"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

03 janvier 2009

Grèce: abolition du serment religieux pour les fonctionnaires, soldats & élus politiques

Avant, chez nous aussi, on "jurait" sur la Bible, ou sur des reliquaires. Mais comme le fait fort justement remarquer l'archevêque d'Athènes, si la personne ne vit pas saintement, qu'elle jure devant Dieu ou pas, ça n'y changera rien... Il fait aussi remarquer qui veut l'abolition dudit serment, et les mauvaises raisons sous-jacentes. Bien vu.. nouvelle offensive des athées du Pasok. Comme si les dégâts de leur idéologie massivement appliquée des décennies durant à la Grèce n'étaient pas encore suffisamment visibles..


Bible : Codex Sinaiticus

L'Église n'est pas inquiète par l'abolition du serment
http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_w_articles_politics_100006_29/12/2008_103368

L'archevêque Ieronymos, primat de l'Église de Grèce, a expliqué dans une entrevue dominicale donnée au quotidien Kathimerini, qu'il ne s'opposerait pas à l'abolition du serment religieux que les Grecs ont à faire pour diverses occasions de la vie publique.
Les cérémonies de serment étaient accomplies par diverses professions, dont les parlementaires, les soldats et les fonctionnaires. Ieronymos n'a pas précisé s'il serait d'accord avec une abolition généralisée de la pratique ou juste pour des domaines spécifiques.
"L'abolition du serment religieux ne crée aucun problème pour l'Église – en fait, il ne serait que la conséquence de son enseignement, qui est que 'oui' doit vouloir dire 'oui' et 'non' doit vouloir dire 'non," a-t'il précisé.
Ieronymos ajouta que prêter serment n'empêchait pas les gens de mal se comporter, "quand la vie intérieure de la personne a été détruite."
L'idée d'abolir le serment religieux n'est pas neuve, et elle revient de temps à autres, en particulier de la part des partis politiques de gauche, comme idée pour une séparation tranchée entre l'Église et l'état.
Ieronymos a expliqué que cette idée était mise en avant par "certains groupes idéologiques" dont le but principal est "d'effacer l'influence spirituelle de l'Église sur la société grecque."
Néanmoins, l'archevêque a dit qu'il ne s'opposerait pas à une telle manière de séparation si c'était vraiment ce que les Grecs voulaient. "Si l'état veut une telle séparation, il a l'opportunité, si pas le devoir, de soumettre cela au jugement du peuple grec, qui décidera alors ce que lui veut."
Commentant les récents événements à Athènes, Ieronymos dit qu'il considérait comme "naturel" que les jeunes protestent, mais il a condamné toutes les destructions.

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02 janvier 2009

Sainte Juliana Lazarevskaïa (+ 1604)


"Sainte Juliana Lazarevskaïa" - voir livre d'Elisabeth Behr-Siegel, "prière et sainteté dans l'Eglise Russe", éditions Bellefontaine, collection "spiritualité orientale" n°33, une perle! La vie passionante de sainte Juliana y tient un chapitre entier.

Sainte Juliana de Lazarevsk et Murom (+ 1604)
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=100010

Sainte Juliana de Lazarev et Murom est un exemple époustouflant de l'abnégation de la femme Chrétienne Russe. Elle était la fille d'un noble, Justin Nediurev. Dès son enfance, elle vécut pieusement, respectant strictement les jeûnes de l'Église et consacrant beaucoup de temps à la prière. Étant encore jeune, elle devint orpheline et fut confiée à des proches, qui ne l'apprécièrent pas et se moquèrent d'elle. Juliana supporta tout avec patience et sans se plaindre. Son amour pour les gens s'exprimait dans son souci des malades, et elle recousait les vêtements des pauvres.
La vie pieuse et vertueuse de la jeune fille attira l'attention du chef du village de Lazarev, Yurii Osoryin, qui l'épousa bientôt. Les parents de l'époux aimèrent vite leur douce belle-fille, et lui laissèrent le soin de s'occuper de la maison. Les soucis domestiques ne perturbèrent pas les efforts spirituels de Juliana. Elle trouvait toujours du temps pour la prière, et était toujours à même de nourrir l'orphelin et de vêtir le pauvre.
Durant une période de terrible famine, elle demeura sans nourriture pour elle, ayant donné son dernier morceau à un mendiant. Quand une épidémie éclata après la famine, Juliana se dévoua entièrement aux soins des malades.
Sainte Juliana eut 6 fils et une fille. Après le décès de 2 de ses fils, elle décida de se retirer dans un monastère, mais son mari la persuada de rester dans le monde, et de continuer à élever ses enfants. Sur le témoignage de Kallistrat Osoryin, un des fils de Juliana, qui rédigea sa Vie, dès ce moment, elle devint de plus en plus exigeante envers elle-même : elle intensifia son jeûne et sa prière, ne dormit plus que 2 heures par nuit, et encore, la tête sur une planche.
A la mort de son mari, Juliana distribua sa part d'héritage aux pauvres. Vivant dans une extrême pauvreté, elle n'en était pas moins débordante de vie, cordiale, et en toute chose elle rendait grâce à Dieu. La sainte fut gratifiée dans une église d'une visite de saint Nicolas le Thaumaturge, et des conseils de la Mère de Dieu. Quand sainte Juliana s'endormit dans le Seigneur, elle fut enterrée aux côtés de son mari à l'église de Saint-Lazare. On y enterra aussi par la suite sa fille, la moniale "du grand schème" Théodosie. En 1614, les reliques de sainte Juliana furent élevées, exhalant un parfum de myrrhe, et nombreux en reçurent une guérison.

Tropaire de sainte Juliana Lazarevskaïa ton 4
Par tes justes actions tu montra au monde
Une image de la parfaite servante du Seigneur.
Par tes jeûnes, vigiles et prières,
Tu fus inspirée dans ta vie évangélique,
Nourrissant l'affamé et prenant soin du pauvre,
Soignant le malade et renforçant le faible.
A présent que tu te tiens à la droite du Maître, le Christ,
O sainte Juliana, intercède pour nos âmes.



synaxe des saints de Murom – Icône complète avec scènes de vie
à droite, saint prince Pierre (David dans le monachisme), sainte princesse Febronia (Euphrosyne dans le monachisme) et sainte Juliana Lazarevskaia
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01 janvier 2009

Vasilopita, Nouvel An, philanthropie & saint Basile le Grand (historique, spiritualité & recettes)


