"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

17 janvier 2009

OrthodoxTV: l'oecuménisme comme hérésie

Une série de reportages de la Orthodox WebTV américaine sur ce sujet (hélas, films mis dans le désordre) a été mise en ligne. On pourra regretter les parties de débat sur les questions de calendrier, car elles ne font que se concentrer sur le problème d'un patriarche hérétique qui l'a imposé; mais il l'a fait pour des raisons oecuménistes et maçonniques – car c'est lié. L'oubli des intervenants que certaines Églises locales avaient réalisé ce changement pour d'autres motifs (Serbie, Roumanie) ou qu'en Amérique du Nord, saint Tikhon l'avait fait pour ses paroisses de rite occidental, cela déforce un peu l'argumentation; mais reste le fond, le but de cette imposition: supprimer un "mur" pour permettre à une plus grande proximité et dissolution de l'Église dans le grand magma oecuméniste.

Ceci étant dit, voici le premier volet:


les autres films en ligne :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/ANTI%2BEcumenism
Le film "part 8 of 15" a cette remarque très importante du Diacre : pour nous perturber et nous tromper, l'oecuménisme utilise un langage très traditionnel, qui nous fait facilement croire à ce qu'il présente en surface. Et la plupart des Orthodoxes qui y participent ignorent radicalement le contenu doctrinal de cet oecuménisme, ne se laissant attirer que par des idées d'apparence sympathique, celles qui sont présentées publiquement.
En passant, quelle que soit leur position hiérarchique éventuelle, l'ignorance doctrinale de ces égarés doit être énorme, car comment dire à chaque Liturgie que l'on croit que l'Église est Une et aller parler ailleurs de "nécessité d'unité"? Comment dire avec saint Paul que l'Église est Corps du Christ, que le Christ ne saurait être divisé, et en même temps acquiescer aux fausses idées de ceux qui s'en sont séparés, qui n'en partagent plus la Foi salvatrice, et qui dès lors veulent non pas une unité, mais la disparition de ce qui est Un?

Le film "part 9 of 15" a cette croustillante remarque du Lecteur : les Orthodoxes oecuménistes ne cessent de parler de tolérance, mais allez seulement leur parler de la Foi de l'Église, et ils vous attaqueront avec violence; s'ils ont le pouvoir temporel en mains, ils emprisonneront sans hésiter le clergé qui ne suit pas leur agenda oecuméniste; etc. (l'Histoire ecclésiastique des 8 derniers siècles démontre à l'envi à quel point cette dernière remarque est exacte)

Le film "part 12 of 15" a une belle remarque du présentateur : dans tous ces discours, ils (nos Orthodoxes oecuménistes) veillent à ne rien dire qui pourrait choquer les autres "christianismes" et évitent de dire la Foi, mais ils ne pensent pas à ne pas offenser .. Dieu..

Le film "part 3 of 15" est très fort avec cette remarque-clé du Lecteur : la Foi n'étant pas démontrable par la logique, qui est le système rationaliste qui sous-tend les croyances des protestants, anglicans & catholiques-romains, ceux qui s'engagent dans l'oecuménisme avec ces groupes finiront //immanquablement// par remettre en cause toutes les doctrines que le Christ nous a données via Ses Apôtres et les saints Pères et les Conciles. Et de fait, quand on lit et écoute les Orthodoxes qui y sont engagés, leur relativisme théologique est effrayant, et en dehors d'une pratique ritualiste (et encore..) et d'une appartenance théorique, on se demande vraiment où ils en sont. On ne peut que les plaindre et prier pour eux, car une fois qu'on construit sa religion personnelle, on construit sur le sable. C'est tout sauf un exemple à suivre.
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1 commentaire:

Antoine a dit…

Bonjour,
Je me permets de copier ici quelques articles qui abondent dans votre sens :

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(http://commonitorium.over-blog.com/article-26490898-6.html#anchorComment)

Puisque vous abordez ici la délicate question du calendrier, j’en profite encore une fois pour remercier le patriarcat de Constantinople pour avoir, conformément à son habitude, amené une fois encore la division dans l’Eglise.

