"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

05 septembre 2008

Une seule chose est nécessaire (st Nicolas Velimirovic)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/08/11/this-one-point/
Marthe et Marie : Le Christ avec Marie à Ses pieds
Mikhaïl Nesterov, couvent de Marthe et Marie, Moscou, 1911

Une seule chose est nécessaire : le Royaume de Dieu. Le Christ S'efforça de tourner les yeux de tous les hommes vers cet unique but. Celui qui regarde vers là n'a qu'une seule pensée : Dieu. Un seul sentiment : l'amour. Une seule aspiration : se rapprocher de Dieu. Bienheureux celui qui est parvenu à une telle intégrité; il est devenu pareil à une loupe qui concentre les rayons du soleil afin de produire du feu.
Saint Nicolas Velimirovic

03 septembre 2008

Saint Remacle et les godasses de satan

bien que fort occupé avec de gros travaux domestiques et pour ne pas passer tout à fait sous silence cette fête d'un des grands Apôtres de la Belgique mérovingienne, voici un bref extrait de la vie de l'abbé-évêque saint Remacle, père spirituel de saint Hadelin de Celles et Franchimont

icone Orthodoxe de saint Remacle, abbe-eveque Orthodoxe de Stavelot-Malmedy"Comme l'abbé s'apprêtait à inaugurer en grande pompe l'église de son monastère, il vit tout à coup sa cellule s'emplir d'une vive lumière. Un Ange était là, qui lui dit:" Lève-toi, Remacle, car Satan est en route et trame un noir complot contre ton église. Hâte-toi de l'arrêter! Une fois l'église consacrée et le corps de notre Seigneur confié au tabernacle, ses efforts seront vains." Avant de se mettre en route, Remacle envoie ses moines récolter toutes les sandales, chaussures et autres savates usagées qu'ils peuvent trouver dans le monastère et dans les environs. Les ayant placées dans un énorme sac, Remacle s'en fut à la rencontre de son peu agréable visiteur.

Arrivé au lieu-dit "Thiers du diable", Remacle sentit flotter dans l'air une désagréable odeur de soufre. Pas de doute, il était sur le bon chemin. Il aperçut alors un étrange personnage traînant avec grand-peine un énorme quartier de granit. C'était le diable, qui avait comme projet de précipiter son rocher sur l'église au moment de l'Office, afin d'y écraser tous les prêtres qui s'y trouveraient. Mais l'effort pour déplacer le rocher avait été violent, et il se trouvait fort las.

- Camarade, demanda-t-il à Remacle, quelle distance reste-t-il d'ici à l'abbaye de Stavelot?

- Ah! c'est fort loin! repartit l'apôtre. J'en viens justement, et regardez la quantité de sandales j'ai usées sur le chemin!

Ce disant, il déversa au pied de son interlocuteur effrayé le contenu de son sac. Le diable en conclut qu'il n'aurait ni le temps, ni la force d'arriver avant la consécration de l'abbatiale, et dépité, lança un grand coup de pied à sa masse de granit. Celle-ci dévala la colline, et se brisa en trois blocs qui s'en allèrent rouler jusqu'à Wanne, Waismes et Reichestein. Longtemps après, on montrait encore dans ces localités les "roches du diable"."

Tropaire de saint Remacle ton 1
Apôtre des forêts de l'Ardenne,
Tu as illuminé notre pays.
Comme évêque, tu as régi ton troupeau avec justice,
Comme apôtre tu as renversé les idoles.
Tu as fondé de saints monastères
Pour implanter la Foi dans nos régions.
Gloire à Celui qui a fait de toi
Le modèle des pasteurs.



