"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 septembre 2008

Uniatisme & papisme en Grèce: mgr Seraphim de Piraeus dénonce la duplicité de Benoît 16


La grosse artillerie que le président de l'État-cité du Vatican, m. Joseph Ratzinger (surnommé Benoît 16 par ses afficionados), a lancée contre l'Église du Christ, suivant en cela les sulfureuses méthodes & buts de ses prédécesseurs, est nettement moins rigolote mais tout aussi peu chrétienne que la soeur Marie-Thérèse des Batignoles dessinée par l'inénarrable Maëster dans "fluide glacial." Il est dès lors "surprennant" qu'une majorité des hiérarques de l'Église continue à frayer et même à se "pacser" avec tout ce qui vient du vatican. C'est la souris qui se couche dans le lit du crotale. Je préfère la BD de Maëster à la fréquentation du crotale, même de loin! Heureusement, le Seigneur a finit par susciter de bons pasteurs, comme ce jeune archevêque de Piraeus, en Grèce. Ils sont rarissimes pour le moment, l'appareil ayant créé un système lui permettant de s'auto-choisir et prolonger les erreurs (voire pire), mais le temps viendra où la tendance s'inversera. Deo gratias!


mgr Seraphim de Piraeus dénonce la duplicité de Benoît 16
http://www.oodegr.com/english/papismos/serafeim_kata_papa1.htm

Mgr Seraphim accuse le vatican d'utiliser les Uniates grecs comme "cheval de Troie" contre l'Église de Grèce, et demande qu'elle se retire du dialogue inter-églises.

Extrait du journal quotidien "Paron", du 01-06-08.
http://www.paron.gr

Avec sa lettre adressée à l'archevêque et au Saint-Synode, le métropolite Seraphim de Piraeus pose le problème du départ de l'Église autocéphale de Grèce du "Conseil Mondial des soi-disantes églises", de même que de tous les autres cercles de dialogue avec les hétérodoxes, suite à la récente nomination de m. Demetrios Salahas comme nouvel évêque des Uniates grecs, sur suggestion du pape Benoît 16 de Rome.

Percevant évidemment cet événement particulier comme une provocation directe contre l'Église de Grèce, le pontife de Piraeus a insisté que "ceci révélait l'hideux visage du papisme" et faisait remarquer "qu'enfin, le temps est venu de réagir contre la tentative de violation de la dignité de l'Église Indivise, Orthodoxe Catholique, chose que la Rome déchue tente de manière éhontée de faire."

Ci-dessous, le texte intégral de la lettre du métropolite Seraphim de Piraeus, datée du 23 mai 2008:
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Votre Béatitude,


Suite à la récente élection du nouvel évêque des Uniates de Grèce sur décision du pape de Rome m. Benoît 16, il est à présent démontré, sans que le doute le plus naïf ne soit encore possible, que la parasynagogue hérétique papiste (l'ecclésiole) – comme feu notre père spirituelle de bienheureuse mémoire l'archevêque Seraphim avait l'habitude de la qualifier – n'a pas le moins du monde dévié de son affreuse position contre l'Église Indivise Orthodoxe Catholique – dont elle s'était d'elle-même séparée, avant d'ensuite mener et causer des milliers d'autres chutes – déformant volontairement et méthodiquement à la fois le dogme et le fonctionnement et l'ethos de l'Église Indivise.

L'intronisation à Athènes même, le 24 de ce mois de mai, de m. Demetrios Salahas comme évêque des inexistants "Uniates de Grèce" a intégralement jeté bas le masque de leurs prétendues "relations amicales" et de la théorie des "Églises-soeurs," révélant la véritable et hideuse face du papisme, qui a, au moment opportun, porté un coup à la vérité de la Foi en persévérant sataniquement dans son intolérable méchanceté.

Dès lors, je crois à juste titre que nous avons le devoir de ré-évaluer (conformément aussi au texte de Ravenne qui est une honte pour l'Église Indivise Orthodoxe Catholique) la continuation de notre participation en tant qu'Église autocéphale – ayant été frappé de manière directe par la Rome déchue – dans les dialogues en cours avec cette dernière, et à en même temps ré-évaluer ce qu'est vraiment notre contribution, au sein de la masse de ramifications hérétiques de ce Conseil oecuménique des soi-disantes "églises", de même qu'à examiner l'utilité ou non de notre participation dans les autres dialogues avec les hétérodoxes, car je crains que la seule chose qui sera "accomplie", ce sera de fournir à leurs dirigeants un alibi qui prouverait prétendument leur équivalence spirituelle avec l'Église fondée par Dieu, Indivise, Orthodoxe Catholique.

L'élection et l'intronisation du nouvel évêque Uniate à Athènes nous place chacun d'entre nous devant ses responsabilités historiques, et je crois humblement que le temps est enfin venu de réagir contre la tentative de violation de la dignité de l'Église Indivise Orthodoxe Catholique, chose que la Rome déchue tente de manière éhontée de faire. Bien évidement, vous vous souviendrez de cette image tragique qui fut présentée par les médias télévisuels, lors des funérailles du pape Jean-Paul II de Rome, quand une troupe d'Uniates internationaux chantèrent en grec, dans le but évident de montrer l'oecuménicité du trône papal, en présence des chefs des Églises Orthodoxes autocéphales.

C'est pourquoi je vous suggère très respectueusement que, par une décision qui reste vôtre, cette affaire toute actuelle soit incluse dans les sujets qui seront discutés dans l'agenda du Synode hiérarchique à réunir en octobre prochain, avec notre grand et docte théologien et prodige auteur et bien-aimé frère en Christ, le métropolite Hiérotheos de Nafpaktos et Saint Vlasios comme porte-parole proposé; étant à remarquer qu'il n'est pas au courant de notre proposition en la matière.

Avec ce qui précède, je vous assure de mon indéfectible dévouement et reste,

Avec l'amour fraternel et l'honneur dû

Le moindre de vos frères en Christ,

+Seraphim de Piraeus
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Note: Pour ceux qui ne sont pas familiers de la dogmatique, Uniate (du mot "unita", pour "unité") est le nom donné aux anciens Chrétiens Orthodoxes d'Orient qui ont accepté les dogmes de l'église catholique-romaine et se sont unis à elle, suivant en cela les décisions du concile de Ferrara-Florence de 1439. L'hérésie d'uniatisme est accusée de s'efforcer, par tous les moyens possibles, d'amener les Chrétiens d'Orient à l'union avec l'église catholique-romaine, voire à la soumission complète au pape de Rome. Il y a quelques groupes d'Uniates en Grèce, mais ils sont numériquement très faible. Cependant, ils préservent leur autonomie avec détermination.




saint Marc d'Ephèse, dont le métropolite Seraphim est le digne successeur


Le métropolite Seraphim de Piraeus
http://www.impantokratoros.gr/FB35B1C5.en.aspx


Par le protopresbytre Theodoros Zisis
professeur à l'institut de Théologie de l'université Aristote à Thessalonique

La Voix de l'Orthodoxie.

Depuis des décennies, la pan-hérésie qu'est l'oecuménisme infecte la vie et la Foi Orthodoxe. Les pasteurs, les gardiens du troupeau qui devraient être sur le qui-vive et éloigner les loups des hérésies papiste et protestante, dans de trop nombreux cas, gardent le silence et se cachent, soit par crainte et lâcheté, soit afin de ne pas perdre la faveur des potentats, alors que d'autres encore ont succombé à ces hérésies, et tels des loups vêtus d'une peau de mouton, dévorent le troupeau. Nombre de prêtres et de moines ont assumé la protection de la Foi, mais aussi le troupeau lui-même, avec une candeur spectaculaire. Cependant, ce n'est pas la première fois dans l'histoire de l'Église que le troupeau s'est montré plus prudent que ses bergers, étant invisiblement gardé par le chef des Pasteurs, le Christ, qui installe les pasteurs non pour dévorer mais protéger le troupeau, non pour usurper la grâce hiérarchique pour leur bien propre mais pour l'utiliser jusqu'au sacrifice d'eux-mêmes, comme le Christ l'a fait pour le Salut des brebis. Le bon pasteur ne s'enfuit pas lorsqu'il voit le loup approcher, de même qu'il ne se joint pas aux loups, mais "il livre sa vie pour ses brebis."

Le prototype sacrificiel du Grand Pasteur, le Christ, a été suivit par les Apôtres et les saints Pères de l'Église, qui se consacrèrent à la lutte soit contre les hérésies de leurs temps, soit contre les déformations internes et falsifications de l'éthos ascétique évangélique, et furent pour cela martyrisés, comme par exemple le grand et saint père Jean Chrysostome, docteur de la Foi, dont nous fêtons cette année le 1600ème anniversaire de son héroïque repos en martyr, en chemin vers son second exil (407-2007).

