"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

15 avril 2008

Famine - Jeûner : nous sommes riches comme Crésus! - fasting: we are rich like Cresus!


Dans plus de 30 pays du monde, ces derniers jours, il y a eu des "émeutes de la faim" – des foules de gens n'ayant plus le moindre morceau de "pain quotidien" pour eux et leur famille. Chaque jour, il y a des gens qui meurent de faim, mais ici, ce sont aussi des gens qui meurent dans des émeutes l'estomac vide. Il n'y a pas besoin d'aliments de haute technologie pour les aider, mais simplement de partager honnêtement les ressources naturelles, de cesser de littéralement piller les ressources naturelles des pays pauvres, de simplement recommencer à être humains plutôt que des bêtes sauvages.

Parce qu'à présent, nous, les "Occidentaux modernes," nous sommes tous des bêtes sauvages.

Depuis les années 1930, les grands semenciers américains ont mené à un énorme désastre alimentaire dans le monde. Ils ont initié la production de semences qui ne savent pas être reproduites, comme le sont celles créées par Dieu. Cela afin de forcer les paysans à leur acheter de nouvelles semences, au lieu de reproduire les semences avec les plantes de la récolte. Sur ce chemin satanique, ils ont été suivis par les semenciers européens, mais ils demeurent cependant en avance dans ce domaine. (voir plus bas pour les détails, par un chercher de l'INRA, un scientifique)

Ces semenciers ont finit par produire leurs OGM (organismes génétiquement modifiés), totalement sataniques, prétendant que c'était un progrès de faire entrer dans l'ADN de la plante des caractéristiques animales ou d'autres espèces de plantes. Jamais dans l'histoire de l'humanité on n'avait entendu un homme oser dire ceci : "La nature n'a pas été bien faite, nous, nous allons la corriger."
monsanto c'est le diable en col blanc
source

C'est pourtant la déclaration qu'a faite un ingénieur de chez Monsanto au
professeur Jean-Marie Pelt, le célèbre biologiste (et écologiste). Ils produisent des semences non-reproductibles, couvertes par brevets "au cas où," ils tournent les paysans en esclaves. Et si ces derniers parviennent à les reproduire, il y a le brevet, et les tribunaux de la justice moderne donnent raison aux semenciers! Un nouvel esclavage scientifiquement établi, avec l'aide de notre justice humaine.

Ils ont aussi développé des semences qui ont des caractéristiques spéciales, nécessitant beaucoup d'engrais chimiques (à base pétrolière, 3 tonnes de pétrole pour une tonne d'engrais!), et bien entendu, pas des engrais produits par les paysans mais par les associés en Bourse de ces mêmes semenciers. Ces engrais ont produit d'énormes désordres dans la nature, lorsqu'ils sont parvenus dans les grandes nappes phréatiques (cfr ce qu'explique Yves Paqualet, en vain, depuis 30 ans). Ils s'y sont mélangés entre eux, là où on ne sait rien faire. Et ils ont produit de terribles effets sur la nature et les humains – car ils se sont aussi mélangés avec les rejets humains, ces humains consommant contraceptifs chimiques et autres antibiotiques. Un cocktail terrifiant sous nos pieds, et nous le buvons.

Mais voilà, nous, les "riches," nous avons des tas de "stations de décontamination" un peu partout (euphémisme : stations d'épuration) – quelle efficacité réelle, ça on ne pipe mot... Dans tous ces pays où on lieu toutes ces émeutes de la faim, ils n'ont rien de cela. L'eau que boit habituellement un Africain, nous ne la donnerions pas à notre bétail. Pour l'amour du "dieu dollar" (ou "euro", c'est la même divinité), nous avons détruit le bien-être de milliards de gens.

Et à présent, nous, les riches Orthodoxes, nous avons le choix de jeûner côté aliments. Nous avons la possibilité de nous abstenir de nous-mêmes de manger de la viande, des produits laitiers, du poisson, etc. Nous avons la possibilité de suivre les recommandations de l'Église (règles..), et de ne manger qu'une fois par jour, le soir, après les Vêpres, au lieu de 3 fois par jour (minimum..) comme dans l'Occident moderne.
Nous avons toutes ces possibilités parce que nous avons.. la nourriture et la boisson dans nos réfrigérateurs, notre garde-manger, ou au moins à disposition dans le magasin le plus proche, derrière le coin de la rue.
Et nous trichons pour voir si nous ne pourrions pas remplacer le lait pas cher (1 euro le litre de lait bio) par du très cher lait de soja (2 euros en bio, car 80% de la production mondiale de soja est OGM...): de remplacer des poissons bon marché et de production locale à 3 euros le kg par de très chers fruits de mers, importés, produits dans des pays du Tiers Monde avec pour terribles coûts direct la facture écologique et humaine; de vouloir du vin (importé) pour les fins de semaine "parce que c'est permis" (alors que la bière, produit local et sain et bon marché ne l'est pas), mais du bon vin, qui est produit en respectant hommes et nature, c'est très cher, 10 euros la bouteille; etc. Oui, quand on y réfléchit bien, nous sommes décidément riches pour pouvoir nous permettre tous ces choix.

Mais je me demande si nos âmes – si mon âme.. - sont plus riches que celles de tous ces pauvres criant leur colère, et dont les estomacs vides sont en partie notre faute. Au moins parce que nous ne refusons pas cette folie de la surconsommation des ressources naturelles, ni ne refusons les produits fabriqués par les pilleurs..
C'est très symptomatique de notre monde déchu de voir que ces jours-ci, la plupart des premiers titres des média parlent des élections aux USA, de la "flamme olympique qui va s'éteindre," des jeux olympiques dans la nouvelle "Berlin 1936" que sera Pékin, etc. Le sort de milliers de pauvres ne fera pas la "une" tant qu'il n'y aura pas 200.000 humains qui seront morts juste devant les caméras de CNN et/ou Euronews, et encore, un jour où il manque de "sujets intéressants."

Ah oui, en passant, le système financier américain, avec son scandale des "subprimes," a réalisé une perte de 900 milliards de dollars US. Aucun de ses acteurs ne semble avoir de problème majeur pour se nourrir, pour garder leur emploi, ou pour éviter la taule. On ne les fait même pas arrêter par la police. Monde déchu.

(in more than 30 countries of the world, these last days, they have been "hunger riots" - crowds of people having not the least slice of "daily bread" for them and their families. They are people dying daily from hunger, but now, they are also people with empty stomaches dying in riots. No high tech food is needed to help them but simply honnestly sharing the natural ressources, stopping to literally loot the poor people's natural ressources, simply resume to be human instead of beasts.

because for now, we, the "modern Westerners," we are all savage beasts.

The US seeds companies have, since the 30's, led a big disaster for food in the world. They initiated production of seeds that cannot reproduce itself, like those created by God. This to force peasants to buy them new seeds, instead of reproducing the seeds with the plants of the crop. They have been followed on that satanic path by European seed producers, but they still remain leaders in that domain.

They ended up producing their truly satanic GMO (genetically modified organisms), pretending it was a progress to enter in a plant seed some features of animals or of other kind of plants. Never ever in the world history had one man dared to say this : "The nature has not been well created; we gonna correct it." That's the declaration of a Monsanto engineer to prof. Jean-Marie Pelt, the famous biologist and nature defender. They produced seeds that cannot reproduce themselves, thus enslaving the buyer to them. And when they can be reproduced, it's a copyright infringement!! and they take to court anyone doing this. And they win. New slavery started scientifically, with the help of our human justice.

They have also produced seeds with special features requiring lots of intrants, chemical intrants, of course not produced by the peasants but by the same seeds companies or their allies found in the business world of Wall Street. These intrants have produced gigantic disorders, when reaching the underground lakes of pure water, 30 years after start of use. They mixed themselves in these waters. They produced terrible results on the nature, and on humans - as they also mixed with the residual fluids of humans consuming chemical contraceptive and antibiotics. An incredible mixture lies below our feet, and we're drinking it. Now, we, the rich, we have in lots of places some "decontamination stations" (called with politically correct names). In all these countries with "food riots," they don't. The usual water that an African has to drink, we wouldn't give it to our cattle. For the sake of the "god dollar" (ou "euro", it's the same divinity), we have destroyed the well-being of billion of people.

now, today, we, rich Orthodox, we have the choice of fasting. We have the possibility to even refrain ourselves from having meat, milk, cheese, fish, and so on, for dinner. We have the possibility to follow the guidelines of the Church, and only eat once a day, after Vespers, and not like the modern days Western way, 3 times a day (at least..).
We have all these possibilities because we have.. the food and the drink in our fridge, food reserve, or at least in the closest food shop, right next corner.
And we are cheating to see if we could not replace cheap milk (2 dollars per liter of organic milk) by expensive soy milk (4 dollars for non-GMO soy milk, as more than 80% of world production of soy is GMO..); to replace cheap fish at 4 dollars per kilo, like local fisher's trout, by very expensive seafood produced in Third World countries at the cost of terrible nature pollution and human damages; to try to have wine for week-end "as it is allowed" but good wine, organic wine, grown while respecting both nature and humans, is very expensive, 15 to 20 dollars per bottle.
yes, we are damn'd rich, to be able to do all this.

but I wonder if our souls - if my soul - are richer than those of all these poor people shouting their anger, with their empty stomaches, for which we are the partial cause, at least by not refusing this foly of overconsumption of natural ressources, by not refusing to buy the products made by the looters...
it's symptomatic of our fallen world that news headlines are speaking of US elections, of Olympic games in the new Berlin1936 that will happen in China, and so on. The lot of billion of poor doesn't make the headline unless they are 200.000 of them dying in front of CNN or Euronews cameras on a day where the "interesting news" are lacking.

