"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

26 août 2008

sainte Nathalie et saint Adrian, martyrs à Nicomédie, vers 305 (Prologue d'Ochrid)


Adrian et Nathalie étaient mari et femme, tous 2 d'une noble et riche famille de Nicomédie. Adrian était le chef du Prétoire, et païen, tandis que Nathalie était secrètement Chrétienne. Tout 2 étaient jeunes et ne vécurent mariés que 13 mois jusqu'au martyre. Quand l'abominable empereur Maximien visita Nicomédie, il ordonna que tous les Chrétiens soient saisis et soumis à la torture. Vingt-trois Chrétiens se cachaient dans une cave près de la ville. Quelqu'un les dénonça aux autorités et ils furent cruellement battus avec des fouets en nerf de boeuf et des bâtons, puis jetés en prison. Ensuite, ils furent extraits de prison et emmenés auprès du Préteur pour enregistrer leurs noms. Adrian observa ces gens, torturés mais patients, sereins et doux, et il leur fit jurer de lui dire ce qu'ils attendaient de leur Dieu pour tant de tortures endurées. Ils lui expliquèrent les bénédictions des justes dans le Royaume de Dieu. Écoutant cela, et observant à nouveau ces gens, Adrian, tout d'un coup, se tourna vers le scribe et lui dit : "Rajoute mon nom avec celui de ces saints, je suis aussi Chrétien". Quand l'empereur apprit cela, il demanda à Adrian : "As-tu perdu la tête?" Ce à quoi Adrian répondit : "Au contraire, j'ai enfin trouvé la voie de la raison." L'apprenant, Nathalie se réjouit grandement, et quand Adrian, avec les autres, se retrouva enchaîné en prison, elle vint et prit soin d'eux tous. Quand ils battirent et torturèrent son mari de diverses manières, Nathalie l'encouragea à endurer jusqu'au bout. Après de longues tortures et emprisonnements, l'empereur ordonna d'apporter une enclume à la prison, et de briser dessus leurs bras et jambes à coups de marteau. Cela fut accompli, et Adrian, avec les 23 honorables personnes, rendit l'esprit dans les plus grandes souffrances. Nathalie emporta leurs reliques à Constantinople (*) et les enterra avec les honneurs. Après quelques jours, Adrian lui apparut dans une lumière et en beauté, et l'appela à lui, qu'elle rejoigne aussi Dieu. Alors, elle s'endormit en paix et rendit son esprit à Dieu.

HYMNE DE LOUANGE - LE SAINT MARTYR ADRIAN ET SON ÉPOUSE, SAINTE NATHALIE, ET LES 23 MARTYRS.


Épineux est le chemin, au Paradis sont les roses,
Amères les souffrances, mais doux est le Christ
Qu'entend-t'on dans le noir dongeon?
Contre la rude enclume, frappe le marteau,
Mais ni fer ni plomb il ne forge,
Ce sont les jambes des martyrs qu'il brise,
Et les bras des martyrs, il en brise,
Martyrs, ces soldats du Christ.
Une blanche main, noble
Teintée de sang, sur le sable tombe,
C'est la main de saint Adrian.
Sainte Nathalie prit cette main
Et avec cette main, à travers le donjon elle court
Et lave la main et, de soie, elle l'enveloppe,
Embrasse et la mouille de ses larmes.
Partout où elle va, avec elle, la main, elle l'emporte.
Pendant qu'elle dort, sous son lit, elle la place,
A la main massacrée, doucement elle parle :
"O sainte main de mon Adrian,
Tu m'as tant aidée,
Encore une fois, aide moi, O main,
Jusqu'au Ciel, emmène-moi au plus tôt
Où Adrian vit avec les Saints.
Il ne fallut pas longtemps et même vite,
Adrian, à Nathalie apparu,
Il était plus que tous les empereurs, beau et radieux,
Et d'une voix céleste, il l'invita :
Viens à moi, Nathalie ma soeur,
Viens à moi, vis éternellement,
Dans le Royaume, le Roi éternel t'invite
.

Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958)



(*) Note de traduction : erreur hagiographique byzantine classique: cette ville n'existait pas encore puisque l'empereur Constantin-le-grand n'est venu là pour sa réalisation que 10 ans plus tard. La Foi aime la rectitude, et la vérité convient mieux à l'Histoire ecclésiastique que le romantisme et les anachronismes.

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