En effet, après avoir usurpé le titre de Patriarcat œcuménique (cf. les lettres de St. Grégoire le Grand sur ce même site), après avoir adhéré au cours de l’Histoire aux hérésies les plus diverses, après avoir martyrisé ceux qui refusaient de le suivre dans ses hérésies (voir la très actuelle persécution des moines d’Esphigménou), ce minuscule Patriarcat TURC, du haut de son insignifiance revendique une suprématie quasi “ papale ” sur toutes Eglises locales sises à l’extérieures des anciennes frontières de l’Empire romain. Et ce, en conformité avec un article de loi datant de l’époque où le monde connu ne se limitait pratiquement qu’à cet Empire. Voulant en toutes occasions et à tout prix prouver sa suprématie terrestre, il ne manque jamais une occasion d’en découdre avec son principal adversaire ...... l’athéisme ? ...... Satan ? Non, le Patriarcat russe ! en s’opposant systématiquement à ses décisions et, suprême insolence, en intervenant dans ses affaires internes et en accordant l’indépendance à une partie propre de cette Eglise russe !

Dans son projet à long terme (l’annexion à travers lui de toute l’Eglise à l’hérésie latine papiste qu’il prépare soigneusement depuis de nombreuses décennies en s’alignant étape par étape sur la maladie romaine) et dans le plus total mépris de la collégialité de l’Eglise universelle indivise, il décida unilatéralement en 1924 d’adhérer au calendrier romain actuel et ce, farce suprême, uniquement pour les fêtes fixes. Ce qui eut pour conséquence la créations plusieurs schismes et d’autres troubles sans précédent à l’intérieur de l’Eglise. Mais apparemment, le patriarche de Constantinople n’a que faire de ces détails ; “ après moi le déluge !” ou pire “ l’Eglise, c’est moi !?” A moins, bien sur, que ce ne soit son but inavoué.

Je préciserai quand même que ce qui est primordial ce n’est pas l’usage d’un calendrier astronomiquement exact mais bien l’unité interne de l’Eglise. Changer de calendrier n’étant absolument pas un problème dès l’instant où c’est une décision commune à toutes les Eglises locales.

Mais visiblement mon discours ne sert à rien, car qui lira ce commentaire : 3, 4, 10 personnes ? de toute façon, la majorité s’en moque ou alors est complice passive de ce patriarcat turc et les autres me reprocheront sans doute certains points de détails.

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(http://orthodoxie-libre.actifforum.com/orthodoxie-mondiale-f7/patriarche-de-constantinople-t93.htm)

L’œculménisme, «l’hérésie aux pattes de velours» est un cancer dont j’observe avec horreur la progression depuis des années. N’étant pas un lettré, j’avoue me sentir totalement impuissant devant ce raz de marée émotionnel qui contamine clergé et paroissiens.
La peste romaine semble contaminer méthodiquement et inexorablement toutes les couches de l’Eglise.
En effet, je constate que, l’une après l’autre nos Eglises locales sont soit séduites par ce mensonge à la mode, soit lâchement silencieuses, attendant sans doute de voir comment ce mal va évoluer ou quel va être la réaction des autres patriarcats avant de choisir un camp.

Dans toutes nos facultés de théologie, on conditionne les étudiants à être favorable à l’œculménisme, on n’y forme plus des théologiens défenseurs de la foi droite mais des diplomates iréniques (n’oubliez pas que Constantinople contrôle toute la formation théologique francophone).

Comme à son habitude, Constantinople pratique la politique du fait accompli. Sachant que la grande majorité reste totalement indifférente et passive, qu’une minorité approuve et que la minorité qui désapprouve et proteste finira par s’épuiser et renoncera devant l’inertie collective. Mais pourquoi agirait-elle autrement puisque aucun patriarcat ne proteste ? Rien ne bouge, seul le mal progresse ! qui donc est le Chef de l’Eglise ? Le Christ ou l’intérêt socio-politico-économique ?
La dernière fois que les patriarches se sont mis d’accord, c’était il y a quelques années pour déposer l’un des leurs impliqué dans une histoire de corruption et d’argent. Par contre, ça ne les dérange visiblement pas qu’un des leurs piétine les canons de l’Eglise et sombre dans l’hérésie. Car si ce «patriarche» de Constantinople est coupable, les autres le sont infiniment plus de par leur passivité à la limite de la complicité !

Si j’ai écrit ces lignes maladroites c’est que j’ai peur ! Oui, j’ai très peur car je ne sais plus vers qui me tourner ni quelle attitude adopter. En parler autour de moi ? mais lorsque j’aborde le sujet avec d’autres paroissiens, c’est tout juste si on ne me lance pas des tomates (ma paroisse se divise en 2 camps les œculménistes et les nationalistes).
Comme je l’ai dit plus haut, je ne suis pas un lettré et donc ne connais rien à la haute belle et grande théologie universitaire. Et, de même que n’importe quel mathématicien tricheur peut prouver que 2+2=14 à qui ignore les mathématiques supérieures ou qu’un physicien menteur peut démontrer que la terre est creuse et que nous vivons à l’intérieur à qui ignore l’astrophysique ; n’importe quel théologien de mauvaise foi peut facilement démontrer que «Zorro est grand et que Vishnou est sa concierge » à un ignorant tel que moi. C’est pourquoi, même si je sais être dans la vérité, je ne suis pas de taille à affronter ces grands théoriciens. Connaître la vérité est une chose, être capable de la défendre contre des professionnels de la mauvaise foi en est une autre. Et en ce qui concerne le peuple, mon expérience m’a montré que le coté émotionnel des foules l’emporte généralement sur toutes formes de raisonnement.