Chaque Nouvel An civil, nombre de familles Orthodoxes de par le monde célèbre la "fête de la Vasilopita." Cette coutume a commencé au 4ème siècle, lorsque l'évêque de Césarée, saint Basile le Grand, voulu redistribuer discrètement l'argent des collectes aux pauvres de son troupeau spirituel. Pour éviter de choquer ce peuple fier, saint Basile demanda à des dames de sa paroisse de faire cuire des pains spéciaux, doux et sucrés, avec une pièce d'or dedans. Ainsi, l'argent était dissimulé. Lorsque les familles coupaient le pain si nourrissant, elles avaient la surprise d'y découvrir les pièces d'or, et c'est ainsi qu'est née la tradition de faire cuire une sorte de gros cake rond en pâte levée avec une pièce de monnaie dedans.
L'étymologie du terme est :
Βασίλειος (Basile) ou βασιλεύς (roi) + πίτα "gateau" / "tarte"

Voici quelques articles & recettes



Philanthropie historique
http://orthodoxwiki.org/Philanthropy#Historical_philanthropy

Dans le "Pasteur" d'Hermas, un auteur Chrétien du 2ème siècle, on encourage le riche à aider le nécessiteux de toutes les manières possibles. Il dit "Au lieu de champs, rachetez donc des âmes éprouvées, dans la mesure de vos moyens, et visitez les veuves et les orphelins (Jc 1, 27), ne les méprisez pas : votre richesse et toutes vos installations, dépensez-les à des champs et des demeures de ce genre, puisque vous les avez reçues de Dieu. 9. Car le Maître vous a enrichis pour que vous Lui rendiez ces services. Il vaut beaucoup mieux acheter des champs, des biens, des maisons de ce genre : tu les retrouveras dans ta cité quand tu y retourneras. 10. Cette richesse-là est noble et sainte, elle n'entraîne ni chagrin, ni crainte, mais de la joie. Ne recherchez pas les richesses des païens, c'est dangereux pour vous, les serviteurs de Dieu" (Pasteur d'Hermas 50,8-11).
De plus, Hermas nous rappelle qu'aider le pauvre est une grande joie, et que comme Chrétiens, nous avons ce devoir envers Dieu, accomplir ici Son oeuvre. Dans une de Ses paraboles, celle de l'ormeau et de la vigne (ch. 51), on apprend une leçon importante : la vigne et l'ormeau sont mutuellement bénéfiques. Hermas explique cela en disant que ces 2 arbres symbolisent les serviteurs de Dieu. La vigne est un arbre qui produit du fruit, alors que l'ormeau n'en a pas. La vigne qui porte du fruit s'accroche et grandit le long de l'ormeau, car sinon, elle pousserait sur le sol et son fruit pourrirait. Ce n'est que lorsqu'elle pousse le long de l'ormeau qu'elle porte du fruit, grâce au soutien de l'ormeau. Dans ce scénario du meilleur possible, l'ormeau et la vigne portent ensemble le fruit du fait de leur coopération. Cette parabole s'applique aux "serviteurs de Dieu, le pauvre et le riche." La parabole continue : les riches ont l'argent, mais ils sont pauvres auprès du Seigneur car ils sont distraits par leurs richesses, et dès lors leur prière devant Dieu est pauvre. C'est lorsque le riche dépend du pauvre que le riche trouve faveur auprès de Dieu. Les pauvres qui voient leurs besoins comblés par les riches remercient alors Dieu de leur avoir donné quelqu'un pour les aider au temps de leurs épreuves. In fine, Dieu accorde bienfaits à la fois au riche et au pauvre, car tout ce que nous recevons ici sur terre nous est donné du Ciel. Ceci n'est qu'une des nombreuses illustrations de la philanthropie Chrétienne telle qu'elle était enseignée par l'Église antique.
Saint Basile est un exemple classique d'un saint philanthrope et qui prêta grande attention au message évangélique tel que rappelé en Romains 13,9-10 : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même. La charité ne fait point de mal au prochain. La charité est donc l'accomplissement plénier de la loi." Cette citation de l'épître de saint Paul aux Romains est la véritable définition de ce qu'est la philanthropie; c'est aussi le 2ème commandement de Dieu, qu'aimer son prochain comme soi-même. En Occident, il y a eu confusion entre saint Basile et saint Nicolas, car on y a entremêlé les vies des deux saints. Les attributs de saint Basile, s'occuper des pauvres et donner des présents aux enfants, se sont vus donnés à saint Nicolas de Myre. Saint Basile vécu au 4ème siècle, et fut l'évêque de Césarée, une ville d'Asie Mineure. Un de ses nombreuses et bien-connues vertus, ce sont ses grandes activités charitables et l'éducation des enfants. Dans sa ville, il a fondé des institutions pour prendre soin des personnes âgées, et il visitait régulièrement malades et pauvres. Saint Basile rappelle aux Chrétiens la philanthropie du Christ, Son amour envers l'homme, quand il dit "à chaque fois que nous nous agenouillons puis nous nous relevons, nous montrons par ce geste qu'à cause de notre péché, nous avons chuté par terre, et que nous sommes invités à retourner au Ciel par la philanthropie de notre Créateur."
Une importante tradition Orthodoxe qui honore saint Basile et sa philanthropie est aussi supposée encourager le fidèle à donner aux pauvres. Dans cette tradition, qui a lieu chaque année le jour de l'An Neuf civil, un pain "vasilopita" est fait par des personnes choisies pour ce faire dans la paroisse. Vasilopita signifie simplement pain de Basile. Le pain est cuit avec une pièce de monnaie à l'intérieur, et amené à l'église pour être bénit; on l'y vend ensuite aux enchères. L'argent ainsi gagné est versé dans un fond pour les pauvres. Cependant, certains sont bien trop intéressés de couper le pain afin d'y trouver la pièce qui s'y trouve cachée. La croyance populaire, sans rapport avec la tradition Chrétienne, prétend que celui qui trouve la pièce aura de la chance et du succès toute l'année durant. Cet empressement à trouver la pièce de monnaie pourrait minimiser l'importance de l'acte d'aumône, et le véritable honneur de la philanthropie de saint Basile. Le rituel, en effet, est voulu pour mettre l'accent sur la philanthropie.


saint Basile donne 3 pains à l'empereur Julien l'Apostat
Psautier de Saint-Bertin, vers 1200


Vasilopita (gateau grec du Nouvel An)
http://www.prosphora.org/page17.html#Vasilopita


Ingrédients:

* 1 tasse de beurre ou de margarine, travaillé / ramolli
* 1 tasse 3/4 + 1 cuillère à soupe de sucre blanc
* 5 oeufs
* 2 cuillères à soupe d'eau
* 2 cuillères à thé d'extrait de vanille
* 3 tasses de farine de pâtisserie
* 1 cuillère à thé de poudre levante
* 1/2 tasse d'amandes émincées
* 2 cuillères à soupe de graines de sésame


