"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

03 mai 2008

Un apiculteur en Serbie construit des ruches en forme de monastères et d'églises

Les moines de l'Irlande Orthodoxe construisaient régulièrement leurs cellules sous la forme d'une ruche d'abeilles


Un apiculteur a décidé de faire l'inverse :


http://www.interfax-religion.com/?act=mosaic&div=207


Londres, 29 avril 2008, Interfax – un pieux apiculteur de Serbie a commencé à réaliser des ruches d'abeilles ayant la forme d'églises et monastères Orthodoxes de Serbie, "parce que les abeilles aussi ont une âme," rapporte le site Ananova.

"Je regroupe les 2 grands amours de ma vie, l'apiculture et ma Foi," déclara Slobodan Jeftic, 58 ans, habitant Stari Kostolac.



"Ainsi, tout en prenant soin de mes abeilles afin qu'elles aient un lieu de vie et où faire leur miel, je veille aussi aux soins de leurs âmes," a-t'il ajouté.



Une photo de Stari Kostolac - source

saint Ahmed le Calligraphe


"La plus grande de toutes les choses c'est la Foi en Jésus."
Criant cela, Ô Ahmed, tu reçus une grande couronne.



Ahmed, le saint néo-martyr, était de Constantinople, ayant été élevé dans l'impiété des infidèles musulmans par ses parents. Son métier était scribe aux Grandes Archives. En accord avec la loi des Ottomans, vu qu'il n'était pas marié, à sa place, il eut une esclave, une femme de Russie. Il avait encore une autre esclave, une vieille Russe. Elles étaient toutes les deux très pieuses (1).
C'est ainsi que les jours de fêtes, cette vieille femme allait à l'église des Chrétiens, et y prenant de l'antidoron (2), elle en donnait aussi à la jeune femme, qui en mangeait. La vieille femme lui rapportait aussi de l'eau bénite, qu'elle buvait. A chaque fois que cela avait lieu et qu'Ahmed était proche d'elle, il percevait un merveilleux parfum s'exhalant de sa bouche. Aussi donc lui demanda-t'il un jour ce qu'elle mangeait, et qui donnait un parfum si délicat à sa bouche. Mais elle, ne sachant que répondre, lui dit qu'elle ne mangeait rien de particulier. Cependant, il insista afin de le savoir. Alors elle lui expliqua qu'elle ne mangeait rien de spécial, si ce n'est les pains bénis par les prêtres, que la vieille femme lui ramenait à chaque fois qu'elle allait à l'église des Chrétiens. Entendant cela, Ahmed se sentit prit d'une forte envie d'aller voir la manière dont les Chrétiens recevaient le pain, de même que le déroulement des choses dans leur église. Il convoqua ainsi un prêtre de la Grande Église (3) et lui demanda de lui préparer un lieu caché où il puisse se trouver lorsque le patriarche célébrerait la Divine Liturgie. Lorsque le jour prévu arriva, il s'habilla comme les Chrétiens le font (4) et partit pour l'église du patriarcat des Chrétiens, et il y assista à la Divine Liturgie.
Mais voilà, le Maître de tous, Qui connaît les secrets de l'âme de l'homme, ajouta un second miracle au premier, et amena ainsi Ahmed à la connaissance de la vérité. C'est ainsi qu'alors qu'il était dans l'église, il assista au miracle du patriarche irradiant de lumière et élevé au dessus du sol, pendant qu'il sortait du Sanctuaire à travers les Portes Royales, afin de bénir le peuple. Alors qu'il bénissait, des rayons de lumière sortirent de ses doigts; mais bien que les rayons se posaient sur les têtes de tous les Chrétiens, aucun de se posa sur la tête d'Ahmed. Ayant assisté ainsi à 2 ou 3 reprises, Ahmed vit à chaque fois la même chose. Dès lors, le bienheureux crû sans la moindre hésitation et partit retrouver le prêtre, qui lui donna la régénération à travers le saint Baptême,et ainsi donc, il vécu secrètement en Chrétien pendant un bon bout de temps (5).
Un jour, Ahmed et certains hauts responsables s'étaient réunis, ils mangèrent ensemble, et ensuite, ils discutèrent tout en fumant le narguilé (6), comme les musulmans en ont l'habitude. Et dans le cours de la conversation, ils en vinrent à discuter de ce que pourrait être la plus grande chose au monde, et chacun donna son opinion. Pour le premier, c'était pour un homme d'avoir la sagesse. Pour le second, c'était la femme qui était la plus grande chose au monde. Et le 3ème déclara que la plus grande chose, et de loin la meilleure, c'était du pilaf au yogourt, car n'était-ce pas la nourriture que les justes devaient recevoir au paradis? Et ensuite, ce fut au tour d'Ahmed de s'exprimer. Ils se tournèrent tous vers lui, et lui demandèrent son opinion sur le sujet. Alors Ahmed, remplit d'un saint zèle, s'écria du plus fort qu'il pouvait que la plus grande de toutes les choses, c'était la Foi des Chrétiens. Et ayant confessé qu'il était Chrétien, il dénonça courageusement les erreurs et tromperies des musulmans. Entendant cela, au départ, les musulmans furent ébahis. Puis, bouillant d'une rages incroyable, ils se jetèrent sur le saint martyr et le traînèrent jusqu'au juge, afin que ce dernier puisse le condamner à mort. C'est ainsi qu'il reçut la couronne du martyre, ayant été décapité sur ordre du dirigeant le 3ème jour de mai, en l'an 1682, sur la place appelée Kayambane Bahche. Telle fut la bienheureuse fin du saint néo-martyr, à travers les saintes prières duquel puissions-nous être trouvés dignes du Royaume de Dieu. Amen.
NOTES
1) Concernant la condition spirituelle des femmes esclaves qui étaient utilisées comme concubines par leurs maîtres, saint Basile le Grand écrit dans son Canon 49 : "Une esclave violée par son propre maître est libre de toute responsabilité," et dans son 2ème Canon, saint Grégoire le Thaumaturge dit : "Si, cependant, il se trouve qu'une d'entre elles a mené une vie de la plus parfaite sobriété, et que dans sa vie d'avant elle était pure et au dessus de tout soupçon, mais qu'à présent elle est tombée parce qu'on lui a fait violence, et qu'elle est victime d'impiété, nous avons l'exemple cité dans le Deutéronome.. 'A la jeune fille, il ne sera rien fait; il n'y a en la jeune fille nul péché méritant la mort'."
2) Pain bénit (mais non consacré) à la Divine Liturgie
3) Anciennement Sainte-Sophie, mais depuis l'invasion des musulmans, l'église du patriarche
4) Durant le joug des musulmans, le bétail ou peuple raya, comme on appelait les Chrétiens, était soumis à nombre d'humiliations, afin de les forcer à devenir musulmans. A cette fin, diverses étapes étaient instaurées, telles que : confiscation des églises de taille, toutes les églises Chrétiennes ayant à être construites à un niveau inférieur que la rue, sans autoriser qu'elles portent une croix visible; lourdes taxes pour tous les Chrétiens; enlèvement forcé d'enfants mâles afin de les former à entrer dans le si haïssable corps des Janissaires; enlèvement de jeunes filles Chrétiennes pour les harems royaux et locaux; et forcer les Chrétiens à porter des vêtements laids et ternes, alors que les musulmans portaient des vêtements riches et précieux, cherchant à montrer de la sorte que, par contraste avec la Foi Chrétienne, la croyance des musulmans était "lumineuse" et "radieuse." Pour toutes ces vexations et oppressions, petites et grandes, nombre de Chrétiens rendirent grâce à Dieu, accueillant cette opportunité de témoigner de leur Foi. D'un autre côté, ceux qui étaient faibles dans la Foi permirent à ces humiliations de les vaincre, et dès lors, des milliers se soumirent à la croyance noire des musulmans suite à ces tactiques.
5) C'était une pratique habituelle pour ceux qui voulaient rester Chrétiens, ou qui étaient convertis de l'islam. Les Chrétiens d'Asie Mineure avaient officiellement tous disparus, la plupart devenant des crypto-Chrétiens. Ainsi, en apparence, leurs noms, langue, coutumes, religion, etc, tout était Turc. Cependant, secrètement, ils continuaient à être Chrétiens. S'il était découvert qu'un ancien musulman était devenu Chrétien, il était aussitôt condamné à mort – selon les principes universels de cette religion d'amour et de fraternité qu'est l'islam. C'est pour cette raison d'ailleurs que nous ne connaissons pas le nom que saint Ahmed avait reçu à son Baptême.
6) Une pipe à eau, pour fumer le tabac, utilisée au Moyen Orient


"Witnesses for Christ: Orthodox Christian Neomartyrs of the Ottoman Period"
- par Nomikos Michael Vaporis
Saint Vladimir Seminary Press>








Ahmed le Calligraphe était un fonctionnaire aisé, d'âge mûr, de l'empire Ottoman, au 17ème siècle. Il se convertit au Christianisme et fut martyrisé le 3 mai 1682. Il est donc commémoré comme martyr ce jour.

Vie
Ahmed vécu à Constantinople pendant les années 1600 et fut fonctionnaire du gouvernement Turc Ottoman avant sa conversion.
Ahmed avait une concubine Russe qu'il autorisait à aller aux églises grecques Orthodoxes à Constantinople. Le temps passant, Ahmed commença à remarquer que lorsque sa concubine Russe revenait de l'église, elle était plus douce et aimante qu'elle ne l'était avant. Intrigué par cela, Ahmed obtint la permission d'assister à la célébration de la Divine Liturgie par le patriarche Grec. Vu son statut et identité, on n'osa pas le lui refuser, et il reçut une place spéciale lorsqu'il assista. Pendant la Divine Liturgie, Ahmed vit que lorsque le patriarche bénissait les fidèles avec ses trikiri et dikiri (chandeliers à 3 et 2 cierges entremêlés), ses doigts "rayonnaient" la lumière vers les têtes des fidèles Chrétiens, mais pas vers la sienne. Bouleversé par ce miracle, Ahmed demanda et reçut le saint Baptême.
Par la suite, Ahmed mena secrètement une vie Chrétienne (étant en cela justifié par 2 Rois 5,17-19 et Jean 3). Nous ne savons pas ce qui se passa pendant la période après son Baptême, mais il n'est pas improbable que l'amour d'Ahmed pour la concubine qui l'avait amené indirectement à la Foi Orthodoxe s'accrût. Il est aussi probable que le futur martyr rencontra un père spirituel, afin d'en apprendre plus sur la Foi qu'il avait adoptée, et sur le Seigneur qu'il servait à présent.
Quoiqu'il ait pu se passer pendant cette période, un jour, un groupe de responsables officiels, débattant, demandèrent à Ahmed son opinion sur leur échange, suite à quoi il leur répondit : "La Foi Chrétienne est la meilleure." (sans aucun doute, leur discussion devait aussi porter sur la question de la supériorité de la religion de l'islam contre la sainte Orthodoxie).
"Es-tu Chrétien?" demanda un responsable au saint.
"Oui, je suis Chrétien," répondit le saint, fermement, clairement, souriant à celui qui lui avait posé la question. Ahmed fut soumis à nombre de tortures de la part de ses compatriotes d'autrefois, et fut martyrisé le 3 mai 1682.
Source : Yurij Maximov, "Svjatye Pravoslavnoj Tcerkvi, obrativshiesja iz islama." Moscow, 2002

02 mai 2008

Que t’offrirai-je de semblable, ô Mère de Dieu?

Lui donnant ta chair, tu as offert ton Fils au monde,
Et Il a pris sur Lui nos péchés pour nous sauver.
mais moi, que t’offrirai-je de semblable, ô Mère de Dieu?


(inspiration : Ode 5 du grand Canon de saint André de Crête :
125. Joseph a séjourné jadis dans une citerne,
préfigurant Ta Sépulture et Ta Résurrection ;
mais moi, que T’offrirai-je de semblable?)


Le moine Théophanes, lui, a trouvé : il offre à la Theotokos l'évangéliaire qu'il a lui-même recopié et illustré
(évangéliaire byzantin, vers l'An Mil)

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01 mai 2008

Tamara la grande, sainte impératrice de Géorgie (+ 1213)


http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=101261
résumé :
La sainte impératrice de Géorgie, Tamara la Grande, naquit vers 1165. Elle était descendante de l'antique dynastie géorgienne des Bagratid, et en 1178, elle devint co-régente avec son père, Georges III. Le règne de sainte Tamara est connu comme l'Age d'Or de l'histoire de Géorgie. L'impératrice Tamara était d'une profonde piété et, continuant l'oeuvre entreprise par son grand-père, le saint empereur saint David III le Restaurateur (26 janvier), elle encouragea la prédication de la Foi Chrétienne à travers la Géorgie, en plus de la construction d'églises et de monastères. En 1204, le gouverneur du sultanat de Ruma, Rukn-en-Din, lui adressa un courrier par lequel il demandait à l'impératrice Tamara de faire renoncer la Géorgie au Christianisme et d'accepter l'islam.
L'impératrice refusa cette demande, et au cours d'une bataille historique près de Basiani, l'armée géorgienne défit la coalition des chefs musulmans. La sage conduite des affaires de l'impératrice Tamara lui valu l'affection de toute la nation. Elle passa les dernières années de sa vie au monastère des Cavernes de Bardzia. La noble princesse y avait une cellule reliée à l'église par une fenêtre, à travers laquelle il lui était possible de se joindre à la prière durant les divins Offices. Elle mourût en paix en 1213, et fut comptée au nombre des Saints. Sa mémoire est célébrée 2 fois, le 1er mai, dies natalis, et aussi le Dimanche des Femmes Myrophores.
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30 avril 2008

Saint Georges le Victorieux – rendre témoignage (Dynamis)



DYNAMIS: rendre témoignage, 30 avril 2008, fête de saint Georges
http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/3165


Évangile : saint Jean 15,17-16,2, fête du saint mégalomartyr et porteur de trophée George

"Ce que Je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres. Si le monde vous hait, sachez qu'il M'a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait à lui. Mais comme vous n'êtes pas du monde, et que Je vous en ai retirés par Mon choix, le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que Je vous ai dite: Il n'y a pas de serviteur supérieur à son maître. S'ils M'ont persécuté, ils vous persécuteront vous aussi; s'ils ont accepté Ma parole, ils accepteront aussi la vôtre. Mais ils vous feront tout cela à cause de Mon Nom, parce qu'ils ne connaissent pas Celui Qui M'a envoyé. Si Je n'étais pas venu leur parler, ils n'auraient point de péché; mais en fait, ils n'ont pas d'excuse à leur péché. Celui qui Me hait, hait aussi Mon Père. Si Je n'avais accompli parmi eux ces oeuvres que nul autre n'a faites, ils n'auraient point de péché; mais en fait, ils les ont vues, et cependant ils Nous haïssent, Moi et Mon Père. Mais ainsi devait s'accomplir la parole écrite dans leur Loi: Ils m'ont haï sans raison (Ps 34,19;68,5). Quand sera venu le Paraclet que Je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de Vérité qui procède du Père, Il me rendra témoignage; et vous témoignerez, vous aussi, parce que vous êtes avec Moi depuis le commencement. Je vous ai dit cela pour vous préserver de toute chute. Ils vous chasseront des synagogues; et l'heure même approche où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu."