Institut Royal du Patrimoine artistique
http://www.kikirpa.be/www2/Site_irpa/Fr/Info/Hist.htm
restauration de la châsse de saint Remacle en 1952-53



les saintes reliques ne se trouvent hélas dans nulle église du Christ, mais dans un musée.
http://tourisme.stavelot.be/



Saint Remacle et son loup sur un timbre poste belge
("c'était au temps où Bruxelles brusselait!")


explicatif philatélique :
http://www.philagodu.be/GENERALCULTUREL/FOLKLORETRADITIONS/Remacle_loup.html


anachronique statue hétérodoxe, elle se trouve dans le lieu de culte hétérodoxe "saint sébastien" à Stavelot. source wikipedia


01 septembre 2008

Bonne année ... ecclésiale ;-) [oca & Dynamis]



Nouvel An : Commémoré le 1er septembre
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSM=9&FSD=1

Le premier jour de la l'An Neuf ecclésial est aussi appelé le début de l'Indiction. Le mot "indiction" provient d'un mot latin signifiant "imposer." A l'origine, il était appliqué à l'imposition des taxes en Égypte. La première Indiction dans le monde entier eu lieu en 312, lorsque l'empereur Constantin le Grand eu sa vision miraculeuse de la Croix dans le ciel. Avant l'introduction du calendrier Julien, Rome commençait sa nouvelle année le 1er septembre.

Selon la sainte Tradition, le Christ entra dans la synagogue un 1er septembre afin d'annoncer Sa mission à l'humanité (Luc 4,16,22). Citant Isaïe 61,1-2, le Sauveur proclama "L'Esprit du Seigneur est sur Moi, parce qu'Il M'a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. Il M'a envoyé guérir ceux qui ont le coeur brisé, proclamer aux captifs la délivrance, aux aveugles le retour à la vue, libérer les opprimés, publier l'année favorable du Seigneur."
Cette scène est dépeinte dans un manuscrit détenu au Vatican (Biblioteca. Cod. Gr. 1613, p.1).



La Tradition dit que les Hébreux entrèrent en Terre Promise en septembre.

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Prière pour la rentrée scolaire:
http://stmaterne.blogspot.com/2007/09/prire-pour-la-rentre-scolaire.html

Indiction et nouvel-an ecclésial dans l'Orthodoxie de rite byzantin – long article avec les explicatifs historiques et spirituels, iconographie :
http://stmaterne.blogspot.com/2006/09/indiction-nouvel-ecclsial-byzantin.html



Dynamis: Évangile pour l'Indiction ou début du Nouvel An ecclésiastique
http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/3319

Saint Luc 4,16-22 : Jésus vint à Nazareth, où Il avait été élevé. Selon Son habitude, Il entra, le jour du sabbat, dans la synagogue, et Se leva pour faire la lecture. On Lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il le déroula et choisit le passage où il est écrit (Is 61,1-2): "L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé guérir ceux qui ont le coeur brisé, proclamer aux captifs la délivrance, aux aveugles le retour à la vue, libérer les opprimés, publier l'année favorable du Seigneur." Puis Il roula le livre, le rendit au servant et S'assit; et
tous dans la synagogue de fixer les yeux sur Lui. Il commenta par ces mots: "Aujourd'hui est accompli cet oracle que vous venez d'entendre." Et tous débattaient à Son sujet: ils étaient surpris des paroles de grâce qui sortaient de ses lèvres.


Ce que l'An Neuf nous apporte –saint Luc 4,16-22, en particulier le verset 21 : Il commenta par ces mots: "Aujourd'hui est accompli cet oracle que vous venez d'entendre."
En 325, le premier Concile Oecuménique a décrété que l'année ecclésiale commencerait le 1er septembre. Le Concile avait nombre de raisons pour choisir cette date. Le 1er septembre était déjà début de l'année civile dans l'empire romain. Les Juifs célébraient depuis longtemps une date correspondante comme nouvel an (Exode 12,2), un jour pour célébrer la récolte des fruits de la terre et rendre grâce à Dieu. De manière plus significative, ce fut à Nazareth, durant cette fête de l'ancien peuple de Dieu, que le Seigneur annonça Son onction dans l'Esprit pour le Salut de l'humanité toute entière.

Lorsque le Christ notre Dieu annonça pour la première fois le but de Son onction par le Saint Esprit, Il choisissit pour ce faire Son village de Nazareth. Comme le fait remarquer saint Cyrille d'Alexandrie, Il le fit avec sagesse, "afin que Sa renommée puisse dès lors être répandue," accordant cette faveur "tout d'abord au peuple de Nazareth, parce qu'humainement parlant, Il avait grandit parmi eux." On voit ici une merveilleuse annonce de l'union de Dieu avec notre race arriérée, un message qui continue depuis le jour de ce Nouvel An-là jusqu'à nos jours. Ce jour est une joie pour nous, comme il aurait dû l'être pour les voisins du Seigneur à Nazareth. Cependant, Ses parents selon la chair déclinèrent l'opportunité (Lc 4,28-29). Dès lors que nous, qui connaissons le Christ comme étant notre Sauveur, continuons à partager joyeusement la grande espérance qu'Il apporte à toute l'humanité : Dieu est uni à notre humanité en cette vie-ci et à jamais.

Dans les temps anciens, notre race avait perdu l'Esprit et s'était retrouvée privée de la sainte Communion par l'ordre divin : "Mon Esprit ne demeurera assurément pas à jamais parmi ces hommes, car ils sont chair..." (Gen. 6,4); et cependant, le jour du Nouvel An à Nazareth, Dieu le Verbe annonça le retour du Saint Esprit auprès de l'humanité. Parler pour Lui d'être oint de l'Esprit en tant que Dieu le Verbe serait absurde, puisqu'Il est Un en substance avec l'Esprit, éternellement, en la divinité; mais en Son humanité, Il annonça Son onction avec l'Esprit – une proclamation chargée de grande importance pour toute l'humanité.

C'est pourquoi le Seigneur Jésus révéla que quiconque croirait en Lui aurait ".. des flots d'eau vive" surgissant de son coeur (Jn 7,38). C'était Sa manière de faire comprendre qu'après qu'Il aurait été glorifié, ceux qui croiraient en Lui recevraient le Saint Esprit (Jn 7,39). Après Sa Passion et Résurrection, le jour de la Pentecôte, la venue du Saint Esprit commença et elle continue jusqu'à nos jours. Ne restez pas loin de Lui. Il vous appelle. Efforcez-vous d'acquérir le Saint Esprit, d'être vous-mêmes oints par Lui, d'avoir votre vie et la vie de chacun d'entre nous rendue à Dieu conformément à la promesse du Christ, vraie, éprouvée et démontrée (Lc 4,18).

En ce jour, il y longtemps d'ici, le Seigneur Jésus annonça que le temps favorable allait arriver (v. 19). A présent, chaque minute, heure et jour est mûr pour partager la nouvelle de la Lumière avec ceux qui demeurent dans les ténèbres, pour libérer ceux qui sont enchaînés et réduits en esclavage par les habitudes et les illusions, à enrichir toutes les pauvres âmes de ce monde qui sont faibles et brisées par l'appauvrissement qui découle du fait que nous naissons dans la mort, dans l'existence actuelle (v. 18). C'est maintenant qu'est "... l'année favorable du Seigneur" (v. 19). Vous qui vous êtes unis au Christ, saisissez l'événement et la joie sans limite de ce nouveau jour qui survient. Élevez la voix avec Lui, pour proclamer notre Nouvel An.

C'est vrai, comme le dit saint Cyrille d'Alexandrie : Christ notre Dieu a "jeté à bas le tyran apostat, Satan, et c'est Lui-même Qui répand la Lumière divine et spirituelle sur ceux dont le coeur était enténébré : c'est pour cela qu'Il dit 'Je Suis la Lumière qui vient en ce monde' (Jn 12,46); Il est Celui Qui délivre des chaînes du péché ceux dont le coeur en était auparavant écrasé.." Gloire au Christ!

O Dieu de tout l'univers, transcendant en essence, Créateur des âges et Maître de tout, bénit la couronne de cette année, sauvant par Ton insondable miséricorde, Ô Tout compatissant, tout ceux qui T'adorent. Amen.


