"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

10 janvier 2009

L'humilité (st Silouane l'Athonite, st Jean Climaque)

http://thehandmaid.wordpress.com/2008/12/16/pondering-humility/
Pâques
Yulia Kuzenkova, 2002


Pour l'humilité, l'âme reçoit le repos en Dieu, mais il faut longtemps s'appliquer si nous voulons apprendre comment conserver cette paix. Nous la perdons parce que nous ne sommes pas confirmés dans l'humilité. Et l'ennemi m'a profondément trompé. Je pensais en moi-même "mon âme connaît le Seigneur, connaît Sa bonté, et quel immense amour Il a pour moi, alors comment pourrais-je avoir de mauvaises pensées?." Et longtemps durant, je n'ai pas su comprendre, jusqu'à ce que le Seigneur me montre, et alors j'ai vu que l'orgueil était à la racine des mauvaises pensées.
Saint Silouane l'Athonite

Toutes les choses visibles tirent leur clarté du soleil, et tout ce qui est fait selon la raison tire sa force de l'humilité. Où il n'y a pas de lumière, tout est ténèbre; où il n'y a pas d'humilité, tout ce que nous avons est pourri. Dans l'univers tout entier, il y a un endroit qui a une seule fois vu le soleil, et il y a une pensée qui a souvent donné naissance à l'humilité. Et il n'y a eu qu'un jour où le monde entier s'est réjoui, et il n'y a qu'une seule vertu que les démons ne savent pas imiter.
Saint Jean Climaque, l'Échelle Sainte
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08 janvier 2009

Hiéromartyr Isidore et 72 compagnons, à Yuriev, Estonie

http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=100117


Saint Isidore était prêtre de l'église Saint-Nicolas dans la ville de Yuriev (Derpto, à présent Tartu, en Estonie). D'après les termes du traité conclu en 1463 entre le grande prince Ivan III de Moscou et les chevaliers Livoniens, ces derniers étaient obligés d'accorder toute protection aux Orthodoxes à Derpto. Mais les chevaliers Livoniens, qui étaient catholiques-romains, rompirent le traité et tentèrent de forcer les Orthodoxes à devenir catholiques-romains.
Le prêtre Isidore se dressa dans une ferme défense de l'Orthodoxie, préférant accepter la couronne du martyre plutôt que d'apostasier et se soumettre aux catholiques-romains. L'évêque latin et la noblesse catholique-romaine de Yuriev s'étaient vu raconter que saint Isidore et les Orthodoxes de la ville avaient critiqué les croyances et les coutumes des Germains.
Lorsque saint Isidore et 72 de ses paroissiens s'en allèrent pour bénir les eaux d'Omovzha (ou Emaiyga, à présetn Emajogi), pour la fête de la Théophanie, ils furent arrêtés et déferrés devant l'évêque latin, André, et les juges civils de la ville. On leur mit la pression pour les convertir au catholicisme-romain, mais le saint et ses fidèles refusèrent de renoncer au Christ et à la Foi Orthodoxe. Furieux, les autorités les firent jeter en prison.
Saint Isidore encouragea ses fidèles à se préparer à la mort, et à ne pas redouter la torture. Il prit les saints Dons qu'il avait pu emporter, et tous communièrent, hommes, femmes et enfants, aux Saints et vivifiants Mystères du Christ.
Ensuite l'évêque et les juges firent à nouveau comparaître les Orthodoxes devant eux, leur redemandant de choisir le catholicisme-romain. Vu leur refus, ils furent traînés jusqu'à la rivière, et jetés dans le trou qu'ils avaient creusé dans la glace pour bénir les eaux. C'est ainsi qu'ils souffrirent tous et moururent pour le Christ, Qui leur accorda la couronne de gloire éternelle.
Durant les crues de printemps, les corps incorrompus des saints martyrs, y compris le corps du hiéromartyr Isidore encore revêtu de ses habits sacerdotaux, furent retrouvés par des marchands Russes naviguant sur ce cours d'eau. Ils donnèrent sépulture aux saints autour de l'église Saint-Nicolas.
Bien que le peuple commença à vénérer ces saints peu après leur mort, ils ne furent officiellement glorifiés par l'Église qu'en 1897.


le monachisme évangélisateur version vatican...

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07 janvier 2009

Noël au ghetto: l'épreuve permanente des Serbes au Kosovo (nouvelles & épître arch. Artemije)

Les serbes du Kosovo ramassent les branchages de Noël, pas d'incidents
http://www.kosovocompromise.com/cms/item/latestnews/en.html?view=story&id=1699&sectionId=1

(KosovoCompromise Staff) mercredi 7 janvier 2009
Aux premières heures du mardi, les Serbes du Kosovo ont été couper et récolter le "badnjak," des branches mortes de chêne, trouvées dans les forêts avoisinantes, et des automobiles ornées de ces branches font résonner leurs klaxons dans la ville de Mitrovica, pour annoncer la Noël selon le calendrier julien, tel qu'il est en usage chez les Chrétiens Orthodoxes serbes.
Une présence renforcée de troupes de la KFOR, de membres de la police du Kosovo (KPS) mais aussi des patrouilles de policiers européens de l'EULEX, a été déployée en divers endroits de la ville de Mitrovica.
Le centre des célébrations de Noël a lieu au monastère de Gracanica, au milieu du Kosovo.

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Et encore une église pillée au Kosovo :
http://www.orthodoxie.com/2009/01/une-%C3%A9glise-pill%C3%A9e-au-kosovo.html

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NOËL AU GHETTO:
épître de la Nativité par l'évêque Artemije

http://www.eparhija-prizren.com/defaultE.asp?idvestep=3355

05 Janvier 2009. 15:30
Source: Diocèse de Ras-Prizren & Kosovo-Metohija

Vu du Kosovo et Metohija

Nous tous ici, nous attendons Noël, nous nous réjouissons, jeunes et vieux, personnes malades et en bonne santé, personnes libres ou non. Noël – une joie générale. Et qu'est donc Noël, en fait? Le savons-nous tous, le comprenons-nous tous, l'attendons-nous tous? Il est aussi simple que difficile d'apporter une réponse à cette question. La réponse peut tenir soit dans une seule phrase, soit dans une interminable dissertation doctorale. Notre réponse ne sera ni l'une ni l'autre, mais quelque chose entre les deux, adaptée pour les personnes de tous âges, pour toutes les âmes aimant Dieu.

