"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

31 janvier 2009

La Panagia de Jérusalem, vénérée par le p. Païssios l'Athonite


grâce à notre ami organisateur Roland, lors du pèlerinage au Mont Athos d'octobre 2008, j'ai eu le privilège et l'immense bonheur de pouvoir visiter la cellule du p. Païssios. Et mieux encore, vénérer le lainage qu'il portait, voir les Icônes qu'il avait accrochées près de sa place dans la chapelle (dont celle son amie céleste, sainte Euphémie), et... la "Ierosolymitissa," cette Icône de la Mère de Dieu "de Jérusalem," qu'il vénérait particulièrement et avait rajoutée à l'iconostase. Et surprise lors du dernier endroit visité le dernier jour du voyage, à Thessaloniki, la basilique Agios Dimitrios : à l'entrée à droite, c'est cette même Icône majestueuse qui acceuille le fidèle et le pèlerin.

Panagia Ierosolymitissa
Παναγία Ιεροσολυμίτισσα

http://orthodoxwiki.org/Panagia_Ierosolymitissa


La Panagia Ierosolymitissa (grec Ιεροσολυμίτισσα – très sainte Mère de Dieu de Jérusalem) est une Icône très populaire de la Théotokos, car elle est exposée au dessus de la tombe vide de la Mère de Dieu à son sépulcre, à Gethsemani, bénissant les innombrables pèlerins qui visitent la Terre Sainte de Jérusalem. La tombe sous-terraine de la Vierge Marie se trouve dans la vallée du Cédron, au pied du Mont des Oliviers, où le Sauveur pria si souvent avec Ses disciples. Elle est attribuée à la Théotokos puisqu'on croit que les Apôtres se sont rassemblés en ce lieu et y ont enterré le tout pur corps de la Mère de Dieu. Son Icône demeure ici comme une infinie source de bénédictions pour tous les Chrétiens, célébrée (ou vénérée) sous le nom de "Panagia Ierosolimitissa."

L'église
Depuis 1757, l'entièreté du site appartient au patriarcat de Jérusalem. Il est partagé avec l'église arménienne et diverses autres communautés ecclésiales ont des droits mineurs sur le site, comme l'église copte, l'église syriaque et d'autres. Des sources extérieures à l'Église mettent en doute l'authenticité du site.

Histoire de l'Icône
D'après la sainte Tradition, cette Icône miraculeuse fut peinte suite à la révélation de la sainte Théotokos à une moniale appelée Tatiana, du saint monastère de sainte Marie Madeleine, vers 1870. Voici comment cela nous a été rapporté :
En 1870 vivait là une moniale iconographe appelée Tatiana. Une nuit, une femme lui apparût en songe, lui disant, "soeur Tatiana, je viens pour que tu puisses me peindre." Tatiana répondit "qu'il en soit ainsi, bienheureuse soeur; cependant, je ne suis qu'une iconographe, pas une peintre." La femme répondit : "fort bien, tu devrais me représenter en faisant appel à ton style iconographique." Soeur Tatiana fut fâchée de l'audace de la réponse de la femme et dit "je n'ai pas de planche de bois pour ça."
Obéissant cependant à sa mystérieuse visiteuse, la soeur commença son iconographie. Soeur Tatiana jeta un coup d'oeil vers sa visiteuse et elle la vit être transfigurée devant elle. Le manteau devint doré et sa face brillait intensément. Ce changement dans l'apparence de la femme fit peur à Tatiana, mais la femme lui dit : "Ô bienheureuse Tatiana, tu es la seule personne, après les Apôtres et l'Évangéliste Luc, qui a cette opportunité de peindre à nouveau une Icône de moi." Soeur Tatiana réalisa alors qu'elle était en présence de notre très sainte Mère la Théotokos. Apeurée, elle se réveilla de son songe.
Elle partit aussitôt informer l'higoumèna de la vision, racontant dans le détail. La mère ne crût pas l'histoire, mais lui dit de retourner se coucher, et que le lendemain, avec sa bénédiction, elle pourrait peindre une Icône de la Panagia.
Obéissante, Tatiana retourna à sa cellule, et avant d'en pousser la porte, elle remarqua une grande lumière irradiant à travers la porte. Elle se hâta de retourner chez l'higoumèna, de la ramener à sa cellule afin qu'elle constate elle aussi et comprenne qu'il n'y avait pas invention. Elles revinrent donc ensemble à la cellule de Tatiana. A l'intérieur, elles sentirent un merveilleux parfum, tout céleste, et la lumière était si forte que ce n'est qu'alors qu'elles réalisèrent que parfum et lumière provenaient d'une Icône de la Vierge Marie.
Cette apparition mystérieuse et miraculeuse de l'Icône choqua les soeurs, mais notre sainte Mère la Théotokos apparu à nouveau à Tatiana et lui dit : "A présent, ramène-moi à ma maison à Getsemani, près de Jérusalem." C'est ce que l'abatissa et la soeur firent ensuite.
En iconographie, on appelle ce phénomène "acheiropoeito", en grec "une image non-peinte de main humaine," et elle se trouve à présent exactement là où la Panagia voulait qu'elle soit, dans sa "maison," le lieu de son repos final près de sa sainte tombe à Getsémani. Le nom "Ierosolymitissa" a été adopté depuis lors, car signifiant "très sainte Mère de Jérusalem," et cette Icône est particulièrement miraculeuse.
En janvier 2000, l'Icône fut envoyée par avion de Getsémani jusqu'à la région métropolitaine de Kitiou, afin de célébrer les 2000 ans depuis la Nativité du Christ. Cette procession officielle a eu lieu l'après-midi à l'église métropolitaine de Sotiros.

Pâques de la Théotokos
En l'honneur de la "Pâques de la Théotokos" (un autre nom pour la Dormition), une ancienne tradition est préservée à Jérusalem, répétant la procession de la croix avec le linceul de la Théotokos, qui porte une Icône à double-face et un couvercle d'argent. Ce linceul est conservé tout au long de l'année à Getsémani, juste en face de l'église de la Résurrection du Christ. Et ce n'est que pendant la période de la Dormition que ce linceul miraculeux est placé sous un baldaquin spécial au Sépulcre de la Mère de Dieu. Les fidèles le vénèrent en passant à genoux sous le baldaquin.

Canonisation du p. Seraphim (Rose): un appel fort

http://02varvara.wordpress.com/2008/07/01/a-modest-proposal-for-metropolitan-hilarion/

Le bienheureux ancien Seraphim (Rose) de Platina (1934-82), un ancien reconnu de l'Amérique du 20ème siècle

Nous avons tous entendu parler du fait que le monastère de saint Germain d'Alaska à Platina (Californie) et le skete Sainte Xenia à Wildwood (Californie) ont échappé à un gros désastre durant les récents incendies de forêt à leur proximité. Je voudrais dire ceci au métropolite Hilarion [EORHF]

"Monseigneur, les monastères ont été épargnés par l'intercession du bienheureux ancien Seraphim Rose, un miracle remarqué par tout le monde. Vu que le bienheureux Seraphim est largement vénéré à la fois en Amérique et partout dans le monde orthodoxe, et qu'il est mort en communion avec l'EORHF, ne voudriez-vous pas communiquer son nom à sa sainteté [le patriarche de Moscou] afin de considérer la glorification universelle? Ce serait un geste qui serait salué du Mont Athos jusqu'à New York en passant par Moscou. Saint Jean Maximovitch a été glorifié 28 ans après son décès, et cela fait déjà 26 ans que le bienheureux Seraphim s'est endormi. Qu'en pensez-vous, monseigneur?"

Ce n'est que mon opinion personnelle, ce n'est pas l'opinion de quelque personnalité officielle, mais j'ose affirmer que la plupart des fidèles Orthodoxes, où qu'ils se trouvent, approuveraient.

Il est temps.
Vara Drezhlo

mardi 1er juillet 2008
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Canonicité de l'EORHF vue par le Mont Athos en 1991


L'Ancien Ephrem, à propos de l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières (EORHF)
http://www.orthodoxinfo.com/ecumenism/ephraim_roca.aspx
Dans une série d'événements étranges qui ont eu lieu l'an dernier [1991], l'higoumène du monastère Philotheou sur le mont Athos, l'archimandrite Ephrem, a quitté la juridiction du patriarcat de Constantinople, rejoint l'EORHF, et pour finir est retourné à la juridiction de Constantinople. Bien qu'il existe divers comptes-rendus contradictoires sur ses raisons d'agir de la sorte, et bien que ses actions ont perturbé et déçu nombre de gens, le séjour du p. Ephrem dans l'EORHF nous a laissé une très intéressante déclaration à propos de cette Église-là. Forcé de répondre à des voix polémiques et hostiles venant des nouveaux calendristes grecs lorsqu'il rejoignit l'EORHF, le p. Ephrem rédigea une brève notice sur la validité de cette Église. Puisque les évêques de l'EORHF ont consacré des évêques pour nous, vieux calendristes, lorsque notre dernier hiérarque en Grèce s'est endormit éternellement, ses commentaires sur la validité de l'EORHF sont d'importance spéciale pour nous – et même plus encore, puisqu'ils proviennent d'un membre du patriarcat de Constantinople qui fut forcé par des circonstances inhabituelles de parler objectivement et en vérité à propos de l'EORHF. Une telle objectivité et une telle vérité sont en effet suffisamment rares parmi les modernistes, qui se sont tant compromis par intérêt politique et pour répondre aux exigences du mouvement oecuménique. Nous avons traduit les commentaires du p. Ephrem du texte original grec, qui a été distribué l'an dernier aux USA par le p. Ephrem lui-même.

