"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

07 juin 2008

Roumanie: syndicat de prêtres contre hiérarchie épiscopale libérale & gouvernement européiste!

Bucarest




3 Photos ci-dessus tirées d'un reportage réalisé par Razvan Lupica sur la colline de la Métropolie de Bucarest, à l'occasion du pélerinage de 27 Octobre 2005 aux reliques du Saint Démetre Basarabov (le protecteur de la ville)
source

(ndt : reportage ci-dessous reformulé en termes Orthodoxes - sauf les paroles des intervenants - , et la photo de la cathédrale uniate de Timisoara illustrant l'article original a été bien sûr retirée, n'ayant rien d'Orthodoxe et montrant l'ignorance qu'ont nos journalistes en ce domaine.)

L'Eglise orthodoxe étend son influence en Roumanie
http://www.france24.com/en/20080604-romania-report-orthodox-church-influence

En raison des tensions persistant entre la hiérarchie et les prêtres, le clergé de l'Église Orthodoxe de Roumanie a créé le tout premier syndicat de prêtres, portant nombre de griefs à l'encontre du gouvernement et du patriarcat de l'Église. (Reportage : M. Bran)
Mercredi 04 juin 2008
Par Mirel Bran / FRANCE 24

Les prêtres Orthodoxes de Roumanie étaient réputés pour leur soumission devant la sacro-sainte hiérarchie épiscopale. Aujourd’hui, l’Église Orthodoxe de Roumanie est confrontée à une véritable rébellion.

Les hommes en soutane viennent de créer le premier syndicat de prêtres. Et ils ne mâchent pas leurs mots pour avancer des arguments en faveur de leur démarche atypique. "J’ai créé le syndicat le 'Bon Pasteur' parce qu’il y a un gouffre énorme entre, d’une part, notre hiérarchie et d’autre part les prêtres et les fidèles", explique le prêtre Nicolae State, fondateur du syndicat.

A Bucarest, au siège du patriarcat qui dirige l’Église Orthodoxe de Roumanie, c’est la colère. Les hostilités contre les prêtres syndicalisés sont ouvertes. "La patriarchie roumaine considère comme contraire au règlement et au statut de l’Église l’initiative de certains prêtres de créer des syndicats," précise Costel Stoica, porte-parole de l’Église Orthodoxe de Roumanie. "C’est une démarche illégale."

Pourtant, malgré les tensions entre la hiérarchie de l’Église et les 15.000 prêtres roumains, la religion est très présente dans la vie publique roumaine. Les Icônes pendent aux murs des écoles publiques tandis que les enfants y reçoivent tous les cours de catéchisme. "La Roumanie est un pays européen qui ne respecte pas la séparation entre l’Etat et l’Église", s’insurge Remus Cernea, président de l’association athée militante 'Liberté de conscience'. "Les enfants subissent un catéchisme intense à l’école, tandis que les prêtres se portent candidats aux élections."

Le syndicat créé par les prêtres roumains devrait leur permettre de négocier un contrat collectif du travail. Payés par l’État avec un salaire moyen de 200 euros, ils souhaitent obtenir une augmentation de leur revenus. "Un jeune prêtre gagne l’équivalent de moins de 200 euros par mois tandis que notre chef, le patriarche, empoche environ 2.500 euros", lance Nicolae State.

Pour se donner tous les moyens de se faire entendre, les prêtres roumains ont décidé de descendre dans la rue et de s’engager dans la vie politique. Quelques centaines d’entre eux se sont présentés comme candidats aux élections municipales organisées en Roumanie le 1er juin. "Le prophète Moïse a été choisi par Dieu pour sortir le peuple élu de l’esclavage égyptien", rappelle le prêtre Cristian Belodan, candidat à la mairie de Caracal, ville située au sud de la Roumanie. "Dieu veut que je devienne maire pour sortir cette ville du marasme où elle se trouve actuellement."

Les prêtres roumains se passionnent pour la politique et jouent les sauveurs. C’est de toute façon la mission que l’Église Orthodoxe a reçue dans la vie publique roumaine.







5 photos de Roumanie - licence: Creative Commons - Alan Grant

06 juin 2008

74ème anniversaire du roi Albert II de Belgique

Le 6 juin, c'est l'anniversaire du roi


Ad multos annos, sire!

Et que Dieu bénisse notre roi et la famille royale.