Cet enseignement de ces saints évêques, lutteurs et antiques combattants de la Foi ne s'est jamais interrompu au cours des quelque 2 millénaires de marche de l'Église, afin de manifester de manière remarquable qu'il y a ici une succession apostolique ininterrompue, non pas seulement en terme de fonction et d'administration, mais en particulier dans la Foi et dans la vie, comme nous le chantons dans l'hymne de congé pour les saints hiéromartyrs : "Devenus héritiers des voies et successeurs des trônes apostoliques, la tâche que vous avez accomplie, ô inspirés de Dieu, élève jusqu'à Dieu. C'est pourquoi vous avez véritablement maintenu la vérité, et pour la Foi, vous avez lutté jusqu'à répandre votre sang de hiéromartyrs..."

Suivant le silence naturel, dû au grand âge, du métropolite Augustin Kontioti de Florina, dans cette nature apostolique et patristique de nos temps, nous nous étonnons tous de l'absence quasiment complète d'évêques courageux et agissants. Il n'y a plus de Kontiotis. Quand donc, enfin!, pourra-t'on entendre la voix puissante, courageuse et forte de l'Orthodoxie, afin d'effrayer les crapauds vautrés dans les eaux saumâtres, infectées et stagnantes de l'hérésie oecuménique? Certes, il y eut bien quelques évêques élevant la voix, nourrissant l'espoir qu'ils allaient devenir plus pugnaces, de sorte qu'ils pourraient même être entendus des loups, et les faire fuir, et qu'ainsi le troupeau en soit encouragé. Alors les ardentes et profondes prières de milliers de fidèles aspirant à ce que ce climat de silence et de crainte change, climat dans lequel la crainte écrasait tout et réduisait en esclavage, ces prières furent enfin entendues de Dieu. Il rend possible l'impossible, même quand à vue humaine, la situation est inextricable. "La flèche du fort s'affaiblit, et les malades étaient limités dans leurs forces." Le puissant s'affaiblit, mais il fut prescrit par Dieu qu'une forte voix Orthodoxe se ferait entendre, et même qu'elle serait d'un jeune évêque. Le métropolite de Piraeus, son éminence Seraphim, nous a tous surpris et touchés par tout ce qu'il a écrit et rapporté à l'archimandrite Marko Manoli, l'inébranlable combattant de l'Orthodoxie, père spirituel et ancien de "L'Union Panhellénique Orthodoxe," union qui supervise par ailleurs la publication de "Orthodox Typos." Quoiqu'il écrive, quoiqu'il proclame, c'est la Foi, la voix et l'enseignement des saints Pères, et la profonde conscience de l'Église.

Il reconnaît et déclare que "l'épreuve de mélange des genres qu'est l'oecuménisme tel qu'exprimé aujourd'hui par le Conseil Oecuménique des prétendues Églises de même que par diverses assemblées nationales, falsifie et abâtardit la Révélation Chrétienne, et affadit le message du Salut pour en faire quelque chose de mondain, en faisant une sorte de morale privée de la vie, de la Grâce et de la puissance de Dieu. A la fin, cet effort est une tentative désespérée de plus de la part du dragon des abysses afin de neutraliser le message de vie de la Crucifixion et de la Résurrection proclamé par l'Église Catholique Apostolique." Cette pan-hérésie colorée, c'est l'oecuménisme, les églises du Conseil Oecuménique sont appelées églises alors qu'elles n'en sont pas, montrant que tout l'effort oecuménique surgit bien du démon. Avec un patronyme séraphique, l'opposition aux oeuvres de ténèbres est angélique.

A propos de l'hérésie du papisme, toutes les déclarations de la puissante voix de cet évêque Orthodoxe sont apostoliques et patristiques, puissantes et véridiques. Il écrit que puisqu'il s'est séparé de l'Église, le papisme a perdu la grâce divine, ce qui l'a amené à tomber dans de multiples hérésies, menant à la falsification et à la défiguration du Christianisme, et ainsi devenant la cause et le fondement de l'athéisme en Europe. Le métropolite démonta la déclaration papiste de juillet 2007, prétendant que "l'église" papiste était la seule église authentique, et il soutien que ça, ça ne s'applique en réalité qu'à la seule Église Orthodoxe, et pour la première fois au cours des récentes années, de la bouche d'un évêque Orthodoxe, notre départ des dialogues théologiques avec la pan-hérésie oecuméniste est recommandé.

Il écrit : "humblement, je suis de l'opinion que notre mère, la sainte Église Orthodoxe, en tant qu'unique véritablement Église indivise et de continuité historique, devrait proclamer "urbi et orbi" la vérité et la certitude de sa conscience par le moyen de ses positions et textes connus. Suite à cela, elle devrait se retirer des dialogues en question, qui fournissent hélas un alibi aux dirigeants et à ceux qui leurs sont subordonnés dans l'hérésie, et à ceux qui vivent dans les ombres de la mort. Et ainsi, les attirer par des paroles et des actes et une vie évangélique, de sorte que ceux qui se trouvent hors de la Foi salvatrice en reviennent à la vérité commune et pluriséculaire reçue apostoliquement, et que d'autres puissent redécouvrir le Salut, et vaincre la mort par la résurrection, la plus éminente bénédiction qui émane de notre sainte Tradition.

Une si salutaire déclaration et solution qui, si adoptée et mise en application par la hiérarchie de l'Église de Grèce, guérirait aussitôt la blessure du Vieux Calendarisme, apaiserait les lutteurs quant au progrès de la barque de l'Église et dans la bonne compréhension des évêques, et amènerait les hétérodoxes à réfléchir sérieusement à leur Salut.

Nous savourons le fait que cette voix a résonné si fort que les pertes que le papisme en aurait souffert auraient été si nombreuses, si le changement d'attitude de l'Église de Grèce sur l'oecuménisme avait été adopté, que le pape de Rome déclara juste après que le papisme était l'unique église authentique, et que les Églises Orthodoxes avaient quelques éléments d'ecclésiologie, mais qu'elles étaient incomplètes, défectueuses et déficientes parce qu'elles ne reconnaissaient pas la suprématie du pape de Rome, et à cause de cela, elles ne pouvaient apporter le Salut. La réflexion et l'importance des positions du métropolite de Piraeus indiquent aussi que même les papistes en Grèce en furent perturbés, puisqu'à travers leur "évêque" "catholique" de Syros, le franciscain Papamanoli, tentèrent par une lettre de ce dernier, adressée au métropolite de Piraeus, d'exprimer leur tristesse et de repousser ce qu'il avait écrit.
Cette lettre est très intéressante, car elle expose la pensée papiste, et l'absence de repentance des hérétiques. Plus intéressante encore, c'est la réponse du métropolite de Piraeus à "l'évêque" papiste, dans laquelle, avec une franchise toute apostolique et patristique, il appelle le papisme une simple "communauté religieuse" qui n'a absolument pas le moindre rapport avec l'Église du Christ, du fait de ses innombrables hérésies et falsifications, et d'un point de vue personnel de même que fraternel, il lui fait remarquer qu'il n'est pas un évêque de l'Église, mais quelqu'un de "spirituellement responsable pour les fidèles de votre communauté qui restent dans le schisme et l'hérésie," et pour conclure, après avoir brillamment réfuté toutes les prétentions du papiste, il l'exhorte à revenir à l'Église Orthodoxe Catholique. "Je voudrais refermer ce courrier en vous demandant de quitter la cacodoxie latine, et à revenir à l'Église Catholique Indivise des 1.000 premières années, celle dont la Foi, la théologie, l'ascèse, la spiritualité, l'organisation, la Vérité et la Tradition ont été continuée à travers le temps par son extension historique : l'Église Orthodoxe Catholique. Chassez de votre vue ce brouillard d'un millénaire de vie cacodoxe, et rentrez dans l'Église Une, Sainte, Apostolique, Indivise, Catholique et Orthodoxe, contre laquelle "les portes de l'Hadès ne prévaudront jamais," de sorte que vous puissiez être ainsi rentré dans l'Unique Corps du Christ, et ainsi trouver la miséricorde et le pardon."