Noël, la Nativité terrestre du Fils de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ, venu comme Dieu-enfant, représente pour tous les êtres humains, pour toute l'humanité, pour la planète terre et tout l'univers, la seule véritable "nouvelle sous le soleil," l'événement le plus important depuis la Création du monde. En réalité, c'est exactement ce que le Seigneur a dit pour Lui-même – le Commencement; le commencement de tout bien, de toute avancée, et du salut en l'homme et pour l'homme, en l'humanité et pour l'humanité. Par Sa naissance dans la chair, le Seigneur Jésus-Christ a entamé le plus magnifique des exploits, la révolution la plus bouleversante à avoir eu lieu dans l'histoire de l'humanité, la révolution et la rébellion de l'Homme contre tout péché, tout d'abord au dedans de soi-même, ensuite autour de soi, contre tout mal et tout démon. Assurément, cette lutte consciente est bien la lutte pour le Salut de l'Homme. Dès lors, la fête de la naissance du Christ – Noël – est une fête Chrétienne très joyeuse, qui imprègne l'âme de tout humain, de toute famille, et de toute nation Chrétienne. C'est la fête la plus ornée et embellie de coutumes et pratiques populaires, avec des détails différents de lieu en lieu, mais symbolisant et exprimant toujours l'essence profonde de l'événement célébré – c'est-à-dire, que le Dieu-enfant nouvellement né à Bethléem représente le Pain de Vie, la Lumière de Vérité, la Vivifiante chaleur, l'éternelle Jeunesse et la joie sans fin pour tout homme. C'est pour cela que Noël a toujours été joyeusement célébré dans notre peuple, que ce soit sous l'esclavage ou la liberté, dans l'abondance ou la pauvreté, dans les châteaux royaux et parmi ceux qui ont dû se réfugier. Cette joie que nous apporte Noël est surtout ressentie et particulièrement expérimentée par les enfants, car ils sentent que Celui Qui est né en cette nuit de Noël dans l'étable de Bethléem, est au plus proche d'eux. Et Il a par la suite montré et rayonné tant d'amour pour les enfants, les montrant en exemple pour les adultes : "A moins que vous ne changiez et ne deveniez tels des enfants, vous n'entrerez jamais dans le Royaume des Cieux."
La Noël, comme toutes les autres fêtes Chrétiennes, faisant partie de la joie spirituelle globale et générale, est attendue et vécue avec certaines différences et pratiques pour la décoration et l'ornementation. D'où le dicton "des centaines de villages, des centaines de coutumes différentes." Mais il n'y a pas de différence cruciale, en réalité. D'un autre côté, quant aux circonstances, il y a une énorme différence pour nous qui attendons et célébrons ce jour Noël au Kosovo et Metohija, une très grande différence par rapport à Lelic ou n'importe quel autre endroit en Serbie, hors du Kosovo et Metohija. C'est l'infâme situation en matière de sécurité et une vie de ghetto que nous vivons, nous privant de nombre d'opportunités, de droits humains les plus basiques, de la liberté de mouvement – même d'aller librement ramasser les bois coupés pour Noël. Cependant, même au milieu de conditions aussi troublées, rien ne pourra enlever la joie intérieure apportée par la fête de Noël elle-même, c'est pourquoi la Nativité du Christ est attendue et célébrée au Kosovo et Metohija en suivant aussi les coutumes serbes. Et ici aussi, ce sont les enfants qui trouvent leurs plus grands délices dans la joie de Noël.
Un ornement particulier de la Noël "serbe," et que les enfants aiment particulièrement, c'est la bûche de Noël que l'on flambe, et toutes les coutumes qui l'accompagnent. Hélas, certains prétendent que ce bois serait un héritage païen. Au lieu de Noël, nous attendrions le "Père Gel." Qu'en dire? Où nous serions-nous trompés et où allons-nous? Rien à en dire, sinon que ce n'est que le point de vue et l'opinion de ceux qui n'ont rien de sacré, de ceux qui n'ont toujours pas rencontré le Christ Dieu-enfant nouvellement né. Dès lors, ils découvrent du paganisme partout. Non seulement concernant ce bois de Noël et même Noël, mais aussi dans la fête du Slava [le saint familial; ndt], impressionnante coutume des Orthodoxes Serbes. A ces gens-là, notre présent de Noël, c'est que nous leur envoyons notre souhait porté par la prière qu'ils puissent expérimenter leur rencontre personnelle avec le Seigneur, afin de comprendre eux-mêmes Noël.
Dans nombre de nations Orthodoxes, la place de la bûche de chêne est prise par un sapin (Grecs, Russes, etc). Non seulement c'est entré dans les maisons, mais même dans les églises. Pourtant, on sait bien que les Grecs utilisaient auparavant la bûche. Qu'en est-il des Russes? C'est un point qui n'a pas encore été investigué. On sait cependant que les Russes (et par la suite nombre d'autres nations Orthodoxes sous leur influence) ont fait l'expérience d'une énorme influence de la théologie scolastique occidentale, chose qui n'a pas épargné même certaines parties de notre propre peuple. Une telle influence (pression) a encore lieu de nos jours, et même peut-être plus que jamais. Ce sapin de Noël n'en ferait-il pas partie? Il est à présent entré dans nombre de maisons serbes, quoique parfois ensemble avec la bûche.
Pendant plus de 60 ans de socialisme, le peuple serbe a été exposé à une sécularisation planifiée et systématique, à des épreuves destinées à le séparer de ses saints prédécesseurs et de ses fondations Orthodoxes. Le début de ce 21ème siècle est le début du désenchantement des Serbes par rapport à l'idéologie socialiste. Elle est semblable à la guérison d'un homme après une maladie longue et douloureuse. Après plusieurs décennies d'une destruction athée et impie de notre peuple, quand toutes les valeurs spirituelles étaient remises en question, quand nombre de générations furent élevées sans la moindre éducation religieuse, aujourd'hui est venu le temps pour un retour graduel mais spontané vers Dieu, vers l'Église, vers nous-mêmes. En ce qui concerne le peuple serbe, il n'y a pas de différence particulière entre ceux qui vivent au Kosovo et en Metohija, et les Serbes d'autres parties de la Serbe, dans les territoires de l'ex-Yougoslavie, ou n'importe où dans le monde. Hélas, nous sommes encore "ornés" d'une méconnaissance de notre propre foi et de la vie selon la Foi. Cependant, nous croyons au rétablissement de notre peuple dans le sens spirituel, quand bien même ce processus est dur et pénible.
Les troubles et les souffrances des Serbes et de leurs sanctuaires au Kosovo et en Metohija, qui durent depuis 10 ans déjà, et ne cessent de prendre des proportions de plus en plus horribles, contribuent beaucoup à faire réfléchir notre peuple. C'est la douleur et le souci de notre vie quotidienne. Nous entendons souvent la question : "Que devons-nous faire en tant que peuple, à propos du Kosovo et de la Metohija?" C'est pour nous une question difficile à répondre. Cependant, en cette Nuit de Noël, nous pensons qu'il est plus que nécessaire que nous tous, tant les représentants de l'autorité que tous ensemble en tant que nation, revenions à Dieu et à nous-mêmes, que nous commencions à penser à la nation et à l'État comme à un tout, que les séparations mutuelles et oppressions cessent, que nos esprits et nos moeurs redeviennent sains. En un mot, pour reprendre ce qu'en disait saint Nicolas [Velimirovic] de Zica, que nous nous renouvelions biologiquement, que nous nous multipliions, entrions dans la déification, et nous unifions. Alors on trouvera une solution à toutes nos questions et problèmes, même pour le problème du Kosovo et Metohija. En même temps, sans tenir compte de la proclamation unilatérale, illégale et illégitime d'indépendance du Kosovo et Metohija par les Albanais, et l'attitude internationale face à ce problème, il est de notre devoir de nous efforcer et de développer la conscience dans notre peuple que le Kosovo et Metohija sont pour nous, et ça doit être fait depuis le jardin d'enfant jusqu'à l'université et dans les maisons de repos. Pour finir, nous devons réaliser que c'est la partie la plus sainte et la plus importante de notre patrie, que c'est le coeur de notre spiritualité, de notre culture et de notre État; que pour la Serbie et le peuple serbe, le Kosovo est ce que le coeur est à l'homme. Quand vous arrachez ce coeur, l'homme n'est plus; et si, Dieu nous en préserve, nous devions perdre le Kosovo, alors il n'y aurait plus de Serbes en tant que nation. Le Kosovo est notre identité inaliénable, notre document d'identité, sans lequel nous serions méconnaissables. Dès lors, nous attendons que le processus de renouvellement spirituel continue, que ces autorités réussissent là où les précédentes ont échoué, à savoir de créer et clairement définir l'état et l'intérêt national quand il s'agit du Kosovo et Metohija; que leur approche de ce problème soit d'une manière unifiée, responsable, une manière d'homme d'état, et non pas de particratie, divisée et égoïste, comme cela a été le cas jusqu'à présent. De la communauté internationale, nous attendons un engagement conséquent pour l'application de la Résolution 1244 des Nations Unies, et des relations impartiales envers tous les habitants du Kosovo et Metohija, en particulier au sujet du retour des réfugiés et le respects des droits de l'homme les plus élémentaires.
C'est avec de telles pensées et des souhaits priants que nous saluons tous les frères et soeurs, tous les fidèles enfants de l'Église Orthodoxe de Serbie, tous les lecteurs et tous les Chrétiens Orthodoxes, par la traditionnelle salutation de paix et de joie

PAIX DE DIEU! CHRIST EST NÉ! EN VÉRITÉ IL EST NÉ!
JOYEUSE NOUVELLE ANNÉE 2009!

En la nuit de Noël 2008
+ évêque ARTEMIJE

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Homélie originale en serbe :
http://www.eparhija-prizren.com/default.asp?s=vesti&idvestep=3354


L'évêque Artemije s'adresse aux fidèles lors de la Vigile de Noël à Gracanica, province du Kosovo et Metohija, Serbie


Une jeune Serbe à l'église de Gracanica pour Noël, province du Kosovo et Metohija, Serbie

Monastère de Gracanica, daté du 13ème siècle, construit par le roi Milutin de Serbie.
Photo de l'hiver 2009, province du Kosovo et Metohija, Serbie

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Rapports "Reuters Television" Grande Bretagne

http://rtv.rtrlondon.co.uk/2009-01-07/7601687.html


La police escorte un groupe de Serbes à l'église pour aller y célébrer la Noël Orthodoxe dans le sud de la ville ethniquement divisée de Mitrovica.

REPORTAGES/Photos: MITROVICA (7 janvier 2009) (REUTERS - ACCESS ALL)
1. Divers Serbes du Kosovo entrent à l'église Saint-Sava
2. Policier de l'EULEX de garde
3. Divers Serbes du Kosovo entrant à l'église
4. Liturgie de Noël
5. Choeurs de l'église
6. Prêtres Chrétiens Orthodoxes célébrant la Liturgie
7. Vieux prêtre Orthodoxe serbe de la région de Mitrovica, père Milia Arsovic, disant:
"Durant plus de 106 ans, nos grands-pères et arrières-grands-pères et nos prêtres se sont rassemblés dans cette église-ci et y ont servi ensemble avec notre peuple."
8. Divers prêtres et fidèles allumant des cierges
9. Dirigeant du parti serbe du Kosovo, Ljubomir Kragovic :
"C'est un jour bien triste pour les Serbes, car pour pouvoir célébrer Noël dans notre propre église, nous devons venir en étant escortés dans ce 'fantôme' de Kosovo indépendant. Mais j'ai bon espoir pour des temps meilleurs pour les Serbes et la nation serbe."
10. Fidèles sortant de l'église
11. Divers fidèles dans le bus
12. Autobus quittant sous escorte policière
13. Divers magasins albanais brûlés dans le nord de Mitrovica [A]
14. Divers soldats Otan patrouillant
Récit : quelque 50 serbes du nord de Mitrovica arrivent pour célébrer la Noël Orthodoxe à l'église Saint-Sava, dans le sud de la ville, mercredi 7 janvier.
Sous escorte de l'EULEX (mission de police et de justice de l'Union Européenne au Kosovo) et de la police du Kosovo [B], ils ont effectué le court voyage en bus depuis la partie nord de Mitrovica, contrôlée par les Serbes, passant au dessus de la rivière pour entrer dans la partie sud de la ville, essentiellement albanaise.
Chaque année, des Serbes du nord du Kosovo sont amenés à l'église pour les célébrations religieuses marquantes, église qui fut abandonnée lorsque la ville fut divisée à la fin de la guerre en 1999. C'est la première fois que la Noël Orthodoxe est célébrée dans un Kosovo indépendant [C]
"Durant plus de 106 ans, nos grands-pères et arrières-grands-pères et nos prêtres se sont rassemblés dans cette église-ci et y ont servi ensemble avec notre peuple," dit Milia Arsovic, vieux prêtre Orthodoxe serbe de la région de Mitrovica.
Le Kosovo a déclaré son indépendance le 17 février 2008 et été reconnu par 53 pays, dont la plupart des membres de l'Union Européenne et les États Unis. La Serbie et la Russie alliée ne reconnaissent pas l'indépendance du Kosovo.
Mitrovica a été le point de friction entre la majorité albanaise et la minorité serbe depuis la déclaration d'indépendance. Quelque 20.000 Serbes vivent dans le nord de Mitrovica, mais ils refusent d'avoir affaire aux institutions kosovares et ne reconnaissent que Belgrade comme leur capitale.
"C'est un jour bien triste pour les Serbes, car pour pouvoir célébrer Noël dans notre propre église, nous devons venir en étant escortés dans ce 'fantôme' de Kosovo indépendant. Mais j'ai bon espoir pour des temps meilleurs pour les Serbes et la nation serbe," déclare le chef du parti serbe du Kosovo, Ljubomir Kragovic.
Deux explosions et de violentes protestations ont éclaté à Mitrovica vendredi 2 janvier au soir, détruisant des voitures et endommageant des propriétés, à la fin d'une émeute qui a éclaté lorsqu'un jeune Serbe a été blessé dans une bagarre.
Six personnes ont été blessées par une des explosions.
Samedi 3 janvier, la police a dit que la première explosion avait détruit 7 voitures près d'un bistrot dans la partie Serbe de Mitrovica. Des Serbes en colères ont alors bouté le fin à 2 magasins albanais, et quand les pompiers sont arrivés pour éteindre le feu, une deuxième bombe a explosé.
Les tensions ethniques à Mitrovica restent fortes après qu'un jeune Serbe ait été poignardé par 2 jeunes Albanais le 30 décembre, ce qui avait amené des centaines de Serbes à se révolter et à incendier plusieurs magasins albanais et endommager des voitures portant une marque d'immatriculation du Kosovo.

