"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

21 juillet 2008

La Belgique, 2500 ans d'Histoire, dont 1 millénaire d'Orthodoxie


Discours de sa majesté Albert II, roi des Belges
21 juillet 2008


photo (c) Belga

"Mesdames et Messieurs, Il y a maintenant près de quinze ans que le Roi Baudouin nous a quittés, mais il reste très présent dans la mémoire de nos concitoyens.

Notre pays traverse, vous le savez bien, de sérieuses difficultés politiques, mais j’aimerais rappeler que les difficultés et les crises sont aussi des occasions de rebondir et de se ressaisir. La division dans les esprits n’est pas une fatalité. C’est l’union et la tolérance dans le respect de l’identité de chaque entité fédérée qui représentent la seule voie possible dans notre société démocratique. Nous devons inventer de nouvelles formes de vivre ensemble dans notre pays.

Néanmoins, je ne voudrais pas m’étendre davantage sur nos difficultés institutionnelles présentes, mais évoquer certains thèmes qui tenaient tellement à cœur au roi Baudouin, et voir avec vous comment ils ont évolué ces 15 dernières années, et ce qu’il faut encore réaliser.

Mon frère était profondément attaché aux valeurs de base de notre société, en particulier à la justice, la solidarité avec les plus faibles, et le respect de chaque personne.

Il était notamment préoccupé par la pauvreté. Celle-ci a pris de nouvelles formes et touche davantage de jeunes et de familles monoparentales. Elle reste aussi répandue parmi les personnes âgées. Une étude du Service Fédéral "économie" montre qu’en Belgique, une personne sur 7, soit 14,7 % de la population, peut être considérée comme pauvre.

Concrètement cela signifie qu’environ un million cinq cent mille personnes vivent chez nous dans la pauvreté. Cela concerne des personnes seules avec un revenu de moins de 860 euros par mois, et des familles de 2 adultes et 2 enfants avec un revenu mensuel de moins de 1.805 euros. Ce pourcentage est plus élevé que dans les pays voisins, et nos efforts pour le réduire significativement doivent se poursuivre avec ténacité. En effet, ne faisons-nous pas partie des pays les plus prospères de la planète ? Les causes de pauvreté sont multiples, mais l’enseignement, la formation professionnelle, l’emploi et le logement social sont des instruments privilégiés pour la combattre.

Par ailleurs, certains délits graves restent hélas d’actualité. Ainsi, la traite des êtres humains qui frappe durement les personnes les plus fragiles ne régresse pas, malgré nos dispositions légales.

Comme le montre une récente étude du Centre pour l’égalité des chances, les formes que prennent cette traite changent, se diversifient, et les victimes sont, pour une part, originaires de pays différents. Si le phénomène est peut-être moins visible, le combattre devrait à nouveau devenir une priorité.

D’autres grandes souffrances, dont on parle trop peu, touchent des jeunes vulnérables. Il y a d’abord la violence contre eux-mêmes. Dans notre pays le nombre de suicides chez les jeunes demeure élevé. Une politique de prévention et d’écoute de jeunes en difficulté devrait être stimulée.

De récentes données de centres de prévention dans notre pays montrent qu’un "teenager" sur 10 s’est déjà mutilé ou a essayé de se suicider. En outre, la violence de jeunes à l’endroit d’autres personnes s’est également accrue et traduit un mal vivre dans une partie de notre société. Là aussi une politique de prévention, centrée sur le respect de l’autre, doit être renforcée. Mais il va de soi que les Autorités feront leur travail lorsque, malgré tout, la violence se manifeste effectivement, et un accompagnement adéquat de ces jeunes sera assuré.

Par ailleurs, le roi Baudouin était un avocat vigoureux de l’unité et de la cohésion du pays, dans le respect de sa diversité. Il était convaincu que le caractère multiculturel de notre pays est une richesse et un atout.

Dans son dernier discours de juillet 1993, il préconisait, et je cite : "un esprit de conciliation, de bonne volonté, de tolérance et de civisme fédéral." Il poursuivait en demandant, et je cite encore : "que nous puissions unir nos efforts pour faire face ensemble à d’autres défis auxquels nous sommes confrontés. Parmi eux, je pense surtout à l’emploi, à la sécurité, à l’enseignement et à la construction européenne." Fin de citation.