Oh yes, btw, the US financial system has made a crach of around 900 billion of US Dollars. None of them seems to have problems to have food, to keep their job, or to avoid jail. The police is even not sent against them.
Fallen world.
)


"Les OGM sont-ils dangereux pour la santé? L'étude qui accuse"
Canal +, magazine "90 minutes", 15 septembre 2005, film en ligne :
http://home.scarlet.be/natureprogres/documentation.html

Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture (OAA / FAO): les pénuries mondiales de nourriture vont perdurer, émeutes à craindre
(World food shortages to stay, riots a risk: FAO)
http://news.yahoo.com/s/nm/20080409/hl_nm/food_prices_fao_dc_2


Par Mayank Bhardwaj

NEW DELHI (Reuters) – Les émeutes alimentaires qui ont frappé plusieurs pays pauvres pourraient s'étendre, avec les pénuries et les hauts prix qui vont encore se prolonger pendant un certain temps, a déclaré le chef du département FAO/OAA de l'ONU.
Une combinaison de prix élevés pour le pétrole et l'essence, avec la demande croissante de nourriture dans une Asie plus riche, l'utilisation de terres de culture et de récoltes pour les biocarburants, les mauvaises conditions météorologiques, et la spéculation sur les futurs marchés ont fait grimper les prix de l'alimentation, provoquant de violentes manifestations dans un certain nombre de pays pauvres.
Jacques Diouf, directeur général du OAA/FAO, organisme basé à Rome, a déclaré mercredi, au cours d'un voyage vers l'Inde, qu'il y avait un risque croissant d'instabilité sociale dan les pays où les familles dépensent plus de la moitié de leurs revenus pour la nourriture.
"Le problème est très sérieux, un peu partout dans le monde, à cause des graves augmentations de prix, et nous avons vu des émeutes en Égypte, au Cameroun, en Haïti et au Burkina Faso," a-t'il dit aux journalistes à New Delhi.
Cinq personnes ont été tuées au cours d'une semaine de manifestations à Haïti, à cause des prix élevés de l'alimentation, dans ce pays qui est le plus pauvre des Amériques, alors que les syndicats au Burkina Faso, Afrique de l'Ouest, ont appelé à une grève générale contre la hausse des prix alimentaires et des carburants.
"Le risque est que ces troubles vont s'étendre dans les pays où 50 à 60 % des revenus vont pour l'alimentation," a ajouté Diouf.
Il dit que les stocks mondiaux de céréales étaient suffisants pour répondre à la demande pendant 8 à 12 semaines, alors que les stocks de grains étaient à leur niveau le plus bas depuis le début des années 1980.
"Cela provient de la demande plus importante de la part de pays tels que l'Inde et la Chine, où la croissance est de 8 à 10%, et l'accroissement de revenus va pour la nourriture," ajouta Diouf après avoir rencontré le ministre indien de l'agriculture, Sharad Pawar.
Il dit qu'il recommandait aux gouvernements d'investir dans l'irrigation, les installations de stockage, et l'infrastructure rurale, et d'augmenter la productivité, afin de répondre au défi de la pénurie de nourriture.

SPIRALE DES PRIX
Les prix globaux de l'alimentation, basés sur les données de l'ONU, ont augmenté de 35% sur un an, jusque fin janvier, de toute évidence, une accélération dans un mouvement à la hausse entamé en 2002, au départ doucement.
Depuis lors, les prix ont augmenté de 65%. Rien qu'en 2007, selon l'index FAO/OAA des tarifs alimentaires mondiaux, les prix des produits laitiers ont augmenté de près de 80%, et ceux des céréales de 42%.
Certains des pays les plus peuplés au monde ont ressenti l'impact des hausses de prix après que le riz ait rejoint la course qui faisait flamber le prix d'autres céréales tels que blé et maïs.
Le prix du riz en Thaïlande, le plus grand exportateur de riz au monde, a doublé depuis le début de cette année, après que l'Inde ait fortement restreint et puis interdit l'exportation du riz non-basmati, afin de s'assurer qu'il y avait assez pour nourrir sa population.
A Manille, la présidente Gloria Macapagal Arroyo a dévoilé une série de mesures pour augmenter la production du riz, pendant que des troupes armées de fusil M-16 supervisaient la vente de céréales subsidiées et que le gouvernement menaçait de prison à vie les spéculateurs stockant.
Le Pakistan a récemment déployé les forces de sécurité pour garder ses réserves.
Dans un rapport récent, le FAO/OAA a déclaré que le Burkina Faso, le Cameroun, l'Égypte, l'Indonésie, la Côte d'Ivoire, la Mauritanie, le Mozambique et le Sénégal ont vécu au cours des récentes semaines des manifestations liées au prix de l'alimentation et du carburant.
En Inde, l'inflation du prix de vente en gros a atteint son plus haut niveau en 3 ans, avec 7% en mars, un vrai casse-tête pour la coalition au pouvoir dans la 3ème plus grande économie d'Asie, avec les élections pour les assemblées locales et nationale qui se rapprochent.
Les pressions sur les prix se sont accrues pendant plusieurs semaines, en grande partie à cause des produits alimentaires, et le gouvernement a dû intervenir avec des coupes budgétaires et des restrictions aux exportations.
Les analystes disent que des mesures fiscales ne devraient pas réussir à faire chuter les prix, et les dirigeants Indiens que leur priorité pour la sécurité alimentaire était d'augmenter la production domestique.
"Je considère favorablement la croissance économique en Inde et en Chine, mais j'espère aussi qu'ils investiront dans l'agriculture, car ces 2 pays représentent 2,2 milliards d'habitants sur les 6 milliards que comptent la planète," conclut Diouf.


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Historique des techniques de sélection
http://web.archive.org/web/20041206141401/www.graines.org/article.php3?id_article=51
jeudi 15 avril 2004, par Céline Guilland

Ce texte est extrait d’une conférence donnée par Jean-Pierre Berlan (directeur de recherche à l’INRA)

Nous allons maintenant passer en revue ces différentes normes de Terminator. Il faut pour cela faire un bref historique des techniques de la sélection. Je vais vous parler de la méthode de l’isolement (du début dix-neuvième siècle jusqu’à environ 1860), ensuite de la méthode de sélection "continue" de 1860 aux années 1890 lorsque les sélectionneurs reviennent à la technique de l’isolement. Ce détour par l’histoire permettra de comprendre la fameuse technique de sélection qui domine le 20ème siècle dite des "hybrides" et les mystifications qui l’entourent. La méthode de l’isolement Les gentilhommes sélectionneurs anglais découvrent la méthode de l’isolement au début du dix-neuvième siècle. Ces hobereaux anglais sont, vous le savez, férus des nouvelles techniques agronomiques. Ce sont de grands améliorateurs de plantes et d’animaux. Ils cherchent à accroître la productivité de leurs domaines. Ces hobereaux anglais constatent (observation fine, intelligente et pertinente) que les céréales qu’ils cultivent, le blé, l’orge, l’avoine, "breed true to type", c’est-à-dire que, prise isolément, chaque plante se reproduit identiquement à elle-même d’une génération à la suivante, pourvu qu’on la reproduise à partir d’un seul épi, voire même d’un seul grain. A l’origine, quand ils découvrent dans un champ, par hasard, une plante exceptionnelle, isolée en quelque sorte naturellement, ils la reproduisent et la multiplient. Si la plante reproduite et multipliée se révèle effectivement meilleure que le mélange de plantes qu’ils cultivent, ils vont cultiver cette plante, ce modèle unique, plutôt que le mélange. (Si je puis me permettre une digression, supposez que je puisse vous cloner - vous êtes tous différents, c’est le propre des êtres vivants d’être uniques. S’il y a parmi vous un type humain qui m’intéresse plus qu’un autre - par exemple, un Stakanov ou un Schmidt (le cobaye de Taylor) - je pourrai le multiplier et vous remplacer tous. Vous voyez l’intérêt du clonage humain pour construire une société enfin "rationnelle", où chacun occupera les fonctions pour lesquelles il sera vraiment conçu. Pensons aussi à "Dolly". Dolly n’est pas autre chose que la mise en oeuvre de cette technique de l’isolement dans le cas d’un mammifère. Notre "modernité" bio-moléculaire et génétique repose sur des conceptions vieilles de deux siècles !). Voici quelques citations.

