"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

23 février 2008

Martyre de saint Polycarpe de Smyrne

icone orthodoxe de saint Polycarpe de Smyrne
Appartenant au groupe des "Pères Apostoliques," auteur important du début du 2ème siècle, saint Polycarpe fut un disciple immédiat des Apôtres. Il naquit au temps de Vespasien, vers l'an 70, fut converti à la Foi Chrétienne dès son enfance, sous le règne de Titus. Attaché à l'Église de Smyrne, il fut un disciple de l'Apôtre saint Jean. Son biographe, Pionius, l'a dit originaire des contrées du Levant, puis amené jeune encore à Smyrne par des marchands qui le vendirent à une femme noble, nommée Callisto. Cette généreuse Chrétienne l'éleva dans la crainte du Seigneur, lui confia le soin de sa maison. Héritier des biens de Callisto, Polycarpe n'en aurait usé que pour se perfectionner dans la connaissance des Écritures, s'avancer dans la pratique de la piété, et aurait reçu le diaconat des mains de l'évêque de Smyrne, Bucolus, qui l'attacha à son Église.
Cependant, des auteurs tels saint Irénée (Adv. haereses, 1.5.33), nous apprennent que Polycarpe avec Papias suivit les leçons de Jean, l'Apôtre bien-aimé de Jésus.
Au prêtre Florin qui était tombé dans l'erreur de Valentin, Irénée écrivait (Eusèbe, Hist. eccl., 1.5.20, P. G., t. 20, col. 483) "Lorsque j'étais encore enfant, je t'ai vu en compagnie de Polycarpe, heureux au palais et soucieux de partager ses idées. Je me rappelle fort distinctement les événements de cette époque, car les souvenirs d'enfance sont plus vivaces que ceux d'un âge avancé. Je pourrais marquer distinctement la place où le très saint homme Polycarpe discourait, étant assis; je pourrais dépeindre son attitude, la forme de ses traits, rappeler les enseignements qu'il donnait au peuple, exposer les entretiens qu'il nous disait avoir avec saint Jean et les autres disciples qui avaient vu le Seigneur; je pourrais vous dire enfin comment il répétait leurs paroles et celles qu'ils avaient recueillies de la bouche même de Jésus. J'en prends Dieu à témoin, si ce saint et apostolique vieillard entendait ce que nous entendons maintenant, il se boucherait les oreilles et répéterait cette parole qui lui était familière "O Dieu bon! pour quels temps m'avez-vous conservé jusqu'à ce jour!" et il quitterait sans retard le lieu où il aurait entendu de pareils propos. "

Ce fut par les Apôtres eux-mêmes que Polycarpe fut établi évêque de Smyrne; des auteurs ont même pensé que l'Apôtre saint Jean eut, en son disciple, plus d'égard à la vertu qu'à l'âge - bref un staretz dans le sens fort du terme - , et l'ordonna avant son exil dans l'île de Pathmos. A Polycarpe, dans ce cas, s'appliqueraient les éloges de l'Apocalypse (II, 8-10) au sujet de l'ange de l'Église de Smyrne, le seul de tous déclaré irrépréhensible.

L'épiscopat de Polycarpe fut assez tranquille sous le règne de Trajan, alors que la persécution agitait l'Église dans les autres provinces de l'Empire. Saint Ignace d'Antioche, l'ami de Polycarpe, fut condamné à mort en Syrie et, de là, envoyé à Rome pour être livré aux bêtes de l'amphithéâtre. Il passa par Smyrne, heureux de voir Polycarpe et de l'embrasser avant de mourir. Arrivé à Troade, il lui adressa une lettre pour le remercier de son hospitalité; il se félicitait d'avoir pu l'entretenir et lui donnait de sages conseils pour le gouvernement de son Église; il lui demandait de communiquer en son nom avec les Églises de l'Asie Mineure, notamment avec son Église d'Antioche.

Sur la demande des fidèles de Philippes, Polycarpe leur écrivit pour les féliciter d'avoir reçu Ignace et ses compagnons de captivité; il leur exposait dans le détail les devoirs attachés aux différents états de vie en ce bas monde, leur donnait des instructions sur la réalité de l'Incarnation et de la mort du Fils de Dieu; il les félicitait d'avoir l'intelligence des saintes Écritures et les exhortait à prier pour tous les saints. Il ajoutait en terminant : "Quant aux lettres d'Ignace que j'ai pu me procurer, je vous les envoie toutes, elles vous seront d'un grand profit, respirant la Foi, la patience, l'édification". L'évêque de Smyrne alla à Rome et y séjourna, mais il est difficile de dire à quelle époque; il devait s'y entretenir avec saint Anicet, le presbytre de l'Église de Rome (il n'y avait encore ni évêque ni pape, cfr les documents d'époque), de divers sujets, de défense des vérités de la Foi, union et paix des fidèles, observances de discipline. L'accord n'existait pas entre Rome et les Églises d'Asie pour la célébration de la Pâque. Anicet et Polycarpe estimèrent que le plus sage, sur ce dernier point, était de laisser jusqu'à nouvel ordre l'Orient et l'Occident suivre leur coutume respective. Le séjour de Polycarpe à Rome fut encore utile à beaucoup de personnes qui s'étaient laissé infecter du venin de l'hérésie; l'évêque rendit un public témoignage à la vérité Orthodoxe, fit revenir sur le chemin du Salut des âmes séduites par les erreurs de Valentin et de Marcion.

Au sujet de ce dernier, le rencontrant un jour dans les rues de Rome, Marcion lui avait dit: "Ne me reconnais-tu pas?"
"Oui", répondit Polycarpe, "je te reconnais comme étant le fils premier-né de Satan!"
Simple parole qui marque l'inviolable attachement de l'évêque aux enseignements de la Foi, et bel exemple intemporel à ne pas transiger pour plaire aux idées de ce monde qui passe.

saint Polycarpe de Smyrne, gravure du 17e sieclepar Michael Burghers, vers 1685


====================================

LE MARTYRE DE POLYCARPE : LETTRE DE L'ÉGLISE DE SMYRNE

L'Église de Dieu qui séjourne à Smyrne à l'Église te Dieu qui séjourne à Philomelium et à toutes les communautés de la sainte Eglise catholique qui séjournent en tout lieu : que la miséricorde, la paix et l'amour de Dieu le Père et de notre Seigneur Jésus-Christ vous soient données en plénitude (cf. Jude 2).

1, 1. Nous vous écrivons, frères, au sujet des martyrs et du bienheureux Polycarpe, qui, par son martyre, a pour ainsi dire mis le sceau à la persécution en la faisant cesser. Presque tous les événements antérieurs sont arrivés pour que le Seigneur nous montre encore une fois un martyre conforme à l'Évangile. 2. Comme le Seigneur, en effet, Polycarpe a attendu d'être livré, pour que nous aussi nous soyons ses imitateurs, sans regarder seulement à notre intérêt, mais aussi à celui du prochain (cf. Ph 2, 4). Car c'est le fait d'une charité vraie et solide que de ne pas chercher seulement à se sauver soi-même, mais aussi à sauver tous les frères.

2, 1. Bienheureux donc et généreux tous ces martyres qui sont arrivés selon la volonté te Dieu. Car il nous faut être assez pieux pour attribuer à Dieu la puissance sur toutes choses. 2. Qui n'admirerait la générosité te ces héros, leur patience, leur amour pour le Maître ? Déchirés par les fouets, au point qu'on pouvait voir la constitution de leur chair jusqu'aux veines et aux artères intérieures, ils demeuraient fermes si bien que les spectateurs eux-mêmes en gémissaient de compassion. Ils en vinrent à un tel degré de courage que pas un d'entre eux ne dit un mot ni ne poussa un soupir. Ils nous montrèrent à tous que dans leurs tortures les généreux martyrs du Christ n'étaient plus dans leur corps, ou plutôt que le Seigneur était là qui s'entretenait avec eux. 3. Attentif à la grâce du Christ, ils méprisaient les tortures de ce monde, et en une heure ils achetaient la vie éternelle. Le feu même des bourreaux inhumains était froid pour eux, car ils avaient devant les yeux la pensée d'échapper au feu éternel qui ne s'éteint pas, et des yeux te leur coeur ils regardaient les biens réservés à la patience, biens que l'oreille n'a pas entendus, que l'oeil n'a pas vus, auxquels le coeur de l'homme n'a pas songé (1 Co 2, 9 ; cf. Is 64, 3), mais que le Seigneur leur a montrés, à eux qui n'étaient plus des hommes, mais déjà des anges. 4. De même ceux qui avaient été condamnés aux bêtes enduraient te terribles supplices ; on les étendit sur des coquillages piquants, et on leur fit subir toutes sortes de tourments variés pour les amener à renier, si possible, par ce supplice prolongé.

3, 1. Le diable machinait contre eux toutes sortes de supplices, mais grâce à Dieu, il ne put l'emporter contre aucun d'entre eux. Le généreux Germanicus fortifiait leur timidité par sa constance ; il fut admirable dans la lutte contre les bêtes ; le proconsul voulait le fléchir et lui disait d'avoir pitié de sa jeunesse ; mais il attira sur lui la bête en lui faisant violence, voulant être plus vite délivré de cette vie injuste et inique. 2. Alors toute la foule, étonnée devant le courage de la sainte et pieuse race des chrétiens, s'écria : " A bas les athées ; faites venir Polycarpe. "

4. Mais l'un d'entre eux, nommé Quintus, un Phrygien récemment arrivé de Phrygie, fut pris de peur à la vue des bêtes. C'est lui qui avait entraîné quelques frères à se présenter spontanément avec lui devant le juge. Le proconsul, par ses prières instantes, réussit à le persuader de jurer et de sacrifier. C'est pourquoi, frères, nous ne louons pas ceux qui se présentent d'eux-mêmes, puisque ce n'est pas l'enseignement de l'Évangile.

5, 1. Quant à l'admirable Polycarpe, tout d'abord il ne se troubla pas à ces nouvelles, mais il voulait rester en ville ; mais la plupart cherchaient à le persuader de s'éloigner secrètement. Il se retira donc dans une petite propriété située non loin de la ville, avec un petit nombre <> ; nuit et jour il ne faisait que prier pour tous les hommes et pour les Églises du monte entier, comme c'était son habitude. 2. Et étant en prière, il eut une vision, trois jours avant d'être arrêté : il vit son oreiller entièrement brûlé par le feu ; et se tournant vers ses compagnons il leur dit : " Je dois être brûlé vif. "

6, 1. Comme on continuait à le chercher, il passa dans une autre propriété, et aussitôt arrivèrent ceux qui le cherchaient. Ne le trouvant pas, ils arrêtèrent deux petits esclaves, et l'un d'eux, mis à la torture, avoua. 2. Il lui était donc impossible d'échapper, puisque ceux qui le livraient étaient dans sa maison ; et l'irénarque, qui avait reçu le même nom qu'Hérode, était pressé de le conduire au stade ; ainsi lui, il accomplirait sa destinée, en entrant en communion avec le Christ, tandis que ceux qui l'avaient livré recevraient le châtiment de Judas lui-même.

7, 1. Prenant avec eux l'esclave,--c'était un vendredi vers l'heure tu souper--, les policiers et les cavaliers, armés comme à l'ordinaire, partirent comme pour courir " après un bandit " (cf. Mt 26, 55). Et tard, dans la soirée, survenant tous ensemble, ils le trouvèrent couché dans une petite chambre à l'étage supérieur. Il pouvait encore s'en aller dans une autre propriété, mais il ne le voulut pas et dit : " Que la volonté de Dieu soit faite. " 2. Apprenant donc que les agents étaient là, il descendit et causa avec eux ; ils s'étonnaient de son âge et de son calme, et de toute la peine qu'on prenait pour arrêter un homme aussi âgé. Aussitôt, à l'heure qu'il était, il leur fit servir à manger et à boire autant qu'ils voulaient ; il leur demanda <> de lui donner une heure pour prier à son gré. 3. Ils le lui accordèrent, et debout, il se mit à prier, rempli de la grâce de Dieu au point que deux heures durant il ne put s'arrêter de parler, et que ceux qui l'entendaient en étaient étonnés et que beaucoup se repentirent d'être venus arrêter un si saint vieillard.

