"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

11 avril 2008

La prière pour les défunts: μνημόσυνον / panikhide (Grand Carême, Hadès/enfer, koliva/κόλλυβα, etc)




table mémoriale

Le Samedi des âmes est un jour prévu pour la commémoration des défunts dans le calendrier de l'année liturgique de l'Église Orthodoxe de rite byzantin. Le samedi est jour de prière traditionnel pour les morts, parce que le Christ Se trouva mort dans la Tombe un samedi.
Il y a plusieurs "samedi des âmes / défunts" dans l'année. Ces jours sont consacrés à la prière pour les parents défunts et les autres d'entre les fidèles qui ne peuvent pas être commémorés comme saints. On ajoute des hymnes spéciales aux divins Offices de ces jours-là pour commémorer les défunts. Il y a normalement un Office de commémoration ou panikhide qui est célébré soit le samedi matin après la Divine Liturgie, soit lors des Vêpres du vendredi soir; un plat de "kolyva" est réalisé (blé cuit avec du miel, voir plus bas) et placé en face de la croix ou d'une Icône devant laquelle la panikhide sera célébrée. Après l'Office, le prêtre bénit le koliva, et il est partagé et mangé comme mémorial par tous ceux présents.

tombe du cimetière Lazarev, Laure saint Alexandre Nevsky

Panikhide ou Office de commémoration des défunts
http://en.wikipedia.org/wiki/Panikhida

En grec : μνημόσυνον, mnemósynon, "mémorial", ou παραστάς, parastás, "éveil"
En slavon : паннихида, panikhída, translitéré par "panikhide"

L'Office
Dans le rite byzantin, les diverses prières pour les défunts ont pour buts : prier pour le repos des défunts; réconforter les vivants; et rappeler à ceux qui restent leur propre mortalité, et la brièveté de cette vie terrestre. Pour cette raison, les Offices de commémoration ont un ton de pénitence (1) et sont généralement célébrés de manière plus fréquente pendant les 4 grandes périodes de jeûne (Grand Carême, Avent, Jeûne des Apôtres et Jeûne de la Dormition).
Si l'Office est pour une personne particulière, il aura souvent lieu à sa tombe. Si c'est une commémoration générale de tous les défunts, ou que la tombe de la personne est trop éloignée, l'Office aura lieu à l'église, face à une "table mémoriale" spéciale. La table mémoriale est une petite table sur laquelle on place un crucifix, parfois aussi des Icônes de la Théotokos (Mère de Dieu) et de l'Apôtre saint Jean. La table doit aussi permettre de poser des cierges allumés (dans la tradition russe, c'est un multi-porte cierges où nombre de fidèles viennent poser leur cierge pour leurs propres défunts).
Le diacre, et en son absence le prêtre, encensera la table pendant l'Office, et un desservant se tiendra en tenant un cierge allumé. On distribue à tous les fidèles un cierge mince, allumé, prévu pour ce genre d'Office. Vers la fin de l'Office, pendant le tropaire final, tous éteindront leurs cierges, ou les placeront sur les porte-cierges sur la table mémoriale. Chaque cierge symbolise l'âme individuelle, que symboliquement, chaque personne tient en ses propres mains. L'extinction (ou la dépose) du cierge à la fin de l'Office symbolise le fait que chaque personne aura à rendre sa propre âme à la fin de sa vie.
L'Office se compose de Psaumes, d'echténies (litanies), hymnes et prières. Son schéma suit le schéma général des Matines (2), c'est en fait un Office de funérailles abrégé. Certaines des plus notables parties de l'Office sont le kondakion des défunts (3), et la finale, le chant lent et solennelle du "mémoire éternelle" (slavon : Вечная память , Vyechnaya Pamyat; grec : , éônia imnimie)
L'Office de commémoration est la plupart du temps célébré après la Divine Liturgie; cependant, il peut aussi être célébré après les Vêpres, les Matines, ou comme Office célébré seul.

Occasions
Lorsque meurt un Chrétien Orthodoxe, le prêtre lit les "prières pour le départ de l'âme" appropriées. Ensuite la famille ou les amis du défunt laveront et habilleront le corps, et il est placé dans un cercueil (en Occident, où les funérailles en pleine terre sont interdites). Ensuite, un Office étendu spécial de commémoration est célébré, appelé Premier Panikhide, après quoi on commence la lecture du Psautier, et elle continue de manière ininterrompue jusqu'aux funérailles.

Traditionnellement, en plus de l'Office du jour du décès, un Office de commémoration est accomplit à la demande des proches d'un défunt les jours suivants:
- 3ème jour après le décès (4)
- 9ème jour après le décès
- 40ème jour après le décès
- premier anniversaire du décès
- 3ème anniversaire du décès (certains demanderont un mémorial tous les ans, lors de l'anniversaire du décès)

