"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

30 novembre 2008

Laissons le Christ juger (dimanche de l'Avent III, R.O.O.)


Matines

Psaume 72 Quam bonus Israel!
Dieu est bon pour Israël, * pour les coeurs purs!
Cependant mes pieds allaient fléchir * il s'en est fallu de peu que j'aie glissé,
car je m'indignais contre les impies * en voyant la chance des méchants.
Il n'y a pas de souffrance pour eux * ils sont gros et gras.
Ils restent étrangers aux chagrins des hommes * ils ne sont point frappés comme le reste des humains.
Ils se parent alors d'un collier d'orgueil * et se drapent dans un manteau d'arrogance.
De leur graisse suinte le péché * et déborde la témérité.
Ils ricanent et pérorent méchamment * ils parlent de haut d'un ton comminatoire.
Ils affrontent le ciel par leurs propos * et leur langue sévit sur la terre.
Aussi mon peuple entraîné à leur suite * avale en abondance l'eau qu'ils répandent.
Ils disent alors: "Comment Dieu saurait-il * Le Très-Haut a-t-il conscience de ceci?"
tels sont les pécheurs * et toujours tranquilles, ils accumulent les richesses.
Serait-ce en vain que j'ai gardé mon coeur pur * que j'ai lavé mes mains dans l'innocence,
alors que, tout le jour, j'étais frappé * et que chaque matin voyait mon châtiment?
Si j'avais pensé: "Je vais parler comme eux" * j'aurais été infidèle à la race de tes enfants.
J'ai donc réfléchi pour comprendre ce problème * mais cette tâche m'est apparue fort pénible,
jusqu'au moment où je suis entré dans le dessein de Dieu * et où je me suis rendu compte du sort qui les attend.
Vraiment, tu les mets sur un terrain glissant * tu les conduis à la ruine.
Les voilà subitement qui s'écroulent * ils périssent, ils sont engloutis dans une catastrophe.
Tel un songe au moment du réveil, Seigneur * telle est leur ombre, que tu méprises en t'éveillant.
Quand je me rongeais le coeur * et me sentais les reins tourmentés,
j'étais stupide et ne comprenais pas * j'étais devant toi comme une bête.
Pourtant, toujours près de toi * tu m'as pris par la main droite;
tes desseins me conduisent * et finalement tu m'accueilleras dans la gloire.
À part toi, qui est pour moi dans le ciel? * Et quand je suis près de toi, rien ne m'attire sur la terre.
Ma chair et mon coeur peuvent défaillir * le roc de mon coeur, et mon héritage éternel, c'est Dieu.
Oui, ceux qui s'éloignent de toi périront * tu anéantis ceux qui cherchent leur bonheur loin de toi.
Mon bonheur à moi, c'est d'approcher de Dieu * c'est de mettre ma confiance dans le Seigneur Dieu,
afin de raconter tes merveilles * devant les portes de la fille de Sion.
Gloire au Père et au Fils * et au Saint Esprit.
Comme au commencement, maintenant et toujours * et aux siècles des siècles. Amen.

Ps 81 Deus stetit
Dieu se lève au milieu de l'assemblée divine * il prononce son jugement parmi les dieux.
Jusques à quand rendrez-vous des jugements injustes * et favoriserez-vous la cause des impies?
Faites justice à l'opprimé, à l'orphelin * faites droit au pauvre, au malheureux;
délivrez l'opprimé et l'indigent * arrachez-le aux mains des impies.
Ils ne veulent rien entendre ni comprendre, ils marchent dans les ténèbres * et les fondements de la terre en sont ébranlés.
J'avais dit: "Vous êtes des dieux * vous êtes tous des fils du Très-Haut.
Mais vous mourrez comme les autres hommes * et vous succomberez comme n'importe quel prince."
Lève-toi, Seigneur, et juges la terre * car Tu hériteras de toutes les nations.
Gloire au Père et au Fils * et au Saint Esprit.
Comme au commencement, maintenant et toujours * et aux siècles des siècles. Amen.

