"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

27 novembre 2008

L'Hymne de Communion de Bangor, par Saint Seachnall

Saint Seachnall de Dunshauglin, évêque
(Secundinus, Sechnall)
http://groups.yahoo.com/group/celt-saints/message/3254

Né vers 375; mort en 447. Sechnall fut envoyé de Gaule en Irlande vers 439, afin d'assister son oncle, saint Patrick. Il partit avec Auxilius et Iserninus. Il devint le premier évêque de Dunslaughlin dans le Meath, puis chorévêque d'Armagh. Il rédigea plusieurs hymnes, dont la célèbre hymne alphabétique "Audites, omnes amantes Deum" (plus ancienne hymne en latin connue qui ait été écrite en Irlande), écrite en l'honneur de saint Patrick, ainsi que le "Sancti, venite, Christi corpus sumite"

Tropaire de Saint Seachnall Ton 1
En ce jour nous te chantons, O hiérarque Seachnall,/
Toi qui par piété composa des louanges à notre père Patrick,/
Prie Dieu afin que nous puissions honorer nos saints avec une vraie piété./
Et louant cette glorieuse assemblée, nous puissions être dignes de leurs prières et de la grande Miséricorde du Christ notre Dieu.



Saint Sechnall, vitrail moderne hétérodoxe irlandais.
Oui, pas plus que pour saint Achaire et tant d'autres, l'Église n'a eu d'iconographe à refaire l'antique iconographie occidentale orthodoxe qui existait pour ces saints. Saint Arsène de Cappadoce disait pourtant qu'il n'y aurait pas de renaissance de la Foi ici tant que les saints Orthodoxes d'ici ne seraient pas convenablement honorés...

L'Hymne de Communion de Bangor
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"Approchez vous et recevez le Corps du Seigneur"
Sancti, venite, Christi Corpus sumite

Voici un hymne de Communion en latin, que l'on trouve dans l'Antiphonaire de Bangor du 7ième siècle (Antiphonarium Benchorense). Bangor est dans le Conté de Down, Irlande. C'est un des rares manuscrits liturgiques irlandais subsistant. Du monastère de Bangor, où il fut composé et écrit entre 680 et 691, il fut emporté à Bobbio, le fameux monastère fondé sur le sol d'Italie par le missionnaire Irlandais Colomban après qu'il ait été expulsé de Bourgogne par les puissances régnantes. Il fut publié pour la première fois par Muratori dans son Anecdota (1697-98), après qu'il l'eut découvert dans la Bibliothèque Ambrosienne à Milan [bibliothèque qui était le fruit des pillages vaticanesques]. Une vieille légende irlandaise donne sa version de la composition de ce chant : saint Patrick et son neveu Sechnall entendirent les Anges chanter cela pour la première fois durant l'Offertoire avant la Communion, et ajoute "Et depuis ce temps-là jusqu'à nos jours, cet hymne est chanté en Irlande quand le Corps du Christ est reçu".

Selon ce texte, Saint Patrick et Sechnall s'étaient vertement disputés, Sechnall accusant Patrick de prêcher trop peu la charité, et Patrick menaçant de passer sur Sechnall avec son char. Après s'être réconciliés dans le cimetière de leur église, soudain, ils entendirent des Anges à l'intérieur de l'église, chantant cet hymne. L'anglican John Mason Neale traduisit le texte latin en 1851 et le publia dans son recueil "Medieval Hymns" (hymnes médiévaux)

"Ymnum quando comonicarent sacerdotes"

Voici le texte :
Approchez-vous et recevez le Corps du Seigneur,
et buvez le Saint Sang répandu pour vous.

Sauvé par ce Corps et par ce très précieux Sang,
l'âme régénérée, nous rendons grâce à Dieu.

Le Donneur du Salut, Christ, le Fils Unique,
par Sa chère Croix et le Sang, remporta la victoire.

Il fut offert, pour les plus grands comme pour les plus humbles,
étant Lui-même la Victime, et Lui-même le Prêtre.

Les victimes étaient offertes par la Loi d'antan,
prototype annonçant ce Céleste Mystère.

Lui, la Rançon de la mort, et Lumière de l'ombre,
à présent aide en donnant Sa Sainte Grâce à Ses saints;

approchez-Le dès lors avec un coeur fidèle et sincère,
et prenez ici la garantie du Salut.

Lui qui en ce monde guide Ses saints et protège,
donne à tous les croyants la vie éternelle.

Assouvissant la faim avec le Céleste Pain,
apaisant l'âme assoiffée avec l'Eau Vive.

Alpha et Omega, devant Qui se prosterneront
toutes les nations au Jugement, Il est avec nous dès maintenant.


Et l'original latin

1. Sancti venite, Christi corpus sumite,
Sanctum bibentes, quo redempti sanguinem.

2. Salvati Christi corpore et sanguine,
A quo refecti laudes dicamus Deo.

3. Hoc sacramento corporis et sanguinis
Omnes exuti ab inferni faucibus.

4. Dator salutis, Christus filius Dei,
Mundum salvavit per crucem et sanguinem.

5. Pro universis immolatus Dominus
Ipse sacerdos exstitit et hostia.

6. Lege praeceptum immolari hostias,
Qua adumbrantur divina mysteria.

7. Lucis indultor et salvator omnium
Praeclaram sanctis largitus est gratiam.

8. Accedant omnes pura mente creduli,
Sumant aeterman salutis custodiam.

9. Sanctorum custos, rector quoque,
Dominus, Vitae perennis largitor credentibus.

10. Caelestem panem dat esurien- tibus,
De fonte vivo praebet sitientibus.

11. Alpha et omega ipse Christus Dominus
Venit, venturus iudicare homines.
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