Il est aussi célébré lors des divers Samedi des âmes / défunts de l'année (5). Ces jours-là, non seulement on célèbre l'Office de commémoration, mais il y a en plus des prières particulières lors des Vêpres, Matines et pendant la Divine Liturgie. Les Orthodoxes de rite byzantin célèbrent ces jours de commémoration spéciale les :
- Samedi de Carnaval – 2 samedi avant le début du Grand Carême – dans certaines traditions, les familles et les amis offriront des Panikhides pour leurs bien-aimés au cours de la semaine qui précède, culminant dans la commémoration générale le samedi.
- les 2ème, 3ème et 4ème samedi du Grand Carême
- Radonitsa est un autre jour de commémoration, mais il ne tombe pas un samedi mais bien le lundi ou le mardi de la seconde semaine après Pâques (voir plus bas). Radonitsa n'a pas d'hymnes dédiés pour les défunts lors de la Divine Liturgie, mais une panikhide est célébrée après la Liturgie, et ensuite les fidèles vont au cimetière en emportant avec eux de la nourriture pascale, allant y saluer les défunts avec la joie de la Résurrection. (6)
- Samedi avant la Pentecôte – dans certaines traditions, les familles et les amis offriront des Panikhides pour leurs bien-aimés au cours de la semaine qui précède, culminant dans la commémoration générale le samedi.
- Les Russes commémorent aussi le samedi le plus proche du 26 septembre (saint Dimitri) et le 23 septembre (Conception de saint Jean le Baptiste et Précurseur). Voir plus bas en détail.
- Parmi les coutumes locales, chez les Orthodoxes de Serbie, on commémore les défunts les samedi avant le 8 août et avant le 24 octobre.

Litie
Une forme très abrégée de l'Office de commémoration. Elle consiste uniquement en la partie de conclusion de l'Office de commémoration. Elle est souvent célébrée dans le narthex de l'église les jours ordinaires de semaine (p. ex. lorsqu'il n'y a pas de fête de rang plus élevé), en particulier durant le Grand Carême.

Notes
1. Par exemple, la panikhide ne comporte pas le chant "Le Seigneur est Dieu.." comme le Moleben / Paraklisis; à la place, on chante l'Alléluia, réminiscence de l'Alléluia qui est chanté pendant les Offices du Grand Carême.
2. le mot grec "parastas" provient de ça, et fait référence à la vigile de toute la nuit, qui, aux temps de l'Église antique, était effectivement célébrée et vécue par tous.
3. Kondakion des défunts : "Accorde le repos avec les saints, Ô Christ, à l'âme (aux âmes) de Ton (Tes) défunt(s) serviteur(s), là où il n'y a plus ni maladie, ni affliction, ni pleurs, mais la vie éternelle."
4. En calculant le nombre de jours, celui où a eu lieu le décès est compté comme premier jour. Selon saint Macaire le Grand, la raison pour ces jours spéciaux est la suivante : du 3ème au 9ème jour après la mort, l'âme du défunt se voit présenter les demeures du Paradis (les funérailles sont normalement célébrées le 3ème jour); du 9ème au 40ème jour, l'âme se voit présenter les tourments de l'Hadès; et le 40ème jour, l'âme se trouve devant le Trône de Dieu, où elle est jugée, et part vers là où elle attendra la Seconde Venue, la Parousie du Christ. C'est pourquoi le 40ème jour est considéré comme étant le plus important. Dans certaines traditions, on commémore aussi le semi-anniversaire, 6 mois après le décès.
5. Le samedi est généralement dédié à la prière pour les défunts, car le Christ gît dans le Tombeau un samedi. Dans certains monastères et grandes églises, il est de coutume de célébrer une panikhide chaque samedi, à moins qu'une fête majeure ait lieu ce jour-là.
6. Vu la grande solennité de ces jours, la célébration des Offices de commémoration est interdite du Jeudi Saint (voire toute la Semaine Sainte) jusqu'à la fin de la Semaine Radieuse, et tous les dimanches de l'année.



Echténie durant une Panikhide

Typikon en grec
http://www.typikon.gr/


kolyva


Dans l'Ancien Testament, nous avons la célèbre péricope du 2ème livre rapportant l'épopée de Judas Macchabée et sa révolte contre les païens :
"Le lendemain, Judas et ses compagnons vinrent, comme c'était devenu nécessaire, enlever les corps de ceux qui avaient été tués, pour les déposer près des leurs dans le tombeau de leurs pères. Or, sous la tunique de chacun, ils trouvèrent des objets consacrés aux idoles de Jamnia et interdits aux Juifs par la loi; il fut dès lors évident pour tous que telle était la cause de leur mort. Ils bénirent donc la main du juste juge, du Seigneur qui fait apparaître les choses cachées, et se mirent en prière pour lui demander de pardonner entièrement le péché commis. Le noble Judas harangua la foule et l'exhorta à se garder de toute transgression, considérant le malheur de ceux qui avaient été tués pour avoir commis cette faute. Il fit ensuite une collecte et envoya environ 2.000 drachmes à Jérusalem pour qu'on offrit un sacrifice pour le péché: belle et noble façon d'agir, découlant de sa croyance en la résurrection, car s'il n'avait pas estimé que ceux qui étaient tombés ressusciteraient, il eût été vain et superflu de prier pour les morts. Mais s'il jugeait qu'une belle récompense attend ceux qui s'endorment pieusement dans la mort, c'était là bonne et religieuse pensée; voilà pourquoi il demanda un sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu'ils fussent absous de leurs fautes" (2 Macchabées 12,39-46).

