"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

08 mars 2008

Si vous recevez cette visite étrange...

Et qu'il vous propose une voyage gratuit, demandez-lui le mot de passe. C'est "Jésus-Christ est Sauveur"
S'il n'arrive pas à le prononcer sans émettre une odeur fétide et sulfureuse, râlant de devoir reconnaître le messianisme de notre Seigneur Jésus, c'est la preuve qu'il n'est pas de votre monde ni du Ciel. Alors... TIREZ!



(cependant, un bon coup de tchotki / komboschini / chapelet sera plus efficace qu'une sulfateuse!)


source

Russie: le nouveau président ne se laissera pas retourner

comme une crêpe par ses homologues occidentaux..


il connaît la cuisine.. et pas que diplomatique ;-)


photo : m. Medvedev, le nouveau président russe, en cuisine, occupé à cuire les traditionnelles crêpes pour fêter la maslenitsa, ou "semaine des laitages", dernière semaine où l'on mange des produits laitiers avant d'entrer dans le Grand Carême)


Mardi de la Semaine des Laitages
huile sur toile de Boris Mikhailovich Kustodiev, 1916
(Борис Кустодиев / Astrakhan 7/3/1878 - Saint-Petersbourg 28/5/1927)

P. Vsevolod Chaplin (PM): ne vous joignez pas aux prières des hétérodoxes / oecuméniques!



Le patriarcat russe refuse les prières oecuméniques
http://www.speroforum.com/site/article.asp?id=14677


Le numéro 2 du département des affaires étrangères de l'Église exhorte les Chrétiens Orthodoxes à ne pas prier avec ceux d'autres confessions. Il dit que "de nos jours, nul ne parle sérieusement de réunification."

Mercredi 5 mars 2008

Pour les fidèles Orthodoxes, il vaut mieux ne pas prier avec ceux d'autres confessions, déclare l'archiprêtre Vsevolod Chaplin, vice président du département des affaires étrangères du patriarcat de Moscou, au quotidien russe Nezavisimaya Gazeta, dans son supplément "religion."

Précisant qu'il s'agissait de "son opinion personnelle," le p. Vsevolod dit que "visiter des églises protestantes ou catholiques-romaines, être présent à des affaires religieuses d'autres confessions ou prier devant des reliques considérées comme saintes par tous les chrétiens, c'est acceptable. Mais il vaut mieux pour les Orthodoxes de s'abstenir de prier en public ou en privé avec des fidèles d'autres confessions."

Il a fait remarquer que personnellement, il n'a jamais prié avec des représentants d'autres confessions; les délégués Orthodoxes Russes au Conseil oecuménique des églises (COE / WCC) n'ont d'ailleurs jamais prié avec les autres.

Pour l'archiprêtre, lorsqu'il s'agit de dialogue inter-confessionnel, "de nos jours, personne ne parle sérieusement de proche réunification. Presque tous en Russie sont contre de telles prières."

Questionné à propos du COE, le p. Chaplin dit que "le but du COE en matière de réunification est extrêmement éloigné, mais que le rôle de l'organisation dans des domaines tels que l'écologie, la mondialisation, les conflits internationaux et la place de la religion dans la société contemporaine reste valide."

archipretre Vsevolod Chaplin, patriarcat de Moscou


Nezavisimaya Gazeta-Religii
http://www.ng.ru/

L'archiprêtre Vsevolod Chaplin conseille de refuser de se joindre aux prières faites avec les non-Orthodoxes
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=4364


Moscou, 05 Mars 2008, 13h46, Interfax – Le vice-responsable du département des affaires étrangères du patriarcat de Moscou, l'archiprêtre Vsevolod Chaplin, considère qu'il est possible pour les fidèles Orthodoxes de prier dans des lieux de pèlerinage Chrétiens commun, mais recommande de refuser de se joindre aux prières avec des chrétiens d'autres confessions.

"Des Orthodoxes visitant des églises catholiques-romaines ou protestantes, leur présence à un office non-Orthodoxe sans prière explicite ou intérieure, des Orthodoxes priant en des lieux de pèlerinage communs – tout ça c'est permis. Alors qu'il vaut mieux refuser de se joindre à des prières publiques ou privées entre Orthodoxes et non-Orthodoxes," a déclaré le p. Vsevolod au quotidien NG-Religii.

Dans un autre entretien avec un correspondant d'Intefax-Religion, le prêtre a spécifié que "c'est son opinion personnelle."

Commentant les résultats de la récente session à Genève du Conseil oecuménique des églises, le p. Vsevolod a reconnu que ni lui ni aucun autre des délégués Orthodoxes Russes n'avait participé de quelle que manière que ce soit aux prières non-Orthodoxes.

Le prêtre a fait remarquer que les prières communes étaient pratiquées pendant la période 1960-1990, quand les Orthodoxes espéraient que cela pourrait aider à unir les Chrétiens en revenant à la Foi de l'Église ancienne.

"De nos jours, plus personne ne considère sérieusement cette réunification à courte échéance, et presque toute l'Église de Russie désapprouve de telles prières, et je pense qu'une décision de l'Église est imminente," estime le représentant du patriarcat de Moscou.

Selon lui, "le COE a été fondé pour unir les chrétiens, mais cette unité s'éloigne, et même les vieux enthousiastes oecuménistes s'en aperçoivent," et cependant, l'Église Orthodoxe de Russie "risque fort peu de quitter ce forum, où elle peut discuter de manière effective" de la mondialisation économique, de la crise écologique, des conflits mondiaux, du rôle social de la religion, etc.

+*+*+*+*+

Bonus : afin d'être bien certain qu'il n'y a pas "d'erreur de traduction qui aurait déformé la pensée" comme on me le réplique presqu'à chaque fois que je poste un texte dérangeant provenant de tel ou tel hiérarque ou haut clerc, voici la page originale en russe :

Протоиерей Всеволод Чаплин предлагает отказаться от совместных молитв с христианами других конфессий
http://www.interfax-religion.ru/orthodoxy/?act=news&div=23195

07 mars 2008

Martyre des saintes Félicité et Perpétue, Carthage, anno 203

















SAINTE FÉLICITÉ, SAINTE PERPÉTUE ET LEUR COMPAGNONS DE MARTYRE, en l'an de Jésus-Christ 202 ou 203, Sévère régnant comme empereur, et saint Zéphirin étant évêque à Rome

Le récit de ce martyre nous est connu par un texte grec et un texte latin : la Passion de Perpétue et Félicité. Les érudits qui ne sont intéressés que par les formes extérieures se sont longtemps disputés pour savoir si le texte grec prédatait le latin ou l'inverse. Peu nous importe : Le récit a connu une diffusion rapide : il est cité par Tertullien. Par la suite saint Augustin, évêque d'Hippone, y fit plusieurs fois référence. Cette "Passion" est en plusieurs parties. La première nous est parvenue sans nom d'auteur, comme bien souvent à cette époque bénie pour la vie de l'Église. Elle encadre les pages écrites par Perpétue et Saturus durant leur captivité avant l'exécution. Le rédacteur anonyme ajoute le récit du déroulement des jeux, qui se concluent par la mort des martyrs et une réflexion finale. Les partie écrites par Perpétue et Saturus sont essentiellement consacrées aux visions qu'ils eurent durant leur captivité. Entre toutes leurs discussions stériles, les érudits se sont tout de même mis d'accord sur une chose : Cette Passion, ces récits de Perpétue et de Saturus, ce sont des récits originaux, ce qui en fait la valeur historique. Le récit de Perpétue est de plus un des rares textes écrits par une femme durant l'empire romain en Occident.

*+*+*+*


Le septième jour de mars, on arrêta à Carthage, par l'ordre de l'empereur Sévère, quelques jeunes catéchumènes, Révocat et Félicité, tous deux de condition servile; Saturnin et Secondue, et Vivia Perpétue, d'une importante famille dans la ville, mariée à un homme de grande condition. Perpétue avait son père et sa mère, 2 frères, l'un desquels était aussi catéchumène, et un enfant à la mamelle, qu'elle nourrissait de son propre lait. Elle écrivit elle-même l'histoire de son martyre, telle que nous allons le donner:
"Nous étions encore avec nos persécuteurs, lorsque mon père vint faire de nouveaux efforts pour m'ébranler et pour me faire changer de résolution : "Mon père," lui dis-je, "voyez-vous ce vase de terre que voilà?" - "Oui," me dit-il, "je le vois." - "Peut-on," continuai-je, "lui donner un autre nom que celui qu'il a?" - "Non," me répondit-il. - "De même" lui répliquai-je "je ne puis être autre que ce que je suis, c'est à dire Chrétienne." À ce mot, mon père se jeta sur moi pour m'arracher les yeux, mais il se contenta seulement de me maltraiter, et se retira, confus de n'avoir pu vaincre ma résolution avec tous les artifices du démon dont il s'était servi pour me séduire. Je rendis grâce à Dieu de ce que je fus quelques jours sans revoir mon père, et son absence me laissa goûter un peu de repos. Ce fut durant ce petit intervalle que nous fûmes baptisés; le Saint-Esprit, au sortir de l'eau, m'inspira de ne demander autre chose que la patience dans les tourments.