1. Préchauffer le four à 170°
2. dans un grand plat, mélanger beurre & tasse de sucre
3. Ajouter 2 oeufs et 3 jaunes d'oeufs au mélange de beurre
4. Ajouter et mélanger la vanille et l'eau
5. dans un autre plat, mélanger farine et poudre levante
6. Ajouter la farine mélangée à la mixture de beurre
7. Battre les 3 blancs en neige. Ajouter la cuillère à soupe de sucre. Continuer à battre les blancs jusqu'à ce qu'ils soient fermes mais pas secs; incorporer délicatement à la pâte.
8. Placer la pâte dans un plat rond et haut (génoise)
9. Emballez une grande pièce de monnaie dans un morceau de papier aluminium et introduisez-la dans la pâte
10. Enfoncez-la bien, elle doit être totalement cachée
11. Répandez amandes & graines sur le dessus de la pâte
12. Faire cuire 70 minutes, ou jusqu'à ce qu'il soit cuit. Laisser refroidir sur une grille
(note de l'auteur : recette testée et approuvée)



Autre recette de Vasilopita
Ingrédients:

* 2 paquets de levure chimique sèche
* 3/4 de tasse de lait chaud
* 5 tasses de farine à pâtisserie
* 4 oeufs
* 1 cuillère à thé de sel
* 3/4 de tasse de sucre
* zeste de citron
* 1/2 tasse de beurre ramolli
* 1 oeuf pour glacer le dessus
* 1 cuillère à thé 1/2 de mastika (liqueur grecque, optionnel)
* graines de sésame


1. dissoudre la levure dans le lait chaud
2. y ajouter 2 tasses de farine, et mélanger la pâte jusqu'à ce qu'elle soit souple
3. couvrir et laisser une heure lever au chaud
4. battre les oeufs, le sel, le sucre et le zeste de citron (et l'éventuelle liqueur)
5. Incorporer le mélange dans la pâte; ajouter le restant de la farine et pétrir, ajoutant progressivement le beurre travaillé, jusqu'à obtention d'un mélange souple et élastique
6. Recouvrir d'un linge et laisser reposer au chaud jusqu'à ce que cela ai doublé de volume – environ 2 heures
7. Pétrir la pâte et la verser dans un plat à gâteau rond, beurré, de +/- 30cm de diamètre
8. Couvrir et laisser au chaud jusqu'à ce que cela ai presque doublé de volume
9. Glacer le dessus avec l'oeuf légèrement battu et répandre les graines de sésame, ou garnir de demi-amandes
10. Faire cuir à four moyen pendant 45 minutes
11. Lorsqu'il est froid, faire par dessous une fine incision au couteau, et y introduire une pièce d'argent ou d'or.
Recette testée par l'auteur, mais longue vu les temps de levée de pâte.



La tradition de la Vasilopita dans l'Orthodoxie grecque
http://www.saint-anthonys.org/orthodox/vasilopita_observance.htm

Une des toutes belles et inspirantes traditions et coutumes de l'Église Orthodoxe, c'est la "vasilopita." C'est une célébration annuelle, qui, avec nombre d'autres traditions, rassemble nos familles et accroît notre conscience des besoins des pauvres.
Le pain de saint Basile ou vasilopita est coupé et partagé la veille ou le jour de l'An Neuf. Habituellement, c'est la personne la plus âgée de la famille qui le coupe.
Les portions de l'agiovasilopita ou vasilopita sont distribuées de la sorte : la première portion est coupée en mémoire de notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ. La seconde pour la très sainte Mère de notre Seigneur, la Vierge Marie. La 3ème est pour saint Basile le grand; les autres le sont pour les membres de la famille, pour l'église, la maisonnée, pour le voyageur, le visiteur et le pauvre.
Dans une de ces portions se trouve une pièce de monnaie, et celui qui la reçoit aura une bénédiction spéciale pour la nouvelle année. La vasilopita traditionnelle, avec son rassemblement des membres de la famille et l'atmosphère de jour de fête, est une des plus belles traditions de nos familles.



Marmarini – la recette de la vasilopita de l'empereur venue de l'île de Marmara (Preikoneisos)
Cette version de la traditionnelle vasilopita de Marmara a une légende qui dit que l'empereur Justinien était si content du marbre de l'île qu'il avait utilisé pour construire Sainte-Sophie, qu'il construisit à Marmara un palais de marbre et donna l'île à sa fille comme "preika" ou dot. Longtemps durant, l'île fut appelée "île de la dot" ou Preikoneisos. De plus, pour honorer la relation spéciale de l'île à l'empereur, leur recette de vasilopita fut ramenée à Constantinople et perpétuée à la cour impériale. Une traditionnelle, et une autre de pâte avec des couches à la cannelle, au sucre et au beurre.
La recette (en anglais) :
http://www.saint-anthonys.org/orthodox/vasilopita_recipe.htm



Recette de Vasilopita de Nikola
http://recettes.doctissimo.fr/Vasilopita-de-Nikola.htm

4 oeufs
1/2 kg de sucre
1 kg de farine
1 verre d'huile
1 verre jus d'orange
1 cuillère à café de bicarbonate de soude
1 sachet de sucre vanille
beaucoup de zestes d'orange et de citron hachés

Préparation de la recette de Vasilopita :
Dans un grand plat à pâte, battre les oeufs pendant 2 minutes, ajouter le sucre. Mélanger progressivement, ajouter la farine, le bicarbonate de soude et la vanille, l'huile, le jus d'orange, et bien mélanger. Enfin, ajouter les zestes d'orange et de citron et encore mélanger un peu. Quand tout est bien souple et mélanger, verser dans un moule de taille suffisante pour ne pas dépasser la moitié de la hauteur. Cuire à 180° pendant 45 minutes.
Laisser refroidir et bon appétit!