Dans le Nouveau Testament, on trouve un passage en 2 Timothée 1,16-18 qui évoque cette prière:
"Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d’Onésiphore, car souvent il m’a réconforté, et il n’a pas rougi de mes chaînes; au contraire, à son arrivée à Rome, il m’a recherché activement et m’a découvert. Que le Seigneur lui donne d’obtenir miséricorde auprès du Seigneur en ce Jour-là. Quant aux services qu’il m’a rendus, à Éphèse, tu les connais mieux que personne."
Comme pour les versets du Livre des Macchabées, ces versets font référence aux prières qui aideront les défunts au Jour du Jugement. On ne sait pas si Onésiphore, pour qui saint Paul priait, était mort, quoique ce soit sous-entendu dans la compréhension du texte basé sur son original grec, car Paul ne fait référence à Onésiphore que dans un sens passé, et la prière comporte une demande de consolation pour sa famille.

Tradition patristique
La prière pour les défunts est bien documentée dans l'antique Église Chrétienne, tant parmi d'éminents pères de l'Église que dans les communautés Chrétiennes en général. Le point de vue Orthodoxe, occidental (premier millénaire) et oriental (de la Pentecôte à nos jours) est que les Chrétiens priaient pour "de telles âmes qui avaient quitté ce monde dans la Foi, mais sans avoir eut le temps de porter
de dignes fruits de repentance" (1).

Découverte fin du 19ème siècle, la tombe d'Averkios de Hiéropolis en Phrygie Salutaris (fin du 2ème siècle) portait l'inscription : "que quiconque comprend ceci et le croit prie pour moi, Averkios." (ταυθ ο νοων ευξαιτο υπερ Αβερκιου πας ο συνωδος) – il s'agit probablement d'Averkios Marcellos, évêque de Hiérapolis – cfr Vie d'Averkios, par st Syméon Métaphrastes.
(nb: cette tombe, ouvrage funéraire Orthodoxe, a été volée, et se trouve au musée du Latran - vatican)







saint Averkios
Paraclis de la très sainte Mère de Dieu, aile nord, s2-e1e4-32,
monastère de Gracanica, province serbe du Kosovo.
(Nous verrons en une autre occasion les inscriptions de même nature et époque, chez Pectorinus d'Autun)

Les inscriptions dans les Catacombes de Rome rendent semblable témoignage à cette pratique de prière pour les défunts, comme on l'y voit par des phrases telles que:
- puisses-tu vivre parmi les saints (3ème s.)
- Puisse Dieu faire reposer l'âme de..
- la Paix soit avec eux..

Parmi les écrivains ecclésiastiques, Tertullien (+ 230) est le premier à mentionner la prière pour le défunt, et pas comme une concession à un sentiment naturel, mais comme un devoir, car il expliquait que la veuve qui ne priait pas pour son défunt époux, c'était comme si elle en était divorcée.. La plus célèbre citation en la matière, en Occident, se trouve dans le 9ème livre des Confessions de saint Augustin d'Hippone, écrit vers 398, où il parle clairement de la prière pour sa mère, sainte Monique. Cette dernière avait d'ailleurs expliqué que la seule chose qui comptait pour elle, une fois morte, c'était de se retrouver "à la prière de l'Autel."

Un élément important dans les liturgies des diverses Églises, c'étaient les diptyques, ou listes des noms des vivants et des défunts qui devaient être commémorés dans l'Eucharistie. Être inséré dans ces listes était la confirmation de l'Orthodoxie de quelqu'un. D'un autre côté, en être biffé équivalait à une condamnation, un anathème.
Au milieu du 3ème siècle, saint Cyprien enjoignait qu'on ne fasse pas d'oblation ni de prière publique pour un laïc défunt qui aurait enfreint la règle de l'Église en prenant un administrateur clérical sous sa direction : "Il ne doit pas être cité dans les prières du prêtre, celui qui a fait de son mieux pour tenir du clergé éloigné de l'Autel."
Bien qu'il ne soit pas possible de donner une date précise pour les paroles exactes utilisées dans les anciennes liturgies, cependant la diffusion universelle de ces diptyques et des prières définies pour les défunts dans toutes les Églises aux 4ème et 5ème siècles tend à montrer à quel point de telles prières remontent aux tous débuts. Les termes utilisés dans ces prières sont très réservés, et ne contiennent pas la moindre suggestion d'une "purgatoire" ou tout autre lieu ou état de douleur. Nous pouvons citer la Liturgie de saint Jacques de Jérusalem :
"Souviens-Toi, Ô Seigneur, Dieu des esprits et de toute chair, de ceux dont nous avons fait mémoire et de ceux que nous n'avons pas commémorés, des hommes de vraie Foi, des justes depuis Abel jusqu'à nos jours; accorde-leur Toi-même le repos sur la terre des vivants, dans Ton Royaume, dans les délices du Paradis, dans le sein d'Abraham, Isaac et Jacob, nos saints pères, là où toute souffrance et affliction et lamentation sont bânies, là où la Lumière de Ta face les visite et brille toujours sur eux."
Les prières publiques n'étaient offertes que pour ceux que l'ont pensait être morts en fidèles membres de l'Église. Cependant, sainte Perpétue, qui fut martyrisée en 202, fut encouragée par une vision à prier pour son frère, qui était mort à l'âge de 8 ans. Et une vision ultérieure la rassura sur l'exaucement de ses prières, son frère avait été sauvé et était entré dans le Royaume. On trouve chez quantité de saints pères et mères d'Irlande Orthodoxe des récits de "lutte de prière" avec le Seigneur, pour arracher telle ou telle âme à l'Hadès. Et chez saint Grégoire le Grand, il y a ce développement de son cycle de 30 jours de Liturgies offertes pour un défunt, suite à l'expérience qu'il avait eue avec un de ses moines, lorsqu'il était encore abbé, moine qui était mort excommunié et l'avait supplié post-mortem de prier pour lui. Trente jours après, le défunt entrait dans le Royaume. Voir plus bas cette liaison prière-eucharistie.