Mon point de vue sur l'Église Orthodoxe Russe Hors Frontières

Succession apostolique
La succession apostolique des évêques de l'EORHF ne serait être mise en doute, puisque tous ses actuels évêques tiennent leur consécration canonique des évêques d'avant l'ère révolutionnaire et de leurs successeurs.

Canonicité
La canonicité – à savoir la conformité intégrale d'une Église locale aux saints Canons dans sa constitution et son fonctionnement administratif – est matière rare dans presque tous les patriarcats et Églises autocéphales d'aujourd'hui. Le système synodal a été sérieusement affaibli par diverses intrusions de l'intérieur comme de l'extérieur, et on voit partout apparaître une tendance au despotisme chez les principaux hiérarques ou synodes locaux. Si nous devions commencer avec un examen approfondi des empêchements canoniques à la prêtrise et ainsi de suite, je ne crois pas que nous aurions des occasions de trouver la canonicité absolue où que ce soit. Je ne peux que dire que l'EORHF constitue une exception à cela, du fait de son attachement strict aux saints Canons et à sa liberté par rapport aux liens avec toutes les puissances humaines. En réponse aux allégations que nombreux ont émises contre l'apparent statut non-canonique de cette Église en tant que corps ecclésial autonome, on peut faire les observations suivantes :

Le patriarche Tikhon, prévoyant un avenir sombre pour l'Église de Russie, a écrit un décret pour les évêques se trouvant hors de Russie soviétique, leur accordant le droit d'organiser des synodes autonomes. Malgré cela, les hiérarques russes exilés, ayant vécu dans une atmosphère de suprême loyauté envers la loi et l'obéissance sous le Tsar, insistèrent au cours de leurs premières années d'exil pour maintenir le contact avec leur base (patriarche Tikhon et ses successeurs), et cherchèrent à obtenir leur approbation au moins pour leurs décisions les plus capitales- bien que ceci était très difficile sous les circonstances de l'époque (persécutions, bannissement, etc). Cette communion fut abruptement rompue par la capitulation du locum tenens et par la suite patriarche Tikhon (Stragorodsky)* dans son infamante déclaration – quelque chose de totalement inacceptable pour les évêques en exil – assurant la pleine soumission de l'Église au régime athée, et ordonnant aux fidèles de faire preuve d'obéissance et de prier pour les autorités soviétiques. A mon avis, cette rupture de communion était justifiée par les Canons, qui ordonnent la cessation de toute commémoration du premier hiérarque d'une Église locale dans le cas où il prêche des enseignements hérétiques; et le marxisme n'étant pas seulement un système politique, mais aussi comportant une vue sécularisée du monde, est en effet une hérésie.

Les actuels évêques de l'EORHF, du fait de leur isolement par rapport aux autres Églises Orthodoxes, se soumettent avec une authentique révérence spirituelle à ces événements, directives, contacts, etc, ce qui démontre le légitime et canonique fondement de leur corps ecclésial.

L'argument le plus fort soutenant la canonicité de l'EORHF, un sur lequel on n'insiste jamais assez dans ce problème, c'est qu'au départ, le patriarcat de Constantinople et les autres Églises locales ont maintenu des bonnes relations avec le Synode en exil, qui comportait en son sein, et il est important de le faire remarquer, "l'élite" des hiérarques et théologiens russes. Des hommes de la stature du métropolite Antoine (Khrapovitsky) de Kiev, qui a laissé une durable impression avec ses mémorables homélies prêchées à la cathédrale d'Athènes et à qui n'équivaudront pas le moindre de nos propres hiérarques [Grecs néo-calendristes], suscitait le respect et la reconnaissance de facto de la part de tous.

La position du patriarcat de Constantinople au sujet de l'EORHF a changé radicalement après la première conférence pan-orthodoxe en 1923, lorsque le premier hiérarque de l'EORHF à l'époque, le métropolite Anastassy (**), s'est fait remarquer comme personnalité de premier plan par sa résistance aux innovations du franc-maçon avéré (le patriarche) Meletios Metaxakis. [1] Les choses s'améliorèrent quelque peu sous les successeurs de Metaxakis, jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale et la rupture complète des relations, lorsque les forces politiques soviétiques commencèrent, par différents moyens, à exhorter toutes les Églises Orthodoxes à cesser la communion avec l'EORHF et à ne reconnaître que le patriarche de Moscou, qui était sous contrôle intégral des forces politiques soviétiques, et que ces forces utilisaient pour parvenir à leurs propres fins. Le patriarche de Moscou prit l'isolement de l'EORHF comme une opportunité pour établir des relations avec les autres patriarcats et Églises autocéphales : "Soit eux soit nous." C'est donc pour des raisons politiques et d'intérêt personnel, mais aussi pour des raisons idéologiques, comme nous l'avons vu, que le Phanar a coupé toute relation officielle avec le Synode en exil et, l'imitant, la plupart des autres Églises locales l'ont aussi fait, à l'exception des Églises de Jérusalem et de Serbie [2], qui ont maintenu des relations semi-officielles avec l'EORHF jusqu'à nos jours.

L'isolement de l'EORHF des autres Églises locales – bien qu'il ne soit pas un isolement complet (saint Justin Popovic et ses disciples et l'actuel patriarche de Serbie ont toujours été favorables à l'EORHF) – ne peut en aucune manière être prit pour une preuve de doute quant à la canonicité de cette Église locale, d'autant qu'on peut retrouver quantité d'exemples similaires dans l'Histoire de l'Église.

* Il veut bien entendu parler du patriarche Serge.

** Autre petite erreur, le métropolite n'était pas encore à l'époque le premier hiérarque des évêques exilés.

From Orthodox Tradition, VOL. IX, NO. 1, pp. 17-18




[1] Si vous ignoriez le détail, pour lequel nombre de preuves formelles existent, vous n'aurez alors pas manqué de sursauter en lisant "franc-maçon et patriarche." Hé oui. Cependant, le second qualificatif n'est que pour l'apparence, l'excommunication étant de facto. Réponse de la revue de l'archidiocèse grec-orthodoxe antiochien aux USA, diocèse dirigé par le très fidèlement Orthodoxe et pieux métropolite Philip, colonne de la Tradition et bête noire de tous les modernistes :

La Franc-maçonnerie dans l'Église
http://1word.tripod.com/

"THE WORD", 24 juin 1986

DIALOGUE

QUESTION: Cette question concerne la pratique de la franc-maçonnerie (francs-maçons, Shrine, Blue Lodge, Eastern Star, DeMolay, job's Daughters, etc.) chez les Chrétiens Orthodoxes. Il m'a été fait remarquer que la franc-maçonnerie était contraire aux Canons de l'Église Orthodoxe et est incompatible avec les enseignements de l'Église.

RÉPONSE: Tous les membres de la sainte Église Orthodoxe doivent adhérer à ses doctrines, croyances et pratiques, et doivent vivre en conformité (avec l'enseignement ecclésial). Parmi ces points de foi fondamentaux nous avons : (1) nous croyons dans un Dieu trinitaire, révélé à l'humanité comme étant le Père Créateur, le Fils de Dieu Jésus-Christ, et le Saint Esprit de Dieu, tous les Trois étant unis en une essence et indivis. L'Orthodoxie enseigne que Dieu le Père est le Créateur de toutes choses visibles et invisibles. L'Orthodoxie enseigne aussi au sujet de l'Incarnation du Fils de Dieu, en la mort et la Résurrection duquel l'humanité est appelée à un nouveau niveau d'existence, à accomplir une fraternité entière, et à être incorporé dans une famille spirituelle, qui est réalisée dans l'Église, au Nom de Jésus, et par les dons et la puissance du Saint Esprit.
(..) Cette distinction pourrait clarifier notre vision du problème et nous aiderait à mieux évaluer la franc-maçonnerie, non pas comme nous voudrions qu'elle soit, mais comme elle est réellement. Bien des fois, nous avons entendu des déclarations telles que "les franc-maçons sont les réformateurs de la société;" ou que "pour la franc-maçonnerie, le Christianisme est une simple structure sociale;" ou que "les franc-maçons nient la divinité de Jésus," ou que pour eux, "le Christ est simplement un sage, semblable aux sages de l'antiquité tels que Platon, Socrate ou Pythagore."
Tout au long de son histoire, l'Église Orthodoxe a rejeté avec véhémence et anathémisé toutes les tentatives de rendre le Christ inférieur à Dieu le Père, ou de Le réduire à n'être qu'une créature, adoptée par Dieu pour une mission précise. Si un Orthodoxe franc-maçon voit en Christ rien de plus qu'un "sage", alors sa foi est remise en question, et il faut aussi remettre en question son appartenance à l'Église. D'un autre côté, le fidèle Orthodoxe doit être d'un esprit ouvert, et prêt à apprendre toujours plus sur tout, y compris la franc-maçonnerie, sans pour autant compromettre sa Foi Chrétienne, son allégeance au Christ.(..)