Percival - un grand sélectionneur de blé - publie en 1921 une histoire de la sélection du blé en Angleterre. Il écrit à propos de la variété ‘Chidham" : "Le vieux blé Chidham cultivé dans le pays entre approximativement 1800 et 1880 (Notez que la plante est restée identique à elle-même pendant quatre-vingt ans) ou plus tard, provenait d’un seul épi, trouvé sur une plante poussant dans une haie, à Chidham dans le Sussex." Evershed écrit en 1884 dans le Journal of Royal Agricultural Society (l’Académie d’Agriculture à l’époque où elle était plus prestigieuse que l’Académie des Sciences) : "En Ecosse, Patrick Shirreff a développé son blé "Mungoswell" à partir d’une plante qui avait survécu à l’hiver sévère de 1813." Patrick Shirreff écrit en 1841, toujours dans le Journal de la Royal Agricultural Society : "Rendant visite à un ami au cours de l’automne de 1832, je fus frappé par un épi de blé qui avait été sélectionné dans un de ses champs, à la ferme de Drew, et je décidai de le propager à partir de ces semences. Le produit de cet épi se révéla être une nouvelle variété, que j’appelai "Hopetoun" qui fut vendue en 1839."

Résumons : on découvre une plante exceptionnelle que l’on reproduit et l’on multiplie car elle conserve ses caractéristiques ; et si la plante se révèle aussi exceptionnelle qu’on le pensait lorsqu’on la cultive seule, on en fait une nouvelle variété que l’on peut reproduire et cultiver année après année. On peut appliquer cette technique à des plantes isolées naturellement, mais on peut aussi l’appliquer systématiquement. En 1831, John Le Couteur, à Jersey, comprend (sous l’influence du botaniste espagnol La Gasca) qu’un champ de blé est constitué d’un mélange de plantes, chacune d’elle se reproduisant identiquement à elle-même. Pour améliorer le blé, il suffit d’isoler les modèles souhaitables, de les cultiver et de les multiplier individuellement. Si l’on trouve un modèle de plante supérieur à la moyenne du mélange cultivé, on remplace le mélange par ce modèle unique de plante :: c’est la technique de l’isolement. Voici comment Le Couteur décrit sa découverte dans le livre qu’il publie en 1836 : "On obtiendrait la plus grande production si chaque épi produisait un grain dodu fine pellicule transparente de son, comme le font certains blés de Danzig sélectionnés à partir d’un mélange". Et il ajoute, une page plus loin avec une fierté légitime : "Aucun auteur n’a jusqu’ici attiré l’attention du monde agricole sur la culture de types ("sorts") purs, provenant d’un seul grain ou d’un seul épi." Le Couteur et La Gasca ont découvert la technique d’amélioration qui domine à l’heure actuelle la sélection des plantes et des animaux. Autant donc pour le discours triomphaliste de la génétique... La "sélection continue" de Hallett : une mystification fondatrice Pourtant, vers 1860, cette sélection ponctuelle, définitive, une fois pour toute, laisse la place à une méthode nouvelle qui s’appuie sur des principes scientifiques nouveaux. C’est, la méthode de sélection "continue" selon laquelle il faut poursuivre constamment la sélection. Voici comment le grand Darwin la présente : "Le major Hallett a été beaucoup plus loin que Le Couteur, et par une sélection continue des plantes issues d’un même épi, a rendu son blé et ses autres céréales fameux dans de nombreuses parties du monde." Il faut sélectionner le blé de façon continue, poursuivre sans relâche le travail de sélection. Cette méthode est conforme aux nouveaux principes darwiniens. Pour Darwin, lorsque cesse la pression de la sélection, les plantes ou les animaux ont tendance à revenir à une sorte d’état naturel atavique, de régresser vers un état naturel, de perdre les qualités que le sélectionneur avait introduit par sélection artificielle. Liebscher, Directeur de l’Institut Agricole de Gotingen, exprime en 1897 cette même idée de la nécessité d’une sélection continue : "Les variétés se détérioreront, écrit-il, à moins que l’on prenne le plus grand soin de l’éviter, en sélectionnant les individus les meilleurs comme plantes-mères pour la propagation continue de la variété". Hallett le confirme en 1877 : "Il est de la plus haute importance d’acheter des semences fraîches de Brighton, où l’on poursuit la sélection, sans laquelle aucune souche ou quoi que ce soit ne peut se conserver." Autrement dit, le blé, l’orge ou l’avoine qui conservaient leurs caractéristiques au début du siècle, se "détériorent" maintenant dans le champ du paysan ! Pourquoi ? Vous le savez, mais il vous manque encore un élément. Voici ce qu’écrivait Hallett en 1881 : "La découverte scientifique de la loi de développement des céréales ( c’est la découverte de la sélection continue par Hallett, la découverte "scientifique" - j’insiste) n’étant pas un procédé ni une invention mécanique, un brevet n’était pas possible ... Le major Hallett a été obligé en 1860 d’adopter un nom de marque commerciale (puisqu’il n’y avait que ce moyen de protection) le mot "pedigree", appliqué aux céréales et aux autres plantes. Ce mot figure sur le sceau de tous les sacs qu’il expédie. Toute violation sera poursuivie et sévèrement punie." En d’autres termes, Hallett est un sélectionneurs-semencier professionnel. Jusque vers 1860, nous sommes en présence de gentilhommes-agriculteurs qui veulent améliorer les plantes et les animaux de leurs propres domaines. A partir de 1860, avec Hallett, nous avons affaire à l’un des premiers sélectionneurs professionnels, à des hommes d’affaire qui cherchent à vendre l’hérédité de leurs créations. Pour vendre cette hérédité, Hallett, en homme d’affaire avisé, se rend compte qu’il lui faut empêcher l’agriculteur de semer le grain récolté. Pour lui, les plantes se "détériorent" donc dans le champ du paysan. Sa théorie se présente sous les auspices scientifiques de la "loi de développement des céréales". Hallett est-il un charlatan ? Non. A l’époque de Hallett, on ne pouvait pas trancher la question "Les plantes se reproduisent-elles à l’identique d’une génération à la suivante en gardant leurs caractéristiques ?-ou bien, se détériorent-elles ?" C’est une question très compliquée dont la réponse exige de pouvoir défaire l’échevau des multiples causes et effets et de leurs interactions qui contribuent à la production d’une plante dans un champ. Par exemple, Hallett aurait pu mettre en avant les multiples observations d’attaques de maladies sur des variétés qui, par conséquent, se "détérioraient" dans le champ du paysan. D’un point de vue scientifique, Hallett pouvait s’appuyer sur les travaux de Darwin, eux-mêmes dérivés de l’observation des travaux des sélectionneurs. En effet, les plantes et les animaux de manière générale avaient bien tendance à régresser vers un état naturel lorsque les sélectionneurs cessaient leur travail. Comment prouver (ou infirmer) les assertions de Hallett à propos de variétés améliorées par sa sélection continue ? Ce n’est qu’au cours des années 1920 que les avancées de la théorie statistique mettront à la disposition des scientifiques des méthodes expérimentales permettant de dire avec une fiabilité donnée, si, en effet, telle variété (tel modèle génétique) est meilleure que telle autre dans un milieu donné. En attendant, la science ne peut trancher. L’échec d’une variété peut toujours s’expliquer par vingt raisons différentes : "vous avez semé trop tôt", "vous avez semé trop tard", "il faisait trop humide", " trop sec", "vous n’aviez pas un bon précèdent cultural","vous n’avez pas fait une bonne préparation du sol", etc... Retour à la lignée pure - à la technique de l’isolement A la fin du siècle (en 1892 très précisemment), à l’Institut Swalöf, institut suédois célèbre dans les milieux de l’amélioration des plantes, H. Nilsson constate que la méthode de sélection continue qu’il applique ne "marche" pas, c’est-à- dire qu’aucune amélioration ne se produit. En étudiant ses carnets d’expériences, il se rend compte que les très rares cas où ses parcelles expérimentales sont homogènes et constituées de plantes identiques ou presque les unes aux autres, sont celles où il a semé les graines d’une seule plante - faute de trouver d’autres plantes ayant les caractères qu’il recherchait. En d’autres termes, les plantes de blé, d’orge et d’avoine "breed true to type" ce qu’il vérifie l’année suivante. Il redécouvre alors indépendemment la technique de l’isolement, celle-là même des gentilhommes-agriculteurs anglais du début du siècle, celle qu’avait codifiée Le Couteur en 1836.

