"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

08 juin 2008

Dimanche des saints Pères du premier concile oecuménique (homélie archim. Panteleimon)

Épître : Actes 20, 16-18, 28-36
Frères, en ces jours-là, Paul avait décidé de passer au large d’Ephèse, afin de ne pas devoir s’attarder en Asie ; car il se hâtait, pour être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem. Ayant donc envoyé un message de Milet à Ephèse, il convoqua les anciens de cette Église. Et quand ils furent auprès de lui, il leur dit : "Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau au milieu duquel l’Esprit saint vous établis comme évêques, afin de paître l’Église du Seigneur notre Dieu, qu’Il s’est acquise au prix de son sang. Car je sais bien qu’après mon départ il s’introduira parmi vous des loups redoutables, qui ne ménageront pas le troupeau, et que du milieu de vous se lèveront des hommes à la doctrine pernicieuse, qui chercheront à entraîner des disciples à leur suite. Soyez donc vigilants, vous souvenant que pendant trois ans je n’ai cessé, nuit et jour, d’exhorter avec larmes chacun d’entre vous. Et maintenant, frères, je vous confie à Dieu et à son message de grâce, qui a le pouvoir d’édifier et de vous procurer l’héritage parmi tous les sanctifiés. Argent, or ou vêtement, je n’ai rien attendu de personne. Vous le savez bien vous-mêmes : ce sont mes propres mains qui ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons. Je vous ai montré constamment que c’est la façon dont il faut travailler pour secourir les faibles, en nous rappelant les paroles du Seigneur Jésus, qui a dit Lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir !" Et, après avoir ainsi parlé, Paul se mit à genoux, et avec eux tous, il pria.

Évangile : Saint Jean 17, 1-13
En ce temps-là, Jésus, après avoir dit à ses disciples "Courage, J’ai vaincu le monde !", leva les yeux au ciel, et dit : "Père, l’Heure est arrivée ; glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, et que, selon le pouvoir que Tu lui as accordé sur toute chair, Il donne la vie éternelle à tous ceux que Tu lui as confiés. Ceci est la vie éternelle : qu’ils te connaissent, Toi le seul véritable Dieu et celui que Tu as envoyé en ce monde, Jésus-Christ. Moi, Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’oeuvre que Tu m’as donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi, Toi, Père, auprès de toi, de la gloire qu’avant que le monde ne fût, J’ai auprès de toi. J’ai manifesté ton Nom aux hommes que, du monde, Tu m’as donnés ; ils étaient à toi et Tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Ils savent maintenant que tout ce que Tu m’as donné vient de toi, car Je leur ai donné les paroles que Tu m’as données et ils les ont reçues, et ils ont connu en vérité que Je suis issu de toi et ils ont cru que c’est Toi qui m’as envoyé. Moi, Je prie pour eux ; Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que Tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi. Et tout ce qui est à moi est à toi, et tout ce qui est à toi est à moi, et Je suis glorifié en eux. Et Je ne suis plus dans le monde, et eux sont dans le monde ; et Moi Je viens à toi. Père saint, garde-les en ton Nom, eux que Tu m’as donnés, pour qu’ils soient un comme Nous. Lorsque J’étais avec eux dans le monde, Moi Je les gardais en ton Nom, eux que Tu m’as donnés, et Je les ai protégés et aucun d’eux ne s’est perdu, si ce n’est le fils de perdition, afin que s’accomplît l’Ecriture. Mais, maintenant, Je vais vers toi et Je dis cela dans le monde pour qu’ils aient en plénitude la joie qui est la mienne !"

Homélie du dimanche des saints Pères du 1er Concile oecuménique, 7ème dimanche après Pâques
http://www.orthodoxresearchinstitute.org/resources/sermons/lampadarios_fathers_first_synod.htm

par l'archimandrite Panteleimon P. Lampadarios
alors vicaire patriarcal d'Alexandrie (31 Mai 1998)

icone Orthodoxe du 1er Concile Oecumenique


La santé est considérée comme un des plus importants dons de Dieu pour l'homme. Le corps de l'homme, selon les enseignements de l'Église Orthodoxe, est le temple de Dieu. Il est le vase vivant de la divinité, d'où brille la radieuse gloire divine. Saint Paul nous enseigne cela en disant : "votre corps est le temple du Saint Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu et qui ne vous appartient pas" (1 Co 6,19). Quoi que nous possédions, nous le tenons de Dieu. Rien n'appartient à l'homme, pas même son propre corps.

Par le sacrifice du Christ sur la Croix, l'homme a été libéré des chaînes du péché, qui était la cause de la détérioration de la santé corporelle et spirituelle de l'homme, et en plus, qui avait amené la mort sur la race humaine.

"Car vous avez été rachetés à grand prix" (1 Co 6,20). Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi au prix de Son propre et précieux Sang. Puisque notre corps et notre âme appartiennent au Christ, il est de notre devoir de vivre selon Sa Volonté; et de plus, aussi de prendre soin de notre santé. C'est ainsi que saint Paul conclu en disant "Glorifiez Dieu dans votre corps, et dans votre esprit, qui sont à Dieu" (1 Co 6,20).

De la même manière, avec autant de soin, nous devons veiller à notre santé spirituelle. Notre âme est affectée par nos péchés personnels, et par l'hérésie, qui est la pire des sortes de maladies spirituelles.