[2] Jérusalem, Serbie, mais aussi le patriarcat du Mont-Sinaï, qui bien que numériquement faible, représente une des plus anciennes Églises locales avec tradition ininterrompue, une force spirituelle immense, une autorité morale authentique.


Icône de la Mère de Dieu "pour le Christ et avec la croix des martyrs" (Zelenograd ikon)

30 janvier 2009

Comme une goutte de poison dans l'eau pure, un brin d'hérésie tue la Foi (Pasteur, d'Hermas)


Le Pasteur
http://www.orthodoxievco.fr/ecrits/peres/apo/pasteur.htm
Selon les catalogues & écrits des Chrétiens de la Rome Orthodoxe, Hermas était le frère aîné du presbytre saint Pie I, au milieu du 2ème siècle.

33.5. "Si tu prends une toute petite goutte d'absinthe et que tu la verses dans un pot de miel, n'est-il pas vrai que tout le miel est perdu, que tant de miel est gâté par si peu d'absinthe, qu'elle corrompt la douceur du miel qui n'a plus le même charme pour le maître, puisqu'il est devenu amer et a perdu son utilité ? Mais si on ne jette pas d'absinthe dans le miel, on le trouve doux et le maître peut l'utiliser."

La Foi Orthodoxe est le miel de la conscience. Un soupçon d'hérésie, un brin de collusion par amitié mal comprise et non-éclairée avec des gens de religions du monde (y compris s'affirmant "chrétiennes"), et voilà cette Foi empoisonnée.. Le Christ n'a pas été sur la Croix pour ça.

Hermas éclaircit d'ailleurs cela très nettement :

40.4. - "Écoute, dit-il Ceux qui n'ont jamais fait de recherche au sujet de la vérité, de la divinité, qui se sont bornés à croire, enfoncés dans les affaires, la richesse, les amitiés païennes et dans de nombreuses autres occupations de ce monde, tous ceux qui ne vivent que pour cela ne peuvent comprendre les paraboles concernant la divinité. Ces divertissements les obscurcissent, les perdent, et ils se dessèchent."

Il suffit donc de ne pas se laisser aller au doute, de rester fermement ancré dans la Foi de l'Église, de ne pas se laisser tenter par les idées de ce monde, les idées "généreuses" et "sympathiques" de fausses amitiés. Car tout cela ne vient que du diable, pour faire chuter loin de Dieu. C'est l'oeuvre du diable, que de tenter de faire tomber les fidèles Chrétiens, nous rappelle Hermas

48.1 [..] "le diable est dur et il domine les hommes.
2. - Il ne peut, dit-il, dominer les serviteurs de Dieu, si du fond du coeur, ils espèrent en lui. Le diable a le pouvoir de lutter, il n'a pas celui de triompher. Si donc vous lui opposez de la résistance, vaincu il vous fuira tout honteux. Mais tous ceux qui sont vides, dit-il, craignent le diable comme s'il avait du pouvoir.
3. Un homme a rempli de bon vin tout un assortiment d'amphores et parmi ces amphores, quelques-unes ne sont pas tour à fait pleines. S'il vient voir ses amphores, il ne s'occupe pas des pleines, car il sait qu'elles sont pleines. Il s'occupe de celles qui ne le sont pas, car il craint qu'elles ne s'aigrissent - les amphores non remplies s'aigrissent vite et le vin perd son agrément. 4. De même, le diable : il vient éprouver tous les serviteurs de Dieu (1 P 5,8). Tous ceux qui sont entiers dans leur foi lui résistent énergiquement et lui, faute de trouver l'endroit par où entrer en eux, les quitte. Il va alors vers ceux qui ne sont pas bien remplis (de la foi), il trouve de la place et entre en eux : il fait en eux ce qu'il veut; ils deviennent pour lui des esclaves."

29 janvier 2009

2 poèmes d'hiver d'Alexandre Sergueïevitch Pouchkine (& biographie par Henri Troyat)




Route d'hiver
http://members.tripod.com/~halonine/1824-26.htm


La lune traverse au milieu des ténèbres,
Fantôme accompagnant la nuit,
Répandant sur les mélancoliques clairières
Une lumière glacée.

Elle galope la troïka, avec son monotone
Grelot de traîneau, au son métallique
Je suis épuisé devant cette neige lugubre,
Affamé, gelé jusqu'à l'os.

Cocher tout de simple vêtu,
Chantant tout en claquant le fouet;
Une fois quelques bribes d'une triste passion,
Une autre fois une chanson à boire.

Pas une lumière ne brille, pas une seule
Sombre cabane isolée... Neige et silence...
Seules filent le long de la troïka
Les bornes du chemin, nues et bigarrées.

Lugubre, monotone.. Mais rentrant
A la maison! Et demain, à côté
Des agréables étincelles de la flambée
De bûches de sapin, je te regarderai:

Rêve, et laisse planer ton regard, Nina,
Pour tout un tour de l'horloge;
Minuit ne viendra pas entre nous,
Quand nous aurons doucement tourné le verrou

A nos visiteurs... Assoupi peut-être,
Il s'efface, le cocher, le chant se perd;
Monotone, répétitif, tinte le grelot;
Nina, les nuages effacent la lune.


Alexandre Sergueïevitch Pouchkine (Александр Сергеевич Пушкин)

Poète, dramaturge et romancier russe né à Moscou le 6 juin 1799 (26 mai 1799 selon le calendrier julien) et mort à Saint-Pétersbourg le 10 février 1837 (29 janvier 1837 calendrier julien). Il est l'arrière petit-fils du prince camerounais Abraham Hanibal.





Fondation internationale Pouchkine
http://www.pouchkine.org/



SOIR D' HIVER
http://www.philagora.net/pole-int/hiver.htm
Ciel de brume ; la tempête
Tourbillonne en flocons blancs,
Vient hurler comme une bête,
Ou gémit comme un enfant,
Et soufflant soudain pénètre
Dans le vieux chaume avec bruit,
Elle frappe à la fenêtre,
Voyageur pris par la nuit.

La chaumière est triste et sombre,
Chère vieille, qu'as-tu donc
A rester dans la pénombre,
Sans plus dire ta chanson ?
C'est la bise qui résonne
Et, hurlant, t'abasourdit ?
Ou la ronde monotone
Du fuseau qui t'assoupit ?

Mais buvons, compagne chère
D'une enfance de malheur !
Noyons tout chagrin ! qu'un verre
Mette de la joie au cœur !
Chante comme l'hirondelle,
Doucement vivait au loin ;
Chante-moi comme la belle
Puisait l'eau chaque matin.

Ciel de brume ; la tempête
Tourbillonne en flocons blancs,
Vient hurler comme une bête
Ou gémit comme un enfant.
Mais buvons, compagne chère
D'une enfance de malheur !
Noyons tout chagrin ! qu'un verre
Mette de la joie au cœur !


Pouchkine, 1825










S.Teplov. "A. Pouchkine"
Ecrine. 1999. L'émail de Rostov


Pouchkine, la Russie et sa littérature (H. Troyat)
http://www.pouchkine.org/fr/liens/websites/ws_18.html

Le cas d'Alexandre Pouchkine est unique dans l'histoire de la littérature universelle. En effet, s'il est possible d'étudier les lettres françaises, anglaises, allemandes, italiennes, espagnoles, sans se référer constamment au même écrivain pour expliquer les travaux de ceux qui lui ont succédé, il est impossible de parler des grands auteurs russes sans évoquer celui à qui ils doivent tout. Certes, il existait une littérature en Russie avant Pouchkine, mais la littérature russe proprement dite est née avec lui. Très jeune, il s'imposa à l'admiration de ses contemporains et ouvrit de tous côtés les voies où s'engouffrèrent, plus tard, les héritiers de sa pensée. Il ne se contenta pas d'être le plus pur poète lyrique de son siècle. Le théâtre russe était encore bien pauvre : il lui donna "Boris Godounov" et les "quatre petites tragédies" qu'il négligea de développer. Il s'attaqua à l'histoire russe avec son étude sur "L'Émeute de Pougatchev". Il inaugura le roman historique russe avec "La Fille du Capitaine", le roman fantastique russe avec "La Dame de Pique", la poésie populaire russe avec ses contes en vers du "Tsar Saltan" et du "Coq d'or".

