"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

30 avril 2008

Saint Georges le Victorieux – rendre témoignage (Dynamis)



DYNAMIS: rendre témoignage, 30 avril 2008, fête de saint Georges
http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/3165


Évangile : saint Jean 15,17-16,2, fête du saint mégalomartyr et porteur de trophée George

"Ce que Je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. Si le monde vous hait, sachez qu'il M'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui. Mais comme vous n'êtes pas du monde, et que Je vous en ai retirés par Mon choix, le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que Je vous ai dite: Il n'y a pas de serviteur supérieur à son maître. S'ils M'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi; s'ils ont accepté Ma parole, ils accepteront aussi la vôtre. Mais ils vous feront tout cela à cause de Mon Nom, parce qu'ils ne connaissent pas Celui Qui M'a envoyé. Si Je n'étais pas venu leur parler, ils n'auraient point de péché; mais en fait, ils n'ont pas d'excuse à leur péché. Celui qui Me hait, hait aussi Mon Père. Si Je n'avais accompli parmi eux ces oeuvres que nul autre n'a faites, ils n'auraient point de péché; mais en fait, ils les ont vues, et cependant ils Nous haïssent, Moi et Mon Père. Mais ainsi devait s'accomplir la parole écrite dans leur Loi: Ils m'ont haï sans raison (Ps 34,19;68,5). Quand sera venu le Paraclet que Je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de Vérité qui procède du Père, Il me rendra témoignage; et vous témoignerez, vous aussi, parce que vous êtes avec Moi depuis le commencement. Je vous ai dit cela pour vous préserver de toute chute. Ils vous chasseront des synagogues; et l'heure même approche où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu."



st Georges
Agios Georgios, Toulotti, Kitta.
source


Témoigner : saint Jean 15,17-16,2, en particulier le verset 19 : Si vous étiez de ce monde, le monde vous aimerait. Mais comme vous n'êtes pas de ce monde, mais Je vous ai retiré de ce monde, et dès lors, le monde vous hait."
Il y a des opposants féroces et sans pitié à la sainte Foi et à notre Sauveur, Jésus-Christ; ne vous y trompez pas. Dans cette péricope de l'Évangile de saint Jean, le Seigneur Jésus explore ce qui nous attend tous, nous qui nous unissons à Lui comme Roi et Dieu; car il n'y a que des conditions temporaires et fortuites qui nous protègent, nous tous, ou les communautés où nous nous rassemblons, "dans la Foi et la crainte de Dieu," d'expérimenter tout le poids de cette opposition. Souvenons-nous du fait qu'il y a eu bien plus de notre frères qui sont morts pour le Christ au cours du siècle passé que tous les Juifs qui sont morts dans les camps de concentration. Songez au fait qu'il n'y a qu'en ce présent siècle qu'on trouve des militants actifs de l'islam et d'autres religions qui considèrent comme un devoir de nous tuer.
La Souveraineté du Christ s'oppose de manière inhérente aux prétentions absolutistes de quiconque élève son État, sa religion, son idéologie, au dessus de Dieu. Il y a ceux qui utilisent tous les moyens possibles afin d'isoler, de briser, de détruire, de torturer, et de nous tuer, afin que l'amour, la paix, et l'adoration de Jésus-Christ ne renversent pas leurs croyances, pratiques ou contrôle. Mais comme l'a dit notre Seigneur, "ainsi devait s'accomplir la parole écrite dans leur Loi: Ils m'ont haï sans raison" (v.25). Qu'il semble étrange que Celui Qui apporte grande paix, miséricorde et amour soit autant redouté! Telle est cependant la nature et la puissance insidieuse du péché. Dès lors, soyez attentif à ce que dit le Seigneur dans ce passage, à propos de témoigner de Lui. Comprenez bien en quoi vous êtes concernés.
Remarquez ici que le Seigneur Jésus nous donne 3 commandements, à nous qui nous appelons par Son Nom. Nous avons à nous aimer les uns les autres (v. 17), rendre témoignage à la Vérité – et donc à Lui Qui est la Vérité (v. 27); et à tenir soigneusement compte de Ses paroles, afin de ne pas chuter (v. 16,1). Notre vie éternelle, lorsque nous obéissons au commandement de "rendre témoignage" du Christ, dépend de notre amour les uns envers les autres et de notre attention à Ses paroles, afin de ne pas chuter sous la pression ou les élans de haine que nous subirons, la mise au rencart, voire l'exécution. Ce ne sont pas là de petites choses qui nous sont demandées, mais des ordres, et leur obéir nous assure notre survie en tant qu'enfants de Dieu et citoyens du Royaume de Son Christ et notre Sauveur.
Le commandement de porter témoignage, ce n'est pas qu'une question de mots, mais cela comporte aussi des actes, et toutes les facettes du comportement. Le Seigneur fait remarquer l'importance de notre manière de parler comme étant un aspect de ce témoignage : " s'ils ont accepté Ma parole, ils accepteront aussi la vôtre" (v. 20). Ainsi Il parle de "garder Sa parole," et ce qu'elle implique, car Il parle pour mettre en garde, ordonner, exhorter, diriger, corriger, et prévenir les actions pécheresses et mauvaises des autres; et Il attend de nous que nous parlions de la même manière. Nos paroles ont à être exprimées avec l'intention que les gens y prêtent attention, se repentent, et changent leur manière de vivre. Et notre comportement doit être en accord avec nos paroles, si nous osons parler en Son Nom. Notre manière de vivre doit découler tout naturellement de la vie du Christ, de Ses paroles et actes.
Au milieu des Juifs, des païens Romains et Grecs, le Seigneur Jésus accomplit des oeuvres que nul autre n'avait faites auparavant (v. 24). Sa vie démasqua les péchés du peuple d'une manière que l'Évangéliste rapporte ailleurs : "La Lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la Lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises. En effet, quiconque commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la Lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées" (Jn 3,19,20). C'est pourquoi, parfois la simple présence du Seigneur suffisait à déclencher la haine dont Il parle dans cet Évangile (15,24). Puissent nos discours et nos actes provenir de Lui par l'opération de Dieu, ".. le Paraclet que Je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de Vérité qui procède du Père, Il me rendra témoignage" (v. 26).
Avant tout, aimons-nous les uns les autres, soyons attentifs à toute parole qui sort de la bouche de notre Dieu et Sauveur; car en effet, notre vie éternelle dépend de cela, quand nous témoignons.

