"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

20 avril 2008

Dimanche des Rameaux: le Seigneur est proche (p. David Moser)


L'Entrée du Christ à Jérusalem
2ème moitié du 19ème siècle, Russie centrale; 35,5 x 30,6 x 2,3cm
source & (c)




Épître : Philippiens 4,4-9
Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps; je le répète, réjouissez-vous. Que votre sérénité apparaisse aux yeux de tout le monde. Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien; mais en tout état de choses, faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications avec actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui dépasse toute intelligence, gardera vos coeurs et vos pensées dans le Christ Jésus. Au reste, frères, tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui a bon renom, tout ce qui est vertueux et louable, que tout cela soit l'objet de vos pensées. Ce que vous avez appris, reçu et entendu de moi, ce que vous m'avez vu faire, pratiquez-le, et le Dieu de paix sera avec vous.



Вход Господень в Иерусалим
Vhod Gospoden v Ierusalim


Évangile : saint Jean 12,1-18
Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie, où se trouvait Lazare, qu'il avait ressuscité. On offrit là un souper en Son honneur. Marthe servait, et Lazare était un des convives. Marie, elle, prit une livre de parfum de nard authentique de grande valeur, en oignit les pieds de Jésus et les essuya de ses cheveux. Et la maison fut remplie de l'arôme de ce parfum. Mais Judas Iscariote, l'un de Ses disciples, celui qui allait Le trahir, dit: "Que n'a-t-on vendu ce parfum 300 deniers pour en donner le prix aux pauvres?" S'il parlait ainsi, ce n'est pas qu'il se souciât des pauvres, c'est qu'il était voleur, et que, tenant la bourse, il dérobait ce qu'on y versait. Jésus dit: "Laisse-la; elle a gardé ce parfum pour le jour de Ma sépulture. Les pauvres, vous les aurez toujours avec vous; Moi, vous ne M'aurez pas toujours." La grande masse des Juifs apprit que Jésus était là; et les gens venaient, non seulement à cause de Lui, mais aussi pour voir Lazare qu'Il avait ressuscité. Alors les grands prêtres résolurent de faire mourir aussi Lazare, car, à cause de lui, beaucoup de Juifs les quittaient pour croire en Jésus. Le lendemain, la foule des gens venus pour la fête apprit que Jésus S'y rendait. Ils se portèrent à sa rencontre avec des palmes en criant: "Hosanna! Béni est Celui qui vient au Nom du Seigneur, le Roi d'Israël!" Jésus trouva un ânon, et le monta selon cette parole de l'Écriture: Ne crains point, fille de Sion, voici venir ton Roi monté sur le petit d'une ânesse (Zac 9.9). Les disciples, tout d'abord, ne le remarquèrent pas, mais une fois Jésus glorifié, ils se rendirent compte que ce texte Le concernait et qu'ils l'avaient accompli pour Lui. Les gens qui avaient assisté à l'appel de Lazare hors du tombeau et à sa résurrection acclamaient Jésus. D'ailleurs si la foule s'était portée à Sa rencontre, c'était aussi à la nouvelle qu'Il avait fait ce miracle.


La nouvelle du miracle que nous avons célébré hier, la résurrection de Lazare d'entre les morts, se répandit rapidement dans la région autour de Jérusalem. Notre Seigneur Jésus-Christ était déjà bien connu dans le pays, du fait des nombreux miracles qu'Il y avait accomplis, et du fait de Sa prédication. Là, Il était tout proche, à la maison de Lazare, à Béthanie. Quand la nouvelle parvint que Jésus montait à Jérusalem, le peuple de cette ville entra en liesse.