Regardez-le, il est partout à la fois. Et nulle part il ne s'attarde. Quelqu'un l'attend derrière la porte. "Nous sommes tous sortis du Manteau de Gogol", disait Dostoïevski. Mais "Le Manteau" de Gogol n'est-il pas issu du "Maître de Poste" de Pouchkine, et n'est-ce pas Pouchkine qui a livré à son jeune confrère les sujets des "Âmes mortes" et du "Révizor"? Lermontov n'a-t-il pas découvert sa route en commençant par imiter Pouchkine? Tourgueniev ne s'est-il pas inspiré de la Tatiana d'"Eugène Onéguine" pour décrire la jeune fille russe idéale dans ses propres romans? "La Guerre et la Paix" de Tolstoï n'est-elle pas une orchestration somptueuse des thèmes esquissés dans "La Fille du Capitaine"? Et le "réalisme hallucinant" de Dostoïevski ne se trouve-t-il pas déjà en puissance dans "La Dame de Pique"? Il n'est pas absurde de prétendre que tel ou tel écrivain français ne doit rien à Racine, ou à Flaubert, ou à Stendhal, mais tout écrivain russe est, plus ou moins, l'émule de Pouchkine.

Pourtant, cet homme pressé d'écrire était aussi pressé de vivre. Quel chaos que son existence ! Amours fulgurantes, une femme chassant l'autre, passion du jeu, révolte contre le pouvoir impérial, exil à la campagne pour quelques vers satiriques, retour en grâce sous le règne du terrible Nicolas 1er, mariage avec une jeune beauté.., tracasseries policières, mondanités, jalousie, ragots... Un officier français, Georges d'Anthès, admis à servir dans l'armée russe, fait une cour assidue à l'épouse du poète. Des lettres anonymes incitent Pouchkine à provoquer l'impudent en duel. Et le plus grand écrivain russe de son époque tombe, à trente-sept ans, frappé à mort par la balle d'un étranger. La disparition brutale de Pouchkine a servi sa légende. Il n'a pas connu l'empâtement physique et moral, les cheveux blancs, le petit ventre, la faiblesse de la vue, les honneurs enfin. C'est en pleine santé, en pleine force qu'il s'est envolé, arraché par un coup de vent. Il y a un contraste saisissant entre ce destin de désordre et cette œuvre de mesure. S'il avait écrit comme il vivait, Pouchkine eût été un poète romantique, inégal dans son inspiration. S'il avait vécu comme il écrivait, il eût été un homme pondéré, sensible et heureux. Il n'a été ni l'un ni l'autre. Il a été Pouchkine.

Plus d'un siècle et demi après sa disparition, il demeure, pour les Russes, paradoxalement, vivant, avec ses frasques, ses illuminations, sa gouaille et son génie. Et si sa poésie perd - hélas ! - les trois-quarts de son charme dans les traductions, il mérite l'admiration unanime pour ce qui émane encore de lui à travers les écrans trompeurs des langues étrangères. Quand on examine la vie de Pouchkine, on peut y déceler un roman d'amour entre lui et l'Europe. D'un poète russe, les Français exigent des vertus russes. Ils escomptent un dépaysement physique et moral de ce pèlerinage vers le Nord. Ils se délectent à la pensée des violences que ce voyage intellectuel fera subir à leur tempérament. Or, il n'y a rien de slave chez Pouchkine, à première vue. Il n'est ni mystique, ni prophétique, ni révolutionnaire, ni confus, ni profond. Son univers est rationnel. Son lyrisme est humain. Ses ambitions sont courtes. Quoi de plus décevant pour des Français amateurs de couleur locale? Pour la plupart des Français, Pouchkine ne sera donc pas un écrivain représentatif de son pays au même titre que Dostoïevsky, ou que Gogol. Lorsqu'ils voudront une bouffée d'air russe, ils iront la chercher entre les pages abondantes des grands romanciers du 19ème siècle, et non dans les poèmes transparents de Pouchkine. Ils se fabriqueront ainsi une Russie à leur usage, pleine de tripots, de prisons, de taudis, habitée par des ivrognes et des épileptiques, et saupoudrée de neiges éternelles. Or, les Russes, eux, savourent en connaisseurs tout ce qu'il y a de russe dans les vers de Pouchkine, et que les étrangers ne peuvent pas encore découvrir

L'œuvre de Pouchkine demeure pour ses compatriotes, malgré les années, les modes qui changent, les régimes qui passent, comme l'orchestration magistrale de leurs plus chers souvenirs. Ils y retrouvent l'image éternelle de leur pays, la ligne simple de son horizon, et ses longues routes qui mènent au bout du monde, et la fuite des traîneaux dans la neige imbibée de lune, et le tremblement du soleil à travers les tilleuls des parcs provinciaux, et le parfum du thé, et le rire des jeunes filles. Ils y retrouvent aussi l'âme véritable de la nation, qui n'est pas désenchantée et morbide comme trop d'étrangers ont tendance à le croire après la lecture des grands romanciers russes, mais prodigieusement gaie, naïve et saine. La pensée de Pouchkine, contrairement à celle de Dostoïevsky, de Tchékov, de Gogol, de Tourgueniev, est tonifiante. Sa conception de l'existence rappelle les maîtres de la Renaissance. Son amour de la vie donne envie de vivre. Pouchkine aimait la vie, avec fureur, avec imprudence. C'est d'aimer trop la vie qu'il est mort si tôt.

"La Russie sans Pouchkine, - écrivait Gogol, - comme c'est étrange!" Et l'Europe sans Pouchkine? Sur le plan russe, Pouchkine est le premier grand poète européen qui établit dans son pays les thèmes de la littérature universelle. Sur le plan européen, Pouchkine est le premier grand poète russe qui éclaire et symbolise son pays. A ce titre, tout devrait être tenté pour le rendre accessible au public étranger. Sa place est aux côtés de Dante, de Cervantes, de Shakespeare, de Racine, de Corneille, de Schiller, de Gœthe, de Byron. Gogol, Tourgueniev, Tolstoï, Dostoïevsky, Tchékov, ont conquis la France. Les plus russes des auteurs russes ont franchi la ligne de démarcation et rayonnent sur les pays voisins. Seul Pouchkine demeure prisonnier de sa langue. Viendra-t-il un poète français capable d'aider ce poète russe à franchir la frontière? Viendra-t-il un poète français capable d'offrir Pouchkine à la France?
Henri Troyat
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28 janvier 2009

Église & contraception (Patristique, OCA & Antioche)

Église et contraception
http://southern-orthodoxy.blogspot.com/2009/01/church-post-contraception.html



Voici un extrait du dernier numéro de "TOUCHSTONE magazine" (une excellente revue):

Par une résolution adoptée lors de sa Conférence de Lambeth en 1930, l'église Anglicane devint le premier groupe chrétien à approuver officiellement l'usage de contraceptifs. Dans un éditorial publié le 22 mars 1931, le Washington Post réagit ainsi :


"Il est impossible de réconcilier la doctrine de l'institution divine du mariage avec quelque plan moderniste que ce soit pour une régulation mécanique ou une suppression de la naissance humaine. L'Église doit soit rejeter l'intégralité des enseignements de la Bible, ou alors rejeter les plans pour la production "scientifique" d'âmes humaines. Si on le pousse jusqu'à sa conclusion logique, ce rapport de la Conférence, si on le laisse porter ses effets, il sonnera le glas du mariage en tant qu'institution sacrée, en instaurant des pratiques dégradantes qui encouragerons une immoralité sans bornes. La suggestion que l'usage de contraceptifs légalisés serait "prudent et limité" est grotesque."

* * *


C'était il y a moins de 80 ans. Mon Dieu, nous en avons fait du chemin depuis, ou plutôt, nous avons coulé bien profondément..
prêtre Joseph Huneycutt, patriarcat grec-orthodoxe d'Antioche, Houston, TX, USA



http://www.haloscan.com/comments/huneycutt/1258410396555177781/
Merci père pour avoir posté ceci. Je crois que bien trop d'Orthodoxes sont cavaliers dans leurs attitudes et idées à propos de la contraception. Beaucoup trop pensent "oh, c'est le pape de Rome qui a déclaré qu'on ne pouvait pas faire ça, et nous ne sommes PAS catholiques-romains." Même nos théologiens ont des attitudes très "mesurées" vis-à-vis de la contraception. Cette question n'est sûrement pas un dogme dans l'Église Orthodoxe, mais le conseil classique et général, c'est que dans un couple Orthodoxe, l'époux et son épouse ne devrait utiliser la contraception qu'avec la bénédiction de leur père spirituel.
Je ne suis pas certain que tout cela rend justice à la question. Pour moi, l'Orthodoxie, c'est fondamentalement à propos de plénitude, et de rassembler et réparer ce qui a été déchiré par le péché. Si c'est bien cela, alors comment pourrions-nous – Orthodoxes – déchirer une union sacramentelle, une alliance sainte, le plaisir de notre vie intime, et le fruit naturel de ces choses que sont les enfants qui nous naissent?
père David Thatcher
(ndt : prêtre marié, père de 4 enfants)


St. Mary Magdalene Orthodox Church (OCA)
P. O. Box 3704
Merced, CA 95344-3704, USA
http://stmarymagdalenechurch.org/


Oui, on ne peut qu'être étonné, comme le p. David ci-dessus, qu'au sein de l'Église, il puisse exister des théologiens Orthodoxes (hélas majoritaires en Occident), et même des médecins "Orthodoxes" (j'en ai rencontré..), qui puissent oser dire qu'avortement et/ou contraception seraient "Orthodoxes" et ancrés dans la tradition. Le serment d'Hippocrate disait pourtant "Je ne remettrai du poison à personne, même si on m'en demande." Le médecin qui fait le contraire nage dans le serment d'hypocrite..

Un bref panel des premiers écrits Chrétiens suffit à balayer radicalement et définitivement leurs erreurs. Et à rappeler que pour le Chrétien, nulle part sur terre il ne sera jamais chez lui, car sa véritable Patrie, c'est le Ciel :

"Vous savez que vous habitez sur une terre étrangère, vous les serviteurs de Dieu. En effet, votre Cité est loin de celle-ci" (Le Pasteur, Similitude I, 50,1).

Les deux Voies
[...]
II, 1. Deuxième précepte de la doctrine :

2. "Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas d'adultère" (Ex 20,13-14; Dt 5,1 7-18; cf. Mt 19,18), tu ne séduiras pas de jeunes garçons, tu ne commettras pas de fornication, " tu ne voleras pas" (Ex 20,15; Dt 5,19; cf. Mt 19,8), tu ne t'adonneras pas à la magie, tu ne feras pas mourir par le poison, tu ne tueras point d'enfants, par avortement ou après la naissance, "Tu ne convoiteras pas les biens de ton prochain" (cf. Ex 20, 7).
[...]
V, 1. Mais la voie de la mort est celle-ci : avant tout elle est mauvaise et pleine de malédiction : "Meurtres, adultères, convoitises, débauches, vols, idolâtrie, pratiques magiques, empoisonnements, rapines, faux témoignages " (Mt 15,19; Ga 5,20), hypocrisie, duplicité du coeur, "fourberie, orgueil, méchanceté", arrogance, cupidité , propos obscènes, jalousie, insolence, faste, fanfaronnade , «absence de crainte" (cf. Rm 1,29 s; Col. 3,8).

2. Persécuteurs des hommes de bien, ennemis de la vérité, amis du mensonge, ignorants de la récompense de la justice, qui ne sont pas " attachés au bien (cf. Rm. 12,9), ni au juste jugement, en éveil non pour le bien mais pour le mal, loin de qui se tiennent la douceur et la patience, "qui aiment ce qui n'est rien" (Ps. 4,3), "sont avides de profit" (Is 1,23), qui sont sans pitié pour le pauvre et ne se mettent pas en peine de l'affligé, ne reconnaissent pas leur propre créateur, "assassins des enfants" (Sg. 12,5), meurtriers par avortement de la créature de Dieu, qui se détournent de l'indigent, accablent l'opprimé, avocats des riches, juges iniques des pauvres, pécheurs de part en part ! Puissiez-vous, mes enfants, être préservés te tous ces gens-là !
[...]


Faisant partie des écrits dits "des pères apostoliques," c'est un texte écrit dans la 2ème moitié du 1er siècle, en milieu apostolique, avant même que l'épître de saint Jude et la 2ème épître de saint Pierre ne l'aient été.
Le mot grec Διδαχη ("didakè") signifie "enseignement" ou "doctrine" en grec koinè. Le manuscrit retrouvé est intitulé : "Doctrine du Seigneur transmise aux nations par les douze apôtres."
Saint Irénée de Lyon, saint Clément d'Alexandrie, Eusèbe de Césarée et Origène y font référence.
Saint Athanase le grand en recommandait la lecture. Ignoré pendant des siècles, le texte a été retrouvé vers 1873 par le métropolite Philothée (Bryennios) de Nicomédie, dans un manuscrit grec conservé à présent dans la Bibliothèque du Patriarcat de Jérusalem contenant aussi le texte complet de "l'épître de Barnabé" et 2 épîtres de saint Clément d'Alexandrie. Le manuscrit a été copié à Jérusalem en 1056, par "Léon, scribe et pécheur." La formulation des "logia" (paroles du Christ) qu'elle utilise semble être plus ancienne encore que celle des versions évangéliques. Les prescriptions disciplinaires témoignent d'une époque où vivaient les Apôtres et où existaient des prophètes itinérants.


épître de Barnabé
(1ère moitié du 2ème siècle, milieux syro-palestiniens)
http://www.orthodoxievco.fr/ecrits/peres/apo/barnabe.htm
[..]
XX, 1. La voie du "ténébreux " est au contraire tortueuse, et pleine de malédictions. C'est le chemin de la mort éternelle et du châtiment. On y rencontre tout ce qui perd les âmes : l'idolâtrie, l'impudence, l'orgueil de la puissance, l'adultère, le meurtre, la rapine, la vanterie, la désobéissance, la ruse, la malice, l'arrogance, les drogues, la magie, la cupidité, le mépris de Dieu,

2. Les persécuteurs des justes, les ennemis de la vérité, les amis du mensonge; car tous ces gens ne connaissent pas la récompense te la justice, ils "ne s'attachent pas au bien" (Rm 12,9), ils ne secourent pas la veuve ni l'orphelin; ils sont toujours en éveil non pour craindre Dieu, mais pour faire le mal. Bien loin de la douceur et de la patience, "ils aiment les vanités" (cf. Ps 4,3), "poursuivent le gain " (Is 1,23); sans pitié pour le pauvre, sans compassion pour l'affligé, ils sont prompts à la médisance, et, ne reconnaissant pas leur Créateur, "ils tuent les enfants" (Sg 12,5), font périr par avortement des créatures de Dieu. Ils repoussent le nécessiteux, accablent l'opprimé, se font les avocats des riches, les juges iniques des pauvres. Bref, ils pèchent de toutes les manières.
[..]


Première Apologie, Saint Justin le philosophe & martyr
(Rome, + vers 165)
http://www.orthodoxievco.fr/ecrits/peres/justin/index.htm
[..]
27. Quant à nous, loin de commettre aucune impiété, aucune vexation, nous regardons comme un crime odieux l'exposition des enfants nouveau-nés;
[..]
Quand Dieu créa la nature humaine, il la fit intelligente et libre de choisir le bien et de s'y attacher, en sorte qu'à l'homme raisonnable et intelligent il ne restât aucune excuse devant la justice divine. Aussi prétendre que Dieu ne se met point en peine des choses de ce monde, c'est dire qu'il n'y a pas de Dieu, ou que, s'il y en a, il ne se plaît que dans le mal ou dans une insensibilité de pierre; c'est dire qu'il n'y a ni vice, ni vertu, et que le bien et le mal ne sont que des distinctions chimériques inventées par l'imagination humaine, ce qui est une haute impiété et une odieuse injustice.

29. Quant à l'exposition des enfants, il est un motif encore qui nous la fait abhorrer. Nous craindrions qu'ils ne fussent pas recueillis, et que notre conscience restât ainsi chargée d'un homicide. Au reste, si nous nous marions, c'est uniquement pour élever nos enfants; si nous ne nous marions pas, c'est pour vivre dans une continence perpétuelle.
[..]

Pour le grand saint philosophe d'origine samaritaine, qui défend toute la Chrétienté devant l'empereur à Rome, il est bien clair que la naissance d'enfants fait partie du fruit naturel de l'union sexuelle dans le couple Chrétien. Fruit impossible avec la contraception, cela va sans dire, car il ne devient qu'un produit que l'on choisit en fonction de ses besoins et aspirations propres, et plus un don reçu du Ciel.



L'Octavius - Marcus Minucius Félix
(début 3ème siècle - écrivain loué par Lactance & saint Jérôme)
http://www.orthodoxievco.fr/ecrits/peres/apo/max.htm
[..]
30. J'arrive maintenant au reproche qu'on nous fait d'immoler un enfant dans nos initiations. Pensez-vous que nous soyons assez cruels pour verser et pour boire le sang d'un être aussi faible et qui ne vient que de naître? une telle atrocité ne peut trouver de créance qu'auprès de ceux qui sont capables de la commettre. C'est vous qui exposez vos enfants nouveau-nés aux bêtes féroces et aux oiseaux de proie; c'est vous qui, devenant parricides avant d'être pères, les étouffez dans le sein de leur mère par des breuvages empoisonnés.[..]

L'auteur Orthodoxe romain est ici très précis, ce n'est pas seulement l'avortement post-mortem mais aussi dès le sein maternel qui est condamné.