Alors qu’allons nous devenir lorsque la majorité de l’Eglise du Christ sera absorbée par l’«église» de Rome ? L’Eglise ne sera t’elle réduite qu’à quelques monastères en sursis isolés au Kosovo ou en Sibérie, vivant dans l’attente d’une action militaire musclée comme à Esphigmenou ?

C’est pourquoi, je vous pose la question à vous qui êtes plus intelligent et plus instruit que moi : que devrais-je faire le jour où le prêtre concélèbrera avec des Mormons et vendra les Saints Dons au plus offrant, le tout avec la bénédiction de son Evêque, du Patriarcat et du Pape ? Je sais, c’est de la caricature (quoi que ....) mais vous comprenez bien mon inquiétude.

Donnez-moi un conseil je vous en prie .......

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(http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/06/30/01016-20080630ARTFIG00261-benoit-xvi-tend-la-main-aux-orthodoxes.php)

N’oublions pas que la structure de l’Orthodoxie n’est pas celle de Rome. Bartholomé Ier n’est pas le pape ou le grand gourou des Orthodoxes car cette notion n’existe pas chez eux. Cette différence est même une des causes du schisme. Le patriarche Bartholomé Ier n’est que le chef administratif d’une toute petite partie de l’Orthodoxie : le Patriarcat de Constantinople. Et, contrairement à ce qui est dit en Europe occidentale, Bartholomé Ier est très, très loin d’être suivi par l’ensemble des Orthodoxes.
Depuis 1000 ans, les théologies romaine et orthodoxe sont devenues fondamentalement incompatibles et ne cessent de s’éloigner. Pour qu’il y unité, il faudrait que l’un ou l’autre reconnaisse être dans l’erreur et renie sa théologie pour adhérer à celle de l’autre, ce qui est impensable. Même si, d’un côté comme de l’autre, quelques théologiens s’obstinent à appeler un chien : un chat ; ça ne marche pas !
Ces “fraternelles retrouvailles” ne sont donc que de la poudre aux yeux. S’il faut y donner un sens, il faut oublier la spiritualité voir l’aspect géopolitique. Le Patriarcat de Constantinople (l’actuelle Istanbul) ne représente plus qu’un minuscule îlot chrétien en terre musulmane dont l’existence est des plus précaire. Pour survivre, il tente, au nom d’un privilège datant de l’ancien empire romain, de s’imposer comme l’interlocuteur incontournable entre l’Orient et l’Occident. Et du côté de Rome ? Toujours la même chose : la quête du pouvoir absolu par n’importe quel moyen et à tout prix.

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(http://commonitorium.over-blog.com/article-23558853-6.html#anchorComment)

Commentaires concernant la compilation des lettres de Saint Grégoire le Grand suppliant le patriarche de Constantinople d’abjurer le titre de «patriarche œcuménique» :

Que voici un texte extrêmement instructif et intéressant. Texte que je pense être Vérité et bon sens.
Mais ce si enrichissant texte n’a pas porté les fruits espérés. Car aujourd’hui encore, les revendications papales sont toujours aussi délirantes et la position de la «communauté religieuse de Rome» n’a pas bougé.
Pourquoi cela ? Parce qu’une chose essentielle n’a visiblement pas effleuré le père Vladimir Guettée. Il a tout simplement omis de tenir compte de la «nature humaine». Car comment, à son époque (et à la notre), son texte aurait-il pu avoir la moindre influence sur les «catholiques-romains» alors que déjà du temps de saint Grégoire le Grand ces mêmes arguments débouchèrent sur un échec ? Car une chose évidente semble avoir échappé à Guettée comme à tous les Orthodoxes d’ailleurs. C’est que, malheureusement, aujourd’hui encore, le Patriarche de Constantinople s’arroge toujours et encore ce pompeux titre de «Patriarche œcuménique» et que visiblement ça ne dérange personne !
Comment reprocher la paille que son frère a dans l’œil alors que ..... (mais vous connaissez la suite)

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