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La Vasilopita, un catalyseur pour une authentique philanthropie Chrétienne
http://www.holytrinitysf.org/familian/jan2007/

Le principe puritain que "Dieu aide ceux qui s'aident eux-mêmes" est totalement étranger à l'esprit du Chrétien Orthodoxe. Pour le fidèle, ce n'est en effet qu'une partie d'une plus grande équation. Dépendre et se confier à Dieu et faire preuve de philanthropie envers les autres, voilà ce qui complète l'équation. Une réécriture de l'axiome reflétant mieux l'ethos Orthodoxe serait quelque chose comme "Dieu aide ceux qui aident leur prochain."
Dans la personne de saint Basile le Grand, que l'Église honore le premier jour de chaque nouvelle année civile, nous avons une puissante et progressive incarnation d'un tel axiome. En dehors de ses accomplissements dans les domaines du ministère pastoral, du monachisme et de l'éducation, saint Basile le Grand est probablement mieux connu comme étant le père de la philanthropie Chrétienne. Au 4ème siècle, alors que la Foi Chrétienne venait d'être libérée de la persécution directe, l'empereur embrassa la Foi et cela devint la pierre angulaire d'une nouvelle civilisation.
Les vérités de l'Évangile du Christ, rapidement acceptées, devinrent la plus haute forme de culture, et eurent un impact direct sur les aspects sociaux de l'empire pendant près d'un millénaire, de manière ininterrompue. Les arts, la musique, la rhétorique et la poésie, tous furent mis à contribution pour rendre gloire à la victorieuse promesse du Christ. A la base de cette culture, on trouvait une compréhension de très haut niveau et un système organisé de philanthropie. Les admonitions du Christ pour prendre soin des pauvres, infirmes, orphelins et veuves furent pris à coeur par les habitants de l'empire romain à Constantinople, et cela devint la mesure de la grandeur et la longévité de sa civilisation. Saint Basile lui-même créa une petite ville appelée Basiléide (Vasiliada), qui mettait en pratique et actualisait ces aspects de la philanthropie Chrétienne. En prenant soin des marginalisés et des exclus de la vie publique, la plus grande révélation fut que les fidèles devenaient les vrais bénéficiaires des bénédictions, et apprenaient ce que cela signifiait vraiment que d'être semblable au Christ.
Une survivance persistante de la philanthropie de saint Basile, qui continue à être expérimentée dans les paroisses et maisonnées Orthodoxes de nos jours, c'est le partage de la vasilopita ou pain de Basile. En pratique, une prière spéciale est dite, la vasilopita est bénie, puis tous les participants attendent pendant qu'elle est coupée et distribuée, afin de savoir qui recevra la pièce de monnaie contenue dans son morceau; j'ose le dire, mais la nature quasiment triviale de la pratique actuelle est un piètre simulacre de l'idéal de philanthropie voulu par saint Basile.
Cependant, même si de nos jours ce n'est souvent plus qu'une observance nostalgique, les origines de cette pratique sont instructives, pour rehausser notre compréhension de l'essence du don Chrétien de charité. Assurément, le pain est un élément essentiel pour la vie. Le Christ S'est Lui-même comparé au pain, a multiplié les pains dans le désert pour nourrir les multitudes, et à la Dernière Cène, Il a pour finir donné Son Corps aux Apôtres sous forme apparente de pain, instituant de la sorte l'Eucharistie. Le pain s'est rapidement identifié à l'amour du Christ.
Saint Basile comprit bien vite qu'il n'était pas suffisant de prier pour les pauvres. Accomplir vraiment la volonté du Christ, cela requiert de concrétiser les sentiments et la prière en les étendant discrètement à des actes pleins d'amour, de philanthropie. C'est ainsi que camouflant des pièces d'or en les faisant incorporer dans des miches de pain, saint Basile ne donna pas seulement aux bénéficiaires un symbole de l'amour du Christ, mais il leur donna aussi des moyens concrets de subsistance.
Alors que nous, fidèles, sommes rassemblés pour couper et partager la vasilopita, saint Basile ferait sûrement cette prière, que nous commencions la nouvelle année du bon pied, en apprenant de cette ancienne pratique, et en lui permettant de nous être une source d'inspiration pour des manières créatives de donner discrètement à ceux qui sont dans le besoin.

+ P. Michael

Comme un peu partout dans le monde Orthodoxe en cette période, le 11 janvier 2009, à la cathédrale grecque-orthodoxe de Bruxelles, aura lieu une grande fête de la Vasilopita.

Vasilopita à la paroisse Hagia Barbara

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Vie de saint Basile le Grand (p. George Poulos)

http://members.tripod.com/~shtyetz_john/life-of-st-basil.html

[En Cappadoce,] La communauté Chrétienne du 4ème siècle, luttant pour sa survie contre de gros problèmes, eu ses espoirs et son inspiration renouvelés par les nobles efforts d'une famille de 6 enfants, qui tous devinrent saints de l'Église. De cette remarquable famille Chrétienne fut issu saint Basile le Grand, un géant spirituel. Beaucoup d'hommes dans l'histoire profane ont reçu le superlatif "le grand," accolé à leur nom principalement parce qu'ils étaient des monarques qui, tel Alexandre le Grand, ont accomplit des exploits sur de vastes territoires. Saint Basile, cependant, a reçut ce titre pour avoir atteint les foules avec les paroles du Christ. Il n'était pas roi, mais il gagna les coeurs de ses compatriotes pour le service du Roi des rois. Le titre "grand" n'a pas été plus mérité par quelqu'homme que ce soit dans l'histoire, car il possédait l'humilité de Moïse, le zèle d'Élie, la Foi de Pierre, l'éloquence de Jean le Théologien, et le dévouement et la consécration de Paul. Les frères et soeurs de saint Basile, comme prêtres, évêques et moniales, servirent sous sa direction comme d'authentiques ouvriers de la Vigne du Christ.
Né à Césarée en Asie Mineure vers 330, Basile fut élevé par des parents à la dévotion peu commune; ils insufflèrent leur amour de Dieu à leurs enfants avec un tel succès que tous finirent canonisés. Ces 6 branches de l'arbre familial furent abondamment bénies, et portèrent quantité de fruit spirituel. L'héritage spirituel de saint Basile fut légué à la communauté Chrétienne par sa vie d'une très grande profondeur religieuse. Il fut éduqué dans ces grands centres culturels de l'empire qu'étaient Constantinople et Athènes. Sous la direction de son ami Grégoire (Nazianzos) le Théologien, Basile devint un des plus éloquents portes-parole du Christianisme, gagnant une renommé mondiale tant par son art oratoire que par ses écrits. Bien qu'il aurait pu obtenir n'importe quelle poste d'importance au gouvernement, saint Basile ne souhaitait pas de position élevée. Au contraire, il voulait retourner à sa ville natale, ce qui lui fut accordé, et il fut ordonné évêque de Césarée le 14 juin 370.
Homme de considérable talent, Basile s'appliquât à organiser et composer les règles du monachisme. Cela accomplit, il s'occupa de formaliser la Divine Liturgie qui porte son nom. La Liturgie de saint Basile devint une norme dans la tradition liturgique Orthodoxe [orientale]. En fait, la Liturgie de saint Jean Chrysostome, qui est célébrée 42 dimanches par an, en est une version modifiée. La Liturgie de saint Basile est célébrée lors de cérémonies plus solennelles dans l'Église, dont Noël et la fête de saint Basile (1er janvier), de même que les dimanches pendant le Grand Carême. La Liturgie de saint Basile est donc utilisée 10 fois pendant l'année.
Visionnaire, créatif et planificateur, Basile fut le premier à combler le besoin urgent d'institutions charitables; il dirigea la création et le développement d'orphelinats, d'hôpitaux, et de maisons pour les personnes âgées. Son concept d'amour et de respect mutuel et son application pratique de l'amour fraternel l'amena par la suite à la fondation d'associations philanthropiques Chrétiennes.
En dehors de saint Paul, et malgré le fait que l'égalité face à Dieu ne signifie pas nécessairement égalité en matière de reconnaissance humaine du dévouement, saint Basile s'élève probablement à la tête de tous les saints de l'Église Orthodoxe. Reconnu comme un des 3 plus grands hiérarques dans l'histoire Orthodoxe [orientale], et de ce fait aussi célébré un autre jour de l'année appelé "fête des Trois Hiérarques," il est sans égal comme protagoniste de la Foi Orthodoxe.
De même que la fleur qui porte son nom, Basile représente la beauté et l'amour dans le Christianisme, ce qui assure sa place confortable dans l'histoire ecclésiastique pour toute l'éternité. Une biographie complète de ce saint bien-aimé, rapportant en détail tout son glorieux service à Jésus-Christ, s'étendrait sur de nombreux volumes, mais ce n'est pas faire injure à ce magnifique clerc que de l'inclure dans une série de brèves biographies, aux côtés de pairs moins connus. Comme il en est pour les grands hommes, que ce soit dans ou hors de l'Église, il compte parmi ses attributs cette authentique humilité qui ne fait qu'en rajouter à sa considérable envergure.
Par les prières de saint Basile, puisse le Seigneur Jésus-Christ avoir pitié de nous. Amen!

George Poulos, Orthodox Saints
Holy Cross Orthodox Press, Brookline Mass. 1991

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La Theotokos (st Cyril d'Alexandrie)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/03/26/theotokos-birth-giver-of-god/
Mère de Dieu "de tendresse"
Mikhail Nesterov, 1906


Je suis étonné qu'il y en ai encore qui doutent fortement quant à savoir si la sainte Vierge doit être appelée Mère de Dieu ou pas. Car si notre Seigneur Jésus-Christ est Dieu, alors assurément, la sainte Vierge qui Lui a donné naissance doit être mère de Dieu.
Saint Cyril d'Alexandrie
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31 décembre 2008

Eucharistie (saint Justin martyr), action de grâce pour clore l'année civile

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/12/17/he-had-given-thanks/
La sainte Eucharistie
Nikolai Kharlamov


L'Eucharistie

66. Nous appelons cet aliment Eucharistie, et personne ne peut y prendre part, s'il ne croit la vérité de notre doctrine, s'il n'a reçu l'ablution pour la rémission de ses péchés et sa régénération, et s'il ne vit selon les enseignements du Christ. Car nous ne prenons pas cet aliment comme un pain ordinaire et une boisson commune. Mais de même que, par la Parole de Dieu, Jésus-Christ, notre Sauveur, ayant été fait chair, a pris sang et chair pour notre Salut; de même aussi cet aliment, qui par l'assimilation doit nourrir nos chairs et notre sang, est devenu, par la vertu de l'action de grâces [evkharistein], contenant les Paroles de Jésus-Christ Lui-même, le propre sang et la propre chair de Jésus incarné: telle est notre Foi. Les Apôtres, dans leurs écrits, que l'on nomme Évangiles, nous ont appris que Jésus-Christ leur avait recommandé d'agir de la sorte, lorsque ayant pris du pain, Il dit : "Faites ceci en mémoire de Moi : ceci est Mon corps;" et semblablement ayant pris le calice, et ayant rendu grâces: "Ceci est Mon sang," ajouta-t-Il; et Il le leur distribua à eux seuls. Les démons n'ont pas manqué d'imiter cette institution dans les mystères de Mithra; car on apporte à l'initié du pain et du vin, sur lesquels on prononce certaines paroles que vous savez, ou que vous êtes à même de savoir.
Ch. 66 de la Première Apologie
Saint Justin Martyr (vers 150)

30 décembre 2008

Les Prosélytes, sous la Loi ou païens? (Paléochristianisme)

Les Prosélytes étaient-ils des "presque Juifs" ou des païens?.


Prosélytes – De nos jours, on lit encore de ci de là des auteurs qui nient ou ignorent la réalité de la mission dans le Judaïsme pré-Chrétien. Ca a pour conséquence qu'il faudrait affirmer que le centurion Corneille était un "convertit du paganisme", et donc à faire de saint Pierre le premier Apôtre "universel." Alors qu'en réalité, à ce stade-là de l'Histoire sainte, notre bon saint Pierre était encore totalement prisonnier de ses coutumes. Voir Galates 2.. Cette prise de position amène donc à classer les prosélytes comme "païens", et ce faisant, on en vient à nier la réalité des faits : 10 % de l'Empire Romain était d'ores et déjà convertit au monothéisme de forme judaïque. Avec l'établissement des voies rapides et la dispersion de synagogues dans tant de pays, c'est ça qui a préparé le terrain à l'évangélisation. Voici quelques pistes pour le comprendre – scripturaires, patristiques et historiques.

1. Nouveau Testament : Actes d'Apôtres 16, 13-15 "Nous avons parlé aux femmes [...] Une d'entre elles adorait déjà Dieu".

2. Pères de l'Église :
A. saint Hilaire de Poitiers, Commentaire sur l'Évangile de Matthieu, vol2, SC258, p169 §5 & rmk 7 :
"des prosélytes sont passés de païens à la Synagogue pour y être reçus" (Mt 23,15)

p36 §3 + rmk 2
(mt 15,28)
"que la foule de prosélytes appartint et même appartient à Israël, est une réalité certaine. Elle est passée des païens aux oeuvres de la Loi"

B. définition du prosélyte d'après Tertullien, Adversus Iudaium 2 :
"II. Avançons donc, et enfermons dans des lignes fixes et certaines le point capital de toute la question : il s'agit de savoir pourquoi il faudrait croire que le Dieu Qui créa l'universalité des êtres, Qui gouverne le monde tout entier, Qui forma l'homme de Ses mains, Qui sema sur la terre tous les peuples sans exception, n'aurait donné Sa Loi par Moïse que pour un seul peuple, au lieu de la donner pour toutes les nations. D'abord s'Il ne l'avait promulguée pour toutes indistinctement, Il n'eût pas permis aux prosélytes des nations de l'embrasser. [...]"