8, 1. Quant enfin, il cessa sa prière, dans laquelle il avait rappelé tous ceux qu'il avait jamais rencontrés, petits et grands, illustres ou obscurs, et toute l'Église catholique répandue par toute la terre, l'heure étant venue de partir, on le fit monter sur un âne, et on l'emmena vers la ville ; c'était jour de grand sabbat. 2. L'irénarque Hérode et son père Nicétès vinrent au-devant de lui, et le firent monter dans leur voiture ; assis à côté de lui, ils essayaient de le persuader en disant : " Quel mal y a-t-il à dire : César est Seigneur, à sacrifier, et tout le reste, pour sauver sa vie ? " Lui, d'abord, ne répondit pas, et, comme ils insistaient, il dit : " Je ne ferai pas ce que vous me conseillez. " 3. Alors, ne réussissant pas à le persuader, ils lui dirent toutes sortes d'injures, et il le firent descendre de la voiture si précipitamment qu'il se déchira le devant de la jambe. Sans se retourner, et comme si rien ne lui était arrivé, il marchait allègrement ; il allait vers le stade, et il y avait un tel tumulte dans le stade que personne ne pouvait s'y faire entendre.

9, 1. Quand Polycarpe entra dans le stade, une voix du ciel se fit entendre : " Courage, Polycarpe, et sois un homme. " Personne ne vit celui qui parlait, mais la voix, ceux des nôtres qui étaient là l'entendirent.
Enfin, on le fit entrer, et le tumulte fut grand quant le public apprit que Polycarpe était arrêté. 2. Le proconsul se le fit amener et lui demanda si c'était lui Polycarpe. Il répondit que oui, et le proconsul cherchait à le faire renier en lui disant : " Respecte ton grand âge " et tout le reste qu'on a coutume de dire en pareil cas ; " Jure par la fortune de César, change d'avis, dis : A bas les athées. " Mais Polycarpe regarda d'un oeil sévère toute cette foule de païens impies dans le stade, et fit un geste de la main contre elle, puis soupirant et levant les yeux, il dit : " A bas les athées. " 3. Le proconsul insistait et disait : " Jure, et je te laisse aller, maudis le Christ " ; Polycarpe répondit : " Il y a quatre-vingt six ans que je le sers, et il ne m'a fait aucun mal ; comment pourrais-je blasphémer mon roi qui m'a sauvé ? "
10, 1. Et comme il insistait encore et disait : " Jure par la fortune de César ", Polycarpe répondit : " Si tu t'imagines que je vais jurer par la fortune de César, comme tu dis, et si tu fais semblant de ne pas savoir qui je suis, écoute franchement : Je suis chrétien. Et si tu veux apprendre de moi la doctrine du christianismel8, donne-moi un jour, et écoute-moi. " 2. Le proconsul répondit : " Persuade cela au peuple. " Polycarpe reprit : " Avec toi, je veux bien discuter ; nous avons appris en effet à donner aux autorités et aux puissances établies par Dieu le respect convenable, si cela ne nous fait pas tort. Mais ceux-là, je ne les estime pas si dignes que je me défende devant eux. "

11, 1. Le proconsul dit : " J'ai des bêtes, et je te livrerai à elles si tu ne changes pas d'avis. " Il dit : " Appelle-les, il est impossible pour nous de changer d'avis pour passer du mieux au pire, mais il est bon de changer pour passer du mal à la justice. " 2. Le proconsul lui répondit : Je te ferai brûler par le feu puisque tu méprises les bêtes, si tu ne changes pas d'avis. " Polycarpe lui dit : " Tu me menaces d'un feu qui brûle un moment et peu de temps après s'éteint ; car tu ignores le feu du jugement à venir et du supplice éternel réservé aux impies. Mais pourquoi tarder ? Va, fais ce que tu veux. "

12, 1. Voilà ce qu'il disait et beaucoup d'autres choses encore ; il était tout plein de force et de joie et son visage se remplissait de grâce. Non seulement il n'avait pas été abattu ni troublé par tout ce qu'on lui disait, mais c'était au contraire le proconsul qui était stupéfait ; il envoya son héraut au milieu du stade proclamer trois fois : " Polycarpe s'est déclaré chrétien. " 2. A ces paroles du héraut, toute la foule des païens et des Juifs, établis à Smyrne, avec un déchaînement de colère, se mit à pousser de grands cris : " Voilà le docteur de l'Asie, le père des chrétiens, le destructeur de nos dieux ; c'est lui qui enseigne tant de gens à ne pas sacrifier et à ne pas adorer. " En disant cela, ils poussaient des cris et demandaient à l'asiarque Philippe de lâcher un lion sur Polycarpe. Celui-ci répondit qu'il n'en avait pas le droit, puisque les combats de bêtes étaient terminés. 3. Alors il leur vint à l'esprit de crier tous ensemble : " Que Polycarpe soit brûlé vif ! " Il fallait que s'accomplît la vision qui lui avait été montrée : pendant sa prière, voyant son oreiller en feu, il avait dit d'un ton prophétique aux fidèles qui étaient avec lui : " Je dois être brûlé vif " (V, 2).

13, 1. Alors les choses allèrent très vite, en moins de temps qu'il n'en fallait pour les dire : sur-le-champ la foule alla ramasser dans les ateliers et dans les bains du bois et des fagots,--les Juifs surtout y mettaient de l'ardeur, selon leur habitude. 2. Quand le bûcher fut prêt, il déposa lui-même tous ses vêtements et détacha sa ceinture, puis il voulut se déchausser lui-même : il ne le faisait pas auparavant, parce que toujours les fidèles s'empressaient à qui le premier toucherait son corps : même avant son martyre, il était toujours entouré de respect à cause de la sainteté de sa vie. 3. Aussitôt donc, on plaça autour de lui les matériaux préparés pour le bûcher ; comme on allait l'y clouer, il dit : " Laissez-moi ainsi : celui qui me donne la force de supporter le feu, me donnera aussi, même sans la protection de vos clous, de rester immobile sur le bûcher. "

14, 1. On ne le cloua donc pas, mais on l'attacha. Les mains derrière le dos et attaché, il paraissait comme un bélier de choix pris d'un grand troupeau pour le sacrifice, un holocauste agréable préparé pour Dieu.
Levant les yeux au ciel, il dit : " Seigneur, Dieu tout-puissant, Père de ton enfant bien-aimé, Jésus-Christ, par qui nous avons reçu la connaissance de ton nom, Dieu des anges, des puissances, de toute la création, et de toute la race des justes qui vivent en ta présence, 2. je te bénis pour m'avoir jugé digne de ce jour et de cette heure, de prendre part au nombre de tes martyrs, au calice de ton Christ, pour la résurrection de la vie éternelle de l'âme et du corps, dans l'incorruptibilité de l'Esprit-Saint. Avec eux, puissé-je être admis aujourd'hui en ta présence comme un sacrifice gras et agréable, comme tu l'avais préparé et manifesté d'avance, comme tu l'as réalisé, Dieu sans mensonge et véritable. 3. Et c'est pourquoi pour toutes choses je te loue, je te bénis, je te glorifie, par le grand prêtre éternel et céleste Jésus-Christ, ton enfant bien-aimé, par qui soit la gloire à toi avec lui et l'Esprit-Saint maintenant et dans les siècles à venir.

15, 1. Quand il eut fait monter cet Amen et achevé sa prière, les hommes du feu allumèrent le feu. Une grande flamme brilla, et nous vîmes une merveille, nous à qui il fut donné de le voir, et qui avions été gardés pour annoncer aux autres ces événements. 2. Le feu présenta la forme d'une voûte, comme la voile d'un vaisseau gonflée par le vent, qui entourait comme d'un rempart le corps du martyr ; il était au milieu, non comme une chair qui brûle, mais comme un pain qui cuit, ou comme de l'or ou de l'argent brillant dans la fournaise. Et nous sentions un parfum pareil à une bouffée d'encens ou à quelque autre précieux aromate.

16, 1. A la fin, voyant que le feu ne pouvait consumer son corps, les impies ordonnèrent au confector d'aller le percer de son poignard. Quand il le fit, jaillit une quantité de sang qui éteignit le feu, et toute la foule s'étonna de voir une telle différence entre les incroyants et les élus. 2. Parmi ceux-ci fut l'admirable martyr de Polycarpe qui fut, en nos jours, un maître apostolique et prophétique, l'évêque de l'Église catholique de Smyrne ; toute parole qui est sortie de sa bouche s'est accomplie ou s'accomplira.

17, 1. Mais l'envieux, le jaloux, le mauvais, l'adversaire de la race des justes, voyant la grandeur de son témoignage et sa vie irréprochable dès le début, le voyant couronné de la couronne d'immortalité, et emportant une récompense incontestée, essaya de nous empêcher d'enlever son corps, bien que beaucoup d'entre nous voulussent le faire pour posséder sa sainte chair. 2. Il suggéra donc à Nicétès, le père d'Hérode, le frère d'Akè, d'aller trouver le magistrat pour qu'il ne nous livre pas le corps : " Pour qu'ils n'aillent pas, dit-il, abandonner le crucifié et se mettre à rendre un culte à celui-ci. " Il disait cela à la suggestion insistante des Juifs, qui nous avaient surveillés quand nous voulions retirer le corps du feu. Ils ignoraient que nous ne pourrons jamais ni abandonner le Christ qui a souffert pour le salut de tous ceux qui sont sauvés dans le monde, lui l'innocent pour les pécheurs,--ni rendre un culte à un autre. 3. Car lui, nous l'adorons, parce qu'il est le fils de Dieu; quant aux martyrs, nous les aimons comme disciples et imitateurs du Seigneur, et c'est juste, à cause de leur dévotion incomparable envers leur roi et maître ; puissions-nous, nous aussi, être leurs compagnons et leurs condisciples.

18, 1. Le centurion, voyant la querelle suscitée par les Juifs, exposa le corps au milieu et le fit brûler comme c'était l'usage. 2. Ainsi, nous pûmes plus tard recueillir ses ossements plus précieux que des pierres de grand prix et plus précieux que l'or, pour les déposer en un lieu convenable. 3. C'est là, autant que possible que le Seigneur nous donnera de nous réunir dans l'allégresse et la joie, pour célébrer l'anniversaire de son martyre, de sa naissance, en mémoire de ceux qui ont combattu avant nous, et pour exercer et préparer ceux qui doivent combattre à l'avenir.

19 1. Telle fut l'histoire du bienheureux Polycarpe, qui fut, avec les frères de Philadelphie, le douzième à souffrir le martyre à Smyrne ; mais de lui seul on garde le souvenir plus que des autres, au point que partout les païens eux-mêmes parlent de lui. Il fut non seulement un docteur célèbre, mais aussi un martyr éminent, dont tous désirent imiter le martyre conforme à l'Évangile du Christ. 2. Par sa patience, il a triomphé du magistrat inique, et ainsi il a remporté la couronne de l'immortalité ; avec les Apôtres et tous les justes, dans l'allégresse, il glorifie Dieu, le Père tout-puissant, et bénit notre Seigneur Jésus-Christ, le sauveur de nos âmes et le pilote de nos corps, le berger de l'Église universelle par toute la terre.

