"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

20 décembre 2008

Claude Lopez-Ginisty est ordonné Lecteur (17/12/2008)




http://www.diocesedegeneve.net/index.php

Vevey, 17 décembre 2008: La fête paroissiale de l’église Sainte-Barbara à Vevey réunit cette année comme d’habitude non seulement les paroissiens locaux, mais aussi le clergé et les paroissiens de plusieurs paroisses appartenant aux différentes Eglises Orthodoxes Autocéphales.

La Divine Liturgie fut présidée par S. E. Michel, évêque de Genève et d’Europe occidentale et S. E. l’évêque Ambroise, recteur de la paroisse, qui furent assistés par l’archimandrite Martin (Patriarcat de Moscou), les archiprêtres Paul Tzvetkoff et Emilian Pocinoc, l’higoumène Paul (Patriarcat de Moscou), les prêtres Pierre Méan (Patriarcat de Serbie), Peter Sturm et Adrien Echevarria, les protodiacres Pierre Figurek, Georges Jonneret, Michel Vernaz et le diacre Alexandre Sadkowski (Patriarcat de Constantinople).

Aux heures Mgr Michel ordonna lecteur Claude Lopez-Ginisty, paroissien de l’église Sainte-Barbara, auteur de plusieurs ouvrages sur l’Orthodoxie (nous recommandons de visiter son blog http://www.orthodoxologie.blogspot.com). Nous félicitons au nouveau lecteur beaucoup de succès dans son nouveau service pour l’Eglise!

Après la Divine Liturgie, eut lieu la procession de fête – très belle sous la neige qui tombait à gros flocons – suivie du molében devant l’icône de la Sainte Grande Martyre Barbara. Un diplôme fut solennellement remis par Mgr Michel à Madame Olga Englert, chef de choeur de la paroisse depuis des nombreuses années, en signe de reconnaissance de son travail dévoué pour l’Eglise.

Le repas traditionnel de fête dans le sous-sol de l’église réunit tout le monde dans l’ambiance de joie et d’amitié.








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notre cher ami Claude est à présent Lecteur Claude


AXIOS!!



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Noël, invitation à suivre les mages, en voyage intérieur vers le Christ (Viata Crestina / George Parsenios)

Homélie de l'Avent, par George Parsenios
http://biserica.org/Publicatii/2001/NoX/XIII_index.html


La visite des Mages
Rome, catacombe de saint Callixte, début 4ème siècle


Lorsque nous lisons une histoire religieuse, dans la Bible ou la vie d'un saint, bien souvent, nous oublions de regarder la partie humaine du récit, même dans les actions les plus banalement humaines. Par exemple, lorsque nous voyons Noé construire son immense arche, qui réfléchit à la douleur musculaire que Noé devait ressentir à la fin de chacune de ses journées de travail? Ou encore, qui songe un peu à quel point la dispute a dû être grande entre saint Paul et saint Barnabas, pour que ces 2 grands disciples du Christ et si proches amis en viennent à se séparer si longtemps durant?
Quelque part, on fait l'impasse sur ces détails, parce que nous connaissons la conclusion triomphale à ces récits, ou que nous mettons l'accent sur d'autres aspects qui nous touchent. Ce faisant, nous pouvons passer à côté de la véritable application de ces récits à nos propres vies, parce que nous en avons enlevé les aspects purement humains.
Je commence par ce point aujourd'hui, parce que je crois que nous pouvons mieux nous préparer pour cette fête de Noël en considérant les mages sous une lumière plus humaine, ces 3 sages qui suivirent l'étoile jusqu'à la ville de Bethléem, afin d'y contempler un grand prodige. Bien souvent, nous sommes admiratifs de leur persévérance à suivre l'étoile dans le ciel, mais soyons-en assurés, leur pèlerinage a dû impliquer son lot de luttes et d'efforts, et certainement un énorme doute. Voyez-vous, dans l'ancien monde, les voyages n'étaient pas faciles. Si les bandits de grands chemins ne vous attrapaient pas, une météo très ingrate pouvait bien vous arrêter. T.S. Eliot l'a bien compris, avec son poème "le voyage des mages." Dans ce poème, il imagine à quoi les mages ont dû penser de longues années après leur célèbre voyage. Quelques unes de ses réflexions pourraient bien correspondre, et je vous cite Eliot :

Quel froid périple que nous avons vécu,
Juste le pire moment de l'année
Pour un voyage, et un si long voyage:
Les chemins bourbeux et le temps sévère,
En plein creux de l'hiver.
.. Et la nuit, les feux qui s'éteignaient, et l'absence de refuge
.. Et les villages si sales, et des prix exorbitants:
Oui, nous avons vécu quelque chose de dur.
Et à la fin, nous avons préféré voyager de nuit,
Essayant de dormir un peu,
Avec ces voix résonnant à nos oreilles, disant
Que tout cela n'était que folie.




Assurément, comme le suggère le poème, les mages ont dû surmonter bien des adversités pour parvenir à Bethléem Leurs corps étaient épuisés, et leurs esprits très las. Par dessus tout, de petites voix leur soufflaient à l'oreille que "tout cela n'était que folie," que ce qu'ils espéraient pouvoir trouver, que ce qu'ils pensaient les y attendre, tout ça n'existait pas. Qu'ils auraient bien pu avoir fait tout ce chemin pour rien.
Et ça, c'est quelque chose qui parle très clairement à l'esprit du Chrétien moderne. Si le coeur de l'hiver était la saison la plus dangereuse de l'année pour les voyageurs des temps anciens souhaitant aller à Bethléem en Judée afin d'y chercher le Christ, alors ce début de 21ème siècle est tout aussi périlleux pour ceux qui souhaitent trouver le Seigneur au bout de leur quête spirituelle. Les voix du doute et de la soi-disante modernité chante à nos oreilles qu'il n'y aurait pas de Dieu, uniquement des êtres humains; ou qu'il serait idiot de renoncer aux plaisirs et aux aspirations de la vie au Nom du Christ, parce que ces choses-là rendent la vie si agréable. Ce n'est pas facile d'accomplir ce parcours – mais nous devons le faire. Nous devons nous mettre en recherche. Les mages n'auraient jamais pu rencontrer notre Seigneur à Sa naissance s'ils étaient restés chez eux. Ils avaient à quitter le confort de leurs vies et à partir à Sa recherche. Nous aussi, nous devons partir à la recherche du Seigneur.
Mais notre voyage à nous n'est pas un déplacement géographique. Ce que je veux dire par là, c'est que nous n'avons pas à quitter qui Bruxelles, qui Genève, qui Paris, etc. Nous devons faire la recherche intérieurement, nous développer spirituellement. Notre voyage n'est pas sur une carte routière, où nous avons à partir d'un point à l'autre, mais nous devons aller d'une vertu à l'autre, grandir pour être toujours plus proche de notre Seigneur, toujours plus proche de nos frères et soeurs en Christ. Si nous n'envisageons pas nos vies comme un voyage pour grandir et nous rapprocher de Dieu, que faisons-nous donc, où allons-nous donc? Notre Seigneur nous a dit "cherchez et vous trouverez." Il ne nous a pas promis que nous Le trouverons si nous faisons du sur place.
Nous devons faire quelque chose. Nous devons agir. Nous devons faire l'effort d'en apprendre plus à propos de notre Foi, en étudiant, en allant aux cours de catéchèse adulte que donne l'Église, en étant toujours plus attentifs lors des divins Offices pendant lesquels nos prions notre Dieu, de manière à vraiment les comprendre, et à vraiment les prier. Et nous devons lire les saintes Écritures où le Seigneur Lui-même nous parle, ainsi que Ses plus proches disciples. Et par dessus tout, nous devons lutter pour mettre nos vies en adéquation avec tous ces enseignements. Nous devons essayer d'apprécier mieux les gens, nous devons avoir une plus grande maîtrise de nous-mêmes, nous devons essayer de vivre des vies plus morales – bref, nous devons agir comme des gens qui sont en voyage spirituel.
Voyez-vous, la vie d'une personne en voyage est différente. Les mages par exemple, n'ont pas pu emporter tous leurs biens avec eux pendant leur quête. Ils ont eu à laisser derrière eux leurs nombreux serviteurs, leurs maisons riches et luxueuses, et partir uniquement avec le peu qu'ils pouvaient emporter avec leur petite caravane. Nous le savons tous, quand nous partons en voyage, par exemple pour des vacances, nous devons faire un choix très bien pensé de ce que nous emporterons – nos voitures ne savent pas emporter des tonnes de bagages. Si nous partons en avion, nous pouvons emporter encore beaucoup moins.
Il en est de même pour un voyage spirituel. Bien trop de choses, beaucoup trop de biens, ça peut distraire. Ils peuvent nous faire faire et penser des choses qui n'aident pas à notre voyage vers le Seigneur. Si nous sommes trop préoccupés pour gagner un bon salaire, nous ne saurons pas utiliser cet argent pour aider les autres. Nous le garderons pour nous. Si nous sommes trop préoccupés à vouloir impressionner les autres en ayant belle apparence, nous ne saurons pas nous arrêter pour aider celui qui est dans le besoin. On ne le remarquera même pas. Si nous sommes trop soucieux à cause des petits problèmes de nos vies quotidiennes, nous ne prendrons pas le temps pour prier, pas même un bref instant.
Pendant que nous nous approchons de la fête de Noël, concentrons-nous sur notre voyage vers le Christ. Nous sommes dans une période de jeûne de l'Église. C'est une période pendant laquelle nous nous préparons à voir le Seigneur venir dans le monde, au jour de Noël. Soyons prêts pour Le recevoir. Envisageons les prochaines semaines comme un voyage, une quête spirituelle pour trouver le Seigneur, non pas simplement à attendre le jour de Noël, mais en cherchant vraiment à voir le Seigneur en nos frères et soeurs en Christ, à découvrir la volonté de Dieu dans nos vies, et à nous efforcer à accomplir cette volonté.
Pour ce faire, nous devons d'abord prendre conscience que nous sommes en voyage, et alors nous devons agir comme lorsque nous sommes en voyage. Tout ce qui n'aide pas à ce voyage, nous devons l'ôter de nos vies. Tout ce dont nous avons besoin pour le voyage, et que nous ne possédons pas encore, nous nous devons de l'acquérir.
Les mages savaient qu'ils étaient en voyage. Et ils abandonnèrent tout ce qu'ils avaient afin d'accomplir ce voyage. Ils réalisèrent une rupture radicale en leurs vies, et ils entamèrent une nouvelle vie, à la recherche du Christ. Pour le dire autrement, les mages savaient que bien qu'ils avaient voyagé pour voir une naissance, ils allaient aussi expérimenter une mort, non pas une mort physique, mais mourir à leur ancienne manière de penser. Et ainsi, le poème d'Elliot cité plus haut s'achève par les lignes suivantes :