Cette technique que redécouvre expérimentalement Nilsson n’est autre que la technique "des lignées", qui domine toute la sélection des plantes encore à l’heure actuelle. Enfin, en 1903, Wilhem Johanssen démontre théoriquement qu’en effet la technique de sélection continue de Hallett était incapable d’améliorer quoi que ce soit. La raison en est simple : du fait même que Hallett commençait par isoler une plante, puis sélectionnait dans la descendance d’un seul grain, il supprimait au départ toute variabilité génétique ; Hallett sélectionnnait donc des variations liées à l’action du milieu sur la plante, il sélectionnait du vent ! En résumé, le 19 ème siècle voit le remplacement, au nom de la science, d’une méthode efficace d’amélioration des plantes (mais sans profit pour le sélectionneur) par une méthode d’expropriation, qui ne permet pas d’améliorer quoi que ce soit, mais crée un profit pour le sélectionneur. La technique dite des "hybrides" au vingtième siècle n’a fait que reproduire à une échelle élargie cet épisode fondateur du 19 eme siècle. Et les OGM sont en train de reproduire à une échelle encore élargie au 21 ème siècle ce que les "hybrides" ont fait au 20 ème.

Un seul scientifique à ma connaissance s’est rendu compte de l’influence que l’économie polique pouvait exercer sur la construction des vérités scientifiques. Hugo de Vries est l’un des redécouvreurs des lois de Mendel, et c’est probablement le biologiste le plus influent de la première décennie de ce siècle. Voici ce qu’écrit H de Vries en 1907 : "L’assertion que les plantes se détériorent dans le champ de l’agriculteur a une signification profonde pour la pratique agricole et a exercé aussi une influence considérable dans la discussion des questions théoriques ["les questions théoriques". J’insiste : le contenu même des théories scientifiques est influencé par le système social et son économie politique. Ce constat est anathème pour les scientifiques dont tous les efforts tendent à être objectifs et confondant ainsi un état avec un processus]. Il est facile de voir que le gain du sélectionneur d’une variété dépend en grande partie de l’acceptation de cette proposition. Dans les variétés de Le Couteur et de Shirreff, toutes les semences ont la même valeur, et pourvu que l’on garde les races pures et sans mélange, chacun peut les multiplier avec le même succès que le sélectionneur ; mais sur la base des principes de Hallett, tout le profit de la production de semences fiables reste entre les mains de celui qui possède le pedigree original ."

Puis-je regretter que mes collègues sélectionneurs de l’INRA et les spécialistes de la transgénèse aient oublié ou négligé de lire ce texte de de Vries et de le méditer.

Les "hybrides"
Maintenant que vous avez savez ce qu’est la technique de l’isolement, celle dite des "hybrides", est simplissime à comprendre : ce qu’on appelle "les hybrides" chez le maïs, c’est tout simplement la technique de l’isolement appliquée à une plante qui ne "breed pas true to type" à l’état naturel. A la différence du blé, de l’orge, de l’avoine, le maïs est en effet une plante à fécondation croisée [allogame]. De ce fait, elle ne se reproduit pas à l’identique d’une génération à la suivante. Par conséquent appliquer la technique de l’isolement à une espèce qui perd ses caractéristiques individuelles d’une génération à la suivante interdit à l’agriculteur de semer le grain qu’il récolte.Voyons de façon plus détaillée en quoi consiste cette technique. Pour mettre en œuvre la technique de l’isolement nous avons besoin ?
de variabilité, et que cette variabilité soit héréditaire ;
d’un moyen quelconque de "fixer" cette variabilité (chez les plantes comme le blé l’orge et l’avoine, cette variabilité est fixée, puisque les plantes se reproduisent à l’identique, elles se clonent en quelque sorte) [Ce sont des espèces autogames,c’est à dire qui se fécondent elles-mêmes] Vous savez que le maïs a sa fleur mâle au sommet de l’épi, et sa fleur femelle sur la tige. La fleur mâle émet son pollen qui est transporté par les insectes, par le vent, parfois à de grandes distances, des centaines de mètres, parfois des kilomètres ; le pollen d’une plante féconde les plantes aux alentours, il y a fécondation croisée. Toute plante de maïs à l’état naturel est donc un "hybride", parce que c’est le résultat de la rencontre d’un ovule et d’un sperme venant de parents différents. Dans cette salle, vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte, mais vous êtes tous des "hybrides" ! Ainsi toute plante de maïs est naturellement "hybride", et ce que l’on vend à l’agriculteur sous le terme de "maïs hybride" n’est qu’une plante ordinaire, ni plus ni moins hybride que n’importe quelle plante d’un champ de maïs à l’état naturel. Qu’est-ce alors qu’un "hybride" ? Quelle est sa caractéristique, ce qui le différencie d’une plante dans un champ de maïs ? C’est qu’on a réussi l’opération consistant à "fixer" le maïs - à rendre reproductible à volonté une plante donnée. Si je sais faire cette opération, je peux mettre en oeuvre la technique de l’isolement ; C’est exactement ce qui a été fait : à partir de la redécouverte des lois de Mendel, on a compris qu’il était possible de "fixer" le maïs, [par le stratagème de la lignée pure, dérivé de la loi de la ségrégation de Mendel] c’est-à-dire d’obtenir des plantes de maïs reproductibles à volonté, pour ensuite mettre en oeuvre la technique de l’isolement. Et de plus, ô miracle, de telles plantes ne sont reproductibles que par le sélectionneur. Pourquoi ? Chez les plantes et d’une manière générale les organismes, qui sont ordinairement à fécondation croisée, si vous faites de la consanguinité, si vous apparentez les individus qui ont une hérédité commune, il se produit un phénomène de dégénérescence qui est connu depuis la nuit des temps ; c’est la dépression consanguine. Plus la consanguinité est forte, plus les phénomènes de dégénérescence se manifestent. C’est vrai pour les mammifères et c’est aussi vrai pour le maïs. Mais avec le maïs, vous pouvez réaliser une opération de consanguinité drastique. Chez les mammifères, vous ne pouvez pas faire une consanguinité plus forte qu’un croisement frère-soeur, ou mère-fils, ou père-fille. Avec le maïs, vous pouvez faire quelque chose de radical : vous pouvez féconder une plante par elle-même. Comme les fleurs mâles et femelles sont distinctes, il suffit d’ensacher la fleur mâle et la fleur femelle, d’attendre que le pollen soit mûr, puis de le transporter de la fleur mâle à la fleur femelle, obtenant ainsi une auto-fécondation Et cette forme drastique de consanguinité produit, inévitablement, à la génération suivante des plantes affaiblies et déprimées (souffrant d’une forte dépression consanguine !) La technique des "hybrides" met à profit ce phénomène. Ce n’est pas autre chose, nous l’avons vu, que la vieille technique de l’isolement consistant à remplacer dans le champ du paysan une population de plantes différentes par un modèle unique. Dans le champ du paysan, ces plantes se fécondent bien les unes les autres, comme dans un champ de maïs traditionnel, mais comme elles sont toutes identiques, tout se passe comme si on avait fait le travail titanesque d’autoféconder chaque plante avec son propre pollen. La génération suivante souffre de dépression consanguine et le grain récolté ne peut être utilisé comme semence. Ce que recherchaient les semenciers depuis un demi-siècle.