20 1. Vous aviez désiré être informés avec plus de détail sur ces événements ; pour l'instant, nous vous en avons donné un récit sommaire par notre frère Marcion. Quand vous aurez pris connaissance de cette lettre, transmettez-la aux frères qui sont plus loin pour qu'eux aussi glorifient le Seigneur qui fait son choix parmi ses serviteurs. 2. A celui qui, par sa grâce et par son don, peut nous introduire tous dans son royaume éternel par son fils unique Jésus-Christ, à lui la gloire, l'honneur, la puissance, la grandeur dans les siècles (cf. 1 Tm 6, 16 ; 1 P. 4, 11 ; Jude 25 ; Ap 1,16; 5,13 ; etc.).
Saluez tous les saints (cf. Rm 16, 15; Hé 13, 24; etc.)
Ceux qui sont avec nous vous saluent, et aussi Erariste qui a écrit cette lettre, avec toute sa famille.

21. Le bienheureux Polycarpe a rendu témoignage au début du mois de Xanthique, le deuxième jour, le septième jour avant les calendes de mars, un jour de grand sabbat, à la huitième heure. Il avait été arrêté par Hérode, sous le pontificat de Philippe de Tralles, et le proconsulat de Statius Quadratus, mais sous le règne éternel de notre Seigneur Jésus-Christ ; à lui soit la gloire, l'honneur, la grandeur, le trône éternel de génération en génération. Amen.

Appendice.
22, 1. Nous vous souhaitons bonne santé, frères, marchez selon l'Évangile, dans la parole de Jésus-Christ ; avec lui, gloire à Dieu le Père et au Saint-Esprit, pour le salut des saints élus. C'est ainsi que témoigna le bienheureux Polycarpe ; puissions-nous marcher sur ses traces, et être trouvés avec lui dans le royaume de Dieu.
2. Gaïus a transcrit cette lettre sur le manuscrit d'Irénée, disciple de Polycarpe ; Gaïus a vécu avec Irénée. Et moi, Socrate, je l'ai copiée d'après la copie de Gaïus. La grâce soit avec tous.
3. Et moi, à mon tour, Pionius, je l'ai copiée sur l'exemplaire ci-dessus ; je l'ai recherché, après que le bienheureux Polycarpe me l'eût montré dans une révélation, comme je le raconterai par la suite. J'ai rassemblé les fragments presque détruits par le temps ; que le Seigneur Jésus-Christ me rassemble aussi avec ses élus dans le royaume du ciel ; à lui la gloire avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Amen.

Appendice du manuscrit de Moscou.
1. Gaïus a copié ceci dans les écrits d'Irénée ; il avait vécu avec Irénée, qui fut disciple de saint Polycarpe.
2. Cet Irénée, qui était à Rome à l'époque du martyre de l'évêque Polycarpe, instruisit beaucoup de personnes. On a de lui beaucoup d'écrits très beaux et très orthodoxes ; il y fait mention de Polycarpe, disant qu'il avait été son disciple ; il réfuta vigoureusement toutes les hérésies et nous transmet la règle ecclésiastique et catholique, telle qu'il l'avait reçue du saint.
3. Il dit aussi ceci : Marcion, d'où viennent ceux qu'on appelle les marcionites, ayant un jour rencontré saint Polycarpe, lui dit : " Reconnais-nous, Polycarpe. " Mais lui dit à Marcion : " Je reconnais, je reconnais le premier-né de Satan. "
4. On lit aussi ceci dans les écrits d'Irénée : Au jour et à l'heure où Polycarpe souffrit le martyre à Smyrne, Irénée se trouvant à Rome entendit une voix pareille à une trompette qui disait : Polycarpe a été martyrisé.
5. Comme on l'a dit, c'est donc dans les écrits d'Irénée que Gaïus a copié ceci, et Isocrate à Corinthe l'a transcrit sur la copie de Gaïus. Et moi, Pionius, à mon tour je l'ai copié sur l'exemplaire d'Isocrate, que j'avais recherché d'après une révélation de saint Polycarpe. J'en ai rassemblé les fragments presque détruits par le temps. Que le Seigneur Jésus-Christ me rassemble aussi avec ses élus dans la gloire du ciel ; à lui la gloire avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles.
Amen.


enluminure, martyre de saint QuiriceLe Chrétien, objet de "toutes les attentions humanistes" de la part des non-Chrétiens
(martyre de saint Quirice)

Kosovo, Moyen-Orient: L'Occident a-t'il un "problème Orthodoxe"? (Carnegie Endowment for International Peace)

L'Occident a-t'il un "problème Orthodoxe"?
http://blog.foreignpolicy.com/node/8222



Jeudi 21/2/2008 - 4:08pm


ANDREJ ISAKOVIC/AFP/Getty Images

Les scènes vues ce jour sur CNN, ces dirigeants politiques et religieux Serbes tenant des cierges dans une Vigile pour protester contre l'indépendance du Kosovo, de même que les protestataires
voyous boutant le feu à l'ambassade des USA à Belgrade, rappellent l'article de Graham Fuller à la une de l'édition janvier-février de FP "A World Without Islam" ("Un monde sans l'islam"). Dans cet article, Fuller met en exergue les critiques de l'islam, disant qu'il ne faut pas assumer qu'un Moyen Orient qui serait dominé par le Christianisme Orthodoxe serait plus enclin à accepter l'influence occidentale que ne l'est le Moyen Orient actuel. Avec les Chrétiens Serbes luttant à présent pour préserver ce qu'ils considèrent comme étant leur patrie religieuse, il a peut-être mis le doigt sur quelque chose de vrai:

"La culture de l'Église Orthodoxe diffère radicalement de l'ethos occidental post-siècle des Lumières, qui met l'accent sur le sécularisme, le capitalisme, et la primauté de l'individu. Elle conserve toujours des craintes persistantes à propos de l'Occident, qui sont en bien des cas à mettre en parallèle avec les actuelles craintes musulmanes: craintes du prosélytisme missionnaire occidental, une tendance à percevoir la religion comme un moyen-clé pour la protection et la préservation de leurs propres communautés et culture, et la méfiance face au caractère "corrompu" et impérialiste de l'Occident. En effet, dans un Moyen Orient Chrétien Orthodoxe, Moscou jouirait d'une influence particulière, même aujourd'hui, en tant que dernier centre principal d'Orthodoxie orientale. Le monde Orthodoxe serait demeuré une clé dans l'arène géopolitique de la rivalité Est-Ouest dans la Guerre Froide. Après tout, Samuel Huntington incluait le monde Chrétien Orthodoxe parmi les quelques civilisations entraînées dans choc culturel avec l'Occident."

Quoi que vous puissiez penser de la représentation de Fuller, il semble certainement remarquable que les Etats Unis et l'Union Européenne sont prêts au bras de fer avec la Russie en faveur d'un pays musulman et au détriment d'un pays Chrétien. Si le fossé continue à se creuser entre une Russie de plus en plus religieuse et l'Occident, devra-t'on attendre longtemps avant de commencer à voir paraître des chroniques titrées "La Menace Orthodoxe" ou "L'échec de la politique Orthodoxe"? Ne trouvez-vous pas que "Orthofascisme" n'a pas vraiment la même tonalité?
Joshua Keating

1779 Massachusetts Avenue, NW, Washington, DC 20036
Phone: 202-939-2230
Publié par le "Carnegie Endowment for International Peace."


*-*-*-*-*-*-*-*


La cathédrale Saint-Sava est donc le lieu où les manifestants ont achevé par la prière leur journée. Précision : les manifestants, pas les émeutiers. On ne sera surpris de ce choix que si on méconnaît l'histoire réelle de la Serbie, et la différence radicale entre Serbe et communiste de nationalité Serbe ou Yougoslave. Le premier est Orthodoxe, et est persécuté depuis 7 siècles, avec de rares périodes d'accalmie, correspondant (qui l'eut crû?) aux périodes où la Serbie n'était pas sous occupation étrangère, directement ou par apatrides locaux interposés.
Car le second, le communiste, il est apatride et athée.


Le premier ministre Serbe, Vojislav Kostunica, à gauche, et Tomislav Nikolic, chef du Parti Radical, participant aux prières dans la cathédrale Saint-Sava, après une manifestation massive contre la déclaration unilatérale d'indépendance du Kosovo. Belgrade, 21 février 2008. Au moins 150.000 Serbes se sont rassemblés dans le centre de Belgrade ce jeudi, pour manifester contre cette indépendance du Kosovo, faisant craindre des violences urbaines (AP Photo)

On remarquera que dans toutes les photos mises en ligne par les agences de presse, on ne trouve qu'une seule sur ce rassemblement gigantesque à la cathédrale patriarcale. La violence des débordements d'une poignée est surexploitée par nos média, et là où se trouve la majorité des légitimes manifestants, quasiment pas de reportage. Bizarre, non?



Des manifestants se tiennent sur le monument de Karadjordje Petrovic, en face de la cathédrale Saint-Sava, à Belgrade. Karadjordje Petrovic fut le chef de la Première Révolte Serbe contre l'Empire Ottoman. REUTERS/Djordje Kojadinovic

On pourrait être étonné qu'une telle foule aille vers une église, habitués que les gens sont à voir de petites églises, et surtout les manifestations se terminant chez nous au bistrot ou en barbecue. Seulement, la cathédrale Saint-Sava, construite sur l'emplacement même où les Turcs Ottoman ont profané et brûlé les saintes reliques de saint Sava (ils ne détruisaient pas que les vivants, s'en prenant aussi aux défunts), achevé de construire en 2004, est immense. Elle peut accueillir à l'intérieur quelque 10.000 fidèles. Elle n'a pas été financée en vendant des "saufs conduits" pour échapper à un lieu imaginaire entre Hadès et Royaume des Cieux, ni avec le butin de pillages, ce sont les fidèles qui ont construit leur cathédrale.




Jarinje, 22/2/2008. REUTERS/Marko Djurica
des soldats Français comme gardes d'une frontière fictive imposée à un Etat indépendant. L'Occident vient d'allumer la mèche... Il n'y a hélas plus beaucoup de soldats de la carrure du Colonel Pierre-Henri Bunuel pour tenter d'éteindre la mèche et d'empêcher l'ignoble de se reproduire...


18 février 2005 : Un ancien officier des services secrets français révèle les plans des USA et de l’OTAN visant à soutenir les terroristes islamiques dans les Balkans :
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article2086
(je n'ai pas visité le restant du site, mais cet article-là et ses informations devraient être mieux connues, elles corroborent ce que j'ai pu voir sur place en 1992.. déjà..)
version anglaise d'origine :
http://globalresearch.ca/articles/BUN502A.html


The National Post, 6 avril 2004, general-major Lewis Mackenzie : en 1999, dans les Balkans, nous avons bombardé le mauvais côté... Celui qui a été le commandant en chef des forces armées des 31 nations alliées présentes à Sarajevo en 1992 dénonce la manière dont les Albanais manipulent les Occidentaux, les faux charniers, les vrais massacres de Serbes, les provocations des Albanais n'hésitant pas à bombarder leur propre population pour faire accuser les autres, la maffia leur servant de gouvernement, et les dangers pour l'Occident de favoriser la naissance d'un Etat-bandit islamique en aidant l'UCK à s'emparer de la province serbe du Kosovo. Il disait tout cela en 2004...

Ayant pris sa retraite des forces armées canadiennes en 1993, après 36 ans de service, l'ancien général-major Lewis MacKenzie est commentateur géopolitique pour divers média nord-américains.




résumé version FR
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article1544

complet en version US:
We bombed the wrong side?
http://www.freerepublic.com/focus/f-news/1112681/posts


L'avertissement n'a pas porté,
on continue à aller droit au mur...