J'avais vu naissance et mort,
Mais j'avais pensé qu'elles étaient différentes; cette Naissance était
Pour nous une dure et amère agonie, comme la Mort, notre mort.


Les mages ont eu à mourir à leurs doutes et à leurs craintes, ils ont eu à abandonner leurs beaux palais et leur pléthore de serviteurs. Ils ont dû se vider eux-mêmes de toutes leurs richesses et de toutes ces choses qui leur donnaient confiance et assurance, et ils sont partis pour un voyage vers des terres inconnues, à la recherche du Christ. Ils ont bien connu les paroles de saint Paul avant même qu'elles n'aient été prononcées : "ce n'est plus moi qui vit, mais le Christ Qui vit en moi." C'est comme s'ils avaient dit : "j'ai donné ma vie au Christ, malgré que la seule chose qui me guidait, c'était cette petite étoile au plus profond de la nuit." Mais ce n'est pas quelque chose de facile à dire, et c'est encore plus difficile à la vivre. Car elle implique la mort. Mais ce n'est pas une mort triste ou morbide. Tous ceux qui meurent à eux-mêmes pour vivre avec le Christ seront relevés avec Lui dans la gloire.
Le Christ est né au monde, prosternons-nous et adorons-Le. Comme les mages, offrons-Lui quelque chose de précieux, mais quelque chose d'encore plus précieux que l'or et l'encens et la myrrhe. Offrons-Lui ce qu'il y a de plus précieux, pour nous et pour Lui. Offrons-Lui nos vies, mettons-les à Son service. Vivons comme si nous étions dans une quête, un voyage spirituel. Amen.

Source : "Viata Crestina", Decembrie 2008

19 décembre 2008

Sainte Samthann, abbesse Orthodoxe de Clúain Brónaig (Clonbroney, + 739)


Clonbroney se trouve en Irlande, (Meath, comté de Longford), vers le centre de l'île. Cluain signifie "pré". Samthann (Samthana, Samtana), d'après une étymologie populaire, s'interprète "feu d'été."
Samthann est morte en 739; certains mentionnent sa fête au 18 décembre.
La sainte fut d'abord prieure à Urney, entre Tyrone et Donegal. Mais son activité s'exerça surtout dans le Comté de Meath. Les § 20 et 24 de sa Vie sont d'une haute portée spirituelle. La Vita de cette Mère de l'Église de l'Occident Orthodoxe est cependant intéressante dans son ensemble. La version entière est tardive, résumant une version antérieure, perdue, mais elle ne comporte pas d'erreurs historiques (sauf §26) et les noms propres se prêtent à des recoupements concordants.
Par la prière, Samthann tira une âme de l'Hadès (§ 13); c'est un exploit attribué à très peu parmi les grands Saints Chrétiens. Arriver à arracher une âme de l' Hadès par la prière n'était cependant pas quelque chose d'inhabituel chez les saints Irlandais; un érudit a même appelé cela une "caractéristique presqu'exclusivement Celtique."
Samthana serait normalement la moniale Irlandaise qui fonda l'abbaye de Clonbroney près de Granard dans le Comté de Longford. Une tradition locale rapporte que le couvent de Clonbroney aurait été fondé par saint Patrick pour les filles de son maître précédent, Milchu. Une autre petite tradition affirme qu'il fut fondé par les disciples de sainte Brigitte. Mais par la suite, on attribua à Samthann cet honneur. Ce couvent fut un des 3 plus importants d'Irlande, avec ceux de Kildare et Cloonburren. Sa dernière abbesse connue mourut en 1160.
La vénération de Sainte Samthann fut introduite sur le Continent et promue par saint Virgile de Salzbourg (27 novembre). Son nom est présent tant dans la Litanie que dans le Canon du Missel de Stowe, de même que dans l'ancienne Litanie de Salzbourg, Autriche.

Résumé de la Vie de sainte Samthana


1. Samthann était d'origine ultonienne, c'est-à-dire que sa famille venait de l'Ulster. Son père s'appelait Diamran (Diamaran, Dimaran, Diaran) et sa mère Columba. Elle fut employée chez le roi du pays, dans l'actuel comté de Longford, qui décida de la marier avec un noble. Le noble eut une vision avant ses noces vers minuit, il voyait le lit où Samthann reposait avec les 2 filles du roi ses compagnes, éclairé comme d'un rayon de soleil. Alors il allait à sa jeune femme, qu'il trouvait la face inondée de lumière. Et il était heureux de cette épouse baignée de clarté. Les noces furent célébrées. Au soir, dans la chambre, le jeune homme dit à Samthann "Déshabille-toi." Elle répondit "Attendons que la maisonnée dorme." Il consentit, et s'endormit. Elle suppliait Dieu de sauver sa virginité. Dieu l'entendit. Vers minuit, toute la demeure parut flamber : c'était comme si une flamme avait jailli de la bouche de la vierge jusqu'aux toits. Un cri retentit au dehors : tous, au dedans, bondirent pour éteindre le feu.
2. La vierge en profita pour aller se blottir dans des fougères voisines. Le feu cessa. Il n'avait rien brûlé. Au matin, le roi trouva la vierge, qui lui dit : "Ton palais a brûlé? Non. - - Ah! j'en remercie Dieu... Mais pourquoi avez-vous tenu à marier une pauvre servante du Dieu tout-puissant? -- Eh bien je ne te livrerai plus à un homme. Décide de ton sort. - - Offrez-moi en épouse à Dieu." Le roi plia les genoux, et dit "Nous t'offrons au Fiancé divin que tu désires." Alors elle entra dans un monastère, avec la permission de son mari. Elle y fut bientôt cellérière dévouée et fidèle.

3. Un jour, un lépreux, sur la rive de l'étang, implorait le passage. Samthann le passa elle-même sur son bac. Elle lui donna une vache et son veau et ajouta la majeure partie de son propre manteau, comme saint Martin. Et puis le lépreux disparut, laissant la vache et le veau. Quant au manteau, intact pas de trace de déchirure!