Les Prosélytes ne pouvaient pas être circoncis, n'étant pas Juifs de race. Au 3ème paragraphe du même chapître, Tertullien, faisant appel au témoignage des patriarches depuis Adam, nous démontre aussi que les prosélytes mettaient cependant l'essentiel de la Loi en pratique, et que donc ils n'étaient pas païens :

"Enfin, à celui qui prétend qu'il faut encore observer le sabbat comme un moyen de salut, et la circoncision du 8ème jour, à cause de la menace de mort qui y est attachée, je dirai : Montrez-nous qu'autrefois les justes ont fêté le sabbat, qu'ils ont circoncis leur chair, et qu'ils sont devenus amis de Dieu par ces pratiques. S'il est vrai que la circoncision purifie l'homme, pourquoi Dieu, qui crée Adam incirconcis, ne Se hâte-t-Il pas de le circoncire, même après qu'il a péché, puisque la circoncision purifie? Il est certain qu'en le plaçant dans le paradis, tout incirconcis qu'il était, Il lui donna le gouvernement du paradis. Ce même Dieu qui plaça notre premier père dans le paradis, sans l'assujettir à la circoncision et à la célébration du sabbat, loua aussi par la même conséquence son fils Abel, qui Lui offrait des sacrifices sans être circoncis, sans observer le jour du sabbat, et Il ratifia ce qu'il Lui offrait dans la simplicité du cœur, tandis qu'Il repoussa le sacrifice de Caïn, son frère, 'parce qu'il ne partageait pas également ce qu'il offrait.' Noé n'était pas circoncis; il ne célébrait pas le sabbat. Dieu ne le sauva pas moins du déluge. Que dis-je? Il transporta hors de ce monde le juste Enoch, qui ne connaissait ni la circoncision ni le sabbat, et qui n'a pas encore goûté de la mort, afin que ce candidat de l'éternité nous attestât que nous pouvons plaire également au Dieu de Moïse, sans le fardeau de la loi mosaïque. 'Melchisédech, prêtre du Très-Haut,' fut appelé au sacerdoce de Dieu, sans observer la circoncision ni le sabbat. Enfin Loth, frère d'Abraham, nous prouve encore cette vérité, puisque c'est aux mérites de sa justice, et non à la pratique de la loi, qu'il dut d'être épargné dans l'incendie de Sodome."

L'Exode (Douro-Europa, 3ème siècle, Syrie)


3. Historique - Flavius Josèphe, Antiquités Juives 20,34-53 (extraits)

Ces faits se situent vers l'an 20 après Jésus-Christ :
"A l'époque où Izatès séjournait au Camp de Spasinès, un commerçant juif du nom d'Ananias qui avait accès à l'appartement des femmes du roi, leur apprit à adorer Dieu selon la tradition Juive. Là-dessus, il parvint par leur intermédiaire à faire la connaissance d'Izatès, amena également ce dernier à croire et, lorsqu'Izatès fut rappelé en Adiabène par son père, il consentit à partir avec lui, non sans s'être fait beaucoup prier. Or, vers le même moment, la reine Hélène fut instruite également par un autre Juif et se tourna vers les Lois de ce peuple. Sur ces entrefaites, Izatès reçut la royauté...
Informé de ce que sa mère trouvait grand plaisir aux coutumes juives, Izatès s'empressa de s'y ranger lui aussi et, estimant qu'il ne serait vraiment Juif qu'en étant circoncis, il était disposé à cette démarche. A cette nouvelle, sa mère tenta de l'en empêcher en disant que cela le mettrait en danger : il était roi et il provoquerait une grande hostilité chez ses sujets quand ceux-ci apprendraient qu'il se faisait l'adepte de coutumes étrangères, différentes des leurs; ses sujets ne supporteraient pas qu'un Juif règne sur eux. Voilà ce qu'elle disait en s'opposant par tous les moyens à son dessein. Izatès rapporta ces paroles à Ananias et ce dernier lui tint le même langage que sa mère et menaça en outre de le quitter et de s'en aller s'il ne parvenait pas à le convaincre. Il craignait, disait-il, d'encourir probablement un châtiment, une fois l'affaire connue de tous, car il passerait pour responsable de cela et pour celui qui avait enseigné à Izatès à poser un acte tout à fait incongru de la part d'un roi. L'homme affirmait en outre que, même sans la circonsision, il pouvait adorer Dieu, pourvu qu'il soit décidé à avoir totalement le zèle des coutumes ancestrales des Juifs; cela importait plus que d'être circoncis. De plus, Dieu lui pardonnerait de n'avoir pas posé cet acte, en raison de la nécessité et de la crainte qu'il avait de ses sujets.
Cette fois-là, le roi se laissa persuader par les paroles d'Ananias. Mais par la suite, comme il n'avait pas renoncé entièrement à son désir, voici qu'un second Juif du nom d'Eléazar, qui venait de Galilée et passait pour très strict dans la mise en oeuvre des coutumes ancestrales, l'exhorta à poser l'acte décisif. Voici comment. Etant entré chez Izatès pour le saluer, il le surprit en train de lire la Loi de Moïse et lui dit alors "Sans t'en apercevoir, ô roi, tu offenses très gravement les Lois et, par elles, Dieu Lui-même ; il ne te suffit pas, en effet, de les lire, il te faut d'abord faire ce qu'elles ordonnent! Jusques à quand resteras-tu incirconcis ? Si tu n'as pas encore lu la loi sur la circoncision, lis-la maintenant pour savoir quelle est ton impiété ".
A ces mots, le roi ne différa plus l'opération; il se retira dans une autre chambre, appela le médecin et accomplit ce qui était ordonné. Puis il envoya chercher sa mère et son maître Ananias et leur signifia qu'il avait accompli ce rite.
Ces derniers furent aussitôt saisis de stupeur et leur crainte, démesurée, fut double: l'affaire une fois divulguée, le roi perdrait probablement son trône car ses sujets ne supporteraient pas d'être gouvernés par un homme qui s'était embrasé de zèle pour des coutumes étrangères; et eux-mêmes seraient également en danger car on leur en ferait porter la responsabilité. Mais Dieu était là pour empêcher que leurs craintes se réalisent. En tirant Izatès des multiples dangers où il tombait, Il le sauva, lui et ses fils; dans des situations inextricables, Il leur fournissait une porte de salut, montrant ainsi que ceux qui ont les yeux fixés sur Lui et qui ont mis leur foi en Lui seul ne sont pas frustrés du fruit de leur piété. Mais nous raconterons cela plus loin."