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notes de traduction :

[A] étonnamment, alors qu'il ne se passe pas une semaine voire un jour sans profanations de cimetières, destructions d'églises, attaques de civils Serbes à leur domicile ou en rue, dans sa liste de reportages, Reuters ne trouve qu'à parler des rares représailles que les moins résignés des légitimes habitants du Kosovo (les Serbes) ont commises contre leurs bourreaux. C'est ainsi qu'on fabrique les opinions publiques...
[B] La Résolution 1244 de l'ONU prévoyait le désarmement et le démantèlement des groupes terroristes de l'UCK. Sous administration européenne et ONU, ces terroristes ont été "transformés" en policiers. Les massacres et pillages de Serbes qu'ils ont permis, couvert, voire encouragés, depuis cette "transformation" sont incalculables. Alors pourquoi Israël devrait se plier aux résolutions ONU à Gaza, quand l'ONU ne se plie pas à ses propres résolutions en Serbie?...
[C] très surprenante affirmation des journalistes : l'ONU ne peut pas reconnaître une indépendance du Kosovo... puisqu'elle a voté sa Résolution 1244 reconnaissant l'intégrité territoriale de la Serbie, provinces du Kosovo et Metohija comprises! Là aussi, voilà comment on fabrique les opinions publiques... et celles de nos politiciens, si peu au fait de l'Histoire et des réalités humaines mais très sensibles aux pressions de Washington. Et aux "valises" qui accompagnent les "bonnes" décisions..
Le Kosovo est donc et reste légalement une province de Serbie, et toute opinion contraire va à l'encontre de la Résolution légale des Nations Unies, votée par toute la Communauté Européenne et les USA.

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église Sveti Dimitrije, nord de Mitrovica, province serbe du Kosovo, 16/2/2008
Photos Reuters

Le prince héritier de la couronne de Serbie, Aleksandar Karadjordjevic, à l'église Sveti Dimitrije
Photo AP, Srdjan Ilic


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Des craintes d'actes de violences gênent le Noël des Serbes au Kosovo

http://news.yahoo.com/s/afp/20090107/wl_afp/kosovoserbiareligionunrest_newsmlmmd

par Maja Radojevic Maja Radojevic – mercredi 7 janvier 2009, 1:20 pm ET
MITROVICA (AFP) – Les Serbes célèbrent leur premier Noël au Kosovo depuis l'indépendance ce mercredi, au milieu de craintes d'une nouvelle explosion de violence dans la ville ethniquement divisée.
Comme la Serbie, la minorité serbe au Kosovo célèbre Noël le 7 janvier, conformément au calendrier Julien.
Des dizaines de fidèles sont venus prier à l'église orthodoxe Sveti Dimitrije dans la partie nord de Mitrovica, une ville principalement peuplée de Serbes. Mais suite à une récente vague de violence, la traditionnelle Liturgie de minuit a été postposée jusque tôt le matin.
Les maisons et magasins serbes étaient décorés de branches de chêne, et l'antique bûcher appelé "badnjak" brûlait lors de la nuit de Noël devant l'église, suivit de feux d'artifice.
La ville est divisée entre les Serbes, qui vivent sur la rive nord de l'Ibar, et les Albanais qui vivent au sud, où se trouvent nombre de cimetières serbes, et la principale église Orthodoxe, Saint-Sava.
Escortés par des soldats de la force de l'Otan pour le Kosovo (KFOR) et de la mission européenne de police (EULEX), un groupe de Serbes est venu à cette église. La police rapporte qu'il n'y a pas eu d'incident pendant ce bref pèlerinage.
Mais Milijana Radovanovic, 65 ans, se plaint que les célébrations étaient assombries par des craintes de nouvelles violences. "Au lieu de la joie pour notre fête, nous avons tous peur de possibles incidents. Ce qui se passe ici est terrible," dit Radovanovic.
Un calme précaire est revenu dans les villes de Mitrovica, après que des renforts de la KFOR soient arrivés dans la partie serbe de la ville, suite à 2 explosions la semaine dernière.
Sept pompiers, tous Serbes, furent blessés lors de la seconde explosion, alors qu'ils tentaient d'éteindre l'incendie ravageant un magasin albanais, apparemment allumé par un groupe de Serbes en colère suite à la première explosion.
Milan Djordjevic, 28 ans, dit que Noël n'était pas aussi joyeux que d'habitude, à cause de la violence. "Nos concitoyens ont été blessés alors qu'ils accomplissaient leur devoir. C'est une véritable tragédie."
Depuis lors, la KFOR a renforcé sa présence, avec des troupes patrouillant dans le petit quartier de Bosnjacka Mahala dans le nord de Mitrovica, où vit une petite communauté albanaise. Mais les escarmouches sont fréquentes, et la veille de Noël, des dizaines de Serbes et d'Albanais se sont attroupés prêts à en découdre apparemment après un accident de voiture.
Seule une forte présence policière permit à l'accident de ne pas dégénérer en une explosion de violence.
"Aussitôt que nous croyons que la situation est calme, les incidents reprennent," dit Radovanovic.
Son voisin, 57 ans, Dragan Milisavljevic, dit que Noël a "été célébrée en respectant les traditions et vieilles coutumes, mais dans une angoisse croissante."
"Ces incidents ne font pas que nous troubler, mais aussi nous amènent la question cruciale, à savoir si nous seront à même de survivre ici," ajoute Milisavljevic.
Le Kosovo a déclaré son indépendance il y a presqu'un an, après avoir été sous gestion de l'ONU depuis que la guerre aérienne lancée par l'OTAN en 1999 avant retiré le contrôle de la province à la Serbie. Plus de 50 pays ont reconnu cet état kosovar, ce à quoi Serbie et Russie s'opposent fermement. [*]

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[*] ainsi que la Chine, et l'Espagne, et l'Inde, et le Brésil, etc, etc.. Bref, en dehors des nations corrompues par Washington, personne ne soutien ce simulacre d'état dirigé par la maffia, créé uniquement pour permettre aux USA de conserver leur immense base militaire installée en plein centre, à 30km du pipeline approvisionnant la Bulgarie (heureux hasard).

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Les Serbes du Kosovo doivent célébrer Noël sous escorte militaire

http://www.b92.net/eng/news/in_focus.php?id=91&start=0&nav_id=56243

6 Janvier 2009


Jeunes filles Serbes près de Gračanica ce jour (Beta)

Les habitants de Gračanica et des villages avoisinants recevront aujourd'hui une escorte de la KFOR et de la police kosovare (KPS).
Ils recevront une protection pour s'aventurer hors de chez eux afin d'aller couper les badnjaks (bûches) pour Noël.
Cette année à nouveau, les Serbes pourront aller couper sous escorte policière leurs badnjaks du côté droit de la route principale Prština-Gnjilane, depuis le lac de Gračanica jusqu'au pont d'Androvački, et sur le côté gauche près de la ville de Ploče.
La principale célébration de la Vigile de Noël aura lieu au monastère de Gračanica, dans le Kosovo et Metohija. La Liturgie sera suivie du traditionnel feu du badnjak.
La Vigile de Noël sera marquée par la bénédiction et l'allumage du badnjak dans d'autres parties du Kosovo.
Les Serbes du nord du Kosovo couperont le badnjaks tôt le matin, alors que les fidèles Orthodoxes vivant au centre du Kosovo pourront le faire pendant toute la journée, a rapporté la radio KIM d'après les informations de la police à Gračanica.
Les Serbes de Metohija célébreront Noël dans des conditions très difficiles, comme les années précédentes. La plupart des fidèles couperont le badnjak dans leur village, sans la moindre force de KFOR ou police présente.
Comme les années précédentes, les Serbes du Kosovo célébreront Noël au milieu d'importantes fortes coupures d'électricité. Dans la plupart des villages serbes, mais aussi quelques villages albanais, l'électricité est souvent coupée, sans annonce de rétablissement, avec des coupures durant jusque 5 heures.
Noël est une fête célébrée en famille. On sert le repas sur la paille en souvenir de la naissance du Christ. Le repas est toujours carémique, mais riche.
Les Chrétiens considèrent que la nuit de Noël est une bonne occasion pour la réconciliation, et pour surmonter les mésententes de l'année écoulée.

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Un peu partout en Serbie et dans les territoires volés par le gouvernement et le lobby militaro-industriel des USA, avec la complicité des dirigeants politiques de la Communauté Européenne et de l'ONU, les Serbes célèbrent Noël, envers et contre tout!