Théologie
L'enseignement doctrinal de l'Église Orthodoxe reste tel qu'il était dans l'Église antique, à savoir qu'il s'agit simplement de la prière pour les défunts dans l'Hadès. Il n'y a pas de théorie sur la manière dont les prières de l'Église aideraient le défunt. Les Orthodoxes croient simplement ce qu'enseigne la Tradition depuis les Apôtres, à savoir qu'il faut prier pour le défunt. (2)
Saint Basile le Grand (+ 379) écrit dans sa 3ème Prière pour l'Agenouillement à la Pentecôte : Ô Christ notre Dieu.. Toi qui, en cette fête éminemment parfaite et salutaire, as daigné recevoir nos prières d'intercession pour ceux que retient l'Hadès, et qui nous as donné grandement l'espérance de Te voir accorder aux défunts la délivrance des afflictions qui les accablent et leur soulagement: écoute nos prières malgré notre faiblesse et notre misère; accorde aux âmes de Tes serviteurs défunts le repos dans le séjour de la Lumière, de la fraîcheur et de la paix, en un lieu d'où sont absents la peine, la tristesse et les gémissements; place leurs âmes dans les tabernacles des justes, rends-les dignes de paix et de réconfort, car ce ne sont pas les morts qui Te loueront, Seigneur, ni les captifs de l'Hadès qui auront l'audace de confesser Ton Nom; mais nous, les vivants, nous Te bénissons et Te supplions, nous T'offrons nos prières d'intercession et nos sacrifices d'expiation pour leurs âmes." (3)
Saint Grégoire le Grand (+ 604, appelé "Dialogos" en Orient), dans ses célèbres "Dialogues" composés en 593, enseigne que "le saint sacrifice (Eucharistie) du Christ, notre salutaire Victime, apporte de grands bénéfices aux âmes même après la mort, pourvu que leurs péchés puissent être pardonnés dans la vie à venir." (4) Cependant, saint Grégoire continue en disant que la pratique de l'Église de la prière pour les défunts ne doit pas être une excuse pour ne pas mener une vie pieuse sur terre. "La manière la plus sûre, bien entendu, c'est de faire nous-mêmes en cette vie ce que nous espérons que d'autres ferons pour nous après notre mort." (5). Le p. Seraphim Rose (+ 1982) dit que "la prière de l'Église ne saurait sauver quiconque refuse le Salut, ou n'a jamais mené la moindre lutte (podvig) pour lui-même durant cette vie-ci." (6)

Pratique
Les prières de l'Église pour le défunt commencent au moment de la mort, lorsque le prêtre dirige la Prière pour le Départ de l'Âme, qui est un Canon spécifique et des prières pour la libération de l'âme. C'est ensuite que le corps sera lavé, habillé et posé dans le cercueil par les parents, après quoi le prêtre entamera la Première Panikhide. Ensuite la famille et les amis liront le Psautier à voix haute à côté du cercueil, et la lecture continuera jusqu'aux funérailles, normalement 3 jours après le décès, n'étant interrompue que par d'autres panikhides (au moins une par jour).
Voir aussi plus haut pour les divers jours où il convient de célébrer la panikhide pour un défunt.

La forme la plus importante de la prière pour les défunts a lieu lors de la Divine Liturgie. Des parcelles sont découpées de la prosphore pendant l'office de la Proskomédie, au début de la Liturgie. Ces parcelles sont placées en dessous de l'Agneau sur la patène (diskos), où elles resteront tout au long de la Liturgie. Après la Communion des fidèles, le diacre verse ces parcelles dans le Calice en disant "Lave, Ô Seigneur, les péchés de tous ceux qui sont ici commémorés, par Ton Précieux Sang, par les prières de tous Tes saints."
De ce geste, saint Marc d'Éphèse dit : "Nous ne saurions rien accomplir de mieux ou de plus grand pour les défunts que de prier pour eux, de les commémorer dans l'offrande à la Liturgie. Ils en ont toujours besoin... Le corps ne ressent plus rien: il ne voit pas ses proches assemblés, il ne sent pas le parfum des fleurs, il n'entend pas les oraisons funèbres. Mais l'âme ressent les prières offertes pour elle, et elle en est reconnaissante à ceux qui les font, et elle est spirituellement proche d'eux." (7)
En ce qui concerne les candidats à la reconnaissance de sainteté, avant leur glorification / canonisation comme saint, ils seront commémorés en célébrant des panikhides. Et la veille de leur glorification, on célébrera un Requiem solennel spécifique, appelé "la Dernière Panikhide."
Notes
1. The Longer Catechism of the Orthodox, Catholic, Eastern Church, 376
2. évêque Kallistos (Timothy Ware), L'Église Orthodoxe (ed US= The Orthodox Church, Penguin Books, 1964, ISBN 0-14-020592-6, p. 259)
3. Pentecostaire, traduction archimandrite Denis Guillaume. En anglais : Isabel F. Hapgood, Service Book of the Holy Orthodox-Catholic Apostolic Church (Antiochian Orthodox Christian Archdiocese, Englewood, NJ, 1975, 5th edition), p. 255.
4. Dialogues IV, 57.
5. Id. IV, 60.
6. P. Seraphim Rose, The Soul After Death (Saint Herman of Alaska Brotherhood, Platina, CA, ISBN 0-938635-14-X), p. 191.
7. cité dans Seraphim Rose, The Soul After Death, p. 192, op. cit.



