"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

22 juillet 2009

Mariage chrétien (2): le conjoint non-croyant (Dynamis)



Épître pour mercredi de la 7ème semaine après Pentecôte : 1 Corinthiens 7,12-24
http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/3730

Aux autres, ce n'est pas le Seigneur, c'est moi qui dis: si un frère a épousé une femme non croyante et qu'elle consente à vivre avec lui, qu'il ne la répudie pas. Si une femme a épousé un mari non croyant et qu'il consente à vivre avec elle, qu'elle ne répudie point son mari. Car le mari non croyant est sanctifié par sa femme, et la femme non croyante est sanctifiée par son mari qui est croyant; autrement, vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints. Si le non croyant veut se séparer, qu'il s'en aille; dans ce cas, ni le frère ni la soeur ne sont liés. Dieu vous a appelés à vivre dans la paix. Et d'ailleurs, que sais-tu, femme, si tu pourrais sauver ton mari? Que sais-tu, homme, si tu pourrais sauver ta femme? Au reste, que chacun vive dans la condition où le Seigneur l'a placé, là où le Seigneur l'a appelé. C'est là ce que je prescris dans toutes les Églises. Quelqu'un était-il circoncis lorsqu'il a été appelé? Qu'il ne le cache pas. Était-il incirconcis? Qu'il ne se fasse pas circoncire. La circoncision n'est rien; l'incirconcision n'est rien; ce qui importe, c'est l'observation des commandements de Dieu. Que chacun demeure dans la condition où il était, quand il a été appelé par Dieu. Étais-tu esclave quand Dieu t'a appelé? Ne t'en fais point de souci. Même si tu peux être affranchi, mets plutôt ta condition à profit. Car l'esclave qui a été appelé par le Seigneur est l'affranchi du Seigneur. Inversement, celui qui était libre lors de son appel est un esclave du Christ. C'est à grand prix que vous avez été rachetés; ne devenez pas esclaves des hommes. Frères, que chacun demeure donc devant Dieu dans la condition où il était lors de son appel.

Mariage Chrétien (2) – le conjoint non-croyant : 1 Corinthiens 7,12-24, en particulier le verset 20 : "Que chacun demeure dans la condition où il était, quand il a été appelé par Dieu."

En l'an 593 avant Jésus-Christ, un jeune esclave vivant dans l'empire babylonien fêta ses 30 ans. S'il avait été libre, il aurait commencé son service comme prêtre, suivant en cela la tradition de ses pères, mais cela ne devait pas être le cas. Au lieu de cela, Dieu plaça Sa main sur lui, afin de lui faire accomplir la tâche particulière de devenir un prophète au milieu de ses condisciples esclaves, vivant tous dans ce pays où ils étaient assis "sur les rives des fleuves de Babylone, et nous pleurions, nous souvenant de Sion" (Ps 136,1).
Ce jeune esclave, c'était le prophète Ezéchiel (Ezech. 1,1-3; 2,1-8). Certains d'entre nous, comme Ezéchiel, se sont réveillés au milieu de leur vie, pour y découvrir qu'avant tout et par dessus tout, la main du Seigneur Dieu est sur nous, que nous sommes membres de Son peuple, que nous sommes Chrétiens Orthodoxes. Quand cette prise de conscience surgit, notre "premier amour" (Apoc. 2,4) nous force à examiner nos vies et nos relations dans ce monde à la lumière de la revendication de Dieu sur nous.
Conscients de l'appel de Dieu, l'Apôtre Paul nous exhorte vous et moi à réfléchir à nos vies, notre but, et l'appel de Dieu sur nous en tant que Chrétiens. Que nous ayons été unis au Seigneur durant l'enfance et ayons grandit dans l'Église, ou que nous ayons été attirés à la vie en Christ alors que déjà adulte, peu de différence, peu d'importance. Lorsque la conscience de notre appel de Dieu surgit en nous par la grâce du Saint Esprit, et aussi longtemps que nos coeurs désirent demeurer dans le Seigneur (Jn 15,4), toutes les priorités et les relations sont revues selon la demande de Dieu que les choses qui comptent le plus soient vraiment premières. Si nous sommes mariés à quelqu'un qui ne pratique pas la Foi, ou si nous avons des parents ou des enfants qui ne croient pas, Dieu nous appelle à la lutte ascétique d'être fidèles là où nous sommes.
L'Apôtre affirme la suprématie de notre première allégeance en tant que Chrétien – servir le Seigneur, car celui qui est appelé est l'esclave du Christ (cfr v. 22). Cette appartenance définit les limites dans nos vies. La règle du Christ pour nous est le sommet, elle n'est pas sujette à compromis. Même quand un conjoint n'est pas Chrétien pratiquant, est d'une autre religion ou n'en a pas, ou est apostat de l'Église, nous ne sommes pas les esclaves des hommes, et dès lors nous ne devons pas les suivre (v. 23). Suivez le Christ, votre Maître.
Si de fausses idées, pratiques, coutumes ou demandes de notre bien aimé(e) interfèrent avec notre appel en Christ, qui est antérieur, souvenons-nous à Qui nous appartenons, et à Qui nous aurons à répondre. Les fidèles mariés ne devraient pas envisager de quitter leur conjoint qui ne croit pas, du moins pas seulement pour cette raison-là – même si un conjoint se moque de la Foi – et pas tant qu'on est prêt à vivre avec eux (v. 12-13).
Saint Paul nous demande de considérer l'incommensurable bien que Dieu peut accomplir à travers nos relations avec des incroyants, en particulier ceux qui nous sont proches, et plus particulièrement encore, avec un conjoint ou un membre de la famille. "Et d'ailleurs, que sais-tu, femme, si tu pourrais sauver ton mari? Que sais-tu, homme, si tu pourrais sauver ta femme?" (v. 16). Il y a une potentialité. De même que saint Pierre exhorte "Vous aussi, femmes, soyez soumises à vos maris. S'il en est qui n'obéissent pas à la parole, ils seront ainsi gagnés, sans parole, par la simple conduite de leurs femmes" (1 Pi 3,1). Au lieu d'abandonner et laisser tomber une relation, saint Paul nous dit : "utilisez-là plutôt" (1 Co 7,21). Nous pouvons prendre cette étape dans la vie comme le champs de l'ouvrage que Dieu a placé devant ous. Participons avec Lui à Son oeuvre salutaire. Apportons-Lui les résultats.
Notre tâche principale comme Chrétiens, c'est de servir le Christ, et si possible, selon le même appel, dans la même condition dans laquelle nous avons été appelés (v. 20). "Si le non croyant veut se séparer, qu'il s'en aille; [...] Dieu vous a appelés à vivre dans la paix" (v. 15). Ce départ peut avoir lieu par une séparation, un divorce, ou par ce que saint Jean Chrysostome appelle un tentative afin de vous prendre part à l'impiété du fait de votre mariage. Que l'autre s'en aille seulement. Nous devons suivre le Christ en toute paix avec Dieu, et avec autant de paix que les autres en sont capables.

O Christ notre Dieu, nous T'offrons nous-mêmes, et prions pour tous, et pour toute notre vie.




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