Quelqu'un a-t'il déjà entendu une voix plus authentique, patristique, audacieuse et courageuse de la part d'un évêque au cours des dernières décennies? Récemment, nombre de clercs et de moines ont réfléchit à exhorter les évêques par une lettre pour qu'ils assument leur responsabilité, et qu'ils déclarent par un Synode si le papisme est une église ou une hérésie, si l'oecuménisme est ecclésiologiquement justifié, et de leur demander de faire sortir l'Église de Grèce hors du Conseil Oecuménique des prétendues églises. Le texte a déjà été composé par le métropolite de Piraeus. C'est avec joie que nous y avons apposé notre signature, aux côtés de celles de milliers de clercs, moines et laïcs, et nous croyons que parmi elles, on trouvera aussi des évêques. Nous attendrons après cette confirmation synodale des positions indiscutables et vraiment Orthodoxes qu'elle exprimera. Quoi qu'il advienne cependant, nous sommes vraiment heureux et joyeux parce que nous avons des évêques Orthodoxes, nous n'en sommes pas privés comme le prétendent les oecuménistes. Eux sont sans évêques, car ils n'ont pas de véritables évêques Orthodoxes. Nous remercions et glorifions le Dieu trinitaire pour avoir suscité de nouveaux Confesseurs de la Foi, et nous répétons la supplique de la Divine Liturgie :
"En premier lieu, souviens-Toi, Seigneur, de l'évêque Seraphim de Piraeus, accorde à Ta Sainte Église qu’il vive de longs jours en paix, en bonne santé, dans l’honneur, et qu’il soit fidèle dispensateur de Ta parole de vérité."

Publié dans le magazine "Theodromia".


original en grec :
http://www.impantokratoros.gr/E736B98A.el.aspx

On remarquera en effet que le métropolite Seraphim de Pireaus est parfaitement en accord avec les saints Pères, d'aujourd'hui comme d'hier. Illustrations avec un texte du p. Païssios l'Athonite et une encyclique des patriarches d'Orient de 1895. Le comparatif sera nettement moins favorable à la plupart de ses confrères dans l'épiscopat, qui n'ont de cesse de se presser dans les lieux de culte des religions humaines (surtout ceux du vatican, des anglicans et autres protestants). Mais la roue tourne..


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"lettre du moine Paisios l'Athonite (1924-1994) datant de 1969 qui est intéressante. Je l'ai traduite de l'anglais à partir de la revue "Orthodox Heritage" du mois de mai-juin 2008.
Tanios
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?p=15859

Lettre privée de Paisios l’Athonite concernant l’oecuménisme


La Sainte Montagne
Le 23 janvier 1969


Révérend Père Haralambos

Considérant la grande agitation qui a lieu dans notre Eglise à cause des différents groupes qui oeuvrent pour l’union [des églises] ainsi que les échanges entre le Patriarche Oecuménique et le Pape, je suis profondément attristé en tant qu’enfant de l’Eglise. Aussi j’ai pensé qu’il serait bon qu’en plus de mes prières j’écrive ces quelques mots qui viennent au pauvre moine que je suis afin qu’ils servent à recoudre les différentes parties du vêtement de notre Mère [l’Eglise]. Je sais que vous ferez preuve d’amour et que vous allez les partager avec vos amis religieux. Merci.

Tout d’abord je demande pardon à chacun pour l’audace que je fais en écrivant ces mots car je ne suis ni un saint ni un théologien. Je souhaite que chacun comprenne que ce que j’écris est l’expression de ma profonde tristesse qui résulte de l’attitude infortunée montrant un amour pour le monde de la part de notre père le Patriarche Athénagoras.

Il semble qu’il aime une autre femme moderne qui s’appelle l’église du pape, parce que notre Mère Orthodoxe ne l’impressionne plus du tout car Elle est tellement modeste.
Cet amour de la part de Constantinople provoque de grandes impressions parmi les orthodoxes de nos jours, qui vivent dans un environnement où l’amour est dénué de sens et qui sont éparpillés dans des villes partout dans notre monde. De plus cet amour est conforme à l’esprit de notre temps : la famille perdra sa signification divine avec cette sorte d’amour dont le but est la désintégration et non l’union.

C’est avec un tel amour mondain que notre Patriarche nous prend vers Rome. Pourtant il devrait nous aimer en premier, nous ses enfants, ainsi que notre Mère l’Eglise ; hélas il a envoyé son amour très loin. Le résultat, il est vrai, fait plaisir à ses enfants séculiers qui aiment le monde ( qui ont cet amour mondain ) mais il nous a complètement scandalisés à nous qui sommes les enfants de l’Orthodoxie, jeunes ou vieux, et qui avons la crainte de Dieu.

Je dois avouer avec une grande tristesse que parmi tous les unionistes [oecuménistes] que j’ai rencontrés, je n’ai jamais vu un seul qui avait une goutte de spiritualité. Cependant ils savent parler d’amour et d’union alors qu’ils ne sont pas eux-mêmes unis à Dieu car ils ne L’ont pas aimé.

C’est avec tendresse que je supplie tous les frères unionistes : puisque l’union des églises est une affaire spirituelle et que nous avons besoin d’un amour spirituel, laissons cette question à ceux qui ont un très grand amour de Dieu et qui sont de véritables théologiens comme les Pères de l’Eglise, qui ne sont pas des légalistes mais qui continuent à se donner en service pour l’Eglise (au lieu d’acheter de grands cierges) et qui sont allumés par le feu de Dieu au lieu de l’être par le briquet du sacristain…

Nous devons reconnaître qu’il n’ y a pas que des lois naturelles mais qu’il y a également des lois spirituelles. Par conséquent la colère à venir de Dieu ne pourra être évitée par une réunion de pêcheurs (et alors nous recevrons une colère double) mais par la repentance et l’adhésion aux commandements de Dieu.

C’est pourquoi nous devrions savoir que notre Eglise Orthodoxe n’a même pas un seul défaut. Les insuffisances apparentes proviennent du fait que nous n’avons pas suffisamment d’hiérarques et de pasteurs ayant une solide base patristique. « Les élus sont peu nombreux ». Cela ne doit pas nous troubler. L’Eglise est l’Eglise du Christ et Il la dirige. L’Eglise n’est pas un bâtiment de pierres, de sable et de ciment qui peut être détruit mais l’Eglise est le Christ Lui-même. « Et tout homme qui tombera sur cette pierre sera brisé ; celui sur qui elle tombera elle les pulvérisera » (Mathieu, 21 :44-45).

Lorsqu’ il le faudra, Notre Seigneur suscitera un Marc d’Ephèse ou un Grégoire Palamas, pour rassembler nos frères scandalisés, confesser la foi Orthodoxe, renforcer la Tradition et combler de joie notre Mère l’Eglise.

Dans le passé, de nombreux fidèles, moines ou laïcs, se sont détachés de l’Eglise à cause des unionistes. A mon avis chaque fois que des gens se séparent de l’Eglise à cause des fautes du Patriarche ils ne font pas bien du tout. C’est du dedans, tout près de notre Mère l’Eglise, qu’il est du devoir et de l’obligation de chaque membre de lutter à sa façon. Cesser de commémorer le Patriarche, se séparer et créer sa propre église et de continuer à parler de façon blessante du Patriarche dénote un manque de sens.

Si pour cette (ou autre) déviation du Patriarche nous nous séparons de l’église et que nous fassions nos propres églises – que Dieu nous en préserve- nous dépasserons les Protestants ! Il est plus facile de se séparer que de se réunir à nouveau.

Malheureusement nous avons beaucoup « d’églises » créées par des groupes importants ou même par une seule personne. Il se peut que chacun fasse son église dans son skite (je parle de choses qui arrivent dans la Sainte Montagne) et se figure ainsi qu’il a crée son église indépendante.

Si les unionistes [oecuménistes] donnent à l’église sa première blessure, les groupes que je viens de mentionner lui donnent la seconde.

Prions afin que Dieu nous éclaire, y compris le Patriarche Athénagoras, afin que que l’union entre ces « églises » se fasse en premier, que la tranquillité revienne parmi les fidèles qui ont été scandalisés, que la paix et l’amour fraternel règnent entre tous les membres des Eglises Orthodoxes ; ensuite nous penserons à l’union avec les autres « confessions » si et seulement si elles désirent sincèrement embrasser la foi Orthodoxe.

Je dois ajouter qu’il y a un troisième groupe dans notre Eglise. Il s’agit des frères qui sont Ses enfants fidèles mais qui n’ont pas d’entente spirituelle entre eux. Ils passent leur temps à se critiquer les uns les autres et ce n’est pas pour le bon combat. Ils se surveillent mutuellement [au lieu de se surveiller] et font des critiques violentes à ce que les uns ou les autres disent ou écrivent…

Beaucoup de mal en résulte car ils se font mutuellement tort. Cela sème l’incroyance dans le cœur des faibles car le comportement de ces personnes les scandalise.

Malheureusement parmi nous il y en a qui font des réclamations insensées envers d’autres. Nous voulons qu’ils conforment leur caractère spirituel au notre. En d’autres termes, si quelqu’un n’est pas en harmonie avec notre caractère, ou bien s’il est un peu doux avec nous, ou même s’il est un peu tranchant, nous concluons immédiatement qu’il n’est pas une personne spirituelle. Or nous sommes tous nécessaires dans l’Eglise : tous les Pères, les doux comme les austères ont offert leur service à l’Eglise. C’est comme les herbes, elles peuvent être douces ou amères et dans tous les cas elles font du bien à notre corps. Il en est de même pour le Corps de l’Eglise. Tous sont nécessaires. Chacun complète la caractère spirituel de l’autre et tous nous sommes liés entre nous afin de supporter non seulement nos différences de caractères mais également nos faiblesses humaines.

