"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

09 juin 2008

Saint Columba d'Iona - Prières, iconographie, photos + Vie par l'archimandrite John


croix d'Iona, ancienne gravure


Vie de saint Columba d'Iona,
par l'archimandrite John

http://www.nireland.com/orthodox/columba.htm
Saint Columba aurait reçu 2 prénoms de Baptême, signifiant respectivement "colombe" (latinisé en "Columba") et "loup". Si cette histoire est véridique, la manière dont on l'a nommé était fortement prophétique et annonçait son caractère. Bien que saint Ninian y soit passé 2 siècles avant lui, saint Columba est un des plus grands Apôtres de l'Écosse - et par ses disciples, du nord de l'Angleterre.

Il vécut selon le système du monachisme Celtique, qui avait été établit en Occident par saint Martin de Tours, et qui ressemblait plus à celui de saint Antoine le Grand et des moines originels du désert d'Égypte qu'à la règle Bénédictine postérieure, à laquelle sera soumis tout le monachisme occidental ultérieur. [ndt: après dénaturation de la Règle sous les Carolingiens et imposition par les armes de la version affadie..]

Columba et Finbar

Saint Columba est un personnage encourageant, parce qu'il eut à vaincre en lui-même d'énormes obstacles vers la sainteté. C'était un fier Irlandais, de race royale, et il semble qu'il avait un fameux sale caractère. Bien qu'il fut archevêque d'Écosse, il passa les premières 40 années de sa vie dans son Irlande natale. Il naquit en 521; vu sa parenté, il aurait dû avoir une chance d'être élu grand roi d'Irlande; mais avant d'avoir grandit, il renonça à cette possibilité en faveur du service de Dieu. A 19 ans, il alla à l'école chez saint Finbar, un grand érudit ayant une énorme collection de livres, qu'il gardait jalousement. Son principal trésor était connu comme "l'Évangéliaire de Saint Martin"; et saint Columba (qui selon ses propres mots souhaitait "rechercher dans tous les livres ce qui serait bon pour toute âme") était très envieux d'en obtenir une copie, mais il n'osa pas demander la permission à son propriétaire pour en réaliser une.

Plus tard, il sera choisit par saint Finnian pour être un de ses 12 Apôtres d'Irlande et y fonder son premier monastère. En tout, il sera le fondateur d'une centaine de monastères en Irlande et Écosse, y compris celui où le Livre de Kells sera réalisé.

A l'âge de 40 ans, saint Columba retourna chez son vieux maître, Finbar; et pendant qu'il était là, son désir pour une copie de "l'Évangéliaire de saint Martin" lui fit perdre toute mesure. Il se mit à l'emprunter secrètement la nuit, pour le retranscrire. Finbar découvrit ce qui se passait pendant qu'il dormait et réclama la copie comme étant sienne. Le tempérament de Columba se réveilla. Il répondit que rien ne parviendrait à lui faire donner le manuscrit, et conseilla Finbar de faire porter le cas en jugement auprès du grand roi. Ainsi fut-il fait. Mais le roi, contre toute attente, ne tint pas compte du rang de Columba dans le pays, et rendit un verdict en faveur de Finbar : "A chaque vache, appartient son veau, et à chaque livre, sa copie". Columba devint furieux. On rapporte qu'il rentra chez lui, rameuta tout son clan pour attaquer les forces du roi, et il les aurait personnellement guidés vers une victoire sanglante dans laquelle quelque 3.000 vies furent perdues. L'époque était sauvage; les moines et même les femmes d'Irlande prenaient part aux guerres; et Columba dût probablement présenter ce combat comme une lutte pour un principe de justice.

Mais après la bataille, il partit chez son "ami de l'âme" (anamchara) ou confesseur, qui, en pénitence, lui dit de partir en exil loin de sa terre bien-aimée, vers un pays d'outre-mer qui plus tard sera appelé Écosse. C'est là qu'il devait se rendre, et y gagner le plus d'âmes possible pour le Christ, au moins autant que ce qui avait été perdu dans la bataille.

En Exil

Columba hissa la voile en 563, à l'âge de 52 ans, et s'installa à Iona, d'où il étendra ses activités missionnaires très loin et intensivement. Il pénétrera lui-même avec quelques accompagnateurs dans le pays hostile et convertira le roi des Pictes dans sa forteresse près d'Inverness.