Cet épisode-ci a dû se dérouler vers l'an 46 après Jésus-Christ, cfr Actes 11, 27-30 :
"Hélène, la mère du roi, voyait le royaume en paix et son fils heureux, envié de tous, y compris des peuples étrangers, selon la providence de Dieu. Elle eut donc le désir de se rendre dans la ville de Jérusalem pour se prosterner devant le Temple de Dieu, célèbre dans le monde entier, et pour y offrir des sacrifices d'action de grâces. Elle pria son fils de l'y autoriser; celui-ci acquiesça avec grand empressement à la demande de sa mère, fit d'importants préparatifs pour son voyage et lui donna beaucoup d'argent. Et quand elle prit la route pour Jérusalem, son fils l'escorta pendant une bonne partie du trajet. L'arrivée de la reine Hélène tomba fort bien pour les habitants deJérusalem et leur fut très utile car, à ce moment-là, une famine accablait leur ville et beaucoup périssaient faute de ressources. La reine envoya ses gens, les uns à Alexandrie afin d'acheter du blé pour une grosse somme, les autres à Chypre pour en ramener une cargaison de figues sèches; ils furent vite de retour avec leurs chargements et Hélène distribua cette nourriture aux indigents. Aussi laissa-t-elle à tout notre peuple un très grand souvenir, à jamais célèbre, de ce bienfait. Quant à son fils Izatès, informé lui aussi de cette famine, il envoya beaucoup d'argent aux notables de Jérusalem."


In fine, la prédication par le judaïsme et le prosélytisme qui s'ensuivit fut une des voies royales pour la prédication apostolique. Les voies de Dieu sont toujours mystérieuses!



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29 décembre 2008

"Gloria" & cantiques de Noël: historique & patristique (p. Vladimir)

Vous souvenez-vous quand les petits chanteurs de Noël venaient sonner à votre porte et chantaient comme des angelots? On en trouve encore parfois, mais ils se font rares. Revenons-y, et écoutons dans la joie l'un ou l'autre de ces cantiques inspirés. A commencer par plus célèbre chanté en anglais, "Angels We Have Heard on High."

Hymne ancienne
La plupart des chants de Noël actuels ne sont âgés au mieux que de quelques centaines d'années. Et ce célèbre chant-là ne fait pas exception. Les spécialistes rappellent qu'il est traduit d'un chant français du 18ème siècle, "Les anges dans nos campagnes". Mais pas le refrain si touchant pour l'âme. Vous vous en souviendrez sûrement :

Glo-O-o-o-o-o-O-o-o-o-o-O-o-o-o-o-ri-a
in Ex-cel-sis De-o!


Ce n'est bien entendu pas du français mais du latin, signifiant "gloire à Dieu au plus haut des Cieux" – et cela fait partie d'une hymne chantée depuis les débuts du Christianisme.

Le Gloria
Les Chrétiens ont chanté les louanges de Dieu depuis qu'ils sont Chrétiens. La Bible dit même ceci : "Quelqu'un est dans la joie? Qu'il chante des cantiques" (Jacques 5,13). Et dans sa lettre à l'empereur Trajan vers l'an 112, l'historien romain Pline le Jeune évoque les "Chrétiens chantant des cantiques au Christ, s'adressant à Lui comme à Dieu."
La plupart de ces hymnes sont à présent perdues. Mais le "gloria" a survécu. Composé à l'origine en grec, il remonte au minimum au 3ème siècle, et probablement même au premier siècle. Son premier verset, en latin "Gloria in excelsis Deo" vient directement de l'Évangile de saint Luc, dans lequel un Ange annonce aux bergers qui sont aux prés la naissance du Christ, et les myriades d'Anges chantent au dessus d'eux "Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre, bienveillance parmi les hommes" (Lc 2,14).
20 siècles plus tard, les Chrétiens chantent encore ce refrain dans les versions actuelles du Gloria, qui fait partie de nombre d'Offices Chrétiens, et à Noël, dans le chant populaire "les Anges dans nos campagnes."

un envoi du p. Vladimir Demshuck


notes de traduction :
Le Liber Pontificalis affirme que le prêtre Telesphorus, épiscopos de l'Église à Rome de 128 jusque +/- 139, aurait fait utiliser ce "Gloria" lors que la Liturgie du jour de Noël. Saint Télesphore était d'origine grecque, comme la plupart des presbytres puis évêques de Rome jusqu'à saint Eleuthère. Le successeur de ce dernier, Victor, né en Afrique du Nord, et devenu évêque de Rome vers l'an 190, prétendra à une origine apostolique pétrinienne de son siège, inconnue de TOUS ses prédécesseurs selon les écrits de ces derniers, et il se disputera en vain sur la question de la date de Pâques avec saint Polycrate d'Ephèse..
Saint Télesphore mourra martyr, comme le rapporte saint Irénée de Lyon. Par contre ce dernier ne dit pas un mot des affirmations liturgiques du Liber Pontificalis, alors que le moindre détail qu'il possédait sur tel ou tel Père, il le mentionnait. Qu'est donc ce Liber Pontificalis?
Selon les experts, c'est un ouvrage qui a été composé par un auteur contemporain du pape de Rome Anastase II (496-498), se basant sur des ouvrages antérieurs, le Catalogus Liberianus, lui-même dérivé de la liste des évêques romains établie par saint Hippolyte de Rome, et du Catalogue Léonin, aujourd'hui perdu. Pour les experts, sa base a donc été composée entre le 5ème et le 6ème siècle.
Son contenu évoquant le vestiarium, les listes des trésors épiscopaux, certains ont suggéré que l'auteur de la plus ancienne partie était clerc du trésor papal.
Par la suite, l'ouvrage a été amplifié et déformé comme le restant, dès les Carolingiens puis après la chute dans l'hérésie et le Schisme de Rome. Cet ouvrage est de toute manière postérieur de plusieurs siècles aux faits dont il parle, et on possède des ouvrages quasi contemporains des faits et composés par des saints bien connus. Il ne peut donc que servir d'indice, dans le meilleur des cas. Il est cependant intéressant de voir par ce Liber Pontificalis que les coutumes et pratiques liturgiques de l'Orient Orthodoxe existaient bel et bien dans l'Église à Rome lorsque cette dernière était Orthodoxe.