Une étudiante Serbe face aux soldats US servant dans la KFOR, les forces de maintien de la paix de l'OTAN fermant temporairement le point de contrôle de Jarinje, sur la frontière [fictive; ndt] entre Serbie et Kosovo, 22/2/2008. Les forces de la KFOR ont empêché des bus de citoyens de Serbie de venir se joindre à une manifestation d'étudiants de Mitrovica, craignant que des voyous Serbes, les mêmes ayant attaqué l'ambassade US et d'autres ambassades à Belgrade jeudi, ne soient mêlés dans les bus. Certains des manifestants Serbes ont jeté des pierres et des bouteilles vides sur la police de l'ONU qui garde un pont principal sur l'Ibar, au nord de la ville de Mitrovica. (AP Photo/Srdjan Ilic)


Un Kosovar conduit sa charrette, passant devant un mur peinturluré, dans la ville de Gnjilane, province du Kosovo, 19 février 2008. Le Kosovo a fait sécession de la Serbie le week-end dernier et a été aussitôt reconnu par les Etats Unis et les principales puissances européennes,mais le nouveau pays s'est retrouvé en opposition avec la Russie et plusieurs pays d'Europe qui refusent que le Kosovo devienne un pays. (AP Photo/Visar Kryeziu)

(visez les drapeaux représentés et le commentaire.. ou devrais-je dire, les commanditaires?)

source photos & (c) news.yahoo.com


"you are leaving Kosovo - KFOR"
"vous quittez le Kosovo - KFOR"
source, Carsten Koall/Getty Images

Malgré les avertissements de nombre de spécialistes sur l'erreur géostratégique et géopolitique majeure que cela représenterait, en plus d'être une atteinte crapuleuse à la souveraineté d'un Etat indépendant membre de l'ONU, la force militaire d'interposition et d'administration ONU de la province Serbe du Kosovo affichait les intentions occidentales depuis longtemps : priver un pays d'une partie de son territoire. Anglais (avec l'Écosse, Irlande, Pays de Galles), Français (avec la Corse, Bretagne), Américains (avec Puerto Rico, Alaska, Nouveau Mexique, Texas), Belgique (Flandre), Allemagne (officiellement 2,4 million de Turcs), etc, risquent bientôt de recevoir la facture locale des dégâts causés chez autrui. Les attentats de New York, Madrid et Londres étaient clairement les conséquences des horreurs que ces pays avaient commises en Irak; ça n'aurait donc hélas rien de surprenant... Je dis "hélas" parce que ce seront encore et toujours d'innocents civils qui paieront les crimes commis par les "politiques," et qui paieront soit à cause d'attentats, soit à cause d'une destruction du tissus socio-économique de leur pays, par le biais de son démantèlement dû à une grande poussée de fièvre indépendantiste planétaire.


Les USA sont prêts à enflammer et manipuler les communautés étrangères en Europe, non dans l'intérêt de ces communautés, dont ils n'ont rien à f..., mais exclusivement dans l'intérêt géopolitique nord-américain.
présence turque en Europe, chiffres officiels 2005, source



Le pire dans tout ça? C'est que ce sont encore et toujours des cohortes de populations civiles (peu importe l'ethnie, la religion, la culture) qui vont souffrir, voire mourir. Tout ça pour quoi? Pour ce satané fric. Monde déchu! KYRIE ELEISON!


22 février 2008

Vie de saint Photios, patriarche de Constantinople, par Despina Stratoudaki White



Saint Photios fut patriarche de Constantinople de 858 à 867 et de 877 à 886.
Il fut un intime des puissants, un homme de court, un intellectuel, un encyclopédiste, un professeur, et quelqu'un avide d'étudier tout ce que les livres offraient. En même temps, il fut un ferme défenseur de l'Orthodoxie, le sauveur de Constantinople, le père de son troupeau, et un conseiller spirituel auprès de rois.

Dans ses écrits et ses activités, Photios incarna le schéma intellectuel qui représenta l'esprit byzantin dans les siècles qui suivirent. Au 9ème siècle commence avec Photios, comme l'exprime fort justement le professeur Zakythinos, "l'orbis byzantinus." Photios d'une famille aisée de la haute société. Son père, Sergios, était spatharios au palais (officier de la garde impériale); sa mère s'appelait Irène.

Il semble qu'un membre de sa famille – bien qu'il ne soit pas clair de qui il s'agit – épousa quelqu'un de la famille impériale; c'est ainsi que Photios était de la lointaine parenté de la dynastie Amorienne. Il avait 4 frères; Sergios et Constantine qui devinrent protospartharii (officiers supérieurs de la garde impériale); Tarasios qui devint patrikios, et Theodoros qui était probablement le plus jeune et que Photios appelle simplement "frère." Son père était parent du patriarche Taraise, que Photios appelait "oncle du côté de son père." Dans ses écrits, Photios fait constamment référence aux souffrances endurées par ses parents pour leur foi, souffrances sans aucun doute endurées pendant les persécutions iconoclastes de la première partie du 9ème siècle.


bague du Patrikios Leontios, 990-1030bague du Patrikios Leontios (990-1030).
Les membres de la court byzantine portaient souvent de massives bagues en or gravées avec des invocations religieuses et leurs titres. Celle-ci, pesant 30g, dit en grec : "Seigneur, aide Leontios, patrikios et conte de l'Opsikion gardé par Dieu." L'Opsikion était une des 4 régions ("themes") originales du Byzantium; à son époque, sa capitale était Nicée [ndt = Iznik, dans la Turquie Ottomanisée]. Patrikios était un titre accordé aux principaux gouverneurs et généraux.
Source: "Ring of Leontios [Byzantine] (1982.282)". In Timeline of Art History. New York: The Metropolitan Museum of Art, 2000.


Les différents biographes du patriarche fixent sa date de naissance au premier quart du 9ème siècle, avec, selon Beck, une date généralement acceptée, vers 820.
Au sujet de son âge, Photios y fait parfois référence indirecte. Il appelait le patriarche Nicéphore (Nikephoros) son "contemporain." Dans un autre passage, il déclare qu'il était très jeune lorsqu'il commença à écrire son Lexicon, et très vieux et fatigué lorsqu'il acheva son Amphilochia, entre 867 et 869, au cours de son premier exil.
Ce dernier ouvrage était adressé à Amphilochios, métropolite de Cyzique (Kyzikos), et il y décrit l'époque comme "le temps de tous les maux." Un autre détail aussi important pour établir l'âge de Photios, c'est l'information qu'il fournit au sujet de l'anathème prononcé contre son père, son oncle Taraise, et lui-même, par le dernier synode iconoclaste, qui a eu lieu en 837.

miniature de manuscrit byzantin montrant les iconoclastes en oeuvre, en parallele avec les soldats crucifiant le Christ
Dès son jeune âge, Photios se dédia à l'étude. Jusqu'à récemment, l'opinion commune était que Photios s'était formé de lui-même, car il ne mentionnait pas ses professeurs. De nos jours cependant, comme nous en apprenons plus à propos du système d'éducation byzantin, en particulier grâce aux vies des saints, nous pouvons suivre en détail l'éducation de Photios. A présent, il est établi que le Byzantium avait un système d'éducation de base qui comprenait la grammaire, la rhétorique, la logique ou dialectique, à savoir le trivium; et l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie et la musique, à savoir le quadrivium [trivium & quadrivium formant ensemble les "arts libéraux"]. Selon toutes probabilités, l'étudiant qui souhaitait faire de hautes études devait venir à Constantinople. Là, soit il entrait à l'école pour les hautes études pour le clergé, l'Académie patriarcale, ou à l'université, qui était subsidiée par le gouvernement. Niketas, le biographe d'Ignace (Ignatios) disait que Photios "était très versé dans la grammaire, la philosophie, la poésie, et la rhétorique."

Dans une lettre au protospatharios Michel, Photios définissait ce que l'éducation signifiait pour lui. Il conseillait à son ami "d'éduquer les enfants de sorte qu'ils leur soient une source de joie quand ils sont jeunes, et des compagnons stables une fois adultes." Par ces paroles, selon le professeur Tatakis, ce n'est pas le Photios patriarche qui s'exprime, ni le théologien, mais Photios l'amoureux de la connaissance. Il est dans la tradition d'Aulus Gellius, de Cicéron, d'Isocrates, un admirateur de l'Antiquité, un humaniste. Comme il en ressort clairement de sa vie et des informations que nous en possédons, Photios sut toujours, que ce soit comme simple citoyen, puis comme important membre du gouvernement impérial, puis comme patriarche durant les paisibles années de sa vie, et par après durant les années d'exil et d'épreuves, comment offrir sa connaissance à quiconque entrait en contact avec lui. Krumbacher l'appelle "le grand enseignant de sa nation." Dans son enthousiasme comme enseignant, Photios ressemble à un de ces grands éducateurs des anciens temps Chrétiens, saint Basile de Cappadoce.

Avant de devenir patriarche, et après son retour d'exil, Photios sera professeur de philosophie et dialectique à l'université du palais Magnaura. Il était encore jeune homme lors de sa première nomination à la fonction; c'est la conjecture que nous tirons des écrits de certaines critiques à propos du jeune enseignant. Fréquemment, un groupe d'étudiants attendait le retour du professeur rentrant de ses devoirs étatiques, et Photios appréhendait ce moment agréable. Il exerçait une grande influence sur ses jeunes disciples, et son but dans leur éducation était toujours, comme cela avait été pour Origène, de guider leurs esprits vers un profond respect religieux.

Nombre des conférences qu'il a données durant cette période ont survécues. Pendant cette même période, Photios continua la correspondance littéraire dont nombre de lettres nous sont parvenues. Les sujets qu'il abordait étaient aussi divers que leurs destinataires: à un historien, il écrivait "à propos des titres romains;" à des scientifiques, "à propos des affaires médicales," et "qu'est-ce qu'un aimant;" à Léon le Philosophe, quand ce dernier dirigeait l'université de Magnaura, Photios écrivit une lettre "à propos du verbe 'être'."

Dans le Byzantium du 9ème siècle, la logique et la méthode aristotéliciennes de recherche étaient les seules démarches scientifiques admises. Au sujet de ses préférences philosophiques, Photios est considéré comme un "aristotélicien déclaré," mais Platon ne lui était pas étranger. Il écrivit à propos des Catégories d'Aristote, et bien qu'il n'était pas d'accord avec la "République" de Platon, il fit sienne ses idées à propos des images. L'influence platonicienne est suggérée dans le texte de sa 17ème homélie, écrite à l'occasion de la dédicace de l'Icône de la Toute Sainte (Panagia) à Hagia Sophia. Voici un extrait :

la Theotokos, fresque au plafond a Hagia Sophia, Constantinople
"Ces choses sont exprimées tant par les récits que par les images, mais ce sont les spectateurs plutôt que les auditeurs qui sont attirés à l'émulation. La Vierge tient entre ses bras le Créateur, en enfant. Qui se trouvant là ne s'émerveillerait pas en voyant cela plutôt qu'en entendant en parler, vu l'ampleur du mystère, et qui ne se lèverait pas pour louer la condescendance qui surpasse toutes paroles."

fresque de la Theotokos a Constantinople


empereur iconoclaste Theophilosl'empereur Theophilos
Chronique de Ioannis Skylitzès, 11ème s.

Après la mort de dernier empereur iconoclaste, Theophilos (820-842), une régence fut établie, consistant de l'impératrice Théodora, de Theoktistos le logothète du Drôme (a); du patrice Bardas, frère de Théodora; et de son oncle, le magister (b) Emmanuel l'Arménien]. Théodora souhaitait restaurer la vénération des Icônes. Cependant, il fallut un an à la régence pour parvenir à évincer le patriarche iconoclaste, Jean le Grammairien, et à élire un nouveau patriarche, Methodios, appartenant au parti des iconophiles. Contrairement à l'impératrice Irène (797-802), qui fut entravée par une opposition militaire lors de la convocation du 7ème Concile Oecuménique en 787, Théodora avait le soutien de l'armée en convoquant un concile en mars 843, qui révoqua les décrets iconoclastes et réaffirma les Canons du Concile de Nicée de 787. En mémoire de cet événement,le premier dimanche du Grand Carême est appelé Dimanche de l'Orthodoxie, et est encore de nos jours fêté par l'Église Orthodoxe partout dans le monde, avec des Offices et hymnes dédiés. Le nouveau patriarche, Methodios, rappela les évêques qui avaient été exilés du fait de leur Foi et iconophilie, et avaient souffert au court des troubles iconoclastes. Cependant, il fut en même temps très prudent pour ne pas nommer évêque des hommes ayant des vues extrémistes, afin d'éviter tout accroissement dans la résistance des zélotes face à ses efforts pour ramener la paix dans l'Église.