Le bobard de "l’hétérosis"
Les inventeurs de la technique n’allaient pas clamer sur les toits qu’ils utilisaient la dépression consanguine pour empêcher les agriculteurs de semer le grain récolté. Ils ont donc inventé en 1914 un phénomène biologique mystérieux, "l’hétérosis" : le fait d’avoir des gènes différents exercerait un effet favorable en soi. Personne ne sait d’ailleurs très bien ce que signifie le terme "hétérosis", mais peu importe... La technique est inventée en 1908. En 1914, ses inventeurs la légitiment par ce phénomène mystérieux, qui d’après certains serait l’inverse de la dépression consanguine. C’est un renversement dialectique admirable. Au lieu de dire la vérité : " Nous utilisons la dépression consanguine pour rendre le maïs "stérile" dans le champ du paysan", les généticiens racontent depuis des décennies qu’ils utilisent le phénomène en gros inverse, l’hétérosis, pour l’améliorer ! C’est sans doute la plus belle mystification de ce siècle . Mais ne soyons pas trop rudes : en 1914, lorsque le phénomène est postulé et ce terme inventé, il n’y a aucun moyen de savoir si l’état hétérozygote ou "hybride" exerçe un effet favorable ou pas. Cette hypothèse ne peut être rejetée. La question n’a pu être tranchée qu’en 1964 pour le rendement du maïs : des travaux extrêmement précis de généticiens américains ont montré que l’hétérosis (au sens de l’effet favorable en soi de porter des gènes différents - la superdominance) n’était pas la source de la vigueur du maïs ! Les sélectionneurs publics auraient donc dû mettre en œuvre d’autres méthodes de sélection, puisque ils savaient qu’ils avaient choisi la mauvaise technique. Mais ces méthodes auraient conduit à faire des variétés que l’agriculteur reproduisait dans son champ, et ils n’en ont rien fait. (Le seul cas d’hétérosis-superdominance que l’on connaisse est celui de l’anémie falciforme, dans les populations noires des zones à malaria : l’individu homozygote à gènes normaux est atteint par la malaria, souffre et en meurt. L’individu homozygote à deux gènes mutés est résistant à la malaria, mais est anémié par l’anémie falciforme (les globules rouges prennent une forme en faucille et sont dentelés) ; l’individu "intermédiaire" ( hétérozygote ), a un gène normal et un gène muté. Il présente une certaine résistance à la malaria, sans être anémié. Dans les zones à malaria, il est donc "supérieur" à chacun individus portant les mêmes gènes. C’est le seul cas documenté de supériorité de l’hétérozygote par rapport aux deux homozygotes que l’on connaisse à ce jour.) En 1997, le CIMMYT (Centre International d’Amélioration du Blé et du Maïs), à Mexico, a organisé un symposium international pour faire le point sur "l’hétérosis dans les cultures" (traduisons : "la dépression consanguine dans les cultures"). Voici un échantillon de ce qu’ont raconté les officiants de cette cérémonie vaudoo scientifique. Annonce du symposium : "Nous ne comprennons pas vraiment grand chose à la génétique, la physiologie, la biochimie et aux bases moléculaires de l’hétérosis". Différents auteurs : "Les mécanismes génétiques à la base de l’hétérosis sont largement inconnus." " Que connaissons nous réellement à propos des bases biologiques et des mécanismes de l’hétérosis ? Très peu". "Bien que l’hétérosis ait été au centre de nos préoccupations pendant de nombreuses années, le phénomène n’est pas mieux compris maintenant qu’à l’époque du livre célèbre de Goven il y a quarante cinq ans "... etc., etc. Non seulement on nous dit que le phénomène est inexpliqué, mais qu’il est inexplicable : "Les bases génétiques exactes de l’hétérosis ne seront peut-être jamais ni connues, ni comprises, mais ce fait ne doit pas empêcher d’en poursuivre l’utilisation". Evidemment ! Et puisque nous n’en savons rien, nous n’avons qu’à continuer à confisquer le vivant ; car c’est bien là le résultat de l’opération ! Dans le doute, il s’agit de foncer, pas de s’abstenir. En pratique, comme le dit l’un des plus lucides de ces généticiens, Coors, qu’il y ait hétérosis ou pas, cela n’a pas d’importance ! La technique reste la même en pratique ! A juste titre. Encore une fois pour appliquer au maïs la technique de l’isolement, on a besoin de variabilité (il y en a à ne pas savoir qu’en faire dans un champ de maïs) et d’un moyen de la fixer ! Le problème qui devrait être discuté est le suivant : la technique consistant à fixer le maïs peut-elle l’améliorer ? Et là, ma réponse est "non". Si les sélectionneurs ont réussi à faire des maïs dits "hybrides" améliorés, s’ils ont finalement réussi vers 1935 aux Etats Unis à extraire des plantes de maïs reproductibles des populations de maïs cultivées par les agriculteurs, c’est pour des raisons qui n’ont rien à voir avec l’hétérosis. Au fond, ces discussions byzantines et interminables des généticiens sur l’hétérosis sont une vieille ruse. Alcibiade avait des difficultés politiques à Athènes. Il fit couper en grande pompe la queue de son chien. Quelque temps plus tard, comme on était venu lui en demander les raisons, il répondit : "Tant que les gens s’occupent de la queue de mon chien, ils ne pensent pas aux problèmes importants". Tant que les généticiens discutent à perte de vue de cet hétérosis ésotérique, ils pourront ignorer et nous faire ignorer qu’ils ne font qu’exproprier les paysans (et chacun d’entre nous) de la faculté la plus fondamentale des plantes et des animaux : se reproduire et se multiplier.



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http://www.kokopelli.asso.fr/ouvrage-semences-de-kokopelli/index.html
"Semences de Kokopelli," septième édition, est un ouvrage en grand format, avec 648 pages couleur, 927 photos et une couverture cartonnée.
L’auteur est Dominique Guillet. L’introduction est de Jean-Pierre Berlan, directeur de recherches INRA.
Cet ouvrage présente tout d’abord 70 pages d'articles sur la biodiversité, l'humus, la désertification, la confiscation du vivant, la folie des chimères génétiques.
C'est un manuel de production de semences pour le jardin familial avec des informations très détaillées permettant à tous les jardiniers, et maraîchers, de produire leurs propres semences en toute pureté variétale. "Semences de Kokopelli" présente aussi une analyse précise des processus d'érosion génétique, pour chaque espèce alimentaire, ainsi que des informations récentes quant à la présence de plantes transgéniques alimentaires dans diverses parties du monde. Cet ouvrage présente une collection planétaire de 2700 variétés et espèces principalement alimentaires."


ogm = mort


Pour nourrir la planète, les "docteurs Folamour" de l'agro-alimentaire et leurs patrons de la Bourse encouragent nos politiciens à détruire la Création et à se passer des dons du Créateur. Derrière les discours lénifiants se cache une réalité totalement diabolique, qu'il faut encore et toujours répéter : c'est du mensonge et les OGM appauvrissent le paysan, systématiquement.
Démonstration par ce même directeur de recherche de l'INRA :

Lettre ouverte aux agriculteurs progressistes qui s’ apprêtent à semer du maïs transgénique

par Jean-Pierre Berlan
Jean-Pierre Berlan, directeur de recherche a l'INRA

Les semences conventionnelles de “variétés hybrides” de maïs coûtent environ 150 euros/ha. Les semences transgéniques coûtent sans doute plus cher à moins que, comme Innovateur chargé d’ouvrir la voie au Progrès, vous ne bénéficiiez de conditions spéciales qui, de toute façon, ne dureront pas. Bref, le coût des semences à l’hectare représente l’équivalent de 15 à 18 voire même dans certains cas, 20 quintaux de production. Vous semez environ 15 kilogrammes à l’hectare. Un quintal de semences “hybrides” de maïs coûte plus de 1.000 euros, alors que le quintal de maïs grain tourne autour de 9 euros.

Un quintal de semences de maïs “hybride” vaut donc 100 fois plus cher qu’un quintal de maïs grain. Si vous pouviez semer le grain récolté, vous économiseriez environ 150 euros par hectare. Ce serait autant de bénéfice en plus pour vous. Sur une centaine d’hectares, cela représente 15 000 euros. Je ne crois pas qu’il y ait de désaccord sur ces chiffres.

Evidemment, ce n’est pas de gaité de coeur que vous dépensez une somme aussi considérable - sans doute votre premier poste de dépenses. Vous renouvelez chaque année vos semences auprès de “semenciers” tels que Monsanto, DuPont (Pioneer), Syngenta ou Bayer - tous fabricants d’agrotoxiques - et de « coopératives » comme Limagrain, Euralis et autres. Ces « coopératives » pratiquent en France les mêmes prix exorbitants que leurs concurrents agrotoxiques. En Amérique du Nord, elles pratiquent - comme leurs concurrents - des prix trois fois moins cher, pour les mêmes « variétés » ! Sans doute pour mieux servir vos intérêts dans la concurrence internationale.

Bref, vous renouvelez vos semences chaque année parce que vous n’avez pas le choix. C’est, vous a expliqué le Généticien, à cause de la pingrerie de la Nature : il existe chez le maïs un phénomène, « l’hétérosis », toujours inexpliqué et peut-être même inexplicable, dont les mystères inaccessibles au commun des mortels et donc à vous même, ne peuvent être scrutés que par ce Docte. Améliorer le maïs, vous-a-t-on affirmé, exige de mettre en oeuvre ce phénomène mystérieux qui, hélas, vous interdit de semer le grain récolté.