4. Samthann était donc cellérière. Il y avait au monastère un pot de beurre qui suffisait depuis un an aux besoins des soeurs et des hôtes : quelle bénédiction! Un jour, une postulante entre dans la salle aux provisions, et dit devant le fameux pot "Apparemment, de beurre, on ne manquera jamais!" Là-dessus, la vierge sainte arrive, et trouve le pot vide. D'abord ahurie, elle se reprit et dit "Oui... Ici on ne sera jamais dans l'abondance." Et cela s'est réalisé.

5. La fondatrice d'un monastère vit en songe Samthann qui arrivait sous forme d'étincelle, et tout brûlait. Elle dit à ses soeurs "Samthann est ardente du feu de l'Esprit-Saint. Ses vertus feront briller notre maison." Et elle lui déféra le commandement.

6. Samthann devint supérieure. Elle fit bâtir un oratoire en bois. Un jour, un de ses charpentiers, dans la forêt, se disait "Ah! si on avait 40 pains, du beurre, du fromage et du lait!" Tout cela aussitôt arriva. La servante du Christ lui dit en souriant : "C'est bien ce que tu voulais? - Pour ça oui, mère. Ni plus ni moins! " Et l'on mangea commodément, remerciant Dieu et Sa servante.

7. Samthann fit prier le roi Kennedus [probablement Cinaed (+ 728)] de libérer un prisonnier. Le roi refusa. Nouvelle ambassade. "Si le roi ne le délivre pas, dites au captif : Au Nom de la Sainte Trinité, sois délié, et viens en paix à Samthann, servante de la Trinité." Le roi refusa. Le captif, informé, dit "Je crois en elle." Le roi doubla les liens, posa 8 gardes à la porte du cachot, et 8 à la porte de la place. A minuit, les liens tombèrent. Notre homme passa devant les premiers gardes.
"Eh ! là! qui es-tu? - Je suis Fallamain, qui étais prisonnier. - Si c'est toi, ne l'dis donc pas!" Il évita le 2ème poste, et parvint chez la sainte.

8. Par sa prière, la vierge rendit inoffensives les bêtes de l'étang qui nuisaient aux hommes et au bétail.

9. Avec le lait d'une seule vache, la vierge nourrit un jour largement 50 hôtes.

10. Pour nourrir un abbé avec 140 personnes, elle prit une mesure de farine qu'elle divisa en 2 : cela fournit à manger et à boire pour une semaine.

11. Un clerc mondain vint au monastère des soeurs; il remarqua une jolie fille et une amourette se noua. Il devait l'attendre à la forêt voisine. Avant de partir, le clerc vint saluer Samthann et se recommander à ses prières. "N'ennuie pas mes soeurs par des paroles qui seraient des pièges, ni par de mauvaises actions. - Oh! Jamais de la vie, mère!" Arrivé à une rivière, il entre dans l'eau. Elle monte, il en a jusqu'à la ceinture. Une énorme anguille le mord aux reins et le ceinture vigoureusement. Affolé, il revient à la vierge de Dieu, s'effondre à genoux, demande pardon. Samthann pardonne, l'anguille tombe. Le clerc jura qu'il n'entrerait plus dans un monastère de vierges.

12. Les gens du Connaught et le peuple de Tethbra firent la paix après un long conflit. Le roi de Tethbra retint en otage le fils d'une veuve. Sur la demande de celle-ci, Samthann envoya au roi sa prieure avec 5 vierges et 2 hommes, pour demander la libération de l'otage. "J'accorderai tout, répondit le roi, sauf cela." Alors la prieure dit au détenu : "Au Nom de notre Seigneur Jésus-Christ et de sainte Samthann Sa servante, laisse tes chaînes et viens avec nous." Malgré une garde renforcée, il fut bientôt avec l'ambassade de l'abbesse.

13. Un bienfaiteur du monastère ne partait jamais en guerre sans avoir demandé une bénédiction à Samthann. Un jour, il omit cette précaution, et fut tué. A l'heure où il mourait, la sainte dit aux soeurs : "Priez bien! Notre ami Fland a son âme menée par les démons au lieu des tourments." Elle entra en extase, puis, après un moment : "Remerciez Dieu. Il a fait passer l'âme des tourments au repos."

14. Pour agrandir le monastère, on devait déplacer des locaux. Un immense personnel était indispensable au transfert de l'oratoire. On demanda des renforts. Mais la sainte pria si bien que 8 hommes seulement purent effectuer le travail.

15. Les ouvriers étaient avec la prieure Nathea dans la forêt à prendre du bois pour le nouvel oratoire. On allait abattre un arbre; le maître du chantier dit : "S'il tombe par ici, ça n'ira pas; par là, ça ira." L'arbre s'inclinait du mauvais côté, quand la prieure, qui avait sur elle la ceinture de Samthann, la fit poser dans cette direction. Un coup de vent violent, et l'arbre s'écroule en sens inverse. [Voir dans la Règle de saint Isidore de Séville, 20 (Patrologie Latine t. 88, col. 889) où là aussi c'est le prieur qui s'occupe des charpentiers et artisans.]
16. La prieure et les bûcherons cherchaient des pins. Rien pendant 3 jours! Le quatrième, on allait rentrer chez soi, quand Nathea vit en songe Samthann qui lui dit : "Coupez les saules; vous trouverez là des pins abattus." Au jour, on exécuta l'ordre et on trouva les pins. Le propriétaire de ce bois intervint: "Il faut me payer ces arbres!" Santhea consentit. La nuit suivante Samthann apparut au propriétaire. "Quoi? tu veux retirer à Dieu ce qu'on lui offre?" Et de son bâton, elle frappa l'homme au côté : "Misérable, si tu ne te repens pas, tu mourras bientôt." L'homme lâcha ses troncs. Les gens du pays prêtèrent 60 paires de boeufs, qui traînèrent tout ce bois au monastère.

17. [Probablement après la mort de Samthann], le roi Niall (763-778) demanda le bâton de la sainte, pour l'orner d'or et d'argent. Mais le bois était tordu et vieux, et se prêtait mal aux enjolivements. On accrocha le bâton au-dessus du lit royal. A cause de la dévotion du roi et des vertus de la sainte, le Christ redressa le bâton.

18. Deux moniales vivaient près du monastère de l'abbé Kynnechus (Cainnech, 11 octobre). L'une d'elles tomba enceinte par suite d'une suggestion diabolique et enfanta un fils. Pour éviter le scandale, elle ne voulut pas le nourrir. Les 2 soeurs allèrent trouver Samthann avec le bébé. Celle-ci recueillit l'enfant et fit partir les soeurs nuitamment, pour éviter tout bavardage fâcheux. Dans un bois, elles tombent sur des voleurs. Mais le Seigneur fit s'ouvrir un tronc d'arbre énorme : l'écorce se referma sur elles dès qu'elles furent à l'intérieur. Et voleurs de chercher en vain. Les soeurs purent repartir tranquilles. Samthann fit instruire l'enfant, qui devint un abbé illustre au monastère de saint Cainnech.

19. Samthann voyageait en char quand elle trouva sur son chemin un chêne colossal, avec une branche si basse qu'elle ne pouvait passer assise. Elle frappa l'obstacle de son bâton en disant : "Ote-toi!" La branche se leva.

20. Un moine demanda à la sainte comment prier : prosterné? assis? debout? Elle dit : "Dans toutes les postures, il faut prier."

21. Une femme stérile vint trouver la sainte qui la bénit et lui dit : "Tu auras un fils que tu appelleras Inrechtach. Il sera un sage, le seigneur de son pays."

22. La patrie des geôliers est envahie par l'ennemi, et le captif s'évade grâce à cette attaque.

23. Les moines de l'île d'Iona envoyèrent à la sainte un navire chargé de laine. Tempête. Sur le bateau, un jeune fou s'écria : "Balançons à la mer la laine de la vieille! Sans ça, on coule!" Le patron réplique: "Non! on vivra ou on mourra avec la laine pour la vieille dame." Cela dit, c'est le calme plat : il faut ramer. Sur ce, le jeune fol de dire : "Pourquoi la vieille, maintenant, ne nous envoie-t'elle pas une risée?" Alors le patron: "Nous croyons que par son intercession, Dieu nous aidera." Et voilà le vent qui gonfle les voiles. Ils arrivent chez la sainte et lui baisent la main. "Qu'est-ce que tu disais donc de moi, quand la tempête vous menaçait?" demande la vierge au jeune gars, qui rougit et reste muet. Elle reprend : "Ce n'est pas un crime, va! mais si une autre fois tu es en danger, appelle-moi au secours sans hésiter."

