par le protopresbytre Alexandre Schmemann

Mardi 20 janvier 1981
Hier, c'était un jour de complet suspense au sujet de l'épilogue des otages en Iran. Sont-ils ou seront-ils libérés avant l'investiture de Reagan?
Deux moniales ont quitté le couvent A (qui avait 8 moniales), sont parties pour le couvent B, et de là reparties pour créer le couvent C. Et ainsi, au fur et à mesure, un peu partout, des "sketes de la Transfiguration", et, bien vite, ils se retrouvent tous avec une seule moniale. Il y aura autant de Skete qu'il n'y a de moniales!
De plus en plus, il me semble que le renouveau du monachisme, dont chacun parle de manière si enthousiaste - ou au moins la tentative de renouveau - ne pourra se faire qu'en liquidant au préalable toute l'institution monastique elle-même, c'est-à-dire tout ce vaudeville de "klobouks", coules, tout cet apparat, etc. Si j'étais un "staretz" - un ancien - à un candidat à la vie monastique, je dirais à peu près ceci :
* trouves-toi un boulot, le plus simple possible, sans créativité (par exemple, guichetier dans une banque);
* pendant que tu travailles, prie et cherche la paix intérieure; ne te fâche pas; ne pense pas à toi (droits, justice, etc). Accepte tout le monde (collègues, clients) comme quelqu'un qui t'es envoyé; prie pour eux.
* après avoir payé pour un logement et une nourriture modestes, donne le reste de ton argent aux pauvres; pas à des institutions, mais directement aux concernés;
* va toujours à la même église, et là tente d'être un véritable assistant, aide non pas avec des sermons sur la vie spirituelle ou les icônes, non pas en enseignant, mais avec la "loque à poussière" (cf. Saint Séraphim de Sarov). Limite-toi à cette sorte de service et soit - en matière ecclésiale - totalement obéissant au prêtre de paroisse;
* ne t'impose ni toi ni ton service auprès de personne; ne t'afflige pas si tes talents ne sont pas utilisés; sois serviable; sert partout où on en a besoin et non pas là où tu penses que l'on a besoin de toi;
* lis et apprend autant que tu peux; ne lit pas uniquement de la littérature monastique, mais explore largement (ce point aurait besoin d'être définit plus précisément);
* si des amis et des connaissances t'invitent parce qu'ils te sont proches, vas-y; mais pas trop souvent, ni sans raison. Ne reste jamais plus d'une heure et demi à deux heures. Après, l'atmosphère amicale dégénérera;
* habille-toi comme tout le monde, mais modestement, et sans signe visible d'une vie spirituelle particulière;
* sois toujours simple, radieux, joyeux. Ne donne pas de leçon. Évite comme la peste toutes les conversations "spirituelles" et toute conversation religieuse ou vaine causerie ecclésiale. Si tu agis de la sorte, tout te sera profitable;
* ne recherche pas un guide spirituel ou un ancien. S'il est nécessaire, Dieu te l'enverra, et te l'enverra quand il sera nécessaire;
* ayant travaillé et servit de la sorte 10 ans durant - pas moins - demande à Dieu si tu dois continuer dans ce chemin, ou si un changement est requis. Et attend pour la réponse : elle viendra; les signes seront "joie et paix du Saint Esprit."
Extrait de "The Journals of Father Alexander Schmemann 1973-1983", publié par St. Vladimir Seminary Press, Crestwood, NY.
http://www.amazon.com/Journals-Father-Alexander-Schmemann-1973-1983/dp/0881412007

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