Vous avez donc cru cette fable que pour améliorer un organisme vivant, il faut l’empêcher de se reproduire dans votre champ ! Je vous rassure : tout le monde le croit. J’y ai cru moi-même pendant longtemps. Pour croire, il suffit de renoncer à comprendre par soi-même. Des décennies de propagande scientifique ont imposé cette superstition. Pourtant, les paysans américains de la fin des années 1930 avaient fait preuve de lucidité en surnommant “maïs-mule” ces “variétés hybrides” révolutionnaires, qu’ils ne pouvaient ressemer à la différence des variétés cultivées jusque-là. Mais leurs enfants agriculteurs, passés par les écoles d’agriculture, férus de progrès, éclairés par les lumières de la Génétique, comme sans doute vous-même, ont rejeté comme obscurantiste le bon sens biologique de leurs parents paysans.

Pourtant ! Qui peut-être assez crédule, à part le Généticien et autres scientifiques, enfermés dans leur carcan disciplinaire et coupés de la vie pour croire cette énormité qu’améliorer un être vivant exigerait, en quelque sorte, de le stériliser ? Et Terminator ne révèle-t-il pas avec éclat que cette stérilité est l’objectif de tout sélectionneur/semencier ? Pour créer une nouvelle source de profit, ne faut-il pas séparer ce que la Vie confond, la production réservée à l’agriculteur et la reproduction confiée au semencier agrotoxique ?

Je fais l’hypothèse qu’un agriculteur moderne comme vous cherche à maximiser ses propres bénéfices . Par contre, si ce sont ceux des marchands de semences, d’agrotoxiques ou des coopératives que vous voulez maximiser à vos dépens, ce qui suit ne vous concerne pas.
Trois méthodes peuvent vous permettre de faire vos semences et d’améliorer vos marges.

Une remarque préalable : vous pouvez accepter une baisse de rendement d’au moins quinze quintaux/ha si vous faites vos propres semences. Ces quinze quintaux supplémentaires que vous devez produire pour payer les semences “hybrides” vous coûtent en réalité plus cher en irrigation, en engrais, en agrotoxiques que ce qu’ils vous rapportent. Ils contribuent aussi au mauvais état de santé de vos sols. Mais peu d’agriculteurs se rendent compte du coût de ces quintaux supplémentaires qu’il est économiquement profitable de ne pas produire.

La première consiste à faire des “hybrides doubles” - ce que les semenciers faisaient il y a une vingtaine d’années. Vous prenez des “hybrides” de même précocité et de firmes différentes. Vous semez dans un champ de “l’hybride A” des rangées des “hybrides” B, C, D. Vous castrez les rangées B, C, D et vous les récoltez séparément. Elles fourniront la semence de l’année suivante. Vous pouvez ainsi déterminer la meilleure combinaison (AxB, AxC, AxD, etc.) pour votre exploitation.

Une deuxième solution est de semer en mélange plusieurs “hybrides” de même précocité et de firmes différentes pour faire une variété dite synthétique. Ensuite, pour faire vos semences, vous sélectionnez chaque année dans la descendance de cette variété des épis moyens, sains, denses, sur des plantes indemnes de maladies et bien enracinées. Cette solution a l’avantage de ne pas demander de castration. La baisse de rendement sera sans doute supérieure à celle consistant à faire des “hybrides doubles”. Mais encore une fois, même si vous perdez 15 quintaux/ha, vous êtes gagnant.

La troisième est tout simplement de trouver des variétés de maïs traditionnelles que vous pourrez ressemer sans craindre de chute de rendement pour peu que vous fassiez un peu de sélection. Il semble qu’il en existe qui ont un rendement excellent mais je ne sais pas si ces variétés sont adaptées à votre région et votre exploitation. Plusieurs groupes de paysans travaillent déjà en France à sélectionner de telles variétés.

Ces essais peuvent ou plutôt devraient être faits avec vos voisins de façon à partager vos expériences. Ce renforcement des liens de voisinage, de coopération, de partage entre agriculteurs est bien nécessaire au moment où la mondialisation menace d’ensevelir ce qui reste du monde rural et où les relations humaines dans les campagnes se dégradent. Savez-vous que Monsanto invite les agriculteurs d’Amérique du Nord à dénoncer, anonymement bien entendu, leurs voisins “pirates” - ceux qu’ils soupçonnent de cultiver des “variétés” transgéniques sans payer la redevance ?


source & (c)
http://www.greenpeace.org/canada/fr/photosvideos/riz-bayer-act-of-god


Ne comptez évidemment pas sur les conseillers agricoles ni sur vos coopératives pour vous aider. Ils sont là pour vous vendre des semences et des agrotoxiques, pas pour vous permettre de préserver votre avenir.

Un dernier point : vous avez pu observer que j’ai mis ‘hybride’ et ‘variété hybride’ entre guillemets. Le terme ‘variété’ dit bien ce qu’il veut dire : selon le dictionnaire, “le caractère de ce qui est varié ; contraire de l’uniformité ; diversité”. Or ce que vous cultivez sous le nom de “variété hybride” de maïs est constitué de plantes qui sont toutes les mêmes du point de vue génétique. C’est donc précisément le contraire d’une variété ( !) et le terme qu’il faudrait utiliser est celui de clone. Vous cultivez donc des clones.

Ces clones sont-ils “hybrides” ? L’adjectif “hybride” qualifie-t-il sans ambiguité la plante de maïs que vous semez ? Non, cette plante est tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Le sélectionneur a simplement extrait des variétés cultivées par les paysans des plantes de maïs, dont il a fait des copies (des clones) lorsqu’il tombait par hasard sur une plante supérieure à la moyenne des plantes de la variété. Elle n’est donc ni plus ni moins “hybride” que n’importe quelle plante de maïs d’une variété.

Le terme “variété hybride” est donc une double tromperie. Il faudrait parler de “clone captif” ou “propriétaire” puisque, comme vous le savez, ces derniers appartiennent au sélectionneur et ne peuvent se reproduire dans le champ du paysan. C’est l’intérêt des “semenciers” d’entretenir la confusion en parlant de “variétés hybrides”. Avec la “vigueur hybride”, “l’hétérosis” et autres falbalas soi-disant scientifiques, ils détournent votre attention de la réalité de ces clones captifs dont ils vous vendent les semences cent fois plus cher que ce qu’elles coûteraient si vous pouviez, comme vos parents, semer le grain récolté.

Et surtout, ne croyez pas une seule seconde que “les hybrides accroissent le rendement” et donc vos bénéfices, comme on vous le répète. Non, les clones captifs accroissent les profits des semenciers à vos dépens. C’est le travail de sélection qui permet d’accroître le rendement. On pouvait améliorer le maïs en continuant à sélectionner des variétés, mais cela n’intéresse pas les semenciers puisque l’agriculteur aurait pu en ressemer le grain.

En réalité, que se passe-t-il ? Si vous faites de la consanguinité chez les mammifères (des organismes à fécondation croisée, qui ont donc un papa et une maman différents), vous savez qu’il se produit une dépression consanguine. Un éleveur qui ferait de la consanguinité dans son troupeau devrait rapidement le mettre à la casse. Eh bien ! le maïs est comme un mammifère. C’est une plante à fécondation croisée (une plante de maïs a, en général, un papa et une maman différents) et la consanguinité se traduit par une baisse de la vigueur de la plante. Ceci avait été observé et décrit par Darwin dès 1868.

Qu’a fait le sélectionneurs au nom de cette théorie fumeuse de l’hétérosis inventée de toute pièce par le Généticien ? Les variétés paysannes cultivées par vos parents étaient constituées de plantes différentes. Ils pouvaient en ressemer le grain sans craindre la consanguinité. Ce que le sélectionneur doit à tout prix empêcher. Il a donc extrait au hasard des clones des variétés paysannes de maïs cultivées par vos parents. Comment ?

Il fait d’abord au hasard 6 générations d’autofécondation pour obtenir des « lignées pures ». Croisées deux à deux, ces lignées pures donnent des plantes de maïs ordinaires dont la caractéristique n’est pas d’être « hybride », mais de pouvoir être copiées (clonées) à volonté puisqu’on en connaît les parents « lignées pures ». Le sélectionneur teste ces clones pour sélectionner le meilleur et remplacer ces variétés. Il vous en vend les semences. Vous semez ces clones dans vos champs. On vous serine les bobards du Généticien sur l’hétérosis. Vous les croyez. Et pour faire bonne mesure, on vous fait admirer l’uniformité de ces clones dans vos champs si « propres » grâce à l’atrazine et autres poisons. C’est beau, ces plantes uniformes, comme militarisées, poussant dans un désert ! Finie, la diversité de la Nature !

Et vous avez été aveuglé au point de ne pas voir la réalité sous vos yeux : au moment de la fécondation, les plantes du clone se fécondent bien les unes les autres, mais comme elles sont génétiquement identiques ou presque, c’est comme si vous faisiez une autofécondation. Vos clones merveilleux d’uniformité sont des machines à autoféconder le maïs, donc à le détruire. Vous ne pouvez plus semer le grain récolté.