st Georges
Agios Georgios, Toulotti, Kitta.
source


Témoigner : saint Jean 15,17-16,2, en particulier le verset 19 : Si vous étiez de ce monde, le monde vous aimerait. Mais comme vous n'êtes pas de ce monde, mais Je vous ai retiré de ce monde, et dès lors, le monde vous hait."
Il y a des opposants féroces et sans pitié à la sainte Foi et à notre Sauveur, Jésus-Christ; ne vous y trompez pas. Dans cette péricope de l'Évangile de saint Jean, le Seigneur Jésus explore ce qui nous attend tous, nous qui nous unissons à Lui comme Roi et Dieu; car il n'y a que des conditions temporaires et fortuites qui nous protègent, nous tous, ou les communautés où nous nous rassemblons, "dans la Foi et la crainte de Dieu," d'expérimenter tout le poids de cette opposition. Souvenons-nous du fait qu'il y a eu bien plus de notre frères qui sont morts pour le Christ au cours du siècle passé que tous les Juifs qui sont morts dans les camps de concentration. Songez au fait qu'il n'y a qu'en ce présent siècle qu'on trouve des militants actifs de l'islam et d'autres religions qui considèrent comme un devoir de nous tuer.
La Souveraineté du Christ s'oppose de manière inhérente aux prétentions absolutistes de quiconque élève son État, sa religion, son idéologie, au dessus de Dieu. Il y a ceux qui utilisent tous les moyens possibles afin d'isoler, de briser, de détruire, de torturer, et de nous tuer, afin que l'amour, la paix, et l'adoration de Jésus-Christ ne renversent pas leurs croyances, pratiques ou contrôle. Mais comme l'a dit notre Seigneur, "ainsi devait s'accomplir la parole écrite dans leur Loi: Ils m'ont haï sans raison" (v.25). Qu'il semble étrange que Celui Qui apporte grande paix, miséricorde et amour soit autant redouté! Telle est cependant la nature et la puissance insidieuse du péché. Dès lors, soyez attentif à ce que dit le Seigneur dans ce passage, à propos de témoigner de Lui. Comprenez bien en quoi vous êtes concernés.
Remarquez ici que le Seigneur Jésus nous donne 3 commandements, à nous qui nous appelons par Son Nom. Nous avons à nous aimer les uns les autres (v. 17), rendre témoignage à la Vérité – et donc à Lui Qui est la Vérité (v. 27); et à tenir soigneusement compte de Ses paroles, afin de ne pas chuter (v. 16,1). Notre vie éternelle, lorsque nous obéissons au commandement de "rendre témoignage" du Christ, dépend de notre amour les uns envers les autres et de notre attention à Ses paroles, afin de ne pas chuter sous la pression ou les élans de haine que nous subirons, la mise au rencart, voire l'exécution. Ce ne sont pas là de petites choses qui nous sont demandées, mais des ordres, et leur obéir nous assure notre survie en tant qu'enfants de Dieu et citoyens du Royaume de Son Christ et notre Sauveur.
Le commandement de porter témoignage, ce n'est pas qu'une question de mots, mais cela comporte aussi des actes, et toutes les facettes du comportement. Le Seigneur fait remarquer l'importance de notre manière de parler comme étant un aspect de ce témoignage : " s'ils ont accepté Ma parole, ils accepteront aussi la vôtre" (v. 20). Ainsi Il parle de "garder Sa parole," et ce qu'elle implique, car Il parle pour mettre en garde, ordonner, exhorter, diriger, corriger, et prévenir les actions pécheresses et mauvaises des autres; et Il attend de nous que nous parlions de la même manière. Nos paroles ont à être exprimées avec l'intention que les gens y prêtent attention, se repentent, et changent leur manière de vivre. Et notre comportement doit être en accord avec nos paroles, si nous osons parler en Son Nom. Notre manière de vivre doit découler tout naturellement de la vie du Christ, de Ses paroles et actes.
Au milieu des Juifs, des païens Romains et Grecs, le Seigneur Jésus accomplit des oeuvres que nul autre n'avait faites auparavant (v. 24). Sa vie démasqua les péchés du peuple d'une manière que l'Évangéliste rapporte ailleurs : "La Lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la Lumière, car leurs oeuvres étaient mauvaises. En effet, quiconque commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la Lumière, de peur que ses oeuvres ne soient dévoilées" (Jn 3,19,20). C'est pourquoi, parfois la simple présence du Seigneur suffisait à déclencher la haine dont Il parle dans cet Évangile (15,24). Puissent nos discours et nos actes provenir de Lui par l'opération de Dieu, ".. le Paraclet que Je vous enverrai de la part du Père, l'Esprit de Vérité qui procède du Père, Il me rendra témoignage" (v. 26).
Avant tout, aimons-nous les uns les autres, soyons attentifs à toute parole qui sort de la bouche de notre Dieu et Sauveur; car en effet, notre vie éternelle dépend de cela, quand nous témoignons.

O Seigneur, aide-nous dans toutes les épreuves et luttes, afin que nous Te rendions fidèlement témoignage.



Icône quadripartite russe, 18ème siècle
de gauche à droite, de haut en bas
1. saint Nicolas le Thaumaturge, évêque de Myre en Lycie (+ vers 345)
2. Le Christ Pantocrator
3. Saint Georges le Victorieux et thaumaturge, tuant le dragon (+ vers 303)
4. sainte martyre Parasceva d'Iconium (3ème siècle)
source & (c)


Vie d'après le Synaxaire grec :
Le 23 avril, nous célébrons la mémoire du Saint et glorieux Grand-Martyr Georges le Tropeophore et de ses compagnons : Anatole, Protoleon, Athanase et Glykerios (1)

Ce grand et admirable athlète du Christ était issu d'une famille de Cappadoce, riche et de haute condition. Ayant perdu son père à l'âge de 10 ans, sa mère Polychronia, qui était devenue Chrétienne à l'insu de son mari, retourna dans sa patrie, la Palestine, et éleva son jeune fils dans les vertus évangéliques. De belle apparence, intelligent et de moeurs raffinées, Georges entra dans la carrière militaire à l'âge de 18 ans. Il plut à ses supérieurs et fut rapidement élevé au grade de tribun de la garde impériale, puis, semble-t-il, à la dignité de préfet.

De retour vers la Cappadoce après une campagne victorieuse, passant dans la région d'Attalia en Pamphylie, il délivra la fille du roi, qui avait été livrée en pâture à un redoutable dragon, et mit à mort la bête par la force surnaturelle qu'il tirait de sa Foi. Admiratifs devant cette démonstration de la puissance accordée par le Christ à ses fidèles contre les puissances du mal, les païens de l'endroit se convertirent tous au christianisme (2).

Au temps de la Grande Persécution déclenchée par Dioclétien (vers 304), comme l'empereur avait convoqué à Nicomédie tous les gouverneurs d'Orient pour leur communiquer ses décrets contre les Chrétiens, Saint Georges, sentant que le moment était venu pour lui de confesser publiquement le Christ, distribua tous ses biens aux pauvres, affranchit ses esclaves et se rendit à la cour. Il se présenta au milieu de l'assemblée et reprocha au souverain de verser injustement le sang innocent des Chrétiens. Stupéfait, Dioclétien chargea son second, Magnence, d'interroger cet insolent sur sa croyance. Georges répondit que c'était parce qu'il croyait au Christ, vrai Dieu, qu'il était venu sans crainte leur adresser ces reproches. Une fois remis de sa stupeur, l'empereur, craignant l'agitation de l'assistance, proposa au Saint de le couvrir d'honneurs à condition qu'il accepte de sacrifier aux dieux de l'Empire. Georges répondit : "Ton règne se corrompra et disparaîtra rapidement, sans te procurer aucun profit; mais ceux qui offrent un sacrifice de louange au Roi des Cieux règneront avec Lui pour l'éternité!"

Sur l'ordre du souverain les gardes frappèrent de leurs lances le saint au ventre. Le sang se mit à couler à flot, mais, dès les premiers coups, leurs armes se tordirent comme si elles étaient faites de matière molle. Le soldat du Christ fut alors jeté en prison, avec une lourde pierre sur la poitrine. Le lendemain, il comparut de nouveau devant le tyran et montra la même fermeté, aussi l'attacha-t-on à une roue suspendue au-dessus d'instruments tranchants, de sorte que, quand on la faisait tourner, le corps du Saint était progressivement coupé en morceaux. Surmontant la douleur par le débordement de son amour pour Dieu, saint Georges ne cessait pas de rendre grâce au Seigneur. Une voix se fit alors entendre du ciel, disant : "Ne crains rien, Georges. Je suis avec toi!" Et un Ange, vêtu d'une robe blanche plus brillante que le soleil, descendit pour le délier et le guérir de ses blessures. Lorsqu'il se présenta sain et sauf devant l'empereur, 2 officiers de la garde, Anatole et Protoléon, confessèrent le Christ à haute voix. Ils furent aussitôt décapités. L'impératrice Alexandra (21 avril), elle aussi, se déclara Chrétienne, mais Magnence la contraignit à se retirer au palais.

On jeta alors le Saint dans une fosse remplie de chaux vive; mais, tel les Trois Jeunes Gens dans la fournaise de Babylone, il en sortit sain et sauf au bout de 3 jours, salué par la foule qui s'écriait "Grand est le Dieu de Georges!" L'empereur, restant toutefois insensible devant toutes ces démonstrations de la puissance du Christ, ordonna de forcer le Martyr à marcher avec des chaussures garnies de pointes rougies au feu. "Cours, Georges, vers l'objet de tes désirs!" se disait le saint en invoquant le secours du Seigneur. Et c'est une fois de plus, incorrompu et rayonnant de grâce, qu'il se présenta devant le tyran.

Par la grâce de Dieu, il échappa aussi au poison préparé par un mage nommé Athanase. Comme celui-ci et ses congénères restaient encore incrédules, en pensant que Georges usait de quelque artifice magique, à leur demande il ressuscita un mort enseveli depuis 300 ans. Celui-ci se prosterna devant le saint et, déclarant qu'il avait été tiré de l'Hadès par sa prière, il confessa le Christ. Le mage vaincu tomba alors aux pieds du serviteur de Dieu, lui demanda pardon et proclama à son tour la vraie Foi. Éclatant de fureur Dioclétien ordonna de décapiter sur le champ Athanase et le ressuscité.

Nombre de ceux qui avaient cru au Christ à la suite des miracles de saint Georges trouvèrent le moyen d'aller le visiter dans sa prison afin d'être instruits des vérités évangéliques ou pour recevoir la guérison de leurs maux. Le saint compatissait à la douleur de chacun et il ressuscita même le boeuf d'un paysan nommé Glykérios. Ce dernier fut ensuite arrêté et décapité sans autre forme de procès.

Le lendemain Dioclétien fit comparaître Georges au temple d'Apollon, en présence d'une foule considérable. Feignant de vouloir sacrifier, le martyr entra dans le temple et s'adressa à l'idole en faisant le signe de la Croix. Les démons qui habitaient la statue confessèrent alors avec frayeur que seul le Christ est Dieu véritable et ils sortirent dans un grand brouhaha, laissant les statues inertes s'effondrer à terre. Les prêtres et les païens chassèrent alors le saint à grands cris et le ramenèrent au palais. Attirée par le tumulte, l'impératrice Alexandra sortit, fendit la foule en criant : "Dieu de Georges, viens à mon aide!" et elle tomba aux pieds du saint. Ne pouvant plus contenir sa rage le tyran, dont le coeur s'était endurci comme autrefois celui de Pharaon, ordonna de les décapiter tous les deux. Mais, la veille de l'exécution, Alexandra remit paisiblement son âme à Dieu dans la prison.

Le jour venu, saint Georges se rendit sur les lieux de l'exécution suivi d'une grande foule. Il rendit grâce à Dieu pour tous Ses bienfaits et, demandant Son assistance en faveur de tous ceux qui invoqueront avec confiance son intercession dans la suite des siècles, il inclina la nuque sous le glaive et partit pour remporter au Ciel les trophées de la gloire éternelle.

Conformément à la recommandation du saint, son serviteur transporta ensuite sa précieuse relique dans sa patrie, Lydda (Diospolis) en Palestine (cfr. 3 novembre), où d'innombrables miracles s'accomplirent dans la vaste église que l'on construisit en son honneur.

Le culte de saint Georges a connu une immense faveur dans tout le monde Chrétien, tant en Orient qu'en Occident. Il a été choisi pour protecteur de pays comme la Géorgie (3) et la Grande-Bretagne (4), des milliers d'églises lui ont été consacrées et toute âme Chrétienne voit en lui l'incamation des vertus de vaillance, de patience dans les afflictions et de confiance en l'assistance de la Grâce que le Christ, Maître du combat, a recommandées à tous les soldats de la piété.


16ème siècle, Grèce


NOTES:
(1) D'autres compagnons de martyre de saint Georges sont commémorés le 24.
(2) Bien qu'absent des plus anciennes Passions, ce miracle est devenu le thème le plus célèbre des représentations iconographiques de saint Georges.
(3) Cf. la notice de sainte Nina, 14 janvier.
(4) Cependant, c'est une dédicace qui a eu lieu après le Schisme d'Occident. Le saint Patron qu'avait reçu l'Angleterre à l'époque Orthodoxe est l'Apôtre saint André "le premier appelé."



19ème siècle, Russie


Le consul Sir Henry Abbott, Orthodoxe Anglais contemporain massacré par les Turcs (+ 1876)


Ce 30 avril 2008, sur l'internet Orthodoxe anglophone, circulait un nom avec juste cette brève notice :
"Il y a 2 autres saint Orthodoxes Anglais peu connus, d'après le grand Schisme d'Occident : le martyr Sir Henry Abbott, massacré par les Turcs à Salonica en 1876 (cet Anglais, consul de Prusse, s'était converti à l'Orthodoxie et fut tué en tentant de sauver une femme Chrétienne d'une conversion forcée), fête le 30 avril [..]"

la seule référence de la notice étant une défunte revue Orthodoxe dont je n'ai pas trouvé de citations chez d'autres (ce qui ne veut pas dire charrette mais doit cependant amener à réfléchir, à charge comme à décharge, sur la qualité de l'ouvrage) - la revue "The Shepherd" édition décembre 1991 – comme toujours en pareil cas, j'ai voulu en savoir plus et analyser, en commençant pas l'analyse "interne" de la notice.

Cette notice parle de martyr, donc un saint, mais dans quel calendrier liturgique, elle ne le dit pas. Or, aux USA, on sait que nombre de groupes parallèles se présentant comme Orthodoxes arrivent parfois à influence à l'intérieur de l'Église, par le biais d'amitiés personnelles, et j'ai déjà rencontré plusieurs fois le cas dans plusieurs domaines, ça rend prudent. Et puis la date ne correspond pas. Et surtout la revue ne cite pas la moindre source - capital pour une canonisation ou reconnaissance de sainteté.
Sentant bien qu'il devait "y avoir un problème," je m'étais contenté de poster le début tard hier soir, manquant de temps pour investiguer. Voici donc ce matin la suite – dont cet article juif dont parle Peter (correspondant Grec-Orthodoxe en Australie) dans le commentaire qu'il a posté sur le blog cette nuit. Mais voici aussi d'autres articles trouvés ce matin en fouillant dans les archives d'époque du New York Times, heureusement en ligne, quotidien newyorkais qui y avait consacré tant de pages à l'époque. Et a en ligne l'article le plus intéressant de tous, à savoir celui de l'intervenant le plus proche des faits, le Consul des États Unis d'Amérique, dont la famille fut mise en danger par les mêmes émeutiers musulmans.
Pour bien comprendre les faits, je vais passer par de longues digressions historiques, nécessaires pour ne pas avoir une vision manichéenne de la situation.


Le périodique anglais "The Illustrated London News" daté du 17 juin 1876, coûtant 6 pences de l'époque, mentionnait entre autres articles illustrés :
'Murder of The Consuls in Turkey: The Late Mr. Henry Abbott, German Consul at Salonica - The Late M. Jules Paul Moulin, French Consul at Salonica'


Les anciennes murailles de Thessalonique (appelée Salonika sous le joug turc)
"Devant nous, nous vîmes les murs jaunes et les tours à créneaux de cette ville où Paul prêcha aux Thessaloniciens"
source : gutenberg.org


Thessalonique était la seule ville ayant eu une grande diaspora juive (essentiellement Séfarade) allant jusqu'à former la majorité de la population à certaines périodes du Moyen Age et de l'époque moderne. Lors des faits, selon le recensement officiel ottoman, ils formaient 56% de la population de la ville. Bien que la guerre d'indépendance ait commencé en 1821, il faudra attendre 1912 pour que la Grèce puisse reprendre le contrôle de cette partie de son territoire (le gouvernement grec y accordera aux Juifs leur Sabbat et le droit de travailler le dimanche). Voici d'abord le récit des faits tels rapportés par l'historiographie juive locale :

A la mémoire de Salonike (Thessaloniki, Grèce)
http://www.jewishgen.org/Yizkor/Thessalonika/Thessalonika.html

La situation politique dans l'Empire Turc Ottoman
Le sultan Mijid mourut le 25 juin 1861 alors qu'il était âgé de 39 ans. Sa mort fut une grande perte pour cet empire. Le sultan Aziz lui succéda. En montant sur le trône, il promit que tous ses sujets ne seraient pas discriminés, et qu'il s'efforcerait que tous les citoyens de l'empire soient heureux (ensuite Avraham, Juif de Thessalonique, fut nommé comme conseillé au "Divan," le conseil royal, et payé 7000 grush par an (1). Durant cette époque, le grand vizir Fu'ad fonda 15071 écoles en Turquie, où étudiaient 660 mille étudiants. Ces écoles étaient divisées en 2 groupes, "idadi'i" (primaire) et "sultani'i" (secondaire); quelques années plus tard, il en fonda aussi à Thessalonique.
Le sultan Aziz ne coopéra cependant pas avec ses ministres, ni ne tint ses promesses faites à ses sujets, le tout ayant des résultats catastrophiques sur le gouvernement de la Turquie. Il gaspillait un demi-million de grush par mois pour les dépenses pour ses femmes et esclaves. Le Trésor public devait plus de 222 million de livres sterling, dès lors le ministre du Trésor introduisit la monnaie en papier ("kayamis") à une valeur de quelque 283 millions de francs. Vu que ni le peuple ni les marchands n'étaient habitués aux billets de banque et qu'ils refusèrent de les accepter, le gouvernement fut forcé à les retirer de circulation. Durant son règne, le baron Moshe Hirsch reçu le droit de construire un chemin-de-fer dans les Balkans et en Macédoine, qui reliait l'Europe au Moyen Orient, à savoir Vienne à Constantinople.
Les ministres de l'état ne supportèrent plus les gaspillages du sultan et le détrônèrent. Trois jours plus tard, il se suicidait. A sa place fut installé le sultan Mourad IV, mais il n'y resta que 3 mois, puis il fut aussi détrôné. Abdul Hamid II lui succéda au sultanat (1876). Sur l'insistance du grand vizir, Madhat Pasha, le sultan Hamid accorda une nouvelle constitution en faveur de tous ses sujets (décembre 1876), selon laquelle les Juifs étaient tous libres de pratiquer leur religion, sans limitation, et autorisés à accéder à des postes élevés dans le gouvernement (et en effet, 3 Juifs furent alors élus au Parlement, et 2 au Sénat (2). Le "chacham Bashi" (rabbin en chef) reçu le droit de participer aux délibérations du conseil des ministres, et le sultan reconnu les décisions de la court rabbinique juive pour les affaires civiles.