Eusèbe de Césarée, historien de l'Église
chronologiquement proche de bien des faits qu'il a rapportés

Δόξα ἐν ὑψίστοις Θεῷ καὶ ἐπὶ γῆς εἰρήνη ἐν ἀνθρώποις εὐδοκία
Glória in excélsis Deo et in terra pax homínibus bonae voluntátis.

wiki

Grèce/Noël: les néo-païens empêchent la célébration de la Nativité

Des émeutiers jettent des pierres sur la police anti-émeute dans le centre d'Athènes
Photographe: Thanassis Stavrakis/AP


Des prêtres grec-orthodoxes dans la cathédrale d'Athènes, devant un symbole anarchiste peint sur une colonne, mercredi 24 décembre 2008.
Les émeutiers ont peint des slogans sur les barrières en métal des travaux à l'extérieur de la cathédrale d'Athènes, et des logos anarchistes sur les colonnes de marbre du 19ème siècle à l'intérieur. Le soir de Noël, quelque 700 jeunes ont marché sur le centre commerçant d'Athènes, exigeant que les émeutiers arrêtés soient relâchés. Les manifestants chantaient des chants de Noël et des chants de protestation, et jetaient des tracts appelant à libérer les prisonniers, et aucune violence n'aurait eu lieu.
(AP Photo/Thanassis Stavrakis)


Un prêtre regarde un symbole anarchiste...
http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_w_articles_politics_100004_27/12/2008_103337

PANTELIS SAITAS/EPA
Un prêtre regarde un symbole anarchiste peint sur unes des colonnes de la cathédrale d'Athènes la veille de Noël. Plusieurs centaines de protestataires ont marché à travers le centre de la capitale grecque, la veille de Noël, exigeant la libération des dizaines de personnes arrêtées au cours des récentes émeutes. Certains manifestants chantaient devant la cathédrale "prêtres, voleurs, pédophiles," y brûlant un drapeau grec et souillant de graffitis le bâtiment du 19ème siècle. Le vandalisme a amené à faire annuler la Vigile de la Nativité à la cathédrale.



Un prêtre près des graffitis, sortant de la cathédrale d'Athènes, 24 décembre 2008. REUTERS/John Kolesidis (GREECE)


Des cocktails molotov jetés sur des voitures exposées lors d'un raid de pillage à Athènes
http://www.newkerala.com/topstory-fullnews-64666.html

Athènes, 25 décembre. Des attaquants masqués ont mené des raids de pillage pendant la nuit, et ont lancé des cocktails molotov sur 2 expositions de voitures, en divers lieu de la capitale grecque, a rapporté jeudi la radio d'État.
Leurs jets de cocktails molotov dans le district de Galatsi ont détruit 5 voitures.
Ils ont aussi détruit la façade d'une banque et enflammé des bonbonnes de gaz butane à l'extérieur d'un bâtiment du gouvernement, dans le centre d'Athènes.
Il n'y a pas eu de blessés dans les attaques, mais de gros dégâts aux biens matériaux, rapporte la radio.
Quelque 600 anarchistes ont manifesté pacifiquement mercredi rue Hermès, la plus chère des rues de la capitale, qui était bondée de badauds venant faire leurs emplettes de Noël.
A la fin de la manifestation, ils ont scandé des slogans contre les prêtres et l'Église et taggé les murs et colonnes de la cathédrale d'Athènes.
Le nombre de manifestants était considérablement moins élevé que lors des récentes manifestations.
La Grèce a été le théâtre d'une série de violentes manifestations depuis que la police a tué un jeune anarchiste de 15 ans, le 6 décembre.
Les jeunes et étudiants ont d'ores et déjà planifié pour le 9 janvier 2009 des émeutes contre la brutalité policière et le népotisme et pour des réformes dans tous les domaines de la société grecque.
--- IANS



La police anti-émeutes se tient devant la cathédrale d'Athènes, pendant une manifestation dans la capitale grecque, 24.12.2008. REUTERS/Yiorgos Karahalis (GREECE)


Un prêtre près des graffitis, sortant de la cathédrale d'Athènes, 24 décembre 2008. REUTERS/Yiorgos Karahalis (GREECE)



KYRIE ELEISON (x 40) : la Grèce risque de devenir comme le restant de l'Europe...

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28 décembre 2008

Saint Simon le Myroblyte, fondateur de Simonos-Petra

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Simon fut le fondateur du monastère de Simonos-Petra sur la sainte montagne de l'Athos. Il fut glorifié pour son ascèse par des visions et des miracles. Il entra en paix dans le repos et partit vers le Christ en 1257.
Prologue d'Ochrid, par saint Nicolas Velimirovic

(wikimedia)

Saint Simon l'Athonite
http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=103680
Commémoré le 28 décembre
Saint Simon mena une vie ascétique sur le Mont Athos, et fut glorifié par de nombreux miracles. Il fonda le monastère de la Nouvelle Bethléem, à présent appelé Simonopetra ou Simonos-Petra. Une nuit, il vit une étoile si radieuse qu'il crû que c'était l'Étoile de Bethléem. Voyant l'étoile rester immobile pendant plusieurs nuits, il pensa tout d'abord que c'était une tentation démoniaque. La veille de la Nativité du Seigneur, l'étoile se tint au dessus d'un haut rocher, et saint Simon entendit une voix lui dire "ô Simon, c'est ici que tu dois poser les fondations de ton monastère pour le saluts de nombreuses âmes." Il construisit le monastère et l'appela Nouvelle Bethléem.
Il s'endormit dans le Seigneur en 1287, et ses saintes reliques exsudèrent de la myrrhe.

source icône


une visite russe au Mont Athos en photos (2005)
http://triafona.orthodoxy.ru/Afon-FR.htm

"Athos, des moines et des hommes"
http://stmaterne.blogspot.com/2006/11/athos-des-moines-et-des-hommes.html

sagesse athonite
http://orthodoxie.sosblog.fr/Orthodoxie-b1/Athos-Sagesse-de-la-Sainte-Montagne-b1-p804.htm
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Un coeur pur (Ancien Amphilochios)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/09/10/a-pure-heart/

"Sur les hauteurs"
Mikhail Nesterov, 1896


Une personne peut s'élever au dessus de la terre avec 2 ailes, l'une étant la simplicité, l'autre la pureté de coeur.
Vous devez être simple dans vos actions, et purs dans vos pensées et sentiments.
Avec un coeur pur, vous chercherez Dieu, et avec simplicité, vous Le trouverez et vous vous en réjouirez.
Un coeur pur passe facilement par la porte des Cieux.


Geronda Amphilochios (Makris)
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