24. Un professeur dit à la vierge : "J'ai l'intention de faire passer l'étude au second plan, pour vaquer à la prière." Elle objecta : "Qu'est-ce qui pourra donner de la stabilité à ton esprit, pour qu'il ne coure pas partout, si tu négliges l'étude spirituelle?" Le professeur reprit : "Je désire passer la mer pour aller en pèlerinage." Elle répondit : "Si sur ces rivages nous ne trouvons pas Dieu, inutile de passer la mer. Puisque le Seigneur est proche de tous ceux qui L'invoquent [Ps. 144,18], il n'est pas nécessaire que nous passions la mer. De n'importe quelle terre on peut parvenir au Royaume des Cieux."

25. Elle était une bonne maîtresse pour tous ceux qui étaient sous ses ordres, avec tous les dehors d'une servante très humble. Elle était pauvre en esprit et en réalité. Elle répugna à posséder des champs et n'eut jamais plus de 6 vaches à la fois. Elle était d'une charité diligente pour tous, mais spécialement pour ceux de sa maison. Recevait-elle des dons? Sa part personnelle passait en supplément pour chaque soeur. Elle donnait avec joie, recevait avec modestie. Elle savait compatir avec bonté, venir en aide avec efficacité.

26. La nuit de sa mort, le saint abbé Lasrianus (*) vit 2 lunes. L'un de ces astres descendit à lui. Il comprit ce que cela signifiait, car il avait demandé à la sainte de s'arrêter chez lui avant de monter au ciel. Et l'astre s'éleva.
[(*) ou Molaisse, fondateur de Devenish, mort vers 570 : c'est le seul anachronisme de cette version de sa Vie]

Bibliographie : Charles C. Plummer, Vitae sanctorum Hiberniae, t. 1, 1910, p. 34, 87-88, 94; t. 2, 253-261, 368.
The Martyrology of Gorman, éd. W. Stokes, 1895, p. 242, 392
The Martyrology of Oengus, éd. W. Stokes, 1905, p. 252, 260 (19 décembre)
The Stowe Missal, éd. G. F. Warner, 1915, p. 14 (S. Samdine)
The Martyrology of Tallaght, éd. Richard Irvin Best & Hugh Jackson Lawlor, 1931, p. 87, 108, 124 : Bradshaw Soc., t. 9, 29, 32, 68.
Life of St. Samthann, Medieval Hagiography: An Anthology, par Dorothy Africa, Thomas Head editor, New York, Garland Publishing, 2000. 97-110


Sainte Samthan est reprise dans le ménologue des saints Orthodoxes d'Occident du p. Andrew Philips (EORHF / Folkestone)
http://www.orthodoxengland.org.uk/saintss.htm
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Racines Chrétiennes de la Turquie - un film bientôt au cinéma (US)

Un film sur l'histoire Chrétienne de la Turquie sort en première ce soir
http://sundaygazettemail.com/News/200812050732




Par Kellen Henry
rédactrice



6 décembre 2008 - La cinéaste Victoria Barrett emmène les spectateurs en voyage depuis les montagnes de la Virginie de l'Ouest jusqu'aux montagnes du berceau du Christianisme.
Dans son nouveau film, "Journey of Faith" ("Voyage de la Foi"), l'auteur, native d'Hedgesville, remonte les traces de l'histoire Chrétienne depuis ses racines bibliques jusqu'au long de l'empire de Constantinople, explorant 15 lieux en république de Turquie.
"Journey of Faith" sera présenté pour sa première ce soir sur la télévision publique de West Virginia, vers 20h45, lors d'une soirée d'appel aux dons de charité. Il sera diffusé dans tout le pays par PBS l'an prochain.
Ce documentaire, long d'une heure, visite les sites bibliques de la Turquie moderne, y compris le Mont Ararat, où certains pensent que l'Arche de Noé est venue s'échouer, et les voyages de saint Paul de Tarse jusqu'à Ephèse.
Barrett, qui narre le film en Turquie, explorera aussi l'ancienne Église et l'héritage du Christianisme dans l'actuelle Istanbul.
Bien que Barrett ait fait ses recherches dans la Bible et d'autres livres historiques pour monter son film, elle dit que le contenu théologique est exprimé de manière à ce que tous puissent apprécier le film, qu'ils soient Chrétiens ou mordus d'Histoire.
"J'ai voulu le réaliser de manière à ce qu'il soit accessible, et non pas académique, pour permettre aux gens de venir participer à un voyage à travers le temps," ajoute Barrett.
En plus de filmer sur place en Turquie, Barrett a utilisé Google Earth et des oeuvres d'art.
"Journey of Faith" montre aussi quelques scènes de Virginie de l'Ouest, dont la chapelle d'Hedgesville que le grand-père de Barrett a aidé à construire. Barrett avait entamé son film en 2000, mais l'avait laissé de côté pour d'autres projets.
"Je ne me suis jamais inquiétée pour l'achever. L'histoire qu'il couvre a plus de 2.000 ans, et ça ne va pas changer," dit-elle.
Barrett, présidente de Shenandoah Films, a 20 ans d'expérience dans le secteur du divertissement. Elle est la directrice et la productrice du film documentaire "Desperate Hours," à propos de la diplomatie Turquie au sujet des Juifs pendant l'Holocauste.

Pour des informations sur Shenandoah Films et des photos de "Journey of Faith," voyez:
http://www.shenandoahfilm.com/

Kellen Henry
khenry@wvgazette.com or 348-5179.



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http://www.shenandoahfilm.com/jof.htm


Où se trouve le Mont Ararat – l'endroit où repose l'Arche de Noé?
Où donc les Chrétiens ont-ils pour la première fois été appelés "Chrétiens?"
Où se trouvent l'Asie Mineure biblique.. Ephèse.. Antioche..
et la patrie du saint Nicolas original?
Où se trouvent tous ces lieux? Peut-on les visiter de nos jours?


Venez, rejoignez l'aventure de notre hôte, Victoria Barrett, qui répondra à toutes ces questions et bien d'autres encore, à travers son voyage de découverte des racines et de l'expansion du Christianisme ancien. Inconnue de bien des gens, beaucoup de cette histoire – des Apôtres jusqu'aux Croisés – a eu lieu dans l'actuelle république de Turquie, appelée Asie Mineure aux temps bibliques. Ne cédant le pas qu'à Israël en matière de sites bibliques, la Turquie est une mine d'or pour l'histoire du Christianisme ancien.



Parcourant 15 lieux différents au cours de cet extraordinaire périple, pendant ce film d'une heure, le spectateur va visiter et comprendre ces sites bibliquement importants, et pourtant si rarement vus. Victoria a été voir des bergers qui font encore paître leurs troupeaux à l'ombre du magnifique mont Ararat. Elle a marché sur les anciennes routes romaines, sur les pas de saint Paul, à son lieu de naissance à Tarse, et fait voile, comme il le fit, à travers la Méditerranée vers les rives baignées d'eau turquoise de la Mer Egée. De là, le voyage suit Paul à Ephèse, explorant ses rues, temples et son amphithéâtre si bien préservé, au point que vous vous sentirez comme si vous aviez voyagé dans le temps. Partant pour les montagnes, nous arrivons au lieu où seraient décédés saint Jean et la Vierge Marie.

Victoria continue à parcourir les siècles.. les 7 églises de l'Apocalypse, la conversion de l'empereur Constantin – lorsque le Christianisme est devenu la religion d'un empire.. -, voyage en ballon au dessus des féeriques collines de Cappadoce où les premiers Chrétiens venaient se réfugier.. la construction par l'empereur Justinien de la magnifique Sainte-Sophie à Constantinople.. les croisades.. et on arrive à l'actuelle Istanbul.

Le voyage de découverte de Victoria est présenté de manière intéressante au spectateur car elle n'est pas une chercheuse ou une théologienne. Au contraire, elle est cinéaste et actrice qui parle de manière claire de l'histoire biblique, avec des mots compréhensibles, utilisant des cartes animées pour resituer les événements et les lieux en contexte, et elle décrit visuellement ces sites par d'époustouflantes images. Le public sera émerveillé par la quantité d'histoire réunies en ce documentaire d'une heure, et apprendra que la plupart de ces lieux sont accessibles à ceux qui veulent en savoir plus et voir par eux-mêmes.