Ici s'insère la Grande Litanie et l'hymne "Veni, veni, Emmanuel"

La Première Lecture est au chapitre 25 du Livre du prophète Isaïe (Isaïe 25,1-9)
"Seigneur, Tu es mon Dieu; je veux T'exalter et célébrer Ton Nom, car Tu as exécuté de merveilleux desseins, conçus de longue date, avec une ferme constance. Tu as réduit la ville en un monceau de pierres, et la place forte en un tas de ruines. La citadelle des orgueilleux est anéantie, jamais elle ne sera rebâtie. Aussi un peuple puissant Te glorifie, la société des nations farouches Te révère. Car Tu es un refuge pour le faible, un refuge pour le pauvre dans sa détresse, un abri contre l'orage, un ombrage contre la chaleur. Car le souffle des tyrans est comme un orage d'hiver, comme la chaleur sur une terre aride. Tu fais cesser la clameur des tyrans; comme cesse la chaleur à l'ombre d'un nuage, le chant triomphal des tyrans s'éteint. Le Seigneur des armées [célestes] prépare pour tous les peuples, sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de vins vieux, de viandes grasses et succulentes, de vins vieux clarifiés. Sur cette montagne Il ôtera le voile qui voile tous les peuples, le drap qui recouvre toutes les nations, Il fera disparaître la mort pour toujours. Le Seigneur Dieu essuiera les larmes de tous les visages, Il ôtera de la terre entière l'opprobre qui pèse sur Son peuple, car le Seigneur l'a dit. En ce jour on dira: Voici notre Dieu, de Qui nous attendions notre délivrance. Soyons heureux et réjouissons-nous de Son secours."
Fin de la première lecture

La Deuxième Lecture est au chapitre 3 de l'Évangile selon saint Luc (Luc 3,1-17)
La quinzième année du règne de l'empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode tétrarque de la Galilée, Philippe son frère, tétrarque de l'Iturée et de la province de Trachonite et Lysanias, tétrarque de l'Abilène, sous les grands prêtres Hanne et Caïphe, la parole de Dieu se fit entendre à Jean, fils de Zacharie, dans la solitude. Il se mit à parcourir toute la région du Jourdain, prêchant un baptême de repentir pour la rémission des péchés, ainsi qu'il est écrit au recueil des oracles du prophète Isaïe (Is. 40,3-5): 'Une voix crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez Ses sentiers. Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées; les passages tortueux seront redressés, et les chemins raboteux seront égalisés. Et tout homme verra le Salut de Dieu.' Il disait donc aux foules qui venaient se faire baptiser par lui: "Engeance de vipères, qui vous a suggéré d'esquiver la colère imminente? Portez donc les fruits d'un repentir sincère et n'allez pas vous dire: Nous avons Abraham pour père. Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham. Déjà la cognée est mise à la racine des arbres: tout arbre qui ne porte pas de bon fruit, on le coupe et on le jette au feu." Et la foule lui demandait: "Eh bien! que devons-nous faire?" Il répondait: "Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même." Des publicains vinrent aussi pour se faire baptiser: "Maître, lui dirent-ils, que devons-nous faire?" Il leur répondit: "N'exigez rien qui dépasse vos consignes." Des soldats aussi lui demandèrent: "Et nous, que devons-nous faire?" Il leur dit: "Ne pratiquez ni violence ni fraude envers personne, mais contentez-vous de votre solde." Cependant, comme le peuple était dans l'attente, et que tous se demandaient en leur coeur si Jean n'était peut-être pas le Christ, il leur dit à tous: "Moi, je vous baptise dans l'eau, mais voici venir Celui Qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de Ses chaussures. Lui vous baptisera dans l'Esprit-Saint et le feu. Il tient en main le van pour nettoyer Son aire. Il amassera le froment dans Son grenier, mais Il brûlera la paille dans un feu qui ne s'éteint pas."
Fin de la deuxième Lecture


Le Christ Juge, séparant brebis & boucs
église d'Appolinare Nuovo, Ravenne

COLLECTE POUR DIMANCHE AVENT 3
Ô Seigneur Jésus-Christ, Qui lors de Ton premier avènement, envoyas Ton messager préparer le chemin devant Toi; accorde que les ministres et les serviteurs de Tes mystères préparent et aplanissent aussi bien ta voie, en convertissant les coeurs des rebelles à la sagesse des justes, afin qu'à Ton second avènement, lorsque Tu viendras pour juger le monde, nous soyons trouvés un peuple acceptable à Tes yeux, ô Seigneur, Qui vis et règne avec le Père et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.
R: Amen.