Panikhide à la paroisse grecque-orthodoxe de Chatelineau (B)
film complet (en grec)



P. Schmemann : Le Jugement Dernier (Dimanche du Carnaval) - et la prière pour les défunts

Toussaint occidentale: l'âme, la prière pour les défunts (p. Vladimir Demshuk, Orthodox Study Bible, etc)


"Il ne fait aucun doute que ceux qui se sont endormis dans la paix reçoivent le secours des prières et des offrandes qui ont été faites en leur nom, et que cette coutume était déjà en vigueur dans l’Antiquité, nous en avons le témoignage dans des affirmations nombreuses et variées provenant oralement et par écrit d’un certain nombre de nos Pères, tant Latins que Grecs, qui se sont exprimés en divers lieux et à diverses époques.
Mais que les âmes puissent être délivrées par une souffrance purificatrice qui leur serait imposée pour un certain laps de temps par un feu prétendument purificateur, qui leur procurerait une certaine amélioration, c’est un enseignement qui ne se trouve ni dans les saintes Écritures, ni dans les prières et les hymnes que nous disons pour les défunts, ni dans les écrits des Pères."
Saint Marc (Eugenikos), évêque d'Ephèse

Toussaint: l'Époux du Cantique du Cantique, seule vision pure pour l'âme + Office Acathiste pour les défunts

prière pour ceux qui sont morts hors de l'Église



Le "koliva", qu'on translitère aussi par "kolyva" (grec, κόλλυβα, kólliva; serbe, кољиво, koljivo; roumain, colivă; bulgare, коливо, kolivo) est du blé cuit à l'eau qui est utilisé liturgiquement dans les Églises Orthodoxes de rite byzantin.
Cette nourriture rituelle est bénie lors de la panikhide qui suit la Divine Liturgie, célébré à diverses reprises après un décès; lors des funérailles; lors des mnemósyna / panikhides / offices de commémoration; lors des "slavas" (Serbes); le premier vendredi du Grand Carême, ou lors de la mnemósyna du repas de Noël. Vu son goût agréable, dans certains pays – mais pas en Grèce, on consomme aussi du koliva en d'autres occasions, non-religieuses, souvent avec de la crème.

Recette
Bien que les recettes soient nombreuses et diverses, l'ingrédient de base c'est le grain de blé; on les cuit à l'eau jusqu'à ce qu'ils soient tendres, et ils sont adoucis avec du miel, sucre et certains fruits. On peut aussi y ajouter des graines de sésame, des amandes, des morceaux de cerneaux de noix, de la cannelle, des pépins de grenade, des raisins secs, de l'anis et du persil. Le koliva est une pratique répandue dans beaucoup de pays, depuis les Balkans jusqu'à la Russie.
Quand on le sert, le koliva cuit, qui ressemble à de la terre, est mis en forme d'un tumulus funéraire. Le tout est ensuite couvert de sucre en poudre et les initiales du défunt sont dessinées au sommet. Au centre du koliva, on place et allume un cierge au début de la panikhide, et on l'éteint à la fin. Après la Liturgie, ceux qui y ont participé mangent le koliva tout en parlant du défunt et disent "que Dieu la/le pardonne."
Certaines paroisses Orthodoxes ont désigné un fidèle chargé de préparer le koliva. C'est partiellement en raison du risque de fermentation du blé si le koliva n'est pas préparé convenablement.
Parfois, le koliva est préparé avec du riz au lieu de blé. Cette pratique débuta comme réponse pragmatique à la famine qui frappait l'Union Soviétique, lorsque les fidèles n'avaient pas de blé pour le koliva, et dès lors utilisèrent du riz. Certaines communautés continuent de nos jours à utiliser du riz.