épitre à Diognète
auteur inconnu, 2ème ou 3ème siècle
http://www.orthodoxievco.fr/ecrits/peres/apo/diognete.htm
[..]
V. 1. Car les Chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements.
[..]
6. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n'abandonnent pas leurs nouveau-nés.
7. Ils partagent tous la même table, mais non la même couche.
8. Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair.
9. Ils passent leur vie sur la terre, mais sont citoyens du ciel.
[..]


n'a pas de passage spécifique sur l'avortement et la contraception, mais sur l'adultère, autre sujet très délicat en cette période où les moeurs se sont effondrés. La vision du remariage en cas d'adultère vaut lecture.


philosophe et apologiste athénien, une référence pour Méthode d'Olympe. Saint Épiphane de Salamine (Panarion) et saint Photios le grand (Bibliothèque) le citent aussi. Il dirigea la première école (didaskaleion) d'Alexandrie à l'époque d'Hadrien et Antonin, et c'est à eux qu'il adressa ce discours apologétique.
[..]
"Celles qui recourent à des moyens abortifs commettent un crime et devront rendre compte de leurs avortements devant Dieu (..): le foetus est un être vivant, et pour cette raison, Dieu a soin de lui" (L. XXXXV, 6)
[..]

nb: je n'ai pas le temps ni le courage d'aller replonger chez Tertullien & saint Cyprien de Carthage, de même que saint Cyril d'Alexandrie, mais de mémoire, je suis 100% certain qu'au moins 2 sur 3 en parlent de la même manière, si pas les 3.



à lire aussi :
Jean-Claude LARCHET, Pour une éthique de la procréation. Éléments d'anthropologie patristique, (Théologies), Paris : Cerf, 1998. 24 cm. 175 p. ISBN 2-204-05858-0

27 janvier 2009

Kirill, l'ami du vatican, devient patriarche de Moscou (27.1.2009)

Comme prévisible, c'est le plus riche, le plus puissant, et le plus oecuméniste qui l'a emporté, comme en Roumanie..

Métropolite Kirill élu patriarche de Moscou
http://www.interfax.com/3/466783/news.aspx

MOSCOU. 18h13 GMT, 27 Janvier 2009 (Interfax) - Les délégués à l'assemblée du Concile de l'Église qui se tient à Moscou ont élu le métropolite Kirill de Smolensk & Kaliningrad comme 16ème patriarche de Moscou.
Le métropolite Kirill a obtenu 508 (72%) des 702 votes durant l'élection de ce mardi. Pour être élu patriarche, un candidat devait être soutenu par plus de la moitié des délégués.
169 votes (24%) ont été au métropolite Kliment de Kaluga et Borovsk.
Le métropolite Filaret de Minsk et Slutsk, qui avait aussi été choisi comme candidat patriarche par le Concile des évêques quelques jours auparavant, s'était retiré de l'élection en faveur du métropolite Kirill 2 heures avant le vote final.
va



Le locum tenens, le métropolite Kirill de Smolensk & Kaliningrad, dirige la Liturgie après avoir été élu comme chef de l'Église Orthodoxe de Russie, en la cathédrale du Christ Sauveur, Moscou, 27 janvier 2009. L'Église de Russie a élu le réformateur Kirill, 62 ans, comme nouveau chef, ce mardi, pour succéder à Alexis II, décédé le mois dernier. REUTERS/Alexander Natruskin (RUSSIA)



L'Église Orthodoxe de Russie élit un nouveau primat
http://www.unian.net/eng/news/news-297383.html


[27.01.2009 16h47]
Selon l'AP, des centaines de délégués de l'Église Orthodoxe de Russie se sont rassemblés mardi à Moscou pour la première élection d'un patriarche depuis la chute de l'Union Soviétique, régime officiellement athée.
Les 711 électeurs, parmi lesquels ont trouve d'importants hommes d'affaires et personnages politiques de même que des moines et des prêtres, ont jusque mardi pour choisir un successeur à Alexis II, qui est mort le 5 décembre à l'âge de 79 ans. Alexis II avait servit depuis 1990 comme chef spirituel du plus grand et plus riche patriarcat Orthodoxe du monde.
Le nouveau patriarche sera couronné dimanche prochain en la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou, et il parviendra à un énorme pouvoir spirituel. Mais il présidera aussi sur l'immense empire commercial du patriarcat, bâtit grâce à l'aide des exemptions d'impôts et autres concessions gouvernementales depuis la chute de l'Union Soviétique en 1991.
L'Église insiste qu'il ne convient pas de comparer le processus de sélection à une élection séculière, car le nouveau patriarche aurait déjà été choisit par Dieu.
Mais en pratique, parmi les électeurs du patriarche, on trouvera certains de l'élite de Russie liée au pouvoir politique : un propriétaire d'une firme de production de tabac, l'épouse d'un gouverneur, et le fils du président de Trans-Dniestrie, une province dominée par la Russie et ayant fait sécession de la Moldavie.
La présence d'importants personnages politiques parmi les électeurs ne fait que renforcer l'impression que la politique jouera un rôle majeur dans la nomination du nouveau primat d'Église.
Le primat par intérim, le métropolite Kirill de Smolensk et Kaliningrad est le candidat le mieux placé, mais il a au moins 2 concurrents, et les électeurs peuvent aussi proposer leurs propres candidats.
Kirill, 62 ans, a obtenu la plupart des voix – 97 – dans un scrutin secret de responsables ecclésiaux dimanche dernier. Les 2 autres candidats choisis par le Concile des évêques étaient le métropolite Kliment de Kaluga et Borovsk, qui a eu 32 voix, et le métropolite Filaret de Minsk et Slutsk, 16 voix.
Kirill est considéré comme allant plus que probablement chercher à être indépendant du Kremlin et à oeuvrer à de meilleures relations avec le Vatican. En face de lui, il a l'opposition d'un fort mouvement traditionaliste au sein de l'Église, qui le considère comme trop moderniste et bien trop enclin à vouloir un rapprochement avec les catholiques-romains.
Le Kremlin ne soutient ouvertement aucun des candidats. Mais on rapporte que le président Dmitry Medvedev serait proche du métropolite Kliment, 59 ans, qui est soutenu par les traditionalistes.
Filaret, 72 ans, est le primat en Biélorussie, et il maintient de bonnes relations avec Alexander Lukashenko, le très autoritaire président de ce pays.
Dans la Constitution de la Russie post-soviétique, l'Église et l'État sont officiellement séparés, mais l'Église Orthodoxe de Russie a servi l'État presque tout au long de ses 1.000 ans d'histoire, et les liens se sont renforcés depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000.
Certains militants athées russes se plaignent que l'Église aurait façonné sa doctrine pour qu'elle s'accorde avec le gouvernement actuel, qui a justifié le retrait de la Russie d'un style de démocratie à l'occidentale en disant que le pays avait une histoire et une culture uniques.
On remarquera ce lien fort étroit à un détail, la télévision étatique retransmet en direct le Concile.
Dans une longue adresse, Kirill a commencé par habilement remercier l'administration de Medvedev pour "un accueil chaleureux et très bienveillant."
L'Église Orthodoxe de Russie considère que son troupeau compte plus de 100 millions d'âmes en Russie, bien que les sondages montrent que seulement 5% des Russes sont de fidèles pratiquants – pour la plupart des habitants ruraux à faibles revenus et des intellectuels citadins.
Les 2/3 des électeurs sont du clergé, et l'autre tiers des laïcs. Des diocèses d'un peu partout de l'ancienne Union Soviétique ont envoyé des hommes d'affaires, des officiels gouvernementaux et leurs proches pour voter pour le nouveau patriarche – un fait sans précédent que l'Église appelle une "récompense" pour les soutiens et mécènes.
La décision d'ouvrir le vote à de puissantes personnalités de la société civile a suscité d'amères critiques. "C'est une kermesse de vanité," a déclaré le théologien Andrei Kurayev au quotidien Kommersant.
Mais la direction de l'Église a repoussé la critique. "Que devons-nous faire alors, puisque ces gens font partie de notre société et de notre Église?" a demandé le porte-parole de l'Église, le p. Vsevolod Chaplin, rapporté par l'agence de presse Interfax.


note de gestion : Ce blog avait posté la biographie des 2 principaux protagonistes, déjà engagés dans leur course au pouvoir bien avant la mort du précédent patriarche :
http://stmaterne.blogspot.com/2008/03/russiepatriarcat-guerre-de-succession.html. Sujet hautement polémique, pas de commentaires prévus hors du post de Vanitas Vanitatis.

