"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

03 juillet 2008

saint Rombaut de Malines, hiéromartyr en Belgique mérovingienne

Verae divitiae sunt paupertas cupiditatum.
Les vrais riches sont ceux qui sont pauvres en désirs.
Saint Clément d'Alexandrie, Le Pédagogue, livre 2

Voilà où mène l'absence volontaire de l'Orthodoxie sur la place publique en Belgique : nous sommes affligés de spectacles pareils, où un grand saint Orthodoxe du pays est présenté en bouffon du vatican statufié comme pour jouer dans un film hollywoodien...

Car Saint Rombaut (Rombout, Rumbold, Reimbaud, Rombaud, Grimbaut, Ramwold, Rumwold, Rumoldus) est un des grands saints martyrs Orthodoxes de la Belgique mérovingienne.
Très mauvais point pour nous, hélas classique : pas d'Icône à trouver dans nos paroisses. Si un iconographe me lit et qu'il est en manque d'inspiration et en a assez de repeindre la 29.000ème copie d'une Icône d'un saint oriental existant au moins en 20 versions différentes dans chaque paroisse, voilà une piste intéressante.

Ensuite, comme pour la quasi totalité des saints Orthodoxes occidentaux d'alors, ce sont les hétérodoxes qui détiennent ses saintes reliques & lieux de pèlerinage. Il n'y a pas qu'à Constantinople, en 1204, que le catholicisme-romain a été un prédateur. Les objets ainsi volés n'ont jamais été restitués à la sainte Église. On ne le répétera jamais assez.
Et qu'en font-ils?
Du contenu doctrinal des documents volés, ils ne font strictement rien, et au mieux, c'est gardé dans des musées, hors de portée de l'Église. (Et puis nombre de nos hiérarques sont tellement épris d'oecuménisme qu'ils ne vont pas gâcher leurs mamours à exiger la restitution des biens volés par leurs chers amis, hum...)
Et les reliques? Parfois ils ont de vagues idées de ce que ça vaut, spirituellement parlant, et ils vont y demander un peu de tout – mais le matraquage anti-Chrétien est si puissant dans leur groupe que ça s'est quasiment perdu. D'où bien souvent, comme vous le voyez parfois à la télévision, quand ils ne les vendent pas en fragments, ils les laissent pourrir dans des musées, dans des églises délabrées... ou ils font des manifestations folkloriques pendant lesquelles ces saintes reliques sont traînées entre échoppes de merguez et étals de faux souvenirs médiévaux.

Une fois n'est pas coutume, je me réjouis de lire une nouvelle de "chez ces gens-là" :

Les reliques de saint Rombout sont plus anciennes qu'on ne le croyait
(RELIEK ST.-ROMBOUT OUDER DAN GEDACHT)
http://www.kerknet.be/actua/nieuws_detail.php?nieuwsID=80364

"Bruxelles (KerkNet/Pastoralia) – Vendredi 20 juni 2008 – L'archevêché [hétérodoxe] de Mechelen fête en 2009 le 450ème anniversaire de sa fondation, mais l'évangélisation de la ville avait eu lieu bien plus anciennement, et même plus anciennement que ce qui était communément admis. C'est ce qui ressort de "Pastoralia," la revue de l'archevêché de Mechelen-Bruxelles, après examen des reliques de saint Rombaut (Rumoldus), le saint patron de la ville, fêté le week-end prochain. "A la demande du département des Monuments et des Sites de la Communauté flamande, l'Institut Royal pour le Patrimoine artistique a mené entre 2004 et 2005 une nouvelle étude sur les reliques de saint Rombout." Ces analyses apportent un nouvel éclairage sur la date de son décès. Il est généralement admis, comme en atteste également l'abbé Theodorus de Sint-Truiden par ce qu'il écrit dans 'La vie de saint Rombout' (Vita Rumoldi), que le saint a été assassiné vers 775 par deux maçons. Mais l'étude de 2005 faite avec la méthode du C14 avance que cet événement se serait produit déjà entre 580 et 665 après Jésus-Christ. "C'est-à-dire que l'évangélisation de nos régions par le moine Irlandais saint Rombout n'a pas eu lieu durant la période carolingienne, mais à l'époque mérovingienne, donc avant saint Willibrord." Cela signifie donc aussi que saint Rombout a été un contemporain de Grégoire le Grand qui fut pape de Rome de 590 à 604."