"Peu de temps après, on nous conduisit en prison; l'horreur et l'obscurité du lieu me saisirent d'abord, car je ne savais ce que c'était que ces sortes de lieux. Oh que ce jour-là me sembla long! Quelle horrible chaleur! On y étouffait tant on y était entassés, outre qu'il nous fallait à tous moment supporter l'insolence des soldats qui nous gardaient. Enfin, ce qui me causait une peine extrême, c'est que je n'avais pas mon enfant. Mais Tertius et Pompone, 2 charitables diacres, obtinrent, à force d'argent, que l'on nous mit dans un lieu où nous fussions plus au large, et où, en effet, nous commençâmes un peu à respirer. Chacun songeait à ce qui le regardait. Pour moi, je me mis à donner à téter à mon enfant, qu'on m'avait apporté et qui était déjà tout languissant, pour avoir été longtemps sans prendre la mamelle. Toute mon inquiétude était pour lui. Je ne laissais pas toutefois de consoler ma mère et mon frère, mais surtout je les conjurais d'avoir soin de mon enfant. Il est vrai que j'étais sensiblement touchée de les voir eux-mêmes si fort affligés pour l'amour de moi. Je ressentis, ces peines-là durant plusieurs jours; mais, ayant obtenu qu'on me laisserait mon enfant, je commençai bientôt à ne plus les ressentir; je me trouvai toute consolée, et la prison me devint un séjour agréable; j'aimais autant y demeurer qu'ailleurs.

Un jour mon frère me dit: "Ma soeur, je suis persuadé que tu as beaucoup de pouvoir auprès de Dieu; demande-lui donc, je t'en prie, qu'Il te fasse connaître dans une vision, ou de quelque autre manière, si tu dois souffrir la mort ou si tu seras renvoyée." Moi, qui savais bien que j'avais quelquefois l'honneur de m'entretenir familièrement avec Dieu, et que je recevais de Lui chaque jour mille marques de Sa bonté, je répondis, pleine de confiance, à mon frère: "Demain, tu sauras ce qui en sera." Je demandai donc à mon Dieu qu'Il m'envoyât une vision, et voici celle que j'eus :
"J'aperçus une échelle toute d'or, d'une prodigieuse hauteur, qui touchait de la terre au ciel, mais si étroite, qu'en n'y pouvait monter qu'un à un. Les deux côtés de l'échelle étaient tout bordés d'épées tranchantes, d'épieux, de javelots, de faux, de poignards, de larges fers de lances; en sorte que, celui qui y serait monté négligemment et sans avoir toujours la vue tournée vers le haut, ne pouvait éviter d'être déchiré par tous ces instruments, et d'y laisser une grande partie de sa chair. Au pied de l'échelle, il y avait un effroyable dragon, qui paraissait toujours prêt à se lancer sur ceux qui se présentaient pour monter. Asture, toutefois, l'entreprit; il monta le premier. (Il s'était venu rendre prisonnier de son bon gré, voulant courir notre même fortune, car il n'était pas avec nous quand nous fûmes arrêtés). Étant heureusement arrivé au haut de l'échelle, il se tourna vers moi et me dit : "Perpétue, je t'attends; mais prends garde que le dragon ne te morde." Je lui répondis: "Je ne le crains pas, et je vais monter au Nom de notre Seigneur Jésus-Christ." Alors le dragon, comme craignant lui-même, détourna doucement la tête; et, comme je levai le pied poux monter, il me servit de premier échelon. Étant parvenue en haut de l'échelle, je me trouvai dans un jardin spacieux, au milieu duquel je vis un Homme de bonne mine, vêtu en berger, les cheveux blancs comme la neige. Il y avait là un troupeau de brebis, dont Il tirait le lait, et Il était environné d'une multitude innombrable de personnes habillées de blanc. Il m'aperçut, et, m'appelant par mon nom, Il me dit: "Ma fille, sois la bienvenue." Et Il me donna du lait qu'Il tirait; ce lait était fort épais et comme une espèce de caillé. Je le reçus en joignant les mains et je le mangeai : tous ceux qui étaient là présents répondirent AMEN. Je me réveillai à ce bruit, et je trouvai, en effet, que j'avais dans la bouche je ne sais quoi de fort doux que je mangeais (1). Dès que je vis mon frère, je lui racontai mon songe, et nous en conclûmes tous que nous devions bientôt endurer le martyre. Nous commençâmes donc à nous détacher entièrement des choses de la terre et à tourner toutes nos pensées vers l'éternité.

(*) Cet aliment, d'une saveur douce mais indécise, de couleur blanche, donné en si petite quantité et reçu avec tant de respect, suggère la sainte Eucharistie. Ce qu'il s'y joint de mystère dans l'expression ne sera qu'une preuve de plus pour qui songe combien l'Église fut longtemps soucieuse de n'être comprise que par les baptisés quand il s'agissait du Sacrement suprême. Le récit de sainte Perpétue désigne d'ailleurs évidemment le bon Pasteur. Les monuments des catacombes, des bas-reliefs de tombeaux, entre autres, représentent le divin Berger absolument de la même manière que sainte Perpétue le dépeint dans sa vision. Cfr "Souvenirs de l'Église d'Afrique".

Le Bon Pasteur, Catacombe de Priscilla
Le Bon Pasteur : Catacombe de Priscilla - 2ème moitié du 3ème siècle


"Au bout de quelques jours, le bruit ayant couru que nous allions être interrogés, je vis arriver mon père; la douleur était peinte sur son visage; un chagrin mortel le consumait. Il vint à moi : - "Ma fille," me dit-il, "aie pitié de la vieillesse de ton père, si du moins je mérite d'être appelé ton père. S'il te reste encore quelque souvenir des soins si tendres et si particuliers que j'ai pris de ton éducation; s'il est vrai que l'extrême amour que j'ai eu pour toi m'a fait te préférer à tous tes frères, ne sois pas cause que je devienne l'opprobre de toute une ville. Que la vue de tes frères te touche; jette les yeux sur ta mère, sur la mère de ton mari, sur ton enfant, qui ne pourra vivre si tu meurs; rabats quelque chose de ce courage fier; rends-toi un peu plus traitable, et ne nous expose pas tous à une honte inévitable. Qui de nous osera paraître si tu finis tes jours par la main d'un bourreau ? Sauve-toi pour ne pas nous perdre tous." En disant cela, il me baisait les mains; puis, se jetant à mes pieds tout en larmes, il m'appelait madame. J'avoue que j'étais pénétrée d'une vive douleur, lorsque je considérais que mon père serait le seul qui ne tirerait aucun avantage de ma mort. Je tachai donc de le consoler le mieux que je pus. - "Mon père" lui dis-je, "ne t'afflige pas tant, il n'arrivera de tout ceci que ce qui plaira à Dieu, nous ne dépendons pas de nous-mêmes, mais de Sa volonté." Mon père se retira avec tristesse et dans un abattement inconcevable.
Un jour comme nous dînions, on vint tout d'un coup nous enlever pour subir l'interrogatoire. Le bruit s'en étant répandu aussitôt par toute la ville, la salle de l'audience fut en un instant remplie de peuple. On nous fit monter sur une espèce de théâtre où le juge avait son tribunal. Tous ceux qui répondirent avant moi confessèrent hautement Jésus-Christ. Quand ce fut à mon tour, et comme je me préparais à répondre, voila mon père qui parait à l'instant, faisant porter mon enfant par un domestique. Il s'éloigna un peu du pied du tribunal, et, mettant en usage les conjurations les plus pressantes: "Seras-tu," me disait-il, "insensible aux malheurs qui menacent cette innocente créature à qui tu as donné la vie?" Alors le président, nommé Hilarion, qui avait succédé au proconsul Minuce Timinien, mort depuis peu de temps, se joignant à mon père: "Quoi !" me dit-il, "les cheveux blancs d'un père que vous allez rendre malheureux, et l'innocence de cet enfant, qui va devenir orphelin par votre mort, ne sont pas capables de vous toucher? Sacrifiez seulement pour la santé des empereurs." Je répondis: - "Je ne sacrifierai pas."
Hilarion reprit : -. " Vous êtes donc chrétienne?" - "Oui, je le suis" répondis-je. Cependant mon père, qui, espérant toujours de me gagner, était resté là, reçut un coup de baguette d'un huissier, à qui Hilarion avait ordonné de faire retirer mon père. Le coup me fut sensible. Je soupirai de voir mon père traité si indignement à mon occasion, et je plaignis sa malheureuse vieillesse (*). En même temps, le juge prononça la sentence, par laquelle nous étions tous condamnés aux bêtes. Après en avoir entendu la lecture, nous descendîmes du tribunal, et nous reprîmes gaiement le chemin de la prison. Dès que j'y fus rentrée, j'envoyai le diacre Pompone demander mon enfant à mon père, qui ne voulut pas me le rendre, et Dieu permit que l'enfant ne demanda plus à téter et que je ne fus pas incommodée de mon lait. Ainsi, je me trouvai l'esprit entièrement libre et sans aucune inquiétude.

(*) "Et cum staret Pater ad me dejiciendam, jussus est ab Hilariano dejici et virga percussus est. Et doluit mihi casus justrs mei quasi ego percussa fuissem, sic doluit pro senecta ejus misera". - Pauvre vieil homme! Face à tant de douleur, on ne peut que souhaiter en son coeur que les prières des Martyrs aient obtenu sa conversion.