L'assassinat des consuls de France et d'Allemagne.
Les catastrophes (3), insurrections et révoltes étaient une chose habituelle et régulière en ces jours, dans les pays de l'empire, en particulier en Macédoine. Suite à cela, il y régnait beaucoup d'anarchie et de chaos dans les districts de la province. En 1875, par exemple, les bandits appelés les "bachi-bouzouks" ("Bashibozoks") attaquèrent Saloniki et pillèrent les maisons des Juifs et leurs commerces, violant aussi des femmes (4). Un an plus tard éclata l'incident qui horrifia toute l'Europe et devint le prétexte amenant les autres puissances à intervenir dans les affaires turques.
Voici ce qui s'est passé. Une jeune Bulgare d'un village près de Salonique, voulait se convertir à l'islam, devant probablement se marier avec un Turc. Elle arriva par train à Saloniki, afin de se présenter au gouverneur, comme c'était la coutume. Une grande foule de Turcs avec leurs épouses accompagna la jeune femme de la résidence du gouverneur vers la mosquée "Sa'atli Jami."
Ce jour était aussi jour de fête des Grecs; quelque 150 d'entre eux, accompagnés d'une bande de Bulgares, attaquèrent le groupe, enlevèrent la jeune femme et la poussèrent dans la charrette du Consul américain, "un riche Bulgare nommé Haji Jazaro," qui était présent, et qui parti rapidement avec elle (5).
Quand les Turcs apprirent cela, ils partirent pour la maison du Consul Américain, et demandèrent de leur restituer la jeune femme. Pendant ce temps, la mère de la jeune femme l'avait faite sortir de la résidence du Consul. Puisqu'elle ne s'y trouvait plus, les Turcs partirent chez le gouverneur, Mahmed Rifit Pacha, qui était dans la mosquée sus-mentionnée. Le Consul de France, m. Moulain (anciennement vice-consul à Jaffa) et le Consul de Germanie, Henry Abbott (qui était en fait citoyen Anglais, mais dont la religion était Orthodoxe), furent appelés à l'aide par leur beau-frère, le Consul Américain (ses 2 soeurs étaient mariées aux 2 Consuls précités). Ils partirent pour la mosquée et attendirent le gouverneur dans un local latéral, et après quelques négociations, le gouverneur exigea qu'ils écrivent à leur beau-frère de libérer la jeune femme.
Le "New York Times," qui a consacré beaucoup de place à cet incident 4 mois durant et rapporté 3 versions différentes sur l'enchaînement des événements, n'a pas pu expliquer pourquoi les Consuls de France et de Prusse étaient entrés dans la mosquée.
En tout cas, les Turcs ne les laissèrent pas quitter l'endroit avant que la jeune femme ne leur ait été remise. Les Consuls, voyant leurs vies en danger, écrirent en effet à leur beau-frère de remettre la jeune femme aux Turcs. Cependant, puisque la fille avait entre-temps disparu et n'était pas retrouvée, la foule turque tua les Consuls français et allemand. Peu après les meurtres, on apprit que la jeune femme se trouvait dans la maison d'un Grec, elle y fut prise et emmenée à la résidence du gouverneur. Cela lui permis de sauver le Consul américain et sa famille, qui étaient en danger.
Moulain avait 39 ans quand il fut assassiné, et Abbott était encore plus jeune. Selon le "New York Times," parmi ceux qui excitaient la foule se trouvaient plusieurs membres du comité "Mijlish Idari" (le comité du gouvernement municipal).
Ce meurtre provoqua une tempête de colère dans les gouvernements d'Europe, et des navires de guerres de plusieurs puissances se présentèrent face aux côtes de Saloniki. Afin de calmer la colère des Chrétiens, le sultan congédia le gouverneur et envoya à sa place un autre gouverneur, Sherif Pacha, qui arriva dans la ville avec des renforts militaires. Le nouveau gouverneur arrêta 50 suspects, en exécuta sans jugement 6 d'entre eux sur la place publique, dont un musulman noire de grande taille. Il rétrograda aussi plusieurs officiers et condamna le chef de la police, Salim Bey, à 15 ans de travaux forcés à Rhodes. Reza Bey, autre haut responsable, fut condamné à 10 ans de travaux forcés, et Lata Bey, ministre des forteresses de Saloniki, à 3 ans de prison. Le gouvernement de Turquie accepta de payer 40 mille livres sterling en compensation aux familles des Consuls assassinés. Parmi les participants aux funérailles des Consuls, on trouvait le rabbin en chef, R' Avraham Gatinio, avec d'autres rabbins (6).
Notes:
1. Archives Israélites, Paris, 1868, pp. 730-731. Mais il n'était peu-être pas originaire de Salonique.
2. Selon la nouvelle constitution, les résidents de Salokini et du district de Macédoine recevaient le droit d'envoyer 6 délégués au parlement à Constantinople: Trois Turcs, et 3 parmi les citoyens Chrétiens et Juifs. Cependant, le d. Allatini écrivit au président de l'Alliance Israélite à Paris qu'à Saloniki, il n'y avait pas de Juifs sujets du sultan qui étaient suffisamment capables et dignes d'être délégués. Apparemment, parmi les 3 Juifs qui furent ensuite élus au Parlement et les 2 autres du Sénat, aucun ne venait de Saloniki.
3. Le 11 août 1875, une partie du quartier Turc près de la demeure du gouverneur brûla. Le feu ayant atteint la zone de la prison, il fallu en transférer les 460 sauvages prisonniers vers un autre bastion.
4. Sam Levi, "My Memories", ibid., p. 10. Le "New York Times" mentionne aussi les ravages causés par les "Bachi-bouzouks" à l'époque en Macédoine.
5. Selon une autre version, le Consul n'était pas à la gare mais simplement dans sa charrette.
6. New York Times, mai-août 1876.
7. New York Times, 17.3.1878, et on y lit la description des difficultés des réfugiés citées par Rabbi Ya'akov Kovo.


mosaique de saint Dimitri de Thessalonique, 7eme siecle
Thessalonique, la ville de saint Dimitri, a donc connu le premier Orthodoxe occidental de l'Histoire contemporaine à être massacré par les Turcs musulmans.


Il est à noter que le contexte historique est présenté de manière plutôt différente par les historiens non-Juifs. Il n'y avait pas d'alliance entre Anglais et Turcs, et une autre habitude en matière d'histoire, et pas d'opposition systématique au Christianisme. Je pense qu'on peut faire confiance à Oxford pour y voir plus clair :

HISTORY OF MODERN EUROPE 1792-1878
by C. A. FYFFE, M.A.
Barrister-at-Law; Fellow of University College, Oxford;
Vice-President of the Royal Historical Society
London, November, 1895.
http://www.globusz.com/ebooks/europe/00000036.htm

Chapitre 25 – Affaires orientales
[...]
L'été de 1875, l'Herzégovine se souleva contre ses maîtres Turcs, et en Bosnie, les conflits éclatèrent entre Chrétiens et musulmans. L'insurrection fut vigoureusement mais discrètement soutenue par la Serbie et le Montenegro, et quelque mois durant, cela tint en échec tous les efforts de la "Sublime Porte" pour faire tout cesser. Plusieurs milliers de Chrétiens, fuyant les terres dévastées et un ennemi sans pitié, cherchèrent refuge à la frontière autrichienne, et devinrent une charge pour le gouvernement autrichien. L'agitation parmi les voisins et parents Slaves des insurgés menaça la paix de l'Autriche elle-même, où Slaves et Magyars étaient au bord de l'affrontement, entre Chrétiens et Turcs. Andrassy entra en communication avec les gouvernements de Saint-Petersbourg et Berlin, pour obtenir l'adoption d'une ligne de conduite commune pour les 3 empires vis-à-vis de la Porte. Et un projet de réformes, dans l'espoir d'obtenir la pacification des provinces insurgées, fut établi par les 3 ministres, en concertation mutuelle. Ce projet, appelé la Note Andrassy, et qui reçu l'approbation de l'Angleterre et de la France, demandait à la Porte [Turquie] l'établissement de la liberté religieuse pleine et entière, l'abolition des taxes sur le fermage, l'application du revenu produit par la taxation directe en Bosnie et Herzégovine au bénéfice de ces provinces elles-mêmes, l'institution d'une Commission composée à parts égales de Chrétiens et de musulmans afin de contrôler l'application de ces réformes et de celles promises par la Porte, et enfin, l'amélioration des conditions agraires de la population en leur revendant les terres à l'abandon appartenant à l'État. La Note demandait que ces réformes soient présentées à Constantinople le 31 janvier 1876. La Porte, qui s'était déjà répandue en promesses envers les insurgés, éleva quelques objections sur les détails, mais se déclara pour finir en accord avec la substance des concessions qui étaient exigées par les Puissances (546).
Armés de cette assurance, les représentants de l'Autriche tentèrent alors de persuader les insurgés à déposer les armes et les réfugiés de rentrer dans leurs demeures. Mais la réponse fut que bien des promesses avaient déjà été faites par le sultan, et la question était, non pas tout ce qui était écrit sur un bout de papier, mais comment la mise en pratique de ces promesses allait être imposée de force. Sans quelques garanties des Grandes Puissances d'Europe, les réfugiés refusèrent de se placer eux-mêmes à la merci des Turcs, et les dirigeants d'Herzégovine refusèrent de dissoudre leurs milices. Le conflit reprit avec une vigueur nouvelle; l'intervention des Puissances, loin d'avoir amené la paix, suscita les passions fanatiques des musulmans contre les Chrétiens, et contre les étrangers à qui ces derniers avaient fait appel. Une vague d'agitation religieuse, d'agitation patriotique, de troubles politiques, de furie barbare, passa sur l'Empire Turc. Le 6 mai, les Consuls de France et de Prusse à Salonika furent attaqués et massacrés par la foule. A Smyrne et à Constantinople, il y avait des mouvements menaçants contre les habitants européens; en Bulgarie, les colons Circassiens et les hordes de milices que le gouvernement avait récemment envoyées dans cette province n'attendaient que le premier signe d'une possible insurrection pour fondre sur leur proie et baigner le pays dans le sang.
Dès qu'il devint évident que la paix n'était pas obtenue par la Note du Conte Andrassy, les ministres des 3 empires décidèrent de se retrouver afin d'arranger de nouvelles étapes diplomatiques à prendre en commun. Berlin, que le Tsar allait visiter, fut choisie comme lieu de rencontre. La date de la rencontre fut fixée à la 2ème semaine de mai. C'est pendant l'intervalle entre l'envoi de l'invitation du prince Bismarck et l'arrivée du Tsar, accompagné des Prince Gortschakoff et Conte Andrassy, qu'arriva la nouvelle du meurtre des Consuls de Prusse et de France à Salonika. Cet événement donna une plus grande importance aux délibérations qui allait être tenues. Les ministres déclarèrent que si les représentants de 2 Puissances étrangères pouvaient être assassinés en plein jour dans une paisible ville, sous le regard impuissant des autorités, les Chrétiens des provinces insurgées pouvaient bien refuser de faire confiance à un ennemi furieux. Une garantie réelle pour la mise en pratique des promesses faites par la Porte était devenue absolument nécessaire. La conclusion des ministres fut incorporée dans un Mémorandum, qui déclarait qu'une armistice de 2 mois devait être imposée à tous les combattants; que la Commission Mixte mentionnée dans la Note Andrassy devait être installée, avec un Chrétien natif d'Herzégovine à sa tête; et que les réformes promises par la Porte devaient être mises en pratique sous la supervision de représentants des Puissances européennes. Si avant la fin de l'armistice, la Porte n'avait pas donné son assentiment à ces termes, les Courts Impériales déclaraient qu'elles devraient soutenir ces efforts diplomatiques par des mesures d'un caractère plus efficace. [547]
Le jour même qu'était signé ce Mémorandum, le prince Bismarck invita les ambassadeurs britannique, français et italien à rencontrer les chanceliers russe et autrichien à sa résidence. C'est ce qui se passa. Le Mémorandum leur fut communiqué, et une demande urgente leur fut adressée afin que la Grande Bretagne, la France et l'Italie se concertent avec les Courts Impériales pour soutenir le Mémorandum de Berlin, comme ils l'avaient fait pour la Note Andrassy. Vu que le Prince Gortschakoff et le Conte Andrassy restaient 2 jours de plus à Berlin, il fut espéré que les réponses puissent être reçues par télégraphe endéans les 48 heures. Pendant ce délai, les réponses des gouvernements français et italien arrivèrent, acceptant le Mémorandum de Berlin; la réponse de Londres mit 5 jours pour être envoyée. Elle annonçait le refus du gouvernement anglais de se joindre au schéma proposé. En attendant d'autres négociations sur ce sujet, des navires de guerre français, prusses, autrichiens, italiens et russes furent envoyés à Salonika, afin de forcer à rendre justice des meurtres des Consuls. Le Cabinet de Londres, déclinant s'associer de concert avec les Puissances, et déclarant que la Grande Bretagne, bien que n'ayant pas l'intention de menacer, ne permettrait pas que des changements territoriaux soient faits en Orient sans son consentement, envoya la flotte à Besika Bay.
Jusqu'alors, l'Angleterre n'avait que peu prêté d'attention à la révolte des sujets Chrétiens de la Porte, ou à ses effets sur la politique européenne. A présent cependant, une série d'événements éclata, qui excitèrent l'intérêt et même la passion du peuple anglais à un niveau incroyable. L'agitation s'accroissait à Constantinople. Le 29 mai, le sultan Abdul Aziz fut déposé par Midhat Pacha et Hussein Avni, le premier étant chef du Parti de la Réforme, et le second représentant de l'ancien esprit militaire et patriotique Turc qu'Abdul Aziz avait encensé dans sa soumission à la Russie. Quelques jours plus tard, le sultan déposé fut assassiné. Hussein Avni et un autre rival de Midhat furent assassinés par un bandit alors qu'ils siégeaient au Conseil; Murad V, qui avait été élevé au trône, montra qu'il n'était qu'un imbécile; et Midhat, le régénérateur attendu pour l'Empire Ottoman comme beaucoup le croyaient hors de Turquie, s'empara de tous les leviers du pouvoir suprême. Vers la fin juin, des rapports parvinrent en Europe occidentale à propos de la répression d'une insurrection en Bulgarie, par des mesures d'une violence atroce. La Serbie et le Montenegro, qui soutenaient depuis longtemps leurs parents qui avaient pris les armes, déclarèrent la guerre. Au départ assez vagues, les rapports provenant de Bulgarie se firent plus précis; et de plus en plus, les correspondants de journaux allemands et anglais, parvenant à s'introduire dans les districts du sud des Balkans, découvrirent des villages où étaient entassés des masses de squelettes et de restes humains, terribles preuves de ce qui s'était passé. Le ministre britannique, se basant sur les déclarations de Sir H. Elliot, ambassadeur à Constantinople, nia au départ la gravité des massacres; ils décidèrent cependant qu'il faudra que des enquêtes soient menées sur place par un membre de l'ambassade. Et m. Baring, secrétaire de la Légation, fut envoyé en Bulgarie pour y accomplir cette tâche. Le rapport de Baring confirma les récits que son chef avait refusé de croire, et situa le nombre de victimes, de manière approximative, à pas moins de 12.000. [548]
Les massacres de Bulgarie agirent sur l'Europe en 1876 comme le massacre de Chios avait agit sur l'Europe en 1822. En Angleterre, en particulier, ils étaient effarés et dans la plus profonde horreur, et cela changea radicalement le sens de l'opinion publique concernant les Turcs. Jusqu'alors, l'opinion publique n'avait qu'une très vague idée sur les problèmes qui se déroulaient en Orient. Herzégovine, Bosnie, Bulgarie, ce n'était pas des noms aussi familiers que Grèce; les Anglais savaient à peine où se trouvaient ces pays, ou qu'ils n'étaient pas normalement habités par des Turcs. La Guerre de Crimée avait laissé une tradition d'amitié avec le sultan; il fallait quelqu'éclair, un choc pénétrant dans toutes les couches de la société, pour évacuer une bonne fois pour toutes l'idée conventionnelle que la Turquie était une communauté ressemblant à un État européen, et pour faire entrer dans les demeures anglaises la nouvelle sur la véritable condition des populations Chrétiennes des Balkans sous leurs maîtres Ottomans. Et c'est ce que les massacres de Bulgarie firent. Et depuis ce temps, la grande masse du peuple anglais, qui avait si fortement sympathisé avec les Italiens et les Hongrois dans leurs luttes pour l'indépendance nationale, ne fut plus disposée à permettre que l'influence de la Grande Bretagne soit utilisée pour perpétuer l'ascendance turque sur les peuples Slaves.
Il ne fait pas le moindre doute que si à l'automne de 1876, la nation avait eu l'opportunité d'exprimer ses vues par une élection parlementaire, elle aurait insisté pour l'adoption de mesures actives de concert avec les Puissances qui étaient prêtes à forcer les réformes auprès de la Porte. Mais le Parlement de 1876 n'était en place que depuis 2 ans; la majorité qui soutenait le gouvernement était encore forte; et à la tête du Cabinet, il y avait un homme doté d'une extraordinaire ténacité dans ses projets, avec un grand pouvoir de commandement sur les autres, et avec une ligne de conduite claire, froide et imperturbable pour parvenir à ce qu'il voulait. Ce fut une des caractéristiques les plus étranges de cette époque qu'un ministre qui, au cours de sa carrière déjà longue, n'avait jamais exercé la moindre influence sur les affaires étrangères, et qui n'était lui-même pas Anglais de naissance, ait pu imprimer à un tel degré le sceau de sa personnalité sur la conduite de notre politique étrangère; qu'il aurait forcé l'Angleterre à être au premier plan de la crise que l'Europe était occupée à traverser; et que, pour le bien ou pour le mal, il aurait renversé la tendance qui voulait que depuis la guerre d'Italie de 1859, l'Angleterre n'avait de cesse de se tenir toujours plus éloignée des affaires continentales.

