"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

02 avril 2010

Mourir, aimer, pleurer.... (prière de saint Augustin d'Hippone)

Depuis les années à présent que le Christ m'a attiré en Son Église, j'ai eu l'occasion de participer à plusieurs funérailles et commémorations funéraires en rite Orthodoxe oriental. Un des points qui m'a toujours frappé, c'est le peu de larmes versées. Mieux, dans certains cas, la joie.

Je crois que cette prière attribuée à saint Augustin, évêque d'Hippone, rend bien compte du pourquoi de cet état d'esprit. Je la trouve à sa place pour ce Vendredi Saint (2010)




Ne pleure pas si tu m'aimes
Si tu savais le don de Dieu et ce que c'est que le Ciel !
Si tu pouvais d'ici,
entendre le chant des Anges
et me voir au milieu d'eux !
Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux
les horizons et les champs éternels,
les sentiers où je marche !
Si, un instant, tu pouvais contempler, comme moi,
la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent !

Quoi ! tu m'as vue, tu m'as aimée dans le pays des ombres,
et tu ne pourrais ni me revoir, ni m'aimer encore
dans le pays des immuables réalités ?

Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens
comme elle a brisé ceux qui m'enchaînaient,
et quand un jour que Dieu connait et qu'il a fixé,
ton âme viendra dans le Ciel où l'a précédée la mienne,
ce jour-là, tu reverras celle qui t'aimait et qui t'aime encore,
tu en retrouveras les tendresses épurées.

A Dieu ne plaise qu'entrant dans une vie plus heureuse,
infidèle aux souvenirs et aux joies de mon autre vie,
je sois devenue moins aimante !
Tu me reverras donc, transfigurée dans l'extase et le bonheur,
non plus attendant la mort,
mais avançant d'instant en instant,
avec toi qui me tiendra la main,
dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie,
buvant avec ivresse aux pieds de Dieu
un breuvage dont on ne se lasse jamais
et que tu viendras boire avec moi.

Essuie tes larmes et ne pleure plus, si tu m'aimes.


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