Entre-temps, Jésus-Christ avait commandé à Ses disciples d'aller à la ville en un certain lieu, et que là, ils y trouveraient une ânesse avec son petit. Ils devaient les Lui amener hors de la ville. Si quelqu'un devait leur demander ce qu'ils faisaient, tout ce qu'ils auraient eu à répondre, c'était "le Seigneur en a besoin," et tout se passerait bien. Les choses se déroulèrent exactement comme notre Seigneur les avait instruit, et ils Lui amenèrent cet ânon. Notre Seigneur S'assis sur l'ânon et commença la montée vers les portes de la ville de Jérusalem. Cette action avait une grande signification car dans ce pays où tout le monde marchait, même monter un âne était la prérogative des rois. Et les disciples, formés à l'Écriture, se souvinrent de la prophétie disant que le Roi viendrait, chevauchant un ânon. Inspiré par cela et se rappelant aussi avoir eux-mêmes reconnu que Jésus était le Fils de Dieu, le Messie promis, ils commencèrent à Lui lancer des cris de louange, disant "Bénit est celui qui vient au Nom du Seigneur." N'ayant rien d'autre, ils enlevèrent leurs manteaux et les posèrent à même le sol, pour former comme une sorte de tapis sur lequel Jésus passerait. Quand leurs manteaux ne suffirent plus, ils commencèrent à arracher des branches des proches palmiers, et les posèrent sur le chemin. Le peuple qui arrivait, déjà enthousiaste à la pensée que le grand maître et prophète Jésus arrivait, observa l'agitation et reprit les louanges des disciples. La foule aussi commença à offrir ses manteaux et à apporter encore plus de branches pour former ce tapis pour que le Roi S'avance dessus. Ce faisant, ils reprirent le chant de louange que chantaient les disciples. Au fur et à mesure qu'encore plus de gens se joignaient au mouvement, le tumulte grandit, et les gens à l'intérieur de la ville entendirent ce qui se passait, et eux aussi commencèrent à jaillir par les portes de la ville afin de rencontrer le Seigneur et de se joindre aux autres pour Lui offrir un accueil royal à la ville. Bien vite se forma une masse compacte de gens, déposant un tapis de manteaux et de branches de palmiers sur le chemin montant à Jérusalem et chantant avec joie "Hossana au plus haut des Cieux! Béni est Celui qui vient au Nom du Seigneur!", accueillant ainsi notre Seigneur Jésus-Christ dans la ville en Messie promis et Roi pour le peuple hébreux.

Dans l'Epître de ce jour, nous entendons quelque chose qui nous rappelle cette grande entrée, et l'état d'esprit du peuple. "Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps; je le répète, réjouissez-vous [...] Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien; mais en tout état de choses.." Aujourd'hui, nous aussi nous voyons la venue du Roi. Le Seigneur est en effet proche. Dès lors, en se réjouissant, reprenez l'acclamation : "Hosanna au plus haut des Cieux, béni est Celui qui vient au Nom du Seigneur!"

Quelle merveilleuse chose que de réaliser que le Seigneur est proche. Voilà que nous venons de lutter pendant les 6 semaines écoulées du Grand Carême, travaillant pour nous rapprocher de Dieu, et maintenant, nous entendons que notre travail n'a pas été vain, mais que le Seigneur est proche. Quelle grande joie remplit nos coeurs à cette nouvelle que l'objet de nos efforts, le but de cette lutte que nous avons accomplie, est presque près de nous. Et c'est pourquoi l'Apôtre nous dit de d'abord nous réjouir, puis il continue en nous décrivant comment la proximité du Seigneur devrait nous affecter. Il dit d'abord que nous ne devions être anxieux pour rien, mais que nous devrions remettre entre les mains de Dieu toutes nos demandes, tous nos besoins et désirs. Il est arrivé et Il va prendre soin de nous. L'Évangile ne nous dit-il pas que de même que nous donnons de bonnes choses à ceux que nous aimons, ainsi aussi notre Seigneur nous donnera-t'Il de bonnes choses, et puis comme nous le rappelle l'Apôtre, toutes choses que Dieu nous donne concourent au bien de ceux qui aiment le Seigneur. Si nous aimons Dieu et que nous plaçons toute notre confiance en Lui, alors nous pouvons accueillir avec confiance tout ce qui nous arrive, avec gratitude, sachant que peu importe ce que c'est, tout participe à la réalisation de notre Salut. C'est très important de nous en souvenir, en particulier au commencement de la Semaine Sainte, car durant cette semaine, nous allons revivre certains des moments les plus noirs, terrifiants et douloureux de la vie du Christ. Avec Lui, nous souffrirons, avec Lui, nous serons battus et torturés, avec Lui, nous monterons sur la croix et entrerons dans le tombeau. Mais même au milieu de cela, il y a l'incessant rappel que le Seigneur est proche, et qu'il est nécessaire de ne dépendre que de Lui, et Il ne nous abandonnera pas à la tombe, mais avec Lui, nous aussi nous gagnerons contre la mort, et avec Lui nous nous relèverons de la tombe, et avec Lui, nous monterons au Ciel, et serons assis à la droite du Père. A cette fin, l'Apôtre nous instruit encore, disant qu'une fois que nous aurons déposé toutes nos prières, tous nos besoins et désirs entre les mains de notre Seigneur Jésus-Christ, en retour, Il nous comblera de Sa paix.