En résumé, le Généticien, le semencier et ses techniciens détournent votre attention à coups de “vigueur hybride” et autres « hétérosis » pendant qu’ils mettent en oeuvre dans votre champ, à votre insu et sous vos yeux admiratifs, une autofécondation, c’est-à-dire la forme la plus violente de consanguinité (chez les mammifères, vous ne pouvez pas faire mieux (ou pire) que des croisements père-fille, mère-fils ou frère-soeur). Vous détruisez votre maïs dans votre champ. Et en prime, vous admirez la destruction dont vous êtes victime !

La sélection de variétés de maïs (le « maïs population ») permettrait pourtant d’aussi bons résultats agronomiques sans vous obliger à racheter votre semence chaque année. Quant à la sésamie ou à la pyrale, les bonnes pratiques agricoles (rotations, lutte biologique...) en viennent à bout sans aller chercher des semences de clones transgéniques encore plus chères.

Qu’au nom de ce même Progrès, les fabricants d’agrotoxiques, les « coopératives », l’Etat, la FNSEA, l’Inra vous poussent dans cette même voie ruineuse avec le maïs et les autres plantes transgéniques ne devrait pas vous étonner. Ces chimères génétiques - les soi-disant Ogm - ont cette remarquable caractéristique d’être brevetées, ce qui met légalement fin à la pratique fondatrice de l’agriculture, semer le grain récolté.

Il est vrai que les êtres vivants commettent un crime intolérable , celui de se reproduire et de se multiplier gratuitement dans le champ du paysan. Un crime que notre société punit par la mort. Ce que font Terminator, le brevet, les “hybrides”, les Gurts et autres dispositifs de même type.

Plutôt que le héros du Progrès que vous croyez être, si vous en étiez le dindon ?

Avec mes salutations cordiales,
Jean-Pierre Berlan
Directeur de Recherche, Inra




Brevetter le domaine du vivant, c'est tuer le vivant - on commence par la partie végétale, en liquidant tout ce qui est naturel et non-commercialisable. Et on finit par l'humain.
En 2001, le prof. J-P Berlan dénonçait déjà la future directive criminelle de la Commission Européenne : "les brevets tuent!"
Et voici où ils veulent en venir:



En finir avec la gratuité du vivant !



Un texte de Jean-Pierre Berlan, Directeur de Recherche Inra

Une alerte aux députés avant la présentation au Parlement d’une loi qui risque toujours d’instituer l’irréversibilité de la pollution génétique en organisant une apparente coexistence entre plantes OGM et non-OGM.

En 1845, le lobby des Fabricants de Chandelles, Bougies, Lampes, Chandeliers, Réverbères, Mouchettes, Éteignoirs, et des Producteurs de Suif, Huile, Résine, Alcool, et généralement de tout ce qui concerne l’Éclairage avaient pétitionné les députés dans les termes suivants :

… Nous subissons l’intolérable concurrence d’un rival étranger placé, à ce qu’il paraît, dans des conditions tellement supérieures aux nôtres, pour la production de la lumière, qu’il en inonde notre marché national à un prix fabuleusement réduit ; car, aussitôt qu’il se montre, notre vente cesse, tous les consommateurs s’adressent à lui, et une branche d’industrie française, dont les ramifications sont innombrables, est tout à coup frappée de la stagnation la plus complète. Ce rival, qui n’est autre que le soleil, nous fait une guerre (si) acharnée …

Nous demandons qu’il vous plaise de faire une loi qui ordonne la fermeture de toutes fenêtres, lucarnes, abat-jour, contre-vents, volets, rideaux, vasistas, oeils-de-bœuf, stores, en un mot, de toutes ouvertures, trous, fentes et fissures par lesquelles la lumière du soleil a coutume de pénétrer dans les maisons, au préjudice des belles industries dont nous nous flattons d’avoir doté le pays, qui ne saurait sans ingratitude nous abandonner aujourd’hui à une lutte si inégale.

… Et d’abord, si vous fermez, autant que possible tout accès à la lumière naturelle, si vous créez ainsi le besoin de lumière artificielle, quelle est en France l’industrie qui, de proche en proche, ne sera pas encouragée ? "

Le lecteur aura reconnu des extraits du pamphlet célèbre de Frédéric Bastiat, qui ferraillait contre les protectionnistes de son temps. Ce libéral conséquent avait pressenti le principe économique de notre modernité néo-libérale, la croissance illimitée, quelqu’en soit le coût : toute activité gratuite, parce qu’elle lèse le secteur marchand correspondant, devra être soit interdite soit taxée à son profit.

Les êtres vivants commettent un crime impardonnable : ils se reproduisent et se multiplient gratuitement. Certains en éprouvent même du plaisir. Depuis plus de deux siècles, notre société livre à cette gratuité une guerre longtemps secrète dont la dernière bataille est en cours.


En 1961, la convention de l’Union pour la Protection des Obtentions Végétales (UPOV) signée par les six pays fondateurs du Marché Commun cherche à stimuler la sélection clonale (le remplacement de variétés par un modèle ou génotype unique produit en autant de copies que nécessaire, un clone par conséquent) de plantes conservant leurs caractères héréditaires individuels d’une génération à la suivante (blé, orge, etc.). Dans ce cas, le facteur génétique n’a pas de prix au double sens paradoxal que sa valeur marchande est nulle car l’agriculteur le multiplie à satiété dans son champ, alors que sa valeur sociale est inestimable. Par exemple, le blé Etoile de Choisy, un clone de l’Inra, a, après la guerre, révolutionné la culture du blé en France. Cette convention laisse l’agriculteur libre de semer le grain récolté et tout clone (appelé à tort “ variété ”) reste une ressource génétique disponible pour poursuivre le travail de sélection.

La version originale de l’UPOV satisfaisait les sélectionneurs de l’époque, de grands agronomes agriculteurs passionnés par la plante et travaillant avec les généticiens/sélectionneurs de l’Inra. Ce système fonctionnait bien. L’Inra pouvait faire respecter ce qu’il jugeait être l’intérêt public. Mais maintenant qu’un cartel de fabricants d’agrotoxiques contrôle les semences, l’Inra ne pèse pas lourd. De plus, les gouvernements successifs ont mis directement les chercheurs au service de transnationales qui n’entendent pas se contenter des profits, somme toute modestes, que la redevance UPOV et la règlementation administrative offrait aux agronomes-sélectionneurs. Le cartel exige maintenant d’en finir avec cette injustice de la reproduction gratuite des êtres vivants d’autant plus vite qu’il se heurte à une résistance populaire mondiale. Son but est de les stériliser par un moyen quelconque, administratif, règlementaire, biologique, ou légal.

En 2001, le gouvernement Jospin a pris une mesure inédite de lutte contre la gratuité de la nature, la "Cotisation Volontaire Obligatoire" (George Orwell aurait aimé cette expression) pour les semences de blé tendre. Que l’agriculteur sème le grain qu’il récolte ou qu’il achète des semences, il doit payer une redevance à l’obtenteur ! Ce dispositif sera étendu à d’autres espèces. Une commission estimera le prix de cette marchandise nouvelle, le “droit à semer". Comment, puisqu’il y a pléthore et donc pas de marché ? Pourquoi pas un “ droit à respirer ” ? On ne pourra plus dire comme Mme du Deffants au temps de Louis XV : “ On taxe tout, hormis l’air que nous respirons ”.

On connaît la technique emblématique des industriels des “sciences de la vie”, Terminator, la production de semences transgéniques dont la descendance est stérile - le triomphe de la loi du profit sur la loi de la vie. En 1998, Terminator avait soulevé une vague d’indignation telle que Monsanto avait dû annoncer qu’il abandonnait cette technique de stérilisation. En octobre 2005, l’Office Européen du Brevet a accordé le brevet Terminator dans l’indifférence. Monsanto et ses concurrents/alliés travaillent d’arrache-pied à cette méthode jamais abandonnée – c’est l’arme absolu contre la Vie - qui cible en priorité les paysans du Tiers-Monde – pour les soulager de la faim, nous affirment le cartel et ses affidés.

En novembre 2004, l’Assemblée Nationale unanime (sauf le groupe communiste) avait transposé la Directive Européenne 98/44 de soi disant “brevetabilité des inventions biotechnologiques”. Tout ce qui transgénique est brevetable (article 4), ce qui, comme le montre l’exemple nord-américain mettra fin à la pratique fondatrice de l’agriculture, semer le grain récolté. Il est piquant que les communistes défendent maintenant les valeurs libérales – et significatif qu’ils soient s
euls à le faire.