06 janvier 2009

Grande bénédiction des eaux à la Théophanie (film & textes)


téléchargement


BÉNÉDICTIONS DES EAUX
On se rend en procession, avec cierges et encens, là où se trouvent les eaux à bénir, en chantant les idiomèles suivants, œuvre de Sophrone, patriarche de Jérusalem.

t. 8
La voix du Seigneur retentit sur les eaux: * Venez, recevez tous * du Christ qui vous est apparu * l'Esprit de sagesse, l'Esprit d'intelligence, * l'Esprit de crainte de Dieu.
En ce jour est sanctifiée la nature des eaux; * le Jourdain arrête son cours * et retient ses propres flots à la vue du Maître s'y baignant.
Tu descends dans le fleuve, ô Christ notre Roi, * et te hâtes de recevoir * en ton humanité le baptême des serviteurs * de la main du Précurseur * à cause de nos péchés, * Ami des hommes et Dieu de bonté.
Gloire au Père ... Maintenant ...
A la voix criant dans le désert: * Préparez les voies du Seigneur, * tu vins, ô Christ, prenant l'aspect du serviteur, * demander le baptême, toi le seul sans péché. * Les eaux te virent et prirent peur; * le Précurseur, saisi d'effroi, s'écria: * Est-ce au chandelier d'illuminer la Clarté? * Sanctifie-moi en même temps que les eaux, * Sauveur qui du monde effaces le péché.
D. Sagesse!

Lecture de la Prophétie d'Isaïe (35, 1-10)
Ainsi parle le Seigneur: Réjouis-toi, terre déserte et assoiffée; exulte le désert, qu'il fleurisse comme un lis! Le désert du Jourdain se couvrira d'abondantes fleurs et jubilera de joie; la gloire du Liban lui sera donnée, ainsi que la splendeur du Carmel; et mon peuple verra la gloire du Seigneur, la magnificence de Dieu. Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux chancelants, dites aux cœurs bouleversés: Courage, ne craignez pas; voici, notre Dieu va rendre justice et rétribuer, c'est lui qui viendra nous sauver. Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s'ouvriront les oreilles des sourds. Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la langue des muets retentira clairement; car l'eau jaillira au désert, le torrent dans la terre assoiffée. Les domaines sans eau deviendront des prairies, au pays de la soif il y aura des sources d'eau. Les oiseaux s'y ébattront, ce sera un séjour enchanteur, avec des lacs et des roseaux. Un chemin pur s'y trouvera, qu'on nommera chemin de sainteté; aucun impur n'y passera, point de chemin pour l'impur; même les simples y marcheront sans s'égarer. Là, point de lion, nulle bête féroce ne le prendra, aucune ne s'y montrera; mais les rachetés y marcheront, par là reviendront ceux que rassemble le Seigneur. Ils iront à Sion jubilant d'allégresse, la tête couronnée d'une joie éternelle; sur leur visage, liesse et jubilation, l'allégresse les comblera, tandis que cessera tout gémissement, toute peine et tout chagrin.

Lecture de la Prophétie d'Isaïe (55,1-13)
Ainsi parle le Seigneur: Vous tous qui êtes altérés, venez à la source des eaux; même si vous n'avez pas d'argent, venez! venez manger et boire, sans argent, le blé, le vin et l'huile, sans payer. Car voici ce que dit le Seigneur tout-puissant: vous puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut; et vous direz, ce jour-là: chantez le Seigneur, proclamez son nom, annoncez sa gloire parmi les nations, rappelez que son nom est sublime. Ecoutez-moi et vous mangerez bien et votre âme sera comblée de délices; prêtez l'oreille et votre âme vivra. Je vais conclure avec vous une alliance éternelle. Et vous invoquerez le Seigneur, puisqu'il est proche. Que le méchant abandonne sa voie et l'homme injuste, ses criminelles pensées! Revenez à moi et j'aurai pitié de vous, et j'effacerai vos péchés. Car mes pensées ne sont pas les vôtres, dit le Seigneur, mais comme est la hauteur des cieux sur la terre, hautes sont mes voies au-dessus des vôtres et mes pensées au-dessus de vos pensées. Comme la pluie et la neige tombent du ciel et n'y remontent pas sans avoir arrosé la terre, sans l'avoir fécondée et fait germer, sans donner le grain à semer et le pain à manger, ainsi la parole qui sort de ma bouche ne me revient pas sans avoir produit son effet, sans avoir exécuté ma volonté et accompli sa mission. Oui, vous partirez avec joie et serez ramenés en sécurité. Montagnes et collines éclateront devant vous en cris de joie et tous les arbres de la campagne vous applaudiront de leurs rameaux. Au lieu d'épines croîtra le cyprès, au lieu d'orties poussera le myrte; et ce sera pour le renom du Seigneur un titre impérissable à jamais, dit le Seigneur notre Dieu, le Saint d'Israël.

Lecture de la Prophétie d'Isaïe (12,3-6)
Ainsi parle le Seigneur: Vous puiserez de l'eau avec joie aux sources du salut. Et vous direz, ce jour-là: Louez le Seigneur, invoquez son nom; annoncez parmi les peuples ses exploits, rappelez que son nom est sublime. Chantez le Seigneur, car il a fait des merveilles, annoncez-le par toute la terre. Criez de joie et d'allégresse, habitants de Sion: au milieu d'elle est exalté le Saint d'Israël.
Prokimenon, t. 3: Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte. Verset: Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je?

Lecture de la première épître du saint apôtre Paul aux Corinthiens (10, 1-4)
Frères, je ne veux pas que vous l'ignoriez: nos pères ont tous été sous la nuée, tous ont passé à travers la mer, tous ont été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, tous ont mangé le même aliment spirituel et tous ont bu le même breuvage spirituel; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les accompagnait; et ce rocher, c'était le Christ.

Alleluia, t. 4. Versets 1: La voix du Seigneur retentit sur les eaux. 2: de gloire fait gronder le tonnerre, le Seigneur est sur les grandes eaux.

Lecture du saint Evangile selon saint Marc (1,9-11)
En ce temps-là, Jésus vint de Nazareth de Galilée et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Au moment où il remontait de l'eau, il vit les cieux s'ouvrir et l'Esprit comme une colombe descendre sur lui; et des cieux vint une voix: Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j'ai mis toute mon affection.

Le Diacre dit la litanie, le Chœur répond Kyrie eleison.
En paix prions le Seigneur.
Pour la paix qui vient d'en haut et pour le salut de nos âmes prions le Seigneur.
Pour la paix du monde entier, la prospérité des saintes Eglises de Dieu et pour l'union de tous prions le Seigneur.
Pour ce saint temple et pour ceux qui y pénètrent avec foi, respect et crainte de Dieu, prions le Seigneur.
Pour notre archevêque (ou évêque) N., pour l'ordre vénérable des prêtres, pour les diacres qui servent dans le Christ, pour tout le clergé et le peuple prions le Seigneur.
Pour (notre roi N. et pour) tous les chrétiens fidèles et orthodoxes prions le Seigneur.
Pour cette ville (ou ce village ou ce saint monastère), pour toute ville et village, le pays tout entier et les fidèles qui y demeurent prions le Seigneur.
Pour qu'il nous accorde un temps favorable, l'abondance des fruits de la terre et des jours de paix, prions le Seigneur.
Pour les voyageurs, les navigateurs, les prisonniers, les malades, les affligés, et pour le salut de tous, prions le Seigneur.
Pour que cette eau soit sanctifiée par la puissance, l'action et la présence de l'Esprit saint, prions le Seigneur.
Pour que descende sur ces eaux l'action purificatrice de la très- sainte Trinité, prions le Seigneur.
Pour qu'elles soient douées de la même bénédiction et vertu rédemptrice que les eaux du Jourdain, prions le Seigneur.
Pour que la présence du saint Esprit nous illumine de la lumière de connaissance et de piété, prions le Seigneur.
Pour que cette eau nous procure la sanctification, la rémission des péchés, pour la guérison de l'âme et du corps, prions le Seigneur.
Pour qu'elle devienne une eau jaillissant en l'éternelle vie, prions le Seigneur.
Pour qu'elle soit capable de détourner toute embûche des ennemis visibles et invisibles, prions le Seigneur.
Pour ceux qui en puisent et en font provision pour sanctifier leur demeure prions le Seigneur.
Pour qu'elle purifie l'âme et le corps de tous ceux qui en puisent et en goûtent avec foi, prions le Seigneur.
Pour que nous puissions être remplis de sainteté en buvant de ces eaux, par l'invisible manifestation de l'Esprit saint, prions le Seigneur.
Pour que le Seigneur notre Dieu exauce la supplication des pécheurs que nous sommes et nous prenne en pitié, prions le Seigneur.
Pour être délivrés de tout mal, de tout danger, de toute inquiétude, prions le Seigneur.
Protège-nous, sauve-nous, aie pitié de nous et garde-nous, ô Dieu, par ta grâce.
Faisant mémoire de notre Dame, la très-sainte, très-pure, toute bénie et glorieuse Mère de Dieu et toujours-vierge Marie ainsi que de tous les Saints, offrons-nous nous-mêmes, les uns les autres, et toute notre vie au Christ notre Dieu.
Ch. A toi, Seigneur.

Pendant que le Diacre dit la litanie, le Prêtre lit à voix basse cette prière:
Seigneur Jésus Christ, Fils unique, toi qui es dans le sein du Père, Dieu véritable, source de vie et d'immortalité, lumière issue de la lumière, qui es venu dans le monde pour l'illuminer, éclaire nos intelligences par ton saint Esprit, accepte que nous te rendions gloire et action de grâces pour tes merveilles et tes hauts faits dès l'origine et pour ton œuvre de salut en ces temps ultimes; ayant, pour nous sauver, revêtu la faiblesse et la pauvreté de notre nature en t'accommodant de la mesure de notre servitude, toi le Roi de l'univers, tu as daigné en outre être baptisé dans le Jourdain par une main de serviteur, afin de nous conduire, en sanctifiant la nature des eaux, Seigneur sans péché, à la seconde naissance par l'eau et par l'Esprit et nous rendre notre première liberté. Célébrant la mémoire de ce mystère divin, Seigneur ami des hommes, nous t'en prions: répands sur nous, tes indignes serviteurs, selon ta divine promesse, l'eau purificatrice, ce don de ta miséricorde, pour que nos prières de pécheurs concernant cette eau soient agréées de ta bonté et que par elle nous soit accordée la grâce de ta bénédiction, à nous et à tout ton peuple fidèle, pour la gloire de ton saint Nom digne d'adoration. Car à toi reviennent toute gloire, tout honneur et toute adoration, ainsi qu'à ton Père éternel et à ton très-saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.



A la fin de la litanie diaconale, le Prêtre élève la voix pour la prière suivante, œuvre de Sophrone, patriarche de Jérusalem.

Trinité transcendant tous les êtres par ton excellence et ta suprême divinité, Tout-puissant qui vois tout, Invisible que nul ne peut saisir, Créateur des êtres spirituels et doués de raison, pure essence du Bien, Lumière inaccessible qui, venant dans le monde, illumines tout homme, éclaire-moi aussi, ton indigne serviteur; illumine les yeux de mon intelligence, afin que j'ose célébrer tes bienfaits et ta puissance infinis. Agrée ma prière pour le peuple ici présent; puissent mes fautes ne pas empêcher la venue de ton saint Esprit; accorde-moi plutôt de pouvoir, sans être condamné, te crier et te dire aussi maintenant, suprême Bonté: Nous te glorifions, Seigneur ami des hommes, Tout-puissant, Roi d'avant les siècles. Nous te glorifions, Auteur de l'entière création. Nous te glorifions, Fils unique de Dieu que sans père une Mère a conçu et qui sans mère du Père es issu. Au cours de la fête passée, c'est comme enfant que nous t'avons vu; en la présente fête nous contemplons ta perfection, comme le Parfait, né du Parfait, se manifestant notre Dieu. Car ce jour est pour nous celui de la Fête: le chœur des Saints est assemblé avec nous, les Anges s'unissent à la festivité humaine. En ce jour la grâce du saint Esprit, sous forme de colombe, est descendue sur les eaux. En ce jour le soleil sans déclin s'est levé, le monde est éclairé par la lumière du Seigneur. En ce jour la lune éclaire aussi le monde par la clarté de ses rayons. En ce jour les astres lumineux embellissent l'univers en rayonnant de tous leurs feux. En ce jour les nuées distillent depuis le ciel une rosée de justice pour l'humanité. En ce jour l'Incréé veut que sa propre créature lui impose la main. En ce jour le Prophète et Précurseur vient au-devant du Maître, mais il approche en tremblant, voyant Dieu s'abaisser jusqu'à nous. En ce jour les flots du Jourdain acquièrent la vertu de guérir par la présence du Seigneur. En ce jour un courant mystique abreuve l'entière création. En ce jour les fautes des humains sont lavées par les eaux du Jourdain. En ce jour le Paradis s'est ouvert pour les hommes et le Soleil de justice répand sur nous sa clarté. En ce jour l'eau amère, comme au temps de Moïse, pour le peuple est changée en eau douce par la présence du Seigneur. En ce jour nous mettions fin à l'antique lamentation et nous fûmes sauvés, en nouvel Israël. En ce jour nous étions délivrés des ténèbres pour resplendir clairement de la connaissance de Dieu. En ce jour la grisaille du monde est dissipée par l'épiphanie de notre Dieu. En ce jour l'entière création brille comme lampe allumée depuis le ciel. En ce jour l'erreur fut abolie, l'avènement du Maître nous traçant la voie du salut. Ce jour est une fête en haut comme ici-bas, les êtres de ce bas monde rencontrent ceux des hauteurs. En ce jour les vrais croyants élèvent leur voix joyeuse en une sainte festivité. En ce jour le Maître se hâte vers le baptême pour relever l'humanité. En ce jour l'Immuable s'incline vers son propre serviteur pour nous libérer de la servitude. En ce jour nous avons acquis le royaume des cieux, ce règne du Seigneur qui n'aura pas de fin. En ce jour la terre et la mer ont partagé la joie du monde, un monde que l'allégresse a rempli. Les eaux te virent, ô Dieu, les eaux te virent et furent en émoi. Le Jourdain retourna en arrière, voyant le feu de la divinité descendre en un corps et venir jusqu'à lui. Le Jourdain retourna en arrière, lorsqu'il vit l'Esprit saint descendre sous forme de colombe et voler autour de toi. Le Jourdain retourna en arrière, voyant l'Invisible se laisser voir, le Créateur ayant pris chair, le Maître sous la forme de serviteur. Le Jourdain retourna en arrière, et les montagnes bondissaient voyant Dieu dans la chair. Les nuées firent entendre leur voix, s'émerveillant que soit venu, Lumière de Lumière, le vrai Dieu né du vrai Dieu. En ce jour de fête nous voyons au Jourdain le Seigneur y engloutir les chaînes de l'Enfer, l'aiguillon de l'erreur, la mort que la désobéissance nous valut, et donner au monde le Baptême du salut. C'est pourquoi, moi aussi, bien que pécheur et indigne de te servir, après avoir rappelé tes merveilles et tes hauts-faits, saisi de crainte et plein de componction, je m'écrie:
Tu es grand, Seigneur, tes œuvres sont admirables, et nulle parole ne suffira pour chanter tes merveilles. (3 fois)
C'est toi qui as voulu conduire toutes choses du non-être à l'existence; par ta puissance tu soutiens l'univers, par ta providence tu diriges le monde. Des quatre éléments tu composas la création, des quatre saisons tu couronnas le cycle de l'année. Elles tremblent devant toi, les célestes puissances spirituelles: c'est toi que chante le soleil, c'est toi que la lune glorifie; c'est avec toi que s'entretiennent les astres, c'est à toi que la lumière obéit; devant toi frémissent les océans et les sources sont tes servantes. Tu déployas les cieux comme une tente, tu affermis la terre sur les eaux; la mer, tu l'entouras de sable, et l'air, tu le répandis pour qu'on le respirât. Les puissances angéliques te servent dans le ciel, les chœurs des Archanges se prosternent devant toi; les Chérubins aux yeux innombrables et les Séraphins aux six ailes qui font cercle autour de toi et volent à l'entour de ta majesté se couvrent la face par crainte de ta gloire inaccessible. Toi le Dieu que nul espace ne peut circonscrire, toi le Dieu ineffable et sans commencement, tu es venu sur terre, prenant forme d'esclave et ressemblance avec les hommes; car tu n'as pas souffert, Seigneur, dans la tendresse de ton cœur, de voir le genre humain sous la tyrannie du démon, mais tu es venu et tu nous as sauvés. Nous reconnaissons ta grâce, nous proclamons ton amour, sans cacher tes bienfaits. Tu as libéré notre nature dès le germe, par ta naissance tu as sanctifié le sein virginal; toute la création te chanta lorsque tu apparus. Car toi, ô notre Dieu, tu t'es montré sur la terre et tu as conversé avec les hommes. C'est toi aussi qui sanctifias les eaux du Jourdain, envoyant du ciel ton saint Esprit, et tu as écrasé la tête des dragons qui s'y cachaient.
Toi donc, Ami des hommes et notre Roi, viens aussi maintenant par l'effusion de ton saint Esprit et sanctifie cette eau. (3 fois)
Et donne-lui la même bénédiction et vertu rédemptrice qu'à celle du Jourdain. Fais-en une source d'immortalité, un trésor de sanctification, pour la rémission des péchés, la guérison des maladies et la perte des démons; qu'elle soit inaccessible aux puissances ennemies et remplie de pouvoir angélique! Afin que tous ceux qui en prennent et en boivent trouvent en elle la purification de leur âme et de leur corps, le remède à leurs passions, la sanctification de leur maison et toute sorte de profit. Car c'est toi notre Dieu, celui qui par l'eau et l'Esprit renouvelas notre nature vieillie dans le péché. C'est toi notre Dieu, qui au temps de Noé submergeas le péché sous les eaux. C'est toi notre Dieu, qui par la mer fis passer de la servitude de Pharaon à la liberté, sous la conduite de Moïse, la nation des Hébreux. C'est toi notre Dieu, qui fendis la roche au désert, au point que les eaux coulèrent en torrents pour abreuver ton peuple assoiffé. C'est toi notre Dieu, qui par l'eau et le feu fis qu'Elie détourna Israël de l'erreur de Baal.
Toi-même, Seigneur, encore à présent, sanctifie cette eau par ton saint Esprit. (3 fois)
Et donne à tous ceux qui vont la toucher, s'en oindre ou en goûter, sanctification, bénédiction, purification et santé.
Sauve, Seigneur, tes serviteurs (notre roi N. et tous) les chrétiens fidèles et orthodoxes. (3 fois)
En paix garde-les sous ta protection; accorde-leur ce qu'ils demandent pour leur salut et la vie éternelle.
Souviens-toi, Seigneur, de notre archevêque (ou évêque) N., de l'ordre presbytéral, des diacres qui servent dans le Christ, de tout le clergé et du peuple présent, ainsi que de nos frères absents pour un juste motif; en ton immense miséricorde aie pitié d'eux et de nous. Afin que par les éléments, par les Anges et les hommes, par le monde visible et invisible soit glorifié ton nom très-saint, avec le Père et le saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Ch. Amen.
P. Paix à tous. Ch. Et à ton esprit.
D. Inclinez la tête devant le Seigneur. Ch. Devant toi, Seigneur.

Le Prêtre dit cette prière à voix basse:
Incline, Seigneur, ton oreille et exauce-nous, toi qui daignas être baptisé dans le Jourdain et sanctifias les eaux; bénis chacun de nous lorsqu'en inclinant la tête nous signifions par là notre dépendance envers toi; fais que nous soyons entièrement sanctifiés par notre communion à cette eau et par son aspersion; puisse-t-elle nous procurer, Seigneur, la santé de l'âme et du corps!
A haute voix:
Car tu es notre sanctification, ô Christ notre Dieu, et nous te rendons gloire, action de grâce et adoration, ainsi qu'à ton Père éternel et à ton très-saint, bon et vivifiant Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.
Ch. Amen.

