"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

26 novembre 2008

Néo-Martyr Georges de Khios (+ 1807)

http://www.abbamoses.com/months/november.html

Georges naquit sur l'île de Khios de parents Chrétiens. Garçonnet âgé de 10 ans, il fut attrapé avec des amis, occupés à marauder des melons dans un jardin. Amené devant le juge Turc, ayant peur de la punition prévue pour le vol, il accepta de devenir musulman sous le nom d'Ahmed. C'était une pratique courante sous la Turcocratie : lorsqu'un Chrétien était traîné devant un tribunal, on lui offrait la liberté en échange de son apostasie en faveur de l'islam, et nombreux succombaient à cela.
Georges rentra chez lui, pleurant et se lamentant à cause de son apostasie, et ses parents le confièrent aux bons soins d'une bonne Chrétienne, afin de le renforcer dans la Foi et de le cacher des autorités turques.
A 21 ans, il fut fiancé à une jeune femme de la ville, mais se disputa avec le frère de cette dernière, qui connaissait le passé de Georges. Aussi donc, il alla voir les autorités et dénonça Georges comme apostat de l'islam. Georges fut jeté en prison et torturé, mais plutôt que de le briser, ces tourments le renforcèrent dans son amour pour le Christ et il résolu d'offrir sa vie pour Lui. Le prêtre et les fidèles de la ville célébrèrent une vigile toute la nuit durant, priant Dieu de donner le courage nécessaire à Son nouveau martyr. A l'aube, Georges fut emmené au lieu des exécutions, disant sans cesse le Nom de Jésus Christ et celui de Sa très sainte Mère. Là, il fut fusillé, puis décapité, rejoignant les rangs des saints martyrs.


Le massacre de Khios
tableau du peintre Eugène Ferdinand Victor Delacroix
(Charenton-Saint-Maurice, 26/4/1798-04-26 - Paris, 13/8/1863)
source Wikipedia




Commémorer les saints néo-martyrs
http://www.theophanydesigns.com/tnm/


Bienheureux ceux que Tu as
choisis et mis à part pour Toi;
et ils seront commémorés
de génération en génération. (Cf. Ps. 64,4; 101,12)

En commémorant les vies et les luttes des saints néo-martyrs qui ont souffert pour l'amour du saint Nom du Christ, nous rendons grâce à Dieu, Qui est adoré en la Sainte Trinité, et Qui a suscité à toutes époques des témoins de Son éternelle Providence et de Son amour pour nous.

"Dieu est merveilleux en Ses saints!"
Les saints sont la preuve vivante que les Évangiles sont applicables à nos vies. Ils sont les chapitres vivants de la Sainte Écriture. Ils sont les imitateurs du Christ, et des modèles pour nous. C'est la raison pour laquelle Dieu a glorifié Ses saints devant nous : dans Son amour pour nous, Il veut nous présenter autant de sortes de saintetés que possible, afin que nous, quelles que soient les circonstances de nos vies, nous puissions trouver des chemins réalisables pour vivre la vie en Christ.

Le premier et le plus glorieux des martyrs, c'est Jésus, notre Seigneur, dont le Sang nourrit les membres de Son saint Corps, l'Église. Dans Son aimante tendresse, Il a daigné rendre certains d'entre nous dignes d'être images et icônes de Son unique Martyre, et de verser leur sang pour l'amour du saint Évangile, comme témoins vivants et comme réactualisation pour les Chrétiens qui, voyant la ténacité de leurs compagnons en humanité face à la torture et à la mort, puissent ainsi devenir beaucoup plus fervents dans la Foi.

Durant les ténébreux jours de l'esclavage et du joug musulman imposé au peuple Orthodoxe dans les Balkans et au Moyen Orient, notre sainte Foi a montré sa puissance face à l'écrasante force militaire des Turcs. Toutes les forces vitales de l'Orthodoxie ont continué à se déployer. Le monachisme est resté florissant, la conscience théologique alerte, la dévotion populaire fervente – tout cela fut alimenté et nourrit par les exploits des illustres néo-martyrs, qui ont représenté aux Chrétiens opprimés les scènes des martyrs des anciens temps, les assurant qu'en effet, "le Christ est le même, hier, et aujourd'hui, et pour l'éternité."

C'est l'éternelle actualité des martyrs qui nous rend si importante pour nous, aujourd'hui, une collection de vies comme celle-ci. Bien plus qu'un simple parcours historique des martyrs du Christ pour une période et un lieu donné, ce lien nous permet de voir la continuité – le "fil d'or" – qui relie entre eux les gloires christocentriques des anciens martyrs à ceux de la domination turque, et ceux de Chine, de Serbie, des Balkans, et de la terre Russe sous une forme plus moderne mais pas moins démoniaque qu'est la haine de l'athéisme militant, dont les victimes se comptent par millions, et qui sont morts pour l'amour du Christ.

Qu'en sera-t'il du futur? Malgré notre indignité pour la couronne des martyrs, notre Seigneur accordera-t'Il cette si grande bénédiction aux Chrétiens de notre génération ou à ceux à venir? Alors que nous progressons dans cette ère post-Chrétienne, qui est une introduction aux temps de l'Antéchrist, auront-nous des néo-martyrs d'Occident?

Par les ferventes prières de Tes saints néo-martyrs,
Ô Christ notre Dieu,
préserve et renforce Ton peuple Orthodoxe
au milieu des terribles épreuves qui arrivent.
Amen


Protopresbytre Anthony B. Gavalas

.

Aucun commentaire: