"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

27 janvier 2009

Kirill, l'ami du vatican, devient patriarche de Moscou (27.1.2009)

Comme prévisible, c'est le plus riche, le plus puissant, et le plus oecuméniste qui l'a emporté, comme en Roumanie..

Métropolite Kirill élu patriarche de Moscou
http://www.interfax.com/3/466783/news.aspx

MOSCOU. 18h13 GMT, 27 Janvier 2009 (Interfax) - Les délégués à l'assemblée du Concile de l'Église qui se tient à Moscou ont élu le métropolite Kirill de Smolensk & Kaliningrad comme 16ème patriarche de Moscou.
Le métropolite Kirill a obtenu 508 (72%) des 702 votes durant l'élection de ce mardi. Pour être élu patriarche, un candidat devait être soutenu par plus de la moitié des délégués.
169 votes (24%) ont été au métropolite Kliment de Kaluga et Borovsk.
Le métropolite Filaret de Minsk et Slutsk, qui avait aussi été choisi comme candidat patriarche par le Concile des évêques quelques jours auparavant, s'était retiré de l'élection en faveur du métropolite Kirill 2 heures avant le vote final.
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Le locum tenens, le métropolite Kirill de Smolensk & Kaliningrad, dirige la Liturgie après avoir été élu comme chef de l'Église Orthodoxe de Russie, en la cathédrale du Christ Sauveur, Moscou, 27 janvier 2009. L'Église de Russie a élu le réformateur Kirill, 62 ans, comme nouveau chef, ce mardi, pour succéder à Alexis II, décédé le mois dernier. REUTERS/Alexander Natruskin (RUSSIA)



L'Église Orthodoxe de Russie élit un nouveau primat
http://www.unian.net/eng/news/news-297383.html


[27.01.2009 16h47]
Selon l'AP, des centaines de délégués de l'Église Orthodoxe de Russie se sont rassemblés mardi à Moscou pour la première élection d'un patriarche depuis la chute de l'Union Soviétique, régime officiellement athée.
Les 711 électeurs, parmi lesquels ont trouve d'importants hommes d'affaires et personnages politiques de même que des moines et des prêtres, ont jusque mardi pour choisir un successeur à Alexis II, qui est mort le 5 décembre à l'âge de 79 ans. Alexis II avait servit depuis 1990 comme chef spirituel du plus grand et plus riche patriarcat Orthodoxe du monde.
Le nouveau patriarche sera couronné dimanche prochain en la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, et il parviendra à un énorme pouvoir spirituel. Mais il présidera aussi sur l'immense empire commercial du patriarcat, bâtit grâce à l'aide des exemptions d'impôts et autres concessions gouvernementales depuis la chute de l'Union Soviétique en 1991.
L'Église insiste qu'il ne convient pas de comparer le processus de sélection à une élection séculière, car le nouveau patriarche aurait déjà été choisit par Dieu.
Mais en pratique, parmi les électeurs du patriarche, on trouvera certains de l'élite de Russie liée au pouvoir politique : un propriétaire d'une firme de production de tabac, l'épouse d'un gouverneur, et le fils du président de Trans-Dniestrie, une province dominée par la Russie et ayant fait sécession de la Moldavie.
La présence d'importants personnages politiques parmi les électeurs ne fait que renforcer l'impression que la politique jouera un rôle majeur dans la nomination du nouveau primat d'Église.
Le primat par intérim, le métropolite Kirill de Smolensk et Kaliningrad est le candidat le mieux placé, mais il a au moins 2 concurrents, et les électeurs peuvent aussi proposer leurs propres candidats.
Kirill, 62 ans, a obtenu la plupart des voix – 97 – dans un scrutin secret de responsables ecclésiaux dimanche dernier. Les 2 autres candidats choisis par le Concile des évêques étaient le métropolite Kliment de Kaluga et Borovsk, qui a eu 32 voix, et le métropolite Filaret de Minsk et Slutsk, 16 voix.
Kirill est considéré comme allant plus que probablement chercher à être indépendant du Kremlin et à oeuvrer à de meilleures relations avec le Vatican. En face de lui, il a l'opposition d'un fort mouvement traditionaliste au sein de l'Église, qui le considère comme trop moderniste et bien trop enclin à vouloir un rapprochement avec les catholiques-romains.
Le Kremlin ne soutient ouvertement aucun des candidats. Mais on rapporte que le président Dmitry Medvedev serait proche du métropolite Kliment, 59 ans, qui est soutenu par les traditionalistes.
Filaret, 72 ans, est le primat en Biélorussie, et il maintient de bonnes relations avec Alexander Lukashenko, le très autoritaire président de ce pays.
Dans la Constitution de la Russie post-soviétique, l'Église et l'État sont officiellement séparés, mais l'Église Orthodoxe de Russie a servi l'État presque tout au long de ses 1.000 ans d'histoire, et les liens se sont renforcés depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000.
Certains militants athées russes se plaignent que l'Église aurait façonné sa doctrine pour qu'elle s'accorde avec le gouvernement actuel, qui a justifié le retrait de la Russie d'un style de démocratie à l'occidentale en disant que le pays avait une histoire et une culture uniques.
On remarquera ce lien fort étroit à un détail, la télévision étatique retransmet en direct le Concile.
Dans une longue adresse, Kirill a commencé par habilement remercier l'administration de Medvedev pour "un accueil chaleureux et très bienveillant."
L'Église Orthodoxe de Russie considère que son troupeau compte plus de 100 millions d'âmes en Russie, bien que les sondages montrent que seulement 5% des Russes sont de fidèles pratiquants – pour la plupart des habitants ruraux à faibles revenus et des intellectuels citadins.
Les 2/3 des électeurs sont du clergé, et l'autre tiers des laïcs. Des diocèses d'un peu partout de l'ancienne Union Soviétique ont envoyé des hommes d'affaires, des officiels gouvernementaux et leurs proches pour voter pour le nouveau patriarche – un fait sans précédent que l'Église appelle une "récompense" pour les soutiens et mécènes.
La décision d'ouvrir le vote à de puissantes personnalités de la société civile a suscité d'amères critiques. "C'est une kermesse de vanité," a déclaré le théologien Andrei Kurayev au quotidien Kommersant.
Mais la direction de l'Église a repoussé la critique. "Que devons-nous faire alors, puisque ces gens font partie de notre société et de notre Église?" a demandé le porte-parole de l'Église, le p. Vsevolod Chaplin, rapporté par l'agence de presse Interfax.


note de gestion : Ce blog avait posté la biographie des 2 principaux protagonistes, déjà engagés dans leur course au pouvoir bien avant la mort du précédent patriarche :
http://stmaterne.blogspot.com/2008/03/russiepatriarcat-guerre-de-succession.html. Sujet hautement polémique, pas de commentaires prévus hors du post de Vanitas Vanitatis.