(2008 – coïncidence avec la fête de l'Apôtre saint André "le premier appelé":
Ô Dieu tout-puissant, Qui accordas une telle grâce à Ton bienheureux Apôtre saint André, qu’il obéit promptement à l'appel de Ton Fils Jésus-Christ, et Le suivit sans délai; accorde à nous tous, qu'étant appelés par Ta sainte Parole, nous puissons nous appliquer sans délai à accomplir, en toute obéissance, Tes saints Commandements.
Par notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ, Qui vit et règne avec Toi et le Saint Esprit, Dieu Un, pour les siècles des siècles.
R: Amen. )

Divine Liturgie (Sarum)
Épître : 1 Co 4,1-5
"Qu'on nous considère donc comme des serviteurs du Christ, des intendants des mystères divins. Or, ce que l'on exige des intendants, c'est de se montrer fidèles. Personnellement il m'importe fort peu d'être jugé par vous ou par un tribunal humain. Je ne me juge d'ailleurs pas moi-même; je ne me sens, il est vrai, coupable de rien, mais je n'en suis pas pour cela justifié. Mon juge, c'est le Seigneur. Ne jugez donc pas prématurément; attendez que le Seigneur vienne: Il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, Il manifestera les intentions des coeurs. Alors, chacun recevra de Dieu l'éloge qui lui revient."

Évangile : Saint Matthieu 11,2-10
"Jean, de sa prison, entendit parler des oeuvres du Christ, et Lui dépêcha de ses disciples Lui demander: "Es-Tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre?" Jésus leur répondit: "Allez raconter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez: des aveugles recouvrent la vue, des boiteux marchent, des lépreux sont purifiés, des sourds entendent, des morts ressuscitent, l'Évangile est annoncé aux pauvres. Heureux celui pour qui Je ne serai pas une occasion de chute!" Comme ils s'en retournaient, Jésus Se mit à dire à la foule, au sujet de Jean: "Qu'êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent? Qu'êtes-vous donc allés voir? Un homme vêtu d'habits délicats? Mais ceux qui portent des habits délicats se trouvent dans les palais royaux. Mais encore, pourquoi êtes-vous allés? Pour voir un prophète? Oui, vous dis-Je, et plus qu'un prophète. C'est celui dont il est écrit: Voici que J'envoie Mon messager devant toi te préparer la route (Mal. 3,1)."

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HOMÉLIE DU DIMANCHE AVENT 3


homélie 2007:
L'épître de la Liturgie de ce jour (1 Co 4,1) dit entre autre ceci : "Personnellement il m'importe fort peu d'être jugé par vous ou par un tribunal humain. Je ne me juge d'ailleurs pas moi-même; je ne me sens, il est vrai, coupable de rien, mais je n'en suis pas pour cela justifié. Mon juge, c'est le Seigneur. Ne jugez donc pas prématurément; attendez que le Seigneur vienne: Il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, Il manifestera les intentions des coeurs. Alors, chacun recevra de Dieu l'éloge qui lui revient."
Il y avait des maladies qui étaient plutôt courantes, comme la poliomyélite et la tuberculose, que la médecine moderne a presque complètement éradiquées, mais pas encore totalement. Elles sont toujours là, et si nous ne continuons pas à vacciner les gens contre ça, elles reviendront – un peu comme les obsédants péchés dans nos vies. Alors que l'Église a traité et guéri toutes sortes de maladies morales, c-à-d du péché, par la régénération du baptême, le "vieil homme" a été détruit et la nouvelle vie nous a été donnée, si nous ne veillons pas et ne prions pas, ces vieux péchés peuvent recommencer à revenir insidieusement.
Un de ces péchés contre lesquels nous avons à constamment être en garde, c'est un péché dont l'Apôtre Paul traitait dans l'épître du jour : le péché de juger les autres, sans pitié – un péché qui revient très facilement nous affliger. Cela peut venir du fait de sa très grande proximité avec un autre péché, le plus commun de tous, l'orgueil. Nous avons tous besoin de le combattre, en tout temps, car c'est toujours en nous. Mais si nous permettons à l'orgueil de s'implanter dans nos coeurs, il amène avec lui nombre d'autres péchés, dont celui-ci, cette tendance à penser à mal, à critiquer les autres.
Après avoir fondé l'Église à Corinthe, saint Paul partit pour fonder d'autres Églises; les Corinthiens commencèrent à recevoir des enseignements d'autres apôtres, tels que Pierre et Apollos, et certains commencèrent à les préférer à Paul. Ils commencèrent alors à porter des jugements sur les autres Chrétiens. Le problème immédiat qui en découlait, c'est que cette nouvelle Église avait encore bien besoin de la supervision de saint Paul. Dans son souci pour eux, Paul leur écrit pour les mettre en garde contre cet esprit de jugement qu'il voyait naître. Il leur dit bien que cela lui était égal d'être jugé sur terre, par eux ou par d'autres hommes. Paul leur montre la voie de l'humilité, car non seulement il dit que pour lui, ce n'est pas grand chose d'être jugé par un homme, mais il ajoute qu'il ne se juge pas lui-même. Et il conclut "Ne jugez donc pas prématurément; attendez que le Seigneur vienne: Il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, Il manifestera les intentions des coeurs. Alors, chacun recevra de Dieu l'éloge qui lui revient." Ne jugez pas prématurément; par cela, saint Paul n'enlève pas aux bergers de l'Église leur autorité à poser des jugements et à exercer le jugement au sujet de la vie de l'Église, dans cette même épître, mais il émet un jugement au sujet du comportement immoral d'un des membres de l'Église de Corinthe, et même, il reproche à cette Église de ne pas avoir fait la même chose que lui, en ayant toléré le comportement de cet homme. Ne jugez pas prématurément, c'est un commandement pour que nous nous gardions nous-mêmes de poser des jugements les uns contre les autres dans nos vies quotidiennes – avant même le temps où Dieu nous jugera tous. Parce que Son jugement est basé sur Sa capacité à voir les choses cachées.