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31 août 2008

Saint Aidan de Lindisfarne, abbé-évêque et thaumaturge, apôtre de la Northumbrie




L'évêque Aedan est né en Irlande à la fin du 6ème siècle, et mourut en 651. Saint Aidan fut disciple de saint Senan (8 mars) sur l'Ile Scattery, mais on ne sait rien de plus de certain sur sa vie antérieure à son entrée comme moine à Iona. Il fut bien accueillit par le roi saint Oswald (9 août), qui avait vécut en exil parmi les moines Irlandais à Iona et y avait demandé des moines pour évangéliser son royaume. Le premier missionnaire, Corman, n'eut pas de succès à cause de la rudesse de ses méthodes; dès lors Aidan fut envoyé pour le remplacer. Oswald accorda l'île de Lindisfarne ("Ile sainte") à Aidan pour y fonder son siège épiscopal; son diocèse s'étendra du Forth jusqu'à l'Humber.

cliquez sur l'image pour voir l'île en grand format


Par ses actions, il montra que jamais il ne chercha ni n'aima les biens de ce monde; les présents que le roi ou les riches lui offraient, il les donnait aux pauvres. Il vint rarement à la table royale, et jamais sans y emmener l'un ou l'autre de son clergé, et se hâtant toujours de quitter pour rejoindre ses tâches. Le centre de son activité était Lindisfarne, au large de la côte du Northumberland, entre Berwick et Bamburgh. Là, il établit un monastère sous la Règle de saint Columcille (Columba d'Iona); il n'était pas inapproprié de l'appeler l'Iona anglais, parce que de là, le paganisme fut progressivement éliminé en Northumbrie et les coutumes barbares sapées. La communauté n'était pas autorisée à accumuler des richesses; les surplus étaient utilisés pour les besoins des pauvres et le rachat avec affranchissement des esclaves (manumission). De Lindisfarne, Aidan voyagea à pied à travers le diocèse, visitant son troupeau et fondant des centres missionnaires.
L'apostolat d'Aidan fut facilité par des miracles innombrables, rapportés par saint Bede (25 mai) qui rédigea sa biographie. Il fut aussi aidé par le fait qu'Aidan prêcha en Irlandais et que le roi fit la traduction. Saint Aidan fit entrer 12 jeunes Anglais dans son monastère, pour les y élever, et il était infatigable pour s'occuper du bien-être des enfants et des esclaves, et pour l'affranchissement de ces derniers, il utilisa pour leur manumission nombre des aumônes qu'on lui accorda.
Le grand roi saint Oswald assista son évêque de toutes les manières possibles jusqu'à sa mort à la bataille contre le roi païen Penda en 642. Une belle histoire préservée par saint Bède nous rapporte qu'Oswald était attablé pour dîner un jour de Pâques, saint Aidan à ses côtés, quand on lui apprit qu'un grand groupe de pauvres demandait l'aumône à la porte. Prenant un plat en argent massif, il le chargea avec la viande de sa propre table et ordonna de la distribuer parmi les pauvres, puis qu'on brisa le plat d'argent et qu'on en partagea les morceaux entre les pauvres. Aidan, nous dit Bède, prit la main droite du roi, disant "Que jamais cette main ne périsse!" Sa bénédiction s'accomplit. Après la mort d'Oswald, son bras droit incorrompu fut conservé comme sainte relique.
Saint Oswin (20 août), le successeur de saint Oswald, soutint aussi l'apostolat d'Aidan. Et lorsqu'en 651, Oswin fut assassiné par Gilling, Aidan ne lui survécut que 11 jours. Il mourût au château royal de Bamburgh, qu'il utilisait comme centre missionnaire, gisant contre un mur de l'église où une tente avait été dressée pour l'abriter. Il fut d'abord enterré dans le cimetière de Lindisfarne, mais quand la nouvelle église Saint-Pierre fut achevée, on y transféra son corps. Les moines de Lindisfarne, fuyant les attaques répétées des Vikings, abandonnèrent leur sainte île en 875, emportant les reliques de saint Oswald et saint Aidan placées dans le cercueil contenant le corps incorrompu de saint Cuthbert. Durant 100 ans, les moines errèrent, s'installant de ci de là, et fondant des églises. En 995, craignant une nouvelle attaque des envahisseurs Danois, les moines s'enfuirent à nouveau avec leurs précieuses reliques. Selon la tradition, quand les moines approchèrent de la ville de Durham, le cercueil devint de plus en plus lourd, et un moine eut un songe dans lequel Cuthbert dit que son corps trouverait son repos final à "Dunholme". Aucun des moines ne connaissait un tel lieu mais, interrogeant les villageois, ils entendirent 2 femmes parler d'une vache perdue qui se serait égarée dans "le Dunholme". Les moines investiguèrent ce détail et découvrirent que c'était un promontoire boisé sur une boucle de la Rivière Wear, où de nos jours se trouve la cathédrale de Durham.
Les moines de Glastonbury affirmèrent que dès le 11ième siècle, ils possédaient les ossements de saint Aidan de Lindisfarne (Northumberland). Nous savons que ce n'était pas le corps entier, car il est reconnu que la moitié du corps se trouve à Iona en Écosse, et une partie du restant se trouve à la cathédrale de Durham. Saint dont le corps n'était pas entier et pourtant le plus ancien enregistré, il semble qu'Aidan est le seul saint "nordique" dont les reliques furent amenées au sud à Glastonbury par Tyccea, bien qu'apparemment pas sous la menace Viking.
Saint Bède loue hautement l'Irlandais Aidan qui fit tant pour porter l'Évangile à ses frères Anglo-Saxons. "Jamais il ne rechercha ni n'aima quoique ce soit de ce monde, mais fit ses délices à distribuer immédiatement aux pauvres quoique ce soit que rois ou riches du monde lui donnèrent. Il traversa villes et pays à pied, jamais à cheval, sauf si pressé par une urgente nécessité. Partout où il rencontrait quelqu'un, riche ou pauvre, il l'invitait, si païen, à embrasser le mystère de la Foi; ou s'il s'agissait d'un croyant, il cherchait à le renforcer dans leur Foi, exhortant par des paroles et actions pour les aumônes et bonnes oeuvres."
Il écrivit que saint Aidan "était un homme d'une gentillesse remarquable, bon et modéré, zélé pour Dieu; mais pas complètement selon la connaissance..." Par cela, Bède veut dire qu'Aidan suivait et enseignait la Liturgie et les coutumes disciplinaires des Chrétiens Celtes, qui différaient de ceux de la Chrétienté continentale romaine. Montague note qu'un des efforts de l'éducation anglo-saxonne dirigée par les moines Irlandais était que l'écriture anglaise se distinguait par son orthographe irlandaise. Aidan amena en Irlande la coutume du jeûne du mercredi et du vendredi (voir Didachè).

Dans l'art, on représente Saint Aidan en évêque avec en main le monastère de Lindisfarne et un cerf à ses pieds (parce que la tradition rapporte que sa prière rendit invisible un cerf poursuivit par des chasseurs). Il peut aussi être représenté
(1) tenant une torche allumée;
(2) donnant un cheval à un pauvre;
(3) calmant une tempête; ou
(4) éteignant un incendie par sa prière. Il est particulièrement vénéré à Glastonbury, Lindisfarne, et Whitby



Office à notre père parmi les Saints Aidan, évêque de Lindisfarne, Illuminateur de la Northumbrie (en anglais) :
http://orthodoxengland.org.uk/servaida.htm



ancienne fresque de saint Aidan


Tropaire de Saint Aidan ton 5
O saint évêque Aidan,
Apôtre du Nord et luminaire de l'Église Celtique,
Glorieux en humilité,
Noble dans la pauvreté,
Moine zélé et missionnaire plein d'amour,
Intercède pour nous pécheurs
Afin que le Christ notre Dieu accorde Miséricorde à nos âmes.



récits d'un pèlerinage à Lindisfarne ("Holy Island") et Durham (en anglais)
http://www.orthodox-iona.co.uk/pilgrimage_2006.htm




source & (c) de ces Icônes :
http://www.aidanharticons.com/western_orthodox_saints.html






nb : le 31 août, nous fêtons aussi saint Paulin de Trêves (Gaule Belgique); sainte Eanswythe de Folkestone (sainte patronne de la paroisse Orthodoxe de Rite Occidental de cette région-là); la translation des reliques de saint Columban de Luxeuil; saint Honoré de Marseilles; sainte Florentine de Digne; saint Ailhe de Rebais (Meaux); sainte Cuthburge de Wimborne; saint Victor ermite à Cambon (Nantes); saint Gauzlin de Toul; etc etc...