A nouveau je vous demande pardon d’avoir écrit avec audace. Je ne suis qu’un pauvre moine et mon travail est de lutter à la mesure de mes moyens afin de me libérer du vieil homme et d’aider les autres dans l’Eglise avec l’aide de Dieu par la prière.

C’est parce que ces nouvelles qui fendent le cœur concernant notre Sainte Orthodoxie sont parvenues à mon ermitage m’ont grandement attristé que j’ai écrit ce que je ressens.

Prions afin que Dieu nous accorde Sa grâce et que chacun puisse contribuer à sa façon à la gloire de notre Eglise.

Avec mes respects pour tous.
Le moine Paisios.

Traduit de l’anglais à partir de la revue "Orthodox Heritage" Vol. 06 Mai-Juin 2008."



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LETTRE ENCYCLIQUE DES PATRIARCHES ORTHODOXES D'ORIENT DE 1895. (en réfutation des affirmations, falsifications et prétentions pluriséculaires vaticanes rappelées par Léon XIII en 1895)

A nos très saints et très aimés de Dieu frères en Christ les Métropolites et les Evêques, à leur clergé saint et vénérable et à tous les laïcs pieux et orthodoxes du saint trône apostolique et patriarcal de Constantinople.
"Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu; considérez quelle a été la fin de leur vie et imitez leur foi. Jésus-Christ est le même hier, aujourd'hui et pour l'éternité." Hebr. 13,7.




1.- Toute âme pieuse et orthodoxe animée d'un zèle sincère pour la Gloire de Dieu ressent une tristesse et une douleur profonde de voir que l'ennemi du Bien, celui qui, dès l'origine, par jalousie du salut de l'homme, fut meurtrier, ne cesse jamais de semer l'ivraie dans le champ du Seigneur pour y étouffer le bon grain. C'est lui qui fut, dès les premiers temps, l'auteur de ces hérésies, semblables à de l'ivraie qui sont apparues dans l'Église de Dieu et qui toujours nuisent au Salut de l'humanité en Christ. C'est avec justice que ces hérésies, comme de mauvaises herbes ou des membres gangrenés ont été ôtées et séparées du Corps sain qu'est l'Église Orthodoxe universelle du Christ.
Ainsi en ces derniers temps le Malin a égaré, en Occident, loin de l'Église Orthodoxe du Christ, des nations entières pour avoir inspiré aux évêques de Rome des pensées d'une arrogance folle et des innovations contraires aux Canons de l'Église et à l'Évangile. Mais il a fallu encore que les papes de Rome aient cherché, par des tentatives d'union, déterminées mais sans jugement, à plier à leur fantaisie et à soumettre à leurs erreurs l'Église Catholique du Christ qui poursuit sa marche, inébranlable, dans l'orthodoxie de la Foi transmise par les Pères Saints.
2°- Ainsi S.S. le pape de Rome Léon XIII, pour son jubilé épiscopal, a publié au mois de Juin de l'an de grâce 1895 une lettre encyclique adressée aux chefs d'Etat et aux nations du monde entier où il invite en particulier notre Église Orthodoxe, Catholique et Apostolique à s'unir au trône papal. Il y soutient que la seule voie pour atteindre à une telle union est que l'Église Orthodoxe le reconnaisse comme souverain pontife, comme la plus haute autorité en matière spirituelle et temporelle, comme unique représentant du Christ sur la terre et comme dispensateur de toute grâce.
3°- Sans aucun doute, le cœur de tout Chrétien doit être rempli du désir de l'union des Églises; et le monde Orthodoxe tout particulièrement, inspiré du véritable esprit de piété et considérant le dessein divin de l'établissement de l'Église par le Dieu-Homme, notre Sauveur Jésus-Christ, souhaite vivement l'unité des églises dans la Foi une de la doctrine apostolique transmise par les Pères "Jésus-Christ Lui-même étant la pierre d'angle."
C'est pourquoi notre Église, dans ses offices, prie chaque jour le Seigneur de rassembler les dispersés et de réunir ceux qui sont égarés hors du chemin de vérité, de la seule voie conduisant au Salut de tous, le Fils Unique et Verbe de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ. C'est dans cette espérance que notre Église Orthodoxe du Christ est toujours prête à accueillir toute proposition d'union à la condition expresse que l'évêque de Rome abandonne définitivement et totalement toutes les nombreuses et diverses innovations contraires à l'Évangile que de sa seule autorité il a imposé à son église et qui ont provoqué la triste division des Églises d'Orient et d'Occident; ainsi qu'il revienne à l'enseignement fondamental des 7 saints Conciles œcuméniques dont l'autorité est universelle et perpétuelle dans l'Église du Christ parce qu'ils y ont été assemblés dans l'Esprit Saint, en présence des représentants de toutes les saintes Églises de Dieu, pour affirmer la règle de la foi Orthodoxe contre les hérétiques.
C'est ce que l'Église Orthodoxe, par ses actes et ses lettres encycliques, n'a cessé de demander à l'église papale, lui donnant à entendre clairement et fermement que toute discussion sur l'union serait vaine et vide tant que cette église persévérerait dans ses innovations et aussi tant que l'Église Orthodoxe serait fidèle aux traditions divines et apostoliques du Christianisme que l'Occident suivait lui aussi à l'époque où il était uni dans un même esprit avec les Églises Orthodoxes d'Orient.

On voit donc pourquoi, jusqu'à maintenant, nous avons préféré le silence et le refus de prendre en considération l'encyclique papale, estimant inutile de parler à ceux qui n'ont pas les oreilles pour entendre. Mais puisque récemment nous avons vu avec étonnement et inquiétude la papauté abandonner la méthode de la discussion et de la persuasion pour prendre aux pièges les fidèles Orthodoxes les plus simples et envoyer des ouvriers de mensonge déguisés en apôtres du Christ, revêtus des habits et des ornements des prêtres Orthodoxes, dans le but de faire, par toutes sortes de ruses, des prosélytes, nous avons cru de notre devoir sacré de publier cette lettre patriarcale et synodale pour la sauvegarde de la Foi et de la piété Orthodoxe, nous rappelant que "si l'observance des canons véridiques est un devoir pour tout homme de bien, elle l'est davantage encore pour ceux que la Providence a jugé dignes de gouverner les affaires des autres." (St. Photios, epist.3)

4°- Comme nous l'avons déjà proclamé, l'Église Orthodoxe du Christ, Une, Sainte, Catholique et Apostolique, souhaite vivement la réunion sainte, dans une même Foi, des églises qui se sont séparées d'elle; mais sans cette unité dans la Foi, l'union des églises est quelque chose d'impossible.
Puisqu'une telle unité, de l'aveu même du pape, n'existe pas entre les Orthodoxes et les catholiques-romains, on ne comprend pas comment S.S. Léon XIII peut affirmer que l'union véritable peut être réalisée et soutenir sans contradiction, comme il l'a fait dans son encyclique précédente du 30 Novembre 1894, qu'une fois l'union réalisée, chaque église pourra conserver ses propres définitions dogmatiques et canoniques même si elles diffèrent de celles de l'église de Rome. N'y a-t-il pas une contradiction manifeste, si dans une même église, quand l'un confesse que le Saint-Esprit procède du Père, l'autre croit qu'Il procède du Père et du Fils; quand l'un baptise par la triple immersion, l'autre asperge; quand l'un utilise le pain levé pour la sainte Eucharistie, l'autre du pain sans levain; quand l'un donne aux fidèles le calice et le pain, l'autre le pain seulement et ainsi de suite. Le sens même d'une telle contradiction nous est obscur : le pape agit-il pas esprit - de respect des traditions évangéliques et les reconnaît-il ainsi, fût-ce indirectement, par le biais d'une concession ? Ou agit-il pour d'autres motifs ?