La conception de Disraeli de la politique parlementaire était ironique. Il avait plut à la nation britannique que la direction d'un de ses grands partis politiques soit remportée par un homme de génie à l'unique condition qu'il s'accommode lui-même de certaines fantaisies de ses contemporains; et 20 ans durant, depuis l'époque de ses attaques contre Sir Robert Peel pour l'abolition des lois sur le maïs, jusqu'à l'époque où il forma son parti à la démocratique Reform Bill de 1867, Disraeli, avec grande grâce, se soumis à quelques unes des étranges parties qu'il était requis de jouer. Mais après 1874, quand il fut porté à la tête d'une puissante majorité dans les 2 Chambres du Parlement, et d'un Cabinet soumis, le temps passé fut du passé; l'époque de l'homme d'État était là, et de l'homme d'État dirigeant tout selon ses propres idées commença, quoique cela ne soit pas répandu sur la place publique. A une époque où Cavour plantait encore du riz et que Bismarck était inconnu hors de son pays, Disraeli avait donné au monde, à Tancred, ses visions de l'Empire d'Orient. De mystérieux dirigeants planifiaient la régénération de l'Asie par une nouvelle croisade de fervents Arabes et Syriens de la religion vivante, et avaient vaguement évoqué le transfert de la cour de la reine Victoria de Londres à Delhi. Rien n'est en effet parfait; et le regard de Disraeli était favorisé par de telles perceptions extraordinaires de projets distants qu'il s'avéra un peu incertain dans ses vues d'affaires non dénuées d'importance pour la plus proche patrie. Il pensait que la tentative de fonder l'indépendance italienne était un délit; il écouta les idées de Bismarck sur le futur de l'Allemagne, et les décrivit comme les divagations sorties de l'esprit d'un baron allemand. Un quart de siècle durant, Disraeli avait ébloui et amusé la Chambre des Communes, sans, semble-t'il, avoir inspiré la moindre grande cause ou discerné le moindre des buts politiques vers lesquels les nations européennes tendaient. Cependant, le temps passant, le moment arriva pour l'accomplissement de sa propre politique impériale; et avant que la question orientale ne se soit élevée de manière évidente dans le ciel de l'Europe, Disraeli, en premier ministre de l'Angleterre, avait commencé à agir en Asie et en Afrique. Il envoya le Prince de Galles pour tenir Durban, et chasser les tigres parmi les Hindous; il proclama la reine impératrice des Indes; il acheta les parts des Khedive dans le Canal de Suez. Jusqu'alors, l'incertitude avait régné quant à savoir s'il y avait autre chose que de théâtral et de pittoresque dans la politique du ministre; mais quand une large part de la nation commença à demander une intervention en faveur des Chrétiens d'Orient contre les Turcs, ils découvrirent que la détermination de Disraeli était suffisamment forte. Animé par une méfiance et une crainte de la Russie, il revint à ce qui avait été la politique des gouvernements Tory aux jours d'avant Canning, l'identification des intérêts britanniques avec le maintien de la puissance ottomane. Si une génération de sentimentaux était prête à sacrifier la grandeur d'un empire pour leurs sympathies avec un peuple opprimé, ce n'était pas Disraeli qui serait leur instrument. Lorsque le massacre de Batak fut évoqué à la Chambre des Communes, il se répandit sur les honorables qualités des Circassiens; quand les cas de tortures furent avérés, il fit remarquer que généralement, un peuple oriental mettait un terme à ses relations avec des coupables d'une manière plus expéditive. [549] Il y avait en effet suffisamment d'Anglais qui aimaient autant leur pays que Disraeli, et qui avaient prouvé leur amour par des sacrifices que Disraeli n'avait pas eu l'occasion de faire, et qui trouvèrent humiliant que la grandeur de l'Angleterre soit acquise par la servitude et l'oppression d'autres races, et que la sécurité de leur empire en aurait à reposer sur quelque chose d'aussi pitoyable que le règne turc. Ces considérations, Disraeli n'y attachait pas grande importance. Il croyait que ce qui était nécessaire, c'était de dominer la Russie; et, contrairement à Cannince, qui considérait que la Russie ne serait pas mieux tenue à l'oeil par l'Angleterre qu'en ayant avec elle une coopération armée et en établissant l'indépendance de la Grèce, il déclina dès le départ d'entrer dans tout projet d'imposer des réformes par la force au sultan, doutant seulement de jusqu'où il lui serait possible de soutenir le sultan contre les autres Puissances. Selon sa propre déclaration postérieure, s'il n'en avait pas été empêché, il aurait sans ambages informé le Tsar que si ce dernier livrait la guerre à la Porte, l'Angleterre serait l'alliée de cette dernière. Cependant, l'opinion publique en Angleterre rendit cette attitude impossible à tenir. Le poignard des Circassiens et des Bachi-Bouzouks avait tranché le lien avec la Grande Bretagne, lien qui avait sauvé la Turquie en 1854. Disraeli – entre-temps devenu Duc de Beaconsfield – ne pouvait que lancer des anathèmes contre la Serbie, pour avoir la présomption de lever l'épée contre son maître et seigneur légitime, et réprimander ces Anglais impatients qui, comme l'homme bien plus grand dont le nom est associé à Beaconsfield, considéraient que le monde n'avait pas besoin d'être trop regardant quand aux moyens à déployer pour se débarrasser d'un mal pareil que le règne Ottoman. [550]
[...]



In fine, voici une traduction d'articles originaux du New York Times (1876):

The Salonica massacre – Le massacre de Thessalonique
Le meurtre des Consuls étrangers par les Musulmans – un récit de l'affaire par le représentant Américain – les causes ayant mené à la terrible tragédie
The New York Times, 6 june 1876

Le journal "Le Continent," de Genève, dans son édition du 23 mai, reproduit une lettre écrite par l'Agent Consulaire américain à Salonique, rapportant le récent massacre dans cette ville turque. L'auteur écrit : "Mardi matin, 2 mai, avec mon collègue le Consul Grec et un autre gentleman, j'ai pris le train pour Topsin, escomptant partir de là en carrosse pour visiter Vodina, et revenir le vendredi soir 5 mai par la même route. J'ai dès lors donné des ordres à mon cocher pour me rencontrer à la gare le vendredi soir. A mon arrivée, j'ai trouvé la ville dans une grande effervescence, suite à l'horrible crime qui venait d'y être commis. Toute terrifiée, ma famille avait fuit ma maison de peur de subir le sort qui était arrivé à mes collègues de France et de Prusse. Ce qui suit, c'est ce que j'ai pu apprendre de plus proche sur l'histoire de cette affaire, dans laquelle le nom de ma famille a été malheureusement mêlé.
En accord avec mes ordres, mon carrosse avait été amené à la gare vendredi soir afin de m'y reprendre, et ne m'y trouvant pas, le cocher s'apprêtait à repartir. Mais une foule de Chrétiens saisit les rênes des chevaux et tenta de sauver une jeune Bulgare – une Chrétienne – qui criait au secours, se trouvant aux mains de Turcs, et on la poussa dans mon carrosse. Ils réussirent donc. Accompagnée d'un employé des chemins-de-fer, la fille fut donc placée dans mon carrosse et emportée à ma maison. Ma famille, à savoir ma mère et mon frère, étaient sortis, laissant mon petit enfant à la maison avec la gouvernante et un serviteur, et ne devaient pas rentrer avant le soir. C'est alors qu'ils découvrirent la fugitive dans ma maison, et dans leur confusion, ne sachant qu'en faire, ils permirent à la pauvre fille de rester jusqu'au matin, comptant la faire alors repartir. Au matin, la fille avait disparu, et ma famille apprit des serviteurs qu'une vieille dame affirmant être sa mère était venue la chercher; ainsi ma maison n'était plus concernée par l'affaire.
Dès l'aube, les musulmans commencèrent à s'armer, et leurs hérauts commencèrent à appeler leurs fidèles à s'armer pour aller reprendre la fille qui, selon eux, voulait devenir musulmane. Vers midi, ils se rassemblèrent dans la court du palais du gouvernement, demandant que la fille soit immédiatement remise. Le gouverneur jugea bon de la faire venir chercher à ma maison, et vers 13h30, ses 2 envoyés se présentèrent et la demandèrent. Il n'y avait personne à la maison, sauf ma mère, qui leur dit que la fille n'y était plus. Mécontents de la réponse, ils allèrent chercher mon frère qui leur fit la même réponse. Mais pendant ce temps, la foule de musulmans continua d'affluer à la "Saatli Jami," se préparant à attaquer ma maison et enlever la fille. Les mijlis, des bigots musulmans, allèrent à la mosquée, "afin de calmer la foule" dirent-ils. C'est à ce moment-là que les Consuls de France et de Prusse, étant pour quelque raison inconnue à proximité de la mosquée, souhaitant apaiser le peuple, allèrent à la mosquée, d'où on ne les laissa pas repartir. Là s'étaient rassemblées les Turcs ayant la plus haute position dans la ville, et bientôt le gouverneur en personne y arriva, afin, dit-il, de sauver les Consuls. Le Consul de Prusse, supposant qu'il était vrai que la fille était dans ma maison, rédigea une brève note pour mon frère, disant "qu'il convenait de rendre la fille, contre engagement et sécurité, afin de prévenir des conséquences funestes." Avant que le message ne soit délivré, la fille avait été découverte dans une autre maison, et remise entre les mains du kawass du Consul Anglais, qui était en chemin pour ma maison avec un message de son Consul demandant la fille. Il avait quelques soldats avec lui, et la fille lui fut remise en charge, et ils partirent tous vers la mosquée. En chemin, ils croisèrent une bande de musulmans armés. La fille leur fut remise; mais hélas, c'était déjà trop tard. Ces musulmans venaient de massacrer sans pitié les Consuls capturés, et ils étaient en route vers ma maison, afin de faire subir le même sort à ma famille. Heureusement, voyant la fille, qu'ils ramenèrent à la mosquée, cela les apaisa quelque peu. Ce qui s'est passé en ce lieu, nul ne le sait. Tout ce que nous savons,c 'est que mes pauvres collègues et amis ont été massacrés sans pitié à grands coups de sabre, hache, baïonnette et barres de fer, et traînés hors de la mosquée, les vêtements en lambeaux. On a conté 18 blessures à la tête et 20 sur le corps du Consul de Prusse. Il y en avait encore plus sur le corps du Consul de France.
Les Consuls encore vivants eurent une réunion sans délai et puis partir voir le gouverneur, qui leur promit tout mais ne fit rien, et tenta d'arranger les affaires avec les fanatiques, afin que la responsabilité me soit attribuée ainsi qu'à ma famille. L'inaction des autorités locales est inouïe. S'ils avaient vraiment voulu empêcher le massacre, ils auraient pu le faire. Mais il faut faire remarquer que c'est le chef de la police et certains membres du Conseil du Villayet (Idaré Mejlis) qui ont poussé la foule au meurtre
."
Copyright © The New York Times


Analyse après le meurtre, NYT, mercredi 22 mai 1876

[...] Les premières réactions de Constantinople ont été très insatisfaisantes et ont montré à quel point la Porte prenait l'affaire à coeur. En premier lieu, il y a eu une tentative de faire porter toute la responsabilité de l'affaire sur le Consul américain, qui aurait été du côté des Chrétiens et aurait fomenté l'émeute; et ensuite, les Consuls, qu'on dit avoir été assassinés dans la mosquée. C'est faire retomber la cause sur eux, car les représentants des puissances étrangères étaient interdits d'entrer dans ces lieux de culte. S'ils l'avaient fait, alors, ils auraient eu leurs vies entre leurs mains; mais il appert qu'ils ont bien été massacrés en rue. L'accent est largement mis sur le rôle du Consul des États Unis. Seulement, nous n'avons pas de Consul à Thessalonique.
L'Agent Consulaire y est m. Haggi-Lazaro, un riche résident Bulgare, dont les soeurs étaient mariées aux 2 hommes assassinés. L'une était la femme de m. Moulin, le Consul français, et l'autre était mariée à un jeune Anglais nommé Henry Abbott, qui, par influence familiale, avait été nommé Consul d'Allemagne à Salonique. Le gouvernement allemand avait eu l'occasion de le féliciter pour ses services à 3 reprises, et il était grandement apprécié comme représentant officiel. M. Moulin était l'ancien vice-consul à Jaffa, et n'était âgé que de 39 ans, et fort apprécié du Corps Consulaire français. Sa mère vit encore à Paris, et le duc Decazes lui a envoyé les nouvelles de sa mort dimanche dernier. Étant natif de la région, et appartenant à une éminente famille Chrétienne, notre Agent Consulaire était naturellement identifié avec les querelles religieuses et disputes de la ville, où les Chrétiens sont à présent majoritaires
[ndt: les statistiques ottomanes et juives prouvaient largement le contraire]
[...]
suite de l'article : la version ottomane des faits, qui est celle reprise dans l'article juif plus haut, et la version occidental, qui est celle de la lettre de l'Agent Consulaire, publiée in extenso plus haut. L'erreur de l'Agent sur le lieu du meurtre est la seule différence - mais comme il n'y était pas présent, il n'a pu que rapporter les premières nouvelles.



Les média occidentaux de 1876 virent avec 40 ans d'avance ce qui allait se passer contre les populations Chrétiennes d'Asie Mineure, mais la politique empêchera toute action sérieuse. Les centaines de milliers de victimes remercient nos courageux politiciens – qu'elles se "rassurent," les descendants desdits politiciens n'ont hélas pas changé d'un iota.