Comme nous étions tous un certain jour en oraison, je prononçai par hasard le nom de Dinocrate. J'admirai comme une chose extraordinaire, que, n'ayant point pensé à lui depuis sa mort, je m'en souvinsse alors d'une manière si singulière. Je versai quelques larmes pour le triste accident qui nous l'avait ravi, et je connus que je serais exaucée si je priais pour lui. Je commençai donc à offrir des prières et à gémir beaucoup en la présence de Dieu. La nuit suivante, il me sembla voir sortir Dinocrate d'un lieu obscur; il était tout couvert de sueur; ses lèvres sèches et brûlées, et sa bouche entrouverte marquaient qu'il endurait une soif extrême. Son visage était pâle, couvert de crasse, et on y voyait encore la plaie qu'il y avait lorsqu'il mourut : c'était un horrible cancer à la joue. Ce Dinocrate était mon frère, mort à l'âge de sept ans. C'était donc pour ce pauvre enfant que j'avais prié avec tant d'ardeur. Au reste, il me semblait qu'il y avait un fort grand espace entre lui et moi; en sorte qu'il m'était impossible d'aller à lui. Là était un réservoir plein d'eau, mais dont le bord, plus haut que Dinocrate, ne lui permettait pas de puiser de quoi étancher sa soif. Il faisait divers efforts pour l'atteindre, mais c'était toujours en vain. Je me réveillai dans l'agitation et l'inquiétude que me causait la peine où je voyais mon frère; mais j'eus une ferme espérance que mes prières ne lui seraient pas inutiles pour la faire cesser; je ne cessais donc pas de prier jour et nuit pour ce cher frère, mêlant à mes prières mes soupirs et mes larmes. On nous transféra alors dans la prison du camp, car nous étions destinés pour servir aux spectacles qui devaient se donner dans le camp le jour de la naissance de Géta.
Nous fûmes tous mis à la chaîne, jusqu'au jour que nous devions être exposés aux bêtes. Ce fut, durant ce petit intervalle que le Ciel me favorisa encore de cette vision : ce lieu obscur, d'où j'avais vu sortir Dinocrate, me parut fort éclairé, et Dinocrate lui-même propre, bien vêtu, le visage frais, où l'on n'apercevait plus qu'une légère cicatrice à l'endroit où avait été cette plaie mortelle. Je vis aussi que les bords du réservoir étaient baissés et ne venaient plus qu'à la ceinture de l'enfant qui tirait de l'eau avec une extrême facilité; il y en avait même là un flacon tout plein, dont il buvait sans que l'eau du flacon diminua. Après qu'il eut bu, il courut jouer comme font les enfants, et je me réveillai dans le moment. Alors je compris qu'il avait été délivré des peines qu'il endurait.
Quelques jours s'étant écoulés, celui qui commandait les gardes de la prison, s'apercevant que Dieu nous favorisait de plusieurs dons, conçut une si grande estime pour nous, qu'il laissait entrer librement les frères qui venaient nous voir, soit pour nous consoler, soit pour recevoir eux-mêmes de la consolation. Mais, peu de jours avant les spectacles, je vis entrer mon père dans le lieu où nous étions, dans un accablement qu'on ne peut exprimer. Il s'arrachait la barbe, il se jetait contre terre, et y demeurait couché sur le visage, poussant de grands cri, et donnant mille malédictions au jour qui l'avait vu naître. Il regrettait d'avoir trop vécu; il appelait sa vieillesse infortunée; en un mot, il disait des choses si tristes, et se servait de termes si touchants, qu'il tirait des larmes et faisait fendre le coeur de compassion à tous ceux qui l'écoutaient. Je mourais de douleur en le voyant dans ce pitoyable état.
Enfin, la veille des spectacles j'eus une dernière vision. Il me sembla que le diacre Pompone était venu à la porte de notre prison, qu'il y frappait à grands coups, et que j'y étais accourue pour la lui ouvrir. Il était vêtu d'une robe blanche d'une étoffe fort riche, et qui était bordée d'une infinité de petites grenades d'or. Il me dit: - " Perpétue, nous t'attendons, ne veux-tu pas venir? " En même temps il me présenta la main, et nous nous mîmes tous deux à marcher par un chemin raboteux et étroit; enfin, après avoir fait plusieurs tours et détours, nous arrivâmes à l'amphithéâtre presque hors d'haleine. Pompone me conduisit jusqu'au milieu de la place, et il me dit - " Ne crains rien, je suis à toi dans un moment, et je reviens combattre avec toi." Il part en disant cela et me laisse.


catacombe Sainte Domitille, le Bon Pasteur

Comme je savais que je devais être exposée aux bêtes, je ne comprenais pas pourquoi on différait tant à les lâcher contre moi. Alors il parut un Égyptien extrêmement laid, qui s'avança vers moi avec plusieurs autres aussi difformes que lui, et il me présenta le combat; mais, en même temps, des jeunes hommes parfaitement bien faits se déclarèrent pour moi. On m'ôta mes habits, et je sentis que j'avais changé de sexe, et que j'étais devenue un athlète fort et vigoureux. Ces jeunes gens, qui s'étaient rangés de mon côté, me frottèrent d'huile, comme on a coutume d'en frotter ceux qui entrent au combat de la lutte. Mais, comme nous étions sur le point d'en venir aux mains, un homme d'une mine haute et d'un port majestueux s'approcha de nous, il avait une robe de pourpre trainante et formant plusieurs plis; elle était rattachée avec une agrafe de diamant, il tenait une baguette semblable à celle que tiennent les intendants des jeux, et il portait un rameau vert d'où pendaient des pommes d'or. Ayant fait faire silence, il dit: - " Si l'Égyptien remporte la victoire sur la femme, il lui sera permis de la tuer; mais si la femme demeure victorieuse de l'Égyptien, elle aura ce rameau et ces pommes d'or." Ayant ainsi parlé, il alla prendre sa place. Nous nous joignîmes, l'Égyptien et moi, et nous commençâmes un rude combat; il faisait tous ses efforts pour me saisir le pied, afin de me renverser; ce que j'évitais soigneusement, en lui en portant plusieurs coups dans Le visage. Je me sentis même comme élevée en l'air, d'où je frappais mon ennemi avec avantage. Enfin, voyant que la combat tirait trop en longueur, je joignis mes deux mains ensemble, en sorte que les doigts étaient entrelacés les uns dans les autres; et, les laissant tomber d'aplomb sur la tête de l'Égyptien, je le renversai sur le sable, lui mettant en même temps le pied sur la tête comme pour la lui écraser. Le peuple se mit à battre des mains, et mes généreux défenseurs joignirent la douceur de leurs chants aux applaudissements du peuple. Pour moi, je m'avançai vers l'intendant des jeux, vers cet homme admirable qui avait été le témoin de ma victoire, pour lui en demander le prix, et je reçus le rameau aux pommes d'or. En me le donnant, il me baisa, et me dit: - " Ma fille, la paix soit toujours avec toi!" Je sortis de l'amphithéâtre par la porte qui regarde celle qu'on nomme Sanavivaria. Là mon songe finit, et je me réveillai, pensant en moi-même que j'aurais à combattre, non les bêtes de l'amphithéâtre, mais les démons. Ce qui me consola, c'est que la vision qui me prédisait le combat, m'assurait en même temps de la victoire.
J'ai écrit ce qui m'était arrivé jusqu'au jour des spectacles; si quelqu'un veut continuer le récit de ce qui s'est passé depuis, il peut le faire."

Satur eut aussi une vision, qu'il écrivit lui-même en ces termes:
"Il y avait déjà quelque temps que nous étions prisonniers, lorsque tout à coup 4 Anges nous enlevèrent de la prison. Ils nous portaient sans nous toucher. Nous allions vers l'Orient. Au reste, nous ne montions pas tout droit et perpendiculairement, mais comme si nous eussions suivi la pente douce et presque insensible d'une agréable colline. Lorsque nous fûmes un peu éloignés de la terre, nous nous trouvâmes environnés d'une grande lumière. Je dis alors à Perpétue, qui était près de moi : - "Ma soeur, voici ce que le Seigneur nous avait promis, nous commençons à voir cette promesse accomplie." Après avoir fait encore quelque chemin, nous nous trouvâmes dans un jardin rempli de toutes sortes de fleurs: on y voyait des rosiers hauts comme des cyprès, dont les roses blanches et rouges, agitées par un doux zéphyr, tombaient incessamment par gros flocons, et formaient comme une neige odoriférante et de diverses couleurs. Quatre Anges, plus brillants encore que ceux qui nous avaient apportés dans ce jardin, vinrent nous aborder et nous firent mille civilités. Ils disaient à nos conducteurs avec un certain geste d'admiration : - "Les voilà donc arrivés!" Alors les 4 premiers Anges prirent congé de nous, et nous commençâmes à nous promener à pied dans ces vastes et délicieux parterres. Nous y rencontrâmes Jocond, Saturnin et Artaxe, qui, tous 3, avaient été brûlés vifs pour la Foi, et Quintus, qui était mort en prison pour la même cause. Et comme nous nous informions où étaient les autres martyrs de notre connaissance, les Anges prirent la parole, et dirent : - "Entrons, et venez saluer le Maître de ce beau jardin." On nous fit donc entrer dans le plus superbe appartement qu'on pût voir: les tapisseries qui en couvraient les murailles semblaient être faites avec des rayons de lumière, et les murailles mêmes brillaient comme si elles eussent été bâties de diamants. Nous trouvâmes dans le vestibule 4 Anges qui nous firent prendre à chacun une robe blanche. La chambre où nous fûmes introduits était incomparablement plus riche et plus éclatante que toutes celles que nous avions traversées. Des voix, les plus charmantes du monde, y faisaient entendre cette seule parole : "Saint, Saint, Saint", qu'elles répétaient sans cesse, toujours avec de nouveaux agréments. Vers le milieu de la chambre nous vîmes un Homme d'une grande beauté, si toutefois ce n'était qu'un homme; il avait de longs cheveux de la couleur d'un cygne, qui lui tombaient sur les épaules à grosses boucles. Nous ne pûmes voir ses pieds; il avait à sa droite et à sa gauche 24 vieillards, assis sur des sièges d'or, et derrière lui plusieurs personnes debout. Les 4 Anges nous firent approcher du trône; et, nous soulevant doucement, ils nous facilitèrent l'accès auprès de la personne de cet admirable jeune Homme qui nous fit l'honneur de nous embrasser. Les vieillards nous dirent d'abord de rester; ce que nous fîmes. Ensuite ils nous dirent que nous pouvions aller où bon nous semblerait, et nous divertir à mille sortes de jeux qui se pratiquent dans cette agréable demeure. Alors, me tournant vers Perpétue, je lui dis : - "Eh bien! ma soeur, vous voilà contents." - "Oui," me répondit-elle, "grâce au Seigneur. Tu savais," continua-t-elle, "que j'étais naturellement gaie et d'une humeur assez enjouée lorsque j'étais au monde; mais c'est tout autre chose maintenant, et je me sens un fond de joie que je ne puis t'exprimer." Comme nous sortions, nous trouvâmes l'évêque Optat et Aspace, prêtre et théologal de notre église, mais fort tristes et éloignés l'un de l'autre de quelques pas. Dès qu'ils nous aperçurent, ils vinrent se jeter à nos pieds, en nous disant : - "De grâce, mettez-nous d'accord." Nous leur répondîmes tout étonnés: - "Eh! n'êtes-vous pas, vous notre évêque, et vous un prêtre du Seigneur? Comment donc pourrions-nous vous souffrir ainsi à nos pieds? C'est à nous de nous prosterner aux vôtres." Et en même temps nous nous y jetâmes, et nous les embrassâmes tous deux avec beaucoup du respect et de tendresse. Perpétue se mit ensuite à s'entretenir avec eux, et nous les menâmes dans le jardin où nous nous arrêtâmes sous un rosier; mais il vint des Anges qui dirent à Optat et à Aspace - "Laissez-les se réjouir en liberté; ils n'ont que faire de vos divisions; si vous avez quelque différend ensemble, vous pouvez les vider seuls. Vous, évêque, corrigez vos diocésains, ce sont des contestations continuelles entre eux, et l'on dirait qu'ils sortent toujours du cirque, tant ils paraissent animés les uns contre les autres." Les Anges, leur ayant parlé assez rudement, firent mine de vouloir encore fermer sur eux la porte du jardin. Pour nous, nous passions doucement le temps dans cet heureux séjour, ne vivant que de parfums: ce qui est une nourriture exquise. Voilà quel fut mon songe."