(a) Logothète du Drôme = Le logothètes des Postes avait la charge de la diplomatie et du service postal impérial. Il avait dans ses attributions la réception des ambassadeurs étrangers.
(b) magister= fonctionnaire qui contrôlait l'ensemble des officia et l'administration impériale tout entière.

icone du Dimanche du Triomphe de l'Orthodoxie
Pendant ce temps, dans le gouvernement, le pouvoir réel passait progressivement à Theoktistos, car Théodora le préférait aux autres membres de la régence. Theoktistos avait prouvé être quelqu'un de très compétent, et, en même temps, un très fidèle serviteur. Il avait servit Michel II, le père de Theophilos, et l'empereur Theophilos, qui l'avait nommé au conseil de régence pour son fils Michel. Il servit Théodora avec le même zèle et la même dévotion. Theoktistos, reconnaissant les capacités administratives de Photios, le nomma protoasecretis (c) vers 851, avec aussi le rang de protospatharios (d). Cela signifiait que Photios était le directeur de la chancellerie impériale, ou, d'après Anastase le Bibliothécaire, "directeur de l'office des asecretis." Certains chercheurs pensent que la nomination de Photios comme protoasecretis eu lieu beaucoup plus tôt, probablement vers 843, et que Photios succéda à l'iconoclaste Zelix. Le mystère entoure encore le personnage de Zelix, qui occupa cette haute position dans le Byzantium. Le suivant que nous savons avoir occupé le poste de protoasecretis est Photios. Ensemble avec Theoktistos et Bardas, ils initièrent à trois un programme éducationnel à long terme. Ce fut durant la régence que Léon le Mathématicien, Photios et par la suite Constantin-Cyril enseignèrent à l'université. Comme le décrit le p. Dvomik:

"Le régime de Theoktistos représente la continuation du mouvement littéraire et scientifique qui dans le Byzantium s'étend de l'érudit patriarche Jean le Grammairien jusqu'à Léon le Mathématicien, et de Theophilos à Photios et leurs écoles."

(c) protoasecretis = chancelier, ainsi que responsable de l'enregistrement des lois et édits gouvernementaux.
(d) protospatharios = officier supérieur de la garde impériale.

Hélas, en 847, en la 4ème année de son élévation, le patriarche Methodios mourut, et lui succéda Ignatios, du parti des extrémistes. Ignatios, ou Niketas tel qu'il avait été baptisé, était le fils de l'empereur Michel I Rangave (811-813). Il fut tonsuré après la mort de son père, et se retira comme abbé du monastère qu'il avait fondé sur l'île de Trebinthos. Par contraste avec Photios, Igniatios détestait l'érudition séculière, et passa le plus clair de sa vie jusqu'à sa nomination comme patriarche à chercher la perfection monastique.


Stoudion de Constantinople, miniature du 11e siecleStoudion de Constantinople, miniature du 11ème siècle
source

Il semble qu'une faction du clergé iconophile dirigée par les moines du Stoudion, dans leur zèle pour préserver le Christianisme traditionnel, était opposée tant au contrôle gouvernemental qu'à toute sorte d'érudition séculière. C'était les ultra-conservateurs, qui estimaient que les ordres et les écrits ecclésiaux devaient être être suivis en toutes circonstances avec la plus grande vigueur. D'un autre côté, le restant des iconodules étaient favorable à une sorte "d'économie," à savoir une politique de compromis dans les domaines ne concernant pas les fondamentaux de la Foi et aussi vis-à-vis du clergé iconoclaste. Les modérés souhaitaient oublier les événements de la période iconoclaste, qui avait tenu le Byzantium dans un désarroi interne pendant près d'un siècle et demi. Dans ce groupe, on trouvait Bardas, Photios (avant de devenir patriarche), Constantin-Cyril, et d'autres hommes de lettres. Le patriarche Ignatios appartenait au parti des irréductibles ultra-conservateurs, et il était le choix de la pieuse et iconodule impératrice Théodora. Niketas, le biographe d'Ignatios, insinue que l'impératrice aurait eu un rôle-clé dans l'élévation d'Ignatios au trône patriarcal. Anastasios le Libraire, qui avait été envoyé par le pape de Rome pour examiner les positions d'Ignatios, reconnaît dans sa préface aux Actes du 8ème Concile le fait qu'Ignatios traitait avec un suprême mépris tout ce qui était érudition séculière. A cet égard, il partageait les sentiments des irréductibles moines et zélotes, un contraste flagrant avec la longue ligne d'érudits qui avaient siégé sur le siège patriarcal du Byzantium, des hommes tels que les patriarches Nikephoros, Taraise, Jean le Grammairien et Methodios.

Cependant, il n'y avait pas d'opposition apparente de la part de l'épiscopat envers le nouveau patriarche, comme il en ressort par l'hommage rendu à Ignatios par les amis du défunt patriarche Methodios. A la tête de ce groupe, on trouvait l'évêque de Syracuse, Grigorios Asbestas, qui avait lui-même été envisagé comme patriarche. Il semble que Grigorios avait été accusé de quelqu'indiscrétion au sujet de l'ordination d'un prêtre, et son cas n'avait pas été clarifié par l'Église à l'époque. Prêt à accepter le nouveau patriarche, Grigorios avait amené son groupe à l'église afin de rendre hommage à Ignatios lors de son intronisation. Mais l'intransigeant Ignatios ordonna à Gregorios de sortir de l'église Hagia Sophia. La querelle entre le nouveau patriarche et Gregorios s'intensifia lorsqu'elle devint en fait querelle entre les modérés, représentés par Gregorios et ses disciples et ses amis, et les extrémistes du parti Ignacien. Gregorios fit appel à Rome, et le pape Léon IV de Rome adressa une lettre à Ignatios, le réprimandant pour sa décision. On possède 3 sources contemporaines de ces événements, mais elles sont toutes de partisans d'Ignatios, et il est dès lors difficile de restituer le cas objectivement. Néanmoins, le fait est qu'Ignatios manquait du tempérament et de la capacité diplomatique nécessaire pour unifier l'Église. Au contraire, il provoqua un schisme interne dans le clergé.

Entre-temps, Bardas, qui avait acquis la confiance de son neveu, fut élevé par le jeune empereur au rang de magister, et fut aussi nommé domestique des écoles, à savoir chef de la garde impériale. Bien vite,il fut aussi nommé curopalates, une dignité qui n'était conférée qu'aux tous proches de l'empereur. Bardas et Theoktistos voulaient tous deux diriger le gouvernement, et tous deux avaient des vues différentes sur la manière de le faire, le premier étant modéré, et le second plutôt réactionnaire. Un des deux était de trop. Le 13 mars 856, Michel III parvint à l'âge adulte et remis le contrôle du gouvernement à son oncle Bardas, l'élevant au rang le plus haut – celui de César. C'est alors que Bardas et Michel décidèrent d'éliminer Theoktistos. Bardas assassina Theoktistos avec l'approbation de l'empereur, et Théodora et ses soeurs furent consignées pendant quelque temps au palais avant d'être envoyées dans un couvent. Le Sénat, d'un autre côté, applaudit à la décision de Michel de règner sans conseil de régence. Les modérés reprenaient espoir. Cependant, les extrémistes, avec le patriarche Ignatios à leur tête, étaient prêts à agir. Le signal fut donné lorsqu'en la fête de la Théophanie en 858, dans Hagia Sophia, le patriarche Ignatios refusa, en présence de tous les dignitaires, de donner le sacrement de la sainte Eucharistie à Bardas. Il basait son acte sur les rumeurs au sujet des relations illicites entre Bardas et la jeune veuve de son défunt fils. Bardas attendit son tour. Le moment vint lorsqu'il décida de confiner dans un couvent sa soeur, l'impératrice Théodora, et ses filles, et qu'il demanda au patriarche de bénir leurs voiles. Ignatios refusa de le faire et protesta aussi contre l'exécution d'un certain Gédéon, qui, prétendant être le fils de l'impératrice, avait suscité un complot contre Bardas. Ignatios fut accusé de haute trahison et exilé vers ses monastères sur l'île de Terebinthos. Il n'est pas clair si le patriarche a ou n'a pas démissionné. Jusqu'à récemment, le point de vue des partisans d'Ignatios prévalait, basé sur l'information donnée par Niketas, le biographe d'Ignatios. Ils croyaient qu'Ignatios n'avait pas démissionné. Cependant, en relisant bien le texte de Niketas, il est évident qu'Ignatios a dû avoir démissionné, probablement sous la contrainte, car dans le cas contraire ses partisans auraient pu avoir la vie encore plus dure. Le texte dit:

"Ne penseriez-vous pas que l'illégalité de l'investiture provenait du fait qu'après qu'Ignatios n'ait pas accepté de démissionner honorablement, ils avaient pris sur eux – certains hommes de l'entourage de l'empereur – de s'occuper du reste de l'affaire... Ils ordonnèrent le spatharios et protoacretis Photios comme patriarche de Constantinople."

La démission d'Ignatios était très importante par rapport à la canonicité de la position de Photios. Et Photios lui-même, dans sa lettre d'intronisation adressée aux patriarches d'Orient (Antioche, Jérusalem et Alexandrie) fait référence à la démission d'Ignatios. De même, dans sa lettre au pape de Rome, Nicolas I, Photios écrit: "J'ai reçut cette haute position de celui qui était patriarche avant moi."

saint Photius sur son trone patriarcalsaint Photius sur son trône patriarcal
Chronique de Ioannis Skylitzès, 11ème s.
Madrid, Biblioteca Nacional

L'empereur Michel III et Bardas avaient choisit Photios comme patriarche. Comme chef de la chancellerie impériale, Photios avait fait preuve d'un talent peu commun pour les affaires pratiques et administratives, et pendant qu'il était à l'université, il avait été admiré dans les cercles d'érudits. L'offre arriva comme une surprise pour Photios, du fait de son état de laïc. Ceci n'était cependant pas une procédure inhabituelle dans le Byzantium. Trois autres patriarches - Paul III (688-694), Taraise (+ 806), et Nikephoros (+ 815) – étaient, comme Photios, laïcs, avant d'être élevés au siège de Constantinople, et avaient tous les 3 servit comme protoasecretis. Le premier effort de Photios fut de ramener la paix au sein de l'Église. Cela ressort du texte qu'il avait choisit pour son premier sermon, qu'il avait prononcé depuis l'ambon d'Hagia Sophia le jour de sa consécration, titré "Paix sur la terre, bienveillance parmi les hommes."

De même, suite à son accession et comme il était de coutume, Photios envoya une lettre au pape de Rome Nicolas I et aux 3 autres patriarches en Orient. Dans la lettre au pape de Rome, Photios, après avoir confessé son attachement à l'Orthodoxie, déclara qu'il aurait préféré rester avec ses livres et ses chers élèves, mais qu'il avait accepté de devenir patriarche "en obéissance à la volonté de Dieu, Qui le punissait ainsi pour ses transgressions." Dans un autre épitre à Bardas, Photios se plaignait à nouveau d'avoir été forcé par ce même Bardas de monter contre son gré sur le trône. La lettre de Photios parvint à Rome au début de l'an 860. La réponse du pape de Rome à Photios fut brève mais amicale. Il écrivait qu'il était satisfait de la profession de foi du nouveau patriarche, mais qu'il était quelque peu ennuyé par la manière dont il avait été ordonné. Pour cette raison, ajoutait-il, il envoyait 2 légats à Constantinople afin d'examiner les circonstances de la démission d'Ignatios.