Tout péché que commet l'homme sait être guéri par la repentance et par la Grâce pardonnante de Dieu, qui est accordée à travers le saint sacrement de la sainte Confession. L'hérésie, d'un autre côté, est l'aliénation complète de l'homme par rapport à Dieu. L'hérésie est le fruit de l'orgueil humain. Les hérésies bâtissent le mur infranchissable de l'absence de pénitence, qui empêche l'homme de revenir au Salut. Et bien que Dieu pardonne tout péché commis par l'homme (qui s'en repent), le péché d'hérésie est impardonnable et amène à l'éternelle punition et condamnation qui frappe tous ceux qui persistent dans leur hérésie.

Notre Seigneur Jésus-Christ nous a assurés en disant : "C'est pourquoi Je vous le dis: Tout péché, tout blasphème pourra être pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne peut être pardonné. Quiconque aura parlé contre le Fils de l'Homme, il lui sera pardonné; mais si l'on parle contre le Saint-Esprit, l'on n'aura de pardon ni dans ce monde, ni dans le monde à venir" (Mt 12,31-32). Voyez la philanthropie du Seigneur! Tous les péchés et les blasphèmes, Il les pardonne, parce qu'ils sont le résultat de la faiblesse de l'homme. Mais le péché contre le Saint Esprit, Il ne le pardonne pas; ni en ce monde, ni dans le monde à venir.

L'hérésie déforme les véritables enseignements, et ne respecte pas la Parole de Dieu, la Sainte Écriture, les saintes Traditions apostoliques, ou les enseignements des saints Pères théophores, divinement inspirés. Elle s'efforce, sous l'influence de l'orgueil et de la logique humaine, de donner des réponses et des interprétation logiques à la Révélation divine, ignorant le fait que la Foi n'appartient pas au niveau de la "logique," mais qu'elle entre dans la sphère de ce qui est "au dessus de la logique." (ndt : supra-rationnelle)

La Foi est quelque chose qui n'est pas compris par la simple logique; elle n'est pas le résultat de la connaissance, ni l'accomplissement de la philosophie. La Foi est acceptée dans l'espérance d'obtenir les promesses divines. Saint Paul nous l'enseigne, disant "La foi est le fondement de l'espérance, c'est une certitude au sujet de ce qu'on ne voit pas" (Héb. 11,1).

Tout au long des saintes Écritures, nous trouvons les enseignements qui nous exhortent à conserver la vraie Foi. Dans le Livre des Actes, nous lisons "Dans les villes où ils passaient, ils (Paul et Timothée) notifiaient et recommandaient d'observer les décisions prises par les apôtres et les anciens de Jérusalem" (Actes 16,4). Tout aussi importantes sont les dernières instructions données par saint Paul aux évêques et prêtres de l'Église en Asie Mineure : "Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a constitués évêques pour paître l'Église de Dieu qu'Il S'est acquise par Son propre Sang. Je sais qu'après mon départ, il s'introduira chez vous des loups cruels qui n'épargneront pas le troupeau. Au milieu même de vous, il se lèvera des hommes à la doctrine pernicieuse, et qui tenteront d'entraîner les disciples à leur suite" (Actes 20,28-30). Même notre Seigneur et Sauveur Lui-même nous averti de l'arrivée de pseudo-christs et pseudo-prophètes : "Il s'élèvera de faux christs et de faux prophètes; ils feront de grands miracles et des prodiges au point d'égarer, s'il était possible, les élus eux-mêmes" (Mt 24,24).

De faux Christs, de faux prophètes, et de faux apôtres, voilà ce que sont les hérétiques, qui par leur propre volonté et par leur propre connaissance déforment les vérités du saint Évangile. Ils présentent une partie de la vérité, comme si c'était la vérité toute entière.

Les saints Pères de l'Église Orthodoxe, participant aux Conciles Oecuméniques ou Locaux, avaient pleine conscience de la responsabilité qu'ils avaient de préserver la Vérité de la Révélation divine, exactement telle qu'elle a été révélée par Dieu et a été transmise par les Apôtres et les témoins oculaires de la vie du Christ sur terre. En même temps, ils avaient à être sur leurs gardes, pour eux-mêmes et pour tout le troupeau, contre tous les faux enseignements venant des hérétiques. Ils croyaient qu'ils avaient la responsabilité, non seulement devant Dieu, mais aussi devant tous les fidèles, et ils luttèrent pour faire grandir et affermir les fidèles dans la vraie Foi en Christ.

Les saints Pères, par leur exemple personnel, par leurs enseignements, leur bonté, leur zèle chaleureux et leur esprit d'abnégation, ont donné courage aux fidèles pendant les temps de persécutions et tribulations. Par leurs vies vertueuses et leurs luttes pour l'Orthodoxie, ils sont devenus les athlètes du Christ dans le stade de l'Église.

Et nous Chrétiens Orthodoxes, aujourd'hui, nous honorons et rendons grâce à tous ceux qui ont lutté pour l'Orthodoxie. Prions notre Dieu plein d'amour de nous donner force et foi, afin que nous soyons à mêmes de nous aussi défendre la Foi Apostolique, imitant ces saints hommes, qui sacrifièrent leurs propres vies pour la Vérité, et devinrent pasteurs et enseignants de l'Église.

icone Orthodoxe du 1er Concile Oecumenique, saint Spyridon au premier plan
Premier Concile Oecuménique
au premier plan, saint Spyridon "démontrant" la Sainte Trinité par le miracle de la brique de terre cuite


Ndt : le 30 novembre 1999, l'archimandrite Panteleimon a été élu comme évêque sur la cathèdre du Ghana, au sein du patriarcat Grec-Orthodoxe d'Alexandrie et de toute l'Afrique.
voir :
http://www.ocmc.org/magazine.php?sub=magazine&action=topic&id=5



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