"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

25 juillet 2009

Promesse de Dieu et progrès spirituel (Dynamis)


mosaïque d'Alexandros Giannios

Épître pour la Fête de la Dormition de sainte Anne (25/7) : Galates 4,22-31
http://groups.yahoo.com/group/orthodoxdynamis/message/3733

"Il est écrit, en effet, qu'Abraham eut deux fils: l'un de l'esclave, l'autre de la femme libre; mais celui de l'esclave était l'enfant de la nature, celui de la femme libre, l'enfant de la promesse. Il y a là une allégorie. Ces deux femmes représentent les deux alliances. L'une, celle du mont Sinaï, enfante pour l'esclavage: c'est Agar (car le mont Sinaï est en Arabie). Elle correspond à la Jérusalem d'aujourd'hui, laquelle est esclave ainsi que ses enfants. Mais la Jérusalem d'en haut est libre, et c'est elle notre mère, car il est écrit: Réjouis-toi, femme stérile qui n'enfantais pas, éclate en cris d'allégresse, toi qui ne connaissais pas les douleurs; car les enfants de la délaissée dépassent en nombre ceux de l'épouse (Is 54,1). Pour vous, frères, vous êtes, comme Isaac, enfants de la promesse; et tout comme alors l'enfant de la nature persécutait l'enfant de la promesse, ainsi en va-t-il encore aujourd'hui. Cependant, que dit l'Écriture? Expulse l'esclave et son fils, il ne peut hériter avec le fils de la femme libre (Gn 21,10). Ainsi donc, frères, nous ne sommes pas les enfants de l'esclave mais de la femme libre."

Promesse de Dieu et progrès spirituel - Galates 4,22-31, en particulier le verset 28 : "vous, frères, vous êtes, comme Isaac, enfants de la promesse."

Saint Paul fait référence à un récit du temps des Patriarches (Gen. 15,1-8; 16,1-6; 18,9-14; 21,1-7), il nous en dit la valeur symbolique (v. 24). Saisissez bien ce qu'il veut dire, embrassez son message, et ".. réjouis-toi, ô stérile, toi qui ne pouvait donner naissance! Porte du fruit et exulte.." (cfr v. 4,27, d'après Isaïe 54,1). Dieu va vous parler de 2 mères et de leurs fils, et de la relation de votre coeur et votre âme avec Lui-Même, vivifiante et Sainte Trinité. La naissance d'Isaac et d'Ismaël, bien qu'événement historique, est aussi une parabole pour vous encourager à avoir confiance, à être patient, à ne vous reposer que sur la divine promesse, et à attendre que Dieu illumine votre esprit. Ce qu'il est question ici, c'est qu'il ne faut pas vouloir aller en avant de Dieu.
Tant les Orthodoxes d'origine que convertis savent parvenir au point de se sentir spirituellement affadi, desséché: vous sentez bien que dans votre vie de prière, vous n'êtes plus nulle part, la Liturgie a perdu son attrait et ses délices, les homélies ne sont plus des défis. Vous allez vous confesser toujours pour les mêmes vieux péchés et vous ne voyez aucun progrès sur le chemin pour vous en libérer. Vous savez bien ce qui va se passer à l'église, et quand vous priez à la maison, vous n'avancez pas plus. Il y a des périodes où vous êtes vraiment las. Vous vous demandez ce qu'il en est advenu de la joie, des délices de la vie spirituelle que vous aviez. Vous avez honte, vous êtes dépité.
Ce récit de la Genèse, c'est notre histoire : Abraham vieillissait. La première fois que Dieu lui parla, il se leva, il quitta sa demeure et parti pour la Terre Promise. C'était merveilleux! Dieu lui promit des enfants pour hériter de cette terre et en prendre possession. Il la parcouru, il prospéra, mais pas d'héritiers. Est-ce que les promesses seraient seulement un jour accomplies? Sa femme Sarah comprenait son coeur. Elle lui suggéra de faire un enfant avec sa femme esclave. Au moins, il aurait un hériter. Mais après qu'Abraham eut cet enfant, l'esclave méprisa sa femme. Ce n'était pas ce que Dieu avait promis. La forme y était. Ismaël était un fils de sa chair et de son sang; mais Abraham n'avait pas reçu le miracle, le délice, la joie et la vie qu'il avait espéré. Il était honteux et désespéré. Cette histoire ne vous est-elle pas proche? Qu'il est facile d'être impatient, lassé, dépité – de faire de plus grands efforts pour nous-mêmes nous enrichir spirituellement.
Saint Séraphim de Sarov a des conseils bien sages à nous prodiguer à propos de la vie spirituelle. Son premier point, c'est que ".. nous devons commencer avec une Foi juste en notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, Qui est venu dans le monde pour sauver les pécheurs.." La Foi est "juste" quand nous nous confions exclusivement en Christ pour animer nos pieux efforts pour obtenir la grâce du Saint Esprit, car le Christ notre Dieu ".. apporte en nos coeurs le Royaume de Dieu, et nous ouvre la voie pour gagner les bénédictions de la vie future." Peu importe notre intensité, notre persistance, notre diligence, si nous nous confions fondamentalement dans les efforts que nous déployons plus que dans le Christ, nous n'avancerons pas et nous nous dessécherons. Le Christ a dit ".. le Fils donne la vie à qui Il veut" (Jn 5,21), car ".. de même que le Père a la vie en Lui, ainsi Il a donné au Fils d'avoir la vie en Lui-Même.." (Jn 5,26). Faites confiance au Christ!
Saint Séraphim évoque aussi ce second point : il soulève la question du pourquoi accomplir toutes les pieuses choses qui peuvent aider notre vie en Christ. Parce que nous avons confessé le Christ, et croyons en Lui, il est très facile d'en venir à adopter un état d'esprit supposant ".. que la vie Chrétienne consisterait tout au plus en l'accomplissement de bonnes oeuvres." Non! Il y a un but pour les pieuses actions : acquérir ainsi ".. la grâce de l'Esprit de Dieu. De telles manières de vivre basées uniquement sur faire le bien sans soigneusement vérifier si cela apporte la grâce de l'Esprit de Dieu sont mentionnées dans les livres patristiques : 'Telle route semble droite à l'homme, dont l'issue est le chemin de la mort' (Prov. 16,25). Les efforts humains pris seuls manquent de la foi en Dieu.
Dieu a promis un fils et héritier à Abraham, à avoir avec Sarah, dès lors en avoir conçu un avec une autre femme est un acte qui n'aurait jamais pu apporter la grâce de Dieu promise. Nous ".. sommes les enfants de la Promesse." La grâce de Dieu est promise par la foi en Christ, Qui donne l'Esprit.

Ô Christ, Toi le donateur de vie à tout, Toi qui règne sur tout : aide-moi à n'avoir confiance qu'en Toi seul.


Abram & Saraï devant Pharaon

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