"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

31 janvier 2009

La Panagia de Jérusalem, vénérée par le p. Païssios l'Athonite


grâce à notre ami organisateur Roland, lors du pèlerinage au Mont Athos d'octobre 2008, j'ai eu le privilège et l'immense bonheur de pouvoir visiter la cellule du p. Païssios. Et mieux encore, vénérer le lainage qu'il portait, voir les Icônes qu'il avait accrochées près de sa place dans la chapelle (dont celle son amie céleste, sainte Euphémie), et... la "Ierosolymitissa," cette Icône de la Mère de Dieu "de Jérusalem," qu'il vénérait particulièrement et avait rajoutée à l'iconostase. Et surprise lors du dernier endroit visité le dernier jour du voyage, à Thessaloniki, la basilique Agios Dimitrios : à l'entrée à droite, c'est cette même Icône majestueuse qui acceuille le fidèle et le pèlerin.

Panagia Ierosolymitissa
Παναγία Ιεροσολυμίτισσα

http://orthodoxwiki.org/Panagia_Ierosolymitissa


La Panagia Ierosolymitissa (grec Ιεροσολυμίτισσα – très sainte Mère de Dieu de Jérusalem) est une Icône très populaire de la Théotokos, car elle est exposée au dessus de la tombe vide de la Mère de Dieu à son sépulcre, à Gethsemani, bénissant les innombrables pèlerins qui visitent la Terre Sainte de Jérusalem. La tombe sous-terraine de la Vierge Marie se trouve dans la vallée du Cédron, au pied du Mont des Oliviers, où le Sauveur pria si souvent avec Ses disciples. Elle est attribuée à la Théotokos puisqu'on croit que les Apôtres se sont rassemblés en ce lieu et y ont enterré le tout pur corps de la Mère de Dieu. Son Icône demeure ici comme une infinie source de bénédictions pour tous les Chrétiens, célébrée (ou vénérée) sous le nom de "Panagia Ierosolimitissa."

L'église
Depuis 1757, l'entièreté du site appartient au patriarcat de Jérusalem. Il est partagé avec l'église arménienne et diverses autres communautés ecclésiales ont des droits mineurs sur le site, comme l'église copte, l'église syriaque et d'autres. Des sources extérieures à l'Église mettent en doute l'authenticité du site.

Histoire de l'Icône
D'après la sainte Tradition, cette Icône miraculeuse fut peinte suite à la révélation de la sainte Théotokos à une moniale appelée Tatiana, du saint monastère de sainte Marie Madeleine, vers 1870. Voici comment cela nous a été rapporté :
En 1870 vivait là une moniale iconographe appelée Tatiana. Une nuit, une femme lui apparût en songe, lui disant, "soeur Tatiana, je viens pour que tu puisses me peindre." Tatiana répondit "qu'il en soit ainsi, bienheureuse soeur; cependant, je ne suis qu'une iconographe, pas une peintre." La femme répondit : "fort bien, tu devrais me représenter en faisant appel à ton style iconographique." Soeur Tatiana fut fâchée de l'audace de la réponse de la femme et dit "je n'ai pas de planche de bois pour ça."
Obéissant cependant à sa mystérieuse visiteuse, la soeur commença son iconographie. Soeur Tatiana jeta un coup d'oeil vers sa visiteuse et elle la vit être transfigurée devant elle. Le manteau devint doré et sa face brillait intensément. Ce changement dans l'apparence de la femme fit peur à Tatiana, mais la femme lui dit : "Ô bienheureuse Tatiana, tu es la seule personne, après les Apôtres et l'Évangéliste Luc, qui a cette opportunité de peindre à nouveau une Icône de moi." Soeur Tatiana réalisa alors qu'elle était en présence de notre très sainte Mère la Théotokos. Apeurée, elle se réveilla de son songe.
Elle partit aussitôt informer l'higoumèna de la vision, racontant dans le détail. La mère ne crût pas l'histoire, mais lui dit de retourner se coucher, et que le lendemain, avec sa bénédiction, elle pourrait peindre une Icône de la Panagia.
Obéissante, Tatiana retourna à sa cellule, et avant d'en pousser la porte, elle remarqua une grande lumière irradiant à travers la porte. Elle se hâta de retourner chez l'higoumèna, de la ramener à sa cellule afin qu'elle constate elle aussi et comprenne qu'il n'y avait pas invention. Elles revinrent donc ensemble à la cellule de Tatiana. A l'intérieur, elles sentirent un merveilleux parfum, tout céleste, et la lumière était si forte que ce n'est qu'alors qu'elles réalisèrent que parfum et lumière provenaient d'une Icône de la Vierge Marie.
Cette apparition mystérieuse et miraculeuse de l'Icône choqua les soeurs, mais notre sainte Mère la Théotokos apparu à nouveau à Tatiana et lui dit : "A présent, ramène-moi à ma maison à Getsemani, près de Jérusalem." C'est ce que l'abatissa et la soeur firent ensuite.
En iconographie, on appelle ce phénomène "acheiropoeito", en grec "une image non-peinte de main humaine," et elle se trouve à présent exactement là où la Panagia voulait qu'elle soit, dans sa "maison," le lieu de son repos final près de sa sainte tombe à Getsémani. Le nom "Ierosolymitissa" a été adopté depuis lors, car signifiant "très sainte Mère de Jérusalem," et cette Icône est particulièrement miraculeuse.
En janvier 2000, l'Icône fut envoyée par avion de Getsémani jusqu'à la région métropolitaine de Kitiou, afin de célébrer les 2000 ans depuis la Nativité du Christ. Cette procession officielle a eu lieu l'après-midi à l'église métropolitaine de Sotiros.

Pâques de la Théotokos
En l'honneur de la "Pâques de la Théotokos" (un autre nom pour la Dormition), une ancienne tradition est préservée à Jérusalem, répétant la procession de la croix avec le linceul de la Théotokos, qui porte une Icône à double-face et un couvercle d'argent. Ce linceul est conservé tout au long de l'année à Getsémani, juste en face de l'église de la Résurrection du Christ. Et ce n'est que pendant la période de la Dormition que ce linceul miraculeux est placé sous un baldaquin spécial au Sépulcre de la Mère de Dieu. Les fidèles le vénèrent en passant à genoux sous le baldaquin.

1 commentaire:

Antoine a dit…

En lisant cette histoire, je suis là a pleurer comme un «con» devant mon ordinateur !
Quelle joie !
Ô sainte Mère de Dieu sauve nous par ton intercession ....