Les 2 légats du pape de Rome, Rodoald et Zacharias, arrivèrent à Constantinople et assistèrent au synode convoqué par Photios en 861. Ils étaient aussi mandatés pour demander la restitution des patrimoines de Sicile et de Calabre, de même que ceux d'Illyrie, à la juridiction de Rome. Ces patrimoines avaient été confisqués au pape romain par les empereurs iconoclaste du siècle précédent. Pour cette partie-là de leur mission, les légats romains n'obtinrent pas gain de cause auprès du patriarche. Cependant, ils trouvèrent que l'élection de Photios était légale et canonique, et après avoir achevé leur mission, ils rentrèrent à Rome. Déçu parce que les patrimoines n'avaient pas été restitués à Rome, le pape Nicolas I rejeta les conclusions de ses légats, et en 863, il convoqua un synode au Latran à Rome, qui déposa Photios et rétablit Ignatios.

Pendant ce temps, l'Église de Constantinople était entrée dans une période d'intense activité missionnaire, sous la direction de Photios (858-867). Le premier contact avec les Rhos eut lieu lors de la deuxième année de Photios comme patriarche, le 18 juin 869, lorsqu'une flotte de 200 navires s'introduisit dans le Bosphore et attaqua Constantinople. Les Rhos, ou Rus, un peuple scandinave, avaient fait leur première apparition dans l'histoire en 839, lorsque le 18 mai de cette année-là, une ambassade byzantine fut reçue par Louis le Pieux à Ingelheim. Dans les Annales Bertiniani, il est dit que les ambassadeurs Grecs étaient venus avec quelques hommes "qui se, id est gentem suam, Rhos vocari dicebant." Ils étaient venus voir l'empereur à Constantinople afin de négocier un traité commercial, mais vu qu'il n'était pas sûr pour eux de retourner par la route de l'Orient, Theophilos les avait envoyés avec l'ambassade, demandant à Louis de veiller à ce qu'ils puissent retourner dans leur pays en toute sécurité. Les Rhos s'installèrent en deux centres, à Kiev vers 840 et à Novgorod vers le milieu du 9ème siècle. Ils y vécurent en paix et firent commerce avec les Byzantins jusqu'en 860, quand ils attaquèrent Constantinople. A l'époque, l'empereur était parti en campagne contre les Arabes en Asie Mineure, et la flotte impériale était au combat contre les Arabes en Méditerranée La ville de Constantinople était totalement sans défense. Les Rhos pillèrent les faubourgs et les petites îles dans le détroit. Le préfet de la ville et le patriarche étaient chargés de la défense de la ville. Photios, dans 2 sermons mémorables prêchés dans l'église d'Hagia Sophia, encouragea le peuple effrayé de Constantinople à placer toute leur confiance en Dieu et à se dresser contre les attaquants. Le siège fut soudainement levé et les envahisseurs quittèrent la ville après que la "sainte tunique" de la Vierge ait été portée en procession par le patriarche tout au long des murailles de la ville et que le vêtement ait été plongé dans l'eau, déclenchant une grande tempête. Nous apprenons le sauvetage miraculeux de Constantinople par un sermon de Photios.

Protection de la Mere de Dieu, icone contemporaine anglophone
L'importante conséquence de cette attaque fut que peu après, les ambassadeurs des Rhos furent baptisés par le patriarche à Constantinople. Dans sa lettre encyclique de 867, Photios annonçait aux autres patriarches de l'Orient que les Rhos vivaient à présent comme citoyens et ambassadeurs de l'empire. Bien que plus d'un siècle s'écoula avant la conversion finale de la "Rus Kiévaine" au Christianisme, conversion qui eut lieu en 987/988 avec l'acceptation de Christianisme par le prince Vladimir et son mariage avec une princesse byzantine Porphyrogénète (d), la Christianisation effective de la Rhos commença à l'époque de Photios.

(d) Porphyrogénète = "né dans la pourpre" – surnom attribué aux empereurs byzantins dont le père était empereur, et partant, aux membres de la famille impériale en ligne directe.

Vers la fin de 860, l'empereur Michel III et le patriarche Photios décidèrent de renouveler les contacts avec les Khazars, un peuple Turc qui était apparu vers la fin du 6ème siècle dans le nord du Caucase. Vers le milieu du 7ème siècle, ils avaient occupé la région entre la Volga et le Dniepr jusqu'aussi loin au nord que la ceinture de forêts de la Russie Centrale et du Haut Oka. L'empereur Heraklios, en 627, avait établit un accord avec les Khazars, qui promettaient de garder le nord du Caucase contre les Perses. En 733, le fils de Léon III, le futur empereur Constantin V, épousa Irène, la fille du Khagan des Khazars. C'est cette princesse Khazar qui introduisit le tzitzakion (e) – son costume national – à la court du Byzantium. L'importance des Khazars pour les Byzantins ressort clairement du Livre des Cérémonies, 10ème siècle, où le dirigeant des Khazars venait au second rang après le calife de Bagdad dans le protocole diplomatique pour les dirigeants non-Chrétiens.

(e) costume "fleurit"? - tzizakion en grec venant de "çiçek" en turc, fleur. Cfr Constantin VII Porphyrogenète "De Cerimoniis Aulae Byzantinae" (Cérémonial du Couronnement des Byzantins)

royaume Khazar au 9eme siecle
Dans le passé, Constantinople avait plusieurs fois tenté d'évangéliser les Khazars, mais cela n'avait pas eu beaucoup de succès. Il semblait que les Khazars étaient bien plus enclins à échanger leur religion shamanique pour le judaïsme ou l'islam. En fait, la religion juive était dominante dans la classe supérieure, et les rabbins Juifs étaient très influents à la court Khazare.

Malgré leurs préférences religieuses, les Khazars restèrent cependant des alliés du Byzantium. L'ambassade qui fut envoyée fin 860 de Constantinople vers la court Khazare était dirigée par Constantin-Cyril, un ami de longue date de Photios, depuis l'université, et par son frère Methodios [ndt: futurs saints Cyril et Méthode]. Constantin-Cyril et son frère Methodios étaient nés à Thessalonique, dans une famille de la haute société Grecque. Leur père était droungarios dans l'armée, à savoir commandant de 5 bataillons. Les 2 frères reçurent leur première éducation à Thessalonique, où ils eurent l'opportunité d'entrer en contact avec les nombreux Slaves qui vivaient dans cette ville, et d'y apprendre diverses langues slaves. Lorsque Constantin-Cyril eut 17 ans, il partit pour Constantinople, où, sous la protection de Theoktistos, il travailla et étudia à l'université de Magnaura et y rencontra Photios. Son frère Methodios, étant jeune homme, fut nommé par l'empereur Michel III comme chef d'une des provinces slaves du fait de sa connaissance des langues slaves. Methodios se retira bientôt de ce poste et entra au monastère sur le Mont Olympe en Bythinie. Quand bien même il avait la chance de pouvoir obtenir une place élevée dans le gouvernement, Constantin, lorsqu'il eut 23 ans (d'après la légende), choisit de devenir prêtre. A la fin de l'an 850 ou au début de 851, il fut nommé enseignant à l'université, où il rejoignit, en tant que collègue, Photios et Léon le Philosophe, ses anciens professeurs. Dès lors, il n'est pas étonnant que Constantin fut choisit comme chef de l'ambassade auprès des Khazars. Constantin, accompagné de son frère, passa l'hiver en Cherson, en Crimée, où Constantin améliora sa connaissance de l'hébreu et appris même le dialecte samaritain, afin d'être à même de débattre de la Loi de Moïse avec les puissants rabbins à la court du chef Khazar, probablement à Samander sur le bas Terek, ou dans le Derbent l'été suivant. Les convertis au Christianisme ne furent pas particulièrement nombreux au cours de cette ambassade, quelque 200, mais l'alliance avec les Khazars était renforcée, et demeura étroite jusqu'au déclin de leur pouvoir vers le début du 10ème siècle.

Cependant, l'Église Byzantine continua son activité missionnaire en Mer Noire durant la décennie de 860, ce qui amena le patriarche Photios à exprimer sa satisfaction dans une lettre à l'archevêque de Bosporos. Il dit que la Mer Noire, "d'une mer inhospitalière, était devenue en effet une mer hospitalière," cette dernière expression étant l'ancien nom pour la Mer Noire.


l'Europe vers 900L'Europe en 900
source



Omurtag I de Bulgarie fait massacrer les Chretiens, vers 820Omurtag I "le bâtisseur", khan de Bulgarie de 815 à 831, fait massacrer l'évêque Manuel et les Chrétiens
Chronique de Ioannis Skylitzès, 11ème s.


menologue de Basile II, miniature, le massacre des Chretiens par les BulgaresLes Bulgares massacrent les Chrétiens
Ménologue de Basile II

source

Peu après que l'ambassade soit rentrée du pays des Khazars, une autre mission de grande importance fut confiée aux frères, Constantin-Cyril et Methodios, en Moravie. Le long traité entre la Bulgarie et le Byzantium, signé en 814 par le Khan Omortag et l'empereur Léon V, était expiré depuis 845, et n'avait pas été renouvelé. Peu après, les armées bulgares envahirent la Macédoine autour des régions des fleuves Strymon et Nestos. Durant cette période, les armées byzantines étaient engagées dans la lutte contre les Arabes en Asie Mineure, et la flotte faisait de même en Méditerranée Le gouvernement de régence de Théodora, afin d'avoir la paix sur la frontière nord, avait fait quelques concessions aux Bulgares. C'est ainsi que peu après 852, lorsque Boris succéda sur le trône de Bulgarie, il reçut des Byzantins une bande de territoire de quelque 15km de large, au sud de l'ancienne frontière de la Thrace, incluant les forteresses en ruines de Develotos et Anchialos. Boris, percevant la faiblesse des Byzantins à cette époque-là, voulut les attaquer. Mais il changea d'idée et partit vers l'ouest pour attaquer Serbes et Croates. Cependant, les Serbes capturèrent son fils Vladimir avec 12 de ses grands boyards. Boris dût se soumettre aux termes du traité de paix et rentra dans sa capitale, où il vécut paisiblement pendant quelques années. A l'ouest, le royaume de Boris s'étendait à présent jusqu'au fleuve Tisza, où il rencontrait le royaume des Francs, car les Avares, qui vivaient en Pannonie, avaient été complètement vaincus en 796 par Charlemagne, le fils de Pépin le Bref. Le roi des Francs de l'époque, Louis le Germanique, souhaitant assurer le flanc oriental de son domaine pendant qu'il combattait contre la rébellion de son fils Carloman, fit des propositions à Boris.


Le prince Boris I envoie des emissaires a l'empereur byzantinLe prince Boris I envoie des émissaires à l'empereur byzantin

Auparavant, les Francs avaient été ennemis des Bulgares. Pendant la guerre entre les Francs et le royaume des Moraves, Boris s'était tout d'abord allié au prince des Moraves, Ratislav, pour mener avec lui une guerre perdue contre les Francs en 853. Cependant, lors que Carloman, le fils de Louis, se révolta contre son père avec l'aide de Ratislav, Boris se rangea aux côtés de Louis et signa officiellement un traité avec lui en 862. Au cours des négociations, Boris avait probablement été invité par les Francs à adopter le Christianisme, et il a dû avoir été ouvert à l'idée. Sans perdre de temps, Louis écrivit au pape de Rome, Nicolas I, et il reçut de lui une lettre le félicitant pour sa réalisation. S'inquiétant du rapprochement entre Bulgares et Francs, Ratislav envoya une ambassade à Constantinople pour leur proposer une alliance afin de contrebalancer le pacte entre Boris et Louis. En même temps, Ratislav demanda à l'empereur Michel III d'envoyer en Moravie un enseignant connaissant le slavon et qui pourrait instruire son peuple dans la religion Chrétienne. Le patriarche Photios vit l'opportunité d'étendre l'influence de l'Église grecque jusque dans les lointaines régions du Danube. Sans perdre de temps, il envoya en Moravie les 2 frères, Constantin et Méthode. La manière dont les arrangements fut accomplie nous est inconnue. Toujours est-il que dès l'été de 864, les 2 frères partirent vers le pays de Ratislav, et n'y restèrent pas plus que 4 ans. Pendant ce temps-là, Constantin utilisa un alphabet glagolitique (probablement de son invention) et traduisit les Écritures dans le dialecte slavon de Macédoine, qui était complètement différent de la langue slave utilisée en Moravie mais qui était facile à comprendre et à apprendre. Cependant, la tentative des 2 frères pour christianiser les Moraves fut un échec. Ils rentrèrent probablement à Constantinople vers la fin 867, et l'année suivante ils partirent pour Rome. La Moravie était bien trop éloignée de Constantinople et trop difficile à atteindre pour que les Byzantins puissent y exercer leur influence. D'un autre côté, la Bulgarie était un pays voisin, et là les choses se déroulèrent beaucoup mieux pour Photios et l'Église grecque.