Le Christianisme est né en Israël, il a grandit en Asie Mineure, et il a atteint l'âge adulte dans l'empire de Constantinople. Ce "Voyage de la Foi" informe et enthousiasme merveilleusement les spectateurs au sujet de cette riche histoire du Christianisme des origines, et c'est une réussite majeure pour un film documentaire.




source photos sur Flickr

http://www.shenandoahfilm.com/joftrail.htm
bande-annonce du film

18 décembre 2008

Le martyre – homélie celtique orthodoxe du 8ème siècle


"A. Tardif, fragment d'homélie en langue celtique, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes. 1852, p. 193-202.
Un fragment d'homélie en langue celtique a été trouvé, il y a un demi-siècle, dans un manuscrit de la bibliothèque de Cambrai (n° 619), provenant de la spoliation de la bibliothèque capitulaire de cette ville à la fin du 18ème siècle. Ce texte remonterait, paraît-il, au 8ème siècle, peut-être même un peu plus haut. En voici la traduction:"

Au Nom du Dieu Très-haut. Si quelqu'un veut Me suivre, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et vienne. Ce sont les paroles que notre Seigneur Jésus-Christ adresse à chacun de nous, pour nous inviter à renoncer au vice et au péché, à nous enrichir de vertus, à porter la croix pour l'amour de Lui, tandis que notre âme est unie à notre corps; enfin à suivre par nos bonnes actions les traces de notre divin Maître. Jésus-Christ dit en effet: Si quelqu'un veut Me suivre, qu'il se renonce lui-même, qu'il porte sa croix et qu'il vienne. Or nous ne Le suivons pas, si nous refusons d'obéir à ce précepte, si nous ne veillons pas sur nos passions, si nous ne résistons pas aux tentations. Nous prenons au contraire notre croix, quand nous acceptons les condamnations, les afflictions, le martyre pour l'amour du Christ. Comme le dit un sage : Le mot croix s'applique à ce qui nous fait souffrir; nous avons deux manières de porter la Croix du Seigneur, soit par l'ascèse corporelle, soit par la compassion à l'égard du prochain dont les besoins deviennent nôtres.
Celui qui ressent le mal d'autrui porte la croix intérieure. Et l'Apôtre dit aussi : Pleurez avec ceux qui pleurent, réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent : si un membre souffre, que tous les membres s'associent à cette souffrance. Lorsqu'on éprouve une douleur dans une partie du corps, qu'elle ait son siège au bras ou aux doigts, le corps tout entier souffre de cette douleur. C'est ainsi que nous devons agir : chacun des membres du grand corps humain doit prendre part aux douleurs, aux peines qui affligent son voisin, comme le dit l'Apôtre : Ne suis-je pas comme dans le feu, lorsque quelqu'un est scandalisé? Ces paroles que prononce le saint apôtre dans l'élan de sa charité reviennent à dire que je souffre des souffrances des autres, je m'afflige de leurs afflictions, je me fatigue de leurs fatigues. C'est ainsi que chaque homme doit compatir dans son coeur à toutes les maladies, à toutes les privations, à tous les labeurs de ses frères. Le sage dont nous avons rapporté sa parole nous apprend aussi que toute affliction qui rentre dans l'un des trois genres de martyre peut être regardée comme une croix, que ce soit le martyre blanc, le martyre gris ou le martyre rouge. On souffre le martyre blanc quand on renonce pour l'amour de Dieu à ce que l'on aime, quoiqu'on doive endurer les privations de la pauvreté. On souffre le martyre gris quand on renonce à ses passions pour se repentir et faire pénitence. Le martyre rouge consiste à souffrir les supplices et la mort pour l'amour du Christ, comme les Apôtres qui voulaient à la fois déraciner le vice et promulguer la Loi de Dieu, de sorte qu'ils souffrirent ces trois genres de martyre. Se repentir sincèrement de ses fautes; renoncer à ses passions; supporter les tourments, les afflictions, les fatigues pour l'amour du Christ, voilà ce que comprennent les trois genres de martyre, tous précieux devant Dieu, qui nous récompensera si nous avons su les souffrir. Chasteté dans la jeunesse, modération dans l'abondance.

Emly, 10 août 2005


in : "Les Martyrs", vol. 4, p. 354
Recueil de pièces authentiques sur les martyrs depuis les origines du christianisme
abbaye Saint-Michel de Farnborough, 1924

17 décembre 2008

Les saints des Déserts de Grande-Bretagne (p. Stephen Maxfield)

http://www.nireland.com/orthodox/deserts.htm


Cela a toujours été un appel pour les ascètes et les ermites : se retirer du monde et mener le combat spirituel dans le désert. Bon nombre des plus grands moines Orthodoxes sont partis vivre au désert. Nous viennent à l'esprit des noms comme ceux de saint Paul de Thèbes, saint Antoine le Grand, saint Siméon Stylite, sainte Marie l'Égyptienne et tant d'autres encore.

Pourquoi y avait-il ce désir d'aller au désert? Nombre de raisons à cela. Une des plus importantes, certainement durant les premiers siècles, ce fut l'idée que le désert était habité par les démons. On le croyait du fait que le désert semblait être l'anti-thèse absolue de la Création. C'était désolé, sans vie apparente, et donc cela semblait exprimer une absence de Dieu. La vie Chrétienne était vue en termes de lutte cosmique entre les forces du Malin et Dieu. Se souvenant de cela, on ne peut pas appeler l'action des premiers ermites du désert une "retraite"; bien au contraire, ils étaient l'avant-garde sur le champ de bataille.

Une deuxième raison est que dans le désert, l'ascète était libéré du plus grand nombre des distractions "du monde", et pouvait dès lors se concentrer sur la lutte interne, et avancer dans la vie spirituelle. En fait, une telle vie n'est pas entièrement dépourvue de distractions, parce que la plupart de nos distractions, nous les emmenons avec nous. Ces distractions étaient amplifiées dans le désert, et donc il fallait lutter contre elles - les distractions comme les passions (ou la tentation de satisfaire des désirs non-essentiels), renforcées par la solitude, la faim, la soif, la chaleur durant le jour et le froid durant la nuit, et l'envie de dormir. Toutes ces choses pourtant fort nécessaires plongeaient l'ascète non pas dans ses propres forces, mais en Dieu. Il était, presque littéralement, en mesure de "se trouver" lui-même et d'apprendre que par lui-même il ne pouvait rien, mais qu'avec Dieu tout était possible. Le résultat de cela était que souvent, il pouvait grandir spirituellement à un rythme accéléré, plus rapide que pour "ceux dans le monde."

Parfois l'on pourrait se demander si le désir d'entrer au désert n'est pas un désir égoïste - un désir pour sauver sa propre âme sans rien faire de bon pour les autres. Derrière de telles questions, il y a une vision purement matérialiste du monde - une vision où l'on ne croit que ce que l'on sait voir; où le bien ne se comprend que dans ce qu'on sait faire de bien aux autres, plutôt que de voir qu'un homme vraiment bon a une effet bien plus grand et bien plus étendu qu'au-dedans de sa sphère d'influence directe. Il y a une impossibilité à comprendre ce qui est supra-naturel, un déni de l'efficacité de la prière, et par extension, de l'existence de Dieu Lui-même. On doit envisager la vie spirituelle et la vie de prière d'une manière différente. Nos prières ne sont pas des affaires privées entre nous et Dieu. C'est une activité à laquelle nous nous joignons - la prière d'innombrables autres à travers le monde, dans l'éternité, et la prière du Christ en Personne.
Nul ne sait dire avec certitude quels seront les effets de ces prières, mais il a toujours été clair pour les Chrétiens que les prières sont entendues, et comme le dit l'Évangile "Nous savons que Dieu n'écoute pas les pécheurs : mais si quelqu'un est religieux et fait Sa volonté, Dieu l'écoute" (Jean 9,31).

Avec le temps, la croissance spirituelle des ascètes fut largement reconnue et les gens affluèrent vers les déserts et y fondèrent nombre de monastères. Certains existent encore de nos jours : pensons à Sainte-Catherine sur le Mont Sinaï, saint Savas sur le Jourdain, et les monastères Coptes du Wadi Natrun.
Le temps passant, on réalisa qu'il y avait nombre de démons à traiter, dans toutes sortes d'endroits, pas seulement dans le désert connu, et que d'autres endroits isolés pourraient servir tout aussi bien, et c'est ainsi que l'on trouva des fondations de "déserts" un peu partout dans le monde Chrétien. C'est cette sorte-là de "désert" qui a été établie en Grande-Bretagne. En voici 4 exemples.

Le Désert des Montagnes
Un certain nombre d'ascètes se choisit le sommet de montagnes. Saint Gwyddfarch, ermite et fondateur de monastère, est l'un d'entre eux. Nous ne savons plus grand chose des débuts de sa vie, sinon qu'il appartenait à la communauté fondée par son père spirituel, saint Llywelyn, à Trallwng (Tre=ville, Llwng=Llyweelyn, donc "ville de Llyweelyn), que l'on appelle en anglais actuel Welshpool. C'était au 6ème siècle. Cela faisait partie de la 'Mission Orientale', c'est-à-dire l'afflux de Chrétiens "Britons" au Pays de Galles, venant de ce qui est à présent le Shropshire, et probablement en particulier de la ville de Wroxeter (Uriconium).
De Trallwng, Gwyddfarch partit pour un lieu particulièrement sauvage dans le pays, au Nord-est, et s'installa dans la vallée Vyrnwy, près de l'actuel village de Meifod. Au-dessus de cette vallée, on trouve une montagne fort escarpée et solitaire, et c'est près de son sommet que Gwyddfarch bâtit sa cellule, vécut et mourût. C'est là qu'il fut enterré et c'est là qu'il est encore de nos jours. On appelle de nos jours cette montagne Moel yr Ancr (la montagne chauve de l'anachorète). Quand on regarde l'endroit de nos jours, c'est époustouflant de beauté champêtre, et cela ressemble fort peu à un désert. En hiver cependant, lorsque le froid vent d'Est souffle, on se rend plus facilement compte que vivre au sommet de cette montagne, entourée par des forêts infestées de loups, c'était très dur, froid et inconfortable - presque comme les déserts d'Afrique du Nord! Saint Gwyddfarch est commémoré le 3 novembre.

Le Désert de la Vallée
Une autre sorte de désert, ce fut la vie dans une vallée extrêmement isolée et cachée. Telle fut la vie choisie par l'ermitesse sainte Mélangell (le "ll" final se prononce en gallois comme dans Llan). Là aussi, on ne sait plus grand chose de sa vie passée, mais elle était d'un groupe d'ermitesses Galloises, qui s'étaient construit des cellules dans des coins reculés du Pays de Galles (au début du 7ème siècle). La vallée qu'elle avait choisie était si isolée que personne ne sut qu'elle s'y trouvait, jusqu'à ce qu'un jour un prince vienne chasser le lièvre dans cette vallée, lièvre qui vint se réfugier dans la tunique de Mélangell. Le prince en fut si impressionné qu'il lui donna aussitôt la vallée. Cette vallée choisie par sainte Mélangell est toujours aussi isolée, bien qu'à présent il y ait une route qui y mène. C'est une très belle vallée, avec des pentes escarpées vers les sommets à l'entour, voire des falaises à pic. Mélangell devint fort célèbre durant sa vie, et lorsqu'elle mourût et fut enterrée dans l'extrémité Est de l'église, des pèlerinages y commencèrent, et la toute proche route de Bala fut bâtie. La route a été à présent détournée, et la tranquillité y est revenue. L'église est en cours de restauration et on peut encore y voir le lieu de sépulture et le tombeau de Mélangell.
Sainte Mélangell est commémorée les 31 janvier & 27 mai.


L'Île
Toutes les îles n'ont pas été considérées comme des déserts. Aux jours où il était bien plus facile de communiquer par voie maritime et par les rivières, les îles avaient un rôle très important en matière de communications et stratégique. Des îles comme Iona ou Lindisfarne rentrent dans cette catégorie. Cependant il y avait aussi des îles qui étaient si difficiles d'accès que cela en faisait des déserts idéaux. Le meilleur exemple est Ynil Enlii ou Bardsey à l'extrême pointe de la péninsule Lleyn dans le nord du Pays de Galles. Le problème qu'on y trouve est le suivant : une terrifiante marée s'élance entre la terre et l'île, et si on ne parvient pas à atteindre l'île exactement au bon moment de la marée, on est projeté contre les rochers ou rejeté à la mer. Même de nos jours il n'y a qu'un seul bateau par semaine qui circule, et uniquement par beau temps. C'est sur Bardsey, à la fin du 5ième siècle, que saint Cadfan, le guide de la "Mission Armoricaine", y fonda un désert. Il s'y retira après avoir fondé nombre d'églises sur la côte Ouest du Pays de Galles, en particulier dans la région de Towyn. A l'époque, Bardsey devint un des plus célèbres lieux de pèlerinage de Grande-Bretagne, et beaucoup vinrent s'y faire enterrer, pour être au plus près des innombrables saints ascètes qui y étaient morts. Avec le temps, l'endroit reçut le nom de "l'île des 22.000 saints." Les ossements humains y étaient si communs qu'ils étaient utilisés pour renforcer les clôtures!

La pierre de Saint Cadfan – dans l'église Saint-Cadfan, qui est une construction normande du 12ème siècle sur un emplacement antérieurement occupé par une chapelle Orthodoxe, on trouve la "pierre de Cadfan," 2 mètres de haut, comportant la plus ancienne inscription en gallois survivante, écrite en vieille onciale (7/8ème siècle).


Le Marais
Saint Guthlac luttant contre le démon, scènes de sa Vita
source

A présent que les landes et les étendues marécageuses du Norfolk sont plus ou moins drainés, il est difficile d'imaginer à quoi cette partie de l'Angleterre pouvait ressembler aux Ages Ténébreux. Il ne reste que quelques endroits non-drainés dans le Norfolk. Là on trouve quelques lieux détrempés, de la végétation impénétrable, des arbres pourris abattus, des buissons de ronces plus hauts qu'un homme, et des grosses orties fort piquantes. C'est dans un endroit comme celui-ci, quoique plus humide encore et probablement sans tous ces arbres, que saint Guthlac se retira pour gagner son éternelle récompense. Guthlac était membre de la famille royale de Mercie, il s'était converti, plutôt à la manière de saint Paul, et partit pour l'abbaye de Repton. Là il décida de devenir ermite et à force de ramer et à coups de perche, il parvint avec son petit bateau sur "l'île" de Croyland et Crowland, à quelques miles au sud-ouest du Wash. En dehors de son inaccessibilité par voie terrestre, cette terre devait être excessivement difficile à cultiver durant l'été, lorsque les moustiques devenaient insupportables. C'est cependant là que Guthlac resta, se construisant une hutte par dessus un puits creusé. Il s'habillait de peaux d'animaux et ne mangeait qu'un peu de pain d'orge avec de l'eau boueuse. Progressivement, une petite communauté se rassembla autour de lui, et grandit après sa mort en 714 pour devenir la grande abbaye de Crowland. Guthlac est commémoré le 11 avril.
La sorte d'exercices ascétiques pratiquée par Guthlac était probablement le reflet exact de celle des autres saints ici mentionnés. Une ascèse qui était très populaire en Grande-Bretagne consistait à se tenir dans l'eau nu jusqu'au cou. Un ami moine m'a suggéré que la raison probable de ceci était de se tenir éveillé, en particulier durant les longues veilles de la nuit, lorsqu'ils avaient à réciter les Psaumes en se tenant debout.

Chacun de ses lieux de "désert" est accessible de nos jours - même si c'est avec de considérables difficultés en ce qui concerne Bardsey). Ils sont les témoins silencieux d'une grande dévotion à Dieu et du désir d'établir dans l'âme une repentance profondément ancrée et une dépendance à Dieu.