Le Prêtre, prenant la précieuse Croix, bénit les eaux par trois fois en plongeant puis élevant la Croix verticalement et entonnant chaque fois ce tropaire.

Tropaire, t. 1
Dans le Jourdain lorsque, Seigneur, tu fus baptisé, * à l'univers fut révélée la sainte Trinité; * en ta faveur se fit entendre la voix du Père * te désignant comme son Fils bien-aimé; * et l'Esprit sous forme de colombe * confirma la vérité du témoignage. * Christ notre Dieu qui t'es manifesté, * illuminateur du monde, gloire à toi. (3 fois)

Le Prêtre essuie la croix; puis, la tenant de la main gauche, il asperge le peuple avec l'eau bénite. Chacun s'approche, baise la croix, reçoit une aspersion sur ta tête et boit un peu d'eau. Pendant ce temps, le Chœur répète le tropaire Dans le Jourdain. Puis on rentre au sanctuaire en chantant ce stichère:

t. 6
Fidèles, chantons * les grands bienfaits de Dieu envers nous: * à cause de notre faute, en effet, * il s'est fait homme pour accomplir * notre purification dans le Jourdain, * lui le seul pur, le seul immaculé, * me sanctifiant ainsi que les eaux * et broyant la tête des dragons * qui se cachaient dans les ondes. * Frères, avec allégresse puisons donc de cette eau, * car la grâce de l'Esprit * est invisiblement donnée aux fidèles y puisant * par le Sauveur de nos âmes, le Christ notre Dieu.
Si l'on a célébré la Liturgie, on chante: Que le nom du Seigneur soit béni ... 3 fois; et l'on achève la Liturgie. Sinon, finale des Vêpres. Après le Congé de la Liturgie ou des Vêpres, on chante au milieu de l'église le tropaire de la fête, t. 1: Dans le Jourdain. Gloire au Père ... Maintenant ... et le kondakion, t. 4: En ce jour de l'Epiphanie. Puis, si on ne l'a déjà fait à None, les souhaits de longues années.

Litie, t. 4
Celui qui se revêt de la lumière comme d'un manteau * a daigné pour nous devenir comme nous; * en ce jour il se couvre des flots du Jourdain, * non qu'il en ait besoin pour se purifier, * mais pour nous offrir en lui-même le renouveau. * Merveille! sans flamme il refond * et de nouveau façonne sans broyer, * il sauve ceux qui en lui sont illuminés, * le Christ notre Dieu, le Sauveur de nos âmes.
Te voyant venir à lui, * toi qui du monde purifies * le péché par l'Esprit et le feu, * le Baptiste avec crainte et tremblement * te déclare: Je n'ose pas * toucher ta tête immaculée; * toi-même, Seigneur, sanctifie-moi * par ton Epiphanie, seul Ami des hommes.
Venez, imitons les Vierges sages; * venez, allons au-devant du Seigneur qui paraît, * car il s'avance vers Jean comme l'Epoux. * Le Jourdain fut stupéfait de le voir et s'arrêta. * Jean s'écria: Je n'oserai pas * toucher la tête du Seigneur immortel! * Sous forme de colombe, l'Esprit * descendit sanctifier les eaux. * Et du ciel une voix déclara: * «Celui-ci est mon Fils, il est venu * en ce monde sauver le genre humain.» Seigneur, gloire à toi.
Le Christ est baptisé, * il remonte des eaux; * avec lui c'est le monde qu'il fait sortir; * il voit s'ouvrir les cieux que jadis * Adam ferma pour lui et ses descendants. * De sa divinité l'Esprit est le témoin, * car il accourt vers son égal; * et la voix du Père descend du ciel, * car c'est de là que provient * l'objet du témoignage, le Sauveur de nos âmes.
La main du Baptiste trembla * lorsqu'il toucha ta tête immaculée; * le fleuve du Jourdain rebroussa son chemin, * car il n'osait pas te servir; * si Josué, fils de Noun, lui avait jadis * inspiré du respect, * comment son propre Créateur * ne lui aurait-il inspiré l'effroi? * Mais tu accomplis tout le plan du salut * pour sauver le monde, Seigneur, * par ton Epiphanie, seul Ami des hommes.

Gloire au Père, t. 8
Seigneur, désireux d'accomplir * ce que tu avais établi de toute éternité, * dans toute la création tu pris les ministres de ton mystère: * parmi les Anges Gabriel, * dans l'humanité la vierge Marie, * dans les cieux l'étoile et d'entre les fleuves le Jourdain; * en lui tu effaças le péché du monde. * Sauveur de nos âmes, gloire à toi.

Maintenant ...
En ce jour est illuminée la création, * en ce jour l'univers se réjouit * sur la terre comme au ciel; * les Anges se mêlent aux humains, * car la présence du Roi * amène aussi l'escorte de son armée. * Accourons donc vers le Jourdain, * voyons comment le Précurseur * baptise le chef non-fait-de-main-d'homme du Seigneur sans péché. * Avec l'Apôtre chantons d'un même chœur: * La grâce de Dieu s'est manifestée à nos yeux, * pour tous les hommes elle est la source du salut, * elle apporte aux fidèles la lumière et la vie.

Apostiches, t. 2
Sur les bords du Jourdain * te voyant venir jusqu'à lui, * le Précurseur te disait, ô Christ notre Dieu: * Est-ce vers ton serviteur que tu viens, * toi qui es sans tache, Seigneur? * Au nom de qui vais-je te baptiser? * Du Père? mais tu le portes en toi! * Du Fils? mais tu l'es, dans la chair! * De l'Esprit saint? mais ta bouche l'insuffle aux fidèles! * Dieu qui te manifestes, aie pitié de nous.
La mer, à cette vue, s'enfuit, le Jourdain retourne en arrière.
Les eaux te virent, Seigneur, * les eaux te virent et prirent peur: * vers ta gloire en effet * les Chérubins, les Séraphins * n'osent porter leurs regards, * mais dans la crainte te servant, * les uns te portent, les autres glorifient * ta puissance, Seigneur; * avec eux nous proclamons * ta louange, en disant: * Dieu qui te manifestes, aie pitié de nous.
Qu'as-tu, mer, à t'enfuir, et toi, Jourdain, à retourner en arrière?
En ce jour le Créateur du ciel et de la terre * vient en son corps au Jourdain * demander le baptême, lui le seul sans péché, * afin de purifier le monde de l'erreur de l'ennemi, * et le Maître de l'univers * est baptisé par un serviteur; * mais il confère au genre humain * par cette eau même sa pureté; * aussi chantons-lui: * Dieu qui te manifestes, Seigneur, gloire à toi.

Gloire au Père ... Maintenant, t. 8
Voyant le Soleil issu de la Vierge * demander le baptême dans le Jourdain, * le chandelier né de la Stérile lui cria dans la crainte et la joie: * C'est à toi de me sanctifier, ô Maître, par ta sainte Epiphanie!

Tropaire, t. 1
Dans le Jourdain lorsque, Seigneur, tu fus baptisé, * à l'univers fut révélée la sainte Trinité; * en ta faveur se fit entendre la voix du Père * te désignant comme son Fils bien-aimé; * et l'Esprit sous forme
de colombe * confirma la vérité du témoignage. * Christ notre Dieu qui t'es manifesté, * illuminateur du monde, gloire à toi. (3 fois)

source texte Forum-orthodoxe





Θεοφάνια


Теофания

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Saint Macaire, higoumène de Pantokrator (+ 1431)


http://ocafs.oca.org/FeastSaintsViewer.asp?FSID=100107

Saint Macaire naquit à Thessalonique durant le règne de l'empereur Manuel II Paléologue. Il partit pour le monastère de Vatopedi, sur le Mont Athos, alors qu'il était encore jeune homme. Par la suite, il partit pour Constantinople, et devint ensuite higoumène du monastère de Pantokrator, et chapelain de l'empereur.
Il mourût en 1431 à Chalke lors d'une épidémie.

THÉOPHANIE (p. Anthony Gavalas + Pékin)




http://gnisios.narod.ru/abg030106.html


Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.