Histoire et interprétation Chrétienne
L'origine du koliva prédate le Christianisme. Le terme provient du grec ancien "kollyvo" ou κόλλυβo, qui signifiait à l'origine "graine de céréale" (serbe et bulgare: "žito" ou "blé"). Dans la Grèce antique, la "panspermia", une mixture de graines cuites et de noix, était offerte lors de la fête de l'Anthesteria. Un Grèce, on appelle donc aussi le koliva "sperna," rapport au mot "sperme." L'association entre la mort et la vie, entre ce qui est planté dans le sol et ce qui en émerge, est profondément ancrée dans la réalisation et la consommation du koliva. La nourriture rituelle a été adoptée et christianisée aux débuts du Byzantium, et de là s'est diffusée dans tout le Christianisme de rite byzantin. Elle n'a en effet jamais eu d'équivalent dans l'Occident quand ce dernier était encore heureux car Orthodoxe.
L'aspect symbolique, pour les Orthodoxes byzantins, c'est la mort et la résurrection, selon les termes mêmes de l'Évangile: "En vérité, Je vous le dis, si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il demeurera seul; mais s'il meurt, il donnera beaucoup de fruit" (Jn 12,24).
Le blé qui est semé en terre et lève en une vie nouvelle est symbolique de nos bien-aimés qui sont partis dans la mort, dans l'espoir de la résurrection, selon les paroles de saint Paul:
"Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Semé dans la corruption, le corps ressuscite incorruptible; semé dans le mépris, il ressuscite glorieux; semé dans la faiblesse, il ressuscite vigoureux; semé corps animal, il ressuscite corps spirituel" (1 Co 15, 42-44)
Ce symbolisme trouve sa plus haute expression chez les saints, dont l'état de béatitude au Ciel a été manifesté au monde. Pour cette raison, le koliva n'est pas seulement béni pour les commémorations de défunts, mais aussi pour la commémoration des saints.

Utilisation
Le koliva est utilisé en diverses occasion :

Samedi de saint Théodore le Conscrit / Tyron
voir plus bas.

Offices de commémoration
Lors des panikhides / parastas, la famille ou les amis du défunt préparent souvent une koliva qui est donc placée sur la table de mémorial, devant laquelle l'Office sera chanté.
Pour sa bénédiction, le prêtre l'asperge d'eau bénite – dans l'Église de Bulgarie, il est coutumier que le prêtre verse du vin sur le koliva et sur la tombe (apparemment aussi dans les Balkans : coutume constatée chez les Serbes à Charleroi, lors de diverses funérailles; ndt).

Commémoration de saints
Il est aussi usuel d'offrir du koliva lors de la fête du saint patron de la paroisse, ou d'une famille (Slava des Serbes), ou pour la fête de saints d'une importance particulière. Cependant, au lieu de célébrer un Office de commémoration, le koliva est placé devant l'Icône du saint et on célèbre un office d'intercession au saint (Moleben / Paraklisis).


Plat de koliva (Кутья)


Théodore d'Amasea, ou Tyre, "Tyron", "le Conscrit"
saint militaire et martyr du 4ème siècle
.

1er samedi du Grand Carême – saint Théodore le Conscrit
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsLife.asp?FSID=9





L'officier saint Théodore
peinture murale du 14ème siècle, par Manuel Panselinnos, église du Protaton, Karyes, Mont Athos, Grèce

Aujourd'hui, nous commémorons le miracle de saint Théodore et du blé cuit. Cinquante an après le décès de saint Théodore, l'empereur Julien l'Apostat (361-363), voulant outrager les Chrétiens, ordonna au commandant de la ville de Constantinople, au cours de la première semaine du Grand Carême, d'asperger toutes les provisions de nourriture sur les marchés de la ville avec du sang offert aux idoles. Saint Théodore apparut en songe à l'archevêque Eudoxius, lui ordonnant d'informer tous les Chrétiens, afin que nul n'achète ni ne mange rien venant des marchés, mais au contraire mange du blé cuit avec du miel (koliva).
En souvenir de cet événement, l'Église Orthodoxe célèbre annuellement le saint grand martyr Théodore le Conscrit le 1er samedi du Grand Carême. La veille au soir, lors de la Divine Liturgie de saints Dons Présanctifiés, après la prière à l'ambon, on chante le Canon au saint martyr Théodore, composé par saint Jean Damascène. Après cela, le koliva est béni et partagé entre les fidèles. La célébration du grand martyr Théodore le 1er samedi du Grand Carême a été fixée par le patriarche Nectarios de Constantinople (381-397).
Le tropaire de saint Théodore ressemble assez au tropaire du saint prophète Daniel et des 3 Jeunes dans la fournaise (dimanche avant la Nativité). Le kondakion de saint Théodore, qui souffrit le martyre du feu, nous rappelle aussi qu'il avait la Foi comme cuirasse (cfr 1 Thess. 5,8).
Saint Théodore est aussi commémoré individuellement le 17 février.


Copie de musée d'une plaque en terre cuite du 6/7ème siècle, de Vinica, en Macédoine contemporaine. Elle montre saint Théodore, identifié grâce à l'inscription latine sur son épaule, chevauchant un cheval et transperçant un ennemi. Sa lance a été confondue avec l'ancien étendard-dragon de Dacie, le draco, adopté par la suite par l'armée romaine, et habituellement dépeint dans les mains de ce qu'on appelle les "divinités cavalières de Thrace." Voir J.C.N. Coulston, "The draco standard", Journal of Roman Military Equipment Studies 2 (1991), 101-14.