Exposition: Byzantium 330–1453 (Londres)

http://www.royalacademy.org.uk/exhibitions/byzantium/about/


Homélies du moine Jacques Kokkinobaphos, 1100-1150.
Manuscrit, 22,8 x 18 x 7 cm, Bibliothèque nationale de France, Paris, Ms. Gr.1208, fol. 3v.
Photo © Bibliothèque nationale de France, Paris

Icône de l'archange Michel
Constantinople, 12ème siècle.
Détenu à la basilica di San Marco, Venise, Tresoro, inv. no. 16.
photo gracieusement fournie par la Procuratoria di San Marco/Cameraphoto Arte, Venice


Exposant les splendeurs de l'empire de Constantinople, "Byzantium 330–1453" comprend près de 300 objets, dont des Icônes, des fresques murales détachées, des micro-mosaïques, des ivoires, des émaux, plus divers ouvrages en or et en argent. Certaines de ces oeuvres n'ont jamais été exposées auparavant au public.
L'exposition comporte quelques grandes oeuvres tirées du trésor de San Marco à Venise, et des pièces rares venant de collections d'Europe, des USA, de Russie, d'Ukraine et d'Égypte. L'exposition commence avec la fondation de Constantinople en 330 par l'empereur romain Constantin le Grand, et s'achève avec la prise de la ville par les troupes ottomanes de Mehmed II en 1453. C'est la première exposition majeure d'art de Constantinople dans le Royaume Uni depuis 50 ans.
Cette exposition épique a été rendue possible grâce à une collaboration entre la Royal Academy of Arts et le musée Benaki d'Athènes.
"Byzantium 330–1453" suit une progression chronologique couvrant l'étendue, la puissance et la longévité de la production artistique dans l'empire à travers une série de sections à thème. De la sorte, l'exposition explore les origines de Byzance; la naissance et montée en puissance de Constantinople; la menace de l'iconoclasme, lorsque les empereurs bannirent l'art Chrétien figuratif; la renaissance post-iconoclaste; le remarquable crescendo du Moyen Age et les relations étroites entre l'art de Constantinople et les premiers éléments de l'art de la Renaissance en Italie au 13ème et début du 14ème siècle.

encensoir en forme d'église
artiste inconnu, 10-11ème siècle
Argent, 36 cm, Procuratoria di San Marco, Venezia.


Entre 1204 et 1261, Constantinople fut aux mains des Croisés latins, mais le retour des empereurs romains à Constantinople initia une période finale de grande diversité dans l'art. Cet art de Constantinople, des Balkans et de Russie montre la phase finale du raffinement des formes et fonctions distinctivement Orthodoxes, alors que des artistes crétois tels qu'Angelos Akotantos signaient leurs icônes et mélangeaient styles constantinopolitain et italien. Jusqu'à la fin de l'empire romain, survenu avec la chute de Constantinople prise par les Turcs Ottomans en 1453, les manuscrits, micro-mosaïques et ouvrages en métal démontrent la virtuosité de ses artistes.
L'exposition montre la longue histoire de l'art de l'empire romain, et documente les commanditaires et artistes et le monde dans lequel ils vivaient. Se sachant membres de l'empire romain Chrétien, ils croyaient qu'ils représentaient l'aboutissement de la civilisation sur terre. L'art projette une énergie intellectuelle, émotionnelle et spirituelle, et cependant cela reste distingué par l'expression d'une croyance passionnée et d'une grande émotion, dans un art de modération et de retenue.


"Byzantium 330-1453" présente (à gauche) le Calice d'Antioche, en prêt du Metropolitan Museum of Art, New York. Après sa découverte en 1911, l'objet recouvert d'argent a été considéré comme pouvant être le Saint Graal, le calice utilisé par le Christ lors de la Dernière Cène. Des oeuvres majeures du trésor de San Marco (Venise) ont été prêtés à la Royal Academy, dont le Calice des patriarches, décoré (10-11ème s.). Entre autres oeuvres marquantes, une Icône à double face, avec la Vierge Hodegetria au verso et l'Homme de Douleurs au verso (12ème s.) venant du Musée byzantin à Kastoria, un impressionnant coffre en ivoire venant de la cathédrale de Troyes et montrant des scènes de chasse et des cavaliers, ainsi que les homélies du moine Jacques Kokkinobaphos, un manuscrit des années 1100-1150 en prêt de la Bibliothèque Nationale de France, Paris.

La patène de Riha
artiste inconnu – patène avec la Communion des Apôtres, vers 565-578.
Diamètre 35 cm, Byzantine Collection, Dumbarton Oaks, Washington, DC.
Photo © Dumbarton Oaks, Byzantine Collection, Washington, DC


"Byzantium 330–1453" a été organisée par la Royal Academy of Arts et le musée Benaki d'Athènes. L'exposition a été préparée par le professeur Robin Cormack, Courtauld Institute, London, le professeur Maria Vassilaki, University de Thessalie à Volos, et le musée Benaki, et m. Adrian Locke, responsable des expositions à la Royal Academy of Arts.


Le Calice d'Antioche
Syrie, première moitié du 6ème s. Hauteur 19,7cm

En prêt du Metropolitan Museum of Art, New York. The Cloisters Collection, 1950 (50.4). Ce calice d'Antioche, une coupe recouverte d'argent pur découverte en 1911, est inséré dans un support sur lequel sont représentées des images du Christ et de 10 Disciples. D'après sa technique de réalisation, le calice daterait du 6ème siècle. Le professeur Cormack dit qu'un des arguments en faveur de la thèse selon laquelle "la coupe serait le saint Graal est qu'elle a été découverte à Antioche, une ville où ont été trouvées de nombreuses reliques Chrétiennes."
Photo wikimedia

Sponsors
Les J.F. Costopoulos Foundation, A.G. Leventis Foundation, et Stavros Niarchos Foundation sont très fières de soutenir l'exposition "Byzantium 330-1453."
Les 3 fondations se vouent à faire la promotion et à préserver la culture hellénique et l'héritage en Grèce et à l'étranger. De plus, les fondations veillent à exprimer leur soutien actif aux projets de collaboration entre des institutions internationales reconnues, comme celui réalisé dans ce cas présent par le musée Benaki d'Athènes et la Royal Academy of Arts à Londres.
Les J.F. Costopoulos Foundation, A.G. Leventis Foundation, et Stavros Niarchos Foundation possèdent une longue tradition de soutien aux principales expositions d'art de Constantinople, et espèrent qu'à travers leur collaboration avec de telles organisations culturelles renommées, elles aideront à mieux faire connaître et comprendre une culture très importante.



icône en mosaïque de saint Étienne, vers 1108-1113
artiste inconnu, zone de conservation nationale, Sainte-Sophie de Kiev


Angelos, icône de saint Théodore Tyron tuant le dragon, 1425-1450.
Tempera sur bois, 122,8 x 70 cm, musée byzantin et chrétien, Athènes


25 janvier 2009

Fête des amoureux : La force de l'Amour version rock (Bette Midler & Lynyrd Skynyrd)


L'amour... une force inouïe, qui a tout permis sur cette terre. Mais une force pareille à une arme à double tranchant. Car qu'est-ce que ça déchire corps & âme quand c'est rejeté! Qui n'a jamais pleinement expérimenté le "reflux" ne sait pas ce qu'est recevoir la montagne soulevée sur la tête - saint Simon le Tanneur a eu du bol, la montagne est restée en l'air. Assurément question de niveau de foi :-) Et pourtant, des Vaudeville aux romans à l'eau de rose, que d'historiettes de pseudo-amour.. Si seulement ces auteurs savaient ceci : "prier pour le monde, c'est verser son sang" (saint Silouane l'Athonite). Et comme le dit le Christ, il n'est de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime. C'est donc cette prière continue, ce flot ininterrompu, qui est la réponse. Du moins quand la/le rejeté(e) n'est pas tellement blessé que plus rien ne surgit du coeur déchiré...
Et puis il y a aussi l'horreur pure que sont les quiproquo, ces hasards malheureux qui laissent croire à l'un(e) que l'autre veut s'en aller ou est partagé(e) de coeur.. le démon sait y faire pour détruire ce qu'il hait le plus...

Je dédie cette page très "rock" à tous les amoureux. Et aussi à tous les malades d'amour qui se sont vu un jour blessés d'amour, voire refuser leur "remède" terrestre.. seul le remède céleste ne leur sera jamais refusé, mais il faut l'avouer, quand le terrestre est refusé, bon Dieu, qu'on a du mal à avaler le céleste...

Ceux qui ont le bonheur de s'aimer se retrouveront dans les 2 premières et la dernière chanson. Ceux qui n'ont plus ou pas ce bonheur se retrouveront dans la 3ème ou la 4ème, selon le cas. Je souhaite à tout le monde de pouvoir un jour, et une bonne fois pour toutes, se retrouver pleinement dans les 2 premières et la dernière...

Le 25 janvier, c'est la fête des amoureux, puisqu'on en fête la sainte patronne. Elle s'occupe aussi bien de ceux qui ont l'amour réciproque et aspirent à le conserver, le préserver et le protéger, que de ceux qui l'ont perdu, ou le voient disparaître et ne savent plus que faire. Dans ce cas, on dit souvent qu'on ne sait plus à quel saint se vouer. Hé bien justement, sainte Dwynwen est là pour ces cas-là. Et ça ne coûte rien d'essayer ;-)
http://stmaterne.blogspot.com/2007/01/251-fte-orthodoxe-des-amoureux-sainte.html

Et quand l'être aimé a vraiment tourné la page dans son coeur, que sainte , il reste à prier sainte Godelieve..
http://stmaterne.blogspot.com/2008/07/sainte-godelieve-martyre-patronne-des.html




The rose (1979)

Some say love, it is a river, that drowns the tender reed
Some say love, it is a razor, that leaves your soul to bleed
Some say love, it is a hunger, an endless aching need
I say love, it is a flower, and you, its only seed

Its the heart afraid of breaking, that never learns to dance
Its the dream afraid of waking, that never takes the chance
Its the one who wont be taken, the one who cant seem to give
et cette âme, ayant si peur de mourir, qu'elle n'apprend jamais à vivre..

