"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

29 novembre 2008

Le Carême de la Nativité du Christ (p. Hopko / Winter Pascha)

Les Chrétiens Orthodoxes de rite occidental l'ont entamé le 11 novembre, en la saint Martin de Tours; ceux de rite oriental l'ont entamé le 15 novembre (en fait, le 14 au soir). Mais l'ascèse est la même. Le p. Hopko explique le commencement et le but de ce Carême, qui est moins strict que celui de Pâques. Avec cet article-ci s'achève la traduction du livre "The Winter Pascha," écrit par le protopresbytre Thomas Hopko, doyen du Séminaire Saint-Vladimir (usa). La traduction est intégralement sur ce blog-ci, voir menu de gauche "archives semestrielles" et choisir en fonction de la fête / date.
jm


Le Carême de la Nativité
et la fête du saint Apôtre Philippe

http://groups.google.be/group/alt.religion.christian.east-orthodox/msg/d5c21d80381c979c


Dans l'Église (Orthodoxe), la période de Noël –> Sainte Rencontre (Épiphanie) commence par une période de jeûne de 40 jours qui commence en la fête du "saint et hautement loué Apôtre Philippe." C'est pour cela que le Carême de Noël est parfois appelé le "jeûne de Philippe" (1).
Bien que la coïncidence entre la fête de l'Apôtre Philippe et le début du jeûne de la Nativité soit accidentelle, humainement parlant, les yeux de la Foi peuvent voir en cela une certaine providence de Dieu.
Selon l'Évangile de saint Jean, Philippe est un des premiers Apôtres appelés par Jésus. Le lendemain de l'appel d'André et d'un autre des disciples de saint Jean le Baptiste, qui, puisqu'il n'est pas nommé, est selon toute probabilité l'Apôtre Jean lui-même, Philippe se voit appeler par le Seigneur. Comme André qui, une fois appelé, partit chercher son frère Simon Pierre, Philippe part et appelle son ami Nathanaël. Le récit nous est rapporté ainsi dans l'Évangile : "Le lendemain, Jésus avait l'intention de Se rendre en Galilée. Il rencontre Philippe et lui dit: 'Suis-Moi.' Philippe était de Bethsaïde, la ville
d'André et de Pierre. Philippe rencontre Nathanaël et lui dit: 'Nous avons trouvé Celui dont Moïse a parlé dans la Loi, et qu'ont annoncé les prophètes: c'est Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth.' Nathanaël lui répondit: 'Peut-il sortir de Nazareth quelque chose de bon?' Philippe lui répondit: 'Viens voir.' Jésus, voyant Nathanaël venir à Lui, dit: 'Voici un véritable Israélite, en qui il n'y a point de tromperie.' 'Nathanaël Lui dit: 'D'où me connais-Tu?' - 'Avant que Philippe t'appelât, répondit Jésus, quand tu étais sous le figuier, Je t'ai vu.' Nathanaël reprit: 'Maître, Tu es le Fils de Dieu, Tu es le roi d'Israël.' Jésus lui répondit: 'Parce que Je t'ai dit que Je t'avais vu sous le figuier, tu crois! Tu verras de plus grandes choses encore.' Et Il ajouta: 'En vérité, en vérité Je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert, et les Anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'Homme" (Jn 1,43-51).
Le récit est typique de l'Évangile de saint Jean. Les gens rencontre d'abord l'homme "Jésus de Nazareth, fils de Joseph." Ils Le rencontrent comme homme, comme "celui dont Moïse a parlé dans la Loi, ainsi que les prophètes." Ensuite, ils approfondissent.
Ce qu'ils en viennent à voir, c'est que cet homme n'est pas simplement le prophète et maître promis; Il est l'Oint, le Christ, le Messie, le Roi d'Israël. Il est le Fils de Dieu. Oui, Il est Dieu Lui-même sous forme humaine. Le schéma utilisé par saint Jean dans son Évangile est toujours le même. Nous le voyons dans les récits du paralytique à la piscine, avec la Samaritaine au puits, avec le garçon aveugle-né, les retrouvailles de Marie et Marthe avec Jésus à la tombe de Lazare. La séquence des événements est identique. C'est une séquence nécessaire, non seulement historiquement, mais aussi spirituellement et mystiquement. Nous devons d'abord voir arriver l'homme Jésus. Nous devons apprendre à Le connaître comme un véritable être humain, bien concret, un Juif, un rabbin, un prophète. Nous devons Le voir comme l'enfant de Marie, le fils du charpentier, le Nazoréen. Puis ensuite, dans cette rencontre, lorsque nos yeux sont ouverts et que nos coeurs sont purs, alors nous pouvons en venir à voir "de plus grandes choses encore."
Nous pouvons en arriver à Le connaître non pas comme un simple enseignant, mais comme l'Enseignant, le Docteur; non pas simplement comme un prophète, mais Le Prophète. Nous pouvons en arriver à Le connaître non pas simplement comme le fils d'homme, mais comme le Fils de l'Homme prédit par le prophète Daniel (2). Nous pouvons en venir à Le voir non pas simplement comme un fils de Dieu, mais comme le Fils de Dieu, engendré par le Père avant tous les siècles (3). Nous pouvons en venir à Le reconnaître comme étant le Verbe de Dieu incarné, comme l'Image de Dieu sous une forme humaine (4). Et pour finir, nous pouvons en venir à Le voir comme étant Dieu Lui-même; non pas le Père, mais le Fils du Père, divin, partageant la divinité même du Père, envoyé au monde pour son Salut (5).
La première étape sur le chemin de la Pâques d'Hiver, c'est la rencontre avec l'homme Jésus. Nous sommes invités avec Philippe et les disciples : "venez et voyez." Si nous voulons venir et nous voulons voir, alors ça se fera. Comme les premiers disciples, nous verrons "des choses plus grandes encore" que ce que nous avions attendu. Nous verrons "le ciel s'ouvrir et les Anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l'Homme." Nous verrons Jésus comme notre Maître, et nous Lui crierons : "Rabbi, Tu es le Fils de Dieu! Tu es le Roi d'Israël!" Et nous en viendrons à Le connaître comme Celui et ce qu'Il est vraiment. Mais pour cela, nous devons d'abord venir. Car si nous décidons de ne pas venir, alors nous ne verrons jamais.

Ô Philippe, toi qui a vu Dieu,
Sous l'inspiration divine et l'instruction du Saint Esprit,
Tu as fait résonner au loin le céleste Évangile du Sauveur,
Et l'a proclamé au monde avec une voix de feu.
Tu a brûlé toute fausseté comme de l'herbe sèche brûle et n'est plus que cendres.
Et dans tout l'univers, tu as prêché l'Évangile du Seigneur Christ Qui est le Maître de tout.
Comme Moïse dans l'ancien Testament,
Tu fus instruit par une divine progression;
Désirant voir Dieu spirituellement,
Tu vis Son Image.
Tu reçus le Fils comme Connaissance et Témoignage du Père,
Car Ils sont connus pour être Un, l'Unité que tous adorent:
Un Royaume, à qui Puissance, Gloire et Adoration.
O nouvelle merveille,
Plus grande que toutes les anciennes merveilles,
Car qui a pu un jour connaître une mère n'ayant pas eu d'époux
Et cependant donnant naissance à un Enfant
Et portant en ses bras Celui qui tient toute la Création?
Cet Enfant est la bonne volonté de Dieu!
L'ayant porté en tes bras alors qu'Il était un enfant, Ô Toute Pure,
Et ayant l'audace d'une mère devant Lui,
Intercède toujours auprès de Lui pour ceux qui te vénèrent,
Afin que nos âmes puissent recevoir abondante miséricorde et être sauvées!
(6)

(Extrait de "The Winter Pascha" par le protopresbytre Thomas Hopko, SVS Press, 1984, pp. 12-15)

1. La fête de l'Apôtre Philippe est célébrée le 14 novembre. L'Église Orthodoxe [dans son rite oriental; ndt] n'utilise traditionnellement pas le terme "Avent" pour le Carême de Noël. Cependant, le terme est excellent, appartenant à la tradition de l'Église [orthodoxe] en Occident. Il signifie simplement "Venue."
2. Matines de la Fête
3. cfr Héb. 1; Jn 1,17-18.
4. cfr Jn 1,1-18; Phil 2,6-11; Col 1,15-20; Héb 1,1-3. Les traductions modernes ne rendent pas souvent de manière exacte les termes utilisés dans le texte canonique grec.
5. cfr Jn 1,1, 20,18; Phil 2,6; Heb 1,8. C'est ce qui est développé théologiquement et affirmé avec force dans le Crédo Nicéen.
6. Vêpres de la fête de l'Apôtre Philippe


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28 novembre 2008

20.000 musulmans attaquent une église au Caire (AINA 26/11/08)

On entendait la foule hurler 'Allahu Akbar!' (Allah est le plus grand).



Une partie de la foule d'émeutiers musulmans qui a attaqué une église copte au Caire.

Les forces de sécurité égyptiennes en tenue anti-émeute à la sortie de l'église, au Caire.


20.000 musulmans attaquent une église au Caire
Assyrian International News Agency
http://www.aina.org/news/20081126035704.htm

Posté GMT 26-11-2008 9:57:4

Un millier de Chrétiens se sont retrouvés aujourd'hui coincés dans l'église orthodoxe-copte de la Vierge Marie à Ain Shams ouest, Caire (Égypte), après que plus de 20.000 musulmans les aient attaqués avec des pierres et des bonbonnes de gaz butane. Le prêtre de l'église, père Antonious, a dit que la situation était terriblement périlleuse.

La foule musulmane qui a attaqué l'église a bloqué les 2 sorties de la rue et encerclé le bâtiment de l'église, brisant ses portes et démolissant tout son premier étage. La foule chantait des versets de Jihad de même que des slogans hurlant "nous démoliront l'église" et "nous te sacrifions notre sang et nos âmes, nous nous sacrifions pour toi, islam," pendant que les chrétiens enfermés chantaient "Seigneur prend pitié."

L'émeute a commencé à l'occasion de l'inauguration de l'église ce jour, lorsque les musulmans ont installé en hâte une mosquée tôt le matin, en s'emparant du premier étage d'un bâtiment nouvellement construit en face de l'église et ont commencé à y prier.

Lorsque les forces de sécurité ont tenté de disperser les émeutiers, ils se sont dirigés vers les proches maisons et magasins de chrétiens, et ils étaient armés de bâtons, de bonbonnes de gaz, de poignards et autres objets contondants. Des témoins rapportent qu'il y avait même des enfants dans la foule, qui allait de jeunes de 8 ans à des vieux de 50 ans, y compris des femmes.

A l'origine, le bâtiment de l'église était une usine, il a été adapté pour son état présent, un travail qui a pris 5 ans pour être achevé et recevoir les autorisation nécessaires des autorités pour y installer une église.

Les organisations de droits de l'homme et les avocats se sont vus refuser l'accès à l'église assiégée.

video



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photos & films republiées ici :
http://www.assistnews.net/Stories/2008/s08110156.htm

L'agence de presse néérlandaise Elsevier nous apprend que cette semaine, de jeunes musulmans marocains ont attaqué au cocktail molotov une église hétérodoxe aux Pays Bas. Religion de paix et d'amour...

Oecuménisme concret : "Les musulmans ont fait "revenir Dieu" dans les sociétés européennes, a affirmé le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Les propos du haut prélat, qui a invité les croyants à "courir le risque" du dialogue interreligieux, ont été publiés dans L'Osservatore Romano du 27 novembre.
"Comment Dieu a-t-il fait pour revenir dans nos sociétés? C'est pour moi le grand paradoxe: grâce aux musulmans!", a ainsi lancé le cardinal Tauran lors de l'ouverture de l'année académique de la Faculté pontificale de théologie de l'Italie méridionale, à Naples. "Ce sont les musulmans qui, en Europe, en tant que minorité significative, ont demandé de l'espace pour Dieu dans la société", s'est félicité le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
[..]"
http://www.catho.be/index.php?id=155&id_news=959
et on est prié de se sentir en communion de foi avec ces gens du vatican. Désolé, ici on est Chrétiens, comme nos Pères et Mères de cette Belgique qui était Orthodoxe avant que la soldatesque vaticane n'arrache notre pays aux mains du Christ. On n'a rien en commun avec ces gens-là.



L'Égypte a été arrachée à la main de Dieu
et livrée aux mains de satan.
On voit le résultat ci-dessus.
Al Messiah Quam!

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Saint hiéromartyr Seraphim (Chichagov, + 1937) & son père spirituel saint Jean de Cronstadt


Saint Nicholas Russian Orthodox Church, Dallas Texas
Néo-martyrs & confesseurs Russes :
Hiéromartyr Théodore, Archevêque de Volokolamsk et compagnons
http://www.orthodox.net/russiannm/
[...]
L'évêque Gervasius poursuit : "L'archevêque Théodore vivait à cette époque, et c'était bien connu, au monastère Danilov, qui était la résidence d'évêques extrêmement conservateurs et ardents de l'école du métropolite Antoine (Khrapovitsky), évêque Pacôme et d'autres. Parmi les visiteurs habituels du monastère, on trouvait l'archevêque Seraphim (Samoilovich) d'Uglich [futur hiéromartyr], l'archevêque Gury (Stepanov) et le métropolite Seraphim (Chichagov)... L'archevêque Théodore critiquait vivement l'évêque Hilarion, et il me dit que ce dernier détruirait le patriarche Tikhon et l'Église, et que le patriarche était le salut. S'il n'y avait pas le patriarche Tikhon, alors les autorités aboliraient complètement le patriarcat, et sans le patriarcat, ce serait un désastre pour l'Église..."
Bien que le patriarche appelait les "Danilovites" avec humour "le Synode clandestin," il continuait d'exprimer sa chaleureuse appréciation pour leur position. C'est ainsi qu'en octobre 1923, il offrit à vladyka Theodore le siège de Petrograd, avec élévation au rang d'archevêque. Cependant, vladyka Theodore déclina cette offre, préférant rester au sein du diocèse de Moscou. Le patriarche montra encore d'une autre manière son appréciation de vladyka. Il écrivit ses dernières volontés, les plaça dans une enveloppe et écrit dessus : "si je devais mourir ou être longuement emprisonné, je demande que cette enveloppe soit remise au supérieur du monastère Danilov, l'archevêque Theodore (Pozdeyevsky) aussitôt qu'il la demandera." Cela montrait aussi que vladyka connaissait l'existence de ces dernières volontés. Cette enveloppe existe encore.

Lorsque l'Église de Russie accepta brièvement le calendrier rénové, l'archevêque Théodore rompit immédiatement la communion avec le patriarche, déclarant que le nouveau calendrier était non-canonique. C'est ainsi que lorsque les frères du monastère servaient avec le patriarche, vladyka leur envoyait des pénitences depuis sa prison, et les frères servant accomplissaient nombre de prosternations devant le reliquaire de saint Daniel de Moscou. Mais lorsque 8 mois plus tard l'Église revint à l'ancien calendrier, une réconciliation eu lieu, et le patriarche donna à vladyka des vêtements liturgiques en signe de leur unité. Le patriarche considérait que la fraternité monastique Danilov était non pas simplement une opposition, mais "mon Synode," et lorsque des questions importantes pour la vie de l'Église surgissaient, il consultait l'archevêque Theodore. Il disait de la fraternité Danilov qu'ils étaient plus tikhonites que le patriarche Tikhon lui-même.

A partir de l'automne de 1923, le rénovationisme commença à fortement décliner. Et lorsque le patriarche Tikhon vint au monastère Danilov le 30 Août / 12 Septembre 1924, pour célébrer la fête du saint prince Daniel de Moscou pour la dernière fois avant son martyre l'année suivante, la liste des évêques qui étaient invités à concélébrer avec lui par l'archevêque Théodore ressemblait à la liste de tous les principaux évêques confessants, qui étaient encore en liberté à cette époque-là : métropolite Pierre (Polyansky) de Krutitsa, métropolite Seraphim (Chichagov) de Leningrad, archevêque Procopius (Titov) d'Odessa et de Chersonese, évêque Hilarion (Troitsky), vicaire du diocèse de Moscou, évêque Valerian (Rudich) de Smolensk, évêque Parthenius (Bryanskikh) d'Ananyev, vicaire du diocèse d'Odessa, évêque Damascene (Tsedrik) de Glukhov, vicaire du diocèse de Chernigov, évêque Ignatius (Sadkovsky) de Belev, vicaire du diocèse de Tula, évêque Ambroise (Polyansky) de Vinnitsa, et d'autres évêques.
La force grandissante de l'Église, affinée par les persécutions, est indiquée par les paroles d'E. Lopeshanskaya: "L'Église était occupée à devenir un Etat dans l'Etat... Le prestige et l'autorité du clergé emprisonné et persécuté étaient infiniment plus élevés que sous les Tsars." Seule la trahison d'une partie du premier hiérarque pouvait menacer l'Église - et encore, uniquement si le reste de l'Église aurait continué à reconnaître son autorité...



Archevêque Seraphim (Chichagov) (1853–1937)
>http://www.blackwellreference.com/public/tocnode?id=g9780631232032_chunk_g978063123203223_ss1-8

Auteur russe et néo-martyr. Éminent aristocrate, Seraphim servit dans l'armée durant la guerre 1877-8 contre la Turquie. Il fut promut colonel dans l'artillerie et se vit confier l'organisation des soins médicaux et autres oeuvres de charité pour vétérans, orphelins de guerre et familles de soldats. Influencé par saint Jean de Cronstadt (+ 1908), Seraphim emmena sa famille à Moscou en 1891, et il fut ordonné. Après son veuvage en 1895, il rentra au monastère de la Sainte Trinité mais continua à écrire. Seraphim fut responsable de superviser les cérémonies pour marquer la canonisation de saint Seraphim de Sarov en 1903. Il fut consacré évêque en 1905, transféré à Kishinev en 1908, et devint archevêque de Tver en 1912. En 1918, il fut élu métropolite de Varsovie, mais les autorités polonaises lui refusèrent l'entrée en Pologne. Arrêté une première fois en 1922, il ne fut relâché qu'en 1927, lorsqu'il exprima son soutien au métropolite Serge (Starogorodskii, + 1944). Entre 1928et 1933, Seraphim fut métropolite de Leningrad; il fut à nouveau arrêté et exécuté durant les purges. Seraphim est commémoré le 28 novembre / 11 décembre.
(1989), Seraphim Chichagov , Journal of the Moscow Patriarchate


Les primats des Églises Orthodoxes de Russie et de Grèce concélèbrent la Divine Liturgie à Butovo (15/05/2001)
http://www.mospat.ru/archive/ne105121.htm

Le 12 mai 2001, sa sainteté le patriarche Alexis II de Moscou et sa béatitude l'archevêque Chrystodoulos d'Athènes ont concélébré la Divine Liturgie et un Office de commémoration (Litie) à Butovo, où nombre d'archipasteurs, pasteurs et fidèles de l'Église Orthodoxe de Russie ont été fusillés pour leur Foi en Christ pendant les années de la persécution en Russie. [..]
Le prêtre Kirill Kaleda, recteur de l'église dédiée aux Néo-martyrs et confesseurs à Butovo, a présenté au primat de l'Église de Grèce une Icône du saint néo-martyr Seraphim (Chichagov), qui fut abattu ici."


Pâques offre la résurrection après la terreur stalinienne
Par Andrei Zolotov Jr.
Moscow Times / 18 Avril 1998
http://www.stetson.edu/~psteeves/relnews/butovo1804.html
[..] L'an dernier, l'Église Orthodoxe de Russie a canonisé un des clercs qui a été enterré ici, le métropolite Seraphim Chichagov, de Saint-Petersbourg.
Le p. Kaleda a expliqué à ENI que lorsque la communauté Orthodoxe locale a demandé un lopin de terre pour y construire une petite chapelle, contre toute attente, le gouvernement local a transferré la propriété de tout l'ancien cimetière de masse à l'église.
En parcourant les nombreux dossiers de ceux tués ici, Kaleda découvrit un fil conducteur dans les témoignages des prêtres et laïcs. Répondant à la question obligatoire sur leur attitude envers les autorités soviétiques, la plupart d'entre eux disaient – d'une manière ou d'une autre – qu'ils étaient loyaux envers l'État, mais que comme Chrétiens Orthodoxes, ils considéraient le gouvernement socialiste soviétique comme "temporaire," et qu'ils n'étaient pas d'accord avec la politique du gouvernement au sujet de l'Église.
De telles remarques étaient suffisantes pour que le NKVD les accuse de conspiration anti-soviétique et les condamne à mort. Plusieurs de ces morts ont été canonisés au cours des récentes années, comme le métropolite Seraphim Chichagov. Tous les diocèses de l'Église Orthodoxe de Russie font des recherches sur les décès des évêques, prêtres, moines, moniales et laïcs morts localement pendant les années 1920 et 1930, quand les Chrétiens étaient gravement persécutés.
[..]

"Un après l'autre, les hiérarques furent tués, couronnant leurs actes de confesseurs-martyrs en versant leur sang pour le Christ. Le 11 décembre 1937, sur le terrain d'entraînement de Butovo près de Moscou, le métropolite Seraphim (Chichagov) fut fusillé."
source pravoslavie.ru


Diverses Icônes des saints néo-martyrs de Russie :
http://days.pravoslavie.ru/Images/ii6613&23.htm


Homélie pour le 14ème jour après le décès du père Jean de Cronstadt, par le néo-martyr le métropolite Seraphim Chichagov, qui fut 30 ans durant un fils spirituel du pasteur de toute la Russie.
http://www.orthodoxphotos.com/Holy_Fathers/St._John_of_Kronstadt/index.shtml

Père Jean avait le plus grand des dons de prière. C'était sa caractéristique distinctive. Il croyait profondément de tout son coeur en la grâce, donné à lui en tant que prêtre par Dieu, de prier pour le peuple de Dieu, et que le Seigneur était aussi proche du fidèle Chrétien que son propre corps et coeur, car notre corps est le temple du Saint Esprit Qui vit en nous, nous Le recevons de Dieu (1 Co 6,19). Il croyait en la prière, que comme l'ombre suit le corps, l'action suit aussi la parole, dans la mesure où avec le Seigneur, parole et acte ne sont pas séparés, et, ne se permettant pas le moindre doute quant à l'exaucement de ses demandes par Dieu, il demandait simplement, complètement, sincèrement, comme un enfant, avec une Foi vivante et clairvoyante dans le Seigneur, se Le représentant comme pas seulement présent devant lui, mais comme si lui-même était en Lui, avec une telle proximité. Il considérait le doute comme un blasphème contre Dieu, comme un mensonge d'un coeur impertinent, et disait : "cela ne suffit donc pas que nous voyons l'impuissance en l'homme, pour que nous voulions voir de l'impuissance en Dieu Lui-même aussi, et que dès lors nous pensons secrètement que Dieu n'exaucera pas notre demande?"

Lorsque père Jean priait, il essayait en général de prier plus pour les fidèles que pour lui-même, ne se séparant pas des fidèles, et étant spirituellement uni à eux. S'il voyait des manquements en quelqu'un, ou une passion, il priait secrètement pour lui, peu importe où il se trouvait : pendant qu'il célébrait la Liturgie, quand il était en chemin quelque part, ou en conversation. Lorsqu'il était en rue et y voyait quelqu'un se comportant mal, aussitôt il élevait sa profonde prière au Seigneur et disait : "Ô Seigneur, illumine l'esprit et le coeur de Ton serviteur que voilà; purifie-le de toute souillure!" - ou avec d'autres paroles tirées de Psaumes si elles étaient plus appropriées pour la personne concernée. Il ne laissait pas passer la moindre occasion de prier pour quelqu'un à la demande d'un autre. Il se réjouissait de telles demandes, considérant que la prière pour les autres est aussi bonne pour lui-même, parce qu'elle purifie le coeur, confirme la Foi et l'espérance en Dieu, attisant l'amour pour le Christ et pour le prochain. Père Jean priait selon la foi de ceux qui demandaient dans sa prière, et ne s'attribuait jamais rien. S'il avait à quelqu'un dans l'erreur ou à réconforter quelqu'un tombé en désespérance, à la fin de la conversation, immanquablement il invitait la personne à prier ensemble, réalisant vraiment qu'on ne savait pas corriger les manquements d'autrui par des paroles seulement, mais qu'il fallait obtenir l'aide et la puissance de Dieu par la prière.

Une caractéristique de l'exploit de prière du père Jean, c'est bien dans le fait que lui, avec sa distraction peu commune, veillait sur la vigueur de sa prière, et il s'arrêtait aussi pour un moment s'il réalisait que la prière ne devenait plus qu'extérieure, comme mécanique. Il s'exerçait en veillant sur les mouvements de son coeur en prière, et ainsi confirme la caractéristique de son esprit dont j'ai parlé au début. Considérant que la prière qui n'est que mentale ou superficielle était un affront à Dieu, Qui appelle l'humanité à Lui par les paroles : "Mon fils, donne-moi ton coeur" (Prov. 23,26), le père Jean enseignait qu'il est bon d'obéir en toutes choses à notre Mère l'Église, de lire les longues prières prévues par le Typikon et les Acathistes; mais qu'il fallait faire cela avec du bon sens, et que celui qui pouvait s'accommoder de longues prières le fasse; mais si cette longueur était incompatible avec la ferveur de l'esprit, alors il valait mieux faire une courte prière, car comme le saint Apôtre le dit, "le Royaume de Dieu n'est pas dans la parole mais en puissance" (1 Co 4,20). "Alors que nous prions, nous devrions nous saisir à fond de notre coeur et le tourner vers le Seigneur, mais ne jamais permettre ne fut-ce qu'une exclamation vers Dieu qui ne vienne du fond du coeur. Lorsque nous apprendrons durant la prière à ne dire du coeur que la vérité – celle que nous réalisons et sentons réellement – alors la prière sincère ou vraie purifiera notre coeur de toute fausseté, et nous ne nous permettrons plus de mentir non plus dans notre vie" (...)

Ce cher batiuskha Jean frappait et parfois choquait tout le monde par la profondeur de sa prière. D'après mes conversations avec lui, je ne peux que dépeindre son état de profonde prière. Il se tenait devant le Seigneur comme devant le soleil, et, sentant l'inexprimable radiance de la Lumière divine, il fermait les yeux, et manifestement, il ressentait tout son être comme irradié par les rayons de cette Lumière, et de ces rayons, il ressentait chaleur, joie et proximité avec le Christ Sauveur. Pendant la prière après la Communion aux saints Mystères, batiushka ressentait parfois comment Lui, après la Résurrection, passait à travers les murs de la maison des Apôtres, et puis il recevait la conscience que son âme invisible reposait dans le Dieu invisible.

Mais afin de comprendre la foi et l'esprit du père Jean, il était nécessaire de prier avec lui à l'Autel pendant la Liturgie. Au début, il commémorait avec diligence tous les vivants et les défunts à la Table d'oblation (proskomedia), priant avec des larmes pour tous, suppliant avec audace le Seigneur en faveur des affligés et des souffrants, puis parfois il s'éloignait, puis il revenait, et priait à nouveau, s'agenouillait, embrassait les patènes, et visiblement souffrait avec les personnes pour qui il priait. Lorsque la Liturgie commençait, il continuait encore à commémorer à la Table d'oblation, selon les innombrables papiers qui lui étaient lus, mais pour la lecture du saint Évangile, il revenait toujours à sa place et écoutait avec une profonde attention la Parole de Dieu, réfléchissant à chaque mot, hochant de la tête comme pour montrer son approbation de l'immuabilité et de la vérité de la Bonne Nouvelle. Lorsque les saints Dons étaient transférés sur l'Autel, le grand homme de prière commençait à se préparer pour la joyeuse rencontre avec le Seigneur, pensant dès lors déjà beaucoup plus pour ceux qui étaient présents dans l'église, concernant leur participation à la prière commune, et à la joie commune avec lui, et parfois il priait pour eux ainsi : "Ô Seigneur! Nombre de ceux qui sont là dans Ton église sont endormis dans leurs âmes, comme des vases vides, et ils ne savent pas comment faire pour prier; remplis à présent leurs coeurs en ce jour du Salut avec la grâce de Ton très Saint Esprit, et accorde-les moi, à ma prière, à mon amour, remplis de la connaissance de Ta bonté, et de contrition, et d'un coeur plein de componction; accorde-leur Ton Saint Esprit, Qui intercède pour eux par des gémissements ineffables!" (Rom. 8,26) (...)

En célébrant la Liturgie, l'inoubliable batiushka se trouvait lui-même dans la plus grande joie et béatitude. "Je suis éteint, je meurs spirituellement," disait-il, "quand je ne peux pas célébrer plusieurs jours d'affilée à l'église, et je revis, je revis d'âme et de coeur, quand je célèbre, me forçant à la prière – non pas formelle, mais réelle, spirituelle, sincère, une prière enflammée. J'aime prier dans l'église de Dieu, au saint Autel, à la table de l'Autel et à la table d'oblation, car dans l'église, je suis miraculeusement changé par la grâce de Dieu; durant la prière de repentance et de componction, les liens de la passion chutent de mon âme, et tout me devient si facile. C'est comme si je mourrais au monde, et le monde, avec toutes ses bonnes choses, meurt à moi. Je vis en Dieu et pour Dieu, pour le Dieu Un, et je suis entièrement pénétré de Lui, et je vis un en Lui. Je deviens comme un enfant, réconforté sur les genoux de sa mère; mon coeur est remplis d'une paix plus que céleste, douce, mon âme est illuminée par la Lumière divine. Vous voyez tout de manière radieuse, vous posez sur tout un regard correct; on ressent concorde et amour envers tous, envers les ennemis eux-mêmes, et bien vite vous les excusez et leur pardonnez! Ô, qu'elle est bienheureuse l'âme avec Dieu!

"L'Église est vraiment le paradis sur terre! Quelle audace nous avons envers le Seigneur et la Theotokos! Quelle douceur, quelle humilité, quelle bienveillance! Quelle impartialité envers ce qui est terrestre! Quel désir brûlant pour les délices célestes, si purs et éternels! La langue ne sait pas exprimer cette béatitude dont vous goûtez, ayant Dieu en votre coeur! Avec Lui, tout ce qui est terrestre n'est que poussière et décomposition."

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La prière pour l'humilité

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/11/20/praying-for-humility/

La prière
Pavel Ryzhenko


Toute personne humble est douce, et toute personne douce est invariablement humble. Une personne qui est humble sait que l'existence même lui est prêtée.
Saint Maxime le Confesseur

La repentance élève l'homme. Les larmes frappent à la porte du Ciel. La sainte humilité l'ouvre.
Saint Jean Climaque, l'Échelle Sainte

De même qu'on ne saurait construire un navire sans avoir les clous pour fixer les planches, ainsi il est impossible d'être sauvé sans l'humilité.
Amma Syncletica

Dans la prière, vous devez demander : "donne-moi la Foi. Donne-moi l'amour de Jésus. Donne-moi l'humilité." Toutes ces choses sont des dons. Dieu seul peut les accorder. Priez. Priez. Priez.
Gerontissa Makrina (+ 1995)

27 novembre 2008

Acariâtre? Invoquez saint Achaire, évêque de Tournai-Noyon! (+ 639)

Saint Achaire, évêque de Tournai et Noyon (latin: Acharius) est mort en 640. Il fut moine au monastère de Luxeuil durant l'abbatiat de saint Eustache (abbé dès 611), second abbé de cette célébrissime école des futurs saints prêtres et évêques d'Europe fondée par saint Columban. Ensuite en en 621 il devint évêque de Noyon-Tournai.
Saint Achaire favorisa le travail de l'évêque missionnaire saint Amand. Le roi Dagobert Ier lui confirma l'évêché de Thérouanne, fondé au siècle passé par saint Antimond, qui avait été envoyé par saint Rémi. Saint Achaire est le patron de la commune de Haspres. Voici sa vie.

Né en Bourgogne, Achaire quitta de bonne heure la noble famille dont il était issu, pour entrer dans le monastère de Luxeuil; là, il médita sur le néant des choses de ce monde, et se prépara à la haute mission que le Seigneur lui réservait. L'esprit de saint Colomban, qui avait fondé ce monastère, y était encore dans toute sa vigueur primitive, sous le sage gouvernement du bienheureux Eustaise / Eustache : la sainteté et la science y marchaient sur la même ligne. Achaire, mettant à profit les leçons qu'il recueillait de la bouche de ses maîtres, et les exemples de vertu qu'il avait sous les yeux, devint bientôt un moine accompli. Sa piété ne le cédait en rien à celle d'Omer, de Vaubert, et de ses autres condisciples, dont plusieurs furent dans la suite de grands évêques, d'éloquents prédicateurs, des chefs d'abbayes, la gloire de l'Église, les modèles et les soutiens des fidèles.
Rien n'était cher au saint comme la solitude de Luxeuil; il n'en sortait que pour aller exercer, au sein des populations voisines, un ministère de charité, de paix et de Salut. Dans son humilité, Achaire voulait vivre ignoré des hommes, et attendre dans le silence, la prière et l'ascèse, le grand jour de l'éternité; mais Dieu ne permit pas qu'une si brillante lumière restât cachée sous le boisseau : Il l'appela à éclairer l'Église de ses bienfaisantes oeuvres. Trahi par la réputation de ses vertus, Achaire fut élevé malgré lui à l'épiscopat, et placé à la tête du vaste diocèse de Noyon et de Tournai, dans ce nord des Gaules où tant de moines sortis de Luxeuil seront faits évêques pour refonder la Foi.
En même temps, comme si l'administration de 2 importantes Églises locales ne suffisait pas à son active sollicitude, le roi mérovingien Clotaire 2 l'appela dans ses conseils. Le bienheureux usa de l'influence que la sainteté de sa vie lui donnait sur l'esprit du roi et des grands, pour la prospérité de l'État, et surtout pour l'extension de la prédication du Royaume de Jésus-Christ. Ce divin Maître était encore ignoré dans plusieurs parties du diocèse de Tournai, où le démon avait réussi à maintenir le culte des idoles. Achaire, dans l'impossibilité de pourvoir par lui-même aux besoins spirituels d'un si nombreux troupeau, eut recours au zèle apostolique de saint Amand, que ses instances, unies à celles de saint Ouen et de saint Éloi, venaient de réconcilier avec Dagobert 1er : il le chargea donc d'aller évangéliser ces contrées. Tandis qu'Amand travaillait à dissiper les pratiques superstitieuses par le souffle de la parole évangélique, Achaire consacra tous ses soins au diocèse de Noyon. Il se fit humble et petit pour instruire et gagner au Sauveur les habitants des campagnes; il parut surtout au milieu des pauvres et des affligés, dont il se plaisait à soulager les nécessités et à calmer les souffrances ; les pécheurs ne l'entendaient jamais sans être émus, et il fut assez heureux pour en convertir un grand nombre. Mais il était aussi d'un caractère explosif, et certains pécheurs impénitents tremblaient à l'entendre.. Une vieille tradition culturelle locale affirme que c'est même de son nom que le terme acariâtre dériverait..
Considérant les monastères comme un refuge contre les dangers du monde, un asile pour la piété, la vertu et la science, un lieu de repentance où la prière et les saintes austérités convertissent vraiment, il en édifia plusieurs, tant par ses libéralités propres qu'avec les aumônes des fidèles.
La sollicitude d'Achaire pour ses ouailles ne le rendait pas étranger à la vie générale de l'Église; il siégea au concile tenu à Reims, en 630, avec Marin de Beauvais, Agomare de Senlis, et environ 40 autres évêques. Il travailla, de concert avec ses vénérés collègues, à déraciner les abus et les erreurs du temps, à restaurer la discipline, à faire disparaître la simonie, et à effacer les maux causés par les discordes civiles.
Achaire aimait à faire connaître à ses enfants les vertus, la gloire et la puissance des saints du Christ : comme, dans son diocèse, plusieurs miracles avaient éclaté au tombeau d'un humble serviteur de Dieu, appelé Momble, il fit solennellement lever de terre le corps du bienheureux qui avait été préservé de la corruption, et inscrivit son nom au catalogue des Saints. Par ces actes, et tant d'autres semblables, ayant comme préparé les voies à l'illustre saint Éloi qui devait lui succéder sur le siège de Tournai-Noyon, il termina sa carrière terrestre le 27 novembre de l'an 639, à l'âge de 70 ans, et alla recueillir au Ciel le prix de ses travaux. Il fut enseveli dans l'église de Saint-Pierre et Saint-Paul, appelée aujourd'hui Sainte-Godeberte, près de Noyon.

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Erreur hétérodoxe et germanique du 19ème siècle dans cette image des 14 "saints auxiliaires", intercesseurs bien connus de nos régions : saint Achaire (Acarius) se retrouve remplaçant saint Acace (Acacius) - voyez la différence d'une lettre en latin :
Hl. Vierzehn Nothelfer
Les 14 saints auxiliaires

Lithographie de 1890, par E. Mager / Donauwörth, Mönchengladbach, 250 x 182 mm
La liste des saints : Barbara (Barbe), Catherina (Catherine), Margaretha (Marguerite), Aegidius (Gilles), Dionysius (Denis), Eustachius (Eustache), Blasius (Blaise), Pantaleon (Panteleimon), Erasmus (Erasmos), Acharius (Achaire), Vitus (Vit), Christopherus (Christophe), Cyriacus (Cyriaque), Georgius (Georges).
source

Notons que les saints "auxiliaires" (Четырнадцать святых помощников) sont tous de l'époque Orthodoxe de l'Europe. Mais toujours pas de reconstitution des Icônes d'époque..

Tropaire de saint Achaire ton 3
Comme le Christ, en Sa sainte colère,
Expulsa les marchands du Temple de Dieu,
Tu t'élevas avec grande violence
Contre les vices et les péchés
Qui détournaient le peuple du droit chemin.
Et c'est pourquoi, en ce jour de ta fête,
Nous te chantons, Achaire, saint évêque :
Intercède auprès du Seigneur afin qu'Il sauve nos âmes.



saint Amand, le collaborateur d'évangélisation de saint Achaire


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L'Hymne de Communion de Bangor, par Saint Seachnall

Saint Seachnall de Dunshauglin, évêque
(Secundinus, Sechnall)
http://groups.yahoo.com/group/celt-saints/message/3254

Né vers 375; mort en 447. Sechnall fut envoyé de Gaule en Irlande vers 439, afin d'assister son oncle, saint Patrick. Il partit avec Auxilius et Iserninus. Il devint le premier évêque de Dunslaughlin dans le Meath, puis chorévêque d'Armagh. Il rédigea plusieurs hymnes, dont la célèbre hymne alphabétique "Audites, omnes amantes Deum" (plus ancienne hymne en latin connue qui ait été écrite en Irlande), écrite en l'honneur de saint Patrick, ainsi que le "Sancti, venite, Christi corpus sumite"

Tropaire de Saint Seachnall Ton 1
En ce jour nous te chantons, O hiérarque Seachnall,/
Toi qui par piété composa des louanges à notre père Patrick,/
Prie Dieu afin que nous puissions honorer nos saints avec une vraie piété./
Et louant cette glorieuse assemblée, nous puissions être dignes de leurs prières et de la grande Miséricorde du Christ notre Dieu.



Saint Sechnall, vitrail moderne hétérodoxe irlandais.
Oui, pas plus que pour saint Achaire et tant d'autres, l'Église n'a eu d'iconographe à refaire l'antique iconographie occidentale orthodoxe qui existait pour ces saints. Saint Arsène de Cappadoce disait pourtant qu'il n'y aurait pas de renaissance de la Foi ici tant que les saints Orthodoxes d'ici ne seraient pas convenablement honorés...

L'Hymne de Communion de Bangor
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"Approchez vous et recevez le Corps du Seigneur"
Sancti, venite, Christi Corpus sumite

Voici un hymne de Communion en latin, que l'on trouve dans l'Antiphonaire de Bangor du 7ième siècle (Antiphonarium Benchorense). Bangor est dans le Conté de Down, Irlande. C'est un des rares manuscrits liturgiques irlandais subsistant. Du monastère de Bangor, où il fut composé et écrit entre 680 et 691, il fut emporté à Bobbio, le fameux monastère fondé sur le sol d'Italie par le missionnaire Irlandais Colomban après qu'il ait été expulsé de Bourgogne par les puissances régnantes. Il fut publié pour la première fois par Muratori dans son Anecdota (1697-98), après qu'il l'eut découvert dans la Bibliothèque Ambrosienne à Milan [bibliothèque qui était le fruit des pillages vaticanesques]. Une vieille légende irlandaise donne sa version de la composition de ce chant : saint Patrick et son neveu Sechnall entendirent les Anges chanter cela pour la première fois durant l'Offertoire avant la Communion, et ajoute "Et depuis ce temps-là jusqu'à nos jours, cet hymne est chanté en Irlande quand le Corps du Christ est reçu".

Selon ce texte, Saint Patrick et Sechnall s'étaient vertement disputés, Sechnall accusant Patrick de prêcher trop peu la charité, et Patrick menaçant de passer sur Sechnall avec son char. Après s'être réconciliés dans le cimetière de leur église, soudain, ils entendirent des Anges à l'intérieur de l'église, chantant cet hymne. L'anglican John Mason Neale traduisit le texte latin en 1851 et le publia dans son recueil "Medieval Hymns" (hymnes médiévaux)

"Ymnum quando comonicarent sacerdotes"

Voici le texte :
Approchez-vous et recevez le Corps du Seigneur,
et buvez le Saint Sang répandu pour vous.

Sauvé par ce Corps et par ce très précieux Sang,
l'âme régénérée, nous rendons grâce à Dieu.

Le Donneur du Salut, Christ, le Fils Unique,
par Sa chère Croix et le Sang, remporta la victoire.

Il fut offert, pour les plus grands comme pour les plus humbles,
étant Lui-même la Victime, et Lui-même le Prêtre.

Les victimes étaient offertes par la Loi d'antan,
prototype annonçant ce Céleste Mystère.

Lui, la Rançon de la mort, et Lumière de l'ombre,
à présent aide en donnant Sa Sainte Grâce à Ses saints;

approchez-Le dès lors avec un coeur fidèle et sincère,
et prenez ici la garantie du Salut.

Lui qui en ce monde guide Ses saints et protège,
donne à tous les croyants la vie éternelle.

Assouvissant la faim avec le Céleste Pain,
apaisant l'âme assoiffée avec l'Eau Vive.

Alpha et Omega, devant Qui se prosterneront
toutes les nations au Jugement, Il est avec nous dès maintenant.


Et l'original latin

1. Sancti venite, Christi corpus sumite,
Sanctum bibentes, quo redempti sanguinem.

2. Salvati Christi corpore et sanguine,
A quo refecti laudes dicamus Deo.

3. Hoc sacramento corporis et sanguinis
Omnes exuti ab inferni faucibus.

4. Dator salutis, Christus filius Dei,
Mundum salvavit per crucem et sanguinem.

5. Pro universis immolatus Dominus
Ipse sacerdos exstitit et hostia.

6. Lege praeceptum immolari hostias,
Qua adumbrantur divina mysteria.

7. Lucis indultor et salvator omnium
Praeclaram sanctis largitus est gratiam.

8. Accedant omnes pura mente creduli,
Sumant aeterman salutis custodiam.

9. Sanctorum custos, rector quoque,
Dominus, Vitae perennis largitor credentibus.

10. Caelestem panem dat esurien- tibus,
De fonte vivo praebet sitientibus.

11. Alpha et omega ipse Christus Dominus
Venit, venturus iudicare homines.
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Lettre aux Uniates Grecs (Paul, métropolite de Glyfada, 4/11/2008)

Agios Konstantinos, la cathédrale du métropolite Pavlos de Glyfada


http://www.im-glyfadas.gr/04/2008/20081104.asp


Lettre du métropolite de Glyfada, Paul, aux Uniates Grecs

Traduction anglaise :
OODE, Athènes
traduction française : Stmaterne


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À L'EXARQUE APOSTOLIQUE DES CATHOLIQUES DE RITE BYZANTIN DE GRÈCE

Voula, le 4 Novembre 2008

Protocole N° 1562

A l'exarque apostolique
Des catholiques de rite byzantin de Grèce
M. Demetrios Salahas

Cher monsieur,

"Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur!"

Il y a quelques jours, j'ai été informé du contenu de votre homélie, prononcée lors de votre ordination-intronisation comme évêque des catholiques de Grèce de rite byzantin. C'est à ce sujet que je vous écris les pensées que cela m'inspire, avec tout le franc-parler d'un évêque Orthodoxe de l'Église de Grèce; quelqu'un qui est né à Hermoupolis sur l'île de Syros, et qui a été élevé et a vécu dans son île natale jusqu'à la fin de ses études secondaires dans l'école supérieure renommée de Syros.

Votre homélie, bien longue, a été adressée au troupeau d'une " communauté ecclésiale numériquement faible de fidèles, à Athènes et Yannitsa." Ces fidèles, d'après votre exposé, sont "en pleine communion avec l'église de Rome," bien "qu'appartenant à la tradition byzantine orientale." Et vous continuez, insistant sur "cette double identité ecclésiale qu'ils ont – comme catholiques et orientaux – étant en pleine communion avec le siège apostolique de la vieille Rome et son primat l'évêque de Rome, et en même temps restant loyaux aux traditions patristiques sacrées, aux trésors théologiques et à la Divine Liturgie de l'Orient Chrétien, enrichit cette même Église catholique de Grèce – qui appartient historiquement dans sa presque totalité à la tradition occidentale latine – et cela constitue une expression de "l'héritage commun," la communion et l'unité au sein de l'Église catholique elle-même."

Cet esprit, qui transparaît dans nombre de paragraphes de votre discours, a été un peu plus loin embellit par l'affirmation que "notre vision et notre état d'esprit est unifiant et non pas 'Uniate'," et fut renforcé par votre supplique : "ne me considérez pas comme un Uniate, mais comme un hiérarque unifiant," condamnant de plus "catégoriquement tout acte de prosélytisme, d'où qu'il puisse provenir."

Vu vos affirmations précitées, permettez-moi je vous prie, de vous poser quelques questions – qui surgissent de ma propre expérience de nombreuses années de vie à Syros [1], de même que de ma familiarité avec la manière de coexister entre Orthodoxes et catholiques-romains – des questions qui, bien entendu, expriment mes préoccupations propres et personnelles :

Êtes-vous conscient à quel degré le mode d'opération de votre communauté ecclésiale provoque de la confusion parmi les fidèles de l'Église Orthodoxe, dans les innombrables communautés urbaines de ces 2 cités, et en particulier dans le faubourg athénien très peuplé de Patisia, rue Acharnon, que nombre d'Orthodoxes fréquentent, ignorant le véritable arrière-plan ecclésiologique et théologique qui est tapi derrière une apparence extérieure orthodoxe?
Pourquoi donc votre clergé porte-t-il les vêtements canoniques de la Tradition Orthodoxe, construit des églises dans le style Orthodoxe oriental, accomplit les Offices sacrés selon les Rites de l'Église Orthodoxe Orientale, utilise essentiellement les livres liturgiques publiés par l'organisation "Apostoliki Diakonia" [= diaconie apostolique] de l'Église de Grèce? N'est-ce pas précisément ce qu'est l'uniatisme? N'êtes-vous pas un évêque uniate? Que signifie exactement "hiérarque unifiant"?

Quel est la nécessité pour un Uniate d'être présent dans les dialogues théologiques entre l'Église Orthodoxe et la confession catholique-romaine? Est-ce ainsi que l'union va prospérer? Ne serait-ce pas un geste de bonne volonté de la part du pape de Rome – pour le progrès des dialogues théologiques – que de ne plus nommer un évêque uniate, exarque pour les catholiques de Grèce de rite byzantin? Pourquoi une telle persistance du pape de Rome pour l'uniatisme?
Êtes-vous capable d'estimer ce que représente vraiment ce "petit nombre de membres" de la communauté des catholiques de Grèce de rite byzantin, et de justifier pour quelle raison il y aurait un besoin d'élire et d'instituer un évêque Uniate en Grèce?

Si votre communauté est en effet numériquement petite – même avec les récents groupes de fidèles artificiellement augmentés – pourquoi ne pourraient-ils pas être desservis par les pasteurs du clergé de confession catholique-romaine en Grèce? Pourquoi ces gens ne pourraient-ils pas être administrés par des évêques catholiques-romains, qui sont reliés au vatican de manière évidente et manifeste; dont les vêtements religieux sont de tradition latine – comme ceux qui participent à vos ordinations (comme on le voit dans les photos concernées) – de sorte que votre communauté puisse apprendre à connaître Jésus-Christ de cette manière?

De plus, à chaque fois que je me souviens de l'hospitalisation sans problème de mon inoubliable mère il y a 20 ans, dans l'hôpital Pammakaristos [2], ce souvenir est toujours gâté par la question posée à l'époque par l'aumônier de l'hôpital, d'apparence Orthodoxe (mais catholique-romain de croyance) : "Voulez-vous que je vous apporte la Sainte Communion?" Malgré la préparation théologique de ma mère et son état de conscience, et le fait qu'elle lui donna la réponse appropriée : "Non, merci, j'ai un fils qui est prêtre et il veillera assurément à ce que je reçoive la Communion d'une manière Orthodoxe;" nous nous demandons si vous poursuivez cette même tactique, dans le domaine sensible de la douleur et de la consolation.. En effet, que faites-vous dans les autres hôpitaux?

Je me demande quels étaient le motif et l'objectif cachés du chant d'un "Trisagion" [3] au cours des funérailles à Rome du pape récemment défunt, par du clergé Uniate, tant évêques que prêtres, habillé en Orthodoxe, et selon le Rite Orthodoxe, et en grec?

Tous les faits précités donnent l'impression – à une multitude de personnes intelligentes et prudentes – de comporter des actions de prosélytisme, et de tentative de s'emparer des âmes des Chrétiens Orthodoxes par des moyens sournois.


Notre souhait, c'est que tous ces faits ne soient pas le reflet de la réalité. C'est pourquoi, notre espoir est que vos intentions sincèrement écrites soient vraiment sincères, et ne cachent pas la moindre tromperie, qui offenserait l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique du Christ.

Avec mes prières dans le Seigneur,

Le moindre d'entre les évêques,
Le métropolite

† PAUL DE GLYFADA [4]



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Notes OODE:

[1] Skyros est une île grecque sur laquelle vit un nombre relativement important de membres de la communauté catholique-romaine
http://en.wikipedia.org/wiki/Skyros

[2] L'hôpital Pamakkaristos est la propriété de l'exarchat gréco-catholique de la communauté catholique-romaine de Grèce

[3] http://www.oca.org/QA.asp?ID=99&SID=3

[4] Glyfada est un faubourg d'Athènes : http://en.wikipedia.org/wiki/Glyfada

[ndt : toute ma gratitude à notre ami Claude pour la relecture-correction]

26 novembre 2008

Néo-Martyr Georges de Khios (+ 1807)

http://www.abbamoses.com/months/november.html

Georges naquit sur l'île de Khios de parents Chrétiens. Garçonnet âgé de 10 ans, il fut attrapé avec des amis, occupés à marauder des melons dans un jardin. Amené devant le juge Turc, ayant peur de la punition prévue pour le vol, il accepta de devenir musulman sous le nom d'Ahmed. C'était une pratique courante sous la Turcocratie : lorsqu'un Chrétien était traîné devant un tribunal, on lui offrait la liberté en échange de son apostasie en faveur de l'islam, et nombreux succombaient à cela.
Georges rentra chez lui, pleurant et se lamentant à cause de son apostasie, et ses parents le confièrent aux bons soins d'une bonne Chrétienne, afin de le renforcer dans la Foi et de le cacher des autorités turques.
A 21 ans, il fut fiancé à une jeune femme de la ville, mais se disputa avec le frère de cette dernière, qui connaissait le passé de Georges. Aussi donc, il alla voir les autorités et dénonça Georges comme apostat de l'islam. Georges fut jeté en prison et torturé, mais plutôt que de le briser, ces tourments le renforcèrent dans son amour pour le Christ et il résolu d'offrir sa vie pour Lui. Le prêtre et les fidèles de la ville célébrèrent une vigile toute la nuit durant, priant Dieu de donner le courage nécessaire à Son nouveau martyr. A l'aube, Georges fut emmené au lieu des exécutions, disant sans cesse le Nom de Jésus Christ et celui de Sa très sainte Mère. Là, il fut fusillé, puis décapité, rejoignant les rangs des saints martyrs.


Le massacre de Khios
tableau du peintre Eugène Ferdinand Victor Delacroix
(Charenton-Saint-Maurice, 26/4/1798-04-26 - Paris, 13/8/1863)
source Wikipedia




Commémorer les saints néo-martyrs
http://www.theophanydesigns.com/tnm/


Bienheureux ceux que Tu as
choisis et mis à part pour Toi;
et ils seront commémorés
de génération en génération. (Cf. Ps. 64,4; 101,12)

En commémorant les vies et les luttes des saints néo-martyrs qui ont souffert pour l'amour du saint Nom du Christ, nous rendons grâce à Dieu, Qui est adoré en la Sainte Trinité, et Qui a suscité à toutes époques des témoins de Son éternelle Providence et de Son amour pour nous.

"Dieu est merveilleux en Ses saints!"
Les saints sont la preuve vivante que les Évangiles sont applicables à nos vies. Ils sont les chapitres vivants de la Sainte Écriture. Ils sont les imitateurs du Christ, et des modèles pour nous. C'est la raison pour laquelle Dieu a glorifié Ses saints devant nous : dans Son amour pour nous, Il veut nous présenter autant de sortes de saintetés que possible, afin que nous, quelles que soient les circonstances de nos vies, nous puissions trouver des chemins réalisables pour vivre la vie en Christ.

Le premier et le plus glorieux des martyrs, c'est Jésus, notre Seigneur, dont le Sang nourrit les membres de Son saint Corps, l'Église. Dans Son aimante tendresse, Il a daigné rendre certains d'entre nous dignes d'être images et icônes de Son unique Martyre, et de verser leur sang pour l'amour du saint Évangile, comme témoins vivants et comme réactualisation pour les Chrétiens qui, voyant la ténacité de leurs compagnons en humanité face à la torture et à la mort, puissent ainsi devenir beaucoup plus fervents dans la Foi.