Saint Théodore Tyron
Icône de 1679, par F. Zubov, cathédrale Saint-Sauveur, Kremlin de Moscou (113 x 80 cm).



bénédiction du koliva




Bible
L'Hadès est mentionné 11 fois dans le Nouveau Testament dans le grec original, et traduit parfois par "tombe", parfois par "enfer." Selon la Bible, l'Hadès est le lieu ou l'état de l'esprit de tous les défunts (1). C'est le séjour des défunts où tous, justes ou pas, attendent la résurrection générale et le Jugement.
Dans la Septante, qui est la traduction grecque que les communautés juives de culture hellénistique avaient réalisé de la Bible en hébreux et araméen, et qui est la traduction utilisée par les premiers Chrétiens et les évangélistes et auteurs des épîtres, le mot grec Hadès est utilisé pour traduire le mot hébreux "sheol" (p. ex. Isaïe 38,18) (1). Dans le judaïsme postérieur, le terme en vint a désigner le lieu de récompense des pieux défunts ou le lieu d'attente avant le Jugement (1).
En Actes 2,27, la phrase en hébreux du Psaume 16,10 donne "Tu n'abandonneras pas mon âme à l'Hadès."
La mort et l'Hadès sont associés à plusieurs reprises dans le Livre de l'Apocalypse selon saint Jean (Apoc 1,18, 6,8, 20,13-14). Le terme "Hadès" apparaît dans la promesse du Christ à l'Apôtre Pierre : ".. et les portes de l'Hadès ne prévaudront pas contre elle" (Mt 16,18) ainsi que dans l'avertissement lancé à l'encontre de Caphernaüm : "Et toi, Caphernaüm, tu ne seras pas élevée jusqu'au ciel, tu descendras jusque dans l'Hadès" (Mt 11,23; Lc 10,15).
L'occurrence revient aussi dans la parabole du pauvre Lazare et de l'homme riche, chez saint Luc, qui rapporte l'Hadès d'une manière spéciale et unique. Dans toutes les autres circonstances, l'Hadès n'évoquait que peu la récompense ou la punition après la mort, mais ici, c'est un lieu que voit Lazare (qui se trouve lui "dans le sein d'Abraham") et c'est un lieu de tourment pour l'homme riche (Lc 16,19-31).

Christianisme antique
Notion très peu explicitée par le Christ, l'Hadès était considéré par certains comme étant sous terre. Tertullien par exemple écrivait : "vous devez supposer que l'Hadès est une région sous-terraine, et garder à bonne distance ceux qui sont trop fiers pour croire que les âmes des fidèles méritent une place dans les régions inférieures" (2).
Il est nécessaire de resituer le tout dans le contexte de l'évolution de la révélation divine aux hommes, les concepts se précisant au fil des prophètes et du temps. Tant l'Hadès que le Shéol, à l'origine, étaient noirs et lugubres, sans réelle relation à une récompense ou punition d'après mort. Là, les morts attendaient la résurrection universelle au Jour du Jugement. Les premiers pères de l'Église ont défendu ce point de vue de l'après-vie contre la vue disant que l'âme allait directement au ciel ou en "enfer" après le décès du corps (3). Dans son Traité de l'Âme, Tertullien écrivait que toute âme était retenue dans l'Hadès jusqu'au Jour du Seigneur (2).
Le mot grec "Hadès" fut traduit en latin par "infernus" (monde du dessous) et donna "enfer" en français. Le terme continua d'être utilisé pour faire référence de manière générique au lieu ou à la situation des morts, juste ou méchants, comme il est dit dans le Credo dit des Apôtres, que le Christ "est descendu aux enfers." Mais, à part en grec, cet usage générique du mot "Hadès", "infernus", ou "enfer" est devenu archaïque et inhabituel. En grec, le mot "κόλασις" (littéralement "punition", cfr Mathieu 25,14, qui parle de "kolasis" éternelle) est utilisé pour faire référence à ce que nous voulons dire par "enfer" en français.

L'Hadès dans l'Orthodoxie
C'est une doctrine. Et elle est substantiellement sous sa forme Chrétienne originelle (4)(5). L'Église Orthodoxe enseigne donc qu'un Jugement universel sera prononcé sur tous les humains lorsque les âmes et les corps seront réunis à la résurrection des morts. Elle enseigne aussi que tout en attendant la résurrection générale, le sort des âmes diffère : "Les âmes des justes sont dans la lumière et le repos, avec un avant-goût de la béatitude éternelle; mais les âmes des méchants sont dans l'état inverse."(6) Cependant, les saints qui sont décédés savent intercéder pour les vivants, et les vivants peuvent aider "les âmes qui sont parties dans la Foi, mais sans avoir eu le temps de produire de dignes fruits de repentance... les prières sont offertes en leur faveur afin d'atteindre à la bienheureuse résurrection, en particulier les prières en union avec l'offrande du Sacrifice non-sanglant du Corps et du Sang du Christ, et par les oeuvres de miséricorde accomplies dans la Foi en leur mémoire." (7)
L'Église Orthodoxe représente habituellement les souffrances dans l'Hadès comme entraînant des ténèbres et de la contrainte plutôt que du feu. Joie et souffrance dans l'Hadès sont souvent vues non pas tant comme une récompense et une punition pour l'âme que comme la réponse des diverses âmes à la présence divine. Ceux qui aiment Dieu ressentent la présence avec joie, alors que les méchants ressentent cette même présence comme un tourment.
La prière pour les défunts est dite pour aider ceux qui sont dans l'Hadès, pouvant même en sauver parmi ceux qui autrement seraient damnés. La prière de sainte Perpétue pour son frère défunt semble bien refléter cette conviction.