homélie 2006:
Les signes de la présence du Christ dans Son Église nous sont montrés dans la péricope évangélique de la Liturgie de ce jour, faisant suite à la vérité exposée dans l'Évangile de la Liturgie de dimanche dernier : le Royaume de Dieu est proche.
La question que Jean adresse au Christ depuis sa prison peut sembler étrange, puisque nous savons qu'il a, lui, annoncé le Christ. Pourquoi alors une telle question? Saint Jean le Baptiste aurait-il eu des doutes? La question n'est pas qu'il n'était pas parfait et n'avait pas la science infuse. Ce que nous avons ici, c'est une question rhétorique, posée pour le bien de ses disciples. Bien que Jean avait reçu la révélation de Jésus le Christ, il n'y avait pas de signe extérieur de ce Juge tout puissant et grandiose tel que conçu par l'attente juive du Messie. Peut-être était-il perturbé par la miséricorde au lieu du jugement. Où était donc l'accomplissement de ces prophéties bien connues? La question que Jean remet à ses disciples est dès lors faite pour leur permettre d'élucider la vérité à propos de Jésus, mais pour eux-mêmes. Son temps à lui était achevé, il avait marché au devant du Messie, le temps était venu pour lui de remettre ses disciples à ce Messie. Ces disciples étaient une "famille" : ils étaient déjà "fidèles croyants" en ce sens qu'ils suivaient saint Jean précisément parce qu'il était le Précurseur du Messie, se plaçant délibérément par eux-mêmes à l'avant-poste du mouvement du Messie. Il y avait déjà eu nombre de faux messies, ils avaient besoin de savoir qui était le vrai. Jésus ne leur répondit pas par une affirmation directe, ou manifestant une Transfiguration pour les convaincre, mais Il fit appel à leurs facultés de raisonnement : voyez tout autour de vous, voyez les évidences, jugez-en vous-mêmes. Car Il avait accompli en leur présence nombre de miracles, si grands que nul ne se serait attendu à les voir accomplis même par un grand prophète.
C'était Lui, le Roi guérissant, Celui Qui allait nous appeler à une unité de Foi en Lui, une unité guérie. Nous entendons cet appel guérissant ce jour, et c'est un appel à l'unité du peuple de Dieu, pour ceux qui sont appelés à croire vraiment et convenablement en Dieu et en Son Christ. Ce qui nous perturbe dans notre vie de tous les jours, c'est qu'il existe bon nombre de "trompettes d'incertitude" qui nous appellent à des formes d'unité.
La seule unité possible, c'est celle qui est basée sur la vraie Foi salvatrice. C'est-à-dire qu'il ne saurait y avoir le moindre compromis pour ce qui est authentiquement la Tradition Apostolique (y compris la Sainte Écriture). Une telle unité ne saurait être dans la "soumission" à quelque dirigeant que ce soit, ou basée sur quelque fausse ou commode lecture de l'Écriture. La seule soumission impliquée dans l'unité de tous les Chrétiens, c'est celle où tous sont soumis au Christ, dans l'authentique Foi en Lui. Voilà ce qui serait une véritable guérison, et c'est cette guérison que le Christ nous demande d'accepter, si nous voulons être vraiment Son peuple élu.
En ce temps d'Avent, alors que l'Église est dans l'attente de la Seconde Venue du Christ, il est bon de réfléchir en termes de la guérison de Son peuple ici sur terre, car c'est une partie vitale de notre préparation pour Son Retour. Non seulement nous devons pleurer sur nos innombrables péchés personnels et notre méchanceté, mais nous devons nous repentir de nos péchés et de notre méchanceté en groupe, en premier lieu desquels, la déviation de la vraie Foi d'une si grande partie du Royaume du Christ – de tout ce qui se dit Christianisme sans en avoir la vraie Foi. Nous avons désespérément besoin de la paix sur terre et de la bienveillance au sein du peuple du Christ. Pas une fausse paix basée sur les formulations sataniques de différences évacuées et d'ignorance des affirmations explicites de l'Écriture, mais une paix véritable et une authentique Foi universelle.