Notre bon roi Albert II en uniforme de la Marine? Oui! C'est "l'arme" où il sert depuis le début, l'arme placée sous le pavillon de l'Apôtre saint André "le premier appelé"



le roi lors de la parade navale du 150ème anniversaire du royaume de Belgique, 21 juillet 1980, devant Oostende - source "Titi" : http://wielingen1991.userboard.net/


Quelques uns de ces excellents discours de Noël de notre roi :
2007
2006

Pages du roi sur le site officiel de la monarchie belge
http://www.monarchie.be/fr/family/albert/index.html




Prochain anniversaire dans la monarchie belge, notre reine-mère, Fabiola de Mora y Aragon. Elle est née le 11 juin 1928 à Madrid, Espagne, comme 3ème fille d'une famille de 7 enfants.
La reine Fabiola, qui fête ses 80 ans en 2008, a épousé le roi Baudouin en 1960, entrant ainsi dans l'histoire de la monarchie de notre pays. Depuis le décès du roi Baudouin, suivit de l'accession au trône de son frère Albert, la reine Fabiola mène une vie éloignée de la scène publique. Elle est cependant depuis 1965 présidente d'honneur du Concours Musical International Reine Elisabeth de Belgique. Et aujourd'hui, elle préside la Fondation Roi Baudouin, du nom du précédent et défunt roi des Belges. Bon anniversaire, madame!

05 juin 2008

L'Ascension du Seigneur (p. Schmemann)

http://groups.google.com/group/alt.religion.christian.east-orthodox/msg/dcc42be4471f7963


l'Ascension - icône du monastère
Sainte-Catherine, Sinaï, 13ème siècle


Ascension.. Il y a un frisson de joie dans ce terme même, qui lance un défi aux soi-disantes "lois de la nature," les perpétuelles lois qui attirent vers le bas, qui poussent vers le bas, ces lois de la gravité qui enchaînent, qui pèsent, qui font tomber. Ici, par contraste, tout n'est que légèreté, altier, et infinie élévation vers toujours plus haut. L'Ascension du Seigneur est célébrée 40 jours après Pâques, le jeudi de la 6ème semaine après la Fête de la Résurrection du Christ. Le mercredi, la veille, est célébré ce qu'on appelle dans la pratique de l'Église le "congé de la fête de Pâques," à savoir l'au revoir à Pâques.
Du début jusqu'à la fin, l'Office est célébré exactement comme il l'est durant la nuit de Pâques, avec le chant joyeux du "Que Dieu Se lève, et que Ses ennemis soient dispersés..", "Voici le jour que fit le Seigneur, soyons dans la joie et dans l'allégresse.." En chantant ces versets, le prêtre tient le cierge pascal et encense l'église toute entière, pendant que l'on chante vivement en réponse "Le Christ est ressuscité!" Nous quittons Pâques, nous en "prenons congé" jusqu'à l'année prochaine.

Il semblerait logique que nous ressentions de la tristesse. Mais au lieu de tristesse, nous recevons une joie nouvelle: la joie de contempler et de célébrer l'Ascension. Dans la péricope évangélique rapportant cet événement, après que le Seigneur ait donné Ses instructions finales aux disciples, "puis Il les conduisit vers Béthanie, et, levant les mains, Il les bénit. Or, tandis qu'Il les bénissait, Il Se sépara d'eux et fut enlevé au ciel. Quant à eux, s'étant prosternés devant Lui, ils revinrent à Jérusalem en grande joie" (Lc 24,50-52). "En grande joie.." Quelle est la source de cette grande joie qui perdure jusqu'à nos jours, et qui éclate avec un si remarquable éclat en la Fête de l'Ascension?
Car il semble que le Christ partit, et laissa Ses disciples seuls; c'était un jour de séparation. Et en face d'eux s'ouvrait la très très longue route de la prédication, persécution, souffrance, et tentation, qui remplit jusqu'à déborder l'histoire du Christianisme et de l'Église. La joie était apparemment arrivée à son terme, la joie de la compagnie humaine et quotidienne du Christ. Que la réponse à cette interpellation nous vienne de saint Jean Chrysostome, ce prédicateur Chrétien qui vécut il y a quelque 16 siècles. Parlant du Ciel, il s'exclamait : "Quel besoin aurais-je d'un ciel, quand moi-même je vais devenir un ciel.." Que la réponse vienne aussi de nos ancêtres, qui appelaient l'Église "Ciel sur la terre." Le point essentiel dans ces 2 réponses, c'est : le ciel est le nom de notre vocation authentique en tant qu'êtres humains, le Ciel est la vérité finale à propos de la terre. Non, le Ciel n'est nulle part au fin fond de l'espace, au delà de planètes, ou dans quelque galaxie inconnue. Le Ciel est ce que le Christ nous donne, ce que nous avons perdu à travers notre péché et notre orgueil, à travers notre matérialisme, à travers ce qui est exclusivement terrestre, comme les sciences et les idéologies, et qui est à présent ouvert, offert, et qui nous est rendu par le Christ. Le Ciel est le royaume de la vie éternelle, le royaume de la vérité, de la bonté et de la beauté. Le Ciel, c'est la transformation spirituelle totale de la vie humaine; le Ciel, c'est le Royaume de Dieu, la victoire sur la mort, le triomphe de l'amour et du souci d'autrui; le Ciel, c'est l'accomplissement de ce désir ultime, dont il a été dit : "Ce que nul oeil n'a vu, que nulle oreille n'a entendu, et qui n'est entré dans le coeur d'aucun homme, ce que Dieu a préparé pour ceux qui L'aiment" (1 Co 2,9). Tout cela nous est révélé, tout cela nous est donné par le Christ. Et dès lors, le Ciel imprègne notre vie, ici et maintenant, la terre elle-même devient reflet, un miroir reflétant l'image de la beauté céleste. Qui descendit du ciel sur terre pour nous rendre le Ciel? Dieu. Qui monta de la terre au Ciel? L'homme Jésus.