Source: Orthodox Outlook, Vol. IV, No. 3.

p. Stephen, Shrewsbury
http://www.shrewsburyorthodox.com

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16 décembre 2008

Jean VIII, sceau de la papauté romaine Orthodoxe (+ 16/12/882)

Πάπας Ιωάννης Η
Иоанн VIII (папа римский)


Tout comme Léon III au début du même siècle, Jean VIII sera confronté à la montée en puissance de la nouvelle religion catholique-romaine, que les Francs de Germanie, qui l'ont inventée, chercheront à tout prix à promouvoir, et à installer à Rome. Léon III aura plus de chance que Jean VIII au niveau survie physique, mais pas plus de succès à ramener à la Foi les brebis perdues.. L'orgueil humain est le plus fort dans ces cas-là, et jamais, pas même aujourd'hui où ils ont proclamé tant de dogmes contraires à la Foi salvatrice, ils n'avoueront leur égarement, car ce serait l'effondrement de tout leur système humain, de leur pouvoir terrestre. Jean VIII le sait pour l'avoir payé de sa vie.

Né à Rome vers 820, Jean devint archidiacre de l'Église de Rome, avant d'être élu évêque le 14 décembre 872. Son élection fera l'objet d'une vive opposition de la part de Formose, futur pape hétérodoxe. Bien qu'assez âgé au moment de son élévation à l'épiscopat, il se montrera un pontife énergique.
Les occidentaux l'ont surnommé "le recteur de l'Europe." Saint Photios le Grand avait eu sa première élection au trône de Constantinople d'une manière qu'on ne peut pas qualifier de canonique, même s'il y avait des précédents ailleurs (comme saint Ambroise à Milan). Beaucoup d'intrigues politiques s'en étaient mêlées, et la politique prenant le pas sur la dignité et la qualité, Photios avait été destitué. C'est Jean VIII qui écrira à l'empereur en 877 pour le restaurer dans sa charge et dignité patriarcale, et la lettre (en latin) est claire, Jean VIII condamnait les erreurs de ceux qui avaient ainsi "dégradé" Photios.
Le 8ème Concile général, oecuménique, rétablira solennellement Photios, qui par ailleurs présidera ledit Concile, ce qui n'a rien d'exceptionnel puisqu'aucun des Conciles Oecuméniques n'a jamais été présidé par le moindre évêque de Rome, c'est un fait historique que les signatures des souscripteurs des Conciles prouvent de manière irréfutable. Jean VIII aura cependant ses légats audit Concile, et ils souscriront en son nom à l'anathème contre les altérations de la Foi salvatrice, dont ce "filioque" des Carolingiens qui est encore en usage chez les catholiques-romains et leurs dérivés protestants & anglicans.
Un problème existait au sujet de l'actuelle Bulgarie, des disputes territoriales difficiles à régler, car les armées germaniques s'avançaient un peu partout, et les Serbes qui n'étaient plus Chrétiens (de rite latin) et pas encore rechristianisés (en rite oriental) rajoutaient des troubles. Des discussions auront souvent lieu entre les patriarcats afin de savoir qui devait s'occuper de quoi dans ces régions aux frontières fluctuantes.
Un problème existait aussi au sujet de la Moravie; les saints Cyrille et Méthode avaient obtenu de l'évêque de Rome Adrien II de pouvoir s'occuper de la réévangélisation de ces pays. Adrien avait accordé aussi l'usage de la Liturgie dans cette langue forgée par les 2 frères, le futur slavon. Jean VIII confirmera le tout, et l'Orthodoxie de saint Cyrille. Hélas, pendant ce temps, pour raisons militaires, les Carolingiens envahissant les pays auront leurs moines avec eux, de croyance non-Orthodoxe, et ces derniers seront appuyé par le pouvoir militaire, et détruiront systématiquement tout le travail des saints, réalisé avec l'approbation de cette papauté romaine qu'ils prétendaient promouvoir, arrachant les semences du Christ qu'ils prétendaient servir..

Malgré cela, il continuera le système du sacre impérial occidental avec Charles le Chauve, couronné le 25 décembre 875. Les guerres fratricides entre les descendants de Charlemagne ensanglantaient toute l'Europe. Suite de la mort de Louis le Germanique, Charles le Chauve se trouvera en difficulté militaire. Jean VIII l'appellera à Rome, et Charles mourra dans les Alpes en 877. Au printemps 878 Jean VIII se trouvera assiégé et en grand danger dans Rome, et il devra fuir l'Italie. Il sera accueilli à Arles par l'archevêque de la métropole gauloise, Rostang. Il assistera au Concile de Troyes, où il proposera la couronne italienne au roi Louis le Bègue, qui n'acceptera pas. En 881, Jean VIII couronnera Charles le Gros empereur, mais Charles devra abdiquer en 888.

Le pape Jean VIII meurt en 882 dans des circonstances affreuses. Les Annales de Fulda (Annales Fuldenses), rédigées par Eginhard et ses continuateurs Rudolf de Fulda (+ 865) et Meginhard de Fulda (+ 888), disent que Jean VIII a été empoisonné puis, comme il ne mourrait pas assez vite, frappé à coups de marteau. Il est donc historiquement l'unique pape de Rome mort assassiné - car des presbytres puis évêques de Rome morts martyrs de la Foi, il y en a eu assez bien durant les 3 premiers siècles de la vie de cette Église locale-là. Ici, ce sont ses "protecteurs" qui l'ont liquidé, pour installer des fantoches à leur places, les chefs de la nouvelle religion imposée par les armes à l'Occident. Ce drame du 16 décembre 882 a des conséquences qui durent jusqu'à nos jours. Tout l'Occident s'est effondré dans l'athéisme et va de ruines en ruines.

(882 Dec.i5) : "Iohannes VIII pontif ex Romanus decessit; in cuius locum, Marinus antea episcopus contra statuta canonum subrogatus est."

(883.) "Cesar in Alamannia natale Christi celebravit. Inde paulatim iter suum ad Vaiowariam dirigens pascha Domini honorifice Radaspona civitate mansit; ibique habito conventu diversis rebus ab Italia auditis illuc reversus est.
Igitur Romae praesul apostolice sedis nomine Iohannes prios de propinquo suo veneno potatus, deinde, cum ab illo simulque aliis suae iniquitatis consortibus longius victurus putatus est, quam eorum satisfactio esset cupiditati, quia tam thesaurum suum quam culmen episcopatus rapere anhelabant, malleolo, dum usque in cerebro constabat, percussus expiravit. Sed et etiam ipse constructor male factionis concrepente turba stupefactus a nullo lesus nec vulneratus mortuus non mora apparuit. In cuius vice omni populo Romano unanimiter confortante Marinus, qui in id tempus Romana in urbe archidiaconus tenebatur, ordinari compactum est."

http://ro.orthodoxwiki.org/Chiril_%C5%9Fi_Metodie
"Adrien II rétabli l'ancien diocèse de Panonie, comme étant le premier diocèse slavon de Moravie et Panonie, indépendant des Germaniques, à la demande des princes slaves Rastislav, Svatopluk, et Kocel. Methodius fut dès lors nommé archevêque du nouveau diocèse. Cependant, en revenant en Moravie en 870, le roi Louis ("empereur") et les évêques germaniques convoquèrent Méthode à un Synode à Ratisbone (Regensburg), où ils le déposèrent et l'envoyèrent en prison. Trois ans plus tard, après que les Francs germaniques aient subis plusieurs défaites militaires en Moravie, Jean VIII fit libérer Méthode et le restaura comme archevêque de Moravie. Aussitôt, les Germains mirent en doute son orthodoxie, en particulier à cause de l'usage du slavon. A nouveau, Jean VIII décréta une autorisation de l'usage du slavon dans la Liturgie, mais en ajoutant que l'Évangile devrait d'abord y être lu en latin, puis en slavon. De plus, le principal accusateur de Méthode, Wiching, fut nommé vicaire épiscopal, et de cette position, il continua à s'opposer à Méthode. Sa santé ravagée par sa longue lutte avec ses opposants, Méthode mourut le 6 avril 885, après avoir recommandé pour successeur son disciple, Gorazd, un slave de Moravie. Les 2 frères Cyrille et Méthode sont commémorés ensemble le 11 mai."