La version 1991 du traité de l’UPOV confère à l’obtenteur le “ droit exclusif de produire, reproduire, conditionner au fins de la reproduction ou de la multiplication, offrir à la vente sous toute autre forme, exporter, importer, détenir à une des fins ci-dessus mentionnées du matériel de reproduction et de multiplication de la variété protégée. ” Par dérogation accordée par le Conseil d’Etat, l’agriculteur pourra semer le grain récolté.

L’Assemblée Nationale discutera prochainement de la ratification de l’UPOV 1991 adoptée le 23 février par le Sénat. L’Union Européenne, le lobby des agrotoxiques et le gouvernement font passer pour une opération de routine technique la stérilisation légale et gratuite du vivant au profit d’un cartel de fabricants d’agrotoxiques exemptés dans les pays industriels des coûts de la mise au point de techniques biologiques aléatoires de stérilisation comme Terminator ou les Gurts - les méthodes de restriction de l’utilisation des gènes, la fabrication non pas de plantes stériles mais des plantes handicapées.

En somme, le gouvernement demande au législateur de créer un privilège sur la reproduction des êtres vivants. Contre l’intérêt public. Contre celui des agriculteurs Au profit de producteurs de poisons. Au nom du libéralisme !

Un privilège incite ceux qu’il lèse à tricher. La prochaine étape sera donc de créer une police génétique pour le faire respecter. En Amérique du Nord, Monsanto engage des entreprises de détectives privés pour débusquer les éventuels “pirates” et offre aux agriculteurs qui voudraient dénoncer leurs voisins une ligne téléphonique gratuite ( !). En Europe, la police génétique sera-t-elle privée ou publique ? C’est le choix que la Commission Européenne et le gouvernement imposeront au législateur. Est-ce un choix honorable ?

Dans le même temps, la création d’un catalogue alternatif pour les variétés paysannes dites " de conservation " qui les protégerait de l’expropriation par le cartel, est au point mort.

Dernière pierre du dispositif gouvernemental, le projet de loi sur la coexistence entre clones chimériques brevetés et clones traditionnels organise la pollution génétique. Il s’agit de créer le fait accompli en accélérant encore la destruction déjà catastrophique de la biodiversité. Il s’agit d’euthanasier l’agriculture biologique dont le seul tort est d’utiliser la gratuité de la Nature plutôt que des pétro-intrants marchands ruineux pour les humains, les sols, l’eau, bref, notre milieu de vie, au moment même où se ferme la parenthèse d’une pétro-agriculture industrielle obsolète fondée sur la thermodynamique du XIXè siècle !

Une société totalitaire de délation est en gestation. De vote en vote, de règlement en règlement, de mesure en mesure, insensiblement, le législateur est aspiré dans une spirale funeste et détestable dont il ne voudrait à aucun prix si la propagande du cartel des chandelles transgénique ne le trompait pas.

Messieurs les Députés, ouvrez les yeux ! Nos libertés sont en danger. Ne confiez l’avenir biologique de nos enfants et de notre planète aux fabricants d’agrotoxiques !

Jean-Pierre Berlan
Directeur de Recherche Inra

brevetter le vivant
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Pervertir le vocabulaire
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Février 2005

Jean-Pierre Berlan, directeur de recherche à l’Institut National de la Recherche Agronomique, invité à l’Université du Mirail (Toulouse) pour venir parler des Organismes Génétiquement Modifiés ( O.G.M. ). Il avait souhaité commencer son intervention par un petit point sur l’utilisation du vocabulaire : qu'est-ce qu'un OGM, une variété, un hybride, etc, et la manière dont les commerciaux manipulent les mots pour nous les faire accepter.



Quand le prix du riz peut semer la zizanie
http://www.ledevoir.com/2008/04/09/184226.html

Édition du mercredi 09 avril 2008
Dubaï -- L'augmentation récente du nombre d'émeutes alimentaires est un signe avant-coureur qu'une hausse du coût de la nourriture pourrait provoquer des troubles et menacer la stabilité mondiale, prévient l'Organisation des nations unies (ONU). (lire la suite en ligne)



photo Reuters



Rising prices spark riots in Egypt; workers get bonuses
The Monterey County Herald, 04/avr/2008 02:08:21 AM PDT


Haitians Storm President Palace, Loot As Food Riots Spread
Nasdaq, the Wall Street Journal, Dow Jones Newswires
08AVR082335ET


Tant d'injustice ne peut que mener à la violence, car ventre affamé n'a pas d'oreilles. Et 2 milliards et demi de miséreux finiront bien par réussir à nous réveiller... et il n'y aura pas assez de M-16 et de F-16 dans les forces de l'ONU pour les contenir tous...


source & (c) textes & photos : news.yahoo.com


Ouagadougou (AFP/Ahmed Ouaba)


Akwa, district de Douala, Cameroun. (AFP/File/Fanny Pigeaud)



Hong Kong (AFP/Mike Clarke)



Rawalpindi, Pakistan (AP Photo/Anjum Naveed)




Rawalpindi, Pakistan (AP Photo/Anjum Naveed)



Village de Morulinga, Karamoja, Ouganda (AFP/File/Walter Astrada)

Port-au-Prince, Haïti, lundi 7 avril 2008 (AP Photo/Ariana Cubillos) :














photos REUTERS/Eduardo Munoz (HAITI) :











Manile, Philippines (AFP/Romeo Gacad)




Manille, Philippines (AFP/Jay Directo)



Graphique montrant les augmentations du prix des céréales l'an dernier (AFP/Graphic)


Jakarta, Indonésie (AP Photo/Dita Alangkara)


Dhaka, Bengladesh (AFP/File/Farjana Khan Godhuly)


Province d'Helmand, Afghanistan (2007) (AFP/File/Abdul Malek)



Somalie(AFP/File/Roberto Schmidt)


Bidonville de Mathare, Nairobi, Kenya (AFP/Str)


Abidjan, Côte d'Ivoire REUTERS/Luc Gnago


"Agents boursiers à Chicago, occupés à leurs transactions pendant qu'un écran de télévision montre le président US George W. Bush dans son discours de Chicago, Illinois, 14 mars 2008. Les prix élevés de la nourriture dans le monde? Ils peuvent – au moins en partie – être imputés aux investisseurs qui ont placé leurs fonds dans les matières premières depuis 5 ans, cherchant de meilleurs taux d'intérêts que ce qu'ils obtenaient avec les actions et obligations. Les fonds d'investissement globaux ont vu le potentiel de profits dans les matières premières, surpassant celui du marché des actions, et depuis 2002, ont commencé à plonger sur le pétrole, suivit des métaux, et à présent des céréales. Photo du 14 mars 2008. To match feature AGFLATION/INVESTORS REUTERS/Frank Polich/Files (UNITED STATES)"


"Un vendeur reçoit un billet de banque CFA (indexé à l'euro) sur un marché à Dakar, capitale du Sénégal, 15 mars 2008. N'est-il pas dit 'Un homme affamé est un homme un colère?' demande Simon Nkwenti, président du syndicat des enseignants au Cameroun, après les émeutes qui ont fait des dizaines de morts dans ce pays d'Afrique centrale. C'est un proverbe que les dirigeants du monde devrait bien garder présent à l'esprit, alors que les populations appauvries luttent avec des prix de l'alimentation qui sont tirés vers le haut par les prix records du pétrole, le mauvais temps, et les spéculateurs qui envahissent le marché local et les futurs échanges globaux. TO MATCH FEATURE AGFLATION/HUNGER REUTERS/Ricci Shryock/Files (SENEGAL)"



Manifestations contre la vie chère à Port-au-Prince
Par Joseph Guyler Delva Reuters - Mardi 8 avril, 23h23
http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080408/twl-haiti-manifestations-bd5ae06.html

Manifestations en Haïti: 14 blessés par balles, l'ONU protège la présidence
Par Clarens RENOIS AFP - Mercredi 9 avril, 08h12
http://fr.news.yahoo.com/afp/20080409/twl-haiti-violences-manifestations-pauvr-4bdc673.html


Effondrement des Cultures
Journaliste : Frédéric Nicoloff Réalisateur : Robert Landry Video : Wilner Nau Émission : Les ... Tout " affaires et la vie, 28 février 2004


Toutes les cultures de denrées traditionnelles périclitent. Le riz est importé, le prix du café, principal produit agricole d'exportation au pays, est au plus bas. Les infrastructures se détériorent de plus en plus. De moins en moins de routes et d'électricité, et plus de téléphonie terrestre, ou presque. L'humeur est au fatalisme.




8 Avril 2008 : les manifestants rejettent sur les prix élevés de l'alimentation la responsabilité de la violence qui a paralysé leur ville et laissé 5 morts sur le pavé au sud.


source
La police à Haïti et en Égypte a eu difficile à contenir les émeutiers de la faim, émeutes causant des décès et des blessés.




Kyrie eleison (x 40)

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