Saint Athanase le Grand disait que "Dieu est devenu homme afin que l'homme puisse devenir Dieu." Dieu est venu sur terre afin que nous puissions monter au Ciel! C'est cela que célèbre l'Ascension! C'est la source de sa radieuse et inexprimable joie. Si le Christ est au Ciel, et si nous croyons en Lui, et si nous L'aimons, alors nous aussi nous y sommes avec Lui, à Son banquet, dans Son Royaume. Si l'humanité a la possibilité de s'élever par Lui, et ne chute pas, alors à travers Lui, moi aussi je peux accéder à l'ascension, et je suis appelé à Lui. Et en Lui, le but, la signification et la joie ultime de ma vie me sont révélées. Tout, absolument tout autour de nous, nous pousse vers le bas. Mais je regarde vers la divine chair montant au ciel, vers le Christ S'élevant "au son de la trompette," et je me dis à moi, et je dis au monde : c'est là qu'est la vérité à propos du monde et de l'humanité, c'est ici que se trouve la vie à laquelle Dieu nous appelle de toute éternité."


Вознесение Господне

Kondakion de l'Ascension, ton 6
Ayant accompli en notre faveur Ton oeuvre de Salut,
Après avoir uni les Cieux et la terre et les hommes avec Dieu,
Dans la gloire, Ô Christ notre Dieu, Tu montas vers le ciel
Sans pour autant nous délaisser,
Mais restant toujours parmi nous
Et disant à ceux qui conservent Ton amour:
Je suis toujours avec vous
Et personne à jamais ne peut rien contre vous
.

[Extrait de "Celebration of Faith" Sermons, Vol. 2 "The Church Year" par feu le protopresbytre Alexander Schmemann, 1994]



Moscou, Ascension 2007...

Tropaire de l'Ascension, ton 4
Dans la gloire Tu T'élèves, Ô Christ notre Dieu,
Comblant Tes disciples de joie
Par la promesse du Saint Esprit,
Leur donnant force et de Tes mains les bénissant,
Car Tu es le Fils de Dieu, le Rédempteur de nos âmes
.


L'Ascension, Codex 376, Sankt Gallen
enluminure pleine page, 10ème s (?)


Évangile de la Liturgie : Saint Luc 24,36-53
Tandis qu'ils s'entretenaient ainsi, Jésus Se présenta au milieu d'eux et leur dit: "Paix à vous!" Saisis de stupéfaction et d'épouvante, ils s'imaginaient voir un esprit. Mais Il leur dit: "Pourquoi vous troublez-vous? pourquoi ces incertitudes dans vos coeurs? Voyez Mes mains et Mes pieds; c'est bien Moi; touchez-Moi et constatez: un esprit n'a ni chair ni os comme vous voyez que J'en ai." Ce disant, Il leur montra Ses mains et Ses pieds. Mais comme, dans leur joie, ils hésitaient
encore et restaient ébahis, Il leur dit: "Avez-vous ici quelque chose à manger?" Ils Lui servirent un morceau de poisson grillé [et un rayon de miel]. Il l'accepta et mangea devant eux. Puis Il leur dit: "Voilà bien ce que Je vous disais lorsque J'étais encore avec vous, affirmant que devait s'accomplir tout ce qui est écrit de Moi dans la Loi de Moïse, les prophètes et les Psaumes." Alors Il leur ouvrit l'esprit pour leur faire comprendre les Écritures: "Ainsi, leur dit-Il, il est écrit que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts le 3ème jour, et qu'on devrait prêcher en Son Nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem, la repentance et la rémission des péchés. Vous en êtes témoins. Et Moi, Je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Vous autres, restez en ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une force d'en-haut."
Il les conduisit alors vers Béthanie. Élevant les mains, Il les bénit. Pendant cette bénédiction, Il Se sépara d'eux et S'éleva au ciel. Eux se prosternèrent pour L'adorer, puis retournèrent à Jérusalem tout remplis de joie. Et ils étaient continuellement dans le temple, à louer et à bénir Dieu. Amen.