Page d'un évangéliaire célèbre de Lindisfarne

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Saint Cyprien de Carthage et la véritable unité de l'Église

icone Orthodoxe de saint Cyprien de Carthage


Hiéromartyr Cyprien, évêque de Carthage (+ 258)
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?SID=4&ID=1&FSID=102443

Le hiéromartyr Cyprien, évêque de Carthage, naquit vers 200 dans la ville de Carthage (Afrique du Nord, presqu'île de l'actuelle ville de Tunis, en Tunisie), où toute sa vie et son oeuvre se dérouleront. Thascius Cyprianus était le fils d'un riche sénateur païen, et reçut une belle éducation séculière, devenant un fameux orateur, et enseignant rhétorique et philosophie à l'école de Carthage. Il vint souvent dans les tribunaux pour défendre ses concitoyens.

Cyprien se rappellera par la suite que longtemps durant, "il demeura dans un épais et obscur brouillard... loin des lumières de la Vérité." Sa fortune, reçue de ses parents et de son travail, fut dépensée en somptueux banquets, mais cela n'arriva pas à étancher sa soif de vérité. Il en vint à découvrir les écrits de l'Apologiste Tertullien, et devint convaincu de la vérité du Christianisme. Le saint évêque écrira plus tard qu'il lui serait impossible d'atteindre la régénération promise par le Sauveur à cause de son vécu.

Il fut aidé par son ami et guide, le prêtre Cecilius, qui l'assura de la puissance de la grâce de Dieu. A l'âge de 46 ans, le studieux païen fut reçut dans la communauté Chrétienne comme catéchumène. Avant d'accepter le Baptême, il distribua ses biens aux pauvres et emménagea dans la maison du prêtre Cecilius.

Lorsque saint Cyprien fut enfin baptisé, il rédigea le Traité à Donatus : "Quand les eaux de la régénération eurent nettoyé les impuretés de ma vie passée, la lumière jaillit d'en haut dans mon coeur.. et l'Esprit me transforma en homme nouveau par une seconde naissance. Alors d'un coup, d'une manière miraculeuse, la certitude remplaça le doute, les mystères furent révélés, et la ténèbre devint lumière.. Alors il fut possible de reconnaître que ce qui était né de la chair et avait vécut dans le péché était terrestre, mais que ce que l'Esprit Saint avait vivifié devenait de Dieu.. En Dieu et de Dieu vient toute notre force.. A travers Lui, pendant que nous vivons sur terre, nous voyons l'ébauche de la future béatitude."

Deux ans après son Baptême, le saint fut ordonné à la prêtrise. Quand l'évêque Donat de Carthage mourût, saint Cyprien fut unanimement choisit comme évêque. Il donna son consentement, obéissant en cela à la demande de son père spirituel, et fut consacré évêque de Carthage en 248.

Le saint se préoccupa d'abord des intérêts de l'Église et avec l'éradication des vices dans le clergé et chez les fidèles. La sainteté de vie de leur archipasteur fut une invitation pour chacun à imiter sa piété, son humilité et sa sagesse. Les activités fructueuses de saint Cyprien furent connues hors des limites de son diocèse. Des évêques d'autres sièges se tournèrent régulièrement vers lui pour des conseils sur comment traiter différents problèmes.

Dans une vision, la persécution de l'empereur Dèce (249-251) lui fut révélée à l'avance, le forçant à se cacher. Sa vie était nécessaire à son troupeau pour renforcer la Foi et le courage au coeur des persécutions. Avant de quitter son diocèse, le saint distribua les fonds d'église parmi le clergé pour l'aide aux nécessiteux, et par la suite il envoya d'autres fonds.