Mais l'esprit de fierté et de rivalité n'était pas encore mort en Columba; il y a une histoire d'une âpre course entre lui et saint Moluag, dans 2 bateaux, pour la possession de l'île de Lismore; quand saint Moluag vit qu'il était occupé à perdre, il prit une hache, coupa son petit doigt, et le jeta sur le rivage à quelque distance, hurlant "ma chair et mon sang ont prit en premier possession de l'île, et je bénis le Nom du Seigneur." Sur ce, Columba se mit à vociférer diverses malédictions à l'encontre de l'occupation de Moluag.

Celui lui prit toute sa vie pour parvenir à conquérir complètement le prince fier et violent qui l'habitait - mais il y parvint; ou Dieu le fit.. Regardons un peu ce que Dieu fit de ce matériau plutôt récalcitrant et peu prometteur.

Adamnan, un de ses parents et biographes, et successeur comme abbé d'Iona, nous rapporte que Columba ne laissa jamais passer une heure sans s'appliquer lui-même à la prière ou au travail manuel ou à la lecture ou à l'écriture - et il réalisa un grand nombre de copies des Évangiles. Pourtant son domestique le trouva un jour d'hiver occupé à pleurer, parce que ses frères étaient surchargés. On nous parle d'un homme "avide et très voleur" qui voulu faire une expédition sur l'îlot où vivaient les phoques de la communauté (les phoques étaient utilisés tant pour la nourriture que pour l'huile afin de s'éclairer); il fut capturé et renvoyé chez lui avec un mouton comme cadeau pour ne pas avoir pris les phoques. Le saint essaya de le détourner de la tentation en lui envoyant par la suite encore de la nourriture - quel changement par rapport au farouche et vengeur Columba des jours anciens!

Nuit et jour, dit Adamnan, il était si occupé, sans interruption, dans les jeûnes et les Vigiles, que le fardeau d'une seule de ces occupations pourrait sembler au-delà de l'endurance humaine. Il avait un lit et un oreiller de pierre. Mais au milieu de tout cela, toujours agréable et d'une sainte expression au visage, il était réjouit par la joie de l'Esprit Saint. Bien que si strict envers lui-même, il faisait preuve de la plus grande douceur et gentillesse envers les autres, prenant soin des problèmes corporels et spirituels de ceux qui venaient à lui.

On nous rapporte qu'avec ce sens commun caractéristique des Saints, il dissuada une femme Picte de quitter son mari et sa famille pour devenir moniale. On le retrouve aussi prenant soin des animaux, comme les saints de nombre de nations, donnant des instructions spéciales à ses frères pour prendre soin d'une grue (héron) qui s'était affalée sur le rivage, épuisée par son vol depuis l'Irlande. Il ne put supporter qu'on éloigne de lui le cheval de trait blanc de la communauté, qui était venu lui montrer son affection peu avant sa mort.

Leçon à en retirer

Nous pouvons apprendre de saint Columba à ne pas nous décourager si les tentations et les faiblesses de caractères persistent, ou reviennent après un certain temps, et continuent à accaparer le plus de nous-même; c'est précisément dans nos faiblesses que Dieu peut nous rendre forts. A travers le Christ, Il peut me rendre extrêmement fort dans des domaines où à présent je suis justement si déplorablement faible. Il le fit avec saint Columba, une forte tête, un fier et violent noble, qui devint un paisible vieillard, doux et humble de coeur comme son Maître.

Source: Orthodox Outlook, Vol. I, No. 7 (June 1987).



"Seul avec nul autre que Toi, mon Dieu,
Je parcours ma route;
Que craindrais-je, quand Tu es avec moi,
Oh Roi de la nuit et du jour?
Je suis bien plus en sécurité en Ta main,
Que si une armée entière m'escortait.
"
Saint Columba d'Iona.


source & (c) Aidan Hart icons
http://www.aidanharticons.com/western_orthodox_saints.html



"Mon très doux Seigneur,
Sois une flamme vive devant mes pas,
Sois une étoile me devançant et guidant,
Sois un doux chemin sous mes pas,
Sois un bon berger veillant sur moi,
Aujourd'hui et à jamais.
"
Saint Columban


Prophétie de saint Columba "La Force"
[..] Ce vent (romain), qui soufflera sur nous pendant un certain temps,
Et qui nous forcera à nous dévier du vrai chemin;
C'est par l'influence de ce même vent d'Est,
Que tous les Gaëls seront ruinés!

