"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

04 décembre 2008

Euthanazie: France et GD de Luxembourg, 2 approches


Pour le Grand Duché de Luxembourg, on se serait attendu, vu le genre de population, à un soutien ferme au Grand Duc contre la classe politicienne, aussi mauvaise qu'en Belgique. Pour la France, on se serait attendu à ce qu'une commission nommée par m. Sarkozy recommande au plus vite "la réouverture des chambres à gaz" (comparatif à peine exagéré quand on voit comment ça se passe aux Pays-Bas et en Suisse) afin d'aboutir au plus vite dans les projets de légalisation de l'euthanazie, légalisation appelée de tous leurs voeux par tant de "fils de la Veuve." Car on est bel et bien dans une logique eugéniste et criminelle, qui veut que la loi couvre de son pudique voile leurs actes meurtriers commis sous prétexte de "compassion" envers les souffrants. Ben voyons.

Contre toute attente, c'est tout l'inverse qui s'est passé. Le courageux Grand Duc, Henri de Luxembourg, comme autrefois son oncle le roi Baudouin 1er de Belgique (dans le cadre de l'autre génocide légal, l'avortement), a refusé de signer une loi donnant libre cours aux mises à mort pour raisons économiques au lieu de chercher à améliorer la fin de vie (soins palliatifs). Il n'est qu'à fréquenter des infirmières de soins d'urgences & oncologie pour savoir à quel point en Belgique cette loi a été non pas détournée de son but, mais est bien parvenue au but réel, celui caché derrière les discours lénifiants, celui qui est appliqué avec force aux Pays-Bas et que nos législateurs visaient très précisément... Du coup, les politiciens du GD Luxembourg, prouvant que leur bassesse valait bien celle des politiciens de Belgique, ont décidé de déposséder le monarque d'une partie non-négligeable de ses pouvoirs régaliens...
Pendant ce temps, en France, la commission réunie a conclu qu'il n'était pas opportun de légaliser l'euthanasie. Très bien, car le fait que les médecins doivent justifier tout acte du genre est important. La responsabilité, ils s'en dédouanent trop facilement, en Belgique, en faisant injecter les cocktails létaux par le personnel de garde, et après eux la pluie...


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Leonetti : «Il est inutile et dangereux d'introduire dans la loi l'exception d'euthanasie»
Propos recueillis
02/12/2008
http://www.lefigaro.fr/sante/2008/12/02/01004-20081202ARTFIG00002-leonetti-il-est-inutile-et-dangereux-d-introduire-dans-la-loi-l-exception-d-euthanasie-.php

Jean Leonetti : «Nous avons privilégié les témoignages des acteurs de terrain, des familles et des associations à côté des avis juridiques et médicaux.» Crédits photo : Le Figaro

Jean Leonetti, médecin, député maire d'Antibes, remet mardi à François Fillon le rapport parlementaire d'évaluation de la loi fin de vie de 2005, qui s'oppose une fois de plus à la légalisation de l'euthanasie.

LE FIGARO. - Dans le rapport remis au premier ministre mardi, vous restez sur une position opposée à l'euthanasie. Pourquoi ?
Jean LEONETTI. - Cette mission d'évaluation m'a conduit à reconsidérer toutes les hypothèses juridiques : dépénalisation ou exception d'euthanasie et suicide assisté. Si après avoir visité des pays étrangers, j'ai constaté que ces options ont été écartées, c'est parce qu'elles posent plus de problèmes hu­mains et juridiques qu'elles n'en résolvent. Le problème se pose de manière différente selon que le malade est en fin de vie ou non. Lorsque le malade est en fin de vie, le dispositif légal actuel, qui privilégie la qualité de la vie par rapport à la durée de la vie, résout l'immense majorité des problèmes rencontrés. Il m'a semblé dans ce cas inutile et juridiquement dangereux d'introduire dans la loi une exception d'euthanasie. Lorsque la personne qui demande la mort n'est pas en fin de vie et réclame alors une assistance au suicide, nous avons constaté que la loi française n'interdit pas formellement cette démarche mais évite, en interdisant la manipulation des personnes vulnérables et la provocation au suicide, les dérives que la Suisse constate et tente en vain de juguler.

Vous avez visité un certain nombre de pays où l'euthanasie est acceptée. Quelle impression cela vous a-t-il fait ?
Nous avons en effet visité les Pays-Bas et la Belgique, qui ont dépénalisé l'euthanasie, et la Suisse, où le suicide assisté est autorisé. Nous nous sommes également rendus en Angleterre, où malgré une culture différente, la législation est proche de la nôtre. On constate d'abord que les critères retenus pour obtenir un droit à la mort sont flous, se référant souvent aux termes de «détresse insoutenable», et difficilement respectés dès lorsqu'ils sont précis. Des malades psychiatriques sont euthanasiés en Belgique, alors que ces patients doivent théoriquement être écartés du dispositif. En Suisse, un tiers des personnes qui choisissent l'aide au suicide n'ont pas de maladie grave et incurable.

Enfin, là où les sons palliatifs ont été développés, comme récemment en Hollande, l'euthanasie régresse, car cette prise en charge diminue considérablement la demande de mort. En Suisse, l'hôpital de Lausanne, qui a pourtant ouvert ses portes aux associations proposant le suicide assisté, n'a eu qu'une demande en un an et demi. Tous les pays s'interrogent et aucun système n'est dépourvu d'inconvénients ni à l'abri de dérives. Il n'y a donc pas de pays en avance sur les autres. L'Angleterre, qui a une longue tradition de soins palliatifs et un nombre de bénévoles très important, peut être considérée sous cet aspect comme un modèle.

