"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

16 juin 2008

Jour du Saint Esprit (metr. Anthony de Sourozh)

Inde : la Pentecôte

http://mitras.ru/eng/eng_71.htm
Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit

Aujourd'hui, nous célébrons la Fête du Saint Esprit. Que savons-nous de Lui? Nous avons entendu hier de merveilleuses paroles de prière, hier, lors du dimanche de la Trinité (Pentecôte), mais réfléchissons un peu à Lui, au Nom qu'Il reçoit dans l'Évangile, que nous traduisons par "Consolateur" ou "Avocat" selon les langues modernes occidentales. Il est en effet Celui Qui réconforte, Celui Qui nous console de notre séparation d'avec le Christ, Qui nous console car nous sommes comme des orphelins qui aspirons à être avec le Christ notre Dieu et Sauveur, et qui sait qu'aussi longtemps que nous serons dans la chair – et ce sont bien les paroles de saint Paul – nous en serons séparés. Mais pour qu'Il puisse être notre Consolateur, nous réconforter, nous devons au préalable être conscients du fait que nous en sommes séparés, et c'est la première question que nous devons nous poser à nous-mêmes : en sommes-nous conscients, ou vivons-nous dans l'illusion que nous sommes en Dieu et Dieu est en nous, et que rien d'autre n'est nécessaire? Il y a tellement plus de choses nécessaires!

Il est aussi Celui Qui, comme Consolateur, nous donne la force, et la force pour vivre malgré la séparation, la force pour nous tenir fermes, et pour être les zélés accomplisseurs de la Volonté et des Commandements de Dieu, Celui Qui peut nous donner vigueur à l'âme, détermination, capacité à agir. Mais à nouveau, tout cela n'est possible que si nous nous tournons vers Lui et disons : Viens, et demeure en nous! Purifie-nous de toute souillure! Ne sois pas seulement notre Consolateur, mais aussi notre force!

Pour finir, Il est Celui Qui nous donne, dès maintenant, la joie de la connaissance de notre proximité avec Dieu, quand bien même il semble y avoir une infinie distance entre Dieu et nous, Il est ce gémissement ineffable qui parle à Dieu depuis les tréfonds de notre être; Celui Qui, parce que nous sommes le propre peuple du Christ, Ses frères et soeurs en humanité – et ce sont bien là Ses propres paroles – fait que nous soyons les enfants du Père. Ah la joie de tout cela, ah la merveille de tout cela, ah la dignité de tout cela! Et aussi.. quelle terrible responsabilité qui vient avec tout cela...

Si nous réfléchissons à notre monde, qui est à un point si totalement étranger à Dieu, l'Esprit est déjà le commencement de la vie éternelle. Sa présence est un fait décisif. Il frappe contre les rochers comme la mer, Il brise les résistances. Il est la joie de l'éternité frappant à notre porte, faisant brutalement irruption en nos vies; nous rappelant de Dieu notre Père, du Christ notre Sauveur, et de notre grandeur et de notre dignité devant Dieu, nous montrant que toutes choses sont possibles pour la puissance du Christ Qui nous soutient.

Dès lors, célébrons cette Fête dignement et avec action de grâce. Et puisse l'Esprit de Dieu, Qui descendit sous la forme des langues de feu sur les Apôtres, aussi venir sur nous – peut-être comme un feu qui nous allume et nous fait ressembler au Buisson Ardent, ou qui nous touche comme le tout petit souffle ténu que le prophète Élie entendit dans le désert, dans lequel Se trouvait Dieu, dans Sa paisible humilité, dans Son abandon pour nous, dans Son amour pour nous.
Amen.
19 juin 1989




Pentecôte - petite réflexion personnelle valant approximativement 3 cacahouètes tombées d'un paquet périmé depuis belle lurette.
Au cours du 1er Concile Oecuménique, saint Spiridon expliqua aux saints Pères assemblés – et encore plus aux fous hérétiques qui venaient là non pour apprendre mais pour répandre leur folie – comment comprendre la Trinité en tant que Trois "Personnes" en un seul Dieu. Tout lecteur se souvient qu'il prit une brique de terre cuite et que la démonstration miraculeuse expliqua ainsi la Trinité dont on parlait depuis les Apôtres mais que les hérétiques semblaient découvrir.
Comment actualiser ce message catéchétique simple et si puissant de saint Spiridon? Je me disais que nous étions cette brique : la Genèse nous rappelle que nous ne sommes que terre, glaise, glèbe. Voilà l'élément "terre" de la brique en terre cuite. Ensuite, afin d'être sauvés, nous avons été plongés dans les eaux salutaires du Baptême, une triple immersion accompagnée de la formule trinitaire; voici l'élément "eau." Et enfin, lors de la Chrismation, qui est notre Pentecôte personnelle, nous avons reçu le "feu céleste". La brique est reconstituée en nous. A vous de ne pas faire comme moi, et de ne pas avoir un coeur dur comme l'airain, et en tout cas, plus dur que la terre cuite.

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