Durant les ténébreux jours de l'esclavage et du joug musulman imposé au peuple Orthodoxe dans les Balkans et au Moyen Orient, notre sainte Foi a montré sa puissance face à l'écrasante force militaire des Turcs. Toutes les forces vitales de l'Orthodoxie ont continué à se déployer. Le monachisme est resté florissant, la conscience théologique alerte, la dévotion populaire fervente – tout cela fut alimenté et nourrit par les exploits des illustres néo-martyrs, qui ont représenté aux Chrétiens opprimés les scènes des martyrs des anciens temps, les assurant qu'en effet, "le Christ est le même, hier, et aujourd'hui, et pour l'éternité."

C'est l'éternelle actualité des martyrs qui nous rend si importante pour nous, aujourd'hui, une collection de vies comme celle-ci. Bien plus qu'un simple parcours historique des martyrs du Christ pour une période et un lieu donné, ce lien nous permet de voir la continuité – le "fil d'or" – qui relie entre eux les gloires christocentriques des anciens martyrs à ceux de la domination turque, et ceux de Chine, de Serbie, des Balkans, et de la terre Russe sous une forme plus moderne mais pas moins démoniaque qu'est la haine de l'athéisme militant, dont les victimes se comptent par millions, et qui sont morts pour l'amour du Christ.

Qu'en sera-t'il du futur? Malgré notre indignité pour la couronne des martyrs, notre Seigneur accordera-t'Il cette si grande bénédiction aux Chrétiens de notre génération ou à ceux à venir? Alors que nous progressons dans cette ère post-Chrétienne, qui est une introduction aux temps de l'Antéchrist, auront-nous des néo-martyrs d'Occident?

Par les ferventes prières de Tes saints néo-martyrs,
Ô Christ notre Dieu,
préserve et renforce Ton peuple Orthodoxe
au milieu des terribles épreuves qui arrivent.
Amen


Protopresbytre Anthony B. Gavalas

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La pauvreté d'esprit (saint Jean de Cronstadt)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/11/17/spiritual-poverty/


Gloire au Christ
Fedot Sychkov, 1935


La pauvreté d'esprit consiste à nous envisager comme si nous n'existions pas, à ne voir que Dieu qui est le seul qui existe pour nous, à considérer Ses Paroles au dessus de tout au monde, à ne rien épargner, même notre vie, pour accomplir Ses Commandements. Elle consiste à se soumettre en tout à Sa volonté absolue tant pour nous que pour les autres et à rejeter entièrement notre volonté à nous. Le pauvre d'esprit désire de tout son coeur et ne cesse de répéter : Que Ton Nom est sanctifié, que Ton règne vienne, que Ta Volonté soit faite! Il disparaît, pour ainsi dire, personnellement, partout et en tout; il veut voir Dieu tant en lui-même que dans les autres. Que tout soit à Toi, ô Seigneur, dit-il, et rien à moi! Il désire contempler cette sainteté de Dieu. Il veut ardemment voir arriver Son règne, il ne veut connaître que Sa Volonté suprême, et tout cela, remarquons le bien, non seulement dans lui, mais aussi dans les autres. Il voudrait que les coeurs humains ne fussent remplis que de Dieu - comme c'est d'ailleurs un devoir impérieux -, car Dieu seul est Celui qui est, Celui qui a tout crée, qui est la Toute-clémence et la Toute-perfection. Quant au démon et à son entourage, ainsi qu'aux hommes qui désobéissent à Dieu, il les envisage comme des étrangers au Royaume de Dieu et comme des adversaires du Seigneur. Pour le pauvre d'esprit, le monde entier, pour ainsi dire, est néant. Partout il ne voit que Dieu qui anime et gouverne tout; il n'y a pour lui ni aucun endroit, ni aucun instant qui existe sans Dieu; partout et à chaque instant il est avec Dieu et, pour ainsi dire avec Lui seul. Le pauvre d'esprit n'aura jamais l'audace de prétendre concevoir l'inconcevable, de dévoiler les mystères de Dieu, d'approfondir ce qui est au dessus de l'homme. Il ne croit qu'à la Parole du Seigneur qui donne la Vie, persuade qu'il n'y a que cette parole qui est la Vérité, l'Esprit et la Vie éternelle; en un mot il ne croit qu'à son Église, toujours inspirée par le Saint Esprit dans tout ce qui constitue la vérité. Il croit comme l'enfant croit à son père ou à sa mère, sans exiger de preuves et s'en rapportant entièrement à eux. Le pauvre d'esprit croit être personnellement le plus méprisable et le plus coupable des hommes et se laisse fouler aux pieds par le monde entier.
Vous tous qui embrassez la vocation de servir le Seigneur dans la prière, apprenez à être doux, humbles et vrais de coeur comme Lui. N'ayez dans votre coeur ni malice ni dissimulation; ne soyez pas froids; tâchez d'avoir l'Esprit du Seigneur, car celui qui n'a pas l'Esprit de Jésus Christ, n'est pas à lui (Rom. 8,9). Le Seigneur veut que vous Lui ressembliez et que vous ayiez avec Lui comme une parenté divine pour vous infuser Sa grâce. Souvenez-vous qu'aucune parole n'est prononcée inutilement dans la prière, si vous la dites du fond du coeur. Souvenez-vous que le Seigneur entend chaque mot que vous prononcez et le pèse dans Sa balance. Il nous semble quelquefois que nos paroles se dissipent sans aucun résultat dans l'air, qu'elles ne sont qu'une voix qui retentit dans le désert. Non, mille fois non! Il faut se rappeler que le Seigneur, s'il est possible de s'exprimer ainsi, nous comprend dans la prière, ainsi que nos paroles, avec le même sens, les mêmes nuances que les hommes justes les comprennent quand ils prient, car l'homme est l'image de Dieu. Le Seigneur répond à chaque désir de notre coeur, qu'il soit ou qu'il ne soit pas exprime par les paroles.
Lorsque tu te promènes dans une forêt, dans un jardin ou dans une prairie, examinant les jeunes branches, les fruits des arbres et la variété des fleurs champêtres, une voix éloquente et une leçon doivent jaillir pour toi de cette végétation et, cette leçon la voici : chaque arbre donne en été un nombre considérable de branches, il augmente nécessairement en circonférence et en hauteur; chaque arbre s'efforce, pour ainsi dire, de progresser annuellement par la force qui lui vient de Dieu. De même, dis à toi-même : moi aussi je dois absolument de jour en jour, d'année en année, progresser moralement, devenir toujours meilleur et plus parfait, ne jamais abandonner la voie qui mène au Royaume du Ciel et au Père céleste, par la puissance de notre Seigneur Jésus Christ et de Son Esprit qui habite et agit en moi. De même que la prairie s'embellit de milliers de fleurs, de même mon âme doit s'embellir de toutes les fleurs de la vertu. De même que les arbres produisent des fleurs et des fruits, de même mon âme doit produire les fruits de la foi et des bonnes oeuvres.

Saint Jean de Cronstadt, Ma vie en Christ, ch. 5


25 novembre 2008

Saint Pierre, pape d'Alexandrie et martyr (+ 311)


http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=103393

Commémoré le 25 novembre

Le saint hiéromartyr Pierre, pape et archevêque d'Alexandrie, naquit et grandit à Alexandrie. C'était un homme de haute éducation, et il dirigea l'école d'Alexandrie. En 300, il devint l'archipasteur de l'Église d'Alexandrie, succédant à son maître et père spirituel, le saint évêque Théonas.

Forcé de partir en exil loin de la ville aux temps des persécutions anti-Chrétiennes sous les empereurs Dioclétien et Maximien, saint Pierre voyagea à travers nombre de pays, encourageant son troupeau par des lettres. Puis il revint dans sa ville afin de guider personnellement l'Église d'Alexandrie en cette période de grands périls. Le saint visitait secrètement les Chrétiens enfermés en prison, les encourageant à persévérer dans la Foi, assistant veuves et orphelins, prêchant la Parole de Dieu, priant sans cesse et célébrant les Offices divins. Et le Seigneur le préserva des mains des persécuteurs.

Durant ces temps de troubles, l'immonde hérétique Arius, qui niait la divinité de Jésus-Christ, sema l'ivraie de son enseignement blasphématoire. Lorsqu'Arius refusa de se repentir et de se soumettre à la vérité, saint Pierre anathémisa l'hérétique et l'excommunia de l'Église. Arius demanda à 2 prêtres de saint Pierre de supplier le saint de lever l'excommunication, prétendant qu'il se repentait et qu'il abandonnait ses faux enseignements. Ce n'était pas vrai, car Arius espérait en fait succéder à saint Pierre comme archevêque d'Alexandrie. Saint Pierre, sous la conduite du Saint Esprit, su discerner la vérité à travers la maudite feinte d'Arius, et il instruisit dès lors son troupeau à ne pas suivre Arius ni l'accepter dans la communion.

