"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

06 décembre 2008

Néo-Martyr Nicolas Karamos de Smyrne (+ 1657)


Saint Nicolas Karamos, néo-martyr Grec,
pendu à Smyrne

http://www.abbamoses.com/months/december.html

Nicolas était un Chrétien vivant à Smyrne durant le joug Ottoman. Un jour, il perdit son calme dans une dispute et s'exclama qu'il deviendrait "Turc" avant qu'il n'abandonne la partie. Aussitôt, des Turcs qui avaient vu la dispute s'emparèrent de Nicolas et le traînèrent devant le juge, afin qu'il y honore sa promesse. Nicolas, qui avait retrouvé son calme, déclara : "Plaise à Dieu, mais jamais je ne renierai mon Seigneur Jésus-Christ, le Vrai Dieu qui viendra juger les vivants et les morts." Le juge fit flageller et torturer l'humble confesseur pendant 36 jours, mais il demeura ferme dans sa confession du Christ, même malgré les larmes de sa mère et de sa femme. Pour finir, le juge le fit pendre, le 19 mars 1657. Ses tourments et sa fermeté dans la Foi avaient été vus par des visiteurs occidentaux; ils en furent si touchés qu'ils allèrent récupérer son corps à la mer (où il avait été jeté après la pendaison) et l'emmenèrent en Europe.

Dieu est admirable en Ses saints! Psaume 67,36 (LXX)

Tous les néo-martyrs de Grèce, tous les saints de Grande Bretagne (diacre Michael)
http://www.orthodox-christian-comment.co.uk/properofseason-all_the_new_martyrs_of_greece_&_all_saints_of_britain.htm

[homélie pour le 3ème dimanche de Matthieu]

Aujourd'hui, nous nous souvenons de ceux qui ont rendu témoignage au Christ durant les siècles de l'occupation turque. Nous devrions penser à la Grèce non pas seulement en terme du territoire que nous voyons à présent définit comme Grèce, mais aussi le pays qu'à présent nous appelons la Turquie. Parmi ces martyrs, on trouve le dernier empereur qui mourut en combattant aux portes de Constantinople; l'entièreté de la noblesse et des dirigeants tués le 29 mai 1453, et tous les Chrétiens, paysans, marchands, et fonctionnaires de quelque rang que ce soit, qui au cours des siècles qui suivirent eurent à faire le choix suivant : Christ ou le système, mon Dieu ou ma survie physique?
Nombreux furent ceux qui eurent à affronter pareille question en Russie pendant la Révolution, et le 5/7, nous commémorons sainte Élisabeth, la grande duchesse qui fut assassinée en 1918 avec sa fidèle compagne la moniale Barbara. Élisabeth avait été l'épouse bien souffrante de l'arrogant grand duc Sergei, assassiné en 1905. Après cela, elle changea complètement de vie, devenant moniale. Elle fonda un monastère, d'où en furent fondés bien des autres dans les provinces de Russie. Hôpitaux et senioreries lui envoyaient leurs cas les plus graves, et elle s'en occupait elle-même. Élisabeth vivait sa Foi en agissant, ce qui amenait des changements dans le monde qui l'entourait. En 1918, elle fut jetée vivante au fond d'un puits de mine, avec sa compagne de martyre, et on leur jeta des grenades. Avant d'être poussée en bas, Élisabeth chanta le "Phos ilaron" – "joyeuse Lumière." Alors qu'elle était à genoux à attendre d'être massacrée, elle priait : "Toi, Dieu bien-aimé, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font." Ryabov, un des meurtriers, qui avait jeté les grenades dans le fond, a rapporté l'horreur que lui inspirait le chant des victimes depuis le fond de la mine, qui chantaient "Seigneur, sauve Ton peuple." Lorsque les corps furent retrouvés, il fut évident que sainte Élisabeth avait pansé blessures et fractures avec des bandes de vêtements. Voilà la Foi active, courageuse, aimante. Le Christ avant tout, pas ma survie.

Et les saints de Grande Bretagne – que savons-nous d'eux? Pour les Orthodoxes, la Grande Bretagne ne semble pas être un endroit très probable pour trouver des saints. Mais jusqu'au 11ème siècle, lorsque les Orthodoxes furent pour finir distingués des christianismes latins d'Occident par des différences religieuses, les saints britanniques étaient en un sens aussi nos saints. Les Chrétiens de Grande Bretagne et d'Irlande étaient en relation avec les Églises d'Orient, et avaient une vie de prière et spirituelle qui étaient comme celles de l'Orthodoxie. Des saints tels Columba, Patrick, Ninian, David, Cuthbert. D'autres dont les noms ne sont à présent plus grand chose d'autre que des noms de lieux, tels les saints de Cornouailles. Cependant, chacun de ces saints pouvait chanter cette antique hymne de l'Église, Phos ilaron, avec une joie, un but, une Foi. "Joyeuse Lumière de la sainte gloire du Père.. il est digne de Te célébrer en tout temps par des louanges, ô Fils de Dieu et donateur de Vie: c'est pourquoi le monde entier Te glorifie!"