Jean VIII a donc été assassiné, achevé à coups de marteau par les Carolingiens, tout ça pour avoir signé le 8ème Concile, de statut oecuménique. Concile général où l'hérésie du "filioque" fut condamnée à nouveau, et qui signifie donc que quiconque aujourd'hui y croit, la défend, et professe que le Saint Esprit procéderait aussi du Fils, est de facto excommunié. Sont bien visés les convaincus, la plupart des autres étant dans l'ignorance, ils ne sont bien entendu pas concernés.
Dès lors, on ne peut pas considérer un de ces convaincus comme "frère en Christ" mais comme étant hors de la communion en Christ. C'est à méditer avant la célèbre semaine "oecuménique," car ce n'est pas une opinion personnelle mais la Foi proclamée par l'Église. Et on n'aime pas et on n'aide pas en laissant les gens dans l'ignorance de cette Foi salutaire. Car celui qui est ainsi condamné ne l'est pas par des hommes, qui sont tous faillibles tant qu'ils sont – moi en premier - , mais par l'Esprit Saint qui dirige les Conciles Oecuméniques, comme on le sait depuis le premier Concile tenu à Jérusalem par les saints Apôtres.

Si ces intéressements politiques et ses disputes avec d'autres patriarcats pour des questions territoriales montrent un caractère vindicatif et quelques méthodes un peu "césaro-papistes" (mais nombre de pontifes russes ont fait pareil!), sa résistance et sa lutte pour la Foi en font un authentique héros de l'Orthodoxie. Un des derniers grands évêques Orthodoxes d'Occident. Il mérite bien une place dans nos Offices. Ca, c'est mon opinion et je la partage.

en grec, un article du célèbre théologien le prêtre Jean Romanides, publié par le monastère Pantokrator (Athos)
http://www.impantokratoros.gr/Aitia-sxismatos.el.aspx

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La Turquie accorde leurs fêtes religieuses aux étudiants Juifs et Arméniens – mais pas aux Chrétiens!

La Turquie accorde leurs fêtes religieuses aux étudiants Juifs et Arméniens
http://www.hurriyet.com.tr/english/domestic/10488857_p.asp


Le président du Conseil Supérieur de l'Éducation (YOK), Yusuf Ziya Özcan, a demandé par une note officielle envoyée hier aux recteurs des universités, que les étudiants Juifs et Arméniens en Turquie puissent se voir autorisés à prendre congé pendant leurs fêtes religieuses, a rapporté mardi le quotidien Hurriyet.


m. Oczan


Le décret s'applique aussi au personnel académique Juif et Arménien, leur permettant donc de bénéficier du même droit, précise Hurriyet.

C'est la toute première fois qu'une décision reconnaît au niveau institutionnel les fêtes religieuses juives et arméniennes.

Le YOK a aussi communiqué la note au secrétariat du supérieur des rabins et à la résidence patriarcale arménienne, pour les informer de la décision, a indiqué Hurriyet.



notes du traducteur
a. les autorités turques voulant à tout prix investir l'Europe, elles lâchent de temps à autres du lest pour faire preuve de "bonne volonté d'intégration." On remarquera cependant que JAMAIS les Chrétiens (c-à-d les Orthodoxes) ne sont concernés par ces mouvements. La guerre contre le Christ et Son Église ne cessera jamais. Dans ce contexte, on ne déplorera jamais assez la position ambiguë, voire scandaleuse, du patriarche Bartholomeos, qui soutient à fond l'entrée de son pays asiatique en Europe, bien qu'il connaisse tout le tort que son pays a causé à plus de la moitié de l'Europe des siècles durant. Y compris aux ancêtres Grecs dudit patriarche.
b. le site vaticaniste belge qu'on m'a indiqué comme ayant déjà rapporté la nouvelle hier se trompe en disant que les étudiants Chrétiens ont à présent leurs jours de fêtes reconnus par l'État turc, précisant même "orthodoxes" – le texte du quotidien turc est clair, les Chrétiens ne sont pas concernés, seuls les Juifs et les Arméniens le sont. Mais bon, pour un vaticaniste, ne pas savoir faire la différence entre ce qui est Chrétien et ce qui ne l'est pas étant normal, puisque lui-même ne l'est pas, on ne leur en voudra donc pas..
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Source du tuyau turc
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15 décembre 2008

Charismes: ne rien laisser transparaître, par humilité (arch. Zacharias)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/10/29/it-is-more-humble-not-to-show-anything/

L'étang (? bohr ?) Saint Paphnuce
Mikhail Nesterov, 1890

Lorsque nous nous abandonnons à la Providence de Dieu, nous avons le courage de lutter, parce que le choix des choses ne dépend pas de nous. Dieu nous place là; Il veillera à tout. L'Apôtre Paul dit que "Les esprits qui animent les prophètes doivent leur être soumis" (1 Co 14,32). C'est à dire que si nous étions vraiment prophétiques, nous ne montrerions jamais quoi que ce soit de notre activité intérieure, de notre vie intérieure; il est bien plus humble de ne rien montrer, afin de préserver l'humilité, qui est si précieuse, et aussi de ne pas attirer l'attention sur soi. Par exemple, la manière dont nous lisons en église est sur un ton neutre, de sorte que le peuple de Dieu qui est présent puisse entendre s'ils le veulent, et qu'ils puissent cesser de le suivre s'ils veulent suivre leur propre rythme de prière intérieure. Telle est la culture de l'Église. Si je passe la nuit entière en prière, et que j'ai un rythme différent en moi, je ne suis pas forcé de suivre celui d'un autre : j'ai mon propre rythme, et je ne provoque personne. Dès lors, nous faisons tout afin de protéger notre humilité, et de protéger la conscience de nos condisciples.
C'est pourquoi, dans l'Église (Orthodoxe), les personnes vraiment charismatiques ne montrent pas leurs dons et grâces reçues. Que Dieu me pardonne ce que je vais dire, je ne veux pas critiquer – je pense que nombre de gens "charismatiques" ne sont pas libres de la soif de pouvoir, et parfois ils font étalage de leurs grâces et de leurs charismes afin de dominer les autres. Pardonnez-moi pour ce commentaire. C'est folie et destruction, comme le Seigneur l'a dit à la mère des fils de Zébédée (Mt 20,20-28).
Père évêque, pardonnez-moi, car j'en ai déjà dit beaucoup trop.

Archimandrite Zacharias
Bulletin dominical de l'église Holy Theophany
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14 décembre 2008

La Mère de Dieu veille sur la moisson et les récoltes (Icône d'Optina)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/10/15/a-helper-for-the-acquiring-of-their-daily-bread/


L'Icône de la Mère de Dieu "qui multiplie la moisson" a été peinte avec la bénédiction de l'Ancien saint Ambroise du monastère de la Visitation, dans le désert d'Optina, saint fêté le 10 octobre. Saint Ambroise, grand ascète russe du 19ème siècle, avait une ardente confiance envers la Mère de Dieu, comme un enfant pour sa mère. En particulier, il vénérait toutes les Fêtes de la Mère de Dieu, et ces jours-là, il redoublait de prière. Avec l'Icône "qui multiplie la moisson," saint Ambroise bénit le couvent féminin de Shamordino, fondé en l'honneur de l'Icône Kazanskaïa de la Mère de Dieu, couvent qu'il avait fondé non loin du monastère d'Optina.

Sur cette Icône, la Mère de Dieu est dépeinte assise sur les nuages, et ses mains sont étendues en signe de bénédiction. En dessous d'elle, on trouve un champ, et au milieu de ses herbes et fleurs, on trouve des gerbes de seigle liées. L'Ancien Ambroise décréta lui-même le jour de célébration, 15 octobre, et nomma l'Icône "multiplie la moisson," indiquant par cela que la très sainte Théotokos "aide le peuple dans ses labeurs pour acquérir son pain quotidien."

Avant son bienheureux repos, saint Ambroise commanda nombre de copies de cette Icône et les fit envoyer à ses enfants spirituels. Pour l'Acathiste à cette Icône, l'ancien composa une réponse particulière : "Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi! Accorde-nous, indignes que nous sommes, la rosée de ta grâce et fais-nous voir ta miséricorde!"

Les funérailles de saint Ambroise eurent lieu le 15 octobre, jour de la fête de l'Icône. Le premier miracle de cette sainte Icône fut constaté en 1891, lorsqu'à travers toute la Russie la famine régnait à cause de mauvaises récoltes. Cependant, dans le district de Kaluga, et dans les champs du monastère de Shamordino, la récolte fut bonne. En 1892, déjà après le décès de saint Ambroise, son desservant de cellule Jean Cherepanov envoya une copie au couvent féminin de Pyatnitsa, dans le district de Voronezh. Dans cette région, sécheresse et famine menaçaient, mais peu après qu'un Office d'intercession (moleben / paraklisis) ait été célébré devant l'Icône "multiplie la moisson," la pluie tomba et la sécheresse cessa
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