"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

11 juillet 2008

Saint Libert de Mechelen, martyr à Sint Truiden (+ vers 725)

Notre ami Claude Lopez-Ginisty ayant magistralement et prestement relevé le défi de l'icône de saint Rombaut, je ne pouvais passer sous silence le saint disciple du grand évêque-missionnaire de Mechelen, le martyr Libert, fêté ce jour.
voir :
saint Rombaut de Malines, hiéromartyr en Belgique mérovingienne - Vie, découvertes scientifiques sur l'antiquité de ses saintes reliques, etc


Initiale B du Commentaire sur les Psaumes par saint Augustin d'Hippone, manuscrit enluminé de l'abbaye de Saint-Evroult-sur-Ouche, 11-12ème siècle. Conservé à la Bibliothèque municipale de Rouen, ms. 456 (A 19). On y voit au milieu à gauche le saint roi et prophète David jouant de la harpe, et en bas du B un soldat Normand.
Le monastère de Saint-Evroul (Sanctus Ebrulphus Uticensis), en Normandie, a été fondé dans la forêt d'Ouche vers 560 par l'ermite Orthodoxe saint Ebrulf (Evroul), avant d'être repris par les Normands (hétérodoxes) vers l'an mil.
source enluminure wikipedia

Saint Libert de Mechelen, hiéromartyr
Libert naquit à Mechelen (Malines, Belgique), dans la province d'Antwerpen (Anvers), de parents aussi pieux que nobles.
Adon, son père, était comte de Mechelen; Élise sa mère, auparavant stérile, le conçut par les prières de saint Rombaud , évêque régionnaire de Belgique.
Ce fut ce même évêque qui le baptisa et qui lui donna le nom de Libert. Étant enfant il s'en alla jouer sur le bord d'une rivière, tomba dans l'eau et se noya; mais il fut rappelé à la vie 3 jours après par les prières de saint Rombaud. Lorsque celui-ci eut fondé l'abbaye des Ormes, il prit avec lui Libert et eut soin de son éducation. Tels furent ses progrès dans la piété, que quand il fut en âge, son maître lui donna le gouvernement du monastère qu'il avait fondé. Des barbares vinrent envahir la région, et Libert se réfugia dans l'abbaye de Sint Truiden (Saint-Trond, S. Trudo, Sacrinium), dans le Limbourg belge. Mais les bandes normandes pénétrèrent jusqu'en ce lieu, surprirent Libert pendant qu'il priait à genoux dans l'église, et le massacrèrent devant l'Autel. Son corps fut enseveli dans le lieu même où il était tombé.
Lorsque les Normands (Northmanni) dévastèrent les bords du Rhin, depuis l'Océan jusqu'à Köln (Cologne), l'église et le monastère furent réduits en cendres. Une chapelle fut construite en l'honneur de saint Trond, et le tombeau de saint Libert demeura caché jusqu'à ce que les anciens religieux de Saint-Trond le découvrirent en creusant les fondations d'un nouvel édifice, en 1169. Les précieuses reliques furent renfermées dans une châsse, et dès lors la fête du saint martyr fut célébrée à Sint-Truiden, le 14 juillet, jour de l'invention de son tombeau. Plusieurs de ses ossements furent apportés à Mechelen en 1631.
Bibliographie : Rodulfus Trudonis Abbas, "Gesta Abbatum Trudonensium"


Tropaire de saint Libert de Mechelen, ton 4
Né deux fois à la vie par notre saint père Rombaut,
Tu en repris le flambeau de la vie monastique à Mechelen.
Colonne de prière reliant la terre au Ciel,
Sacrifié par des mains barbares, tu devins offrande à l'Autel pour ton peuple.
Prie le Christ notre Dieu de sauver notre pays
Et de sanctifier nos âmes, ô Libert notre père.
(tropaire composé ce matin, non-officiel)


Le baptême de saint Libert par saint Rombaut
Colijn de Coter, 1490
source wikipedia
Peinture furieusement anachronique, comme d'hab'.. Un détail est très frappant, c'est la manière du baptême. Si on reprend les Conciles mérovingiens et même Carolingiens, le Baptême était bel et bien donné par immersion. Le tableau ici montre donc un simulacre de baptême, tel que pratiqué hors de l'Église.

(ah oui, non, n'insistez pas, je ne referai pas de remarque sur l'absence d'Icône sinon je vais encore donner du travail à Claude, qui a besoin de vacances ;-)

pour sainte Olga, voyez :
La Belgique, sainte Olga et l'évangélisation de la Russie


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