L'épître de la Liturgie du jour éclaire cette Foi (Rom. 5,1/10). Paul exprime les qualités de vie d'un croyant. Paul écrit aux Romains, qui avaient été baptisés étant déjà adultes. Ils avaient changé leurs vies, accepté l'Évangile, et vivaient avec un conflit conscient entre le bien et le mal. Devant eux, la vision de la gloire de Dieu. Tout autour d'eux, les tentations du monde païen. Paul dit que "Étant donc justifiés par la foi, nous sommes en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ. À Lui, nous devons d'avoir accès à cette grâce où nous demeurons fermes, et nous mettons notre fierté en l'espérance de la gloire de Dieu." Mais Paul dit que ce n'est pas qu'en ça que nous pouvons "mettre notre fierté." Il y a aussi nos souffrances : "nous mettons notre fierté jusque dans nos afflictions, car nous savons que l'affliction produit la patience, la patience mène à la fidélité, et la fidélité conduit à l'espérance. Or, l'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit-Saint qui nous a été donné." Paul dit que lorsque le Christ mourut pour nous, nous étions dans l'impasse : "À peine accepterait-on de mourir pour un juste; peut-être, pour un homme de bien, consentirait-on à mourir. Mais voici une preuve de l'amour de Dieu pour nous: au temps où nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous." Ceci est vrai même pour les saints, et vrai pour nous qui luttons pour arriver à leur ressembler. Paul continue : "Si, étant encore ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de Son Fils, à plus forte raison après réconciliation, serons-nous sauvés par Sa vie." Le langage de Paul fait référence au baptême que ses lecteurs avaient vécu comme adultes, expérimentant leur cheminement vers la lumière de la véritable connaissance d'eux-mêmes et de leur Sauveur. Le Christ ou le système, mon Dieu ou ma survie physique? Paul avait eu à faire face à la question et avait choisi le Christ. Ainsi en fut-il de tous les martyrs.

L'Évangile, c'est uniquement 2 versets (Mt 6,22-23). La signification est limpide. "La lampe du corps, c'est l'oeil. Ton oeil est-il sain, ton corps entier jouira de la lumière; ton oeil est-il malade, ton corps entier sera dans les ténèbres. Si la lumière qui est en toi est ténèbres, combien épaisses seront les ténèbres elles-mêmes." Jésus dit que l'oeil apporte la lumière intérieure, ou la clairvoyance, ou la sagesse, au corps tout entier. La différence entre vue et aveuglément, c'est la capacité de l'oeil à percevoir la lumière et à la communiquer au cerveau afin que l'image soit comprise, et devienne sujet de réflexion. Le même processus, qu'il prenne une milliseconde ou une minute. "Si l'oeil est sain," dit Jésus; et le terme pour sain, "aplous," peut signifier seul, ou simple ou généreux. Dans un verset antérieur de ce chapitre, Jésus a dit qu'un disciple devrait être généreux dans ses dons à Dieu; et dans la Prière du Seigneur (v. 9-13), Il a ramené la question de nos relations à Dieu à des termes très simples : Foi, bonnes oeuvres, repentance, et pardon des offenses d'autrui. Cette constance que Jésus avait enseignée dans ce chapitre, est en contraste avec l'inconstance et le double jeu des hypocrites. Le mot pour malade, "poneros," comporte la suggestion de fausseté ou de tromperie : du mal, dans le sens de la Prière du Seigneur.

Ainsi donc, Jésus enseigne que si votre oeil spirituel est concentré sur la source de lumière, Dieu notre Père céleste, vous verrez l'intérieur de votre coeur avec clarté; mais si vous avez une vision à 2 niveaux, une vision spirituelle défectueuse, si vous êtes un hypocrite, vous ferez l'impossible – vous tenterez de servir des buts contradictoires, Dieu et l'argent, comme Jésus l'explique plus loin au verset 24. Dieu, pas le système; le Christ, pas ma survie physique.

Parfois, nous pourrions penser que si nous pouvions vivre dans une situation entièrement Orthodoxe, en Grèce, à Chypre, ou dans quelqu'autre patrie de la Foi, notre propre vie spirituelle serait bien plus complète, plus sainte. C'est une illusion. La vérité est que dans chaque pays il y a des problèmes pour la Foi et des tentations pour la vertu. Toujours la même question : Christ ou le système, mon Dieu ou ma survie physique? Il y a toujours besoin de lutter; il y a toujours besoin de prier "alla risai imas apo tou ponirou." Les Nouveaux Martyrs de Grèce, et de Russie, et tous les saints de Grande Bretagne ont tous vécu la même lutte. Simplement, cette lutte c'est pour voir la Lumière, pour être pleinement baigné de lumière, et pour refléter cette Lumière au monde. Et quand nous réalisons cet effort, même si nous échouons et que nous avons à recommencer la lutte, alors nous permettons aux autres de voir la gloire. Car, comme le disait saint Irénée de Lyon, "la gloire de Dieu, c'est l'homme vivant, et la vie de l'homme, c'est de voir Dieu" (S. Irenaeus, Adv. Haer. IV, xx, 6).

Diacre Michael R. Brett-Crowther, 6 juillet 2003

Le diacre Michael est un clerc du patriarcat de Constantinople; avec la bénédiction du métropolite roumain Joseph, il sert dans la paroisse roumaine de la Protection de la Mère de Dieu à Toulouse, France.


Αγιος Νικόλαος, Αρχιεπίσκοπος Μύρων της Λυκίας, ο Θαυματουργός
Saint Nicolas, archevêque de Myre en Lycie et thaumaturge

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