5°- Quoiqu'il en soit, si l'on veut réaliser concrètement le pieux désir de l'union des Églises, il faut poser un principe et un fondement commun qui ne saurait être plus solide que l'enseignement de l'Évangile et des 7 Conciles Oecuméniques. Revenant à l'enseignement qui était commun aux Églises d'Orient et d'Occident jusqu'au schisme, il faut rechercher avec un désir sincère de vérité quelle était la Foi de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, qui formait alors en Orient et en Occident un seul corps, afin de garder cette foi intacte et inaltérée. Celui qui préfère la gloire de Dieu à sa propre gloire n'a-t-il pas le devoir absolu et sacré de corriger avec piété ce qui a pu être ajouté et retranché à la Foi et ne doit-il pas songer qu'il devra répondre devant le juste tribunal du Christ d'avoir, avec arrogance, perpétué la déformation de la vérité? Nous ne parlons absolument pas ici des différences d'usage dans les saints offices ou dans la musique religieuse, ou dans les vêtements liturgiques, toutes choses qui ont toujours existé et qui ne portent pas atteinte à la substance et à l'unité de la Foi; mais il s'agit ici des divergences fondamentales qui engagent le divin dépôt de la Foi et les Canons transmis par Dieu pour le gouvernement des Églises. En effet saint Photios nous dit que "lorsque les divergences ne sont pas de Foi et ne contredisent pas des règles universellement admises dans l'Église, les rites et les usages peuvent varier parmi les peuples et sont laissés au jugement de ceux qui ont le discernement pour apprécier leur justesse et leur conformité aux canons."
6.- Dans cette perspective, pour la cause sainte de l'union, l'Église Orthodoxe et universelle du Christ en Orient est prête à accepter de tout cœur tout ce que les Églises d'Orient et d'Occident confessaient unanimement avant le neuvième siècle, si tant est qu'elle ait modifié ou abandonné quoi que ce soit par la suite. Si les Occidentaux parviennent à prouver en se fondant sur l'enseignement des Pères saints et des Conciles divinement rassemblés avant le neuvième siècle que l'Église de Rome, alors Orthodoxe, qui avait juridiction sur l'Occident, lisait avant cette date le Credo avec l'addition du FILIOQUE, utilisait le pain azyme, acceptait la doctrine du feu purgatoire, aspergeait au lieu de baptiser, croyait à l'immaculée conception de la Toujours-Vierge Marie, au pouvoir temporel, à l'infaillibilité et à l'absolutisme de l'évêque de Rome - nous n'avons plus rien à répondre. Mais si, au contraire, il est prouvé comme le reconnaissent certains Latins qui ont l'amour de la vérité, que l'Église orthodoxe et universelle du Christ garde les doctrines transmises et confessées depuis l'origine, que l'Orient et l'Occident professaient ensemble, jusqu'à ce que l'Église d'Occident les pervertisse par ses innovations diverses, il est clair même pour un enfant que le moyen le plus simple pour réaliser l'union est le retour de l'église occidentale à son ancienne situation doctrinale et canonique, car la foi ne saurait changer selon le temps et les circonstances, elle demeure la même, toujours et partout, comme l'écrit l'Apôtre: "Il y a un seul corps et un seul esprit, une seule Foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, et parmi tous et en tous." Eph.4,5.

7.- Ainsi l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique des 7 Conciles Oecuméniques confesse et enseigne fidèlement à l'Évangile que le Saint-Esprit procède du Père, mais en Occident, à partir du IXe siècle, on falsifia le saint Credo rédigé et consacré par les Conciles Oecuméniques et on répandit arbitrairement l'idée que le Saint-Esprit procédait aussi du Fils (FILIOQUE). Et certainement le Pape Léon XIII n'est pas sans savoir que son prédécesseur et homonyme, le pape Orthodoxe Léon III, le Confesseur de l'Orthodoxie, fit condamner synodalement en 809 l'addition du FILIOQUE comme contraire à l'Évangile et parfaitement illégitime; et qu'ensuite il fit graver sur deux plaques d'argent, en grec et en latin, le saint Credo de Nicée-Constantinople dans son intégralité et sans altération, ajoutant seulement cette inscription: "Moi Léon, j'ai posé ces plaques par amour et pour la sauvegarde de la Foi Orthodoxe." Le pape ne peut pas ignorer non plus qu'au cours du Xème siècle ou au début du XIème, cette addition illégitime et contraire à l'Évangile fut insérée dans le Credo à Rome et que, l'Église romaine, en persistant uns ses innovations, et en refusant de revenir au dogme des Conciles Oecuméniques, est nécessairement la seule responsable du schisme aux yeux de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique du Christ qui garde ce qu'elle a reçu des Pères et conserve en toutes choses le dépôt de la Foi dans son intégralité selon l'injonction de l'Apôtre: "Garde le bon dépôt, par le Saint-Esprit qui habite en nous", "évite les discours vides et profanes et les disputes de la fausse science dont font profession quelques uns qui se sont ainsi détournés de la foi." 2Tim.1,14 ITim.6,20.



8°- L'Église, Une, Sainte, Catholique et Apostolique des 7 premiers Conciles Oecuméniques baptisait par triple immersion et le pape Pélage dit que la triple immersion est un "commandement du Seigneur". Au XIIIème siècle le baptême par immersion prévalait encore en Occident et les saints fonts baptismaux qui ont été conservés dans les églises les plus anciennes d'Italie l'attestent de manière éloquente. Mais plus tard la papauté admit de son propre chef l'aspersion et voulut s'y tenir, ce qui élargit encore le fossé qu'elle avait creusé. Mais nous Orthodoxes, fidèles à la tradition apostolique et à la pratique de l'Église des 7 Conciles Oecuméniques, "nous tenons bon, selon le mot de saint Basile, et nous luttons pour la confession commune, en gardant précieusement le trésor de la Foi droite légué par nos Pères."

9.- L'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, des 7 Conciles Oecuméniques, suivant l'exemple même de notre Sauveur, a célébré la sainte et divine Eucharistie pendant près de mille ans en Occident comme en Orient avec du pain levé, comme l'attestent eux-mêmes les théologiens occidentaux aimant la vérité. Mais la papauté, à partir du XIème siècle, a fait aussi une innovation au sacrement saint et divin de l'Eucharistie en y introduisant du pain sans levain.

10.- L'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique des 7 saints Conciles Oecuméniques a toujours affirmé que les saints Dons sont consacrés après la prière d'invocation au Saint-Esprit par la bénédiction du prêtre, comme les anciens rituels de Rome et des Gaules peuvent en témoigner. Néanmoins la papauté a là encore innové en affirmant d'une façon arbitraire que la consécration des dons précieux se produisait lorsqu'on prononçait les paroles du Seigneur: "Prenez et mangez, ceci est mon corps" et "Buvez-en tous ceci est mon sang."

11.- L'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique des 7 Conciles Oecuméniques, fidèle au commandement du Seigneur "Buvez-en tous" fait communier également les fidèles au saint Calice, alors que la papauté, depuis le XIème siècle, a innové en privant les laïcs du saint Calice; elle a ainsi transgressé le commandement même du Seigneur et contrevenu à la pratique universelle de l'Église et aux nombreuses interdictions formelles des évêques anciens de Rome.

12.- L'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique des 7 Conciles Oecuméniques, marchant sur les traces des Apôtres, de la Tradition et de la Sainte Ecriture, prie et invoque la miséricorde de Dieu pour le pardon et le repos de ceux qui se sont endormis dans le Seigneur. Mais la papauté, à partir du XIIème siècle, a inventé et donné comme privilège particulier au pape, une multitude d'innovations, le feu purgatoire, la surabondance des vertus des saints et leur distribution à ceux qui en ont besoin etc…, soutenant encore qu'il existe une pleine récompense pour les Justes avant la Résurrection universelle et le Jugement Dernier.

13.- L'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique des 7 Conciles Oecuméniques enseigne que l'Incarnation surnaturelle du Fils et Verbe de Dieu, Son Incarnation du Saint-Esprit et de Marie la Vierge est SEULE pure et immaculée. Mais la papauté - il y a à peine 40 ans - a introduit une autre innovation et produit un nouveau dogme, celui de l’immaculée conception de la Mère de Dieu et Toujours Vierge Marie, inconnu dans l'Église ancienne et combattu même par la suite par de nombreux théologiens de la papauté.