Comme nous l'avons vu, le chef des affaires byzantines à l'époque, c'était Bardas. Étant un diplomate avisé, Bardas comprit le danger de l'alliance entre Bulgares et Francs et conclut immédiatement un traité avec les Moldaves, en 863. Ce que Bardas avait clairement pu prévoir, c'était qu'avec l'influence des Francs en Bulgarie, il y allait aussi avoir une influence croissante de Rome. Car Rome et le royaume Franc étaient devenus proches depuis temps du pape Etienne III de Rome, qui était personnellement venu à la rencontre du roi Pépin à Ponthieu le 6 janvier 754. Cette rencontre était une retombée des pressions et politiques des empereurs iconoclastes à Constantinople. La papauté romaine avait perdu présence et influence dans le Byzantium; dès lors, les papes romains étaient forcés à chercher de puissants alliés en Occident.

De plus, les Lombards qui avaient fondé un royaume dans le nord de l'Italie menaçaient Rome. D'après les Annales, le pape Étienne de Rome rencontra le roi Pépin dans une villa qui est appelée Querzy (Aisne), et suggéra au roi qu'il devrait le défendre, lui et l'Église romaine, contre les attaques des Lombards. Après que le roi ait acquiescé à sa demande, le pape romain le consacra avec la sainte onction, ainsi que ses 2 fils, Charles et Carloman. Plus tard, en 800, Charles (Charlemagne) sera couronné saint empereur romain d'Occident par le pape Léon III de Rome.

Charlemagne mourut en 814 après un long règne, et Louis I le Pieux lui succéda comme empereur. En 825, son fils Louis le Germanique reprit le gouvernement de Bavière, et progressivement étendit son domaine à toute la Germanie carolingienne. Ensuite il se tourna vers l'Est, contre les Moraves, et pour ce faire, il eut besoin de l'aide des Bulgares. De plus, comme nous l'avons vu, il avait des problèmes avec son fils Carloman. Cet effort eut pour résultat le pacte Franco-Bulgare d'un côté, et l'alliance Byzantino-Morave de l'autre. Suite à ces événements, au printemps de 864, une armée byzantine envahit la Bulgarie par le sud pendant que ses alliés Moraves envahissait par le nord.

carte du premier royaume de Bulgarie a son apogee
La flotte byzantine arriva elle aussi devant la côte bulgare, bloquant les ports. Durant cette période, les Bulgares souffrirent d'une terrible famine. Boris capitula rapidement, abandonna son idée d'une alliance avec les Francs, et promit d'être baptisé par le patriarche de Constantinople. Les prières du pape de Rome étaient donc exaucées, à un petit détail près : au lieu de missionnaires Romains et Francs, les Grecs avaient été choisis pour être les instruments de Dieu pour la conversion des Bulgares.

bapteme de Boris I de BulgarieBaptême de Boris-Michel de Bulgarie
Chronique de Ioannis Skylitzès, 11ème s.

Boris fut baptisé et reçut le prénom de Michel, suivant celui de son parrain, l'empereur byzantin. Dans certains documents, il est affirmé que c'est le patriarche Photios lui-même qui accomplit la cérémonie. A cette occasion, Photios envoya à Boris-Michel une lettre longue et très intéressante, dans laquelle il expliquait comment un prince Chrétien devrait se comporter dans sa vie privée et publique. Cette lettre, chef d'oeuvre de rédaction, est considérée comme un des meilleurs exemples de l'art byzantin de composition d'épitres. Elle appartient au genre du "Fürstenspiegel," si connu de la Grèce classique et du Byzantium [= "miroir des princes", specula regum; ndt]. Une autre lettre, bien plus courte, nous est aussi parvenue, adressée aussi par Photios à Boris. Bien que cette lettre n'ait été uniquement préservée par le manuscrit Iviron 684 datant du 16ème siècle, cette copie a été réalisée en recopiant un certain nombre de codices remontant jusqu'au 10ème siècle. La longue lettre à Boris est divisée en 2 parties : une traitant des devoirs d'un prince Chrétien, et l'autre donnant une brève analyse des 7 Conciles Oecuméniques.

2eme Concile Oecumenique de Constantinople, enluminure byzantine de 880, manuscrit BNF2ème concile oecuménique de Constantinople (381)
Homélies de saint Grégoire de Nazianze
(BnF MS grec 510, vers 879-882), folio 355.

Bibliothèque nationale de France


Cependant, Boris restait indécis quant à choisir entre Rome et Constantinople. Pour finir, il se tourna à nouveau vers son allié précédent, l'empereur Louis II le Germanique, et en 866, il lui demanda d'envoyer un évêque et des prêtres en Bulgarie. En même temps, il demanda à Rome pour avoir un évêque. Le pape de Rome Nicolas I décida de tirer le plus partit de l'opportunité que la demande de Boris lui offrait. Il envoya immédiatement comme légats pontificaux 2 évêques, Paul de Populania et Formuse de Porto, avec des missionnaires, et pendant quelque temps, tout se passa bien en Bulgarie pour l'Église romaine. Boris était si content des nouveaux missionnaires qu'il fit un serment solennel de rester à jamais fidèle serviteur du successeur de saint Pierre.

En même temps, le pape de Rome lui écrivit une longue lettre expliquant en détail les devoirs quotidiens d'un Chrétien, en 106 chapitres. Nicolas voyait finalement ses espoirs et rêves s'accomplir.

Pour les Byzantins, c'était une situation grave et menaçante. Les armées des Bulgares pouvaient franchir les frontières du Byzantium à n'importe quel moment. De plus, la situation à Constantinople était très grave. César Bardas, qui dirigeait en pratique l'empire, avait été assassiné. Le meurtrier était Basile, un favori de Michel III, qui avait été élevé du rang de garçon d'écurie à celui de compagnon permanent de l'empereur, et finit par être nommé co-empereur. Il y a des preuves que l'empereur lui-même fut complice du meurtre de Bardas.

Les Byzantins avaient à regagner les Bulgares, mais la tâche ne fut pas facilement accomplie. Les missionnaires Grecs, qui avaient été forcés de quitter la Bulgarie, s'étaient plaints de certaines innovations que leurs rivaux occidentaux introduisaient en Bulgarie. Par exemple, les Latins permettaient aux Bulgares de boire du lait et manger du fromage pendant le Grand Carême, une pratique interdite par l'Église d'Orient. L'Église d'Occident interdisait aux prêtres d'être mariés, alors qu'en Orient, un prêtre pouvait être marié avant son ordination. Ce qui était beaucoup plus grave, c'est que les Latins enseignaient que le Saint Esprit procédait non seulement du Père, tel qu'expliqué dans le Credo de Nicée, mais aussi du Fils. La procession du Saint Esprit avait occupé les pères des Églises d'Orient et d'Occident des premiers siècles du Christianisme. Le Premier Concile Oecuménique à Nicée (325), en composant le Credo, déclara simplement : "Et dans le Saint Esprit, Seigneur et Donateur de Vie, qui procède du Père, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils." Le 3ème Concile Oecuménique à Ephèse (431) et le 4ème à Chalcédoine (451) interdirent toute addition ou altération au Credo de Nicée-Constantinople. L'Église d'Orient a depuis lors préservé le Credo inaltéré. En Occident, tout d'abord en Espagne à cause des hérésies ariennes, le Concile de Tolédo en 589 ajouta le "Filioque," c'est-à-dire que l'Esprit procéderait aussi du Fils. Richard Haugh croit que l'addition ne fut pas intentionnelle mais due à l'ignorance. Le roi Wisigoth Récarède, en prononçant le "Filioque," croyait qu'il suivait le Credo nicéen. D'Espagne, le Filioque fut adopté par les théologiens Carolingiens. Le patriarche Paulin d'Aquilée écrivait au Synode de Fioul de 796: "et dans le Saint Esprit, le Donateur de vie, qui procède du Père et du Fils." Quelques années plus tard, en 809, Charlemagne convoqua un concile à Aachen, qui approuva l'ajout du Filioque au Credo. Cependant, lorsque Charlemagne demanda au pape de Rome Léon III de l'inclure dans le texte du Credo de Nicée, Léon refusa. Plus tard, le pape de Rome Nicolas I, dans une correspondance avec le patriarche Photios, défendit l'ajout, disant que plusieurs "hommes illustres, en particulier des Latins, avaient écrit à propos de la procession du Saint Esprit par le Père et le Fils." Il fit aussi remarquer que "la vérité ne provient pas uniquement des Grecs."

L'Église d'Orient avait continué à demeurer fidèle aux décrets des Conciles Oecuméniques et aux enseignements des pères Cappadociens et d'Athanase le Grand, en particulier quand à la consubstantialité de l'Esprit avec le Père et le Fils. Le père Jean Meyendorff exprima le concept byzantin de la Trinité par les mots de saint Athanase : "Le Père accomplit toutes choses par le Verbe dans le Saint Esprit."


Empereurs Basile I et Léon VIEmpereurs Basile I et Léon VI
Chronique de Ioannis Skylitzès, 11ème s.
Madrid, Biblioteca Nacional
Source: English Wikipedia


empereur byzantin Michel IIIMichel III
Source: English Wikipedia

Avec le consentement de l'empereur Michel III et de son co-empereur Basile, le patriarche Photios envoya une lettre encyclique aux patriarches d'Antioche, Alexandrie et Jérusalem, convoquant un Concile général pour l'été 867 à Constantinople. Le but de ce Concile était d'examiner et condamner les pratiques sus-mentionnées des Latins en Bulgarie, de même que la doctrine de la procession du Saint Esprit à la fois du Fils et du Père. Hélas, le peu qui nous soit parvenu des événements de ce synode et la maigre information que nous en avons ne provient que de sources anti-Photios. Ce qu'on peut en déduire avec certitude, c'est que le Concile a eu lieu, et que de nombreux évêques y ont participé. Le pape de Rome Nicolas I fut condamné pour les pratiques des Latins en Bulgarie; la doctrine romaine de la procession du Saint Esprit par le Père et le Fils fut rejetée comme hérétique, et l'interférence romaine dans les affaires de l'Église byzantine fut déclarée illégale; l'iconoclasme fut à nouveau condamné, et en clôture du Concile, Louis II le Germanique fut reconnu comme empereur d'Occident. Le patriarche s'occupa pendant de longues années du problème du Filioque. En conséquence, en 883, il envoya la célèbre lettre au métropolite d'Aquilée, dans laquelle il défendit de long en large la position de l'Église d'Orient sur la question. Très déçu, le patriarche écrivait :

"Il est venu à nos oreilles que certains d'entre ceux qui vivent en Occident, soit parce qu'ils ne sont pas pleinement satisfaits de la formulation du Seigneur, ou parce qu'ils n'ont pas compris les définitions et les dogmes des Pères et des Synodes, ou parce qu'ils en négligent les précisions, ou parce qu'ils ont des esprits qui sont insensibles à de telles questions, ne sachant pas de quelle autre manière quelqu'un pourrait exprimer cela, cependant, subrepticement, ils introduisent l'enseignement (on aurait aimé qu'ils s'en abstiennent) prétendant que le Divin et tout Saint Esprit ne procéderait pas seulement de Dieu, à savoir le Père, mais aussi du Fils, et par une telle affirmation est causé un très grand tort à ceux qui y croient."