En ce temps-Là Dieu appela à Lui Secondule, lorsqu'il était encore en prison. Ce fut une faveur du Ciel qui voulut bien lui faire grâce du combat des bêtes. Si son âme fut peu sensible à cette grâce, son corps du moins en profita.
Mais parlons maintenant de Félicité : Elle était enceinte de 8 mois, et, le jour des spectacles approchant, elle était inconsolable, prévoyant que sa grossesse ferait différer son martyre et qu'ensuite on la ferait mourir avec des scélérats. C'était là ce qu'elle appréhendait le plus, et que son sang pur et innocent ne fût confondu avec le sang impur et criminel de quelque assassin. Mais elle n'était pas la seule qui s'affligeât de ce retard, les autres martyrs n'en étaient pas moins affligés qu'elle. Ils ne pouvaient se résoudre à laisser exposée aux dangers de la vie présente une si aimable et si digne compagne de leurs peines. Ils se joignirent donc pour obtenir de la bonté de Dieu, que Félicité pût se délivrer avant le jour du combat. Ils furent exaucés; car à peine avaient-ils fini leur prière, qu'elle commença à ressentir les douleurs de l'enfantement. Et parce que, n'étant que dans son huitième mois, l'accouchement était beaucoup plus difficile, elle souffrait beaucoup, et la violence du mal lui faisait jeter des cris du temps en temps. Sur quoi un guichetier lui dit : "Si tu te plains à présent, que sera-ce quand tu seras déchirée par les bêtes? Il eût donc bien mieux valu sacrifier aux dieux." A quoi cette généreuse femme fit cette belle réponse : "Maintenant c'est moi qui souffre; mais alors un autre sera avec moi qui souffrira pour moi, parce que je souffrirai pour lui."

Au reste, puisque c'est la volonté du Saint-Esprit qu'on laisse à la postérité un monument éternel de la gloire que Perpétue et ses compagnons acquirent en combattant contre les bêtes; quelque indigne d'ailleurs que je sois d'un rôle si élevé, et quoique je sois persuadé que je manque de ce qui est nécessaire pour m'en acquitter comme il faut, je ne manquerai pas de l'entreprendre, pour obéir aux derniers ordres de la très sainte martyre Perpétue, ou plutôt pour exécuter ceux de la Foi même, qui semble exiger de moi ce récit, que je vais commencer par une action généreuse et pleine de fermeté, par laquelle Perpétue signala sa constance et son courage dans l'occasion qui suit: le tribun, qui avait les saints Martyrs en sa garde, les traitait avec une extrême rigueur, parce que des gens, ou mal intentionnés, ou sottement crédules, lui faisaient appréhender qu'on ne les tirât de prison par le moyen de la magie, dont les Chrétiens, en ce temps-là, étaient communément soupçonnés. Perpétue lui dit hardiment: "Osez-vous bien traiter avec cette dureté des personnes de considération, qui appartiennent à César et qui doivent honorer par leurs combats le jour de sa naissance? Pourquoi empêchez-vous qu'ils jouissent de ce peu de soulagement qui leur est accordé jusqu'à ce jour?" Le tribun, à ce reproche, rougit et demeura confus; et, voulant faire oublier à ses prisonniers le mauvais traitement qu'ils avaient reçu de lui, il donna de nouveaux ordres, portant qu'ils seraient traités plus humainement; que les frères auraient la liberté de les visiter, et qu'il serait permis à toutes sortes de personnes de leur porter des rafraîchissements. Le geôlier Pudens, qui venait de se faire Chrétien, leur rendait sous main tous les bons offices qu'il pouvait.
Or, le soir qui précède immédiatement le jour des spectacles, la coutume est de faire à ceux qui sont condamnés aux bêtes un souper qu'on nomme le "festin à volonté" ["Coena libera" - ce repas était donné dans un lieu public, en présence de la foule]; nos saints Martyrs changèrent, autant qu'il leur fut possible, ce dernier souper en un repas de charité. La salle où ils mangeaient était pleine de peuple. Les Martyrs lui adressaient la parole de temps en temps. Tantôt ils lui parlaient avec une force merveilleuse, le menaçant de la colère de Dieu; tantôt ils lui déclaraient que Dieu lui redemanderait le sang innocent qu'il allait bientôt répandre; quelquefois ils lui reprochaient d'un ton ironique sa curiosité brutale. "Le jour de demain ne vous suffira-t-il pas," disait Salur à ce peuple inhumain, "pour nous contempler à votre aise et pour assouvir la haine que vous nous portez? Vous faites semblant d'être touchés de notre destinée, et demain vous battrez des mains à notre mort, vous applaudirez à nos meurtriers. Regardez bien nos visages, afin que vous nous reconnaissiez à ce jour terrible, où tous les hommes seront jugés." Ces paroles, prononcées avec toute l'assurance et toute la fermeté que donne l'innocence, jetèrent la frayeur et l'étonnement dans l'âme de la plupart; les uns se retirèrent saisis d'une crainte vague, que le premier objet dissipa, mais plusieurs restèrent pour se faire instruire, et crurent en Jésus-Christ.

Enfin, le jour qui devait éclairer le triomphe de nos généreux athlètes parut. On les fit sortir de la prison pour les conduire à l'amphithéâtre La joie était peinte sur leurs visages, elle brillait dans leurs yeux, elle paraissait dans leurs gestes, elle éclatait dans leurs paroles. Perpétue marchait la dernière; la tranquillité de son âme se faisait voir sur son visage et dans sa démarche. Elle tenait les yeux baissés, de peur que leur grand brillant ne fit, contre sa volonté, ces effets surprenants qu'on sait que de beaux yeux sont capables de faire. Pour Félicité, elle ne pouvait exprimer la joie qu'elle ressentait de ce que son heureux accouchement lui permettait de combattre aussi bien que les autres, pensant en elle-même qu'elle allait se purifier dans son sang des souillures de ses couches. Lorsqu'ils furent arrivés à la porte de l'amphithéâtre, on voulut leur faire prendre des habits consacrés par les païens à leurs cérémonies sacrilèges: aux hommes la robe des prêtres de Saturne, et aux femmes celle que portent les prêtresses de Cérès. Mais ces généreux soldats du vrai Dieu, toujours fermes et inébranlables dans la fidélité qu'ils Lui avaient jurée, dirent: "Nous sommes venus ici de notre bon gré, sur la parole qu'on nous a donnée de ne pas nous forcer à rien faire contre ce que nous devons à notre Dieu." Cette fois-là l'injustice reconnut le bon droit et le conserva. Le tribun consentit qu'ils parussent dans l'amphithéâtre avec leurs habits ordinaires. Perpétue chantait, pensant à l'Égyptien, dont la défaite lui avait été prédite. Révocat, Satornin et Satur menaçaient la peuple du geste et de la voix. Lorsqu'ils furent vis-à-vis du balcon d'Hilarion, ils lui crièrent: "Vous nous jugez en ce monde, mais Dieu vous jugera dans l'autre." Le peuple, irrité de cette généreuse hardiesse, et désirant faire sa cour au proconsul, demanda qu'on les fit passer par les fouets [= tous les bourreaux, ayant chacun un fouet à la main, se rangeaient sur deux lignes; et à mesure que les Martyrs passaient dans le milieu, ils leur décochaient chacun un coup de fouet]. Et nos Saints se réjouirent d'être traités comme l'avait été Jésus-Christ, leur Dieu et leur maître.