When the night has been too lonely and the road has been too long
And you think that love is only for the lucky and the strong
Just remember that in the winter, far beneath the bitter snow
Lies the seed, that with the suns love in the spring becomes the rose.




La Rose

Certains disent que l'amour, c'est un fleuve noyant le tendre roseau
Certains disent que l'amour, c'est un rasoir qui laisse l'âme saignante
Certains disent que l'amour, c'est une infinie et dévorante faim
Moi je dis que l'amour, c'est une fleur, et toi, tu en es l'unique semence

C'est le coeur qui a peur de casser, et qui jamais n'apprend à danser
C'est le rêve qui a peur de se réveiller, et qui ne s'en donne jamais l'occasion
C'est celui qui ne veut pas être pris, celui qui ne semble pas vouloir donner
et cette âme, ayant si peur de mourir, qu'elle n'apprend jamais à vivre..

Quand la nuit a été trop solitaire, et que la route a été trop longue
Et que tu penses que l'amour, ce n'est que pour le chanceux et pour le fort
Souviens-toi au moins qu'en hiver, tout en dessous de l'amère neige
Se cache la graine, qui avec l'amour du soleil au printemps, devient la rose.


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Chanson provenant de l'album "Experience the divine"
http://en.wikipedia.org/wiki/Experience_the_Divine
"Experience the Divine: Greatest Hits" est un disque de compilation de chansons de la chanteuse nord-américaine Bette Midler, comportant plusieurs de ses meilleures interprétations. La 14ème édition a été publiée par Atlantic Records en 1993. Avant cela, plusieurs compilations des plus grands morceaux de Midler avaient été publiés en Grande-Bretagne, Europe, Scandinavie, Australie, Nouvelle Zélande et Japon dans les années 1970 & 1980.



http://en.wikipedia.org/wiki/The_Rose_(song)
"The Rose" est une chanson "pop" écrite par Amanda McBroom, et rendue célèbre par la chanteuse Bette Midler dans le film "The Rose" en 1979. Depuis lors, elle a été chantée par quantité d'artistes.
Cette chanson est un encouragement pour ceux qui ont peur d'échouter (en amour, entre autres choses), au point qu'ils en arrivent à ne même plus essayer, comme le dit ce verset "et cette âme, ayant si peur de mourir, qu'elle n'apprend jamais à vivre.."
La chanson du film "The Rose," a été n°3 au top parade des 100 meilleures chansons des USA, et n°1 au classement de chansons adultes contemporaines, et été disque d'or RIAA.




Un autre chant d'amour tout simplement splendide de profondeur vient des "troubadours des bikers de l'Alabama"

Lynyrd Skynyrd : Simple Man
(gary rossington - ronnie vanzant)

Mama told me when I was young
Come sit beside me, my only son
And listen closely to what I say.
And if you do this
It will help you some sunny day.
Take your time... don't live too fast,
Troubles will come and they will pass.
Go find a woman and you'll find love,
And don't forget son,
There is someone up above.

(chorus)
And be a simple kind of man.
Be something you love and understand.
Be a simple kind of man.
Won't you do this for me son,
If you can?

Forget your lust for the rich mans gold
All that you need is in your soul,
And you can do this if you try.
All that I want for you my son,
Is to be satisfied.

(chorus)

Boy, don't you worry... you'll find yourself.
Follow you heart and nothing else.
And you can do this if you try.
All I want for you my son,
Is to be satisfied.

(chorus)




Vivre simplement

Quand j'étais jeune, Maman me disait
Viens mon unique fils, assieds-toi près de moi
Et écoute bien ce que je vais te dire.
Et si tu fais tout cela
Ca t'amènera des jours ensoleillés.
Prends ton temps.. ne vis pas trop vite,
Les ennuis viendront, et ils s'en iront.
Trouve-toi une femme, et tu trouvera l'amour,
Et n'oublie pas fils,
Qu'il y a Quelqu'Un au Ciel.

(refrain)
Et vis simplement,
Sois quelqu'un que tu aime et comprenne.
Vis simplement,
Veux-tu bien faire cela pour moi, fils,
Si tu le peux?

Oublie ton envie pour l'or des riches
Tout ce dont tu as besoin est dans ton âme,
Et tu y parviendras si tu essaie.
Tout ce que je veux pour toi, mon fils,
C'est que tu sois heureux.

(refrain)

Fiston, ne t'en fais pas.. tu te trouveras.
Suis ton coeur et rien d'autre.
Et tu y parviendras si tu essaie.
Tout ce que je veux pour toi, mon fils,
C'est que tu sois heureux.

(refrain)


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Quel texte magnifique.. et pourtant, ce groupe... en général... même s'ils font ici référence implicite à Dieu..





d'où quand tout n'est pas au top dans la relation, ils proposent plutôt de vivre selon l'esprit de ce monde, "oiseau libre comme l'air"...

Lynyrd Skynyrd - Freebird
(allen collins - ronnie vanzant)

If I leave here tomorrow
Would you still remember me?
For I must be travelling on, now,
cause theres too many places I've got to see.
But, if I stayed here with you, girl,
Things just couldn't be the same.
cause I'm as free as a bird now,
And this bird you can not change.
Lord knows, I can't change.

Bye, bye, its been a sweet love.
Though this feeling I can't change.
But please don't take it badly,
cause Lord knows I'm to blame.
But, if I stayed here with you girl,
Things just couldn't be the same.
Cause I'm as free as a bird now,
And this bird you'll never change.
And this bird you can not change.
Lord knows, I can't change.
Lord help me, I can't change.


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C'est humainement compréhensible, car il fait souffrir, l'amour repoussé..

Kenny Rogers & Sheena Easton - We've Got Tonight
I know it's late
I know you're weary
I know your plans don't include me
Still here we are
Both of us lonely

Longing for shelter from all that we see
Why should we worry?
No one will care, girl
Look at the stars now, so far away

We've got tonight
Who needs tomorrow?
We've got tonight, babe, why don't you stay?

Deep in my soul
I've been so lonely
All of my hopes now so fading away
I've longed for love
Like everyone else does
I know I'll keep searching after today

So there it is, girl
We've got it all now
And here we are, babe
What do you say?

We've got tonight
Who needs tomorrow?
We've got tonight, babe, why don't we stay?

I know it's late and I know you're weary
I know your plans don't include me
Still here we are
Both of us lonely , both of us lonely

We've got tonight
Who needs tomorrow?
Let's make it last
Let's find a way
Turn out the light, come take my hand now
We've got tonight, babe,why don't we stay?
We've got tonight, babe,why don't we stay?


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Seul l'amour vrai & réciproque, donc doublement enraciné dans le Christ, peut tenir face aux tempêtes que le démon déchaîne contre ce monde qu'il hait..


Alors ainsi unis, on est comme une île dans le courant fou qui emporte ce monde, on est enracinés, invincibles...


Kenny Rogers & Dolly Parton - "Island In The Stream"
Baby, when I met you
There was peace unknown
I set out to get you
With a fine tooth comb
I was soft inside
There was something going on

You do something to me
That I can't explain
Hold me closer and I feel no pain
Every beat of my heart
We got something going on
Tender love is blind
It requires a dedication
All this love we feel
Needs no conversation
We can ride it together, ah-ha
Making love with each other, ah-ha

Islands in the stream
That is what we are
No one in between
How can we be wrong
Sail away with me
To another world
And we rely on each other, ah-ha
From one lover to another, ah-ha

I can't live without you
If the love was gone
Everything is nothing
If you got no one
And you did walk in the night
Slowly losing sight of the real thing

But that won't happen to us
And we got no doubt
Too deep in love and we got no way out
And the message is clear
This could be the year for the real thing

No more will you cry
Baby, I will hurt you never

We start and end as one
In love forever
We can ride it together, ah-ha
Making love with each other, ah-ha

Islands in the stream
That is what we are
No one in between
How can we be wrong
Sail away with me
To another world
And we rely on each other, ah-ha
From one lover to another, ah-ha

Sail away

[Instrumental Interlude]

Ooooh, come sail away with me

Islands in the stream
That is what we are
No one in between
How can we be wrong
Sail away with me
To another world
And we rely on each other, ah-ha
From one lover to another, ah-ha

Islands in the stream
That is what we are
No one in between
How can we be wrong
Sail away with me
To another world
And we rely on each other, ah-ha
From one lover to another, ah-ha


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