La sainte Église Orthodoxe, suivant le calendrier qui nous a été donné par nos Pères, l'ordre de l'année ecclésiale tel qu'il nous a été donné par nos Pères, nous donne aujourd'hui, et nous la célébrons, la Fête de l'Épiphanie ou Théophanie de notre Sauveur Jésus-Christ, en ce jour où Il descendit dans le Jourdain et y fut baptisé, ce jour où Se trouvant là, Il montra à nouveau toute Son humilité, montrant à nouveau qu'Il était le Créateur et le Re-Créateur et le Sanctificateur de toute la création. Car lorsque les eaux furent sanctifiées, toute la création a été sanctifiée, car il n'y a pas d'endroit dans la création où il n'y aurait pas du tout d'eau. Dans toute la Création dans laquelle l'homme a été trouvé digne de pouvoir vivre, nous voyons qu'il y a même de l'eau sous forme de vapeur. Dès lors, lorsque les eaux sont sanctifiées, toute la Création est sanctifiée, des plus hautes montagnes jusqu'aux plus basses plaines de la terre. Tous les lieux de la terre sont sanctifiés de nos jours car notre Sauveur est venu, et en descendant Lui-même dans les eaux, toute la Création s'en est retrouvée sanctifiée.
Il y a bien des choses à voir dans la fête de ce jour. Une des plus marquantes, c'est l'humilité de notre Sauveur. Oui, l'humilité de notre Sauveur. Celui Qui n'avait nul besoin d'être baptisé S'avançait pour l'être. Mais non seulement Il venait pour être baptisé, mais Il venait humblement. Il ne venait pas avec puissance; Il ne venait pas en donnant des ordres; Il ne venait pas tel un potentat, mais dans l'humilité. Et c'est alors que Jean, Son cousin saint Jean le Baptiste, L'arrête, veut L'empêcher d'être baptisé. Il Lui demande : C'est Toi qui viens à moi pour être baptisé? Comment pourrais-je faire cela? Je n'ai aucun droit à Te baptiser.
Et notre Seigneur de lui répondre humblement qu'il fallait que cela s'accomplisse, pour que s'accomplisse toute justice. Qu'il en soit ainsi, laisse les choses se passer. Et la sainte Écriture nous rapporte qu'alors Jean Le laissa descendre. Quelle chose incroyable, quelle chose redoutable entendons-nous là, notre Seigneur Dieu Lui-même Se plaçant sous l'autorité, non pas seulement de Son Père céleste, mais aussi sous l'autorité d'un de ceux qu'Il avait Lui-même formé de la glaise. Et nous Le voyons permettre à saint Jean de s'adresser ainsi à Lui, puis de Lui refuser, puis ensuite de Lui permettre. Quel Dieu extraordinaire, miséricordieux que nous avons, quel Dieu humble que nous avons.
Alors c'est lorsque nous voyons ce trait caractéristique de notre Sauveur, et que nous savons que c'est en imitant notre Sauveur Jésus-Christ que nous pourrons être sauvés, que nous pouvons mesurer notre état par rapport à Lui, et voir à quel point nous en sommes loins, extrêmement loins de cet idéal que nous devons atteindre si nous voulons participer au Royaume des Cieux.
Notre Sauveur est immergé dans les eaux du Jourdain, un avant-goût, une annonce, une préfiguration de Son ensevelissement dans la terre. Et par Sa mise en terre, par Sa mort, ensevelissement puis Résurrection, Il sanctifiera et illuminera toute la Création. Comme préfiguration, Il est plongé dans les eaux, et sanctifie ces eaux et toute la Création.
Un point aussi remarquable, lorsque nous lisons le saint Évangile, et que nous voyons notre Sauveur baptisé dans le Jourdain, c'est comment Il a été baptisé. De la sainte Tradition, nous savons que Jean baptisait les gens en les emmenant dans l'eau, et que là ils restaient jusqu'à ce qu'ils aient confessé tous leurs péchés. Alors, ils sortaient de l'eau, lavés de leurs péchés. Mais pour notre Sauveur, la sainte Écriture nous dit qu'Il ressortit aussitôt de l'eau. Et en ce lieu-là du Jourdain, il y avait beaucoup d'eaux profondes. Notre Sauveur n'a pas été aspergé mais plongé, immergé, exactement comme la sainte Église Orthodoxe requiert que nous soyons baptisés, en étant plongés dans l'eau. Afin que nous soyons ensevelis dans l'image et la figure de Son baptême et Son ensevelissement.
Autre point fort important que nous voyons aujourd'hui, c'est toute l'importance de notre Salut. Car l'oeuvre de notre Salut est de toute évidence l'oeuvre de la Sainte Trinité. En ce jour de la Théophanie ou Épiphanie, toute la Divinité Se manifeste. Nous entendons la voix du Père; nous voyons le Fils baptisé; et nous voyons l'Esprit Saint venir comme une sorte de sceau, apparaissant sous l'apparence d'une colombe, et planant au dessus de notre Sauveur, indiquant avec certitude Qui Il est, comme étant Son Parent, comme une des hymnes le dit "Que Son Parent le Saint Esprit a aussi témoigné."
Qu'est-donc l'oeuvre de notre Salut? Ce n'est pas quelque chose de fortuit, arrivé par hasard. C'est la volonté de la Sainte Trinité. C'est la Sainte Trinité toute entière qui participe à notre Salut, comme nous le voyons clairement dans l'Évangile de ce jour. Ce n'est rien de fortuit, rien de banal, pas quelque chose qu'on penserait après coup, quelque chose que l'on pourrait accepter ou rejeter car de peu d'importance. C'est une oeuvre de la Sainte Trinité, de même que l'avait été notre création, et la création de tout l'univers. Notre re-création, notre régénération, notre renaissance, c'est l'oeuvre de la Sainte Trinité. Et si nous cessons de penser que notre Salut est équivalent, est aussi important, a requis autant d'attention si on peut utiliser un concept humain pour parler de la Sainte Trinité, que la création des étoiles et de la lune et de la terre et de toutes les choses qui s'y trouvent, alors petit à petit nous commençons à voir quelle incroyable, quelle redoutable chose que d'être sauvé en Jésus-Christ. Car nous demande saint Paul, comment pourrions-nous échapper à la condamnation si nous négligeons un si grand Salut? Je vais me répéter, mais votre Salut et le mien, ce n'est pas moins et c'est même assurément beaucoup plus, car le restant de la Création que la Sainte Trinité a créée, il disparaîtra. Cela n'existera plus tel que nous le connaissons. Mais vous et moi, nous continuerons. Vous et moi demeurerons. Nous continuerons à exister, même après que la terre et les cieux et les étoiles et la lune auront disparu, vous et moi nous continuerons d'être. Dès lors, notre création est encore plus redoutable, plus importante; et notre re-création en Jésus le Christ est même d'une plus grande importance que la Création de tout l'univers. Si nous négligeons un tel Salut, quelle sera notre excuse?
Mes bien-aimés, tous ici, nous avons lutté durant le jeûne de Carême qui a précédé la Nativité de notre Sauveur. Nous avons persisté dans notre jeûne, nous avons accentué notre prière. Et nos prières étaient peut-être un peu plus chaleureuses; notre jeûne un peu plus consciencieux; notre aumône plus généreuse; notre veille sur nos paroles et pensées, sur ce que nous regardions, de quoi nous parlions, de la manière dont nous menions nos vies, peut-être un peu plus en accord avec toutes ces choses qui sont agréables à Dieu. Mais en tant qu'humains, nous avons cette tendance, une fois que la période de jeûne est terminée, et une fois que nous sommes entrés dans la période festive telle que celle-ci, de relâcher quelque peu les rênes; nous nous autorisons de plus grandes libertés que ce que l'Église nous recommande. Et nous dérapons un peu. Nous dérapons dans nos prières; nous dérapons dans notre jeûne les jours prescrits; nous ne sommes plus assez prudents quant à ce que nous disons et pensons et faisons et où nous allons. Nous sommes un peu mesquins, un peu négligents.
Mais pourquoi faisons-nous cela? Pourquoi devrions-nous perdre ce que par la grâce de Dieu nous avons réussi à acquérir durant le jeûne? Pourquoi devrions-nous nous autoriser à perdre tout ce profit? Si vous êtes un homme d'affaires, et que grâce à votre rude labeur, et tout ce que vous vous êtes donné dans votre travail, vous parvenez à engranger un plus gros profit, et un peu plus de clients, et que votre entreprise s'en porte mieux, est-ce qu'on ne vous traiterait pas de cinglé si, étant parvenu à ce résultat, vous vous permettiez par négligence de perdre tout l'acquit supplémentaire, de perdre ce profit, et de faire fuir ces clients? D'un tel négligent, tout le monde dirait qu'il n'est pas un bon commerçant. Et cependant, nous faisons la même chose. Nous luttons pendant le Carême; nous gagnons petit à petit du terrain sur nos passions et sur nos mauvaises habitudes, et à peine arrive la fête, nous perdons aussitôt tout ce que nous avions réussi à progressivement acquérir. Dès lors, ayant compris l'immensité et le prodige et le redoutable de notre Salut en Christ, n'agissons plus de la sorte; conservons ces gains; allons de vertu en vertu. Utilisons le saint Carême et les jours d'abstinence, et la manière Orthodoxe de vivre en général, comme une échelle, ne descendant jamais, mais montant toujours, gravissant échelon après échelon, cette échelle qui mène droit au Royaume des Cieux, cette échelle de perfection, cette échelle de grâce céleste. En ce jour, les eaux sont sanctifiées pour vous et pour moi. Elles vont sanctifier nos maisons; elles sanctifient nos corps, nos enfants, notre travail; elles sanctifient tout ce qui nous concerne. Cette grâce reçue par la sainte Église est étendue à tous les recoins de notre vie. Gardons-la saintement; ne souillons rien; ne profanons rien de ce qui a été sanctifié : tout d'abord nous-mêmes, ensuite tout ce qui nous concerne. De sorte que lorsqu'arrivera enfin le jour béni, le Jour du Retour du Christ notre Seigneur, nous puissions être trouvés dignes d'être vraiment appelés Ses enfants, sanctifiés par le baptême qu'Il nous a donnés; sanctifiés par notre confession de Foi; sanctifiés par notre manière Orthodoxe de vivre.
Nous savons que tous ces efforts seront bénis, et qu'ils seront soutenus par la Sainte Trinité. Car notre Dieu n'est pas une lointaine divinité. Il n'est pas comme ces ridicules et folles divinités de nos ancêtres, qui leur attribuaient divers combats contre divers peuples dans les mythologies, puis se moquaient d'eux, ou leur pourrissaient la vie, riant de leurs erreurs, et les condamnant pour ces erreurs. Notre Dieu est l'Emmanuel, Il est Dieu avec nous, et toute lutte, tout effort que nous accomplissons, nous savons que la Sainte Trinité, Qui a voulu notre Salut, le soutien, et le sanctifie, et donne la grâce nécessaire de sorte que nous ne soyons jamais seuls dans nos efforts.
Puissions-nous être vraiment dignes de ce choix; puissions-nous être vraiment dignes de cette sanctification et de ce soutien de notre Dieu, Qui est adoré dans la Trinité, le Père, le Fils, et le Saint Esprit, à Qui soit gloire et honneur pour les siècles des siècles.
Amen.
Protopresbytre Anthony Gavalas



Célébration de la fête du baptême du Seigneur à Pékin
http://www.orthodox.cn/contemporary/beijing/20080120bjtheophany_en.htm

Les divins Offices marquant la veille du baptême du Seigneur et la Théophanie ont été célébrés par le prêtre Alexy Kiselevich dans le "Red Fangzi" [*] sur le terrain de l'ambassade de la Fédération de Russie en Chine.
Pour la 2ème année consécutive, un grand trou a été découpé dans la glace du bassin au centre de l'ambassade russe. Cette fois-ci, une tente a été dressée pour permettre de changer de vêtements; des petits tapis menaient jusqu'au trou de glace; une échelle fut installée dans l'eau; une équipe de secouristes était sur place, au cas où un des participants en aurait eu besoin. A minuit, un grand groupe est venu accompagner ceux qui allaient descendre dans l'eau. Au chant des prières et des hymnes et tropaires de la fête, une dizaine de personnes dont des femmes et un petit enfant, sont descendus dans l'eau froide.
Pendant cette nuit baptismale, la température de l'air à Pékin chuta à moins 7° celcius. Chose inhabituelle pour la région, la neige tomba sur Pékin en cette vigile de la Théophanie. La blanche poudreuse fit ressembler la terre à nos chères terres russes, un beau cadeau pour nos compatriotes.
Le 19 janvier, les Orthodoxes de Pékin ont participé à la Grande Bénédiction des Eaux. Des Russes vivant dans d'autres villes chinoises ont fait le déplacement. Après l'Office, l'eau bénite fut distribuée à tous les fidèles.
En ce jour, après la Liturgie, un enfant d'une famille russe a été baptisé. Et un Orthodoxe de plus sur le sol chinois.