Afin de maintenir cette paix en nous, sachant que l'ennemi de l'humanité cherchera à détruire le don de Dieu en nous,l'Apôtre nous dit de garder nos coeurs et esprits, et ainsi de préserver le don de Dieu. Afin d'y parvenir, il nous dit de concentrer nos pensées sur ces choses qui sont vraies, justes, pures, aimables et bonnes. Et ensuite d'aussi méditer ce qui est vertueux et louable.

Dans la semaine qui vient, nombre de choses nous seront présentées, sur lesquelles nous pourront fixer nos esprits et nos coeurs, et ainsi préserver le don de joie et de paix que Dieu nous donne aujourd'hui. L'avancée de notre Seigneur Jésus-Christ vers la Croix est en effet Vérité. Il est l'épitome de la pureté et même pendant sur la Croix, quand nous regardons dans la lumière de l'espérance de la Résurrection, Il est aimable. Cette semaine, devant toutes les autres, nous seront inondés de ces choses-là, afin que nous puissions en remplir nos esprits et coeurs. En fait, non seulement nous prendrons part à ces images, ces souvenirs et ces bénédictions, mais de plus, nous les emmagasinerons dans nos coeurs, de sorte que nous seront à même de les revisiter au cours de l'année. Bien que la Semaine Sainte soit la plus intense période pour ce souvenir, chaque semaine, dans nos prières, les mercredi et vendredi nous nous souvenons de la Croix, et chaque samedi, nous nous souvenons de la mise au tombeau, et chaque dimanche, nous nous réjouissons dans la Résurrection. Tout ce que nous expérimentons pendant la Semaine Sainte qui s'ouvre est récapitulé en nous, bien que de manière réduite, chaque semaine de l'année.

Le Seigneur est proche, et dès lors, réjouissez dans le Seigneur, je le répète, réjouissez-vous! Le Seigneur est proche, et dès lors, confiez tout entre Ses mains, faites-Lui confiance, et n'ayez crainte de rien, et Il vous donnera Sa paix qui surpasse tout entendement. Le Seigneur est proche, et ainsi gardez vos âmes en ne regardant que vers ce qui est vrai et juste et pur et aimable et bon et vertueux et louable. Imprégnez-vous de ces bonnes choses car le Seigneur est proche, et quand Il sera là et brisera le cercueil et viendra à nous comme aux Apôtres dans la Chambre Haute, alors nous serons prêts. En ce jour, alors que nous chantons les louanges à notre Seigneur, souvenons-nous qu'Il est proche et qu'Il viendra bientôt à nous. Réjouissez-vous, je le répète, réjouissez-vous! Hosanna au plus haut des Cieux, béni est Celui qui vient au Nom du Seigneur!

Archiprêtre David Moser
St Seraphim of Sarov Orthodox Church (ROCOR)
Homélies: http://groups.yahoo.com/group/propoved/
Site internet: http://stseraphimboise.org


le p. David travaillant avec des fidèles à la construction d'un bâtiment pour un monastère EORHF en Amérique


Textes liturgiques complets:
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=2273

La Jérusalem terrestre aujourd'hui

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