p. Michaël, higoumène (abbé), Saint-Petroc monastery, EORHF/Rocor
http://www.orthodoxresurgence.com/petroc/index.htm
http://www.orthodoxresurgence.com


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Byzantins : Dimanche 30 novembre 2008, 24ème après Pentecôte. Mémoire du saint apôtre André le Premier Appelé. Troisième dimanche de l’Avent




Tropaire de saint André, t. 4
Toi qui des apôtres fut le premier appelé et le propre frère de leur coryphée, saint André, intercède auprès du Maître de l’univers pour qu’au monde Il fasse le don de la paix et qu’à nos âmes Il accorde la grâce du salut !

Kondakion de saint André, t. 2
L’éponyme de la vaillance, le premier appelé parmi les disciples du Sauveur, André, le frère de Pierre, acclamons-le ; car il nous répète ce que jadis il lui a dit : "Nous avons trouvé l’unique objet de nos désirs !"

Kondakion de l’avant-fête de Noël (us. grec), t. 3
La Vierge en ce jour se prépare à enfanter ineffablement en une grotte le Verbe qui précède les siècles. Terre entière, à cette nouvelle, chante et danse ! Glorifie avec les anges et les bergers celui qui a voulu devenir un enfant nouveau-né, le Dieu qui précède les siècles !

Épître : Colossiens 3, 12-16
Frères, vous qui êtes saints et bien-aimés de Dieu, vous qui êtes ses élus, revêtez vos cœurs de tendresse et de bonté, de patience, de douceur et d’humilité. Soutenez-vous mutuellement et, si quelqu’un en veut à quelqu’un, faites-vous grâce les uns aux autres. Puisque le Seigneur vous a fait grâce, faites de même à votre tour. Par-dessus tout cela, revêtez-vous d’amour, qui est le lien de la perfection. Et que la paix du Christ soit l’arbitre de vos cœurs, elle à laquelle, en un seul corps, vous avez été appelés. Enfin, soyez reconnaissants.
Qu’en abondance demeure en vous la parole du Christ. En toute sagesse, instruisez-vous, exhortez-vous mutuellement. Et de tout votre cœur, par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, dans la gratitude, chantez à Dieu !

Évangile : Luc 18, 18-27
En ce temps-là, un responsable interrogea Jésus et lui dit : "Maître bon, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ?" Jésus lui répondit : "Pourquoi dis-tu que Je suis bon ? Nul n’est bon que Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas d’adultère, ne tue pas, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, honore ton père et ta mère." L’autre répondit : "Tout cela, je l’ai gardé depuis ma jeunesse !" A ces mots, Jésus lui dit : "Il te manque encore ceci : vends tout ce que tu as, distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis, viens et suis-moi !" Quand il entendit ces paroles, l’homme devint très triste, car il était extrêmement riche. Jésus, le voyant attristé, déclara : "Comme il est difficile à ceux qui ont des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu !" Ceux qui écoutaient Jésus lui demandèrent alors : "Qui donc peut être sauvé ?" Jésus répondit : "Ce qui est impossible pour les humains relève de Dieu."

