"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

22 avril 2008

Icônes du monastère Danilov (Moscou) à Saints Michel & Gudule (Bruxelles) (expo 26/4-06/06/08)

Mais exposées dans un lieu de culte hétérodoxe, ce qui n'est pas sans poser de graves problèmes théologiques vu le caractère dogmatique de ces objets liturgiques. Et aussi vu le fait qu'ils ont été consacrés, que ce ne sont donc pas de "simples tableaux" ou de "l'art à tendance liturgique" comme on dit hors de l'Église. Et de plus, Icônes mélangées à des oeuvres d'art contemporain! Enfin, ça permettra au moins de les voir sans devoir aller à Moscou, c'est déjà ça.

"Icons in Transformation"
http://www.agenda.be/fr/Event/174944/icons-in-transformation.rvb


"Icônes du monastère Danilov de Moscou et travaux récents de Ludmila Pawlowska.

Soucieuse d'accueillir diverses tendances artistiques contemporaines, la cathédrale de Bruxelles accueille ce printemps une exposition où l'art traditionnel de l'icône est confronté à une production artistique plus individuelle. Cette juxtaposition permet de comparer deux approches artistiques si souvent associées à la tradition orthodoxe et latine.
[Née en 1964 à Karaganda (Kazakstan)], Ludmila Pawlowska, artiste russe vivant en Suède [depuis 1994], résume ainsi sa démarche dont les fruits sont visibles sous les voûtes de la cathédrale:
Comment suis-je inspirée par mille années de tradition et par ce qu’elle représente? Ce qui me fascine le plus dans l’art des icônes, c’est la grande sensibilité dont elle rayonne. Quand je regarde une icône, je me sens irrésistiblement attirée. Quand je contemple les yeux de l’icône de la Vierge, je ressens comme une rencontre avec l’inconnu et la profondeur insondable. Elles réveillent quelque chose à l’intérieur de moi-même. Je peux juste être paisible et me perdre dans leur profondeur, écouter. Une compréhension inattendue peut m’envahir, une impulsion, une présence divine. Discrète mais présente.
Je fais partie de l’Église Orthodoxe où l’icône occupe une place essentielle dans la liturgie. Pour moi cela signifie un lien avec ma culture, mon héritage ainsi qu’un guide vers une nouvelle direction dans mon développement créatif. Mon travail commence par peindre couche après couche sur un panneau de bois. Cette technique est similaire à la tradition millénaire de la peinture d’icônes. J’utilise aussi la symbolique des couleurs des icônes :
Blanc : la couleur de la puissance divine et de la gloire
Bleu : la couleur du ciel, du mystère de la vie divine.
Rouge : il est d’abord le symbole de la vie. La vie que le Christ a donnée à l’humanité en versant son sang. Parfois le rouge peut signifier l’opposé, le mal.
Brun : il est une couleur composée et reflète la dimension impénétrable des choses. Il symbolise surtout ce qui est terrestre.
Or : la lumière divine. Plutôt qu’une couleur, il est une forme de lumière.
Aujourd’hui, nous osons aborder la sainteté d’une manière tout-à-fait différente. La religion est davantage ouverte à une interprétation personnelle. Pour cette exposition ‘Icons in transformation’, j’ai travaillé avec diverses techniques : peinture, installation et sculpture, utilisant le collage. Ainsi, je transgresse déjà les règles qui définissent l’icône traditionnelle. Même si les motifs, la forme et la composition de mes oeuvres prennent leur distance par rapport à l’icône traditionnelle, c’est le point de départ pour dépasser les frontières. L’icône possède une force spirituelle qui provient d’elle-même, une forme de lumière. Créer et saisir une lumière a toujours été ce qu’il y avait de plus difficile pour les artistes. Cette exposition illustre ma tentative de la saisir à ma façon. C'est cette confrontation suprenante qui sera visible à la cathédrale. En accueillant des oeuvres russes, la cathédrale de la capitale de l'Europe montre non seulement son intérêt pour l'art contemporain venu d'ailleurs mais elle invite aussi à une réflexion sur la place de l'artiste dans la production d'oeuvres d'art à caractère spirituel."


Exposition "Icons in Transformation" du 26 avril au 6 juin 2008. Icônes du monastère Danilov de Moscou & travaux de l'iconographe contemporaine Ludmila Pawlowska.
Cathédrale des Saints Michel et Gudule, Bruxelles
Entrée libre tous les jours en dehors des célébrations hétérodoxes
http://www.cathedralestmichel.be
02-217.83.45



Saint Daniel, fils de saint Alexandre Nevsky et fondateur du monastère "Danilov"
Icône du 17ème siècle, avec en arrière-plan le monastère dans sa configuration de l'époque de l'iconographe.



Monastère Danilov: Hvalite imgospodne (znamenie)

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