[*] voir plus bas



Paroisse de la Dormition, Pékin (Beijing, Chine)
Photos - Yuri Rogoza


(la paroisse en 1907)


(une procession en 1930)



Manakov T.B. "Red Fangzi à l'ambassade russe à Pékin : une île d'Orthodoxie en Chine" - Beijing, 2007. 58 pp.
Le livre est consacré à l'histoire de l'antique bâtiment situé sur le territoire de l'ambassade russe en Chine, appelé "Red Fangzi." De nos jours, Offices et Liturgies de la "Communauté de la sainte Dormition à Pékin" (Église Orthodoxe de Russie) y sont célébrés. Cette communauté Orthodoxe est numériquement la plus importante de Chine.
"Red Fangzi" est étroitement associé à la mission Orthodoxe russe en Chine. Au commencement du 20ème siècle, l'église du siège épiscopal dédiée à saint Innocent d'Irkutsk et la résidence de l'évêque de la mission de trouvaient ici.
Le livre offre une magnifique opportunité au lecteur de découvrir tout l'intérieur du bâtiment, l'historique et la chronologie du renouveau de la vie ecclésiale de la communauté Orthodoxe à Pékin. Nombre de photos du livre donnent une idée précise des événements.
L'ouvrage captivera aussi tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'Église Orthodoxe en Chine, de même que les fidèles Orthodoxes en Chine.
Livre en russe, couverture souple, vendu 30 $ hong kong
http://orthodox.cn/ofasc/store

Pâques, Mariage, clergé autochtone & Divine Liturgie à Red Fangzi:






A (re)lire sur le réveil de la Chine à la Foi :
Pâques en Chine, ou la lente remontée des catacombes
http://stmaterne.blogspot.com/2007/04/pques-en-chine-ou-la-lente-remonte-des.html
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05 janvier 2009

Psaume 4, prière avant d'aller dormir (& Complies de la Vigile de la Théophanie)


Vu son contenu, le Psaume 4 fait en toute logique partie de la prière rituelle - et bien souvent personnelle - du Chrétien Orthodoxe en fin de journée. Pour la partie rituelle, après le souper, dans les monastères de rite Orthodoxe oriental, on célèbre les Complies (Μικρό Απόδειπνο), qui reprennent entre autres ce Psaume 4. Pendant certaines périodes du cycle liturgique annuel, on célèbre une version amplifiée, les "grandes complies" (Μέγα Απόδειπνο):

a. Au début des Vigiles de la Nativité, de la Théophanie / Épiphanie et de l’Annonciation, quand on a déjà célébré les Vêpres de la fête avec la Liturgie de saint Basile ou la Liturgie des saints Dons Présanctifiés
b. Le mardi soir et le jeudi soir pendant la "semaine des laitages" (Tyrophagie).
c. Pendant le Grand Carême, du lundi soir au jeudi soir. Du fait de la célébration de l'hymne Acathiste à la Mère de Dieu, il est cependant courant dans nombre de paroisses de célébrer plutôt les Complies que les Grandes Complies.
d. Le lundi soir et le mardi soir pendant la Semaine Sainte.



Psaume 4
1. Pour la fin. Hymne. Psaume de David.
2. Quand je T’ai invoqué, Tu m’as exaucé,
Dieu de ma justice !
Dans la tribulation, Tu as mis au large mon âme,
aie pitié de moi, exauce ma prière.
3. Fils des hommes, jusques à quand ces coeurs appesantis ?
Pourquoi aimez-vous la vanité,
et recherchez-vous le mensonge ?
4. Sachez que le Seigneur a rendu Son Saint admirable ;
le Seigneur m’exaucera quand je crierai vers Lui.
5. Irritez-vous, mais ne péchez pas ;
repassez sur votre couche les pensées de votre coeur, avec componction.
6. Sacrifiez un sacrifice de justice,
et espérez dans le Seigneur.
7. Beaucoup disent : "Qui nous fera voir ce qui fait le bonheur?"
La lumière de Ta face nous a marqués de son empreinte, Seigneur ;
Tu as mis la joie dans mon coeur.
8. A cause de l’abondance de leur blé, de leur vin et de leur huile,
ils sont devenus multitude.
9. En paix, rassemblé dans l’unité,
je m’endormirai et m’abandonnerai au sommeil,
car Toi, Seigneur, Tu m’as établi, en solitude,
dans l’espérance.


"Les Psaumes, Prière de L'Église"
Psautier des LXX, traduction archimandrite Placide (Deseille)
éditions Tinos, Athènes, 1999



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04 janvier 2009

Comment devenir moine aujourd'hui en Occident? (p. Schmemann)

[note de traduction : ci-dessous, le p. Alexandre parle bien entendu de la vie monastique pour des pays sans aucune tradition de Foi. Il habitait en Amérique du Nord, Continent où la Foi avait été prêchée dès le 6ème siècle mais qui avait perdu la Foi 5 siècles plus tard et ne parvenait pas à la retrouver en dehors de communautés ethniques d'Orthodoxie orientale; ceci expliquant cela. Je pense donc qu'il ne vise pas le Mont Athos ou la Serbie ou tout autre lieu où la vie monastique est naturelle, où les apparences et le vécu ne font qu'un. Car le problème en Occident, c'est la confusion radicale entre apparences et aboutissement..]

"La Règle Hypothétique ou comment devenir moine aujourd'hui?"
par le protopresbytre Alexandre Schmemann


Mardi 20 janvier 1981

Hier, c'était un jour de complet suspense au sujet de l'épilogue des otages en Iran. Sont-ils ou seront-ils libérés avant l'investiture de Reagan?

Deux moniales ont quitté le couvent A (qui avait 8 moniales), sont parties pour le couvent B, et de là reparties pour créer le couvent C. Et ainsi, au fur et à mesure, un peu partout, des "sketes de la Transfiguration", et, bien vite, ils se retrouvent tous avec une seule moniale. Il y aura autant de Skete qu'il n'y a de moniales!

De plus en plus, il me semble que le renouveau du monachisme, dont chacun parle de manière si enthousiaste - ou au moins la tentative de renouveau - ne pourra se faire qu'en liquidant au préalable toute l'institution monastique elle-même, c'est-à-dire tout ce vaudeville de "klobouks", coules, tout cet apparat, etc. Si j'étais un "staretz" - un ancien - à un candidat à la vie monastique, je dirais à peu près ceci :

* trouves-toi un boulot, le plus simple possible, sans créativité (par exemple, guichetier dans une banque);

* pendant que tu travailles, prie et cherche la paix intérieure; ne te fâche pas; ne pense pas à toi (droits, justice, etc). Accepte tout le monde (collègues, clients) comme quelqu'un qui t'es envoyé; prie pour eux.

* après avoir payé pour un logement et une nourriture modestes, donne le reste de ton argent aux pauvres; pas à des institutions, mais directement aux concernés;

* va toujours à la même église, et là tente d'être un véritable assistant, aide non pas avec des sermons sur la vie spirituelle ou les icônes, non pas en enseignant, mais avec la "loque à poussière" (cf. Saint Séraphim de Sarov). Limite-toi à cette sorte de service et soit - en matière ecclésiale - totalement obéissant au prêtre de paroisse;

* ne t'impose ni toi ni ton service auprès de personne; ne t'afflige pas si tes talents ne sont pas utilisés; sois serviable; sert partout où on en a besoin et non pas là où tu penses que l'on a besoin de toi;

* lis et apprend autant que tu peux; ne lit pas uniquement de la littérature monastique, mais explore largement (ce point aurait besoin d'être définit plus précisément);

* si des amis et des connaissances t'invitent parce qu'ils te sont proches, vas-y; mais pas trop souvent, ni sans raison. Ne reste jamais plus d'une heure et demi à deux heures. Après, l'atmosphère amicale dégénérera;

* habille-toi comme tout le monde, mais modestement, et sans signe visible d'une vie spirituelle particulière;

* sois toujours simple, radieux, joyeux. Ne donne pas de leçon. Évite comme la peste toutes les conversations "spirituelles" et toute conversation religieuse ou vaine causerie ecclésiale. Si tu agis de la sorte, tout te sera profitable;

* ne recherche pas un guide spirituel ou un ancien. S'il est nécessaire, Dieu te l'enverra, et te l'enverra quand il sera nécessaire;

* ayant travaillé et servit de la sorte 10 ans durant - pas moins - demande à Dieu si tu dois continuer dans ce chemin, ou si un changement est requis. Et attend pour la réponse : elle viendra; les signes seront "joie et paix du Saint Esprit."

Extrait de "The Journals of Father Alexander Schmemann 1973-1983", publié par St. Vladimir Seminary Press, Crestwood, NY.

http://www.amazon.com/Journals-Father-Alexander-Schmemann-1973-1983/dp/0881412007

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