Il garda une relation permanente avec les Chrétiens de Carthage à travers ses épîtres, et il écrivit des lettres aux prêtres, confesseurs et martyrs. Certains Chrétiens, brisés par les tortures, offrirent des sacrifices aux divinités païennes. Ces Chrétiens "lapsi" firent appel aux Confesseurs (= Chrétiens ayant souffert les tortures sans plier), leur demandant de leur donner une lettre de réconciliation, c'est à dire un certificat les réadmettant dans l'Église. Saint Cyprien écrivit une lettre encyclique à tous les Chrétiens Carthaginois, stipulant que ceux qui avaient chuté durant la persécution pourraient être réadmis dans l'Église, mais qu'auparavant il faudrait enquêter sur les circonstances dans lesquelles ils avaient chuté. Ceci était nécessaire pour déterminer la sincérité de la contrition du lapsi. Leur réadmission n'était de plus possible qu'après pénitence, et avec autorisation de l'évêque. Certains des lapsis demandèrent avec insistance leur réadmission immédiate dans le sein de l'Église et causèrent des troubles dans toute la communauté. Saint Cyprien écrivit aux évêques des autres diocèses pour demander leur opinion, et de tous il reçut pleine approbation pour ses directives.

Durant son absence, le saint autorisa un collège de 4 prêtres à examiner la vie des personnes se préparant à l'ordination presbytérale et au diaconat. Ce qui provoqua la résistance du laïc Felicissimus et du prêtre Novatius, suscitant de l'indignation contre leur évêque. Saint Cyprien excommunia Felicissimus et 6 de ses disciples. Dans sa lettre aux fidèles, le saint conseilla fortement et de manière très touchante à ne pas se séparer de l'unité de l'Église, de rester obéissants aux recommandations et justes décisions de leur évêque et d'attendre son retour. Cette lettre fit que la majorité des Chrétiens Carthaginois demeura fidèle à l'Église.

Peu de temps après, saint Cyprien put rejoindre son troupeau. L'insubordination de Felicissimus trouva son terme lors d'un Concile local en 251. Ce Concile décréta qu'il était possible de recevoir les Lapsis à nouveau au sein de l'Église après pénitence, et confirma l'excommunication de Felicissimus.

A cette époque, un nouveau schisme éclata, dirigé par le prêtre romain Novatien, rejoint par le prêtre Carthaginois Novatus, qui avait précédemment suivit Felicissimus. Novatien affirma que ceux qui avait chuté durant les persécutions ne pouvaient pas être réadmis, même s'ils s'étaient repentis de leur péché. De plus, à l'époque du juste évêque de Rome Célérin, Novatien, aidé de Novatus, parvint à convaincre 3 évêques d'Italie à placer un autre évêque sur le siège de l'évêque de Rome. Contre une telle iniquité, saint Cyprien rédigea une série de lettres encycliques aux évêques d'Afrique, et plus tard rédigea un livre, "SUR L'UNITE DE L'ÉGLISE".

Quand la discorde au sein de l'Église de Carthage commença à s'apaiser, une nouvelle calamité s'abattit : une peste abominable éclata. Des centaines de gens fuirent hors de la ville, abandonnant les malades sans aide, et les morts sans sépulture. Saint Cyprien, démontrant sa fermeté et son courage, s'occupa des malades et enterra lui-même les morts, pas seulement les Chrétiens mais aussi les païens. La peste fut de plus accompagnée d'une sécheresse et d'une famine. Une horde de barbares Numides, profitant de cette catastrophe, se jetèrent sur les habitants, les emmenant en captivité. Saint Cyprien exhorta nombre de riches Carthagineois à lui offrir les moyens de nourrir les affamés et racheter les captifs.

Quand éclata une nouvelle persécution contre les Chrétiens, sous l'empereur Valérien (253-259), le proconsul Carthagineois Paterne ordonna au saint d'offrir le sacrifice aux idoles. Il refusa fermement. Il refusa aussi de donner les noms et adresses des presbytres de l'Église de Carthage. Alors ils envoyèrent le saint à la ville de Curubis et le diacre Pontus suivit volontairement son évêque dans l'exil.