O Seigneur, aide-nous dans toutes les épreuves et luttes, afin que nous Te rendions fidèlement témoignage.



Icône quadripartite russe, 18ème siècle
de gauche à droite, de haut en bas
1. saint Nicolas le Thaumaturge, évêque de Myre en Lycie (+ vers 345)
2. Le Christ Pantocrator
3. Saint Georges le Victorieux et thaumaturge, tuant le dragon (+ vers 303)
4. sainte martyre Parasceva d'Iconium (3ème siècle)
source & (c)


Vie d'après le Synaxaire grec :
Le 23 avril, nous célébrons la mémoire du Saint et glorieux Grand-Martyr Georges le Tropeophore et de ses compagnons : Anatole, Protoleon, Athanase et Glykerios (1)

Ce grand et admirable athlète du Christ était issu d'une famille de Cappadoce, riche et de haute condition. Ayant perdu son père à l'âge de 10 ans, sa mère Polychronia, qui était devenue Chrétienne à l'insu de son mari, retourna dans sa patrie, la Palestine, et éleva son jeune fils dans les vertus évangéliques. De belle apparence, intelligent et de moeurs raffinées, Georges entra dans la carrière militaire à l'âge de 18 ans. Il plut à ses supérieurs et fut rapidement élevé au grade de tribun de la garde impériale, puis, semble-t-il, à la dignité de préfet.

De retour vers la Cappadoce après une campagne victorieuse, passant dans la région d'Attalia en Pamphylie, il délivra la fille du roi, qui avait été livrée en pâture à un redoutable dragon, et mit à mort la bête par la force surnaturelle qu'il tirait de sa Foi. Admiratifs devant cette démonstration de la puissance accordée par le Christ à ses fidèles contre les puissances du mal, les païens de l'endroit se convertirent tous au christianisme (2).

Au temps de la Grande Persécution déclenchée par Dioclétien (vers 304), comme l'empereur avait convoqué à Nicomédie tous les gouverneurs d'Orient pour leur communiquer ses décrets contre les Chrétiens, Saint Georges, sentant que le moment était venu pour lui de confesser publiquement le Christ, distribua tous ses biens aux pauvres, affranchit ses esclaves et se rendit à la cour. Il se présenta au milieu de l'assemblée et reprocha au souverain de verser injustement le sang innocent des Chrétiens. Stupéfait, Dioclétien chargea son second, Magnence, d'interroger cet insolent sur sa croyance. Georges répondit que c'était parce qu'il croyait au Christ, vrai Dieu, qu'il était venu sans crainte leur adresser ces reproches. Une fois remis de sa stupeur, l'empereur, craignant l'agitation de l'assistance, proposa au Saint de le couvrir d'honneurs à condition qu'il accepte de sacrifier aux dieux de l'Empire. Georges répondit : "Ton règne se corrompra et disparaîtra rapidement, sans te procurer aucun profit; mais ceux qui offrent un sacrifice de louange au Roi des Cieux règneront avec Lui pour l'éternité!"

Sur l'ordre du souverain les gardes frappèrent de leurs lances le saint au ventre. Le sang se mit à couler à flot, mais, dès les premiers coups, leurs armes se tordirent comme si elles étaient faites de matière molle. Le soldat du Christ fut alors jeté en prison, avec une lourde pierre sur la poitrine. Le lendemain, il comparut de nouveau devant le tyran et montra la même fermeté, aussi l'attacha-t-on à une roue suspendue au-dessus d'instruments tranchants, de sorte que, quand on la faisait tourner, le corps du Saint était progressivement coupé en morceaux. Surmontant la douleur par le débordement de son amour pour Dieu, saint Georges ne cessait pas de rendre grâce au Seigneur. Une voix se fit alors entendre du ciel, disant : "Ne crains rien, Georges. Je suis avec toi!" Et un Ange, vêtu d'une robe blanche plus brillante que le soleil, descendit pour le délier et le guérir de ses blessures. Lorsqu'il se présenta sain et sauf devant l'empereur, 2 officiers de la garde, Anatole et Protoléon, confessèrent le Christ à haute voix. Ils furent aussitôt décapités. L'impératrice Alexandra (21 avril), elle aussi, se déclara Chrétienne, mais Magnence la contraignit à se retirer au palais.

