catholiques-romains ont vu tout un paquet de saints (dont quelques Orthodoxes) supprimés de leur calendrier (même saint Nicolas de Myre!), en même temps qu'un "illuminati" (cal. Bugnini) leur concoctait une nouvelle "liturgie" encore plus détachée des racines de la Foi.. c'est dommage pour eux, mais pas surprenant, car une branche tombée d'un arbre ne saurait reverdir... Nil novi sub sole..


Aucun commentaire: