"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 mai 2008

29 mai 1453: fin de l'empire Chrétien (Srdja Trifkovic & prof. Dionysios Hatzopoulos)

source
Konstantinos XI. Palaiologos, dernier empereur byzantin, avant l'assaut du 29.5.1453
tableau de Iannis Nikou, 2003, 200 X 145 cm


Un jour noir dans l'Histoire
(Srdja Trifkovic, ChroniclesMagazine.Org)

Le 29 mai 1453, la ville de Constantinople tomba aux mains des musulmans. Ce fut un jour noir pour toute la Chrétienté et pour toute l'humanité civilisée. Ses appels à l'aide ignorés par l'Occident, ses réserves épuisées par 6 semaines de siège, ses soldats luttant à 1 contre 15, l'empereur Constantin XI Dragas su que sa cause était sans espoir. Comme le prince Lazar, 64 ans plus tôt, au Kosovo, il choisissit le martyr.
Le 22 mai, la lune, symbole de Constantinople depuis sa fondation, se leva en une noire éclipse, accomplissant une vieille prophétie à propos de la disparition de la ville. Quatre jours plus tard, le Bosphore se couvrit d'un épais brouillard, un phénomène inconnu dans l'orient de la Méditerranée à la fin du printemps. Lorsque l'assaut final commença le 29 janvier et que les murailles de la ville furent ébranlées et percées, l'empereur se débarrassa de son manteau de pourpre et mena les derniers défenseurs pour une dernière charge dans la brèche. Les Turcs ne parvinrent jamais à identifier son corps. Le dernier empereur romain fut enterré dans une tombe commune au milieu de ses soldats.
Quand tout fut terminé, les bandes de Turcs se déchaînèrent. Le pillage et le massacre continuèrent pendant 3 jours. Le sang s'écoula en flots dans les rues, depuis les hauteurs de Petra jusqu'à la Corne d'Or. Tous les trésors du palais impérial furent vite emportés. Livres et Icônes furent brûlés sur place, une fois que leurs couvertures serties de joyaux et leurs cadres précieux eurent été arrachés. Dans le monastère du Saint-Sauveur, les envahisseurs détruisirent en premier lieu l'Icône de la Mère de Dieu, l'Hodigitria, la plus sainte de toutes les Icônes du Byzantium, peinte – d'après ce que disent certains – par saint Luc en personne. Dans son "The Fall of Constantinople", sir Steven Runciman nous raconte ce qui se passa lorsque les Turcs firent irruption dans Sainte-Sophie:
"Les fidèles étaient pris au piège. Quelques uns des vieillards et des infirmes furent tués sur place; mais la plupart d'entre eux furent enchaînés ensemble. Nombre de belles jeunes filles et dames et nombre de nobles richement vêtus furent quasiment déchiquetés, leurs ravisseurs se battant pour s'en emparer. Les prêtres continuèrent à chanter à l'Autel jusqu'à ce qu'ils soient eux aussi capturés... Les habitants furent emportés en même temps que leurs biens. Quiconque s'effondrait par faiblesse était aussitôt massacré, de même que nombre d'enfants, considérés comme sans valeur.. (la ville) était à présent à moitié en ruines, vidée et désertée, noircie par les incendies, et étrangement silencieuse. Partout où les soldats étaient passés, ce n'était que désolation. Les églises avaient été profanées et pillées; les maisons n'étaient plus habitables, et les magasins et entrepôts étaient ravagés et vidés."

On dit que le sultan Mehmed II aurait été secoué à la vue du spectacle, alors qu'il parcourut les rues en ruines, mais le même carnage et la même bestialité fut répétée, d'une manière ou d'une autre, des dizaines et des dizaines de fois au cours des siècles. Le tableau d'Eugène Delacroix représentant le "Massacre de Chios" - les familles grecques attendant la mort ou l'esclavage – est un chef d'oeuvre d'horreur, dépeignant l'extermination systématique d'une population entière d'une île de la mer Égée. Cela illustrait de manière artistique comment être Grec, Arménien, Serbe, ou n'importe quel autre Chrétien, dans l'empire Ottoman, signifiait donc vivre dans la crainte quotidienne d'être assassiné, violé, torturé, voir un de ses enfants enlevés, l'esclavage et le génocide. En effet, le dernier siècle du règne Ottoman – depuis la défaite de Napoléon jusqu'à la dissolution de l'empire Ottoman à la fin de la 1ère guerre mondiale – a témoigné d'une destruction plus complète et tragique des communautés Chrétiennes au Moyen Orient, en Asie Mineure, dans le Caucase, et dans les Balkans, que toute autre période antérieure.


source wikipedia


Comme l'a fait remarquer fort justement Galdstone, la tragédie des communautés Chrétiennes sous le joug Turc n'était pas "simplement une question d'islam, mais d'islam mélangé au caractère particulier d'une race." Selon lui, les Turcs "étaient, dans l'ensemble, dès les premier jour noir où ils entrèrent pour la première fois en Europe, le grand spécimen de groupe d'humains anti-humains. Partout où ils ont été, une grande flaque de sang a marqué le chemin derrière eux, et jusqu'aux confins atteints par leur pouvoir, la civilisation a disparu de la vue. Ils ont partout représenté un modèle de gouvernement par la force, en opposition avec un modèle de gouvernement par la loi."
L'empire Ottoman a rendu l'âme juste après la Grande Guerre, mais cela faisait longtemps déjà qu'il n'avait plus grand chose d'intéressant à dire, ou faire, au moins par rapport à l'énorme melting pot culturel qu'il avait hérité, et ses splendides opportunités entre Orient et Occident. Pas même l'emplacement de choix aux carrefours du monde n'a réussi à y faire surgir une créativité qui n'y était pas.

Un siècle plus tard, la République turque est un état-nation populeux, relativement prospère et sûre d'elle. La nation turque a développé une culture basée sur un mélange de nationalisme de style européen, qui est très non-ottoman, et un ethos islamique sous-jacent hérité de l'empire ottoman. Kemal Atatürk espéra imposer un concept strictement séculier de nation, mais l'islam politique s'est réaffirmé de lui-même. Les mouvements politiques musulmans populaires des 3 décennies passées ont produit une synthèse turco-musulmane dont les tenants "post-islamistes" sont fermement ancrés dans le pouvoir à Ankara. Leur succès tient au fait que la plupart des Turcs sont restés musulmans dans leurs croyances, valeurs et vision du monde. Le rêve kémaliste de sécularisme n'a jamais pénétré au delà des dirigeants de l'armée et de l'étroite strate d'élite urbaine centrée sur Istanboul, et aujourd'hui il est en perte de vitesse. L'édifice kémaliste, perché avec difficulté au sommet du volcan musulman en apparente léthargie, restera au mieux une tentative.
La ré-émergence d'un empire centré sur le Bosphore est peu probable, pour le moment, mais encore moins probable est l'intégration dans l'Union Européenne d'une Turquie démocratique, séculière et stable.
La libération d'Hagia Sophia des 4 horribles tours qui l'emprisonnent est encore moins probable, à l'heure actuelle; mais les miracles existent, et dès lors celui-ci peut arriver. En cet anniversaire mélancolique, prions qu'il advienne.

Srdja Trifkovic

Né à Belgrade le 18 juillet 1954, m. Trifkovic est un auteur Américain. Depuis 1998, il est éditeur dans le domaine des affaires étrangères, éditeur du magazine conservateur "Chronicles." Il est diplômé (PhD) en Histoire de l'université de Southampton. Il est directeur du Centre des Affaires Internationales au Rockford Institute. Trifkovic est auteur du livre à grand succès "The Sword of the prophet," un livre sur l'histoire et les doctrines de l'islam. Ancien conseiller du président Vojislav Kostunica, il est aussi expert en politique des Balkans et rédacteur régulier pour plusieurs publications conservatrices aux États Unis d'Amérique.




La Chute de Constantinople, 1453 (Odysseas Elytis)
(en cours de traduction)

La Chute de Constantinople - 29/5/1453 (prof. Dionysios Hatzopoulos)
(en cours de traduction)


L'artillerie et la chute de Constantinople (Military History Magazine)

Les canons de Constantinople
sources citation Orthodoxe
http://www.orthodoxytoday.org/articles7/CrowleyConstantinople.php
http://groups.google.com/group/alt.religion.christian.east-orthodox/msg/87985c6b45a9bd80
source originale
http://www.historynet.com/the-guns-of-constantinople.htm

(en cours de traduction)

28 mai 2008

Apostasie: mode d'emploi & "exemple" d'un métropolite roumain


C'est trop pour parvenir à garder le silence! Je fais précéder ce pamphlet d'un article badin et futile, sur l'Eurovision, pour ne pas laisser rien qu'une page noire à l'accueil de ce site, avant de retrouver mon silence radio. C'était trop à porter en silence, j'explose.

Dans le monde Orthodoxe anglo-saxon, la nouvelle éclatait le 27, et ils s'envoyaient des liens comme celui-ci : cnews.com. Dans leurs forums, c'était essentiellement des condamnations, voire de courageux et lucides appels à l'excommunication immédiate, vu le "passé chargé" du coupable, vrai multirécidiviste en la matière. Mais appels par des laïcs... et silence clérical en réponse.

Puis, dans le monde Orthodoxe francophone, le 28 mai, c'est Jean-Serge, à qui j'emprunte les 2 photos, qui a fait paraître la nouvelle sur son site :
http://orthodoxie-libre.over-blog.com/article-19962657.html



Les sites Orthodoxes officiels étaient au courant - l'information leur a été bien relayée.. - , et pourtant, rien n'a filtré chez eux. Sont-ils trop occupés à poster des nouvelles "positives"? (positives du moins à leurs yeux, puisque bien souvent il s'agit de compromission aussi graves avec les hérétiques, mais toujours présentées comme "bons gestes oecuméniques" bien entendu). Ahh, mon bon monsieur, on n'est pas un site officiel pour rien, la confiance épiscopale, ça se paie cash en termes d'auto-censure permanente.. Tiens, parlant des évêques, les "comités épiscopaux" nationaux et autres synodes sont aux abonnés absents. Nicolas Corneanu aurait-il fait ce que nombre d'entre eux espèrent pouvoir faire - suivant le terrible exemple de Bartholomeos I à Istanboul le 30 novembre 2007 - , mais n'osent pas encore faire ouvertement : concélébration avec "échange eucharistique" public. Car derrière l'écran très pratique de l'iconostase post-16ème siècle bien fermée, tous les invités hérétiques qu'ils ne se gênent pas de recevoir au mépris de tous les Canons de l'Église, c'est évident qu'ils restent assis à tricoter des bonnets pour leurs bonnes oeuvres..

Les réactions les plus fermes seront venues du sein du synode roumain en Suisse, avec présentation et traduction des articles parus en Roumanie. Ca mérite lecture :
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=2309

Le plus "comique" étant qu'en Belgique, chez les hétérodoxes vaticanistes, on tressait des couronnes et couvrait de louange depuis belle lurette cet ex-métropolite de Banat (ex car apostat), ce monsieur Nicolas Corneanu. C'est comique de voir que son apostasie lui vaut de leur part tant de fleurs, surtout quand on sait qu'officiellement, le gouvernement roumain a fait connaître il y a quelques années les noms des anciens collaborateurs de la terrible police secrète communiste roumaine, la Securitate, et que ledit ex-métropolite en faisait partie. Et très activement. On connaît même des listes de gens qui se sont retrouvés aux fers à cause de lui. Et le "comique," me demanderez-vous? C'est qu'il avait aussi balancé des catholiques-romains, qui se sont retrouvés internés à cause de lui. Mais il est bien connu qu'au vatican, apostasie vaut brevet de sainteté, ça efface tout, et ceux qui étaient égarés au vatican et ont souffert à cause de cet agent de la dictature n'ont qu'à se retourner dans leur tombe...

L'affligeant dans l'histoire reste le peu de réaction de nos prêtres et évêques. Quel exemple offrent-ils au laïcat, en laissant l'inadmissible se dérouler ainsi, et en bien souvent, trop souvent, eux aussi, participant à des réunion strictement interdites par les saints Canons de l'Église, s'acoquinant avec des hérétiques de tous poils. Le manque de considération généralisé du laïcat dont ils se plaignent, ne devrait dès lors pas les surprendre. A l'époque de saint Maxime le Confesseur, une majorité du clergé était ainsi éloignée de la Foi, et le peuple ne les respectait pas. Comment pourrait-on respecter ceux qui déversent des gouttes de poison mortel dans le saint Calice du Sang du Christ? Depuis quand dans l'Église un titre et un costume constitueraient-ils des raisons de respecter, et pas plutôt la sainteté et la droiture de vie et de doctrine? Quelle parenté y-a-t'il entre ces prélats – car ce ne sont pas des évêques mais des prélats, vivant de nos impôts de surcroît! - d'une part, et saint Polycarpe de Smyrne, saint Jean Maximovitch, saint Grégoire Palamas, etc? Prier dans les larmes pour eux, oui, mais respecter et suivre dans l'égarement, jamais.



Orthodoxia i thanatos!


Par les prières de saint Athanase le grand, pape et patriarche d'Alexandrie, Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, ait pitié de nous et sauve-nous!

Explication de toutes les Fêtes jusqu'à la Pentecôte & Toussaint avec cet article:
Semaine Sainte et Pâques (protopresbytre George Dion Dragas) - explication théologique, jour par jour, Office par Office, par le professeur de patrologie du Holy Cross Theological School de Brooklyne

MISES À JOUR 06/06/2008

1. La manière honteuse dont orthodoxie.com rapporte l'événement - honteuse car il y a les photos depuis le départ, et m. Nicolas Corneanu a publiquement déclaré son acte, et orthodoxie.com le sait pertinement, et ce site Orthodoxe français officiel OSE encore utiliser le conditionnel et donc laisse croire qu'il ne pourrait s'agir que d'une rumeur à l'encontre d'un de ses chouchoux oecuménistes:
http://www.orthodoxie.com/2008/06/une-prcision-du.html
Vu le nombre de texte de Roumanie qu'orthodoxie.com a déjà publiés en traduction française réalisée par leurs soins, ils n'ont même pas l'excuse de la barrière linguistique, c'est de la désinformation et du mensonge pur et simple. Orthodoxie et vérité sont en théorie des synonimes. On voit que dans le milieu libéral, c'est le contraire qui prévaut.

2. La première info sur l'entrevue "de justification" entre l'apostat Nicolas Corneanu et la presse en Roumanie nous est donnée par Jean-Serge:
http://orthodoxie-libre.over-blog.com/article-20196437.html

3. Traduction par le Lecteur Claude - vous noterez qu'absolument aucun doute n'est permis. J'estime que l'absence de réaction directe et ferme du Saint-Synode de Roumanie ne présage vraiment rien de bon. Car quand un Synode se refuse à appliquer les prescriptions canoniques face à un cas flagrant et sans repentance, au contraire revendiquant son comportement, c'est que ce Synode a lui aussi au moins intellectuellement franchit le Rubicon.
1ère partie : http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=2314
2ème partie : http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=2316

4. Le Geronda Justin (Parvu), higoumène du monastère des Saints Archanges Michel et Gabriel à Pétru-Voda, a adressé une lettre ouverte au synode de l'église de Roumanie ainsi qu'au patriarche Daniel. Voir la traduction FR de ce vibrant appel :
http://orthodoxie-libre.over-blog.com/article-20231635.html

MISES À JOUR 07/06/2008

1. Jean-Serge publie une information intéressante (encore une fois il est le premier) : en Roumanie, le Synode restreint ou synode permanent, s'est réuni. Mais n'a pas pris de décision...
http://orthodoxie-libre.over-blog.com/article-20218653.html

2. Un ami et cher lecteur me contacte en "flash" : "Orthodoxie.com se tire une balle dans le pied!" me dit-il.
Enfin, ils reconnaissent les faits, et leur texte en effet dément leurs propres propos tenus auparavant.. Mieux encore, ils rapportent une autre histoire de concélébration avec les hérétiques, que le Saint Synode de Roumanie n'aurait pas sanctionnée non plus. Et nous indiquent déjà la piste que pourrait prendre le Saint-Synode de Roumanie pour encore une fois ne pas appliquer les saints Canons : la mise en congé pour santé ou limite d'âge... On y apprend aussi que les Russes auraient bougé et manifesté leur mécontentement, et un tas d'autres choses intéressantes:
http://www.orthodoxie.com/2008/06/la-communion-du.html

Mon commentaire sur ce dernier point : en ce qui concerne la Russie, n'oublions pas la "politique" car une partie du territoire roumain est convoitée par le PM, la question Moldave pourrissant leurs "relations fraternelles" ou ce qu'il en reste. Cette réaction doit aussi être replacée dans ce contexte pour bien la comprendre.
On la recevra cependant avec joie, car enfin un grand patriarcat manifeste la juste réprobation face à l'intolérable apostasie. Et avec d'autant plus de joie qu'ailleurs ça ne bouge pas, voyez l'absence de réaction du patriarche Bartholomeos I - et pour cause, c'est un habitué des concélébrations avec les hérétiques et les païens...

SUITE & FIN : MISE À JOUR 09/06/2008
Le Lecteur Claude, du patriarcat de Roumanie, a terminé la traduction intégrale de l'entrevue de l'ex-métropolite de Banat, l'ancien agent de la Securitate et apostat Nicolas Corneanu. C'est éclairant et on y retrouve l'intégralité des erreurs des faux Orthodoxes réunies en un seul texte - leurs erreurs, leur amour du vatican, leurs appels à la tolérance et... leur féroce haine de l'Église et des Orthodoxes qui veulent y rester...
http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=2322

26 mai 2008

Eurovision & Foi : rebelotte, avec la Russie!

Certes, le concours "eurovision de la chanson," qui reprend même des pays d'Asie (Turquie) et du Moyen Orient (Israël), qui n'est donc plus européen depuis belle lurette, n'est pas non plus un lieu de haute réflexion philosophique. C'est un commerce et on y pousse surtout ce qui vendra. De nos jours, c'est souvent le laid et l'abrutissant qui se vendent. Ainsi, en 2006, il y avait eu cette honte du groupe de dégénérés finlandais dont on se demande bien en quoi ils pouvaient représenter "l'art" de l'Europe.

En 2007, une Serbe renversa la vapeur - et elle ne cacha pas sa Foi face aux médias. Et en mai 2008, un Russe a repris le flambeau. Certes, la chanson n'est pas un "tube" au niveau qualitatif textuel – sinon elle n'aurait aucune chance – mais certains sous-entendus bien compréhensibles sont là, et ne laissent pas de doute. Sa chanson : "believe" - "croire." Je la découvre via youtube car.. je ne regarde quasiment jamais la télévision et surtout pas les "variétés," quelles qu'elles soient!
Seul regret réel et profond : il a chanté en anglais. Le russe est une langue si mélodieuse, mais les diktats commerciaux polluent et déculturent... Il n'y a pas qu'au Parlement Européen que ça joue..


Dima Bilan (1981- ), musicien populaire russe, gagnant du concours Eurovision de la chanson 2008
source photo:
http://02varvara.wordpress.com/2008/05/25/russian-singer-dima-bilan-wins-eurovision-song-contest/

chanson (c) mais proposée au téléchargement sur son site :
http://bilandima.ru/html/believe.shtml

Dima Bilan - "Believe"
(composé par Dima Bilan et Jim Beanz, produit par Jim Beanz)

Even when the thunder and storm begins
I’ll be standing strong like a tree in the wind
Nothing's gonna move this mountain
Or change my direction
I’m falling off that sky and I’m all alone
The courage that’s inside gonna break my fall
Nothing’s gonna deem my light within

But if I keep going on
It will never impossible, not today

Cause I’ve got something to believe in
As long as I’m breathing
There is not a limit to what I can dream
Cause I’ve got something to believe in
Mission to keep climbing
Nothing else can stop me if just believe
And I believe in me

Even when the world tries to pull me down
Tell me that I can, try to turn me around
I wont let them put my fire out, without no!

But if I keep going on
It will never impossible, not today

Cause I’ve got something to believe in
As long as I’m breathing
There is not a limit to what I can dream
Cause I’ve got something to believe in
Mission to keep climbing
Nothing else can stop me if just believe
And I believe:

I can do it all
Open every door
Turn unthinkable to reality
You’ll see- I can do it all and more!

Believing
As long as I’m breathing
There is not a limit to what I can dream
Cause I’ve got something to believe in
Believing
Mission to keep climbing
Nothing else can stop me if just believe
And I believe me
.




Croire, oui, mais en qui, en quoi? Ou uniquement en lui?

Bilan a prié pour remporter l'Eurovision, et un cierge n'a cessé de brûler dans sa loge
http://www.interfax-religion.com/?act=news&div=4726

Moscou, 28 Mai 2008, 12:58, Interfax – Le chanteur de musique "pop" Dmitry Bilan croit qu'il a remporté le concours Eurovision 2008 grâce à ses prières adressées à Dieu, rapporte Interfax-Religion.
"Je voudrais vous dire que j'ai visité la cathédrale Saint-Sava la veille de la demi-finale. L'église a été construite il y a quelque 80 ans, et on y trouve une fantastique énergie. Peut-être que je ne devrais pas dire ça... Mais il s'est passé quelque chose de spécial, pendant notre séance préparatoire et dans la loge pendant que nous chantions," a-t'il déclaré lors de son entrevue publiée mercredi par le quotidien Komsomolskaya Pravda.
Selon la productrice de Bilan, Yana Rudkovskaya, un cierge n'a cessé de brûler dans la loge du chanteur, et les choristes avaient fait de même pendant leur prestation.
"Il est resté à brûler même pendant le vote. Nous ne l'avons pas éteint," a dit le chanteur.

Sélection Russe - 2008



Le chanteur russe Dima Bilan remporte le concours Eurovision 2008
http://www.ruvr.ru/main.php?lng=eng&q=27483&cid=48&p=25.05.2008


La nuit dernière, dans la capital serbe, Belgrade, il a chanté de tout son coeur son "Believe," qui a donné à la Russie sa première victoire à l'Eurovision. L'Ukrainienne Ani Lorak a remporté la seconde place, et la 3ème fut pour Kolomira, de Grèce. Le gagnant était choisit par SMS et téléphone, par les téléspectateurs des 43 pays qui avaient envoyé leur représentant au concours.
Le président Dmitri Medvedev a félicité Bilan et son groupe pour la victoire. Il a exprimé le souhait que le très populaire concours européen de l'Eurovision se déroulera au mieux en Russie.
25.05.2008


25 mai 2008

Saint Bède le Vénérable ou la science théologique sublimée par l'humilité

"Le Christ est l'étoile de matin
Qui quand la nuit de ce monde est passée
Apporte à ses saints
La promesse de la lumière de la vie et
ouvre le jour éternel.
"

Toute une vie vouée au Christ....

De sa cellule isolée dans la Northumbrie (Northumberland), saint Bède le Vénérable, parvenu en fin de vie terrestre, écrivait ceci :
"J'ai passé toute ma vie dans ce monastère, m'appliquant entièrement à l'étude des Ecritures.. J'ai fait mon oeuvre, pour mon propre bénéfice et celui de mes frères, en tirant le meilleur hors des travaux des vénérables Pères sur les Saintes Ecritures, ou en ajoutant mes propres notes pour clarifier leur enseignement et interprétation."

Voici donc 3 biographies pour fêter ce géant de la Foi.



Le Vénérable Bède (Celtic Saints list, p. Ambrose)
Fêtes les 25 & 26 mai. Né en Northumbrie, Angleterre en 673; mort à Jarrow, Angleterre, le 25 mai 735.

Aux jours où la Northumbrie était un grand centre d'enseignement avec de célèbres écoles à Jarrow et York, Bede fut le plus distingué de ses érudits. Dès l'âge de 7 ans (voire 3), il fut élevé au monastère nouvellement fondé de Wearmouth-Jarrow, sous les abbé Benoît Biscop (12 janvier) et Ceolfrid (25 septembre). En 703, il fut reçu comme moine par saint Benoît Biscop et ordonné prêtre à l'âge de 30 ans par saint Jean de Beverley (7 mai). En dehors de quelques rares visites ailleurs, Bede passa le restant de sa vie à Jarrow; n'allant jamais plus loin que Lindisfarne et York.
"J'ai passé toute ma vie", dit-il, "dans le même monastère, et étant attentif à la Règle de mon Ordre et au service de l'Église, mon plaisir de tout instant fut dans l'étude ou l'enseignement ou l'écriture". Il comptera jusqu'à 600 moines disciples et deviendra le père de l'enseignement anglais. "J'ai consacré toutes mes énergies à l'étude des Écritures, observant la discipline monastique, et chantant les offices quotidiens à l'église."

Bede fut un travailleur prodigieux, auteur de 45 volumes, dont des commentaires, des manuels et des traductions. Son domaine était encyclopédique, embrassant tout le champ de la connaissance contemporaine. Il écrivit des oeuvres de grammaire et de chronologie, des hymes et des vers, des lettres, des homélies, et compila le premier martyrologe avec notes historiques. Ses travaux étaient en Latin, mais Bede est aussi connu comme le premier auteur de prose anglaise (perdue depuis). Les écrits bibliques de Bede furent très étendus et importants à leur époque, mais c'est comme historien qu'il est célèbre. Les hymnes en Latin "L'hymne pour la montée des martyrs" et "Chantons triomphalement des hymnes de louange" furent écrits par Bede.
Son oeuvre principale, achevée en 731, est son "Histoire de l'Église et de la nation anglaises", pour laquelle selon certaines sources (alors qu'il ne quitta jamais l'Angleterre!!), il aurait fouillé les archives de Rome, collectionnant et collationnant les documents, et réalisant en détail son étude faisant autorité sur les origines Chrétiennes en Grande-Bretagne. A cela il ajouta les Vies de 5 antiques abbés de Wearmouth et Jarrow [La Vie des saints Abbés de Wearmouth et Jarrow, Benoît Biscop, Ceolfrid, Easterwine, Sigfrid, et Huetberht; La Vie et les Miracles de Saint Cuthbert, évêque de Lindisfarne (721)]. Jusqu'à sa dernière maladie, il n'eut aucune assistance : "Je suis mon propre secrétaire; je dicte, je compose, et je recopie moi-même".

On rapporte nombre d'histoires à son sujet. Celle-ci est mythique: en visite à Rome avec d'autres érudits, il les trouva rassemblés autour d'une inscription encryptée au dessus d'une porte métallique. Un citoyen romain passant, voyant leur confusion, se moqua de Bede et le traitta crûment de boeuf anglais, quand, à sa surprise, Bede lut en une fois la signification. Depuis ce moment, à cause de l'étendue de sa connaissance, on lui donna le titre de "vénérable."

Mais l'histoire la plus connue est celle rapportée par son contemporain Saint Cuthbert (20 mars), rapportant que lorsque la maladie et la faiblesse le frappèrent à la fin de sa vie, sa traduction de l'Évangile de Saint Jean en anglais n'était pas encore terminée. Malgré ses nuits sans sommeil et ses jours de lassitude, il continua sa tâche, et bien qu'il mit toute la hâte possible, il prit tout le soin possible pour comparer le texte et veiller à l'exactitude. "Je ne veux pas que mes disciples", disait-il, "lisent un mensonge ou travaillent à n'importe quoi après mon départ." Ses amis le supplièrent de se reposer, mais il insista pour continuer. "Nous ne le lisons jamais sans pleurer," remarqua l'un d'entre eux.
Quand arriva son dernier jour, il appela son scribe et lui dit d'écrire de toute avec toute la célérité possible. "Il y a encore un chapitre en attente," répondit le garçon, alors que le jour s'achevait; "n'auriez-vous pas mieux fait de vous reposer un peu?" Mais Bede persista dans sa tâche. "Faites vite dans vos transcriptions," répondit-il, "car je ne pourrai pas tenir beaucoup plus longtemps."
Quand la nuit tomba, le jeune homme dit : "Il y a encore une phrase non-écrite." "Ecrivez-la vite", répondit Bede; et quand ce fut fait, il dit : "Tout est accomplit à présent," puis, renvoyant ses compatriotes moines et leur distribuant le peu qu'il possédait, d'une voix brisée, il chanta le Gloria et passa de vie à trépas, pendant cette Vigile de l'Ascension.

De tous les écrivains d'Europe Occidentale de l'époque de saint Grégoire le Grand (3 septembre) jusqu'à Anselme, saint Bede fut probablement le plus connu et le plus influent, particulièrement en Angleterre. Il fut un érudit consciencieux et un distingué concepteur. Ses oeuvres "De Temporibus" et "De Temporum Ratione" ont établit le principe de dater tout à partir de l'année du Seigneur, "anno domini" (A.D.).