*-*-*-*-*-*-*


Tropaire de saint Rombaud ton 4
Venu des brumes de la verte Irlande
Pour dissiper les brumes de l'impiété
Tu évangélisas, père Rombaut,
Et reçus le don des miracles.
Et si les méchants auxquels tu reprochais
Leurs méfaits et leurs vices
Finirent par tuer ton corps
Ils ne purent tuer ta grande âme
Qui fut reçue par Dieu dans le sein d'Abraham



SAINT ROMBAUD, ÉVÊQUE ET MARTYR (+ 775 ?)
Le martyrologe romain mentionnait ceci :
"A Malines, en Brabant, la passion de saint Rombaud, évêque de Dublin et martyr, fils d'un roi d'Ecosse (+ 775)"
Le 24 juin est son "Dies Natalis", il est aussi fêté les 1er et 3 juillet. Notons aussi que c'est une version du martyrologe réalisée par Baronius, donc 4 siècles après le Schisme. On ne doit jamais faire confiance à ces gens-là, on ne peut pas s'y fier, et la science vient à nouveau de nous le démontrer. Soit dit en passant, c'est là aussi que gît le problème des "paterikon" qui ont été réalisés en prenant pour argent comptant ce que contiennent les ouvrages catholiques-romains parlant de saints Orthodoxes, d'Occident comme d'Orient.

L'abbé Theodorus (Thierry) de Saint-Trond (+ 25 avril 1107) nous a laissé une courte Vie de saint Rombaud qui est la source la plus complète que nous possédions sur ce saint (Vita S. Rumoldi martyris ou Vita Rumoldi Mechliniensis). D'après la préface, Thierry composa cette biographie à la prière d'un certain Gérard et d'autres moines de Saint-Trond;
et il ne fit que se servir de 2 anciens documents dont il changea le style, en introduisant cependant dans le corps de l'ouvrage des faits que repousse une bonne chronologie, et des extraits de l'Écriture Sainte; le chartreux (hétérodoxe) Surius en a donné son édition, ainsi que les jésuites bollandistes et les bénédictins (hétérodoxes). Nul monastère Orthodoxe n'en possède le manuscrit original. C'est donc une source qui est postérieure au Schisme romain que nous avons, et il n'est pas du tout innocent, au vu de la découverte scientifique de la nette antériorité du saint, que de voir qu'après ce Schisme maudit, on ait fait de saint Rombaut un Carolingien "sous les ordres de saint Willibrord" – car en effet ce dernier avait fait allégeance contre nature à un empereur qui n'était déjà plus Orthodoxe. Il fallait donc placer fictivement la Belgique sous dominium hétérodoxe... l'hagiographie est très pratique pour ce faire... quand les siècles se sont écoulés, il n'y a plus moyen d'interroger les témoins, et la destruction systématique des anciennes sources vient achever le travail funeste. Heureusement que des pièces ont échappé de ci de là, qui nous ont permis de savoir le passé intégralement Orthodoxe de nos ancêtres!