14.- Le pape a passé sous silence dans son Encyclique ces différences considérables et fondamentales en matière de foi qui séparent les deux Églises et dont l'Occident fut pourtant l'inventeur; et il nous présente la question de la primauté du souverain pontife pour la principale et même pour la seule cause de la division; il nous renvoie aux sources afin que nous nous livrions à une recherche diligente et que nous déterminions ce que nos pères confessaient et ce que les premiers temps du christianisme nous ont légué. Or, si nous consultons les Pères et les Conciles Oecuméniques de l'Église durant les 9 premiers siècles, nous sommes certains que l'évêque de Rome n'a jamais été considéré comme l'autorité suprême et le chef infaillible de l'Église, mais que chaque évêque était, à la tête de sa propre Église, soumis uniquement aux ordonnances synodales et aux décisions de l'Église universelle, qui, elle seule, est infaillible. L'évêque de Rome ne faisait en aucune manière exception à cette règle, comme le montre l'histoire de l'Église. Seul notre Seigneur Jésus-Christ est le Maître éternel et le Prince immortel de l'Église, car "Il est la tête du corps de l'Église" (Col. 1,18), et qu'Il a dit à Ses divins disciples et apôtres lors de Son Ascension dans les Cieux: "Voici, Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde." Dans la Sainte Ecriture, l'apôtre Pierre - dont les papistes font le fondateur de l'Église de Rome en se fondant sur les Pseudo-Clémentines, lettres apocryphes du deuxième siècle - lors du Concile Apostolique de Jérusalem parle en égal avec les autres Apôtres; ailleurs, il est sévèrement réprimandé par l'Apôtre Paul, comme en témoigne l'épître aux Galates, 2,II.
En outre les papistes savent très bien eux-mêmes que durant les premiers siècles, le passage de l'Évangile auquel se réfère le pape: "Tu es Pierre et sur cette pierre Je bâtirai mon Église", est interprété d'une façon toute autre par la Tradition et par l'unanimité des Pères saints. La pierre d'angle sur laquelle le Seigneur a bâti Son Église et contre laquelle les portes de l'Hadès ne prévaudront pas, c'est métaphoriquement la véritable confession de Pierre, selon laquelle le Seigneur "est le Christ, le Fils du Dieu Vivant." Sur cette confession et sur cette Foi repose, inébranlable, l'enseignement salutaire de la prédication évangélique transmise par les Apôtres et leurs successeurs. C'est manifestement ce passage ainsi interprété que l'Apôtre Paul, ravi aux cieux, avait en vue lorsqu'il déclara sous l'inspiration divine: "Selon la grâce que Dieu m'a donnée, j'ai posé le fondement comme un habile architecte, mais un autre bâtit dessus. Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui est en place, à savoir Jésus-Christ."
Dans un autre sens, l'Apôtre Paul dit, dans l'Epitre aux Ephésiens, que les prophètes et les Apôtres sont ensemble le fondement de l'édification des fidèles dans le Christ, c'est-à-dire les membres du Corps du Christ qu'est l'Église: "Ainsi donc vous n'êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors, mais vous êtes des concitoyens des saints et membres de la famille de Dieu. Vous êtes établis sur le fondement des Apôtres et des prophètes, Jésus-Christ étant la pierre d'angle." Eph. 2,19.
Tel étant donc l'enseignement divinement inspiré des Apôtres en ce qui concerne le fondement et le chef de l'Église de Dieu, les saints Pères qui s'en tenaient fermement aux traditions apostoliques ne pouvaient imaginer une primauté absolue de l'Apôtre Pierre et des évêques de Rome; ils ne pouvaient pas donner de ce texte évangélique une autre interprétation, inconnue de l'Église, différente de celle qui est véridique et juste. Ils ne pouvaient non plus inventer de leur propre autorité une doctrine nouvelle accordant des privilèges excessifs à l'évêque de Rome comme successeur prétendu de saint Pierre; surtout si l'on sait que l'Église de Rome a été fondée non par Pierre - dont le ministère apostolique à Rome est inconnu - mais par Paul, l'Apôtre des Gentils ravi aux cieux, dont l'apostolat à Rome nous est parfaitement connu par ses disciples.


15.- Les divins Pères, honorant l'évêque de Rome au seul titre d'évêque de la capitale de l'Empire, lui ont donné une primauté d'honneur, le considérant comme premier parmi les égaux. Ils ont aussi attribué cette primauté à l'évêque de Constantinople, quand cette ville devint capitale de l'Empire romain, comme en témoigne le 28ème Canon du Concile Oecuménique de Chalcédoine, qui dit entre autres: "Nous décidons et décrétons les mêmes choses en ce qui concerne les prérogatives de la très sainte Église de Constantinople, la Nouvelle Rome. Les Pères ont à juste titre accordé cette prérogative au trône de l'ancienne Rome parce qu'elle était la capitale impériale. De même, mus par la même considération, les 150 évêques très pieux, ont conféré une prérogative égale au trône de la Nouvelle Rome." Ce Canon démontre donc que l'évêque de Rome est égal à l'évêque de Constantinople et à ceux des autres Églises : aucun Canon, aucun écrit des Pères de l'Église ne contient la moindre allusion à une éventuelle primauté de l'évêque de Rome sur l'Église universelle, à une juridiction infaillible sur les évêques des autres églises indépendantes et autonomes ou encore à une succession particulière de l'Apôtre Pierre comme vicaire de Jésus-Christ sur la terre.

16.- A l'époque des 7 Conciles Oecuméniques, chaque Église autocéphale d'Orient et d'Occident était totalement indépendante et s'administrait elle-même. Comme les évêques des Églises autocéphales d'Orient, les Églises d'Afrique, d'Espagne, des Gaules, de Germanie et de Grande-Bretagne dirigeaient elles-mêmes, en des conciles locaux, leurs propres affaires; l'évêque de Rome n'avait aucun droit d'intervenir et lui-même, comme les autres, était soumis avec obéissance aux décisions des synodes. Mais, pour les questions importantes nécessitant la sanction de l'Église universelle , on réunissait un Concile Oecuménique qui seul était et demeure l'instance suprême dans l'Église universelle. Telle était l'ancienne constitution de l'Église Universelle. Les évêques étaient indépendants les uns des autres et chacun entièrement libre à l'intérieur de sa juridiction, mais, ils devaient se conformer aux décrets des synodes où, tous, ils étaient égaux.
De plus, aucun d'eux n'a jamais prétendu à un pouvoir monarchique sur l'Église entière; si parfois certains évêques de Rome ambitieux ont exprimé des revendications excessives et ont aspiré à un absolutisme inconnu de l'Église, ils ont été blâmés par tous. L'affirmation de Léon XIII, selon laquelle avant Photios le Grand, le nom du trône de Rome était saint pour tous les peuples du monde chrétien, que l'Orient et l'Occident étaient absolument soumis à l'évêque de Rome comme successeur légitime de saint Pierre et comme vicaire de Jésus-Christ sur la terre, cette affirmation est donc une erreur manifeste.

17.- Pendant les 9 siècles des Conciles Oecuméniques, l'Église Orthodoxe d'Orient n'a jamais reconnu certaines prétentions excessives à la primauté avancées par les évêques de Rome ni ne s'est jamais soumise à ces derniers, comme l'histoire de l'Église en apporte le témoignage évident. L'indépendance de l'Orient à l'égard de l'Occident est clairement montrée parla lettre très significative de Basile le Grand à Eusèbe le saint évêque de Samosate: "Lorsqu'on fait appel à des gens à l'esprit hautain, ils n'en deviennent que plus méprisants. Si le Seigneur a pitié de nous, de quelle autre aide avons-nous besoin? Mais si la colère de Dieu est sur nous, quelle aide les Occidentaux arrogants pourront-ils nous apporter ? Les hommes qui ne connaissent pas la Vérité ne peuvent supporter de l'apprendre; leurs fausses suspicions les remplissent de préjugés et ils se conduisent aujourd'hui de la même façon que jadis pour Marcellus."
Le vénéré Photios, le saint hiérarque et luminaire de Constantinople, défendit cette indépendance dans la seconde moitié du IXème siècle et pressentant que bientôt l'Occident ne respecterait plus les constitutions apostoliques et se séparerait de l'Orient orthodoxe, il s'efforça d'abord d'éviter pacifiquement ce danger. Alors l'évêque de Rome, Nicolas 1er, se mêla, au mépris des Canons, des affaires de l'Orient et sortant des limites de son autorité, voulut soumettre l'Église de Constantinople. C'est ainsi qu'il amena les Églises au bord du schisme douloureux.
Voilà comment les germes de l'absolutisme papale, semés grâce aux Pseudo-Clémentines, furent cultivés, à l'époque précisément de Nicolas 1er, grâce aux pseudo-décrets isidoriens, mélanges de fausses décisions impériales et de fausses lettres des anciens évêques de Rome, qui visent à faire croire, au mépris de la vérité historique et de la constitution de l'Église, que dans les premiers temps du Christianisme, on accordait aux évêques de Rome une autorité sans limites sur l'Église universelle.

18.- Nous rappelons ces faits avec une tristesse dans notre cœur d'autant plus grande que la Papauté aujourd'hui, tout en reconnaissant que ces décrets outranciers étaient des faux, rédigés de propos délibéré, refuse pourtant de revenir aux canons et aux règles des Conciles Oecuméniques.
Elle a même, à la fin du XIXème siècle, accru encore le fossé qui sépare la papauté de l'Église orthodoxe, en proclamant que l'évêque de Rome est infaillible. L'Église du Christ en Orient, Orthodoxe et catholique, ne reconnaît personne infaillible sur cette terre, à l'exception du Fils et Verbe de Dieu qui S'est incarné d'une façon ineffable. L'Apôtre Pierre lui-même, dont le Pape se prétend le successeur, a renié 3 fois le Christ et a été 2 fois vivement réprimandé par l'Apôtre Paul pour ne pas avoir suivi correctement la voie de la vérité évangélique. Gal.2,11.
Au IVème siècle le pape Libère souscrivit une confession arienne et au Vème siècle Zosime approuva une confession hérétique niant les suites du premier péché. Au VIème siècle le pape Vigil fut condamné par le Cinquième Concile Oecuménique pour ses fausses opinions. Quant à Honorius au VIIème siècle, tombé dans l'hérésie monothélite, il fut condamné comme hérétique par le Sixième Concile Oecuménique et les papes qui lui ont succédé ont reconnu et accepté cette condamnation.