Déjà en 853, un Concile de l'Église à Aachen (Aix-la-Chapelle) fit référence à lui comme au "vénérable", c'est-à-dire, méritant les honneurs. Saint Boniface (5 juin) appela Bede "la lumière de l'Église, illuminé par le Saint Esprit". Pour Alcuin lui-même, le grand "maître enseignant" de son temps, il fut le "bienheureux Bede, notre maître." (Alcuin rapporta des guérisons miraculeuses ayant eu lieu via les reliques de Bede). Bede est le seul Anglais que Dante cite dans son "Paradis." Le centre du culte de Bede est à Durham, où se trouve son tombeau, et York.
Saint Bede est dépeint dans l'art comme un vieux moines écrivant avec une plume et une règle. On peut aussi le représenter (1) étudiant un livre, (2) tenant une cruche avec de la lumière tombant sur lui, ou (3) soutenu par des moines pendant qu'il est mourrant. Il est le saint patron des érudits et des historiens.

Office (en anglais) à notre saint père Bede de Jarrow, par le Lecteur Isaac Lambertson:
http://orthodoxengland.org.uk/servbede.htm

Bede's World: Musée de la vie paléo-médiévale dans la Northumbrie à Jarrow
http://www.bedesworld.co.uk/

Copie de la lettre du pape de Rome Grégoire le Grand au père abbé Mellitus, sur le point de partir pour la Bretagne [601].

Orthodoxwiki (en anglais)
http://orthodoxwiki.org/Bede

On retrouvera quelques uns de ses écrits (en anglais) sur :
http://www.voskrese.info/spl/Xbede-vener.html

saint Bede le Vénérable, autre texte (en anglais) sur :
http://www.ccel.org/s/schaff/encyc/encyc02/htm/bede.htm

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Historia ecclesiastica gentis Anglorum
Beda Petersburgiensis, fol. 3v

Réalisé entre 731 et 746, ce manuscrit est conservé à Saint Petersbourg; c'est un des 2 plus anciens exemplaires subsistants, recopié de l'original peu après le décès de saint Bède.

Saint Notker le Bègue, à l'abbaye de Sankt-Gallen, à la fin du 9ème siècle, écrira :
"Dieu, l'Ordonateur des natures, Qui a fait se lever le soleil de l'Orient au 4ème jour de la Création, lors du 6ème jour du monde, a fait se lever Bède à l'Occident, tel un nouveau soleil pour illuminer la terre entière."




Saint Bède (OCA.ORG)
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=103796

Saint Bede fut un historien ecclésiastique qui rapporta l'histoire du Christianisme en Angleterre jusqu'à son époque. Il naquit probablement vers 673 en Northumbrie. On ne sait pas exactement où il est né, mais cela fut probablement près de Jarrow.
A l'âge de 7 ans, Bede fut envoyé à saint Benoît Biscop (12 janvier) au monastère Saint-Pierre à Wearmouth, pour être éduqué et élevé. De là il fut envoyé au nouveau monastère de Saint-Paul, fondé à Jarrow en 682, où il demeurera jusqu'à sa mort. Là il fut guidé par l'abbé saint Ceolfrith (25 septembre), qui succéda à saint Benoit en 690, dirigeant ensemble Wearmouth et Jarrow.
Il y a un incident dans le texte anonyme de la Vie de Ceolfrith qui pourrait se rapporter au jeune Bede. Une peste avait ravagé le monastère de Ceolfrith en 686, emportant la plupart des moines qui chantaient dans le choeur pour les Offices de l'église. Seul l'abbé et un jeune garçon élevé et éduqué par lui survécurent. Ce jeune garçon "est à présent prêtre dans ce même monastère et rapporte les admirables actions de l'abbé tant verballement que par écrit pour tous ceux qui veulent en prendre connaissance."
Affligé par cette catastrophe, Ceolfrith décida qu'ils chanteraient les Psaumes sans les antiphonaires (antiennes), sauf à Matines et Vêpres. Après une semaine ainsi, il reprit le chant des antiennes à leur place prévue. Avec l'aide du garçon et des moines survivants, les Offices furent accomplis avec difficulté, jusqu'à ce que d'autres moines viennent et soient formés à chanter.
Saint Bede fut ordonné diacre à 19 ans, et à la sainte prêtrise à l'âge de 30 ans, par saint Jean de Beverley (7 mai), le saint évêque d'Hexham (687) et plus tard d'York (705). Beve aimait beaucoup les Offices d'église, et croyait que puisque les Anges étaient présents avec les moines durant les Offices, il se devait d'y être lui aussi. "Que se passera-t'il s'ils ne me trouvent pas parmi les frères lorsqu'ils se rassemblent? Ne vont-ils pas dire 'Où est Bede'?"
Bede commença comme élève de saint Benoît Biscop, qui avait été moine au célèbre monastère de Lérins, et avait lui-même fondé des monastères. Saint Benoît avait ramené de Lérins en Angleterre nombre de livres, ainsi que certains provenant d'autres monastères d'Europe. Cette bibliothèque permit à Bede d'écrire ses propres livres, parmi lesquels des commentaires bibliques, l'histoire ecclésiastique, et de l'hagiographie.
Bede ne fut pas un historien objectif. Il était pleinement du côté Romain dans le débat avec la Chrétienté Celtique, par exemple. Cependant, il fut équitable et minutieux. Ses livres, réalisés d'après "des anciens documents, des traditions de nos ancêtres, et de ma connaissance personnelle" (Hist. Eccl. Livre 5,24) nous donnent une vue profonde dans la vie religieuse et séculière des débuts de la Grande-Bretagne. Lire saint Bede, c'est entrer dans un monde formé par des traditions spirituelles très similaires à celles chéries par les Chrétiens Orthodoxes orientaux. Ces saints pratiquaient la même ascèse héroïque que les saints d'Orient, et leur sainteté nous remplit d'amour et d'admiration. Les Chrétiens étaient invités à jeûner les mercredi et vendredi, et il y avait un Jeûne de la Nativité de 40 jours (Hist. Eccl. 4,30).
Saint Bede tomba malade en 735. Durant 2 semaines précédant Pâques, il fut faible, et eut difficile à respirer, mais souffrit peu. Il demeura joyeux et donna ses leçons quotidiennes à ses élèves, passant ensuite le restant de la journée à chanter des Psaumes et à remercier Dieu. Il répétait souvent les mots de saint Ambroise "Je n'ai pas vécu d'une manière où j'aurais honte d'être parmi vous, et je n'ai pas peur de mourir, car Dieu est miséricordieux" (Paulin, Vie de saint Ambroise, ch. 45).
En plus de donner des leçons quotidiennes et de chanter les Psaumes, saint Bede travaillait aussi à une traduction anglo-saxonne de l'Évangile de saint Jean, et à un livre d'extraits des écrits de saint Isidore de Séville (4 avril). Le mardi avant la Fête de l'Ascension du Seigneur, la respiration du saint devint fort pénible, et ses pieds commencèrent à enfler. "Écrivez plus vite", dit-il à ceux qui prenaient des notes de lui, "car je ne sais pas combien de temps je pourrai encore continuer. Le Seigneur pourrait me rappeler d'ici peu."
Après une nuit sans sommeil, saint Bede continua à dicter le mercredi matin. A la 3ème Heure, il y eut une procession avec les reliques de saints dans le monastère, et les frères partirent pour participer à cet Office, laissant un moine nommé Wilbert avec Bede. Le moine lui rappela qu'il restait un chapitre à écrire dans le livre qu'il dictait. Wilbert hésitait cependant à perturber le mourrant. Saint Bede lui dit, "il n'y a pas de dérangement, prends ta plume et écris vite."
A la 9ème Heure, Bede s'arrêta et dit à Wilbert qu'il avait quelques affaires sur sa poitrine, comme du poivre, de l'encens et des mouchoirs. Il demanda au moine de les donner aux prêtres du monastère, afin qu'ils puissent les partager entre tous. Lorsqu'ils arrivèrent, il leur parla à chacun d'entre eux tour à tour, leur demandant de prier pour lui et de se souvenir de lui dans les Offices. Puis il dit, "voici l'heure de mon départ, et mon âme aspire à voir le Christ mon Roi dans Sa beauté."
Ce soir-là, Wilbert lui dit, "cher maître, il reste une phrase inachevée."
Bede dit, "très bien, écris-là."
Alors le jeune moine dit, "c'est terminé à présent."
Saint Bede répondit, "tu dis la vérité, c'est vraiment terminé." Alors il demanda à Wilbert de lui relever la tête, afin qu'il puisse voir l'église où il avait l'habitude de prier. Après avoir chanté "Gloire au Père, et au Fils, et au Saint Esprit" jusqu'à la fin, saint Bede s'endormit dans le Seigneur Qu'il avait aimé.
Bien que saint Bede se reposa le 25 mai, veille de l'Ascension, il est [aussi] commémoré le 27, parce que la fête de saint Augustin de Canterbury est au 26. Son corps fut d'abord enterré dans le porche sud de l'abbatiale, puis ensuite transféré près de l'Autel. De nos jours, ses saintes reliques reposent dans la cathédrale de Durham, dans la chapelle Galilée. Saint Bede est l'unique Anglais mentionné par Dante dans sa "Divine Comédie" (Paradisio).

saint Bede le Venerable


SAINT BÈDE LE VÉNÉRABLE, PÈRE DE L'ÉGLISE, BÉNÉDICTIN ORTHODOXE (673-735)
O bon Jésus qui a daigné m'abreuver des ondes
suaves de la science, accorde-moi surtout d'atteindre
un jour jusqu'à Toi, qui es la Source de toute
sagesse et de ne perdre jamais de vue Ta divine présence.
Prière par laquelle Bède termina l'énumération de ses travaux littéraires.

Mabillon, citant Bède comme un parfait modèle de savoir monastique, s'exprime ainsi: "Qui s'est plus appliqué que lui à toutes sortes d'études et même à enseigner les autres? Qui fut cependant plus attaché aux exercices de piété et de religion? A le voir prier, il semblait qu'il n'étudiait pas; à voir le nombre de ses ouvrages, il semblait qu'il ne fit autre chose que d'écrire." Camdem l'appelle "une lumière singulièrement éclatante"; et Léland, "la gloire, le plus bel ornement de la nation anglaise, l'homme le plus digne qui fut jamais de jouir d'une répulation immortelle." Selon Guillaume de Malmesbury, il est plus facile de l'admirer en silence que de trouver des expressions proportionnées à son importance.
Bède, surnommé "le Vénérable", ne doit pas être confondu avec un autre Bède plus ancien, qui était moine de Landisfarne. Il naquit, en 673, dans un village qui, peu de temps après, fit partie des biens du monastère de Jarrow. Ce village où il vint au monde avait été englouti par la mer avant le temps de Turgot et Siméon de Durham.

Saint Benoît Biscop ayant fondé, en 674, l'abbaye de Saint-Pierre à Weremouth, près de l'embouchure de la Wère, fonda, en 680, celle de Saint-Paul à Girvum ou Jarrow, sur la bord de la Tine (au-dessus du lieu nommé Caprae Caput, qui s'appelle encore aujourd'hui Goal'shead ou Galeshead, vis-à-vis de Newcastle). Il régnait une si belle harmonie entre les deux maisons, qu'elles étaient souvent gouvernées par le même abbé, et qu'on les désignait sous le nom commun de "Monastère de Saint-Pierre et de Saint-Paul." Le saint fondateur, qui avait autant de savoir que de piété, procura à chaque communauté une excellente collection de livres qu'il avait apportés de Rome et des pays étrangers. Bède lui ayant été confié par ses parents dans sa 7ème année, il se chargea du soin de le former à la vertu et aux sciences; il l'envoya dans la suite à Jarrow, afin qu'il y continuât ses études sous l'abbé Céoll'rid, - à Jarrow, dont il ne devait plus sortir.
A peine était-il arrivé, qu'une peste cruelle vint fondre sur le monastère : elle enleva tous les moines qui savaient chanter en choeur, excepté l'abbé Céolfrid et le jeune Bède; tous deux continuèrent à célébrer de leur mieux l'office canonial, en entier, avec une exactitude obstinée, jusqu'à ce que de nouveaux confrères leur fussent envoyés.
Bède nomme, parmi les maîtres habiles dont il prit les leçons, le moine Trumbert, disciple de saint Chadd, évêque d'York, puis de Litchfield, lequel avait établi une école célèbre dans le monastère de Lestingan, au comté d'York. Le chant ecclésiastique lui fut enseigné par Jean, qui, de grand-chantre de la basilique Saint-Pierre à Rome, était devenu abbé de Saint-Martin de Rome, et que le pape de Rome Agathon avait envoyé en Angleterre avec saint Benoît Biscop. Il apprit le grec de Théodore, archevêque de Cantorbéry, et de l'abbé Adrien, qui rendit cette langue si familière à plusieurs Anglais, qu'on eut dit qu'elle était leur langue maternelle. Bède en donne pour exemple Tobie, évêque de Rochester. S'il eût été moins modeste, il aurait pu se citer lui-même. On voit en effet, par son "Ars metrica", et par ses autres ouvrages, qu'il connaissait parfaitement le grec ancien. Les vers que nous avons de lui montrent aussi qu'il était bon poête pour le siècle où il vivait; mais ses sermons, ainsi que ses commentaires sur l'Écriture, prouvent qu'il fit sa principale étude de la méditation des livres divins et des écrits des Pères.
La science et la piété suppléant en lui au jeûne âge, l'abbé Céolfrid voulut qu'il se préparât aux saints Ordres, quoiqu'il n'eût encore que 19 ans. Il fut ordonné diacre en 691, par saint Jean de Beverley, alors évêque d'Exham, dans le diocèse duquel l'abbaye de Jarrow était située (il n'y avait pas encore de siège épiscopal à Durham). Il continua ses études jusqu'en 702, époque à laquelle il reçut la prêtrise des mains du même évêque (Saint Jean de Beverley fut fait évêque d'Exham en 685, et évêque d'York en 704). Il est appelé dans un ancien livre "le prêtre de la messe", parce qu'il était chargé de chanter tous les jours la messe du monastère.



Comme le veut la Règle de saint Benoît – "ora et labora" - les moines de Wérémouth et de Jarrow, à l'exemple de saint Benoit Biscop, donnaient un certain temps au travail manuel. Ce travail consistait à battre et à vanner le blé, à prendre soin des bestiaux, à bêcher la terre dans le jardin, à faire le pain et à préparer ce qui devait servir de nourriture à la communauté. Bède travaillait avec ses frères; mais sa principale occupation était d'étudier, d'écrire, de prier et de méditer. Souvent il copiait des livres. Aussitôt après qu'il eut été ordonné prêtre, il prit la plume pour le bien de la Foi. Bientôt il se vit à la tête d'une école nombreuse, d'où sortirent d'excellents sujets; mais il s'attachait particulièrement à l'instruction des moines, qui étaient au nombre de 600. Il nous apprend lui-même qu'il se livrait tout entier à la méditation de l'Écriture sainte, et qu'après avoir chanté les louanges de Dieu à l'église et rempli ce que la Règle prescrivait, son plus grand plaisir était d'apprendre, d'enseigner et d'écrire. "Depuis le temps où je reçus la prêtrise," dit-il, "jusqu'à celui où j'écris ceci (jusqu'à la 69ème année de son âge), j'ai composé plusieurs livres pour mon utilité et pour celle des autres. J'ai puisé dans les ouvrages des Pères, et j'ai fait quelquefois des additions à ce que j'y ai trouvé." Il donne une liste de 45 ouvrages dont il était l'auteur, et dont la plupart avaient pour objet d'éclaircir le texte de l'Ancien et du Nouveau Testament. Dans la suite, il sortit encore de sa plume diverses productions estimables.
Bède s'exerça avec succès sur toutes les parties de la littérature. Il écrivit sur la philosophie, sur l'astronomie, sur l'arithmétique, sur le calendrier, sur la grammaire, sur l'histoire ecclésiastique, etc. Les oeuvres de piété composent cependant la principale partie de ses écrits. On chercherait en vain dans ses livres les ornements de la rhétorique; on y trouve en échange beaucoup de précision et de clarté; il y règne une aimable simplicité, avec un ton de franchise, de piété et de zèle qui intéressent vivement le lecteur. La candeur et l'amour de la Vérité caractérisent visiblement ses livres historiques; et si l'on dit qu'il a porté quelquefois la crédulité trop loin, on doit au moins convenir qu'aucune personne judicieuse ne révoquera jamais en doute sa sincérité. Souvent il s'est contenté d'abréger ou de ranger dans un ordre méthodique les commentaires sur l'Écriture de saint Augustin d'Hippone, de saint Ambroise de Milan, de saint Jérôme, de saint Basile le Grand, etc.; mais il n'en a pas agi de la sorte pour éviter le travail, ni par défaut de génie, comme l'ont prétendu quelques auteurs modernes. Son but était de s'attacher plus étroitement à la Tradition, en interprétant les livres saints. Dans ce que les Pères avaient laissé à faire, il suit toujours leurs principes, de peur de s'écarter de la Tradition dans la moindre chose. Les meilleurs juges avouent que, dans les commentaires qui sont entièrement de lui, il ne le cède pas en solidité et en jugement aux plus habiles d'entre les Pères.
L'anglican Bale, qui fut "évêque" d'Ossory sous Edouard VI, et qui mourut "chanoine" de Cantorbéry sous la reine Elisabeth, n'a pu s'empêcher de faire de Bède le plus magnifique éloge; il va même jusqu'à assurer qu'il l'emporte sur saint Grégoire le Grand par l'éloquence et la richesse de son style, et que l'on trouve dans ses écrits presque tout ce qui mérite d'être lu dans l'Antiquité. Pitts avance (De Script. Angl.) que l'Europe n'a peut-être pas produit un homme de lettres qui lui fût comparable, et que, même de son vivant, ses ouvrages avaient tant d'autorité, qu'un concile ordonna de les lire publiquement dans les églises.
Folchard, qui, après avoir été moine de l'église du Christ, à Cantorbery, et de Sithiu, devint abbé de Thorney, parle ainsi de Bède, dans sa vie de saint Jean de Beverley : "On est surpris, lorsqu'on considère jusqu'à quel point ce grand homme réussit dans toutes les sciences auxquelles il s'appliqua. Il vainquit toutes les difficultés qui s'y rencontrent, et mit ses compatriotes en état de se former de justes idées des choses. Les Anglais renoncèrent à la vie barbare de leurs ancêtres; ils se civilisèrent et se polirent par l'étude des lettres. Non seulement Bède leur enseigna, durant sa vie, la route qui conduit au vrai savoir; il a encore laissé, pour l'instruction de la jeunesse, des écrits où l'on trouve une espèce d'encyclopédie ou de bibliothèque uniserselle. Il expliqua presque toute la Bible, dit Fuller; il traduisit en anglais les Psaumes et le Nouveau Testament; et c'est surtout à lui qu'on peut appliquer ces paroles de l'Apôtre : "Il brilla comme une lumière au milieu d'une génération ignorante et perverse."
Ce qu'il y eut de plus admirable dans Bède, c'est qu'il anima toutes ses études d'un rare esprit de piété, et qu'il fit toujours un saint usage de ses connaissances. Il s'est peint lui-même en traçant le portrait de saint Chadd. Comme lui, il étudia l'Écriture, pour se mettre en état de méditer assidûment les mystères de la foi, pour se pénétrer des saintes maximes du christianisme, pour remplir son coeur de l'amour de toutes les vertus: aussi sa vie fut-elle toujours un modèle que les plus parfaits pouvaient se proposer. On voulut le faire abbé, mais son humilité le porta à refuser cette dignité.

Le pape Sergius de Rome avait une estime singulière pour notre saint. Il lui écrivit une lettre que nous avons encore (Ap. Malmesb. l.1 De Reg. c.3), vers le temps où il fut ordonné prêtre. Dans cette lettre, il l'invitait en termes fort honorables à venir à Rome, afin qu'il eût la satisfaction de le voir et de le consulter sur des affaires importantes. On ne saurait trop admirer la modestie de Bède, qui s'est bien gardé dans son histoire de nous faire connaître cette circonstance. Au reste, il n'alla pas à Rome, sans toutefois qu'on sache la raison qui l'en empêcha. Il nous avoue lui-même qu'il ne sortit jamais de son monastère pour voyager, au moins pour faire des voyages considérables. Sa réputation lui attira des visites de tout ce qu'il y avait de plus grand dans la Bretagne, entre autres celle du pieux roi Céolwulph.
La vie glorieuse et pacifique de Bède ne fut pas sans nuage. La jalousie suit le mérite comme l'ombre le soleil. Quelques esprits étroits allèrent jusqu'à l'accuser d'hérésie, parce que dans sa "Chronologie" il avait combattu l'opinion, alors répandue, que le monde ne devait durer que 6.000 ans, et parce qu'il avait semblé adopter pour l'Incarnation une autre date que celle communément admise. Cette accusation fit du chemin et il en était question jusque dans les chansons à boire des paysans. Bède, qui avait toujours mis un soin scrupuleux à se maintenir dans les limites de l'orthodoxie, fut surpris autant qu'indigné de cette imputation: il écrivit une lettre apologétique vive et fière, qui sans doute fît cesser tous ces bruits.
Egbert, frère d'Eadbyrht, roi du Northumberland, avait été disciple de Bède. ll invita son maître à venir à York, dont ce prince fut sacré évêque en 734. Le Saint se rendit à cette invitation. Il enseigna quelques mois à York, après quoi il voulut retourner dans son monastère (Bede, Ep. ad Ecgbright. ap. Smith, p.304). L'école qu'il établit dans cette ville devint très florissante, et l'on dit qu'il avait lui-même formé le célèbre Alcuin, qui en fut le plus bel ornement.

Bède mourut peu de temps après qu'Egbert eut été élevé sur le siège épiscopal d'York. Avant sa mort, il écrivit à son disciple une lettre où il lui donnait d'excellents avis. "Souvenez-vous", lui disait-il, "que la partie la plus essentielle de votre devoir est de mettre partout des prêtres éclairés et vertueux; de vous appliquer avec un zèle infatigable à nourrir vous-même votre troupeau; de faire en sorte que le vice disparaisse; de travailler à la conversion des pécheurs; d'avoir soin que tous les diocésains connaissent la Prière du Seigneur et le Symbole des Apôtres, et qu'ils soient parfaitement instruits des différents points de la Foi. Ne négligez rien pour que les laïcs qui mènent une vie pure communient tous les dimanches, ainsi que toutes les fêtes des Apôtres et des martyrs, comme vous l'avez vu pratiquer à Rome; mais avertissez les personnes mariées qu'elles doivent se préparer à la communion par la continence" (ibid p.511). Ce dernier point était anciennement de précepte, comme nous le voyons par plusieurs conciles.
Cuthbert ou Antoine, un des disciples de Bède, et auquel ce grand homme dédia son livre "De Arte metrica", nous a laissé une relation de la mort de son cher maître; elle est dans une lettre qu'il écrivit au moine Cuthwin, son compagnon d'études. Ce Cuthbert fut depuis abbé de Jarrow, et il succéda dans cette charge à Huethbert, surnommé Eusèbe, qui avait été aussi disciple de Bède.
La lettre de Cuthbert mérite d'être rapportée ici (Ap. Simeon Dunelm, Hist. Dunelm, l.1, c.15, et ap. Smith, p.792)
"Cuthbert à Cuthwin, son cher condisciple en Jésus-Christ, salut éternel en notre Seigneur. J'ai reçu avec beaucoup de plaisir le petit présent que vous avez bien voulu m'envoyer. Votre lettre m'a causé aussi une grande satisfaction, en ce que j'y ai trouvé ce que je désirais ardemment, savoir que vous aviez eu soin de prier et de célébrer des messes pour Bède, ce vrai serviteur de Dieu, notre père et notre maître. Par une suite de l'amour que je lui porte, je vous envoie en peu de mots une relation de la manière dont il est sorti de ce monde, relation que je sais que vous attendez de moi.
Il fut pris d'une difficulté de respirer, sans toutefois ressentir de douleur, environ 2 semaines avant Pâques. Il resta dans cet état, conservant sa gaieté ordinaire, et rendant grâces à Dieu nuit et jour, même à toutes les heures, jusqu'à la fête de l'Ascension du Seigneur qui était le 26 de mai.
Après nous avoir donné des leçons, selon sa coutume, il employait le reste du jour à chanter les psaumes. Il passait aussi toutes les nuits dans la joie et les actions de grâces, n'interrompant cet exercice que par un sommeil très-court. Lorsqu'il se réveillait, il se remettait à prier les mains étendues vers le ciel. O homme véritablement heureux! Il chantait ces paroles de saint Paul: "C'est quelque chose d'effroyable que de tomber dans les mains du Dieu vivant", et plusieurs autres passages de l'Écriture. Comme il était fort versé dans notre langue, il récitait certaines choses en vers anglais; ces paroles, par exemple: "Un homme sage ne saurait trop considérer ce qu'il a fait de bien et de mal avant de sortir de cette vie"; il chantait aussi des antiennes, conformément à ce qui se pratique parmi nous; celle-ci entre autres : "O roi de gloire, Dieu des armées, qui es monté aujourd'hui au-dessus de tous les Cieux! Ne nous abandonne pas comme des orphelins sans défense, mais envoye-nous l'Esprit du Père, l'Esprit de vérité que Tu nous a promis. Alléluia". En prononçant ces paroles, "ne nous abandonne pas", ses yeux versèrent une grande abondance de larmes. Une heure après, il répéta la même antienne, et nous mêlions nos larmes aux siennes. Nous lisions et nous pleurions alternativement, ou plutôt nous ne lisions jamais sans pleurer.
Nous passâmes ainsi le temps qui s'écoula depuis le commencement de sa maladie jusqu'à la fête de l'Ascension. Pour lui, il était toujours comblé de joie, et ne cessait de remercier Dieu de ce qu'il lui avait envoyé son infirmité. Souvent il répétait ce passage: "Dieu châtie les enfants qu'il aime", et d'autres semblables. On lui entendait dire aussi ces paroles de saint Ambroise: "Je n'ai pas vécu de manière à rougir de vivre parmi vous" et "ne crains pas de mourir parce que nous avons un Dieu qui est la bonté par essence."
Les leçons qu'il nous donnait, et le chant des Psaumes ne l'empêchèrent pas de composer 2 ouvrages fort utiles à l'Église : il traduisit en anglais l'Évangile selon saint Jean, et donna un extrait des livres des notes de Saint lsidore, evêque. "Je ne veux pas ", disait-il au sujet du second ouvrage, "que mes disciples usent des mensonges après ma mort, ni qu'ils se consument en des travaux inutiles."
Le mardi avant l'Ascension, il se sentit une difficulté de respirer plus grande qu'à l'ordinaire. On remarqua un peu d'enflure à ses pieds. Il passa cependant le jour avec gaieté; il dicta dans son école, en disant de temps en temps: "Hâtez-vous; que sais-je si je vivrai encore longtemps, et si le Seigneur ne m'enlèvera pas bientôt du milieu de vous?" D'après ces paroles, nous ne doutâmes pas qu'il ne sût le moment de sa mort. Il passa la nuit en actions de grâces. Le lendemain matin, il nous dit d'écrire promptement ce que nous avions commencé; ensuite, selon ce qui se pratique à pareil jour, nous marchâmes avec les reliques des saints jusqu'à la 3ème Heure (1). Alors un d'entre nous lui dit: "Cher maître, il nous manque encore un chapitre; serait-ce vous incommoder que de vous faire de nouvelles questions? - Non, répondit-il. Prenez votre plume, et écrivez vite.; ce que fit le disciple.

(1) Usque ad tertiam horam ambulavimus deinde cum reliquiis Sanctorum, ut consuetudo illius diei poscebat. p. 793 ed. Smith. Il s'agit de la procession des Rogations, qui se fait la veille de l'Ascension. On sait que la 3ème Heure des anciens répondait à notre 9ème heure du matin.

A la 9ème heure, il me chargea d'aller chercher tous les prêtres du monastère. Lorsqu'ils furent venus, il leur distribua du poivre, des mouchoirs et de l'encens qu'il avait dans une petite boite (2), les invitant de se souvenir de lui devant Dieu, et de célébrer des messes à son intention: ce que tous lui promirent. Il n'y eut personne qui ne pleurât, quand il annonça que bientôt on ne la verrait plus; mais chacun se réjouit en lui entendant dire: "Il est temps que je retourne vers Celui qui m'a donné l'être, en me tirant du néant. Mes jours ont été longs : mon Juge en a prévu et fixé le nombre. Le moment de ma liberté approche. Je désire être affranchi des liens du corps, et de me réunir à Jésus-Christ. Oui, mon âme désire voir Jésus-Christ son Roi dans l'éclat de Sa gloire." Il ajouta beaucoup d'autres choses pour notre édification.
Wilberth, celui de ses disciples dont j'ai parlé plus haut, lui dit le soir: "il y a encore une phrase qui n'est pas écrite". - "Vous n'avez qu'à l'écrire," répondit-il. Son disciple lui ayant répliqué que c'était fait, il ajouta. : "Vous avez bien parlé. Tout est fini. Soutenez ma tête dans vos mains. Je veux avoir la satisfaction de m'asseoir vis-à-vis l'oratoire où j'avais coutume de prier, afin d'invoquer ainsi mon Père céleste." S'étant mis sur le plancher de sa cellule, il dit: "Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit"; après quoi il s'endormit paisiblement dans le Seigneur. Tous ceux qui ont assisté à sa mort assurent qu'ils ne lui virent jamais plus de ferveur qu'en ce jour..."

(2) Piperem, oraria et incensa. On avait coutume de brûler de l'encens aux grands Messes, comme on le voit par Gemmulus, diacre de Rome, qui envoya de semblables présents à saint Boniface. Ep. ad S. Bonifac. inter Ep. Bonif., ep. 749. Par ces sortes de présents, le Saint voulait donner à ses frères des marques de la charité qui l'unissait avec eux, et par là les engager à se souvenir de lui dans leurs prières. Par la Règle de Saint-Benoît, les moines, avec le consentement tacite de l'abbé, pouvaient laisser de semblables mémoriaux de leurs personnes. Saint Lulle fit un présent de poivre, d'encens et de canelle à l'abbesse Kanebode. On trouve des exemples de la même chose dans les épitres de Saint Boniface et dans d'autres anciens documents. Fortunat, rendant grâces pour un présent d'herbes, de châtaignes et de prunes, s'exprime ainsi : "Munere in auguste cernitur amplius amor, l. 11, epigram. 23. (voir Smith, loc. cit., et Mabillon, loc. cit, §8, De Xeniolis.)

Il mourut en 735, à l'âge de 72 ans, le mercredi au soir, qui était le 26 mai, après les premières Vêpres de l'Ascension. C'est pour cela que plusieurs auteurs mettent sa mort à la fête de l'Ascension, qui commençait aux premières Vêpres chez les Saxons. Cette date s'accorde avec les écrits et l'histoire du saint, ainsi qu'avec le cycle pascal de cette année. Quelques auteurs prétendent que Bède ne vécut que 59 ans. Il paraît s'ensuivre de la vie d'Alcuin qu'il mourut dans sa 90ième année, et conséquemment qu'il vécut 30 ans après avoir composé son Histoire ecclésiastique. Tannor adopte ce système de chronologie, et dit que le Saint mourut en 762, à l'âge de 90 ans. Bibl. Britan., p.92.

Dans quelques églises d'Angleterre, saint Bède était honoré le 26 mai, en sorte toutefois qu'on ne faisait que mémoire de lui dans l'office de saint Augustin. Dans d'autres églises, on célébrait sa fête le 27 mai, jour auquel son nom se trouve dans le martyrologe romain. Alcuin dit ( Carm. de Pontif. et Sanct. Eccles. Ebor. v. 1305) que la sainteté de Bède fut attestée, après sa mort, par la voix du Ciel, et qu'un malade fut tout à coup guéri en touchant ses reliques. Saint Lulle, archevêque de Mayence, écrivit à Cuthbert (celui-là même dont nous avons parlé plus haut), lequel était pour lors abbé de Wérémouth et de Jarrow, pour lui demander une copie des ouvrages de Bède. En même temps il lui envoya un manteau pour son usage, avec une veste de soie pour couvrir la châsse du Saint. Une veste de soie était un présent qu'on faisait alors aux personnes qualifiées, sans en excepter les rois.

Bede fut enterré à Saint-Paul de Jarrow, où il y avait un porche au Nord qui portait son nom. En 1020, ses reliques furent portées à Durham, où ayant été renfermées dans un coffre de bois, on les déposa dans la châsse de saint Cuthbert. En 1155, Hugues, "évêque" de Durham, les mit séparément dans une châsse magnifique enrichie d'or, d'argent et de pierreries. Voir l'appendice sur l'Histoire de Durham, composée par Siméon de Durham. Cet auteur écrivit d'après les mémoires de Turgot, savant prieur de Durham, sous le règne d'Edouard le Confesseur, et qui fut fait "archevêque" de Saint-David sous le règne de Guillaume le Conquérant, dont il était l'ennemi déclaré. C'est pour cela que l'histoire de Turgot lui a été attribuée par quelques écrivains.
Cette châsse faite par Hugues fut pillée lors de la destruction des monastères. Les ministres d'Henri VIII jetèrent sur le fumier ce qui restait des ossements de Bede. Le sanctuaire monastique de Jarrow vers lequel se tournait le regard mourant de Bede, subsista encore en partie, s'il faut en croire les archéologues, Son souvenir y a survécu aux vicissitudes du temps, on y montre encore un vieux siège en bois de chêne qu'on prétend lui avoir servi. Selon d'Alembert, c'est la seule relique matérielle qui subsiste de ce grand Saint (Moines d'Occident, t.5, p.98, 2e éd. 1868).

Speed dit dans son "Théâtre de la Bretagne," qu'au temps où il écrivait, on voyait le tombeau du vénérable, fait de marbre, dans la chapelle de Notre-Dame, qui était à l'ouest de l'église de Durham. Smith en a fait graver les ruines, qui subsistent encore aujourd'hui (Append. ad Hist. Bedae, p. 805, t.1, et Jean de Glastonbury), ainsi que l'Autel de saint Cuthbert et de saint Bède, d'après les peintures d'une croisée qui était à l'Est (voir le Frontispice, ib.). Les moines de Glastonbury prétendaient avoir les reliques de notre Saint, mais ils n'en avaient sans doute qu'une partie (cfr Monasticon Anglic.).

Selon saint Boniface, Bède fut la lumière de l'Église britannique. Saint Lulle, Alcuin, etc., lui donnent de grandes louanges pour sa science et sa sainteté (Burke, "essay on English history").
Dans les vieilles peintures, on donne comme attribut caractéristique à saint Bede un pot à eau : on ne s'explique pas bien la présence de ce vase à usage domestique: serait-ce pour signifier que Bede a puisé à toutes les sources pour la composition de ses ouvrages?

Saint Bède vu par les Allemands
Chroniques de Nuremberg, 1493

ÉCRITS DE SAINT BEDE
Un des plus considérables écrits de Bède est son Histoire ecclésiastique. Il l'écrivit en 731, à la prière de Céowulph, roi des Northumbriens, auquel il le dédia. Ce prince, aussi pieux que savant, laissa la couronne à son fils Edbert, 3 ans après la mort de Bede, et alla se faire moine à Lindisfarne, où il mourrut en 740.
L'Histoire ecclésiastique de la nation des Angles, car tel est le titre exact de cette grande oeuvre, a fait de Bède non seulement le père de l'histoire anglaise, mais le véritable fondateur de l'histoire du Moyen-Âge. Il est le pendant anglais de saint Grégoire de Tours et son "histoire ecclésiastique du peuple franc."
Les plus compétents ont reconnu en lui un chroniqueur méthodique, un critique habile et pénétrant, investi, par la précision rigoureuse de son langage, comme par la scrupuleuse exactitude de son récit, du droit de faire compter et peser son témoignage, même sur des faits dont il n'a pas été le contemporain – avec cependant quelques erreurs parfois, nul n'étant parfait en ce monde.
Le lecteur le plus sceptique ne saurait feuilleter les pages de Bede sans demeurer convaincu de sa sincérité, en même temps que de son discernement. Tandis que le Chrétien, avide de connaître et d'admirer les oeuvres de Dieu dans l'histoire des âmes, encore plus que dans l'histoire des peuples, n'aura jamais assez de reconnaissance pour l'infatigable ouvrier qui nous adotés de ce livre, et qui a donné à l'Angleterre un si beau monument d'histoire nationale.
Il a aussi composé les "Vies" des 5 premiers abbés de Weremouth : saints Benoît Biscop, Ceolfrid, Estervin, Sigfrid et Wibert.
Les autres ouvrages de Bede sont de nombreux commentaires sur l'Écriture, des homélies ou sermons, et divers traités sur la poésie, la grammaire, la rhétorique, l'astronomie, la musique, le calendrier, etc. Les hymnes et les épigrammes qu'il avait composés sont perdus.
Dans les écrits de Bède, on le voit parler de sujets tels que la prière pour les morts, l'invocation des Saints, la vénération des reliques et des Images / Icônes, etc. Il attribue même des miracles à ces pratiques. Il montre que les Icônes ne sont pas proscrites par le Décalogue, et que Dieu défendit seulement les idoles, puisqu'Il ordonna d'élever le serpent d'airain, etc, L. de Templo Salom., c.19, t.8, p.40. Son Histoire ecclésiastique suffit seule pour le démarquer des élucubrations anglicanes - on peut voir ce qu'il dit de la prière pour les morts, hom. 1, t.5, Anecdot. Marten., p. 239, etc. - comme catholiques-romaines - voir la relation qu'il montre entre l'Église locale en Angleterre et l'Église locale à Rome, tout sauf une question de subordination, et dans cette question des prières pour les morts, saint Bède ne nous dit pas que "Dieu aurait déjà à son époque obéit au bonze du vatican" et aurait créé ex nihilo un "purgatoire" – bref, cette monstrueuse invention des hérétiques était rigoureusement inconnue des très Orthodoxes Anglois, qu'on se le dise.