Ces propos restent évidemment d’une grande actualité, et j’invite chacun à les méditer en cette année européenne du dialogue interculturel.

Enfin, mon frère était aussi très préoccupé de voir le fossé entre les pays riches et les pays pauvres s’accroître. Est-il besoin de rappeler qu’à ce jour encore, moins de 20 % de la population de notre terre bénéficie de plus de 80 % du revenu mondial. Le partage équitable est un devoir de solidarité que nous devons poursuivre et renforcer.

L’évolution climatique, dont l’hémisphère nord est en grande partie responsable, renforce encore ces inégalités, et la crise alimentaire mondiale accentue les difficultés de nombreux pays.

La situation en Afrique, et en particulier en Afrique centrale, doit continuer à nous mobiliser. Nous ne pouvons être indifférents aux drames humains qui s’y propagent, et spécialement aux tragédies innombrables dont les femmes et les jeunes filles sont les victimes.

Pour terminer, j’aimerais rendre hommage à la reine Fabiola qui vient de fêter son quatre-vingtième anniversaire. Au nom de tous, je la remercie pour ce qu’elle a été aux côtés du roi Baudouin pendant plus de 30 ans, et pour tout ce qu’elle continue à faire.

En rappelant ces quelques sujets auxquels le roi Baudouin était particulièrement sensible, il faut bien constater que les situations auxquelles il consacrait tant d’énergie se sont en partie modifiées, mais que les défis de base demeurent. Si je le souligne, c’est que chacun de nous peut contribuer à rendre notre société plus solidaire et plus juste.

C’est le souhait que la reine et moi et toute notre famille formons à l’occasion de notre Fête Nationale."




Et voici le discours qu'un de nos prêtres prononcera
ce 21 juillet 2008 devant les autorités de la ville :

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

Il y a un peu plus de 2.000 ans d'ici, achevant sa conquête des Gaules, l'empereur romain Jules César écrivait dans son ouvrage "la guerre des Gaules" que de tous les peuples contre lesquels ses armées s'y étaient battues, c'était les Belges qui étaient les plus braves. Et c'est vrai que c'est en Belgique qu'il avait subi la plus terrible des défaites militaires, entre Tongres et Liège.
Or, à l'époque, cela faisait au moins 3 siècles que les tribus Belges et la Grèce commerçaient. Les archéologues ont trouvé d'abondantes preuves de ces échanges commerciaux entre la vallée de la Meuse, célèbre pour son art des métaux émaillés, et la Grèce. Plus encore, c'est encore vers cette même époque qu'une partie d'une tribu du sud de la Gaule Belgique, celle des Trévires, était venue s'installer en Grèce d'Asie. Probablement comme mercenaires, puisque c'était des cavaliers émérites et renommés, et que la Grèce était sans cesse menacée par les invasions asiatiques.
On rajoutera que dans le domaine scientifique, médical, religieux et philosophique, l'apport de la langue grecque à la langue française n'est pas négligeable.
Tant économiques que culturelles et sociales, les relations entre Grèce et Belgique ne datent donc pas d'hier!