Références
Voir aussi saint Clément d'Alexandrie, Stromates, livre 6.
1. Cross, F. L., ed. The Oxford dictionary of the Christian Church. New York: Oxford University Press. 2005
2. Tertullien, Un Traité de l'Âme
3. Par exemple, saint Hippolyte de Rome, dans Contre Platon, écrit "Mais à présent, nous devons parler de l'Hadès, dans lequel se trouvent tant les âmes des justes que des méchants."
4. Michael Azkoul, "What Are the Differences Between Orthodoxy and Roman Catholicism?"
5. "Heaven & Hell in the Afterlife, According to the Bible"
6. The Longer Catechism of the Orthodox, Catholic, Eastern Church, 372
7. The Longer Catechism of the Orthodox, Catholic, Eastern Church, 376 (= grand catéchisme de saint Philarète de Moscou)


Lazare et le riche, enluminure du Codex Aureus d'Echternach
Au dessus: le riche festoie, pendant que Lazare mendie à sa porte
Au milieu: l'âme de Lazare est emportée par 2 Anges au Paradis; Lazare est dans le sein d'Abraham.
En bas : l'âme du riche est emportée par 2 diables vers l'Hadès; il est torturé dans l'Hadès.
Codex Aureus Epternacensis, Folio 78 recto, vers 1035-1040, 30,9 × 22,4 cm
école de Reichenau, sous l'abbatiat d'Humbert d'Echternach (1028-1051)

A (re)lire :

Samedis des (âmes des) défunts – psychosabbaton - lectures, explications (synaxaires), prières, tropaire, et homélies (saint Jean Chrysostome et saint Augustin d'Hippone)
http://stmaterne.blogspot.com/2008/ 03/samedis-des-mes-des-dfunts.html

Jean-Louis Palierne, "la vie après la mort" (conférence du Dimanche du Jugement Dernier, en 2006)

From: Vassili-Régis
Forum: alt.religion.christian.east-orthodox
Sujet: Re: prayer for the deceased, kolyva, Hades, ...
Date: vendredi 11 avril 2008 22:19:41 +0200
J'apporte un petit correctif: la lecture du Psautier est plutôt réservée aux moines et membres du clergé. Pour un laïc, il est remplacé par le canon acathiste pour un défunt.
En Occident, à l'hôpital, le prêtre commence l'office après la mise en bière, cercueil ouvert, et place sur le front du défunt une banderole figurant la couronne des Saints Martyrs. Pour une personne mariée, la pose de cette banderole signifie également la fin de l'union matrimoniale.


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"La vie après la mort selon la Tradition orthodoxe", par Jean-Claude Larchet, 2e édition, Éditions du Cerf, Paris, 2004, traite aussi de diverses questions connexes (notamment des prières de l'Église pour les défunts)


Méropolite Hiérothée Vlachos, "La vie après la mort," L'Age d'Homme, Lausanne, 2002 [traduction de notre frère Jean-Louis Palierne, auquel l'Orthodoxie se devrait d'être aussi reconnaissante qu'elle ne devrait l'être envers l'archimandrite Denis (Guillaume), on a vu ce qu'il en était, hélas...]

6 commentaires:

Lev a dit…

Merci pour cette belle page très complète sur la prière pour les défunts !
Vraiment Merci et Bonne Grande Semaine
Lev

Maria a dit…

Pourquoi dit-on que la panikhidd est un office privé? Tout le monde ne peut-il pas y assister?

Maria a dit…

Pourquoi dit-on que la panikhidd est un office privé? Tout le monde ne peut-il pas y assister?

Jean-Michel a dit…

Maria, Nulle part dans les articles ci-dessus ni dans la théologie de l'Église, on ne considère ce qui touche toute la communauté comme étant "privé". C'est aux fidèles de rester à la pannikhide après la Liturgie ou aux Vêpres, c'est à eux de comprendre que lorsqu'on communie au même saint Calice, c'est parce qu'on est unis en Christ, donc une famille en Christ.

Maria a dit…

Jean-Michel, merci pour votre réponse. Non ce n'est dit nulle part, d'où mon espoir. Il est même écrit que le but d'une panikhide est aussi de réconforter les proches. Je suis dans la douleur, car le prêtre qui a baptisé mon frère avant son décès, et ses funérailles, et deux panikhides, me rejette actuellement - pour des bonnes raisons sûrement, car il est prêtre, et intelligent. Il a refusé ma présence à une des panikhides, et refuse ma participation aux liturgies qu'il célèbre là où il donne ses enseignements (il dit qu'il ne peut plus m'aider), mais où il nomme chaque fois mon frère... Je me dis que mon frère, au ciel, est fâché de ce "conflit" que je ne parviens pas à résoudre... Le prêtre m'a dit que la panikhide était un office privé. Il doit y avoir une vérité là-dedans, et même une vérité ecclésiale importante, qui m'échappe. Merci pour tout éclairage!

Jean-Michel a dit…

Maria, des évêques et des prêtres qui disent le contraire de ce que dit l'enseignement multi-millénaire de l'Église, ça n'est hélas pas neuf.
Maintenant il a peut-être des raisons spirituelles. Dans ce cas, c'est à en parler avec lui. Dire "c'est privé" c'est absurde, l'Église n'est pas un club privé, si on est dans la Communion de l'Église, à moins d'une raison que la confession et la repentance justifient, c'est anormal.
Notez que vous n'êtes pas obligée de faire célébrer une pannikhide dans la paroisse des funérailles de votre frère.