Évangile du saint : saint Jean 1, 35-51
En ce temps-là, le lendemain encore, Jean se tint là, et deux de ses disciples; et regardant Jésus qui marchait, il dit: Voilà l'agneau de Dieu! Et les deux disciples l'entendirent parler, et ils suivirent Jésus. Et Jésus se retournant, et voyant qu'ils le suivaient, (1-39) leur dit: Que cherchez-vous? Et il lui dirent: Rabbi (ce qui, interprété, signifie maître), où demeures-tu? Il leur dit: Venez et voyez. Ils allèrent donc, et virent où il demeurait; et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là: c'était environ la dixième heure. André, le frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient ouï parler de lui à Jean, et qui l'avaient suivi. Celui-ci trouve d'abord son propre frère Simon, et lui dit: Nous avons trouvé le Messie (ce qui, interprété, est Christ).Et il le mena à Jésus. Jésus, l'ayant regardé, dit: Tu es Simon, le fils de Jonas; tu seras appelé Céphas (qui est interprété Pierre).Le lendemain, il voulut s'en aller en Galilée. Et Jésus trouve Philippe, et lui dit: Suis-moi.Or Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre.Philippe trouve Nathanaël et lui dit: Nous avons trouvé celui duquel Moïse a écrit dans la loi et duquel les prophètes ont écrit, Jésus, le fils de Joseph, qui est de Nazareth.Et Nathanaël lui dit: Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth? Philippe lui dit: Viens et vois.Jésus vit Nathanaël venir vers lui, et il dit de lui: Voici un vrai Israélite, en qui il n'y a pas de fraude.Nathanaël lui dit: D'où me connais-tu? Jésus répondit et lui dit: Avant que Philippe t'eût appelé, quand tu étais sous le figuier, je te voyais.Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu; tu es le roi d'Israël.Jésus répondit et lui dit: Parce que je t'ai dit que je te voyais sous le figuier, tu crois? tu verras de plus grandes choses que celles-ci. Et il lui dit: En vérité, en vérité, je vous dis: Désormais vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le fils de l'homme.

Catéchèse
Encore l’argent ! La richesse : bénédiction ou malédiction ? Richesse des Apôtres…
- Bénédiction : Abraham et tous les patriarches avaient de nombreux et grands biens ; c’était le signe de leur justice et de la faveur de Dieu à leur égard. Personne n’a jamais eu honte d’être riche ; au contraire, on en remercie Dieu et on en fait profiter l’entourage. Rendre à Dieu ce qui vient de Dieu : comportement sacerdotal de l’être humain conscient.
- Grande épreuve, autant que la pauvreté : c’est dans l’usage qu’il en fait que le juste témoigne de sa justice et de sa foi. Les tentations existent : avarice, jouissance égoïste et mépris des pauvres. Aussi la richesse, comme la santé et tous les biens pervertis, peut-elle être un obstacle au salut, selon l’exemple du Mauvais Riche de la parabole.
- Le chrétien, qui choisit selon la Tradition la voie moyenne, sent l’appel à s’enrichir des dons charismatiques de Dieu : ceux qu’énumère l’apôtre Paul dans l’épître de ce dimanche.
- Saint André exprime la vraie richesse : "Nous avons trouvé le Christ !" (Jn.1, 41). Sa primauté est dans le fait qu’il fut le premier que Jésus Christ appela (il est le "Premier-Appelé") et le premier à reconnaître Jésus comme Messie. D’autres formes de primauté existent : celle de Pierre qui confessa la vraie foi en modèle des évêques qui se succédèrent dans l’Eglise, et reçut la présidence du collège apostolique, comme les primats de nos jours. Autre forme de primauté : celle de la Mère de Dieu, Prototype de l’humanité nouvelle, honorée au-dessus des chérubins et des séraphins ; saint Jean l’Evangéliste, dont l’oreille entendit battre le cœur divino humain de Jésus, etc. Cette primauté est toujours "parmi des égaux", comme l’est par exemple celle de l’époux par rapport à l’épouse et aux enfants dans la famille.
archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard
source echo-orthodoxe.net


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