Au 20ème siècle, les 2 grandes guerres fratricides qui ont ensanglanté les nations européennes, pourtant toutes soeurs et toutes liées à divers niveaux par l'Histoire, ont considérablement appauvri la Grèce. Aussi, quand la Belgique a connu sa nouvelle révolution industrielle après la seconde guerre mondiale, un certain nombre de Grecs sont venus s'engager dans l'industrie lourde belge, dans le Limbourg comme dans les bassins industriels de Mons-Borinage, Charleroi et Liège.
Métallurgie, verre, charbonnages, électricité, c'est vraiment dans tous les domaines que l'on trouvait des Grecs. On en trouvait déjà un certain nombre dans des villes portuaires comme Anvers – le Grec est marin dans l'âme – mais là ils vinrent en plus grand nombre qu'auparavant. Les familles sont soit venues dès le départ avec eux, soit venues les y rejoindre par la suite. Leurs enfants voire leurs petits-enfants sont souvent mariés avec des "enfants du pays", et dans cette descendance, ils sont épiciers, fonctionnaires, restaurateurs, maçons, et tant d'autres métiers. L'intégration a eu lieu lentement mais sûrement. Cette participation à l'effort industriel et économique de la Belgique est notre quote-part au développement et à la croissance de la richesse de notre pays d'adoption.
Reste cependant le souvenir du pays que l'on a quitté, la Grèce, un pays très riche et très différent, aux parfums si inoubliables, aux paysages si colorés, et où nous aimons retourner en vacances, revoir la famille, les amis.
Et reste aussi la mémoire de ceux d'entre nous qui sont morts au travail. Tout particulièrement, nous nous souvenons des Grecs morts lors de la catastrophe du Bois du Cazier, le 8 août 1956. Si numériquement, le nombre de nos victimes peut sembler faible par rapport à d'autres groupes, mis en perspective par rapport au nombre de Grecs qui y travaillaient, c'est un pourcentage important. Et quand on sait qu'un de nos prêtres Orthodoxes, le père Théophile, a eu son cousin Theodoor, qui n'est jamais remonté du fond de la mine ce jour-là, et dont le médaillon 133 pend au tableau parmi les autres victimes, quand on sait les profonds liens familiaux qui nous unissent, on comprend que pour nous aussi, cette catastrophe-là a été vécue comme une catastrophe totale pour toute la communauté paroissiale Orthodoxe. Nous avons là aussi versé notre quote-part...
Nous aimons ce pays où le Seigneur nous a permis de nous installer, où Il nous fait la grâce de pouvoir apporter cette petite touche hellénique originale à la grande mosaïque pluri-millénaire des peuples de Belgique. Nous bénissons le Seigneur pour cette chance, et nous Lui demandons de bénir la Belgique, ce pays où nous vivons en paix, et de lui accorder longue et riche et paisible existence.
Je vous remercie pour votre attention.


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(le piètre "nègre" qui me communique le texte ci-dessus me fait vous demander de bien vouloir l'excuser pour sa médiocrité)




En tout cas, en ce jour de fête nationale, nous avons toutes et tous en mémoire les récents événements politiques et les menaces que les politiciens font peser sur l'intégrité du pays. Si on devait croire les médias, tant nationaux qu'étrangers, le pays serait divisé et à la veille d'une déchirure définitive. Que doit en penser notre bon roi?

"Sire, la fin de la Belgique est vraiment pour bientôt?"
A mon humble avis, hors caméras, voici la réponse à laquelle nous pouvons (et devrions) nous attendre :


Oui, il y a de quoi en rire - seuls les politiciens l'espèrent et y travaillent, à ce retour au féodalisme qui cache son nom derrière la tentation séparatiste. C'est même leur seul et unique fond de commerce. Car le peuple, spontanément, à chaque fois qu'il en a l'occasion, n'a de cesse de montrer tout son attachement
au roi, à la famille royale et au royaume de Belgique. Et que cela se passe en Flandre ou en Wallonie, c'est toujours pareil. Et ça, n'en déplaise aux médias majoritairement subventionnés et aux politiciens professionnels, ça vaut tous les plébiscites.





bref, il n'y a vraiment pas de quoi faire tout un plat avec la mauvaise cuisine que nous concoctent nos "élus" - oui, guillemets de rigueur, puisque dans cette parodie de démocratie, nous n'avons même pas le choix pour les votes, les arrondissements étant fixés à la manière féodale et les candidats triés sur le volet...

Pas de quoi faire un plat... Sauf quant à faire un bon petit plat comme celui-ci, n'est-ce pas?



Vive le roi!
Que Dieu bénisse notre bon roi Albert II
et la Belgique!




La Brabançonne,
hymne patriotique et national
du royaume de Belgique


Ô Belgique! Ô Mère chérie!
A toi nos coeurs, à toi nos bras
A toi notre sang, ô Patrie
Devant Dieu, nous jurons, tu vivras
Tu vivras, toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle
Le Roi, la Loi, la Liberté
Le Roi, la Loi, la Liberté
Le Roi, la Loi, la Liberté!

Après des siècles et des siècles d'esclavage,
Le Belge sortant du tombeau
A reconquis par son courage
Son nom, ses droits et son drapeau.
Et ta main souveraine et fière,
Peuple désormais indompté,
Grava sur ta vieille bannière :
Le Roi, la Loi, la Liberté (Ter)

Marche de ton pas énergique,
Marche de progrès en progrès!
Dieu Qui protège la Belgique
Souris à tes mâles succès.
Travaillons! Notre labeur donne
A nos champs la fécondité
Et la splendeur des arts couronne
Le Roi, la Loi, la Liberté (Ter)




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