Il y a dans le livre de Bede "de la nature des choses", p. 46, Op. t.2, p.37, une particularité qui mérite d'être remarquée. Il y est dit que le monde et la terre sont de figure ronde – on se souviendra de la querelle des catholiques-romains à ce sujet quelques siècles plus tard et de certains bûchers allumés pour une terre "plate"...
Voici en quels termes M. de Montalembert apprécie le talent littéraire et scientifique de Bède ("Moines d'Occident"):
"Tous les peuples de l'Europe catholique [*] envièrent à l'Angleterre un si grand docteur, le premier rejeton des races barbares qui ait conquis une place parmi les docteurs de l'Église. Le nom de Bede, après avoir été l'un des plus grands et des plus populaires de la chrétienté, demeure investi d'une ineffaçable notoriété. Il est le type de la vie studieuse et savante qui, aux yeux de plusieurs, résume toute la vie des moines. Il a été l'homme le plus instruit, le plus grand personnage intellectuel de son pays et de son siècle... De son vivant, et pendant le longs siècles après sa mort, ce n'était pas seulement le grand historien qu'on admirait comme nous l'admirons nous-mêmes, c'était encore et surtout le maître qui embrasse dans sa vaste érudition tout ce qu'on étudiait et tout ce qu'on savait dans le monde. Le caractèce encyclopédique de son génie est ce qui a le plus émerceillé ses contemporains et ne laisse pas d'exciter la surprise des nôtres..
Il fut pour l'Angleterre ce qu'avait été Cassiodore pour l'Italie ou saint lsidore pour l'Espagne. Mais il eut, de plus que ces deux précurseurs, une action et un retentissement en dehors de son pays que persone n'a peut-être surpassés. Dans son martyrologe, ses sommaires historiques et ses biographies de saints, il ajoutait la démonstration du gouvernement de Dieu par les faits et les hommes à l'exposition théorique des enseignements de la foi.
Mais, loin de se borner à la théologie, il écrivit avec succès sur l'astronomie et la météorologie, la physique et la musique, la philosophie et la géographie, l'arithmétique et la rhétorique, la grammaire et la versification, sans omettre la médecine et sans dédaigner de descendre jusqu'à l'orthographe et à la numération. Tous ces traités ont presque toujours la forme d'abrégés ou de catéchismes adaptés à l'éducation de ses disciples monastiques.
Comme tous les savants et tous les écrivains des âges Chrétiens, il montre une certaine complaisance à étaler sa familiarité avec les auteurs classiques. Il nous a laissé, ou du moins on lui attribue des collections de sentences tirées de Platon, de Sénèque, et surtout de Cicéron, dont il était l'admirateur enthousiaste. Il cite souvent Ovide et Lucain, Stace et même Lucrèce, plus souvent encore Virgile dont il insère des centons jusque dans les récits de miracles de ses saints northumbriens."

[*] On sourira gentiment à cette accaparation d'un auteur Orthodoxe par m. de Montalembert quand on voit le fossé doctrinal abyssal séparant saint Bède des hérétiques du vatican..

Migne, tomes de la Patrologie Latine 90 à 96, a donné sa version des oeuvres latine de saint Bède. Elle est faite d'après les 3 principales qui l'ont précédée, celle de Cologne, celle de Smith et celle du docteur Gilles (12 vol. in-8, collationnés sur les manuscrits, Londres, 1843-1844). Ce ne sont donc pas des manuscrits originaux.





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Tropaire de saint Bède le Vénérable, ton 8
Tout au long des noires années de ton temps, Ô Bède,
Tu abreuvas les terres anglaises et de tout l'Occident avec les torrents de la Grâce;
Et tel un semeur habile, tu répandis la semence de la divine connaissance,
Bien loin dans les champs de ton Maître, où partout elle germa et Lui rapporta du fruit au centuple.
Aussi, Ô Vénérable, puisque tu as acquis crédit auprès du Christ,
prie sans cesse afin que nos âmes soient sauvées.



Kondakion de saint Bède le Vénérable, ton 8
Ô Vénérable Bède, tu fus comme un radieux luminaire éclairant tout depuis la Northumbrie,
Répandant la lumière de la connaissance divine sur les royaumes des Anglais,
Et éclairant de ta divine sagesse toutes les terres d'Occident.
Dès lors le Christ ton Maître t'a accordé de riches récompenses en Paradis,
Où tu demeure éternellement dans l'allégresse avec les saints et les Anges.



Le roi Athelstan présente un livre à Bede.
Corpus Christi College, Cambridge, MS 183.



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SERMON SUR LA PENTECOTE PAR BEDE
Hillsdale College Department of Philosophy and Religion
FROM A SERMON ON PENTECOST BY BEDE
Transcribed by James Kiefer

Remarquez comme la fête juive de la Loi [Torah] est une préfiguration de notre fête de ce jour. Quand les enfants d'Israël eurent été libérés de l'esclavage d'Égypte après l'offrande de l'agneau pascal, ils voyagèrent à travers le désert, en route vers la Terre Promise, et ils atteignirent le Mont Sinaï. Le 50ème jour après la Pâque, le Seigneur descendit sur la montagne dans le feu, le son des trompettes, le tonerre et les éclairs. Il leur donna alors les 10 Commandements de la Loi. Comme mémorial du don de la Loi, Il décrêta une fête annuelle en ce jour, avec offrande des prémices, sous la forme de 2 miches de pain, réalisées avec les premiers grains de la nouvelle moisson, qu'ils devaient amener à l'autel. Nous savons déjà que l'Agneau Pascal et la délivrance d'Égypte préfiguraient la mort du Christ et notre délivrance du péché, comme il est écrit : "Christ notre Agneau Pascal est sacrifié pour nous" (1 Co 5,7). Il est le véritable Agneau Qui a enlevé le péché du monde (Jean 1,29), Qui nous a racheté de l'esclavage du péché au prix de Son sang, et qui par l'exemple de Sa résurrection nous a montré l'espoir de la vie et de la liberté éternelle. La Loi fut donnée au 50ième jour après le sacrifice de l'agneau, quand le Seigneur descendit sur la montagne dans le feu; de la même manière au 50ième jour après la résurrection de notre Rédempteur, c'est à dire aujourd'hui, la grâce du Saint Esprit, descendant sous l'apparence extérieure du feu, fut donnée aux disciples alors qu'ils étaient assemblés dans la chambre haute.
La hauteur de la montagne, et l'élévation de la chambre haute, indiquent toutes deux la subliminité du commandement et du don. Lorsque fut scellée la première Alliance, le peuple demeura au pied de la montagne, un groupe d'ancien grimpant en partie, et seul Moïse allant jusqu'au sommet. Lorsque fut scellée la seconde Alliance, toute la communauté du peuple de Dieu était assemblée au sommet, dans la chambre haute. De même que l'observance de la Loi fut donnée à une seule nation - "Il n'a pas agit ainsi avec aucune autre nation, pas plus que les païens n'ont connaissance de Sa Loi" (Psaume 147,20) -- mais les dons de l'Esprit à l'Église sont pour la proclamation de l'Évangile à toute personne vivant sur la face de la terre -- "Le Nom du Seigneur est loué du lever du soleil jusqu'à son coucher" (Malachie 1,11).
Lors de la fête juive de la Pentecôte, il fallait offrir au Seigneur chaque année et pour toujours 2 miches de pain, les prémices de la nouvelle moisson. Ainsi à la descente du Saint Esprit, l'Évangile fut prêché avec puissance, et ce jour-là, nombreux entendirent et crurent et furent baptisés, et des hommes de toutes les nations sous le ciel, près de 3.000 âmes furent ajoutées à l'Église, prémices de la Nouvelle Alliance. Ainsi chaque année à la fête de la Pentecôte, l'Église baptise, et ainsi apporte au Seigneur une offrande des prémices des rachetés de la face de la terre, une offrande tant de Juifs que de païens, de la même façon que les 2 miches de pain.
Observez comment la Loi fut donnée au peuple d'Israël au 50ième jour de leur voyage vers le Pays du Repos qui leur fut promis en Canaan. De la même manière, la grâce de l'Esprit fut donné au peuple de la Nouvelle Alliance au 50ième jour, afin que nous puissions percevoir que notre voyage est dirigé vers le Pays Céleste qui est notre Éternel Repos, notre lieu de profonde et durable satisfaction. Dans la loi, la 50ième année fut ordonnée de s'appeler l'Année Jubilaire. Durant cette année-là, toutes les dettes devaient être annulées, tous les esclaves être affranchis, les bêtes de somme être allégées de leur joug, et l'année consacrée à célébrer les divines louanges. Par conséquent, par ce nombre est indiquée précisément la tranquilité de cette plus grande paix à venir, quand au son de la trompette, les morts se relèveront impérissables, et nous serons tous changés en gloire. Alors, quand nous sommes libérés de tous les jougs du péché, et de nos dettes, c'est-à-dire de nos fautes - qui ont toutes été pardonnées et annulées, - tout le peuple de Dieu s'adonnera à la contemplation de la Céleste vision, et le commandement du Seigneur sera accompli : "Soyez en paix, et apprennez que Je suis Dieu".


tombe de saint Bede, cathédrale de Durham
source




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Et voilà! Maintenant, j'ai beaucoup de boulot ailleurs, alors après ces belles lignes sur un de mes saints occidentaux préférés, je repars en ...


à plus tard, après les Rogations.. ou l'Ascension.. voire la Pentecôte et la Toussaint qui la suit, fêtes qui ont toutes au moins un article déjà publié sur Stmaterne en 2006 ou 2007 (voir "menu" semestriel en marge de gauche)

En attendant, pour passer agréablement le temps sur internet, je vous recommande la visite régulière aux 3 sites suivants :
http://www.moinillon.net/
http://orthodoxie.sosblog.fr/
http://www.forum-orthodoxe.com/