A nouveau en 885, il en parla en écrivant le long traité sur la Mystatogie du Saint Esprit.

Le pape de Rome Nicolas I mourut le 13 novembre 867, sans avoir entendu la sentence prononcée à son encontre par les évêques d'Orient, et Adrien II lui succéda. Pendant ce temps, à Constantinople, des événements plus dramatiques se déroulaient. La nuit du 23 septembre 867, l'empereur Michel III fut assassiné dans ses quartiers par son "ami" Basile, qu'il avait élevé au rang de co-empereur, et qui dès lors assuma seul le pouvoir sous le nom d'empereur Basile I (867-886) et devint le fondateur de la soi-disant Dynastie Macédonienne.

En accédant au trône, Basile se rangea du côté du parti des extrémistes et décida de guérir la rupture avec Rome. D'après le récit de Georges le Moine et d'autres, Photios, probablement le jour de la Fête de saint Dimitri, 26 octobre 867, critiqua les récentes actions de l'empereur et lui refusa la sainte Communion. Dès novembre de cette même année, le patriarche Photios était déposé et confiné au monastère de Skepe. Entre-temps, Basile envoya l'amiral Helias sur l'île de Terebinthos, où résidait Ignatios, afin de l'escorter vers la capitale avec les plus grands honneurs et pompe. A son retour à Constantinople, Ignatios entama sa seconde période comme patriarche. Immédiatement, durant l'hiver de 868, Basile envoya le spatharios Euthymios à Rome pour annoncer les changements à Constantinople. Le pape de Rome Adrien II renvoya Euthymios avec Theognostos, porteurs de 2 lettres – une adressée à l'empereur, dans laquelle il le félicitait pour avoir remplacé Photios par Ignatios, et une autre au patriarche Igniatios. Le pape demanda aussi que des représentants soient envoyés de Constantinople afin de participer à un Synode romain qu'il comptait tenir l'année suivante.

grande icone orthodoxe avec rizza, representant saint Photios le grand
Accédant à la requête, l'empereur Basile I envoya une ambassade à Rome, probablement au printemps 869. Parmi les émissaires se trouvaient Basile le spatharios; un représentant d'Ignatios, Jean de Lilaison; et un de Photios, Pierre de Sardes. Une lettre fut aussi envoyée par l'empereur, demandant de l'impartialité dans le verdict, et qu'une délégation soit envoyée de Rome à Constantinople afin de l'annoncer.

L'ambassade byzantine fut reçue par le pape de Rome en l'église de Santa Maria Maggiore, où les Actes du Synode de 867 furent lus. Suite à cela, un synode eut lieu, probablement début juin, puisqu'une lettre envoyée par le pape de Rome à l'empereur faisant référence aux conclusions est datée du 10 juin 869. Le synode condamna et anathémisa Photios, y compris tous ses actes et tous les évêques et églises qu'il avait consacrés. A la fin de la rencontre, les Actes du Synode de 867 furent brûlés en face de la cathédrale Saint-Pierre, sous une pluie battante. Dans sa lettre à l'empereur, le pape de Rome lui demanda de faire aussi brûler à Constantinople les minutes du Synode de 867.

Le synode s'ouvrit le 5 octobre 859 à Constantinople, mais la participation fut très faible, seuls 12 évêques furent présents à la première session. Les légats du pape de Rome étaient les évêques Donatos et Stephanos, et le diacre Marinos, de même qu'Anastase le Bibliothécaire [Anastasios Bibliothekarios].

Lors de la 6ème session, quelque 102 évêques condamnèrent Photios et approuvèrent 27 canons. En Occident, ils considèrent ce synode comme étant le 8ème concile oecuménique, mais cela n'est pas accepté par l'Église Orthodoxe car on n'y a pas pris la moindre décision dogmatique. Dans l'Église d'Occident, le Concile de 869-870 fut tout d'abord appelé oecuménique par les canonistes du pape de Rome Grégoire VII à la fin du 11ème siècle. Le patriarche Photios, suite à cette sentence, fut envoyé en exil et Ignatios réinstauré comme patriarche.

C'est pendant ces longues années d'exil et de réclusion dans un monastère hors de Constantinople que la plupart des lettres traduites dans cette étude furent écrites. Une des plus émouvantes des lettres de Photios est adressée à l'empereur Basile I, demandant au dirigeant au moins de pouvoir récupérer ses livres, car la vie sans livres lui était insupportable.

En ce qui concerne les Bulgares, Ignatios suivit la même politique que Photios. En fait, pendant que le synode était en session et que les légats du pape de Rome étaient encore présents à Constantinople, une ambassade arriva de chez Boris-Michel, demandant une entrevue avec l'empereur et le patriarche. La réunion eut lieu en présence de Basile I. Anastasios, légat du pape de Rome, a rapporté en détail cette rencontre, quand bien même il n'avait pas été invité à y assister, un affront qu'il ne pardonnera jamais à l'empereur. Les Bulgares avait décidé de revenir à l'Église de Constantinople et de rompre leurs relations avec Rome.

Malgré les nombreux changements et décisions, le clergé de Constantinople resta fidèle au patriarche Photios, exilé. Suite à cela, Basile I, réalisant que ses ouvertures vers le parti extrémiste ne produisaient pas les avantages qu'il avait escomptés, changea de politique et transféra son amitié au parti modéré. En 873, Photios rentra à Constantinople, reçut un appartement au palais impérial, et se vit confier par l'empereur l'éducation de ses fils, Léon et Alexandre. Photios reprit aussi ses conférences à l'université de Magnaura. Trois jours après la mort d'Ignatios, le 26 octobre 877, Photios redevint patriarche de Constantinople pour la seconde fois.

Entre-temps, le pape de Rome Adrien II était décédé, à Rome, en 872, et son successeur, Jean VIII (872-882), fut très désireux de maintenir des relations paisibles avec Constantinople. A la demande de Basile I, le pape Jean VIII envoya à nouveau des légats en Orient, mais quand ils y arrivèrent, le patriarche Ignatios était décédé, et s'était vu succéder par Photios.

Le Concile de 879-880, parfois appelé "Concile de l'Union", rétablit Photios. Le patriarche promit en retour d'abandonner toute prétention en Bulgarie.

C'est ainsi que régna à nouveau la paix entre l'Orient et l'Occident. Le patriarche Photios siégea jusqu'en 886, et là, il fut forcé à démissionner par le nouvel empereur, Léon le Sage (886-912). Léon nomma son frère Stephanos comme patriarche, lequel avait déjà été destiné à cet honneur par son père, Basile I. Photios fut condamné à l'exil au monastère des Armoniens ou Arméniens, aussi appelé Bordonos.


antique mosaique de saint Photios le GrandEn médaillon supérieur, saint Grégoire l'Illuminateur,
apôtre de l'Arménie. Chez certains auteurs, saint Photios était qualifié "d'Arménien"
Mosaïque du parecclesion, église de la Theotokos Pammakaristos

source.

Dans sa vaste correspondance, Photios ne dit mot à propos des circonstances qui ont provoqué cette querelle entre lui et son ancien élève, l'empereur Léon VI. C'est pourquoi la seconde démission de Photios reste enveloppée de mystère. Le biographe de Léon VI, le moine Euthymios, qui était aussi le mentor spirituel de Léon, est le seul qui mentionne la démission de Photios; les autres chroniqueurs de l'époque n'en parlent pas. Euthymios écrit : "Au sujet de Photios, il (Léon) le releva immédiatement de son office en le démissionnant." Il est certain que le changement était question de politique intérieure. En bref, Léon VI suivit le même type de changement mental que Basile I avait eut, lui qui avait courtisé les extrémistes au début de son règne mais par la suite s'était tourné vers les modérés. On trouve la preuve de ce changement d'attitude chez le jeune monarque dans l'oraison funèbre qu'il prononça en l'honneur de son père, suite à la mort de Basile.

Quant à Photios, après une année d'épreuves, il fut envoyé dans un lieu plus agréable, où il vécut paisiblement, se consacrant à l'écriture et à la lecture. Malgré toutes ses épreuves, le patriarche Photios vécu presque centenaire. On ne connaît pas la date exacte de sa mort, mais selon certains récits, on pense qu'il serait mort le 6 février 897, sur le lieu même de son exil, dans le monastère des Armoniens. Immédiatement après, sa dépouille fut rapportée en l'église de Sainte Sophie à Constantinople, et là, en présence de l'empereur Léon VI et de tous les dignitaires, son nom fut commémoré ensemble avec celui du patriarche Ignatios : "Ignatios et Photios, les patriarches Orthodoxes, d'éternelle mémoire." Et enfin, son corps fut porté à son dernier repos au monastère d'Eremias qu'il avait fait construire quelque part la périphérie de Constantinople.

icone contemporaine de saint Photios le GrandCopyright © 1982 by the Holy Cross Orthodox Press
Traduction préservant le copyright de l'auteur, diffusion commerciale strictement interdite.
© traduction JM Dossogne 22/2/2008

***************************

Note de post-traduction : Je me suis efforcé de suivre au plus près le texte de mme Despina S. White, jusque dans ses expressions quand cela avait du sens en français. Si certains passages vous semblent étranges, imputez-en la faute au traducteur. Contrairement à ma (mauvaise?) habitude, je n'ai pas cette fois introduit de remarques dans le texte même, me limitant aux explicatifs de vocabulaire en bas de paragraphe. Les illustrations ne sont pas dans le livre d'origine. Le livre complet dont cette biographie forme le premier chapître est :

"Patriarch Photios of Constantinople: His Life, Scholarly Contributions and Correspondence Together With a Translation of 52 of His Letters," par Despina Stratoudaki White



Couverture souple, 234 pages
Holy Cross Orthodox Press, Juin 1981
langue : anglais
ISBN-10: 0916586219
ISBN-13: 978-0916586218
Présentation par l'éditeur
Despina S. White accomplit l'exploit d'une présentation concise, complète et lisible d'un homme compliqué qui est un saint pour l'Orient, anathémisé pour l'Occident [hétérodoxe; ndt], et le plus extraordinaire et illustre esprit de son époque. Saint Photios de Constantinople, "un intime des puissants, un homme de court, un intellectuel, un encyclopédiste, un professeur, et quelqu'un avide d'étudier tout ce que les livres offraient," a été largement étudié par les érudits au cour des siècles; largement cité et catalogué, vénéré et excommunié. Mais nulle part ailleurs n'est-il présenté de manière aussi complète et cependant compréhensible que dans ce petit livre. Les propres écrits de Photios, présentés ici dans une collection de 52 d'entre ses lettres, révèlent un homme de passion et de compassion, de grande érudition et de profonde Foi, qui force encore notre admiration, quand bien même il continue à attirer le mépris de ceux qu'il appelait "hérétiques" il y a plus de mille ans d'ici.



sanctuaire nord-américain de Saint-Photios, lieu de pèlerinage de la métropole grecque-orthodoxe



"Myriobiblon" de saint Photius, en traduction anglaise :
http://www.tertullian.org/fathers/photius_01toc.htm



icone des 3 piliers de l'Orthodoxie, saint Photios le Grand, saint Gregoire Palamas et saint Marc d'EpheseLes trois "piliers de l'Orthodoxie," saint Photius de Constantinople, saint Grégoire Palamas, et saint Marc d'Ephèse :
Omnes sancti Pontifices et Confessores Dei,
orate pro nobis!