Vous avez recueilli beaucoup de témoignages au cours de votre enquête. Quels sont ceux qui ont été les plus déterminants ?
Nous avons privilégié les témoignages des acteurs de terrain, des familles et des associations à côté des avis juridiques et médicaux. Indubitablement, les auditions du Pr Axel Khan, du Dr Régis Aubry et de Robert Badinter ont été, à mes yeux, déterminantes dans mes propositions. Mais j'ai été marqué aussi par le témoignage lumineux d'une infirmière de soins palliatifs évoquant l'importance du « prendre-soin » et ceux si émouvants de familles de malades qui traduisaient bien la diversité, la complexité et même l'ambiguïté des attentes en fin de vie d'un proche, quand les désirs de mort et les désirs de vie s'entrecroisent.

Quelles mesures d'amélioration proposez-vous ? Faut-il créer un observatoire de la fin de vie en France ?
L'observatoire de la fin de vie réclamé de manière unanime est indispensable. Les études sont rares et inquiétantes, comme celle du Dr Ferrand sur la mort à l'hôpital, où l'on mesure l'importance de la solitude et la rareté de prescriptions d'antalgiques chez les mourants. Nous avons besoin de données objectives, d'une évaluation, non seulement de la loi, mais de la manière dont la fin de vie se déroule en France. Nous verrons alors peut-être que, plus qu'une nouvelle loi, nous avons surtout besoin de moyens, de changer nos modes de pensées et de fonctionnement vis-à-vis des plus fragiles et des plus vulnérables.

Pensez-vous que l'on pratique encore l'acharnement thérapeutique en France ?
Bien sûr. Tout concours à cette attitude : le financement, la demande quelquefois des patients et des familles, la sécurité judiciaire, la valorisation morale de l'acte. Pourtant cette attitude est humainement inacceptable et coûteuse sur le plan financier. Elle ne correspond plus à l'attente de nos concitoyens. En médecine, tout ce qui est possible n'est pas forcément souhaitable, et pas seulement en fin de vie. Cela nécessite que nous modifiions profondément notre façon de soigner et qu'en médecine la technique performante s'accompagne d'une dimension humaine équivalente.



Euthanasie: crise au Luxembourg ?
AFP
02/12/2008
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/12/02/01011-20081202FILWWW00489-euthanasie-crise-au-luxembourg-.php
Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker s'est dit mardi en désaccord avec le refus du grand-duc Henri de signer la loi légalisant l'euthanasie, et indiqué chercher une solution pour éviter une "crise constitutionnelle".
"Je ne suis pas d'accord que le grand-duc ne veuille pas sanctionner une loi", a déclaré M. Juncker à la radio luxembourgeoise RTL, estimant que cela serait "très grave".

"Je comprends les problèmes de conscience du grand-duc. Avec des nuances, j'ai les mêmes problèmes. Mais je suis d'avis que si la Chambre des députés vote une loi, elle doit pouvoir entrer en vigueur", a ajouté le Premier ministre, qui devait intervenir dans l'après-midi devant les députés.

"Nous devons trouver une solution pour nous en sortir sans déclencher une crise constitutionnelle", a ajouté M. Juncker, un chrétien-démocrate qui dirige le gouvernement luxembourgeois depuis 1995.
La loi sur l'euthanasie avait été votée en première lecture le 19 février, malgré l'opposition du parti chrétien-social (CSV) de Jean-Claude Juncker, qui avait exprimé la crainte d'une "banalisation de l'acte d'euthanasie". Le vote en deuxième et dernière lecture est prévue ce mois-ci.



© afp | Le Grand Duc Henri (D) et la grande duchesse Maria Teresa, le 7 avril 2001 au palais grand ducal à Luxembourg


Euthanasie: constitution modifiée
AFP
02/12/2008
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2008/12/02/01011-20081202FILWWW00588-euthanasiemoins-de-pouvoir-au-grand-duc.php
Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a annoncé que le pays allait changer sa constitution et réduire les prérogatives du grand-duc, après le refus de ce dernier d'avaliser une loi légalisant l'euthanasie.


Luxembourg/euthanasie : une réduction des pouvoirs du grand-duc envisagée
http://www.romandie.com/infos/news2/081202171344.v3jupwcz.asp

LUXEMBOURG - Les députés luxembourgeois songeaient mardi à réduire les prérogatives du grand-duc Henri, sorti de sa neutralité en refusant de promulguer une loi légalisant l'euthanasie, ont annoncé à l'AFP des parlementaires.

"Il faut chercher une solution d'ordre constitutionnel avant de voter la loi" sur l'euthanasie en deuxième lecture, a déclaré la députée socialiste Lydie Err, rapporteuse de ce projet de loi au Parlement luxembourgeois.

Pour elle, une des solutions serait "une modification de la Constitution luxembourgeoise" qui confère actuellement au grand-duc le pouvoir de sanctionner et de promulguer les lois.

Le président du groupe des Verts, François Bausch, est allé dans le même sens. "Ou le grand-duc signe la loi, ou il faut changer la constitution. Il n'y a pas mille solutions", a-t-il déclaré.

En attendant une telle modification, la légalisation de l'euthanasie au Luxembourg devrait être retardée de plusieurs mois.

Le texte, qui dépénalise l'euthanasie sous certaines conditions, avait été adopté en février en première lecture par les députés, et devait faire l'objet d'une deuxième et dernière lecture la semaine prochaine.

Mais le grand-duc Henri, qui règne depuis 2000, a averti lundi les dirigeants parlementaires qu'il ne le signerait pas pour des raisons de "conscience", plongeant son pays dans une crise constitutionnelle sans précédent depuis 1919.

Le Premier ministre, le chrétien-démocrate Jean-Claude Juncker, devait faire une déclaration sur la situation à partir de 18h00 (17h00 GMT).

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