"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

20 juillet 2009

Mariage chrétien (1) : fidélité (Dynamis)


http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/3729
Épître pour le mardi de la 7ème semaine après la Pentecôte : 1 Corinthiens 6,20-7,12
"Car c'est à grand prix que vous avez été rachetés. Glorifiez donc Dieu dans votre corps. Pour en venir à ce que vous m'avez écrit, j'estime qu'il est bon pour l'homme de s'abstenir du commerce avec la femme. En raison toutefois du
danger d'impudicité, que chaque homme ait sa femme et que chaque femme ait son mari. Qu'à l'égard de sa femme le mari remplisse son devoir, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme ne peut disposer de son propre corps: il appartient à son mari. De même, le mari ne peut disposer de son propre corps: il appartient à sa femme. Ne vous soustrayez pas l'un à l'autre, à moins que ce ne soit d'un commun accord, temporairement, pour vaquer à la prière; puis, retournez l'un à l'autre, de peur que Satan ne vous tente du fait de votre incontinence. Ce que je dis là est un conseil, non un ordre. De fait, je voudrais que tout le monde fût comme moi; mais chacun détient de Dieu un don particulier, l'un celui-ci, l'autre celui-là. Aux célibataires et aux veuves, je dis qu'il leur est bon de demeurer comme moi. Mais, s'ils ne peuvent rester maîtres d'eux-mêmes, qu'ils se marient. Il vaut mieux se marier que de brûler. Aux gens mariés j'ordonne (non pas moi, mais le Seigneur) que la femme ne se sépare pas de son mari. S'il arrive qu'elle en soit séparée, qu'elle ne se remarie pas, ou qu'elle se réconcilie avec son mari. Que, de son côté, le mari ne répudie point sa femme. Aux autres, ce n'est pas le Seigneur, c'est moi qui dis: si un frère a épousé une femme non croyante et qu'elle consente à vivre avec lui, qu'il ne la répudie pas."


Mariage Chrétien (1) : Fidélité - 1 Corinthiens 6,20-7,12, en particulier le verset 7,2 : "En raison toutefois du danger d'impudicité, que chaque homme ait sa femme et que chaque femme ait son mari."

C'est par cette épître que commence notre série de 4 lectures de la Première aux Corinthiens à propos de problèmes liés au mariage. Dans les 4 lectures, saint Paul examine la question de la fidélité, du conjoint non-croyant, du service à Dieu, et de la vocation au célibat. Un peu avant dans cette même épître, Paul a établi quelques règles de base pour tous les Chrétiens quant à leurs relations avec les autres, au milieu des va et vient de l'immoralité (5,9-6,11) – tant parmi les incroyants que parmi ceux qui se prétendent Chrétiens.

Dans le verset de ce passage précité (7,2), l'Apôtre de Dieu exhorte les Chrétiens à la fidélité maritale – ce qui n'a rien de surprenant. Cependant, vu le laxisme moral dans la société, qui accepte les relations sexuelles hors mariage, qu'il s'agisse de relations entre célibataires (fornication) ou un(e) célibataire avec quelqu'un qui est déjà marié (adultère), ce n'est dès lors pas anodin de demander, comment quelqu'un pourrait vraiment rester dans la pureté et la fidélité tout au long de sa vie? Voyez les normes laxistes de ce monde, qui ne cessent encore de s'aggraver, et qui militent activement contre la fidélité. Considérant le peu de soin que les familles apportent à la préparation d'unions matrimoniales, et l'aspiration qu'on les couples à ce que leur mariage les comble, nous cherchons quel support l'enseignement de l'Église peut nous apporter.

Au début du présent passage (v. 6,20), saint Paul nous adresse tous ceci : "...c'est à grand prix que vous avez été rachetés. Glorifiez donc Dieu dans votre corps." Dans l'office de mariage Orthodoxe, il est demandé à chaque futur conjoint "Avez-vous la ferme intention, décidée, libre, non-forcée, de prendre pour vous celui/celle que vous voyez ici devant vous?" Mais longtemps avant une telle épousaille, chaque Chrétien, consciemment ou inconsciemment, a accomplit la recommandation de l'Apôtre de "glorifier Dieu" aussi d'une "ferme intention, décidée, libre, non-forcée," sans réserve ni condition particulière; car Dieu nous a rachetés, et nous Lui appartenons par notre Baptême.

Le voeu baptismal de s'unir au Christ est un engagement de loyauté pour toute une vie. Toute fidélité, y compris la fidélité dans le mariage, la préservation de la pureté dans toutes les relations, et le rejet de la fornication et de l'adultère, prend racine dans un coeur de celui/celle qui va s'investir en rien de moins que glorifier Dieu dans son corps et dans son esprit. Sans aucun doute, la volonté de glorifier Dieu est une grâce de Celui Qui apporte aide à tous ceux qui recherchent Son aide. Cependant, il est nécessaire, par gratitude pour le prix payé pour nous (v. 6,20), que tout un chacun demande à Dieu le don de fidélité.

Continuant sur sa lancée, l'Apôtre recommande aux personnes mariées de rendre toute l'affection due au conjoint (v. 7,3), se remettant mutuellement l'autorité sur leur corps à leur conjoint (v. 7,4). Notez que par là, il sous-entend la soumission totale que chaque Chrétien fait en se soumettant au Christ en tant que Roi et Dieu. En fait, tous les droits sont remis au Seigneur Jésus lors du Baptême. Le don de soi dans le mariage – compris et pratiqué dans le contexte que tout est soumis au Seigneur – contribue à la fidélité en pensée, sentiments et actes, de sorte que cette affection (v. 7,3) honore à la fois Dieu et le conjoint.

Ensuite, Paul s'intéresse au souhait de Dieu que les personnes mariées ne divorcent pas (v. 7,11). Pendant que les couronnes visibles sont enlevées durant la cérémonie du couronnement, le prêtre prie afin que le nouveau mariage soit préservé et indissoluble. En même temps, l'Église reconnaît qu'il y existe des situations maritales et familiales qui sont si destructives, violentes ou dégradantes, que la séparation peut être acceptable. Néanmoins, la permission de divorcer n'est accordée qu'à contrecoeur, comme un pis-aller dans "l'économie pastorale." Pour l'Apôtre, le divorce ne peut jamais laisser indifférent, et c'est pourquoi il ajoute que le meilleur choix, le plus élevé, pour ceux qui sont divorcés, c'est de rester dans le célibat (v. 7,11). Devant Dieu, hommes et femmes Orthodoxes sont censés se rencontrer dans le mariage comme dans un appel de Dieu, pour par là éclairer pour le monde le mystère concernant le Christ et l'Église (Eph. 5,32).

O Christ, puissent Tes fidèles toujours préserver leurs couronnes immaculées et irréprochables.

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