Sous la sage direction de saint Pierre, l'Église d'Alexandrie s'affermit et grandit malgré les persécutions. Mais pour finir, sur ordre de l'empereur Maximien (305-311), le saint fut arrêté et condamné à mort. Une multitude de gens s'assembla à l'entrée de la prison, exprimant leur colère. Voulant éviter un bain de sang et une émeute du peuple, le saint envoya un message aux autorités, dans lequel il leur suggérait de réaliser une ouverture dans le mur arrière de la prison, afin de pouvoir l'en extraire secrètement pour l'exécuter.

Dans la nuit noire, saint Pierre partit avec les bourreaux, qui l'emmenèrent hors des murs de la ville et le décapitèrent à l'endroit même où le saint Évangéliste Marc avait été exécuté. Cette nuit-là, une pieuse vierge entendit une Voix du ciel disant, "Pierre fut le premier parmi les Apôtres; Pierre est le dernier parmi les martyrs d'Alexandrie." Cela eut lieu en 311. Au matin, quand le peuple apprit la mort de son évêque, la foule s'assembla au lieu de l'exécution. Ils prirent le corps et la tête du martyr et partirent pour l'église, l'habillant de ses vêtements d'évêque, puis ils l'assirent sur son trône, à la place élevée près de l'Autel. Durant sa vie, jamais saint Pierre ne s'y était assis, préférant s'asseoir sur un repose-pieds. Le saint expliquait qu'à chaque fois qu'il s'approchait de ce trône, il apercevait une lumière céleste l'illuminer, et sentait la présence d'une divine puissance. Dès lors, il n'osait s'y asseoir.


Pendant son pontificat, le Seigneur Jésus-Christ était apparu un jour à saint Pierre, sous l'apparence d'un garçon de 12 ans portant une tunique qui était déchirée de bas en haut. Saint Pierre demanda au Sauveur pourquoi Il avait Son vêtement déchiré, et Il répondit, "C'est ce fou d'Arius qui l'a déchiré, en divisant le peuple que J'ai sauvé par Mon sang. Ne le reçoit pas dans la Communion de l'Église, car il oeuvre pour le mal contre Moi et Mon troupeau."

Saint Pierre, un grand champion de l'orthodoxie, est aussi connu comme un grand théologien. Des passages de son livre "Sur la Divinité (de Jésus-Christ) ont été consultés lors des Conciles d'Éphèse et de Chalcédoine. De toutes ses oeuvres, la plus connue et grandement estimée dans l'Église, c'est sa collection de "Canons Pénitentiels."


Saint Pierre d'Alexandrie. Fresque peinte sur plâtre frais. Mur nord du sanctuaire, seconde moitié du 12ème siècle. Église "Christ Sauveur" à Nereditsa, près de Novgorod, Russie.


Passion de saint Pierre d'Alexandrie, texte grec du du 5ième siècle :
[Pierre] : "Je vis un enfant entrer par la porte de cette cellule. Il avait environ 12 ans. Son visage brillait d'un tel éclat que toute la pièce en était éclairée. Il portait un colobium [dalmatique?] de lin, mais déchiré du cou jusqu'aux pieds; des 2 mains il en serrait les morceaux sur la poitrine, et couvrait ainsi sa nudité. A cette vue, tout effrayé, je dis : "Seigneur, qui t'a déchiré ta tunique?" Il répondit : "Arius m'a tout déchiré. Attention! ne l'admets pas à ta communion. On fera des démarches en sa faveur, ne te laisse pas influencer... Toi, tu es appelé au martyre."

La vraie et sûre richesse (st Jean Chrysostome)


http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2008/09/sure-and-certain-wealth.html

La richesse n'est pas une possession, ce n'est pas une propriété. C'est un bien emprunté pour l'utiliser. Les seules choses qui nous appartiennent, ce sont celles que nous avons envoyées avant nous dans l'autre monde.. seules les vertus de l'âme nous appartiennent vraiment en propre.
Saint Jean Chrysostome

24 novembre 2008

"mariage" homo= non! (épiscopat Orthodoxe / USA)

Un Amendement à la Constitution pour restaurer la définition du mariage
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2008/11/prop-8-orthodox-bishops.html



La décision de la Court Suprême de Californie, datée du 15 mai 2008, redéfinit unilatéralement l'institution sacrée du mariage d'une manière sans précédent dans l'histoire humaine – et étrangère à notre tradition Chrétienne. Nous, évêques Chrétiens Orthodoxes de Californie, sommes affligés par cette décision qui constitue une attaque directe sur le rôle et la liberté de religion existant de longue date dans la vie américaine. Une majorité des juges de la Cour a déclaré que non seulement les couples de même sexe devaient être autorisés à être appelés des "mariages" par ces couples s'ils le souhaitent, mais que l'État de Californie n'avait pas le droit de faire référence à ces unions comme à autre chose qu'à des "mariages."

Le Christianisme Orthodoxe tient en haute considération l'institution du mariage et de la famille, ordonnées par Dieu. L'Église Orthodoxe doit et restera fidèle à sa Foi et Tradition, et affirme qu'un mariage, c'est l'union d'un homme et d'une femme, donnés l'un à l'autre par Dieu pour le soutien mutuel, l'encouragement, l'amour, et la possibilité d'avoir des enfants.

Comme membres de l'Église et citoyens de ce grand pays, nous ne pouvons pas nous retirer de la société dans laquelle nous vivons. Nos paroisses et nos fidèles sont appelés à être "sel et lumière," pour paraphraser le Christ, et en tant que tels, ils s'engagent auprès de leur prochain et voisins par des actes de charité et d'amour. Nous continueront nos oeuvres charitables, et notre engagement dans la société – y compris d'enseigner fidèlement la vérité des principes Chrétiens de vie.

L'Église Orthodoxe aux États-Unis se développe et grandit, à plusieurs égards, du fait des principes stables sur lesquels ce grand pays a été fondé. Nos définitions des institutions de base telle que le mariage, façonné par les insondables forces de l'amour et de la nature couplées avec l'expérience de toute l'histoire humaine connue, découle effectivement de ce que les Pères Fondateurs de notre pays connaissaient comme la "loi naturelle" ou "la nature et la nature de Dieu."

C'est à la lumière de ceci que les évêques Chrétiens Orthodoxes de Californie rejettent la décision de la Cour Suprême de Californie au sujet de ces unions. L'institution du mariage émane de quelque chose qui transcende nos institutions politiques passagères, et ne peut pas être unilatéralement modifiée de cette manière-ci. Dès lors, nous devons agir quand cette promulgation contredit directement notre Foi – et menace les fondements même de la vie florissante de l'Orthodoxie en Amérique.

Dès lors, nous, évêques Orthodoxes de Californie, nous appelons les fidèles, en tant que citoyens responsables et concernés de Californie, à renverser cette décision de la Cour Suprême de Californie en votant en faveur de la Proposition 8 qui sera présentée en novembre. Cette proposition est une mesure regrettable mais nécessaire pour restaurer la véritable définition du mariage aux yeux de notre État. Un État qui croit implicitement que les unions de même sexe constituent un "mariage" – et tôt ou tard, explicitement – dénie le rôle de l'Église et de toutes les religions qui adhèrent aux valeurs traditionnelles dans la vie publique. Nous vous demandons s'il vous plaît d'exercer votre rôle de citoyen et de voter en novembre. L'adoption de la Proposition 8 est impérative.

Avec nos bénédictions archipastorales,


La société occidentale est en pleine tempête, et ça fait plus de mille ans que ça dure, et ça ne cesse d'empirer. Elle a besoin d'hommes de qualité à la barre du navire, et d'un capitaine qui sait où se trouve le port et comment le rejoindre. Voilà ce qui est vital. On n'a pas souvent l'occasion de se réjouir avec notre épiscopat, trop souvent empêtré dans la politique voire dans l'uniatisme "pour la gloire du monde" – ici, dans l'État nord-américain le plus laxiste et amoral de tous, voir nos évêques se lever et dire la Foi, ça fait du bien au moral!
une tempête
Konstantin Vasiliev, 1970

à (re)lire sur le sujet, l'étude du p. Marc-Antoine Costa de Beauregard (métropole Roumaine en France), étude recommandée par Jean-Louis Palierne
http://christophe.levalois.free.fr/fichier/Essai_P_Marc_Antoine.pdf



23 novembre 2008

Raison, foi et combat spirituel (p. Païssios l'Athonite)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/10/30/thinking-faith/

Sunduchnik (coffres de bois) - Сундучник
Boris Kustodiev, 1918


Le diable ne chasse pas après ceux qui sont perdus; il chasse après ceux qui sont conscients, ceux qui sont proches de Dieu. Il tente de leur faire perdre confiance en Dieu, et commence à les affliger par de l'assurance en eux-mêmes, de la logique, du rationalisme et de la critique. Dès lors, nous ne devrions pas faire confiance en nos esprits logiques. Ne croyez jamais votre pensée. Aimez simplement et sans trop penser, comme un enfant vis-à-vis de son père. La Foi sans trop de réflexion accomplit des miracles. L'esprit logique fait obstacle à la grâce de Dieu et aux miracles. Pratiquez la patience sans juger avec l'esprit logique.

Ancien Païssios l'Athonite (+ 1994)