Mais Celui qui a dit: "Demandez et vous recevrez l'effet de vos demandes," accorda à nos Martyrs ce qu'ils Lui avaient demandé; car, s'entretenant un jour de diverses sortes de supplices que l'on faisait endurer aux Chrétiens, les uns souhaitaient de mourir d'un genre de mort, et les autres d'un autre. Saturnin témoigna qu'il désirait de tout son coeur avoir à combattre contre toutes les bêtes de l'amphithéâtre, et il obtint en partie ce qu'il désirait; car lui et Révocat, après avoir été longtemps aux prises avec un léopard, furent encore vivement attaqués par un ours furieux, qui les harcela jusqu'auprès du théâtre où il les laissa tout déchirés. Salur ne craignait rien tant que d'être exposé à un ours; et il aurait souhaité qu'un léopard lui eût ôté la vie du premier coup de dent. Cependant, voilà qu'on lache sur lui un sanglier; mais, dans le moment même, la bête, se retournant contre le piqueur qui la conduisait, lui ouvrit le ventre avec ses défenses; puis, revenant à Satur, elle se contenta de le traîner quelques pas sur le sable. On le mena ensuite assez près d'un grand ours; mais on ne put jamais l'obliger à sortir de sa loge. Ainsi Satur entra au combat et en sortit sans avoir reçu aucune blessure.

D'ailleurs, le démon, outré de dépit de voir que le sexe le plus faible se disposait à remporter sur lui une victoire signalée, avait fait en sorte que, contre la coutume, on destinât un taureau sauvage et furieux pour combattre contre Perpétue et Félicité. On leur ôta donc leurs habits et on les enferma toutes nues dans un rets. Mais le peuple, à ce spectacle, fut touché d'horreur et de pitié tout ensemble, considérant d'une part une jeune personne délicate et de naissance, et de l'autre une femme nouvellement accouchée et dont les mamelles étaient toutes dégoulinantes de lait. On les amena donc à la barrière et on leur permit de reprendre leurs habits. Perpétue s'avance aussitôt, le bovidé la prend, l'enlève et la laissa retomber sur les reins. La jeune martyre, revenue à elle et s'apercevant que sa robe était déchirée le long de sa cuisse, la rejoignit promptement, moins occupée des douleurs qu'elle ressentait que de sa pudeur qui pouvait être blessée. S'étant relevée en même temps, elle renoua ses cheveux qui s'étaient détachés (car il n'était pas de la bienséance que les martyrs en un jour de victoire eussent le visage couvert, comme les personnes affligées se le couvrent en un jour de deuil). Ayant alors aperçu Félicité, que cette bête furieuse avait fort maltraitée, étendue sur le sable, elle courut à elle, et, lui donnant la main, elle l'aida à se relever. Elles se présentèrent encore pour soutenir une nouvelle attaque; mais le peuple, se lassant d'être cruel, ne voulut plus qu'on les exposât. Elles se tournèrent vers la porte Sanavivaria, où Perpétue fut reconnue d'un catéchumène, nommé Rustique, qui avait toujours eu un grand attachement pour elle. Cette admirable femme, s'étant comme réveillée d'un profond sommeil, ou plutôt sortant d'une longue extase, demanda quand on les livrerait à ce taureau furieux. Et lorsqu'on lui raconta ce qui lui était arrivé, elle n'en voulut rien croire, jusqu'à ce qu'enfin, venant à reconnaître ce catéchumène, et à jeter les yeux sur ses habits déchirés en plusieurs endroits et sur quelques meurtrissures qu'on lui fit remarquer, elle commença à y ajouter foi. Alors, faisant approcher son frère et ce catéchumène, elle leur dit : - "Persévérez dans la foi, aimez-vous les uns les autres, et ne soyez point scandalisés de mes souffrances."
D'autre part, Satur, qui s'était retiré sous un des portiques de l'amphithéâtre, disait à Pudens: "Ne te l'avais-je pas prédit, que les bêtes ne me feraient pas de mal? Ainsi, mes souhaits sont accomplis, à la réserve d'un : c'est que tu croie de tout votre coeur en Celui en qui je crois. Voilà que je retourne dans l'amphithéâtre pour y recevoir la mort; un léopard, d'un premier coup de dent, doit me la donner" - En effet, sur la fin des spectacles, un léopard s'étant jeté sur lui, d'un coup de dent qu'il lui donna, lui fit une si profonde blessure, que son sang sortait à grands flots; en sorte que le peuple s'écria: - "Le voilà baptisé pour la seconde fois." Alors, tournant ses derniers regards sur Pudens - "Adieu, cher ami," lui dit-il, "souviens-toi de ma Foi et imite-la; que ma mort ne te trouble pas, mais au contraire qu'elle t'encourage à souffrir." Ensuite, tirant de son doigt une bague, il la trempa dans son sang; et la donnant à Pudens:
- " Reçois-la," lui dit-il, "comme un gage de notre amitié, porte-la pour l'amour de moi, et que le sang dont elle est munie te fasse ressouvenir de celui que je répands aujourd'hui pour Jésus-Christ." Après quoi il fut transporté au lieu où l'on achevait ceux qui n'étaient pas morts de leurs blessures. Et, comme le peuple demandait que les autres martyrs, qui n'étaient que blessés fussent amenés au milieu de la place pour y être égorgés, ils se levèrent tous d'eux-mêmes; et, s'étant embrassés pour sceller leur martyre par le saint baiser de paix, ils se traînèrent où le peuple les demandait; ils y reçurent la mort sans faire le moindre mouvement, sans laisser échapper la moindre plainte, pas même un soupir. Satur, suivant la vision qu'avait eue Perpétue, qui l'avait vu arriver le premier au haut de cette échelle mystérieuse, fut aussi le premier qui expira. Perpétue le suivit. Elle était malheureusement tombée entre les mains d'un gladiateur maladroit, dont la main tremblante et peu assurée la faisait languir en ne lui portant que de légères blessures. Elle fut donc contrainte de conduire elle-même à sa gorge l'épée de cet apprenti, lui marquant l'endroit où il devait la plonger, ce qu'il fit. Peut-être qu'une femme si merveilleuse ne pouvait mourir autrement, et que le démon, qui la craignait, n'aurait jamais osé attenter à sa vie, si elle-même n'y eût consenti.

mosaique de sainte Perpetue, martyre de Carthage, anno 203

RELIQUES & POSTÉRITÉ
Ce jour consacra à jamais le 7 mars pour l'Afrique et pour tout le monde Chrétien. Les bienheureux corps de ces courageux athlètes furent sans doute rachetés par les fidèles, comme c'était généralement le cas (cfr Actes du martyre de saint Cyprien de Carthage, etc). Leur sépulture subsista longtemps à Carthage dans une majestueuse basilique, Basilica Maiorum, probablement dédiée sous le nom de sainte Perpétue. Puis les invasions barbares venues, tout tomba dans l'oubli, la décrépitude, et des religions humaines vinrent remplacer le culte au Dieu vivant.
Que les deux saintes martyres Perpétue et Félicité, avec leurs compagnons, aient été vénérées dans l'Église dès les premiers temps, et pas seulement mentionnées dans l'une ou l'autre homélie locale, c'est ce que montre leur "mémoire" dans le Canon de la Divine Liturgie en Occident, tant au cours du premier millénaire que depuis sa restauration canonique. Dans les divers Rites Orthodoxes Occidentaux canoniques, sainte Félicité et sainte Perpétue sont ainsi reprises dans le Canon de la Divine Liturgie "Sarum" (usus Cascadae) approuvée pour usage dans l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (patriarcat de Moscou); de même que dans la Divine Liturgie de saint Tikhon et dans la Divine Liturgie grégorienne, en sa version approuvée pour usage, comme celle de saint Tikhon, dans le Vicariat de Rite Orthodoxe Occidental du patriarcat Grec-Orthodoxe d'Antioche, archidiocèse des Amériques

On ne sait pas exactement en quelle année le corps de sainte Perpétue fut apporté en France, en l'abbaye de Saint-Pierre de Vierzon, dans le Berri; l'abbaye ayant été fondée vers 843, l'Afrique du nord était retombée depuis plusieurs siècles dans les ténèbres, et les Carolingiens n'eurent pas d'échanges autres qu'armés avec cette partie du monde. D'où mystère sur l'origine. Le corps de sainte Perpétue a été brûlé par les révolutionnaires français en 1793. Il ne resterait seulement qu'une partie de son crâne à l'église catholique-romaine de Vierzon, sans garantie d'authenticité possible bien entendu.


saintes Felicite et Perpetue, icone orthodoxeSanctae Perpetua et Felicitas, orate pro nobis!

C'est dans le calendrier du Rite Orthodoxe occidental que nos saints amis sont fêtés ce jour. Dans le calendrier Orthodoxe byzantin, sainte Perpétue et sainte Félicité sont fêtées le 1er février, qui est cependant surtout le jour de sainte Brigitte de Kildare, illuminatrice de l'Irlande.

Comme c'est le cas pour la quasi totalité des saints Orthodoxes d'Occident, les saintes reliques donc ont été volées à l'Église par les usurpateurs bien connus (le groupe du vatican). Puis leurs enfants spirituels, les athées de la Révolution française, en ont détruit une bonne partie... ainsi en va-t'il en ce monde déchu. Restent les leçons spirituelles, intemporelles, telle celle-ci apportée de Carthage:


image pieuse de sainte Felicite
Jacques Callot, 1630


Saint Augustin d'Hippone, évêque dans la région du martyre des 2 saintes et de leurs compagnons, composa 3 homélies pour cette fête, les homélies 280 à 282. Voici la 281


SAINTE PERPÉTUE ET SAINTE FÉLICITÉ, MARTYRES. II. LEUR VICTOIRE MERVEILLEUSE.
1. Ce qui brille, ce qui l'emporte éminemment dans cette société de martyrs, c'est la vertu, c'est le nom de Perpétue et de Félicité, ces saintes servantes de Dieu; car la couronne est plus glorieuse, quand le sexe est plus faible, et l'âme se montre assurément plus virile dans le corps d'une femme, lorsque celle-ci ne succombe pas sous le poids de sa fragilité. Combien elles avaient raison de se tenir intimement unies à l'Époux unique à qui l'unique Église se présente comme une Vierge chaste! Avec quelle raison elles Lui demeuraient unies, puisqu'en Lui elles puisaient la force de résister au démon, puisqu'ainsi, on voyait des femmes renverser l'ennemi qui par la femme avait abattu l'homme. En elles se montra invincible Celui qui S'est rendu faible pour elles. Pour les moissonner Il les remplit de Sa force, Lui qui pour les semer S'est anéanti Lui-même. C'est Lui qui les a élevées a tant de gloire et d'honneur, quand pour elles Il a voulu entendre des outrages et des blasphèmes. C'est Lui enfin qui a donné à ces femmes de mourir victimes de leur courage et de leur fidélité, après que pour elles Il a daigné dans Sa miséricorde prendre une femme pour Mère.
2. Une âme pieuse aime à contempler comment la bienheureuse Perpétue, ainsi qu'elle assure l'avoir vu dans une de ses révélations, se trouva changée en homme pour lutter contre le démon. C'est que dans cette lutte elle aussi travaillait à devenir un homme parfait, à atteindre la mesure de l'âge et de la plénitude du Christ. Aussi, pour n'oublier aucun moyen de la surprendre, dès que l'antique et opiniâtre ennemi qui avait trompé l'homme par la femme, se sentit aux prises avec cette femme d'un mâle courage, il essaya de la vaincre en recourant à un homme. Il ne s'adressa pas à son mari, dans la crainte que déjà citoyenne des Cieux par l'élévation de ses pensées, elle ne soupçonnât en lui des désirs charnels qui la feraient rougir et dont elle triompherait aisément; c'est sur les lèvres de son père qu'il mit des paroles de séduction; il espérait qu'incapable de mollir sous les impressions de la volupté, le tueur religieux de la fille serait vaincu par la force même de sa piété. Mais la sainte répondit à son père avec une telle sagesse que, sans violer le précepte qui commande d'honorer les parents, elle ne se laissa point prendre aux ruses profondes où se cachait l'ennemi. Vaincu ainsi de tous côtés, l'ennemi fit frapper d'une verge le père de Perpétue; il voulait que si elle avait méprisé ses paroles elle souffrît au moins de ses douleurs. La fille gémit de l'injure faite à son vieux père; pour n'avoir pas cédé à ses propositions, elle n'avait rien perdu de son affection pour lui. Car ce qu'elle haïssait en lui, était l'aveuglement et non la nature, l'infidélité et non l'auteur de ses jours. Elle mérita donc plus de gloire en repoussant les remontrances insensées de ce père bien-aimé, qu'elle ne put voir frapper sans jeter un cri de douleur. Ainsi ce témoignage de sensibilité n'ôta rien à l'énergie de son courage, et il ajouta à son martyre un nouveau titre de louanges. Car "tout concours au bien de ceux qui aiment Dieu."
3. Pour Félicité, elle était enceinte dans sa prison. Ses gémissements, quand elle accoucha, montraient bien qu'elle était femme; mais si elle ne fut pas exempte du châtiment infligé à Eve, elle fut secourue par la grâce accordée à Marie. Femme, elle souffrait ce qu'elle devait endurer; mais elle était soutenue par le Fils de la Vierge. Un mois avant d'être à terme, elle donna donc le jour à un enfant. Si la Providence voulut ainsi que le temps de ses couches fût devancé, c'était pour ne pas retarder le jour ni la gloire de son martyre. Oui, la Providence voulut que son enfant vînt au monde avant l'époque ordinaire, afin que Félicité fût rendue, comme il était juste, à ses illustres compagnons; sans elle, effectivement, ne semble-t-il pas que ces martyrs auraient manqué, non-seulement d'une compagne de plus, mais encore de la récompense qui leur était due? Les noms réunis de ces deux femmes désignent en effet le bonheur assuré à tous ces saints. Pourquoi ont-ils tout bravé, sinon pour jouir d'une Félicité Perpétuelle ? Il est donc bien vrai que les noms de celles-ci expriment la destinée à laquelle tous sont appelés. Aussi quoique ces martyrs fussent nombreux, ces deux noms exprimaient seuls l'éternité, le bonheur de tous.
Amen.
source

evangeliaire carthagineois du 5eme siecle
évangéliaire latin - Codex Palatinus 1589, folios 43v-44r
fin du 5ème siècle
Musées et collections provinciaux, Castello del Buon Consiglio, Trente.
C'est une "Vetus Latina," traduction latine de la Bible plus ancienne que la Vulgate, celle de saint Jérôme. C'était la version utilisée par les Chrétiens Orthodoxes d'Afrique du Nord, et les citations bibliques de saint Cyprien de Carthage en proviennent.

Ruines d'une basilique de Carthage
Ruines d'une basilique de Carthage


La Basilique Majorum / Basilica Maiorum :
Elle se situe à quelques dizaines de mètres de la route de Sidi Bou Said à La Malga, avant de rejoindre le cimetière militaire américain. L’église, qui est à peine distincte aujourd’hui, a pu avoir été construite au début du 4ème ap.J.-C. Son nom vient du fait que cette région a dû être celle des premiers cimetières Chrétiens, les Areae Maiorum, c’est à dire des ancêtres ou des premiers martyrs. A l’époque de saint Augustin, elle s'occupait donc du "culte des anciens." Augustin s'est rendu souvent parmi les anciens qui assistaient à la Liturgie, afin de les réconforter et les assister, même matériellement, comme il le faisait habituellement à Hippone. A l’époque, les personnes âgées sans ressources vivaient pratiquement toutes dans la misère.
Lors de sa redécouverte grâce à l'archéologie, cette basilique a fourni un nombre considérable d’inscriptions funéraires. L’édifice était imposant, mesurait 70,50m (sans l’abside) sur 45 m, couvrant plus de 3200 m2 . Le quadratum populi comportait une nef centrale et six bas côtés. Cette basilique est dédiée aux martyrs de la première évangélisation de Carthage (Ste Félicité, Ste Perpétue, etc.). On y a retrouvé vers 1874 la pierre tombale de sainte Félicité et sainte Perpétue.

L'amphithéâtre où ces saints sont morts se trouve à quelque kilomètres de l'actuelle ville de Tunis. En 1881, on a découvert une pièce en face de l'entrée moderne de l'arène. Certains pensent que c'est la pièce où les victimes attendaient avant d'entrer dans l'arène.

l'amphithéâtre de Carthage et sa plaque commémorative, datant elle de l'époque française

06 mars 2008

Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Matthieu 22,21)

Trois questions

1) un patriarche de l'Église rend-t'il gloire à Dieu quand il va honorer l'anniversaire de la fondation d'une institution qui est tout à fait précisément et sans le moindre doute possible vouée à la destruction de l'Église? Rend-t'il gloire à Dieu en acceptant d'être fait "docteur honoris causa" d'une institution qui a pour seul et unique programme de notamment détruire son siège épiscopal à lui, à défaut de pouvoir en faire une succursale d'un État étranger?

2) 45ème Canon Apostolique : "Que tout évêque ou prêtre ou diacre qui se serait ne fut-ce que joint à la prière avec des hérétiques soit suspendu. Mais s'il leur a permis de participer à un Office comme s'ils étaient du clergé, qu'il soit déposé."

46ème Canon Apostolique : "L’évêque, le prêtre ou le diacre qui a reconnu le Baptême ou l’oblation des hérétiques, nous prescrivons qu’il soit déposé."

65ème Canon Apostolique: "Que tout évêque ou prêtre ou diacre qui entrerait dans une synagogue de Juifs, ou d'hérétiques, afin de prier, soit déposé et excommunié."

vieilleries sans valeur, poussiéreuses, à oublier?

Alors les Conciles Oecuméniques eux aussi sont à jeter? Car par exemple à "In Trulo," les saints pères présidés et guidés par l'Esprit Saint déclaraient avec Lui :

2.- Confirmation des ordonnances apostoliques, de la tradition des pères et des Conciles précédents.
Ce saint concile a pris aussi la décision très belle et très importante, que resteront désormais sûrs et confirmés pour le salut des âmes et la guérison des passions les 85 canons reçus et confirmés par les saints et bienheureux pères qui nous ont précédé, et transmis à nous aussi sous le nom des saints et glorieux apôtres. Mais comme dans ces canons il nous est ordonné de recevoir aussi les constitutions des mêmes saints apôtres rédigées par Clément, dans lesquelles jadis les hérétiques ont interpolé au dam de l'Eglise des choses fausses et étrangères à la vraie foi, qui ont terni la noble beauté des vérités divines, nous avons décidé de rejeter, comme il convenait de le faire, ces mêmes Constitutions pour l'édification et la sécurité du peuple très chrétien, en désapprouvant absolument les élucubrations des mensonges hérétiques et nous appuyant sur le pur et complet enseignement des apôtres.
Nous confirmons aussi tous les autres saints canons, qu'édictèrent nos saints et bienheureux pères, c'est-à-dire, les trois cent dix huit saints pères réunis à Nicée, ceux d'Ancyre, de plus ceux de Néocésarée, de même ceux de Gangres, de plus ceux d'Antioche de Syrie, et aussi ceux de Laodicée de Phrygie ; de plus, les cent cinquante pères, qui se sont réunis dans cette ville impériale gardée de Dieu et les deux cents, rassemblés la première fois à Ephèse, et les six cent trente saints et bienheureux pères de Chalcédoine : de même ceux de Sardique, de plus ceux de Carthage, et aussi ceux qui de nouveau se sont réunis dans cette ville impériale gardée de Dieu sous Nectaire évêque de cette ville impériale et Théophile feu l'archevêque d'Alexandre.
Mais aussi les canons de Denys qui fut archevêque de la grande ville d'Alexandre et de Pierre qui fut archevêque d'Alexandrie et martyr, de Grégoire le thaumaturge, qui fut évêque de Néocésarée, d'Athanase archevêque d'Alexandre, de Basile archevêque de Césarée en Cappadoce, de Grégoire évêque de Nysse, de Grégoire le Théologien, d'Amphiloque d'Iconium, de Timothée le premier qui fut archevêque d'Alexandre, de Théophile archevêque de la même grande ville d'Alexandrie, de Cyrille archevêque de la même Alexandrie et de Gennade qui fut patriarche de cette ville impériale gardée de Dieu : de plus, le canon édicté par Cyprien, qui fut archevêque du pays de l'Afrique, et par son synode, canon qui resta en vigueur selon la tradition dans les territoires seuls de ces évêques. Il n'est permis à personne de falsifier les canons énumérés plus haut, ou de les déclarer nuls ou d'admettre d'autres canons que ceux-là, composés en contrefaçon par ceux qui ont essayé d'exploiter la vérité. Si quelqu'un est convaincu d'innover à propos de quelque canon ou d'essayer de le tourner, il aura à répondre de ce même canon, soumis à la peine que ce canon impose et guéri par ce canon même contre lequel il a péché.


3) In fine : le clergé est-il au-dessus des règles canoniques de l'Église, Épouse du Christ?


Car voilà, ce 6 mars 2008, "il" entre chez "eux" et ils "prient" ensemble... après avoir concélébré la Divine Liturgie le 30 novembre 2006 à Istanbul...

en français :
http://www.catho.be/newsletter/e-news_detail.asp?id_n=15020&id_c=148

en anglais :
http://www.earthtimes.org/articles/show/190485,pope-benedict-prays-with-orthodox-patriarch-bartholomew.html

et pourtant....



Évangile selon saint Matthieu 22,18-21:
Jésus, qui avait pénétré leur malice, répondit : "Pourquoi Me tendre un piège, hypocrites? Montrez-Moi la monnaie qui sert à payer l'impôt." Ils Lui présentèrent un denier. "De qui est cette effigie? leur dit-Il, et l'inscription?" - "De César," répondent-ils. Jésus leur dit alors : "Eh bien! rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu!"



"γνους δε ο ιησους την πονηριαν αυτων ειπεν τι με πειραζετε υποκριται
επιδειξατε μοι το νομισμα του κηνσου οι δε προσηνεγκαν αυτω δηναριον
και λεγει αυτοις τινος η εικων αυτη και η επιγραφη
λεγουσιν αυτω καισαρος τοτε λεγει αυτοις αποδοτε ουν τα καισαρος καισαρι και τα του θεου τω θεω."


Benoît 16 accueille le patriarche orthodoxe Bartholomeos I au vatican, jeudi 6 mars 2008.
(AP Photo/L'Osservatore Romano/h.o.)
source & (c) news.yahoo.com



Benoît 16 échange des cadeaux avec le patriarche orthodoxe Bartholomeos I, vatican, jeudi 6 mars 2008.
(AP Photo/L'Osservatore Romano/h.o.)
source & (c) news.yahoo.com

SANS COMMENTAIRE!

Tiens, tiens, on dirait que le Grand Carême est tout proche... (Matushka Elizabeth)

http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2008/02/its-beginning-to-look-lot-like-lents.html

Les conseils suivants, bien utiles, proviennent d'un courriel de matushka Elizabeth Perdomo (avec remerciements).

Après ce dimanche 2 mars (Dimanche du Carnaval / Dimanche du Jugement Dernier) – plus aucune viande n'est consommée jusque Pâques; cela inclut le boeuf, le porc, la volaille, et tout animal vertébré, y compris le poisson.

Pour la semaine qui va du lundi 3 mars au dimanche 9 mars (dimanche de la tyrophagie / Dimanche du Pardon) – on peut consommer des produits laitiers et des oeufs n'importe quel jour de la semaine. Beurre, oeufs, lait, fromage, yaourt, etc, tout est bon!

Après le Dimanche du Pardon, qui tombe le 9 mars cette année, c'est le début du Grand Carême.

A partir du lundi 10 mars et jusqu'APRÈS les Offices de minuit de la Sainte Pâques, on ne mange plus ni viande ni produits laitiers ni oeufs. Un régime strictement VÉGÉTARIEN est adopté par les Chrétiens Orthodoxes dans le monde entier. Cela signifie des céréales, des haricots, des légumes, des fruits, etc.

Il y a quelques exceptions à la règle durant le Grand Carême. Par exemple, pour la Fête de l'Annonciation, le 25 mars, le poisson, le vin et l'huile sont permis. C'est aussi le cas lors de la célébration de l'Entrée à Jérusalem ou Dimanche des Rameaux, 20 avril cette année. Poisson, vin et huile y sont là aussi autorisés.

Les fruits de mer (non vertébrés) sont permis durant le jeûne, sauf les jours de "jeûne strict." En font partie les crevettes, les coquillages, huitres, homards, etc. Dès lors si vous avez besoin d'un plat pour une occasion ou soirée spéciale, ou besoin de protéines complémentaires, essayez quelques plats à base de fruits de mer.

Les calendriers liturgiques de l'Église spécifient plutôt bien les jours de jeûne et le niveau de jeûne que nous nous efforçons d'atteindre. Si vous vous posez des questions, vérifiez votre calendrier.

De plus
: les femmes qui allaitent, les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes malades ou ceux qui doivent prendre certains médicaments devraient adapter la règle de jeune en fonction de leurs besoins particuliers. Les produits laitiers sont particulièrement recommandés pour les jeunes enfants, les femmes qui allaitent et les femmes enceintes. S'il vous plaît, parlez-en à votre prêtre / père spirituel, et demandez-lui bénédiction et quelques recommandations si vous avez la moindre question ou des circonstances particulières qui vous empêcheraient de suivre le jeûne. Avoir cette bénédiction peut vous faire entrer de meilleure manière dans la plénitude de la période, quand bien même vous auriez à adapter les règles du jeûne.

Souvent, les gens s'inquiètent à propos des enfants et du jeûne. Les enfants apprennent par nos exemples et à travers nos efforts. On peut toujours ajouter des produits laitiers pour les jeunes enfants, mais en dehors de cela, ils peuvent facilement apprendre à manger ce que nous mangeons : de l'alimentation carémique. Le secret, c'est de préparer et servir des repas bien équilibrés, ce qui peut être accompli même en se limitant à l'alimentation végétarienne. C'est un processus d'apprentissage – dès lors, apprenons-tous! Si quelqu'un doit manger à l'école, cela peut être encore moins facile à gérer. C'est ainsi que les enfants peuvent essayer de réaliser des choix qui suivent au plus près possible les règles de jeûne si on le leur apprend à le faire et à le vouloir. Mais l'important, c'est d'essayer de faire du mieux qu'on peut. Peut-être que de temps à autres, des petits pains au beurre de cacahouète, ou même une pizza au fromage, ou une salade de thon devront être utilisés comme produit de substitution. Mais il vaut mieux essayer que de ne rien essayer du tout. Après tout, pourquoi jeûnons-nous? Pour grandir dans la proximité du Christ! Alors, ça ne vaut pas d'essayer?

De plus, lorsqu'on voyage, il n'est parfois pas possible de respecter totalement le jeûne. Cependant, même dans ce cas, essayer de vous y tenir le plus possible. Si quelqu'un n'a pas la possibilité de prendre un repas végétarien, essayez des crevettes, ou d'autres fruits de mer. Ou s'il n'y en n'a pas de disponible, essayez du poisson. Ou des oeufs... Ou des laitages... Ne plongez pas droit sur un steak rien que parce que vous n'êtes pas à la maison!

Il y a toujours des situations particulières qui se présentent durant le Grand Carême. JEÛNER n'est pas le point central du jeûne; PARVENIR au Christ et SE CONCENTRER sur Lui, C'EST CA LE BUT. Jeûner, c'est notre Outil; notre Ami; notre Aide pour mettre ce temps de côté et vraiment recentrer nos vies. Dès lors, si quelque problème se présente, ne vous frappez pas pour ça. Recentrez-vous, reprenez le jeûne, et continuez à progresser pas à pas.

Jeûner ne peut pas et n'est pas prévu pour être une fin en soi. Il doit être accompagné de ses 2 autres éléments : la Prière et l'Aumône. Souvenez-vous de faire de la place dans vos vies surchargées, et participez autant que vous le pouvez aux Offices spéciaux du Grand Carême pendant cette précieuse période. Souvenez-vous de faire l'aumône aux pauvres et aux nécessiteux – non pas seulement par votre argent,mais aussi par vos actes.

**--**

Certes, on sait que ne pas manger, mais alors, que préparer à manger?

Facile! Il suffit de (re)lire l'article suivant :
Garde-manger et recettes pour le Carême Orthodoxe byzantin - réflexions sur le jeûne, les règles, le sens du jeûne et des règles

De plus, via le moteur de recherche ainsi que via les menus semestriels en marge de gauche, vous pouvez retrouver quantité d'articles sur le jeûne, aussi ceux publiés pendant le Carême de la Nativité. Le hiéromoine Averky avait, par exemple, donné de bons conseils technico-spirituels sur les "trucs" pour respecter tant bien que mal les règles du jeûne quand on est invité quelque part à un souper ou une soirée..
Voici déjà 2 recettes traduites du forum Orthodoxe anglo-saxon :

Date: Mon, 25 Feb 2008 14:37:14 -0500
De: Galina Schneider
Forum : alt.religion.christian.east-orthodox
Sujet: Crêpes végétariennes, recette des "Physicians 4 Responsible Medicine"

Crêpes d'avoine à la banane

Ces crêpes nourrissantes contiennent une généreuse proportion d'avoine, bon pour le coeur. Elles sont délicieuses lorsque servies avec des tranches d'orange ou d'autres fruits, ou un peu de véritable sirop d'érable. Vous trouverez de la bonne farine d'avoine dans les magasins d'alimentation naturelle et dans certains grands magasins, ou vous pouvez en fabriquer vous-même, il suffit de moudre des grains d'avoine dans un robot de cuisine ou un mixer.

Recette pour 10 crêpes – 1 tasse = 230g

1 tasse de farine d'avoine
¼ de tasse de farine de pâtisserie complète
½ cuillère à thé de bicarbonate de soude
1/8 de cuillère à thé de sel
1 banane mûre, écrasée (+/_ ½ tasse)
1 tasse de lait de soja bio ou équivalent non-lacté
1 cuillère ½ à thé de vinaigre
1 cuillère à soupe de sirop d'érable "grade A"
¼ de tasse de cerneaux de noix concassés (optionnel)


Dans un grand bol à pâte, mélangez les farines, le bicarbonate et le sel. Mélangez bien.

Dans un bol à mélange plus grand, mélangez purée de banane, "lait," vinaigre, sirop, et si vous en utilisez, les noix. Mélangez convenablement. Ajoutez le mélange de farine, et battez suffisamment pour bien mélanger.

Faites chauffer une grande poêle anti-adhésive. Versez-y de petites quantités de pâte, et cuisez jusqu'à ce que le dessus fasse des bulles et le bord sec. Retournez-la et faites cuire l'autre face jusqu'à ce que ce soit bien brun, approximativement une minute. Servez aussitôt.

Informations diététiques
Par crêpe, cela donne 78 calories, 1,1g de lipides, 0mg de cholestérol, 3g de protéines, etc (analyse complète en anglais = "78 calories, 1.1 g fat, 0.2 g saturated fat, 13.1% calories from fat, 0 mg cholesterol, 3 g protein, 14.8 g carbohydrate, 3.5 g sugar, 2 g fiber, 107 mg sodium, 38 mg calcium, 0.8 mg iron, 1.1 mg vitamin C, 3 mcg beta-carotene, 0.4 mg vitamin E)



Date: Mon, 03 Mar 2008 13:32:49 -0500
De: Galina Schneider
Forum: alt.religion.christian.east-orthodox
Sujet: de "Physicians for Responsible Medicine" – Hoummos allégé, aux poivrons rouges grillés

Hoummos en pâte à tartiner sur un pain "pita" complet, ou à servir comme plat avec des légumes. Cette version-ci est plus allégée en graisse que la plupart des produits préparés du commerce, ce qui est important pour réduire le risque de cancer hormono-dépendant et garder son système immunitaire en bon état de fonctionnement.

Recette pour faire 2 tasses (8 portions d'un quart de tasse)

1 boîte de 400g de pois chiches, ou une tasse ½ de pois chiches cuits.
1 cuillère à soupe de tahin (pâte de graine de sésame)
¼ de tasse de jus de citron
3 oignons verts, hachés
1 cuillère à soupe d'ail haché (3 gousses)
1 culière à thé de poudre de cumin
½ cuillère à thé de poivre noir
½ tasse de poivrons rouges, conservés dans un bocal d'eau

Si vous utilisez des pois chiches en boîte, égouttez-les, réservez le liquide, et rincez les pois. Versez pois, tahin, jus de citron, oignon, ail, cumin, poivre noir, et poivrons rouges dans un robot ménager ou grand mixer; ensuite mixer jusqu'à ce qu'à une consistance souple. Ajoutez le liquide réservé des pois, ou si vous utilisez des pois cuits maison, ajoutez de l'eau ou du bouillon de légumes, autant que requis pour obtenir une consistance plus souple.

Informations diététiques
Par quart de tasse (60g) cela donne 80 calories, etc (analyse complète en anglais = "80 calories, 2.1 g fat, 0.3 g saturated fat, 23.3% calories from fat, 0 mg cholesterol, 3.9 g protein, 12.5 g carbohydrate, 1.4 g sugar, 2.8 g fiber, 32 mg sodium, 36 mg calcium, 1.6 mg iron, 23.5 mg vitamin C, 299 mcg beta-carotene, 0.4 mg vitamin E)


Liste de recettes et conseils recommandés par matushka Elizabeth (en anglais):

Denise, son amie Orthodoxe d'origine Italienne, livre ses recettes de cuisines
http://whatimcookingnow.blogspot.com/

paroisse Saint-George, Houston
garde-manger
http://www.stgeorgepantry.org/foodpantry.html
et recettes végétariennes
http://www.stgeorgepantry.org/vegetarianrecipes.html


paroisse Sviat Luka, Etobikoke, Ontario, Canada
longue liste de recettes
http://www.sv-luka.org/cook/maincourse.htm


05 mars 2008

Tokyo: nouvelle église Orthodoxe

http://www.vostokmedia.com/n1192.html




21:08, 04.03.2008
L'emplacement pour le bâtiment avait été acheté par un immigrant Russe.

La future paroisse Orthodoxe russe saint Alexandre Nevsky a reçu sa pierre de fondation dans le quartier Meguro à Tokyo, dimanche dernier, rapporte l'agence Pravostok.ru.


L'église sera construite sur un terrain qui avait été acquis par S. Krivtsova pour le patriarcat de Moscou à condition d'y élever une église une fois que le pouvoir soviétique serait tombé.

La cérémonie solennelle d'ouverture a rassemblé des représentants des ambassades russe et ukrainienne au Japon, des paroisse et du clergé des Églises Orthodoxes russe et japonaise.

Les fonds pour la construction de l'église ont été en partie donnés par le patriarcat de Moscou. Une autre partie a été collectée par les fidèles Orthodoxes de Russie.

L'entièreté de l'intérieur du futur bâtiment sera amené de Russie, et certains éléments proviendront de la Laure Saint Alexandre Nevsky à Saint-Petersbourg.

Cette nouvelle église Orthodoxe à Tokyo sera la seconde après la cathédrale de la Sainte Résurrection (Nikolai-do), ainsi dédicacée du nom du missionnaire Nikolai Kasatkin, fondateur de l'Église Orthodoxe autonome du Japon.

*******************************

saint Nicolas du Japon
saint Nicolas (Kasatkin), évangélisateur du Japon, égal aux Apôtres



Saint Mitrophan fut le premier prêtre Orthodoxe Chinois. Il fut ordonné par saint Nicolas du Japon. Son épouse, la presbytera Tatiana, et son fils de 23 ans, Isaiah, furent massacrés sous ses yeux durant la Révolte des Boxers. Il ne renia cependant pas le Christ.

04 mars 2008

En hiver (poème du Grand Duc Constantin Romanov & photos de l'hiver d'ici et d'ailleurs)





En hiver

La quiétude
De l'étendue désertique silencieuse et paisible,
L'éclat
Des prairies blanchies par la neige,
La pureté
De l'eau limpide devenue glace,
La beauté
Des bosquets et forêts glacés de givre,
Qu'ils sont exquis
Les spectacles magiques de l'hiver!
Dors, ô mon âme,
Comme dorment congères, étangs et bouleaux..
Oh, apprend à sonder
La profonde sérénité de la nature,
En laquelle réside
Toute la béatitude et la félicité terrestre.
Puissent tous tes rêves et visions
Être plus lumineux que la neige,
Et les aspirations passionnées de ton coeur,
Plus pures que la glace.
Que l'hiver t'enseigne
Par son exquise indigence,
A te revêtir toi-même
De la beauté incorporelle de l'Esprit.


Grand-Duc Constantin Romanov

heraldique de la sainte famille imperiale de Russie, les Romanov

source
http://www.members.shaw.ca/OrthodoxChristianPoetry/page26.html




Photo de Nicholas Koligiannis : l'Acropole d'Athènes "pour nous rappeler que la Grèce est un pays tropical," ajoute-t'il.


Eressos, sur l'île de Lesvos, photo de Karolina Denning


Brume montant de la Néva, à Saint-Petersbourg, Russie, photo de Pavle Milekic


Fleuve Trotus, à Comanesti, Roumanie, photo d'Adrian Woodroffe, qui commente "la température de jour dans la ville était récemment de moins 25° Celcius."

4 photos ci-dessus source & (c) bbc




Employées municipales balayant la neige près d'une église (Orthodoxe) à Grozny, Tchétchénie. AP Photo/Musa Sadulayev. source



Barques de pêche recouvertes de neige, dans le faubourg d'Alimos, près d'Athènes, 19/2/2008. Reuters/Yiorgos Karahalis
source & (c) news.yahoo.com




Une femme passe devant la Porte d'Hadrien, couverte de neige. Athènes, 17/2/2008. Reuters/Yiorgos Karahalis. source & (c) news.yahoo.com




source & (c)


Skiti Timiou Prodromou Iviron
A gauche, l'église du Skite d'Iviron


Iviron, dômes sous la neige, 16/2/2008


Iviron, potager sous la neige, à 200m de la mer, 16/2/2008

source des 3 photos précédentes & (c) Theologos Tats






neige à Ouranopolis, à l'entrée du Mont Athos (Άγιο Όρος)
source & (c)

http://www.ouranoupoli.com/athos/athos.html
carte du Mont Athos