19.- Tous ces faits furent reconnus des peuples d'Occident, au fur et à mesure que la culture se répandait, et ils commencèrent à protester contre ces innovations et à exiger - comme ce fut le cas au XVème siècle au Concile de Bâle et celui de Constance - le retour à la constitution ecclésiastique des premiers siècles à laquelle, par la grâce de Dieu, les Églises orthodoxes d'Orient et du Nord, qui seules forment à présent l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique du Christ, la colonne et le fondement de la vérité, sont et resteront fidèles.
La même protestation contre la papauté fut élevée au XVIIème siècle par les savants théologiens gallicans et au XVIIIème siècle par les évêques allemands. En notre siècle de science et de critique, la conscience chrétienne s'est dressée contre le nouveau dogme de l'infaillibilité pontificale et ce sont encore les théologiens allemands qui ont protesté en 1870. Il en a résulté la formation de la communauté religieuse indépendante des Vieux Catholiques qui ont désavoué la papauté et en demeurent séparés.

20.- C'est donc en vain que l'évêque de Rome nous renvoie aux sources pour que nous y cherchions attentivement ce que croyaient nos Pères d'autrefois et ce qu'est l'héritage des origines du Christianisme. C'est précisément dans ces sources que nous, les Orthodoxes, nous puisons les doctrines anciennes et divinement transmises que nous gardons précieusement jusqu'à aujourd'hui; nous n'y voyons nulle part les innovations que l'Occident a introduites tardivement, en des temps d'indigence spirituelle, et que la papauté a adoptées et conserve jusqu'à présent.
Ainsi l'Église Orthodoxe d'Orient se glorifie justement dans le Christ d'être l'Église des 7 Conciles Oecuméniques et des 9 premiers siècles du Christianisme et donc d'être l'Église du Christ, Une, Sainte, Catholique et Apostolique, "la colonne et le fondement de la vérité." Quant à l'Église Romaine moderne, elle est l'église des innovations, de la falsification des écrits des Pères de l'Église, de l'interprétation erronée de la Sainte Écriture et des décisions des saints Conciles. Ce pourquoi elle a été condamnée et le demeure tant qu'elle persiste dans son erreur, car, comme le disait saint Grégoire le Théologien, "une guerre louable vaut mieux qu'une paix qui sépare de Dieu."

21.- Telles sont, en résumé, les graves et arbitraires innovations sur la foi et la constitution canonique de l'Église que la papauté a introduites et que l'Encyclique de Léon XIII passe volontairement sous silence. Ces innovations qui touchent à des points fondamentaux de la foi et de l'administration de l'Église et qui sont manifestement contraires à la situation ecclésiale des 9 premiers siècles, rendent impossible l'union tant désirée des Églises. Toute âme pieuse et orthodoxe est remplie d'une douleur inexprimable en voyant la papauté persister avec orgueil dans ses erreurs, alors qu'en revenant à sa situation antérieure, celle de l'époque des 7 Conciles Oecuméniques, celle de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique du Christ, elle contribuerait à la réalisation de l'union.

22.- Qu'allons-nous répondre à ce que le pontife romain écrit aux glorieux peuples des Slaves? Personne n'a jamais nié que c'est par la vertu et l'œuvre apostolique de saint Cyrille et de saint Méthode que la grâce du Salut est venue à plusieurs peuples slaves : l'histoire témoigne qu'au temps de Photios le Grand, ces Apôtres grecs des Slaves, ces amis intimes de ce divin Père, partis de Thessalonique pour convertir les Slaves, étaient envoyés non par Rome mais par Constantinople, ville où ils s'étaient formés et avaient été moines, au Monastère de saint Polychrone. Ces faits contredisent absolument l'affirmation contenue dans l'Encyclique du pontife romain au sujet des relations amicales et de la profonde sympathie qui auraient existé entre les tribus slaves et les évêques de Rome. Même si S.S. le pape Léon XIII l'ignore, l'histoire nous apprend avec certitude que les saints Apôtres des Slaves ont rencontré une vive opposition dans leur œuvre et même des excommunications venant des papes et qu'ils furent plus cruellement persécutés par les évêques Francs partisans du pape que par les païens de ces régions. S.S. le pape sait très certainement qu'après la mort de saint Méthode, 200 de ses plus remarquables disciples, à la suite de nombreuse luttes suscitées par l'opposition papale, furent chasses de Moravie et conduits par la force des armes hors de ce pays, pour se disperser en Bulgarie et ailleurs. Il sait sans doute aussi qu'après l'expulsion du clergé slave le plus savant, le rite oriental et l'emploi de la langue slave, alors en usage dans la liturgie, furent supprimés et que peu à peu tout vestige d'Orthodoxie disparut de ces provinces, tout cela avec la bénédiction et la coopération honteuse des évêques de Rome, peu soucieux de la sainteté et de la dignité épiscopale.
Pourtant, malgré ces traitements arrogants, les Églises Orthodoxes Slaves, les filles bien-aimées de l'Orient orthodoxe, et en particulier la grande et glorieuse Église de Russie, ont été protégées et sauvegardées par la grâce de Dieu; elles ont gardé et garderont jusqu'à la fin des temps la Foi Orthodoxe et la liberté qui se trouve dans le Christ.
C'est donc en vain que l'Encyclique papale promet aux Églises slaves prospérité et grandeur, puisque, par la volonté de Dieu, elles jouissent déjà de ces bénédictions et se glorifient dans le Christ de leur fidélité à l'Orthodoxie de leurs Pères.



23.- Tels sont les faits, ils sont prouvés indubitablement par l'histoire de l'Église; et c'est guidés par le souci d'accomplir tout notre devoir que nous nous adressons maintenant aux peuples d'Occident qui avec crédulité, par ignorance de la véritable et impartiale histoire de l'Église, se sont laissés entraîner loin de nous et ont adhéré aux innovations anti-évangéliques et illégitimes de la Papauté schismatique et délaissé l'Église Orthodoxe du Christ, Une, Sainte, Catholique et Apostolique, qui est "l'Église du Dieu Vivant, la colonne et le fondement de la vérité", dans laquelle leurs glorieux ancêtres ont brillé par leur piété et l'Orthodoxie de leur Foi et dont ils ont été les membres fidèles et précieux pendant 9 siècles, suivant avec obéissance ses décisions et marchant sur les traces des Pères et des Conciles Oecuméniques.

24.- Peuples amis du Christ des glorieux pays d'Occident : d'une part nous nous réjouissons de voir que vous avez un zèle réel pour le Christ et que vous êtes guidés par cette juste conviction "que sans la foi du Christ on ne peut plaire à Dieu;" (Hebr. 11,6) mais d'autre part il est évident pour tout homme de bon sens que la Foi salutaire dans le Christ doit être en tout point conforme à l'Écriture Sainte et aux Traditions Apostoliques, sur lesquelles reposent l'enseignement des Pères divins et celui des 7 Conciles Oecuméniques divinement assemblés. Il est tout aussi manifeste que l'Église universelle qui seule garde en son sein, intégralement et sans changement, la Foi une, le divin dépôt prêché et transmis par les Pères théophores guidés par le Saint-Esprit, est une et identique pour l'éternité et non multiple et changeante au gré des temps. Car les vérités évangéliques ne sont pas susceptibles de modification ou de progrès selon les époques, comme le sont les divers systèmes philosophiques : "Jésus Christ est le même hier, aujourd'hui et pour l'éternité." Hebr. 13,18.
C'est ce qu'affirmait au Vème siècle le très saint Vincent, nourri du lait de la piété reçue des Pères au monastère de Lérins en Gaule, lorsqu'il caractérisait, avec grande sagesse et Orthodoxie, le véritable caractère de la Foi et de l'Église : "Dans l'Église Catholique, nous devons surtout nous soucier de conserver ce qui a été cru par tout, en tout temps et par tous. Car cela seul peut être dit vraiment et justement catholique, dans toute la force et la signification de ce mot, qui veut dire "qui comprend tout universellement". Et il en sera ainsi, si nous suivons l'universalité, l'antiquité et le consentement de tous."
Mais, comme nous l'avons dit, l'Église Occidentale, depuis le X° siècle et jusqu'à nos jours, a introduit du fait de la Papauté, des doctrines nouvelles, étrangères et hérétiques et s'est ainsi trouvée séparée et éloignée de la véritable et Orthodoxe Église du Christ. Combien donc, il vous est nécessaire de revenir et de retourner aux doctrines anciennes et inaltérées de l'Église afin d'obtenir le salut en Christ que vous désirez tant, vous le comprendrez facilement en lisant avec attention le commandement donné par l'Apôtre Paul qui fut ravi aux cieux, écrivant aux Thessaloniciens : "Frères, demeurez fermes et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre" 2 Thes. 2,15. Le même Apôtre saint dit aussi aux Galates: "Je m'étonne que vous vous détourniez si promptement de Celui qui vous a appelés par la grâce du Christ pour passer à un autre évangile. Non pas qu'il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent et qui veulent renverser l'Évangile du Christ" Gal. 1,6. Evitez cependant ces pervertisseurs de la vérité évangélique : "Eloignez-vous d'eux, car de tels hommes ne servent point le Christ notre Seigneur, mais leur propre ventre; et, par des paroles douces et flatteuses, ils séduisent les cœurs des simples." Rom.16,18.
Revenez donc maintenant dans le sein de l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique de Dieu, qui comprend toutes les saintes Églises plantées par Dieu comme de riches vignes dans l'ensemble du monde Orthodoxe et qui sont inséparablement unies les unes aux autres par la même Foi salvatrice en Christ, dans la paix et dans l'Esprit Saint, afin que le Nom tout honorable et magnifique de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, qui a souffert pour le Salut du monde, soit aussi glorifié parmi vous.

