"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

24 juillet 2009

Mariage Chrétien (4) : mariage & monachisme (Dynamis)



Épître pour le vendredi de la 7ème semaine après la Pentecôte : 1 Corinthiens 7,35-8,7
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"C'est dans votre intérêt que je vous parle; ce n'est pas pour vous prendre au piège, mais pour vous porter à ce qui convient le mieux et qui vous attache au Seigneur sans partage. Si quelqu'un croit qu'il est malséant pour sa fille de dépasser l'âge nubile, et qu'il est de son devoir de la marier, qu'il fasse comme il voudra: il n'y a point de faute à la marier. Mais celui qui, sans aucune contrainte, et parfaitement libre de son choix, aura pris dans son coeur la décision de garder sa fille vierge, celui-là fait bien. En somme, celui qui marie sa fille fait bien; et celui qui ne la marie pas, fait mieux. La femme reste liée à son mari tout le temps de sa vie. S'il vient à mourir, elle est libre d'épouser qui elle veut, mais à la condition que ce soit dans le Seigneur. Toutefois, à mon avis, elle sera plus heureuse si elle demeure comme elle est. Et je crois bien avoir, moi aussi, l'Esprit de Dieu. Pour ce qui est des viandes offertes aux idoles, nous sommes éclairés, nous avons tous la science... Mais la science enfle, tandis que c'est la charité qui édifie. Si quelqu'un s'imagine savoir quelque chose, il ne connaît encore rien comme on doit le connaître. Mais si un homme aime Dieu, celui-là est connu de Dieu. Ainsi donc, pour ce qui est de manger des viandes immolées aux idoles, nous savons qu'il n'existe pas réellement d'idoles dans le monde, et qu'il n'y a qu'un Dieu unique. On prétend, il est vrai, que, soit dans le ciel, soit sur la terre, il y a d'autres dieux; néanmoins, pour nous, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous existons, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous existons. Mais tous n'ont pas cette science. Quelques-uns, d'après l'ancienne manière dont ils envisagent encore l'idole, mangent de ces viandes et les considèrent comme immolées aux idoles; et leur conscience, qui est faible, s'en trouve souillée."

Mariage Chrétien (4) - mariage & monachisme: 1 Corinthiens 7,35-8,7, en particulier le verset 7,38: "celui qui marie sa fille fait bien; et celui qui ne la marie pas, fait mieux."

Dans la partie de la 1ère aux Corinthiens qui précède l'Épître de ce jour, on lit bien clairement cette vérité : c'est en faisant sien le désir apostolique de plaire au Seigneur par dessus tout qu'il devient possible de vaincre la force d'auto-satisfaction et d'auto-indulgence qui se trouve en nous, et ainsi de servir fidèlement le Christ, sans partage (v. 7,35). Cette vérité et ces paroles étaient le défi de l'Épître d'hier, et la base pour l'enseignement de la péricope de ce jour.
Dans la lecture du jour, saint Paul envisage les 2 choix de vie qu'un Chrétien peut rencontrer – célibat et mariage. L'Apôtre nous invite nous et tout disciple à regarder bien plus profondément que la plupart ne le font vers le célibat et le mariage en tant que tous les deux des vocations de haute dignité.
Tout d'abord, notez que Paul prend bien soin à ne pas poser une "charge" sur tout Chrétien, une "chaîne", sinon en termes de ce qui est "approprié" (v. 35). Il laisse les impératifs de l'Évangile réfréner les Chrétiens contre les comportements, pensées et passions inappropriées pour eux. Il est significatif que le saint ne fasse pas la promotion d'un état de vie plutôt qu'un autre, sauf peut-être comme réponse pragmatique à une situation de détresse présente (v. 26). Et cela peut survenir parce que ce monde passe (v. 31). Mais toujours, l'amour du Christ nous poussera à vivre droitement en ce monde, jusqu'à notre mort ou au retour du Seigneur. Et cependant, souvenons-nous en : parce qu'il est un monde déchu, ce monde tendra toujours à nous éloigner du Seigneur Jésus.
Dès lors, comment devrions-nous vivre? Dans quel état de vie? Est-ce qu'être marié pose une barrière empêchant de vivre en Chrétien? Devrions-nous embrasser la vie monastique comme une sorte de solution ultime? Paul rassure les pères et leurs filles en âge de mariage qu'ils ne pèchent pas en mariant leurs filles (v. 36). De même, le père qui choisit de continuer à s'occuper de sa fille même en âge de se marier, lui aussi fait bien (v. 37). La question pour tout le monde, ce n'est pas tant l'état de vie choisit, mais la fidélité dans son coeur vis à vis du Seigneur (v. 37).
Quelles sont quelques unes des raisons pour préférer soit le célibat, soit la vie mariée? Cela ne devrait jamais être parce qu'un état donné serait "plus pur" qu'un autre. Saint Jean Chrysostome explique fort bien la sagesse de la sainte Tradition contre cette sorte de considération : "Et si certains disent avoir été empêchés à cause de l'état de mariage, faites-leur savoir que le mariage n'est pas le frein, mais bien la manière dont ils ont fait mauvais usage du mariage." Le théologien Paul Evdokimov abonde dans le sens de saint Jean : "Cependant, le futur du monde dépend d'une solution élaborée pour l'humanité. Ce n'est pas 'malgré le mariage', mais dans son accomplissement parfait que les époux vivent le supra-naturel et la sainteté de leur union.. la 'kénose' nuptiale ne dévoile ses secrets qu'aux yeux de Dieu et à personne d'autre."
Comme l'enseigne Evdokimov, la clé pour les décisions premières qui façonnent la vie, c'est de ne jamais accepter les banalités dont le monde moderne fait promotion, s'installant dans cet état licencieux de l'accouplement légalisé, ni d'autre part de fuir en entrant dans la vocation monastique suite à la frustration face à toute cette culture corrompue et cette soumission pleine de concupiscence, cette allégeance au "royaume de la reine sexualité." Au contraire, il affirme, fidèle à la voie Orthodoxe, qu'un ascétisme bien équilibré aide chacun à comprendre que la vie du corps et de l'âme, dans le célibat ou dans la vie mariée, est un art de l'esprit; la chasteté se trouve au début de ces 2 expressions d'un humanisme Chrétien intégral, orienté vers la Fin," qui est, bien entendu, le Christ, ".. le Prêtre célébrant le mariage mystique et pur."
Ce que saint Paul et la sainte Tradition soutiennent tous deux, ce sont les libres décisions de personnes libres de se marier ou non, parce qu'étant ".. dans le Seigneur" (v. 39). En Christ, le mariage et le monachisme sont un. Si de tels choix de vies se trouvent ouverts devant nous, ils ne seront résolus que devant le Christ, dans la prière.

Puissions-nous, Tes serviteurs, Ô Seigneur notre Dieu, briller en Toi tels les étoiles au firmament.

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