Sujets continentaux: Discussions médiatiques françaises sur les récents meurtres à Salonique – Ton enflammé des journaux – Les 2 faces de l'histoire
Mercredi 22 mai 1876

De notre propre correspondant.
Paris, mercredi 10 mai 1876
L'opinion publique en Europe est surexcitée par le meurtre des Consuls à Salonique, l'ancienne capitale de la Macédoine. Une majorité des journaux, avec ce manque de prévoyance et de réflexion qui appartient bien trop souvent à notre profession, ont dénoncé la Turquie en des termes les plus forts, suite à ce tragique événement, et appellent à l'intervention immédiate des puissances européennes. La "République Française" tambourine pour une prompte action.
"Le Nord," l'organe russe en Belgique, est sur la même tonalité : "Quelle qu'ait pu être l'origine de cette affaire," écrit-il, "le sang des 2 Consuls assassinés crie vengeance, et rien ne pourrait être invoqué pour atténuer la gravité d'un tel crime. Cet événement apporte de nouveaux arguments, d'une regrettable éloquence, pour accorder l'autonomie aux provinces turques en faveur des populations Chrétiennes. Plus rien ne saurait arrêter ces conflits quotidiens, qui vont tôt ou tard dégénérer en catastrophes majeures." Ce journal continue en exhortant à une réorganisation immédiate des États vassaux de la Sublime Porte [empire Turc musulman; ndt]. Le "Journal des Débats" écrit que si l'essentiel de la lutte est confiné à la Bosnie et Herzégovine, cela provoque des passions partout dans le pays, dont on peut mesurer l'intensité et la violence avec la catastrophe de Salonique. Si cette lutte continue, qui peut garantir que l'incendie ne va pas se propager dans toutes les parties de la Turquie européenne et asiatique, où les populations Chrétiennes vivent à côté des musulmans. Aujourd'hui nous avons deux meurtres, demain nous auront un massacre général."
[..]

L'exécution capitale de plusieurs personnes et les condamnation à de lourdes peines de prison pour des hauts responsables Turcs montrent que la "politique de la canonière" avait payé et que les Turcs cesseront vite de vouloir faire porter le chapeau aux victimes et à l'Agent Consulaire des Américains...



Les criminels de Salonique – les funérailles des Consuls – l'agitation mentale du sultan.
New York Times, 22 mai 1876

"Paris, 22 mai - un câble spécial d'Athènes, publié sur place, rapporte que 3 autres exécutions vont avoir lieu aujourd'hui à Salonica. Pendant les funérailles des Consuls assassinés mercredi dernier, les navires de guerre étrangers amarrés dans le port de Salonique ont reçu l'ordre de bombarder la ville au moindre signe de troubles.
Londres, 22 mai - le "Standard," quotidien de Vienne, rapporte que la santé mentale du sultan cause des soucis. Il est victime de délires, craignant de se retrouver brûlé vif ou empoisonné.
Selon un décompte des Turcs, il ne resterait plus que 5.000 insurgés en armes en Bulgarie, et ils se seraient enfuis dans les montagne.
Le "Divan" a envoyé une délégation auprès des Chrétiens, proposant une alliance.
"


Ma conclusion, toute personnelle et n'engageant que moi (et encore!), c'est qu'en dehors d'une vision du martyre très étendue, de ce qu'on sait encore de l'histoire, je ne vois pas trop la notion de sainteté de martyr dans cette terrible affaire. Mais si l'Église devait un jour, sur base d'autres éléments qu'elle posséderait, le proclamer comme tel, bien entendu que je n'oublierais pas Sir Henry Abbott dans nos commémorations liturgiques.

De plus, et vu que les événements ont les plus grandes "chances" de se reproduire d'ici pas très longtemps sur le sol même de nos pays déchristianisés, car pays ayant ouvert largement les portes et baissé la garde face à la Turquie musulmane et à l'islam en général, je crois qu'il est nécessaire d'au minimum en tirer leçon historique.
Et de se souvenir de rapports pareils :

http://query.nytimes.com/gst/abstract.html

"Londres, mercredi 20 mai 1876 – un message spécial depuis Paris au "Daily Telegraph" mentionne qu'un rapport y a été reçu, expliquant que les habitants musulmans de Piedor, en Bosnie, sous prétexte qu'un certain nombre de Chrétiens s'apprêtaient à quitter la ville, ont attaqué le quartier Chrétien, et ont massacré 100 personnes, dont des femmes et des enfants." [..]

A l'époque pourtant, le chef du gouvernement anglais, Disraéli, se désolidarisait de l'Europe, permettant à la Turquie de poursuivre son hégémonie sanglante dans les Balkans et en Grèce et Bulgarie:
NYT, mercredi 21 mai 1876


Cet aveuglément et l'illusion du "cavalier seul" fera hélas encore couler beaucoup de sang, de même que la catastrophique opposition de la France, athée et maçonnique, à l'entreprise de la Russie, Chrétienne, de libérer Balkans et Asie Mineure de plusieurs siècles de terrible joug musulman Turc – et même les musulmans non-Turcs en ont toujours souffert... Opposition qui porte encore aujourd'hui ses fruits vénéneux.

Pour éviter d'y revenir, il faut absolument aller (re)lire l'analyse froide et lucide du problème plus global tel qu'exposé par l'ancien Consul Général des USA au Moyen Orient, George Horton, en 1926. C'est un avertissement terrible pour nous tous, qu'on soit Chrétien ou non.

THE BLIGHT OF ASIA
http://www.agiasofia.com/horton/horton.html

An Account of the Systematic Extermination of Christian Populations by Mohammedans and of the Culpability of Certain Great Powers; with the True Story of the Burning of Smyrna

GEORGE HORTON
For Thirty Years Consul and Consul-General of the United States in the Near East
With a Foreword by JAMES W. GERARD
Former Ambassador to Germany
éditeur : The Bobbs-Merril Company, Indianapolis, 1926






29 avril 2008

Άγιο Φως / Saint Feu de Jérusalem, le grand miracle de la sainte Orthodoxie, pour le Salut du monde


Le Saint Feu de Jérusalem et la Semaine Sainte, le grand miracle de la sainte Orthodoxie

http://www.serfes.org/spiritual/april2007.htm



par l'archimandrite Nektarios Serfes
Boise, Idaho, USA
Avril 2007


Le Saint Feu sortant de la Tombe de notre Seigneur Jésus-Christ, église du Saint Sépulcre, Jérusalem (photo de 2001)

La Paix soit avec vous!
Daigne le Seigneur Dieu de miséricorde être avec vous en ce jour et toujours!
Dans la vraie Orthodoxe, nous avons la merveilleuse révélation de l'étendue de l'amour de notre Seigneur Jésus-Christ pour nous, quand Il nous accorde Sa Lumière Sacrée, connue et appelée le Saint Feu, le grand miracle de la sainte Orthodoxie, du Christianisme, en la nuit de Sa sainte et glorieuse Résurrection, et cette Lumière nous est offerte chaque année au Saint Sépulcre à Jérusalem. Cette Fête des fêtes est célébrée cette année dans l'Église Orthodoxe le 26 avril à minuit.
Le lendemain, nous entrerons dans la période de la Semaine Sainte, qui commence en fait la nuit du Dimanche des Rameaux, entrant dans ce pèlerinage spirituel par la prière, et vivant cela par les saints Évangiles au fur et à mesure que la semaine s'avance vers la Passion de notre Seigneur, Sa Crucifixion, et Sa sainte et glorieuse et lumineuse Résurrection. Quelle semaine spirituelle cela peut devenir pour nous tous quand nous participons pleinement à ses Offices en prière en famille, priant ensemble à notre église paroissiale locale! Il en est de même si nous voulons aussi envisager d'y amener nous amis, pour aussi témoigner de la sainteté de cette semaine particulière, qui apporte la joie à la fin de la Semaine Sainte, nous récompensant réellement tous spirituellement.
Ainsi, ce qui est important pour nous, c'est que chacun d'entre nous soit à l'église, priant pendant la Semaine Sainte, et nous devrions vraiment nous presser à l'église et prier, et accompagner notre Seigneur au Golgotha! En même temps, assister à Son lavement des pieds des disciples, et aussi recevoir comme une rafraîchissante onction spirituelle la grâce de la sainte Onction qui est célébrée le Mercredi Saint. Ensuite, quelle grande bénédiction ce serait pour nous que de nous préparer nous-mêmes à la sainte Confession, et de recevoir le saint Mystère de la sainte Communion à la Cène Mystique, au matin du Jeudi Saint.
Comment pouvons-nous avoir aussi oublié que notre Seigneur Jésus-Christ pleure pour nous, car dans nos coeurs, la Foi s'affaiblit parfois, et parfois ne nous réalisons pas Qui Il est et ce qu'Il nous offre toujours : Sa Résurrection et la vie éternelle, pour nous tous! Rappelons-nous que Jésus pleura à la tombe de saint Lazare; n'oublions donc pas d'assister annuellement à la Divine Liturgie du Samedi de Lazare.
Une Foi profonde en notre Seigneur Jésus-Christ est requise quotidiennement pour chacun d'entre nous, et nous devrions vraiment nous efforcer d'avoir les yeux de nos coeurs et de nos âmes grands ouverts pour contempler le grand nombre de récompenses spirituelles qui nous sont offertes durant cette période de la Semaine Sainte, en particulier quand nous anticipons dans l'espérance et l'amour la Fête des fêtes du véritable Christianisme, Sa sainte et glorieuse et radieuse Résurrection. C'est en effet une Fête sainte et glorieuse, le point central de notre sainte Foi, car nous avons au coeur d'elle la sublime vérité que le Christ notre Seigneur est ressuscité et continue d'être avec nous et nous aime tous!
Peut-être qu'en cette même période de la Semaine Sainte, nous pourrions aussi penser à offrir les prières suivantes : prier pour tous ceux qui sont malades en ce moment, et prier pour ceux qui nous haïssent, et pour ceux qui nous aiment. Prier pour les récents défunts partis près du Seigneur, et prier pour ceux qui n'ont nul abri et sont sans logis, et pour ceux qui souffrent de la faim et de la soif, et pour ceux qui n'ont pas de source de réconfort.
Nous pouvons aussi prier pour ceux qui aspirent après notre amour et compréhension. En même temps, nous devrions prier pour notre paroisse et ceux qui la desservent avec la Grâce du Saint Esprit. De plus, nous pourrions et devrions prier pour nos parents, pour tous les enfants, pour nos proches, de même que pour nos amis ainsi que pour ceux qui vivent dans notre voisinage.
Prier pour la paix dans le monde entier, et pour les soldats qui défendent chaque jour leur pays. Et nous pourrions aussi offrir notre humble prière pour ceux qui sont à l'hôpital, et ceux qui sont souffrants, de même que ceux qui sont dans les senioreries, et ceux en prison. Par dessus tout, prions que notre Seigneur Dieu de miséricorde nous accorde de dignement recevoir le Saint Feu au Saint Sépulcre, et à notre paroisse locale. C'est en effet un temps pour nous tous, individuellement et en famille, de prier ensemble comme une grande famille Chrétienne unie et priante.
Aimez prier, et allons plein d'amour à l'église, où la prière est partagée et où nous goûtons le Royaume céleste, car il est très important pour nous d'entrer dans la Nouvelle Jérusalem, et de prier, de même que d'offrir notre amour à notre Seigneur Dieu, Qui, en retour, nous bénira et nous accordera tant de récompenses spirituelles.
Durant la Semaine Sainte, nos pieuses prières sont requises, et rendant toute gloire et honneur à notre Seigneur Dieu, nous aussi nous nous retrouverons à pleurer et à partager Ses souffrances. Ensuite, nous nous retrouverons non plus à pleurer, car le Christ va Se relever d'entre les morts, et les portes du Paradis vont s'ouvrir de sorte que tous puissent passer de la mort à la vie en Christ notre Seigneur.
Que le Saint Feu de la Lumière du Christ que nous recevons à Sa glorieuse Résurrection brille en nos coeurs, et ainsi nous saurons que notre Seigneur Dieu est toujours avec nous!

Le Christ est Ressuscité! Il est vraiment Ressuscité!

Humblement, dans l'amour de la sainte Résurrection de notre Seigneur
+ archimandrite Nektarios (Serfes)

(la plupart des photos proviennent du site "Holy Fire" - copyright leur appartenant)

Vidéo du Feu Sacré en 2007 :
http://www.moinillon.net/post/2008/04/26/le-Feu-Sacre

Une vidéo plus ancienne : film complet (en roumain) du miracle, tout à fait éblouissant :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/04/voir-la-lumire-de-pques.html

Quantité d'autres petites vidéos :
http://www.holyfire.org/eng/video.htm

Article sur l'étude scientifique russe sur le feu sacré (2006)
http://stmaterne.blogspot.com/2006/06/jrusalem-feu-sacr-tude-de.html

Historique de l'apparition annuelle et pluri-millénaire de la Lumière Sainte à Jérusalem (1903)
http://www.holyfire.org/file/French_LaLumiereSainte.htm



Les pèlerins voyageant à Jérusalem, depuis les temps anciens et jusqu'à maintenant, affirment unanimement que le jour du Samedi Saint, le Feu sacré apparaît sur le Tombeau de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Des milliers de pèlerins pieux, affluant chaque année des pays du monde entier, de tous peuples et confessions chrétiennes, et de beaucoup d'autres, même non chrétiennes, s'empressent, depuis des temps reculés et jusqu'à maintenant, vers Jérusalem, pour y vénérer le Tombeau du Seigneur, tout particulièrement le jour du Samedi Saint. Ce jour-là, selon le témoignage de tous les voyageurs, depuis des temps anciens, chaque année et jusqu'à maintenant, le Feu incréé apparaît sur le Tombeau de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ, à 8 heures ou, selon notre heure, à deux heures de l'après-midi.
Dès le vendredi, les Turcs, sous la domination desquels se trouvent Jérusalem et l'Église du Tombeau du Christ, éteignent les lumières dans toute l'Église (et dans les temps anciens, aussi dans Jérusalem et même chez les Turcs). Ils bouclent les portes du Tombeau du Seigneur et y apposent le sceau turc; quant au patriarche, le jour même où le Feu s'allume, il est soumis publiquement à une fouille devant tout le peuple par les officiels turcs, en présence d'une garde turque importante, et ensuite seulement, accompagné de cette même garde et des officiels, en présence des chrétiens de toutes confessions et des infidèles, ayant été publiquement revêtu de ses vêtements sacerdotaux et publiquement fouillé, il pénètre dans la grotte du Tombeau du Seigneur (kouvouklia), d'où les Turcs retirent alors le sceau.
Les plus anciennes informations sur le Feu sacré, selon l'affirmation de l'archimandrite Léonide, proviennent de l'antiquité la plus profonde (1).
Les écrivains Grecs, rappelant cet événement, se reportent, en témoignage de cette ancienneté, aux écrits des Pères de l'Église : Grégoire de Nysse et Jean Damascène qui, comme on le sait, sont allés eux-mêmes à Jérusalem; le premier, dans sa seconde homélie sur la Résurrection, écrit : " Pierre, ayant vu de ses propres yeux, mais aussi par hauteur d'esprit apostolique que le Tombeau était illuminé, alors que c'était la nuit, le vit par les sens et spirituellement." Le second, dans ses chants liturgiques, fait souvent mémoire de la lumière brillant miraculeusement sur le Saint Tombeau. Ainsi par exemple: "Pierre, s'étant rapidement approché du Tombeau, et ayant vu la Lumière dans le Sépulcre, s'effraya." (2)
Parmi les écrivains occidentaux, favorables à la profonde antiquité de l'apparition du feu sacré, A.S. Narov mentionne le moine latin Bernard, au IXème siècle, et Baronius : "Le Samedi Saint, écrit Bernard, la veille de Pâques, au moment du service matinal à l'église dans le Temple du Tombeau du Seigneur, le Patriarche transmet le feu à l'évêque et enfin à tout le peuple, afin que chacun puisse allumer ce feu dans sa maison. Le Patriarche actuel est Théodose (853-879); il a été élevé à cette dignité pour sa piété".
Le pape Urbain II, lors du concile des Croisés à Clermont, dans son discours à la foule immense rassemblée devant lui, proclama, entre autres, ceci : "En vérité, dans ce Temple (le Tombeau du Seigneur), Dieu repose; jusqu'à présent, Il ne cesse d'y manifester des miracles car, aux jours de Sa Passion, alors que toutes les lumières sont éteintes au-dessus de Sa tombe et dans l'église, soudain, les lampadas éteintes se rallument. Quel coeur, si endurci soit-il, ne s'attendrirait pas devant une telle manifestation! " (Baldricus, in Gesta Dei per Francos. p. 87). Le chroniqueur de l'Église romaine Baronius témoigne : "Les chrétiens occidentaux, ayant repris Jérusalem aux Sarrasins, virent un miracle lorsque, le Samedi Saint, les bougies s'allumèrent d'elles-mêmes auprès du Tombeau du Seigneur. Ce miracle se produit là-bas habituellement."(3)
Parmi les écrivains Orthodoxes Grecs, le Patriarche Nectaire a noté son témoignage sur le feu sacré, et ce témoignage a été utilisé par Arsène Soukhanov dans son "Proskinitarié "(cahier 17). Quant aux témoignages de nos pèlerins-écrivains russes, ils sont exposés ici; le plus ancien est celui de l'higoumène Daniel, qui se trouvait à Jérusalem (1093-1112) sous le règne de Sviatopolk Ysiaslavitch. En ce temps-là, peu après les Croisades, régnait à Jérusalem le roi Baudoin 1er, un catholique. Par le récit de Daniel, nous apprenons que Baudoin 1er était présent à l'apparition de la Lumière Sainte et reçut de l'évêque une bougie, l'évêque étant Orthodoxe, et non catholique, malgré le fait que Baudoin lui-même fût catholique et Jérusalem pris par les Croisés-catholiques, et sous obédience du pape. Il y eut sans doute des expériences, où le Feu ne descendit pas sur les évêques catholiques, et c'est pourquoi ce droit a été donné aux Orthodoxes. Et maintenant encore nous voyons, par les dires du métropolite Mélétios, vicaire du Trône Patriarcal de Jérusalem, qu'entrant dans le Sépulcre, il ne vit pas le Feu durant un long moment (Voyage de Barbara Brune de Saint Hippolyte). Depuis des temps lointains, Arméniens et Coptes prennent part à ce triomphe et croient en la miraculeuse manifestation de l'apparition du Feu...
Il est fort à propos de citer ici le témoignage du pèlerin hiéromoine Mélétios, et d'autres encore, sur la tentative des Arméniens de chasser les Chrétiens Orthodoxes du Temple de Jérusalem, pour recevoir par leurs propres hiérarques le Feu incréé de la "kouvouklia". Cette tentative se termina en miracle. Effectivement, les Grecs ne furent pas admis par le pacha turc, qui avait été acheté pour de l'argent, et ils se tenaient hors du temple devant les portes closes. "Lorsque approcha l'heure à laquelle avait habituellement lieu le miracle, soudain, un des piliers qui se trouvent dans le mur, devant les Portes Saintes, se fendit et la Lumière s'en échappa. Voyant cela, le Patriarche (Orthodoxe) s'avança avec précaution et alluma les bougies - les Arméniens, quant à eux, raconte plus loin le hiéromoine Mélétios, ignorant tout à fait que la Lumière sainte était descendue chez les Orthodoxes, l'attendaient pour eux à l'intérieur du Tombeau, clamant consciencieusement, d'une voix forte, comme des Baalatim. Mais les Turcs qui gardaient le Saint Portail, voyant un tel miracle, ouvrirent les portes aussitôt. Le Patriarche entra dans le Temple avec les Orthodoxes, proclamant : "Qui est le Dieu grand, sinon notre Dieu ? Tu es Dieu, qui fait des merveilles !" et la suite ... Les Turcs, présents lors du miracle, crurent. Y eut-il un signe, semblable ou non, avec les latins et autres chrétiens, nous l'ignorons.
Les Arabes, dans un enthousiasme religieux, courant autour de la kouvouklia, s'exclamaient : "Vola dinn, Illa dinn, l'-Messia !", ce qui veut dire : " Il n'y a pas de foi véritable, hors la Foi Orthodoxe."
Un écrivain russe connu, qui fut plus tard ministre de la Culture, A.S. Norov, assistant en 1835 à Jérusalem à la descente du Feu sacré, de même que le pieux André Nicolaïevitch Mouraviev ont décrit avec art l'apparition du Feu sacré ainsi que leur voyage.
L'apparition du Feu sacré même est rapportée par les différents voyageurs, de diverses façons. Certains le décrivent précédé de l'apparition d'un nuage, d'autres, ne parlant pas de cela, le disent provenant directement du Tombeau du Seigneur; certains pèlerins le voient bleu, devenant ensuite très clair et brillant et d'autres, le figuraient comme étant rouge. Parmi les derniers pèlerins, André Nicolaïevitch Mouraviev, de bienheureuse mémoire, écrit : " Sur le Tombeau du Seigneur, on dépose auparavant du coton, avec lequel on ramasse le Feu sacré, qui apparaît, dit-on, par petites étincelles sur la plaque de marbre sur le Tombeau du Seigneur."
A.S. Norov le décrit ainsi : "J'ai vu comment le métropolite, âgé, s'étant penché pour pénétrer par l'entrée basse, arrivé dans la grotte, se jeta à genoux devant le Saint Tombeau, sur lequel rien n'était déposé, qui était complètement nu. Une minute ne s'était pas écoulée, que l'obscurité s'inonda de Lumière, et le métropolite sortit vers nous avec un bouquet de bougies flamboyantes."
Le hiéromoine Mélétios, pieux staretz de Sarov affirme que l'apparition de Feu sacré ne provient pas, semble-t-il, d'ailleurs que précisément du Tombeau lui-même, qui aurait été sanctifié par le Corps du Christ, qui le fait sourdre chaque année en signe de vérité et de rectitude de Foi. N'ayant pu être personnellement témoin de l'apparition du Feu, le hiéromoine Mélétios rapporte les paroles de l'archevêque Missaïl, dont c'était alors le service : " Étant entré, lui dit l'archevêque Missaïl, à l'intérieur du Saint Tombeau, nous voyons sur tout le couvercle de la tombe une Lumière scintillante, comme si y étaient répandues de minuscules perles de verre, d'apparence blanche, bleue, écarlate, et d'autres couleurs, qui ensuite, se fondant les unes avec les autres, rougeoyaient et se transformaient en Feu; mais ce Feu, durant le temps nécessaire à lire sans hâte 40 Kyrie Eleison, ne produit pas de brûlure et ne consume pas, et les candélabres et bougies préparés s'y allument : mais par ailleurs, ajoute l'archevêque, comment et d'où cela provient, je ne saurais le dire".
Une telle diversité dans les récits sur la couleur de la Lumière Sainte et la façon dont elle apparaît, démontre la véracité et la sincérité de ceux qui les ont écrits. Et tous les récits des témoins oculaires se rejoignent dans la même constatation : le Feu incréé apparaît chaque année le Samedi Saint, et ce jusqu'à présent.
Contre les fausses allégations des vieux-croyants, prétendant que, dès le temps du patriarche Nikon, il n'y eut plus d'apparition du Feu sacré, il suffit de dire que dans le "Livre sur la Foi", imprimé à Moscou en 1648 et respecté par eux, au temps du patriarche Joseph, il est indiqué, au chapitre premier, sur l'Église de Sion, que chaque année, le Samedi Saint, on peut voir sur le Tombeau du Seigneur la Lumière Sainte, et un peu plus bas, il y est démontré que cette Lumière apparaîtra sur le Tombeau du Christ jusqu'à la fin des temps.
"C'est une joie de voir, écrit le moine Parféni, qu'à présent, bien qu'à contre-coeur, les autres chrétiens respectent la foi Orthodoxe, et jettent leurs regards sur les Orthodoxes comme sur un soleil très clair, car ils espèrent tous recevoir par eux, la grâce de la Lumière Sainte."(2)
Concernant les infidèles, ou ceux qui auraient été contaminés par les faux enseignements actuels, nous demandons, ainsi qu'à tous les lecteurs de lire les récits qui suivent, de les comparer et vérifier, et qu'ils ne soient pas incrédules, mais qu'ils croient.
Philippe M. Abdoulovsky.
Le jour du Samedi Saint à Jérusalem d'après les récits de pèlerins anciens et actuels. Centre d'entr'aide chrétienne, Tambov, 1903
Traduit du russe par N.M.Tikhomirova.

Notes:

1) L'archimandrite Léonide avait publié ses notes dans le "Douchepoliesnoié Tchenié" en 1863, n°2, 3 et 4, sous le nom de "Moine pèlerin"
2) Voici ce qu'écrit encore le moine Parféni à propos de Jérusalem:
"Et encore, voici le plus magnifique et le plus merveilleux : chaque année, le soir du Samedi Saint, sur le Tombeau apparaît un Feu, mieux, une Lumière sainte, qui l'emplit et toutes les lampadas suspendues autour s'allument à ce Feu et brillent plus clair. Mais apprends comment cela se passe, écoute : cette grâce arrive et le miracle apparaît par les prières du saint et Orthodoxe patriarche de Jérusalem, lorsqu'avec la foule il fait 3 fois le tour du Tombeau en chantant : "Ta Résurrection, ô Christ Sauveur, les Anges la chantent dans les Cieux, et nous sur la terre, rends-nous dignes de Te glorifier d'un coeur pur !" Ayant accompli cela, le patriarche entre à l'intérieur du Sépulcre et les très belles bougies de cire blanche sont allumées par lui à cette Lumière. Puis il en sort, s'assied à l'endroit qui lui a été préparé, et toutes les personnes rassemblées s'approchent et de même allument leurs bougies à celles que tient dans ses mains le patriarche."



photo prise par les opérateurs de la chaîne russe de télévision NTV, en 2003: des fumerolles et des éclairs surgissent un peu partout juste avant que ne s'allume le Saint Feu!



Le Lucernarium d'Egeria (4ème siècle)
http://www.holyfire.org/eng/doc_PaschalFireJ2.htm
Le plus antique témoignage que nous ayons encore provient d'un fragment d'un journal de voyage que la plupart des érudits attribuent à une religieuse Espagnole nommée Egeria (Égérie, Etheria). Elle témoignait et rapportait les événements de la Semaine Sainte à Jérusalem en 384. Parlant de la Vigile de Pâques en elle-même, elle ne trouvait qu'un seul événement méritant mention :
"Il n'y a pas d'office liturgique, cependant, à None, le Samedi Saint, on prépare la Vigile de Pâques dans l'église principale, le Martyrium. La Vigile de Pâques se déroule exactement comme nous la vivons chez nous. Une seule chose est plus élaborée que chez nous. Après que les néophytes aient été baptisés et habillés, à peine sortis des fonts baptismaux, ils sont tout d'abord menés à l'Anastasis (église ronde entourant le Saint Sépulcre) avec l'évêque. Pendant que l'évêque entre derrière les grilles de l'Anastasis (donc dans l'édifice), on chante une hymne, et il prie pour eux. Ensuite, il revient avec eux dans l'église principale, où tout le peuple est assemblé pour la Vigile comme de coutume."

Voici ce qu'Égérie dit du Lucernarium :
"A la 10ème heure, qui est appelée ici Licinicon, ou comme nous disons, Vêpres, une grande multitude est assemblée dans l'Anastasis. Toutes les torches et cierges sont allumés, et ça donne une lumière incroyable. Le feu, cependant, n'est pas amenée du dehors, mais est pris de dedans la grotte (Saint Sépulcre), à savoir de derrière les grilles sur lesquelles nuit et jour brûle toujours une lampe."

texte complet des Voyages d'Égérie, pèlerine espagnole du 4ème siècle :
http://www.ccel.org/m/mcclure/etheria/etheria.htm




Le miracle du Saint Feu, église du Saint Sépulcre, à Jérusalem
huile sur toile, William Holman Hunt 1892-1905 (ou 1893-1899 selon d'autres informations), Fogg Art Museum, Cambridge, MA, USA

Depuis quand ce prodige a-t'il lieu?
http://www.holyfire.org/eng/
Le premier récit écrit du Saint Feu encore existant date du 4ème siècle, mais des auteurs parlent d'événements ayant eu lieu au 1er siècle. Ainsi saint Jean Damascène et saint Grégoire de Nysse parlent de l'Apôtre Pierre, et comment il vit la Sainte Lumière au Saint Sépulcre après la Résurrection du Christ. "On peut retracer le miracle au long des siècles de nombre de récits de voyages vers la Terre Sainte." L'higoumène russe Daniel, dans son récit de son voyage des années 1106-1107, présente d'une manière très détaillée le "miracle de la Sainte Lumière" et les célébrations qui l'encadraient. Il explique comment le patriarche entre dans la chapelle du Sépulcre (l'Anastasis) avec 2 cierges. Le patriarche s'agenouille en face de la pierre sur laquelle le Christ fut déposé après Sa mort, et prononce certaines prières, après quoi a lieu le miracle. La Lumière surgit du coeur de la pierre – une lumière bleue, indéfinissable, qui après quelques instants allume les lampes à huile et les 2 cierges du patriarche. C'est la Lumière du "Feu Sacré," et elle se répand parmi tous les gens présents dans l'église. La célébration entourant le "miracle du Saint Feu" est peut-être bien la plus ancienne célébration Chrétienne au monde, ininterrompue depuis ses origines. Depuis le 4ème siècle jusqu'à nos jours, des sources écrites rappellent cet événement impressionnant. De ces sources, il paraît clairement que le miracle a été célébré au même endroit, le même jour, et dans le même cadre liturgique tout au long de ces siècles.

Miracle de Dieu.
Le patriarche Orthodoxe se tenait.. près de la colonne gauche, lorsque la Sainte Lumière fendit cette colonne verticalement, et éclata près du patriarche Orthodoxe. Chaque fois que des hétérodoxes [= non-Orthodoxes; ndt] tentèrent d'obtenir le Saint Feu, ils ont échoué. On connaît encore 3 de ces tentatives. Deux ont eu lieu au 12ème siècle, quand des prêtres catholiques-romains ont tenté d'en chasser l'Église Orthodoxe, mais par de leur propre aveu, tout cela s'acheva dans la punition divine (3, 4). Mais l'événement le plus miraculeux eu lieu en 1579, l'année où Dieu manifesta clairement à qui seul Il donnait Son miracle. "Un jour, les Arméniens [monophysites; ndt] payèrent les Turcs, qui occupaient militairement la Terre Sainte, afin d'obtenir leur permission pour leur patriarche d'entrer le Saint Sépulcre. Le patriarche Orthodoxe se tenait, affligé, avec son troupeau, à la sortie de l'église, près de la colonne gauche. C'est là que la Lumière Sainte fendit cette colonne verticalement, et éclata près du patriarche Orthodoxe.
Tounom, muezzin musulman, vit les événements miraculeux depuis la mosquée adjacente, il abandonna aussitôt la religion musulmane et devint Chrétien Orthodoxe. Ces événements eurent lieu en 1579, sous le sultan Mourad IV, le patriarche de Jérusalem était Sophrony IV. (La colonne en question existe toujours; elle date du 12ème siècle. Les pèlerins Orthodoxes l'embrassent au "lieu de la fracture" quand ils entrent dans l'église) Des soldats Turcs se tenaient au mur d'un bâtiment près de la porte et de la colonne frappée par cette foudre intérieure. Un d'entre eux, qui avait vu ce qui s'était passé, s'écria que le Christ était vraiment Dieu et il tomba d'une hauteur de quelque 10 mètres. Mais il ne fut pas tué – les pierres devinrent douces comme la cire, et ses empreintes de pieds y furent imprimées. Les Turcs tentèrent de les effacer, mais ils ne réussirent pas à le faire et elles sont encore là, comme témoin permanent (5).
Il fut brûlé par les Turcs près de l'église. Ses restes, rassemblés par les Grecs, se trouvèrent au monastère de la Panagia jusqu'au 19ème siècle.
Les musulmans, qui nient la Passion, la Crucifixion et la Résurrection du Christ, tentèrent de poser des obstacles sur le chemin du miracle. Al Biruni, le célèbre historien musulman, écrivait : ".. un gouverneur (musulman) acheta du fil de cuivre au lieu de mèche (pour les lampes à huile), afin que ça ne s'allume pas, et que tout échoue. Mais quand le Feu descendit, le cuivre s'enflamma" (6).
Ce ne fut pas la seule tentative. Le rapport écrit par Gautier Vinisauf, chroniqueur Anglais, décrit ce qui se passa en 1192:
"En 1187, dirigés par le sultan Salah ad-Din, les Sarrasins s'emparèrent de Jérusalem. Cette année-là, le sultan désira être présent à la célébration, quand bien même il n'était pas Chrétien. Gautier Vinisauf nous explique ce qui se passa : "A son arrivée, le Feu céleste descendit soudainement, et les assistants furent bouleversés... les Sarrasins. dirent que le Feu qu'ils avaient vu descendre était produit par une supercherie. Salah ad-Din, souhaitant exposer l'imposture, fit éteindre le cierge qui venait de s'allumer avec le Feu venu du Ciel, mais le cierge se ralluma aussitôt tout seul. Il le fit éteindre une seconde fois, puis une troisième fois, mais il se ralluma à chaque fois tout seul. Aussitôt le sultan, confondu, s'écria prophétiquement : "Oui, bientôt je mourrai, ou je perdrai Jérusalem" (7).

Un miracle inconnu en Occident
D'aucun pourrait se demander pourquoi le miracle du Feu Sacré est presqu'inconnu en Europe occidentale. Dans les zones protestantes, cela pourrait s'expliquer jusqu'à un certain point, vu qu'ils n'y ont pas de tradition de miracles, les gens ne savent pas comment envisager le miracle, et ils sont rarement mentionnés dans les médias. Mais dans la tradition catholique-romaine, il y a un grand intérêt pour les miracles. Pourquoi alors est-ce si peu connu? A cela, une seule réponse possible : politique d'église. Seules les Églises Orthodoxes participent à la célébration au centre de laquelle surgit le miracle. Cela n'a lieu QUE lors de la date Orthodoxe de Pâques et sans la présence des autorités catholiques-romaines (2).



Les foules de pèlerins face à l'apparition du Saint Feu - 1905

Les foules de pèlerins et les soldats Turcs attendent l'apparition du Saint Feu, sur la place, en face de l'entrée de l'église du Saint Sépulcre.

témoignages des musulmans et catholiques-romains
http://www.holyfire.org/eng/history.htm
* Al-Djahi (+ 869), Arabe et musulman, dans son ouvrage "Le livre des animaux," cite de manière critique le Saint Feu. Krachkovsky I. "Holy Fire" according narration of al-Biruni and other muslim writers of X-XIII cc. - Christian East. V.3. Edition 3. 1915, p.231. (en russe)
* Ahmed ibn al-Kassa (+ 936), juriste arabe bien connu, dans son livre "Signes de Quibla", écrivait : "Les gens sortent du lieu du sépulcre qui est sur un roc, le Grand Samedi, par les galeries qui l'entourent. S'y tenant, ils regardent vers l'emplacement du Sépulcre, prient et s'agenouillent devant le Dieu très Haut, priant de l'aube jusqu'au crépuscule. L'émir et l'imam de la mosquée les saluent. Le gouverneur ferme la porte du sépulcre et s'assied à côté. Ils ont tous à rester ainsi jusqu'à ce que la lumière, qui est comme un feu blanc, apparaisse hors du sépulcre. Alors le gouverneur ouvre la porte et entre. Il tient un cierge, l'allume à ce feu, dans sa main.. Il le donne à l'imam, qui porte le cierge et allume les lampes à huile de la mosquée.. Le rapport est rédigé pour le souverain, l'informant que le feu est apparu en tel jour et telle heure. S'il est apparu à la prière du matin, c'est considéré comme signe qu'il ni trop propice, ni trop sèche; si c'est à midi, cela indique que l'année sans récolte." Cité: Krachkovskij I. JU. "Blagodatnyj ogon'" po rasskazu al-Biruni i drugikh musul'manskikh pisatelej X-XIII vekov // Khristianskij Vostok. Spb., 1915, T. 111. Vyp. 3. S. 231-232.
* Abu l-'Abbas Ahmad (+ 947) – comme un polémiste Grec contemporain, au 10ème siècle – rapporte que le gouverneur musulman de Jérusalem faisait fermer la porte de la Tombe avant l'apparition du Feu, et, lorsque la lumière blanche du feu devint visible du dedans de la Tombe, il ouvrait la porte, entrait dans la Tombe, et allumait un cierge au feu. Cité : Zsolt (EDT) Hunyadi, Jozsef (EDT) Laszlovszky, The Crusades and the Military Orders: Expanding the Frontiers of Medieval Latin Christianity - History - 2002 - 606 p. P. 90.
* L'historien arabe Masudi (+ 957) mentionnait le Saint Feu. Krachkovsky I. Y. "Holy Fire" according narration of al-Biruni and other muslim writers of X-XIII c. - Christian East. V. 3. Ed. 3. 1915, p. 223-224. (en russe)
* Un clerc de la court impériale de Constantin VII Porphyrogénète, Niketas, en 947... envoya une lettre à l'empereur, rapportant la tentative d'un émir enragé de faire cesser le rite du Saint Feu... "(l'émir).. demanda au patriarche, sous menace de faire interdire la fête populaire de la Résurrection du Christ, une rançon de 7.000 pièces d'or. Ce paiement ne devait pas être versé sur le champ intégralement, mais un acompte de 2000 pièces avec une garantie pour les 5000 restantes. Pendant que le patriarche était retenu prisonnier dans le Prétoire, le Dieu des miracles remplit 2 des lampes du lampadaire de 3 lampes suspendu au lieu où il est dit que le Corps du Christ avait été descendu de la Croix pour être lavé. Quand les nouvelles du prodige parvinrent au Prétoire, Chrétiens et musulmans coururent pèle-mêle à l'église. Mais les musulmans y allèrent avec des pensées sanguinaires et des projets meurtriers, armés et prêts à massacrer tout Chrétien portant un cierge allumé. Le patriarche arriva, suivit du clergé, et ayant déterminé que l'illumination du Feu sacré n'avait pas encore eu lieu, avec l'aide des musulmans, il fit fermer le Saint Sépulcre et commença à prier avec les Chrétiens. Vers la 6ème heure, fixant son regard sur le Saint Sépulcre, il vit l'apparition surnaturelle de la Lumière. Il entra dans le Saint Sépulcre par l'entrée qu'un Ange lui montra. Au moment où il prit un cierge pour donner du feu divin à tous ceux dans l'église qui avaient des torches, à peine était-il sorti de l'église que tout l'édifice se remplit soudain de Lumière divine. Les fidèles se tenaient à droite et à gauche, certains près de la porte, d'autres au Calvaire, et d'autres près de la chaîne cruciforme représentant le centre du monde, et qui était là comme un signe, de sorte que tous les hommes furent émerveillés par l'apparition du divin Feu. Les musulmans eux-mêmes furent remplis de surprise car à ce moment de l'apparition annuelle de la lumière, cela n'avait lieu qu'à une des lampes à l'intérieur du Saint Sépulcre, alors que ce jour-là, c'était l'église entière qui était remplie de lumière. L'émir, qui regardait d'en haut d'une des tribunes, fut témoin d'un miracle encore plus grand. La plus grande des lampes suspendue en face de lui laissa échapper l'huile et l'eau qu'elle contenait, et soudain s'emplit d'elle-même du Feu divin, alors qu'elle n'avait pas de mèche Cité : évêque Auxentios de Photiki. The Paschal Fire in Jerusalem: A Study of the Rite of the Holy Fire in the Church of the Holy Sepulchre.
* le musulman Al-Farag ibn Salih, de Bagdad, vers le 10ème siècle, cité par al-Biruni.
* L'historien musulman al-Biruni, vers 1000. "Les Chrétiens ont éteint leurs lampes et torches avant ceci, et ils attendent, jusqu'à ce qu'ils voient un pur feu blanc, qui fait s'allumer une lampe. De ce feu, les lampes dans les mosquées et les églises sont allumées. Ensuite un rapport est établi pour le calife, mentionnant le moment où le feu est descendu. Si cela a eu lieu après midi, on attend une année fertile, mais si c'est plus tard le soir, ou encore plus tard dans la nuit, on s'attend à une année infertile." La même source rapporte aussi "qu'un gouverneur acheta un fil de cuivre au lieu de mèche à lampe, afin que cela ne s'allume pas et que tout échoue. Mais quand le Feu descendit, le cuivre brûla. La descente de ce Feu d'en haut en un jour, qui a lieu après un délai spécifié, nous donne l'occasion d'être émerveillés.." Krachkovsky I. Y. "Holy Fire" according narration of al-Biruni and other muslim writers of X-XIII c. - Christian East. V. 3. Ed. 3. 1915 (in Russian). Chronology of the Muslim scholar Al-Biruni (973 - 1048). Al Biruni / In the Garden of Science / Reklam - Leipzig 1991. traduction anglaise.
* Fulcres de Chartre – chapelain du premier roi Baudouin de Jérusalem (11-12ème siècles) écrit à propos d'un incident, dans le Saint Feu n'apparut pas tant que les moines catholiques-romains et leur clergé n'avaient pas quitté l'église du Saint Sépulcre. Avdulovsky F.M. Holy Fire Coming From Holy Sepulchre of Our God and Savior Jesus Christ on The Great Saturday in Jerusalem. Moscow, 1887, P. 37-41. (en russe)
* Le même Fulcres de Chartres rapporte une croyance populaire : les musulmans auraient menacé d'exterminer les Chrétiens de Palestine si le saint Feu n'apparaissait pas. Dmitrievsky A.A. The grace of Holy Fire on Holy Sepulchre on the Great Saturday. S.-Petersburg, 1908, p. 96 (en russe)
* L'historien arménien Mathieu d'Edesse, 12ème siècle, nous rapporte qu'en 1103, le Saint Feu refusa de descendre après que les Francs aient retiré le contrôle des Lieux Saints aux prêtres locaux [Orthodoxes; ndt] et chassés les Grecs hors de leurs monastères. Les nouveaux arrivants comprirent et restituèrent les propriétés; le feu apparut le lendemain.


19ème siècle : célébration du Saint Feu, lors du Samedi Saint, à l'église du Saint Sépulcre
Remarquez les nombreux guerriers Turcs contrôlant les passeports au Kuvuklia.
In : Avdulovskij F.M. Svjatyj ogon', iskhodjashchij ot Groba Gospoda Boga i Spasa nashego Iisusa Khrista, v den' Velikoj Subboty v Ierusalime. Po skazanijam drevnikh i novykh puteshestvennikov. M., 1887 g.


Le hiéromoine Daniel en Terre Sainte, 1106
http://www.holyfire.org/eng/doc_PaschalFireJ2.htm#Hagios
Le témoignage significatif suivant du Saint Feu, c'est Daniel, l'higoumène Russe qui visita la Terre Sainte en 1106-1107. Il décrivit la descente du Saint Feu telle qu'elle était célébrée au cours de la première décennie de l'hégémonie des Croisés sur la Terre Sainte. L'autorité séculière en charge était alors le monarque latin, le roi Baudouin.
Voici une description de la Sainte Lumière qui descend sur le Saint Sépulcre... Nombre de pèlerins rapportent de manière incorrecte les détails à propos de la Sainte Lumière. Certains disent que l'Esprit Saint descend sur le Saint Sépulcre sous la forme d'une colombe; d'autre que c'est un éclair venant du Ciel qui allume les lampes au dessus du Sépulcre du Seigneur. Tout ceci est faux, il n'y a ni colombe ni éclair d'en haut à voir à ce moment-là; mais la Grâce divine vient invisiblement du Ciel et allume les lampes dans le Sépulcre de notre Seigneur. Je me contenterai de décrire en toute vérité ce que j'ai vu.
Le Vendredi Saint, après les Vêpres, ils nettoient le Saint Sépulcre et y lavent toutes les lampes, et les emplissent d'huile pure, non mêlée d'eau, et ayant placé des mèches dedans, ils ne les allument pas. Des sceaux sont placés sur la Tombe à 2 heures du matin, et en même temps toutes les lampes et cierges sont éteints dans toutes les églises de Jérusalem...
Je partit tout joyeux pour acheter une grande lampe en verre, et.. je l'amenai dans le Saint Sépulcre vers le soir.. Le garde m'ouvrit la porte, me dit d'enlever mes chaussures, et pieds nus, rien qu'avec la lampe que je portais, il me laissa entrer dans le Saint Sépulcre et me pria de déposer la lampe au Tombeau du Seigneur. C'est ce que je fis.. La lampe des Grecs était placée près de la tête, et celle de Saint-Savas et des autres monastères près de la poitrine, selon une coutume annuelle. Par la Grâce de Dieu, les 2 lampes s'allumèrent simultanément, alors qu'aucune des lampes des Francs, qui étaient suspendues au dessus de la Tombe, ne s'alluma.
Après avoir placé ma lampe sur la sainte Tombe et vénéré ce saint lieu de baisers de componction et de larmes de piété, je quitta la sainte Tombe dans une grande excitation, et rentrai à ma cellule. Le lendemain, la 6ème heure du Samedi Saint, tout le monde se rassemble à l'église de la Résurrection, des gens de partout.. une foule difficile à estimer. La foule remplit l'espace autour de l'église, (et) ... seuls les prêtres étaient à l'intérieur, et tout le monde, clergé et laïcs, attendaient l'arrivée du prince et de sa cour.
A leur arrivée, les portes furent ouvertes et la foule se pressa à l'intérieur, bousculant et se poussant les uns les autres des coudes, dans un spectacle incroyable, et ils remplirent l'église entière et ses galeries.. Un grand nombre était forcé à rester dehors.. Les gens venaient de partout, et tout ce que tous parvenaient à crier, c'était "Kyrie eleison" et le cri était si puissant que tout le bâtiment en tremblait. Les fidèles versaient des torrents de larmes... Même le roi Baudouin avait une expression contrite et humble. Des rivières de larmes coulaient de ses yeux, et ses courtisans, qui l'entouraient, restaient très réservés près de l'Autel principal, devant la Tombe.
Plus tôt, vers la 7ème heure du Samedi, le roi Baudouin avait quitté sa résidence.. je l'avais accompagné.. Nous avons atteint la porte occidentale de l'église de la Résurrection, mais la foule était si dense que nous n'avons pas su entrer. Alors Baudouin ordonna à ses soldats de disperser la foule et d'ouvrir un passage. Ainsi firent-ils et ils ouvrirent une voie vers la Tombe, et c'est ainsi que nous avons pu traverser la foule.
Nous avons atteint l'entrée Est du Saint Sépulcre du Seigneur, et le roi, nous suivant, prit sa place.. Ensuite le roi ordonna.. que j'aille.. au dessus des portes du Saint Sépulcre, en face du grand Autel, de sorte que je puisse voir par delà les portes de la Tombe, les 3 portes, toutes scellées du sceau royal. Quand au clergé latin [= catholique-romain; ndt], il resta au grand Autel. A la 8ème heure, le clergé Orthodoxe, qui se trouvait au dessus du Saint Sépulcre, commença à chanter les Vêpres, en même temps que les autres clercs, moines et ermites. De leur côté, le clergé latin grommelait selon son étrange habitude. Alors que ce chant était occupé, je pris ma place et fixai mon regard sur les portes de la Tombe. Quand on passa du chant aux lectures du Samedi Saint, l'évêque latin, suivit du diacre, quitta le grand Autel pendant la première lecture et s'approcha des portes, regarda à travers la grille vers l'intérieur, et comme il ne vit pas de lumière, il retourna à sa place. Il retourna voir après la 6ème lecture et ne vit rien. Ensuite tout le monde commença à s'exclamer "Kyrie eleison," ce qui signifie "Seigneur, miséricorde." A la fin de la 9ème heure, quand ils commencèrent à chanter le passage "Cantabo Domino" (je chante le Seigneur), un petit nuage venant de l'orient vint soudain flotter au dessus du dôme ouvert de l'église, et une fine pluie tomba sur le Saint Sépulcre, et sur nous qui étaient au dessus de la Tombe. Ce fut alors que la Sainte Lumière illumina soudain le Saint Sépulcre, époustouflante de clarté et de splendeur. L'évêque, suivit de 4 diacres, ouvrit alors les portes du Saint Sépulcre, et y alla avec le cierge qu'il avait reçu du roi Baudouin, le premier à être allumé de ce Saint Feu... Ce fut avec le cierge du roi que nous avons allumé les nôtres, qui furent utilisés pour passer le Feu au reste du peuple dans l'église.
Ce Saint Feu n'est pas comme une flamme ordinaire mais brûle d'une manière plutôt extraordinaire, et avec une incroyable clarté et avec du rouge comme du de la cannelle. Alors tous les gens, avec leurs cierges allumés en main, criaient haut et dans l'enthousiasme "Kyrie eleison imas!" Quelqu'un qui n'a pas partagé l'excitation de ce jour ne peut pas vraiment croire que tout ce que j'ai vu est vrai. Seul celui qui est vraiment sage et croyant, qui, étant plein de confiance pour la vérité de ce récit, entendra avec joie les détails de cet événement. Même les tièdes seront quelque peu bouleversés, mais pour l'homme mauvais et celui qui doute, la vérité semble toujours déformée.
Mais revenons là où j'ai disgressé. A peine la Lumière avait-elle brillé dans le Saint Sépulcre que les chants cessèrent et que toute la foule, criant "Kyrie eleison" et agitant les cierges avec leurs mains en l'air, courut hors de l'église en état de grande excitation. Chacun rentra dans son propre lieu, et avec son cierge, alluma les lampes des églises et y acheva les Vêpres, pendant que seul le clergé restait sur place et achevait les Vêpres dans la grande église du Saint Sépulcre... (11).

[Dans le n° 1 de la revue théologique "La Voile," vous trouverez une autre intéressante partie du récit du pèlerinage du hiéromoine Daniel en Terre Sainte, et la description de ses bonnes relations avec le souverain Belge local, Baudouin]



La Descente du Saint Feu pendant la période du joug Turc. Des foules de pèlerins et de guerriers Turcs attendent l'apparition du Saint Feu, sur la place en face de la Kuvulia



La question de l'authenticité du miracle
http://www.holyfire.org/eng/

Comme pour tout miracle, il y a toujours des gens qui croient que c'est une supercherie, et rien d'autre qu'un chef d'oeuvre de la propagande Orthodoxe. Ils croient que le patriarche a un briquet à l'intérieur de la Tombe. Cependant, ces critiques sont confrontés à un certain nombre de problèmes.
Les allumettes et autres moyens d'allumage sont des inventions récentes. Il y a quelques siècles d'ici, allumer un feu était une entreprise qui durant bien plus que les petites minutes pendant lesquelles le patriarche se trouve dans la Tombe. D'aucun objectera qu'il a peut-être une lampe à huile brûlant à l'intérieur, d'où il allumerait les cierges, mais les autorités locales ont confirmé qu'elles avaient inspecté la Tombe et n'y avait trouvé nulle source de feu.
Cependant, les meilleurs arguments contre une supercherie ne sont pas les témoignages de patriarches se succédant. Le plus gros défi auquel les critiques doivent faire face, ce sont les milliers de témoignages directs et indépendants, apportés par les pèlerins dont les cierges s'allument spontanément en face de leurs yeux, sans aucune explication possible. Selon nos enquêtes, il n'a jamais été possible de fixer par la caméra la moindre des lampes ou le moindre des cierges s'enflammant de lui-même.
Cependant, je suis en possession d'une vidéo filmée par un jeune ingénieur de Bethléem, Souhel Nabdiel. M. Nabdiel avait été présent à la célébration du Saint Feu depuis sa plus tendre enfance. En 1996, il lui fut demandé de filmer la cérémonie depuis le balcon du dôme de l'église. Se trouvaient aussi sur le balcon : une moniale et 4 autres fidèles. La moniale se tenait à droite de Nabdiel. Sur la vidéo, nous pouvons voir comment il filme les foules en bas. A un moment donné, toutes les lumières furent éteintes – c'était le moment où le patriarche devait entrer dans la Tombe et recevoir le Saint Feu. Alors qu'il était encore dans la Tombe, on entendit soudain un cri de surprise et de stupeur de la part de la moniale à côté de Nabdiel. La caméra commence à bouger, pendant qu'on entend les cris des autres personnes présentes sur le balcon. La caméra tourne vers la droite, où il est possible de contempler la cause de ce tumulte. Un grand cierge, tenu par la moniale Russe, s'enflamme en face de tous ceux qui sont présent, avant même que le patriarche ne soit sorti de la Tombe. Elle tient le cierge en tremblant, tout en se signant de la Croix encore et encore, dans la peur du miracle auquel elle vient d'assister. Cette vidéo est ce qu'on a de plus proche d'un film direct du miracle.



Le miracle du Saint Feu à Jérusalem en 2008
http://arabwritersgroup.wordpress.com/2008/04/26/khoury-miracle-of-the-holy-fire-in-jerusalem-for-immediate-release-april-26-2008/

Par Maria C. Khoury, Ed. D. - 26avril 2008 – Des pèlerins du monde entier [plus de 10.000 à l'Anastasis! Ndt] se sont rassemblés aujourd'hui à Jérusalem pour assister au plus grand de tous les miracles – le Miracle du Saint Feu. Ce miracle est devenu une magnifique grande fête culturelle, mais beaucoup ne parviennent tout simplement pas à approcher du Saint Sépulcre. Les soldats, la police, les grandes foules, le brouhaha, les tambours des Scouts et des Guides qui attendent anxieusement de recevoir le Saint Feu de la Tombe Vivifiante du Christ, c'est une aventure longue comme la journée. C'était déjà un miracle en lui-même que Sam et Janet, de notre paroisse-soeur de l'Annonciation, à Little Rock (USA), aient pu venir participer.
C'était une célébration enthousiasmante, avec le son de tant de langues en même temps, avec les représentants de tant d'églises de toute la Terre Sainte venant recevoir le Saint Feu pour aller le rapporter dans de petites lanternes à leurs églises particulières pour l'Office de la Résurrection à minuit. Des passeports spéciaux avaient été émis pour les Chrétiens de Gaza, afin d'entrer dans Jérusalem, mais les énormes foules ne permettaient pas d'entrer dans le Saint Sépulcre.
C'est en ce Grand et Saint Samedi que le Saint Feu fut reçu par le patriarche Grec-Orthodoxe, sa béatitude Theophilos, comme cela a eu lieu chaque année, le même jour, de la même manière, au même moment, en ce même saint lieu de la Vivifiante Tombe du Christ. C'est ce miracle qui nous permet de croire que le Christ est vivant et offre la vie éternelle. C'est ce miracle qui nous dit que le Christ est vraiment parmi nous. Ce puissant miracle est une autre manière par laquelle Dieu communique. Comme nous le chantons dans notre Office de la Résurrection à minuit : "Venez, et recevez la lumière de la Lumière qui jamais ne s'éteint, et glorifiez le Christ, Qui S'est relevé de la mort."
Un défilé spectaculaire a aussi eu lieu pour recevoir le Saint Feu en rentrant dans notre village de Taybeh, vers 17h. Les prêtres des 3 églises, p. Daoud, p. Raed et p. Jack, avec le maire du village, mon époux, David, menaient les fidèles, avec le choeur chantant pour aller à la rencontre de notre cousin Ibrahim avec son fils Philip, 6 ans, qui vont traditionnellement à Ramallah afin de recevoir la Lumière d'un représentant du patriarche qui l'amène de Jérusalem à Ramallah pour toutes les communautés Chrétiennes qui ne peuvent pas se rendre dans la Ville Sainte. Philip avait fait placer un signe sur la voiture blanche de son père, cette année, mentionnant "Lumière du Christ," et il voulait s'asseoir sur le toit pendant qu'elle roulait, mais il fut forcé à rester assis avec la flamme jusqu'à ce qu'il ai dit "Le Christ est Ressuscité!" et donna la Lumière aux adultes.
Huit années de violence en Terre Sainte, de tous côtés, assurément nous avons vécu dans les ténèbres de tous les maux, où les enfants n'ont pas pu avoir une vraie enfance. "Et la Lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas saisie" (Jn 1,5). Le puissant message Chrétien de ce saint jour, c'est que notre espérance se trouve en Christ, et les rues étaient simplement remplies des fidèles venant témoigner dans l'amour du Christ.
Ainsi, aujourd'hui nous avons reçu la Lumière qui provient du coeur de la pierre qui recouvre la Vivifiante Tombe du Christ, et à nouveau nous avons célébré la plus ancienne cérémonie Chrétienne au monde, qui existe de manière ininterrompue.
En Luc 16,15, nous lisons que Jésus a dit : "Allez de par le monde, et prêchez l'Évangile à toute créature. Ceux qui croient et sont baptisés seront sauvés." Nous témoignons de la vérité et recevons le Saint Feu ce jour, de sorte que tous ceux qui ne sont pas bénis pour vivre en la terre de la Sainte Résurrection du Christ puissent croire que le Christ est la vraie Lumière, qui éclaire tout homme venant dans le monde (Jn 1,9).
"Et vous prêcherez parmi toutes les nations la repentance et la rémission des péchés en Son Nom, en commençant par Jérusalem. Et vous êtes témoins de tout cela" (Lc 24,47).
Notre communauté Chrétienne est petite et se réduit, mais avec l'aide de Dieu, elle parvient à survivre aux épreuves quotidiennes qui rendent la vie insupportable. En vérité, le Seigneur est Ressuscité!
Marie Khoury est militante Orthodoxe Palestinienne et éducatrice, elle vit à Jérusalem. On peut la contacter à khourymaria@hotmail.com
Publié par "the Arab American Writers Syndicate", www.ArabWritersGroup.com

A propos de l'auteur

http://www.saintgeorgetaybeh.org/maria_khourys_page/maria_khourys_archive/biography.html
Maria (Kouremenou) Khoury est l'auteur de livres Chrétiens Orthodoxes pour enfants, en anglais, dont "Christina Goes to the Holy Land walking the footsteps of Christ." Elle est diplômée du Hellenic Collège (1982), des universités de Harvard (1985) et Boston (1992), avec un doctorat en éducation. Née à Tripoli, Grèce, elle a grandit à Denver, Colorado.
Maria est aussi l'auteur de "Witness in the Holy Land" (distribué par www.HolyCrossBookstore.com), un ouvrage d'expériences personnelles de la vie sous occupation militaire, avec son mari David C. Khoury et leurs 3 enfants, Elena, Canaan et Constantine. Ses articles ont été publiés dans le monde entier dans nombre de quotidiens et magazines, et ont été traduits dans plusieurs langues, afin de conscientiser à la présence Chrétienne en Terre Sainte.
Mme. Khoury est actuellement servante à l'église Saint-George Greek-Orthodox à Taybeh, Palestine, collectant des fonds pour la construction d'une maison afin d'aider à soutenir la petite communauté Chrétienne.

Les Khourys sont rentrés en Terre Sainte en 1995, suite aux accords de paix d'Oslo, aidant à l'économie locale avec un investissement dans une petite brasserie produisant l'unique bière palestinienne, "Taybeh Beer", et ont diversifié les investissements en 2001 afin d'aider les fermiers par le commerce équitable, embouteillant l'huile d'olive de Taybeh, ville dont David Khoury est devenu le maire. La série de livres pour enfants "Christina books," publiée à Jérusalem pour promouvoir les valeurs Chrétiennes Orthodoxes, les traditions bi-millénaires et la croissance spirituelle, reprend :

Christina Goes to Church (1992)
You Are Special: An Alphabet Book for Children (1993)
My Orthodox Counting Book (1999)
Christina Learns the Sacraments (2001)
Christina's Favorite Saints (2002)
Christina Goes to the Holy Land (2003)
Christina's True Heroes (2005)



photos pour "à propos de l'auteur": fr. Nathanael
http://sbn-nathanael.livejournal.com/84167.html

Vidéos 2008 : une ambiance incroyable, la Pentecôte de Jérusalem n'a pas dû se dérouler bien différement!






Réflexion personnelle.
Il ne faut pas prendre ce miracle ayant lieu annuellement depuis près de 2.000 ans pour une "arme apologétique," allant dire "voyez, nous avons ce signe de Dieu, donc Dieu est pour nous." C'est tentant, certes, un peu facile et réducteur surtout. Il y a cependant des leçons à tirer sur la manière et les formes qui permettent ce miracle des miracles. Des leçons qui n'ont pas à plaire ou à déplaire : c'est Dieu Qui agit, soit on aime Dieu, on veut Lui être fidèle et obéissant. Soit on veut s'inventer son dieu à soi, bien obéissant à ses projets et idées à soi. Il n'y a pas de 3ème choix!
Voyons les leçons de ce miracle.
D'abord, lorsque des usurpateurs – les catholiques-romains, les Arméniens, etc, peu importe qui – veulent le faire apparaître, et pour ce faire, chassent manu militari les Orthodoxes des Lieux Saints, Dieu ne leur donne pas satisfaction. Dieu n'est pas à leur service de propagande. Plus fort, quand ils réalisent entièrement la cérémonie à leur manière, sur les lieux mêmes, à la bonne date (la nôtre, voir plus bas), et tiennent le patriarche légitime et ses fidèles éloignés, Dieu Se manifeste là où se trouve le patriarche et pas dans la Tombe.
Ensuite, l'état de péché éventuel, voire de compromission, des patriarches Orthodoxes successifs, n'a pas d'influence sur le miracle. Il suffit que ce soit bien le patriarche de Jérusalem qui soit présent pour que Dieu Se manifeste de la sorte. Cela montre en tout cas que pour Dieu, il est clair et net et irréfutable que seul le patriarche Orthodoxe EST le patriarche légitime des lieux, et donc le père de l'Église Mère de toutes les Églises. Dieu montre par là à qui Il a confié le ministère de la Grâce sur terre, et montre bien que c'est un choix exclusif, non-partageable, non-transférable. Un choix divin, irrévocable.
Puis, lorsque des forces d'occupation militaires étrangères sont présentes, même d'une autre religion, et que leur chef veut en saboter la célébration liturgique du Samedi Saint, dans le but d'empêcher un miracle que jamais sa religion à lui n'a réussi à avoir (pas plus qu'aucun miracle d'ailleurs), même avec des circonstances matérielles qui, rationnellement, devraient empêcher la réussite, c'est l'échec du piège et la réussite du miracle. Car Dieu n'est pas tenu aux prétendues "lois de la nature," puisque c'est Lui Qui a créé la nature.
Puis, le calendrier de l'Église est peut-être "techniquement" en retard de 13 jours, comme nous l'avons vu pour l'explication de la date de Pâques, mais pour Dieu, c'est sans importance. Ce qui compte, c'est la Foi, la cohérence et l'accord total et intégral entre cette Foi et celle des saints Apôtres, des Pères, des Conciles Oecuméniques de l'Église Indivise – bref de ceux que Dieu a, Lui, institués sur terre, à partir de l'élection des Douze. C'est pourquoi jamais au grand jamais les catholiques-romains, occupants militaires des Lieux Saints pendant plus d'un siècle eux aussi, n'ont réussi à obtenir de Dieu qu'Il Se manifeste de la sorte dans leur fête. On constate d'ailleurs la même chose quand, pour la sainte Théophanie, le patriarche de Jérusalem (encore et toujours lui) jette sa croix de bénédiction dans les eaux du Jourdain, les eaux en question refluent. L'an dernier, en présence de 5.000 fidèles témoins, en plein air, et en présence de troupes armées de l'État d'Israël, de caméras, etc.. et ce quel que soit le patriarche de Jérusalem régnant...
Et enfin, si c'est bien exclusivement dans le cadre hiérarchique et liturgique de l'Église Orthodoxe que se manifeste le grand miracle annuel du Saint Feu, c'est aussi en présence de toute une foule de fidèles. Mais aussi d'infidèles, d'hérétiques, d'incroyants, d'apostats, de mécréants, d'indifférents simplement curieux, de païens, de gens d'autres religions, de braves gens, de bandits, de femmes de vertus et d'autres de "petite vertu," de gibier de potence et de bons larrons, etc. Dieu est le Dieu de tous, et Sa manifestation annuelle en ce lieu et face à cette foule montre aussi Son amour sans bornes pour l'humanité toute entière. Dieu veut que le monde soit sauvé, et Il ne cesse d'agir pour cela, espérant contre toute espérance que ce monde se tournera enfin un jour vers son Créateur. Ce miracle a lieu dans le cadre de la sainte Orthodoxie, mais il est pour "redistribuer" au delà, partout et pour tous. La sainte Orthodoxie n'est pas une secte dont seuls les membres pourraient être sauvés. Comme l'enseignaient saint Cyprien de Carthage et saint Cyrile d'Alexandrie (entre tant d'autres), si on connaît les frontières visibles de l'Église – son cadre hiérarchique et liturgique – on n'a pas de certitude mathématique, quantifiable, rationnelle, sur qui s'y trouve et qui n'y est pas. Car certains peuvent être en apparence à l'intérieur – et même recevoir la sainte Communion – et en réalité être à l'extérieur, car ne vivant pas de la Foi. Et d'autres peuvent être en apparence à l'extérieur, car ignorants de l'appel de Dieu, ou victimes d'usurpateurs les maintenant à l'extérieur de manière abusive, ou tant d'autres causes possibles, et cependant, pour Dieu, ils en font partie. Car Dieu seul juge. Ainsi donc, comme Dieu le montre chaque année à Jérusalem, la sainte Orthodoxie est l'unique Épouse du Christ, fondée par le Christ à la Pentecôte, elle seule remontant aussi loin, aux origines du Christianisme. C'est donc à Son divin Fondateur qu'il revient de décider qui s'y trouve et qui n'y est pas, quoi qu'il puisse paraître (et je suis concerné..). C'est en son sein que le Christ accomplit les vrais miracles, pour renforcer ses membres non pas pour leur bien égoïste mais pour qu'ils puissent être levain dans la pâte. Le Christ y accomplit ces miracles pour Ses fidèles afin qu'ils puissent y accueillir le plus de monde, car elle est l'unique Arche du Salut. Mais l'Arche avait pour but de sauver de tout, selon ce que Dieu y amenait, Lui, et pas selon les desiderata de son équipage... La sainte Orthodoxie est donc bel et bien, et Dieu le montre chaque année depuis 2000 ans, l'unique ministre authentique de Sa Grâce. Mais pour servir le monde. Pour le Salut du monde.
Deo gratias.

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