"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

13 mai 2010

Le Vainqueur revient... (Ascension - Dynamis)

Вознесение Господне - l'Ascension du Seigneur


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Isaïe 62,10-63,3; 63,7-9 – seconde lecture pour les Vêpres de l'Ascension de notre Seigneur Jésus-Christ

Passez, passez par les portes, préparez le chemin pour Mon peuple, nivelez, nivelez la route, ôtez-en les pierres. Élevez un signal pour les peuples. Voici que le Seigneur Se fait entendre jusqu’à l’extrémité de la terre: Dites à la fille de Sion: Voici que vient ton Salut, voici avec Lui Sa récompense, et devant Lui son Salaire. On les appellera: "Le peuple saint", "Les rachetés du Seigneur." Quant à toi on t’appellera: "Recherchée", "Ville non délaissée." Quel est donc Celui-ci Qui vient d’Édom, de Boçra en habits éclatants, magnifiquement drapé dans son manteau, s’avançant dans la plénitude de Sa force? "C’est Moi Qui parle avec justice, Qui suis puissant pour sauver." -Pourquoi ce rouge à Ton manteau, pourquoi es-Tu vêtu comme Celui qui foule au pressoir? -A la cuve J’ai foulé solitaire, et des gens de Mon peuple, pas un n’était avec Moi. Alors Je les ai foulés dans Ma colère, Je les ai piétinés dans Ma fureur, leur sang a giclé sur Mes habits, et J’ai taché tous Mes vêtements […] Je vais célébrer les grâces du Seigneur, les louanges du Seigneur, pour tout ce que le Seigneur a accompli pour nous, pour Sa grande bonté envers la maison d’Israël, pour tout ce qu’Il a accompli dans Sa miséricorde, pour l’abondance de Ses grâces. Car Il dit: "Certes, c’est Mon peuple, des fils qui ne vont pas Me tromper"; et Il fut pour eux un Sauveur. Dans toutes leurs angoisses, ce n’est pas un messager ou un ange, c’est Sa face qui les a sauvés. Dans Son amour et Sa pitié, c’est Lui Qui les a rachetés, Il S’est chargé d’eux et les a portés, tous les jours du passé.



Le Vainqueur revient : Isaïe 62,10-63,3; 63,7-9, en particulier 63,3 & 7 : "A la cuve J’ai foulé solitaire, et des gens de Mon peuple, pas un n’était avec Moi. Alors Je les ai foulés dans Ma colère, Je les ai piétinés dans Ma fureur, leur sang a giclé sur Mes habits, et J’ai taché tous Mes vêtements. […] Je vais célébrer les grâces du Seigneur, les louanges du Seigneur, pour tout ce que le Seigneur a accompli pour nous, pour Sa grande bonté envers la maison d’Israël, pour tout ce qu’Il a accompli dans Sa miséricorde, pour l’abondance de Ses grâces."

Les armées célestes furent pleine d'étonnement lorsque le Fils de Dieu descendit de Son trône céleste et vint ici sous l'apparence d'un homme (Phil. 2,7). Quelle merveille de Dieu!

Saint Jean Damascène présentait de la manière suivante la perplexité de l'Archange Gabriel face à l'Incarnation : "Comment donc Celui Qui est au plus haut des Cieux, Qui est incompréhensible, peut-Il naître d'une Vierge? Celui dont le trône est le Ciel, et la terre le marche-pied, comment pourrait-Il être contenu dans le sein d'une femme? Comment a-t'Il pu accepter d'être incarné d'elle uniquement pour une parole de sa part, Lui que les anges aux 6 ailes et nombreux yeux ne sauraient contempler?"

Et par la suite, lorsque le Seigneur fit Son triomphal retour dans les Cieux, une autre merveille se réalisa devant les Anges : le Christ amena éternellement la nature humaine auprès du Père – unissant à jamais la créature, l'homme, à la Divinité. Le Seigneur revint au Ciel comme homme puissant, faible en apparence, bien qu'Il n'avait jamais été séparé de Son trône. Nous avons aussi ici une image de Son vêtement tâché du sang qui a coulé lorsqu'Il passa par le pressoir de Sa Passion. C'est celui-là qu'Il apporta au Ciel comme signe de Sa victoire sur nos grands ennemis à la Croix, car là, Il a écrasé le péché, Satan et par la mort Il a vaincu la mort.

Isaïe a rassemblé pour nous toutes ces images, comme nous les voyons dans cette brève lecture vespérale pour la Fête de l'Ascension. Il déploie un portrait du "Guerrier Sauveur" revenant en une triomphale procession, et reprenant Sa place légitime sur Son trône céleste. L'image que présente le prophète par ses paroles comporte aussi un commandement du Seigneur pour Son Église : "préparez le chemin pour Mon peuple.." (v. 62,10). La péricope comporte aussi cette autre réponse au questionnement des anges (v.3), et elle conclu par une réflexion prophétique à propos de l'Ascension elle-même (v. 7-9).

La prophétie révèle d'abord que la totalité du ministère terrestre du Seigneur, faisant suite à Son Incarnation de la Vierge, était pour l'Église, ".. la fille de Sion" (v. 11), que le Seigneur appelle "Mon peuple" (vs. 10,8). Il ne permettra pas que subsiste le moindre obstacle dans notre chemin vers le Ciel : "ôtez-en les pierres. Élevez un signal pour les peuples" (v. 10). Ce qu'Il a accompli n'était pas seulement pour le bien du peuple de l'ancien Israël, mais est à présent une norme pour Lui rallier tous les peuples de la terre (v. 10), et c'est pour cela qu'Il a donné mission aux Apôtres de faire ".. de toutes les nations de la terre des disciples," les envoyant ainsi à travers le monde (Mt 28,19). Remarquez que l'Église est appelée "..le peuple saint", "Les rachetés du Seigneur." Quant à toi on t’appellera: "Recherchée", "Ville non délaissée" (Is. 62,12).

Dans cette prophétie, le Seigneur Jésus Lui-même répond au questionnement des Anges. Puisque nul homme n'aurait su racheter l'humanité (vs. 3,5), parlant de Satan et de ses serviteurs, Il dit : ".. Je les ai foulés dans Ma colère, Je les ai piétinés dans Ma fureur, leur sang a giclé sur Mes habits, et J’ai taché tous Mes vêtements" (v. 3).

Isaïe nous partage sa crainte et son émerveillement face à ce que Dieu révèle : "Je vais célébrer les grâces du Seigneur, les louanges du Seigneur, pour tout ce que le Seigneur a accompli pour nous" (v. 7). Et les fidèles accueillent leur Sauveur, car à présent ils savent que le Christ Lui-même est le Salut (v. 8). Aucun ange, aucun prophète ne nous a sauvés, mais le Seigneur Lui-même, car Il nous aime et nous épargne (v. 9). "C’est Lui Qui les a rachetés, Il S’est chargé d’eux et les a portés, tous les jours du passé" (v. 9). Gloire à Toi, O Christ!

O Toi Qui remplit tout, et Qui est venu parmi nous par Ta propre volonté, et a souffert dans la chair, et S'est relevé d'entre les morts, et a vaincu la mort par la mort, montant au Ciel en gloire, envoie-nous Ton Esprit.


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