25.- Quant à nous qui, par la grâce et la volonté miséricordieuse de Dieu, sommes les membres précieux du Corps du Christ, c'est-à-dire de Son Église Une, Sainte, Catholique. et Apostolique, gardons fermement la piété de nos Pères telle qu'elle nous a été transmise depuis les temps apostoliques. Méfions-nous des faux apôtres déguisés en brebis qui tentent de séduire les plus simples d'entre les nôtres par de fausses promesses, autorisant tout pour obtenir l'union à la seule condition toutefois qu'ils reconnaissent le pape de Rome comme chef suprême et infaillible et souverain absolu de l'Église universelle, comme seul représentant du Christ sur la terre et source de toute grâce. Nous, au contraire, qui avons été par la grâce et la bonté de Dieu, établis évêques, pasteurs et docteurs des Saintes Églises de Dieu, "veillons sur nous-mêmes et sur tout le troupeau dont l'Esprit Saint nous a institués les surveillants pour paître l'Église de Dieu qu'Il S'est acquise par Son propre Sang" Act. 20,28, et conscients que nous devrons en rendre compte, "exhortons-nous réciproque-ment les uns les autres" 1 Thes. 5,11. "Et que le Dieu de toute grâce, qui nous a appelés dans le Christ Jésus à Sa gloire éternelle, nous rende parfaits, forts et inébranlables" 1 Pier. 5,10 et qu'Il fasse que tous ceux qui errent loin du troupeau un, saint, catholique et Orthodoxe de Ses brebis raisonnables, soient illuminés de la lumière de Sa grâce et de la connaissance de la Vérité.

A Lui la gloire et le règne aux siècles des siècles. Amen:

Fait dans le Palais Patriarcal de Constantinople, au mois d'Août de l'an de grâce 1895

ANTHIME de Constantinople, frère bien-aimé et intercesseur dans le Christ Notre Dieu.
NICODEME de Cyzique, frère bien-aimé
PHILOTHEE de Nicomédie
JEROME de Nicée
NATHANAEL de Pruse
BASILE de Smyrne
STEPHANE de Philadelphie
ATHANASE de Lemnos
BESSARION de Durazzo
DOROTHEE de Belgrade
NICODEME d'Elasson
SOPHRONIOS de Carpathe et Cassus
DENYS d'Eleuthéropolis

au Concile de Constantinople, août 1895


AXIOS !


source de la traduction : "L'encyclique des patriarches d'Orient de 1848"
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=850

version anglaise :
http://www.orthodoxinfo.com/ecumenism/encyc_1895.aspx

quantité de bons articles (en anglais) sur le sujet :
http://www.orthodoxinfo.com/ecumenism/ea_rome.aspx




épiscopat & apostasie: que doit faire le fidèle Orthodoxe? (Vladimir Moss / ROCIR)
http://www.orthodoxchristianbooks.com/articles/article.php?article_id=241

3 commentaires:

thanatonpatisas a dit…

Merci pour ces textes, mais pourquoi ces affreuses images de BD qui discrétitent les profondes paroles de nos pères dans la foi en les assimilant aux glorieuses pages de "Charlie Hebdo". Vous pouvez si vous le désirez faire un article satirique mais il me semble que de tels mélanges nuisent à la portée de l'ensemble.
Un frère en Christ
HJMB.

crevieauxp a dit…

Réflexion pour nous frères séparés d'Occident

Le Pape de Rome Léon IX meure le 19 avril 1054.

Il envoit son légat, Humbert de Moyenmoûtier, à Constantinople pour y explorer la possibilité d'une réconciliation avec l'Église de Constantinople.

Sans connaître la mort de son mandant, le filioquiste et papiste (c'est-à-dire partisan de la primauté du pape) Humbert "excommunie" le Patriarche de Constantinople le 16 juillet 1054, ouvrant ainsi le schisme qui voit le Patriarcat de Rome quitter la véritable Eglise du Christ.

L'inversion des rôles est ici totale : c'est l'hérétique (filioquiste et papiste) qui "excommunie" les vrais Chrétiens. En outre, cet acte insensé se produit hors de toute convocation conciliaire, gage de validité et de vérité!

Mais nous pouvons servir à nous frères séparés d'Occident, pétris de juridisme, un autre argument qui devrait les toucher : avec la mort du mandant (Léon IX), le mandaté (Humbert) voit son mandat prendre fin le 19 avril.

Ainsi, l'acte diabolique de Humbert n'a aucune valeur juridique non plus puisque survenu trois mois plus tard, c'est-à-dire le 16 juillet!

Poussons plus loin la logique "juridiste" : dès lors que l'acte insensé d'Humbert est juridiquement invalidé par la mort antérieure de son mandant, quelle valeur accordée à l'authentique anathème du Patriarche de Constantinople qui lui fait réponse?

Les successeurs de Léon IX n'ont jamais manifesté de contestation au dépassement de mandat d'Humbert. Leur silence sur ce point a donc valeur d'approbation.

Par conséquent, l'authentique anathème du Patriarche de Constantinople, outre son bien-fondé doctrinal, demeure donc tout autant juridiquement valide aux yeux des papistes, en vertu précisément de cette même et nouvelle conception du droit qu'ils ont implicitement initiée!

crevieauxp a dit…

QU'EST-CE QUE LE CHRISTIANISME?

Le Christianisme est la Vérité de Dieu. La Vérité de Dieu est Amour :

5.22 Mais le fruit de l'Esprit *, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance; 5.23 la loi n'est pas contre ces choses. 5.24 Ceux qui sont à Jésus Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. 5.25 Si nous vivons par l'Esprit, marchons aussi selon l'Esprit. 5.26 Ne cherchons pas une vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, en nous portant envie les uns aux autres.
6.1 Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. 6.2 Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. (Galates V : 22-VI : 2)
* de Dieu : le Saint Esprit, l'Esprit de Vérité

Mais quel amour?

Prenons deux exemples extrêmes. S'il y a des affections sincères, elles peuvent amener au malheur, à la désolation, par exemple l'affectueuse attention d'un amant contagieux. Inversement, l'attitude musclée de l'homme avisé qui écarte du passage d'une voiture rapide l'inconnu est fondamentalement salvatrice.

Dès lors, et contre toute idée reçue, on voit mieux comment l'amour véritable n'a que peu de rapport dans son essence même avec tout sentimentalisme et tout ce qu'il a de trompeur et de fallacieux.

C'est pourquoi, Dieu nous a donné Ses commandements, gage d'Amour vrai. Leur importance est fondamentale et constitue donc la Vérité de Dieu :

6.10 Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. 6.11 Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. 6.12 Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. 6.13 C'est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. 6.14 Tenez donc ferme: ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice; 6.15 mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l'Évangile de paix; 6.16 prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin; 6.17 prenez aussi le casque du salut, et l'épée de l'Esprit, qui est la parole de Dieu.
(Ephésiens VI : 10-17)

La Vérité de Dieu est donc Son amour selon Ses commandements. Connaître la doctrine (enseignement) de Son Eglise est donc essentiel pour comprendre Ses commandements. C'est à la lumière de Ses commandements que nous discernons ce qui est conforme à la Vérité et donc aussi à ce qui ne l'est pas.