Le jour de son arrivée à son lieu d'exil, le saint fut gratifié d'une vision, lui annonçant une rapide fin en martyr. Pendant l'exil, saint Cyprien rédigea nombre de lettres et de livres. Désirant souffrir à Carthage, il y retourna. Amené devant la cour, il fut laissé en liberté surveillée jusqu'à l'année suivante. Presque tous les Chrétiens de Carthage vinrent prendre congé de leur évêque et recevoir sa bénédiction.

Lors du procès, saint Cyprien refusa calmement et fermement d'offrir le sacrifice aux idoles et fut condamné à la décapitation par l'épée. Entendant la sentence, saint Cyprien s'écria : "Grâces soient rendues à Dieu!" Tout le peuple cria d'une voix : "laissez-nous aussi être décapités avec lui!"

Arrivant au lieu d'exécution, le saint donna sa bénédiction à tous et s'arrangea pour donner 25 pièces d'or au bourreau. Puis il tint un mouchoir devant ses yeux, et donna ses mains à lier au prêtre et à l'archidiacre se tenant près de lui et abaissa sa tête. Les Chrétiens placèrent des tissus et des draps en face de lui pour récolter le sang du martyr. Saint Cyprien fut exécuté en 258. Le corps du saint fut emporté de nuit et enseveli dans une crypte privée du procurateur Macrobius Candidianus.

Certains disent que ses reliques furent transférées en France à l'époque de Charlemagne (771-814).

Saint Cyprien de Carthage laissa à l'Église un précieux héritage : ses écrits et 80 lettres. Les oeuvres de saint Cyprien furent acceptées par l'Église comme un modèle de confession Orthodoxe et lus à 2 Conciles Oecuméniques (Ephèse et Chalcédoine).

Dans les écrits de saint Cyprien, l'enseignement Orthodoxe à propos de l'Église est précisé : Elle est fondée sur le Seigneur Jésus-Christ, et fut proclamée et bâtie par les Apôtres. L'unité interne est exprimée dans une unité de Foi et d'amour, et l'unité externe est manifestée par la hiérarchie et les Sacrements de l'Église.

Dans l'Église du Christ se trouve la plénitude de la vie et du Salut. Ceux qui se sont séparés d'eux-mêmes de l'unité de l'Église n'ont pas la vraie vie en eux. L'amour Chrétien est montré comme étant le lien qui tient l'Église ensemble. "L'amour est le fondement de toutes les vertus, et il continue avec nous éternellement dans le Royaume Céleste."

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icone Orthodoxe de saint Cyprien de Carthage


En traduction française sur le site du hiéromoine Cassien, ce texte capital de saint Cyprien de Carthage, sur l'Unité de la véritable Église Catholique :
http://www.orthodoxievco.fr/ecrits/peres/cyprien/unite.htm

Prologue d'Ochrid : hymne de louange - saint évêque-martyr Cyprien de Carthage (+ 258)
Ornement de l'Église, fierté de Carthage,
Avant et après la mort, l'évêque Cyprien,
En paroles et en actes, instruisit le fidèle,
Louant particulièrement les purs et les chastes :
La chasteté, disait-il, est la sainteté des organes,
Libérant des chaînes des passions
Et source de la pureté, ornement de la moralité.
La dignité du corps et le cordon de la modestie,
La paix de la maison, la chasteté est la couronne de l'harmonie,
La chasteté est silence, absence d'anxiété.
Quand du corps, l'esprit de l'homme se retire,
Et entre dans son propre royaume,
Et de ce monde intérieur, perçoit la luxure,
Alors sur le corps il agit, ne lui permettant plus
Les passions malsaines, les désirs insensés,
Étant privé des passions et vide de luxure,
Luxure pour nous, une femme aguichante n'attire pas
Mais montre une âme impure et son plein de péché.
O liberté en or, des désirs de la vanité,
Précieux trésor rien que pour le saint!
Chasteté est liberté, chasteté est silence,
Du Fils de Dieu, tous deux sont donnés.
O Fils de Dieu! O Bon Dieu!
Accorde-nous la gloire de la chasteté et la liberté!
Amen!

Saint Nicolas Velimirovitch, évêque d'Ochrid, Serbie (+ 05 mars 1958)