Theodorus n'a bien entendu pas tout inventé, et la vénération existante pour tout martyr était valable pour saint Rombaut et datait déjà de longtemps avant. Voici ce qu'il nous en dit : il nous présente saint Rombaut comme un Scot, à savoir à l'époque un Irlandais, ce dont doutent certains historiens modernes, pensant qu'il était Anglo-Saxon. Saint Rombaut quitta le monde dès sa jeunesse pour embrasser la pauvreté volontaire; convaincu que tout ce qui excède les besoins de la nature est un fardeau pesant et dangereux, il s'interdit l'usage de tous les plaisirs. Entraîné par le désir du martyre blanc – le martyre de l'éloignement, partir prêcher au loin sans espoir de retour sur la terre natale chérie - , il partit pour Rome en annonçant l'Évangile sur sa route. Après avoir vénéré le tombeau des Apôtres – but "classique" chez les saints d'Irlande - , il fut poussé en songe à revenir via la Gaule française jusqu'en Belgique et se fixa dans un ermitage auprès de Mechelen (Malines). Il s'y trouva sous la protection du comte Adon, dont la femme se désolait de ne pas avoir d'enfant. Rombaud lui promit qu'elle aurait un fils. Quand il naquit, Rombaut le baptisa et lui donna le nom de Libert – futur saint Libert de Mechelen, martyr. Un jour que cet enfant jouait sur le bord de l'eau, il glissa et se noya. Rombaud le ressuscita et le rendit à ses parents qui, en reconnaissance, donnèrent à l'ermite un domaine dans lequel il fonda un monastère. Rombaut établit la Foi du Christ à Malines et dans les lieux du voisinage, avec tant de zèle et de fatigues, qu'il a mérité d'être nommé l'apôtre de Malines. Souvent il interrompait les activités extérieures de son ministère pour aller se recueillir dans la solitude. Son apostolat fut interrompu brusquement : 2 scélérats, dont un adultère, auxquels il avait reproché leurs vices, l'assassinèrent le 24 juin 775 et, pour cacher leur crime, le jetèrent à la rivière. On sait à présent que penser de l'année mentionnée. Le corps fut cependant miraculeusement découvert et enterré par les soins du comte Adon, dans l'église de Saint-Étienne, l'église abbatiale, qui reçut bientôt le nom de Saint-Rombaud, témoignage de l'ancienneté du culte et de son fondement. On transféra par la suite ses reliques dans une église qui lui est dédiée à Malines. Le monastère devint une collégiale, puis on quitte l'Orthodoxie et le Salut, on passe au catholicisme-romain. Après usurpation et annihilation des occupants légitimes des lieux, les nouveaux maîtres y sont encore de nos jours, 10 siècles plus tard.
Quant aux saintes reliques, après la disparition de l'Orthodoxie en nos régions, elles ont connu divers sorts.
Le 3 avril 1369, elles furent déposées dans une châsse d'argent doré. Mechelen fut érigée en "métropole" par le chef du vatican Paul 4, en 1559, qui créa un "archevêché" de Malines. La châsse de 1369 fut fondue en 1578 pendant les guerres inter-hétérodoxes qui ensanglantèrent la Belgique et les Pays-Bas. Cette perte fut réparée en 1631, au moyen d'une seconde châsse en argent; elle fut enlevée en 1794, à la seconde invasion des armées françaises, et portée à la monnaie de Bruxelles pour satisfaire aux exactions de l'ennemi athée. Enfin, en 1825, à l'occasion du jubilé semi-séculaire hétérodoxe qui fut célébré à Malines, le diocèse hérétique contribua par des dons "volontaires" (récoltés grâce aux "indulgences" pour ne pas aller en enfer ou au "purgatoire"...) à la confection d'une nouvelle châsse d'argent qui existe encore aujourd'hui.


L'anniversaire de la mort du saint tombant le jour de la fête de saint Jean le Baptiste et Précurseur, on reporta sa fête au jour octave. Au 9ième siècle, les litanies de Cologne, Bavière et Paris mettent saint Rombaud au nombre des saints, mais s'il ne figure dans aucun des anciens martyrologes, la dédicace du monastère combinée à ces Litanies sont garantes de la réalité et de la sainteté du personnage.
En iconographie, on le représentait :
1° ayant une couronne sur la tête, parce qu'il serait le fils d'un seigneur Scot (écossais ou irlandais);
2° rendant la vie au jeune comte de Mechelen qui était noyé depuis 3 jours;
3° prêchant dans un bois;
4° venant en France et guérissant un aveugle;
5° guérissant un possédé;
8° faisant bâtir un monastère;
9° protégeant par ses prières une moniale enlevée par des pirates (vikings?);
10° faisant sortir de la terre, en la frappant de sa crosse, une source d'eau vive;
11° assommé à coup de pioche, de pic, de hache et de massue par des ouvriers qu'il employait à la construction de son église et qu'il avait blâmés pour leur inconduite;
12° retrouvé dans l'eau par suite d'une lumière miraculeuse qui s'était élevée au-dessus de la place où son corps avait été jeté par ses meurtriers.


Liturgie pour la fête de Saint Rombaut (ancien rite romain)
Collecte

Que la glorieuse intercession du bienheureux Rombaut, Ton évêque et martyr, Seigneur, attire sur nous la faveur de Ta majesté, en sorte que nos incessantes fautes de faiblesse soient couvertes par sa prière continuelle. Par notre Seigneur.

1 commentaire:

Cesco a dit…

À propos de saintes reliques détenues par les hétérodoxes, j'ai été touché de voir, lors de mon périple à pied à travers l'Italie, les reliques de saint Nicolas dans la cathédrale de Bari (Pouilles). Il y a même, dans la crypte de cette cathédrale catholique, une chapelle orthodoxe. Ce n'est sûrement pas fréquent et je crois même que c'est unique.

En tout cas, les pèlerins devant les reliques étaient majoritairement d'origine slave.

Ici la crypte Saint-Nicolas de la cathédrale de Bari :

http://www.villemagne.net/site_fr/rome-p1060954.php