On jeta alors le Saint dans une fosse remplie de chaux vive; mais, tel les Trois Jeunes Gens dans la fournaise de Babylone, il en sortit sain et sauf au bout de 3 jours, salué par la foule qui s'écriait "Grand est le Dieu de Georges!" L'empereur, restant toutefois insensible devant toutes ces démonstrations de la puissance du Christ, ordonna de forcer le Martyr à marcher avec des chaussures garnies de pointes rougies au feu. "Cours, Georges, vers l'objet de tes désirs!" se disait le saint en invoquant le secours du Seigneur. Et c'est une fois de plus, incorrompu et rayonnant de grâce, qu'il se présenta devant le tyran.

Par la grâce de Dieu, il échappa aussi au poison préparé par un mage nommé Athanase. Comme celui-ci et ses congénères restaient encore incrédules, en pensant que Georges usait de quelque artifice magique, à leur demande il ressuscita un mort enseveli depuis 300 ans. Celui-ci se prosterna devant le saint et, déclarant qu'il avait été tiré de l'Hadès par sa prière, il confessa le Christ. Le mage vaincu tomba alors aux pieds du serviteur de Dieu, lui demanda pardon et proclama à son tour la vraie Foi. Éclatant de fureur Dioclétien ordonna de décapiter sur le champ Athanase et le ressuscité.

Nombre de ceux qui avaient cru au Christ à la suite des miracles de saint Georges trouvèrent le moyen d'aller le visiter dans sa prison afin d'être instruits des vérités évangéliques ou pour recevoir la guérison de leurs maux. Le saint compatissait à la douleur de chacun et il ressuscita même le boeuf d'un paysan nommé Glykérios. Ce dernier fut ensuite arrêté et décapité sans autre forme de procès.

Le lendemain Dioclétien fit comparaître Georges au temple d'Apollon, en présence d'une foule considérable. Feignant de vouloir sacrifier, le martyr entra dans le temple et s'adressa à l'idole en faisant le signe de la Croix. Les démons qui habitaient la statue confessèrent alors avec frayeur que seul le Christ est Dieu véritable et ils sortirent dans un grand brouhaha, laissant les statues inertes s'effondrer à terre. Les prêtres et les païens chassèrent alors le saint à grands cris et le ramenèrent au palais. Attirée par le tumulte, l'impératrice Alexandra sortit, fendit la foule en criant : "Dieu de Georges, viens à mon aide!" et elle tomba aux pieds du saint. Ne pouvant plus contenir sa rage le tyran, dont le coeur s'était endurci comme autrefois celui de Pharaon, ordonna de les décapiter tous les deux. Mais, la veille de l'exécution, Alexandra remit paisiblement son âme à Dieu dans la prison.

Le jour venu, saint Georges se rendit sur les lieux de l'exécution suivi d'une grande foule. Il rendit grâce à Dieu pour tous Ses bienfaits et, demandant Son assistance en faveur de tous ceux qui invoqueront avec confiance son intercession dans la suite des siècles, il inclina la nuque sous le glaive et partit pour remporter au Ciel les trophées de la gloire éternelle.

Conformément à la recommandation du saint, son serviteur transporta ensuite sa précieuse relique dans sa patrie, Lydda (Diospolis) en Palestine (cfr. 3 novembre), où d'innombrables miracles s'accomplirent dans la vaste église que l'on construisit en son honneur.

Le culte de saint Georges a connu une immense faveur dans tout le monde Chrétien, tant en Orient qu'en Occident. Il a été choisi pour protecteur de pays comme la Géorgie (3) et la Grande-Bretagne (4), des milliers d'églises lui ont été consacrées et toute âme Chrétienne voit en lui l'incamation des vertus de vaillance, de patience dans les afflictions et de confiance en l'assistance de la Grâce que le Christ, Maître du combat, a recommandées à tous les soldats de la piété.


16ème siècle, Grèce


NOTES:
(1) D'autres compagnons de martyre de saint Georges sont commémorés le 24.
(2) Bien qu'absent des plus anciennes Passions, ce miracle est devenu le thème le plus célèbre des représentations iconographiques de saint Georges.
(3) Cf. la notice de sainte Nina, 14 janvier.
(4) Cependant, c'est une dédicace qui a eu lieu après le Schisme d'Occident. Le saint Patron qu'avait reçu l'Angleterre à l'époque Orthodoxe est l'Apôtre saint André "le premier appelé."



19ème siècle, Russie


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