Je pense que cela durera longtemps avant que le Roi fils de Isaac / Saxon
(jeu de mot intraduisible),
Vienne par la mer, et pas par amour pour lui;
Mais du fait de sa venue, le CHRIST,
Les étrangers seront expulsés d'Irlande par ma parenté.
"
Saint Columban


"Nous savons avec certitude que Columba a laissé des successeurs remarquables par leur pureté de vie, leur amour de Dieu, et leur loyauté envers les règles de la vie monastique."
Saint Bède le Vénérable



A (re)lire :

Saint Columba d'Iona, Apôtre des Scots et formateur de nos ré-évangélisateurs des 7-9ème siècles
http://stmaterne.blogspot.com/2007/06/saint-columba-diona-aptre-des-scots-et.html


Règle de saint Columba d'Iona :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/rgle-de-saint-columba-diona.html



Gartan, Donegal : photo du lieu de naissance de saint Columba
http://www.a-wee-bit-of-ireland.com/eire_2007/gartan_05.html

Les amis Orthodoxes d'Iona : http://www.orthodox-iona.co.uk/




Le héron venu d'Irlande
http://en.wikisource.org/wiki/A_Book_of_Saints_and_Wonders/Columcille

Un jour que Columba (Columcille) vivait sur l'île de Hil (Iona), il appela un des frères et dit : "Au matin du 3ème jour, descend et va vers la rive à l'ouest de l'île, car à la 9ème heure arrivera un étranger, un héron venant du nord de l'Irlande, qui a été bousculé par les vents et porté jusqu'ici, et qui gisera sur la plage, épuisé et vidé. Et ramène-le dans quelque proche maisonnée," dit-il, "où il recevra bon accueil, et où tu pourra en prendre soin et le nourrir durant 3 jours et 3 nuits. Et quand il sera restauré," dit-il, "par les 3 jours de repos et n'aura plus envie de rester avec nous, il s'envolera vers le magnifique coin d'Irlande d'où il arriva. Et je confie cet oiseau à tes bons soins," dit-il, "parce qu'il provient de notre propre pays." Et le frère fit ce qu'il lui avait prié de faire, et il soigna le héron. Et à la fin du 3ème jour, le héron s'éleva dans les airs, et plana sur place un temps, comme cherchant à s'orienter vers chez lui. Puis il repartit à travers la mer vers l'Irlande, tout aussi droit qu'il est possible de voler en un jour calme. Car l'Irlande ne quittait jamais l'esprit de Columba, et il avait l'habitude de dire "Les Gaëls me sont plus chers que n'importe qui au monde."

L'Irlande lui était plus chère que tout autre lieu.

Columba composa un jour cette hymne, à la louange de l'Irlande:
"Ô Fils de mon Dieu, il serait merveilleux de voguer sur les vagues de la marée montante; sur le Loch Neach, sur le Loch Febhail, au delà de Beinn Eigne, cet endroit que j'avais l'habitude d'entendre résonner du chant des cygnes. La nuée des goélands m'adresserait une chorale de sa musique lancinante, si mon curragh, la Rosée Rouge, devait venir mouiller au port de la joyeuse colère.

Je suis comblé de richesses si j'y pense assez fort, aspirant après l'Irlande, dans le pays étrange où j'ai abouti par hasard et me suis épuisé. Quel malheureux voyage qui m'a été imposé, Ô Roi des mystères!

Qu'il est heureux, le fils de Dima, fils de la fidèle Église, quand il écoute en Durrow le désir de son esprit; le bruit du vent contre les ormes; le rire du merle battant des ailes; écouter lorsque se lève le jour le meuglement du bétail à Rigrencha, écouter au début de l'été le chant du coucou dans l'arbre.

Il y a trois choses qui me sont les plus chères dans tout ce monde peuplé, Doire, et Doire-Ethne, et Doire la haute terre des Anges. Ma visite à Comgall, ma fête avec Cainnech, tout cela m'est doux comme le miel. J'ai aimé l'Irlande dans ses eaux et rivières, et tout ce qui s'y trouve, sauf ses gouvernants.
"
in : "A Book of Saints and Wonders," par Lady Gregory




tableau très anachronique, la tenue du saint étant celle d'un prélat du vatican, quelques siècles plus tard.. et saint Columba n'ayant jamais eu la moindre relation avec Rome, et pour cause! C'est par ce genre d'imagerie fausse qu'on insuffle dans l'esprit des gens des mensonges, petit à petit... les éloignant du chemin du Christ.. comme le prédisait saint Columba!
source wikipedia

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