"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

08 février 2011

Conversion d'un éminent théologien catholique-romain à l'Orthodoxie (Hiéromoine Gabriel, Suisse)


Orthodoxy and the world : En tant que théologien, vous vous êtes souvent exprimé sur le problème de la séparation entre Occident et Orient. Pourrions-nous dire que votre conversion à l'Orthodoxie serait le résultat de votre réflexion sur ce sujet?

P. Gabriel : Lorsque j'étais en Grèce et que j'ai commencé à me tourner vers le Christianisme Orthodoxe, j'ai commencé à ressentir avec beaucoup de souffrance le schisme entre Orient et Occident. Cela a cessé d'être une théorie abstraite, ou un chapitre dans un livre d'Histoire ecclésiastique, mais plutôt quelque chose qui affectait directement ma vie spirituelle. C'est pourquoi la conversion à l'Orthodoxie a commencé à sembler être une étape très logique. Pendant ma jeunesse, j'espérait avec sincérité que l'union des christianismes occidentaux et orientaux serait possible. J'espérais de tout mon coeur que cela se produise. Et j'avais alors quelques raisons d'y croire. Au deuxième Concile de Vatican, il y avait des observateurs de l'Eglise Orthodoxe de Russie, dont l'actuel métropolite de saint Petersbourg et Ladoga, Vladimir (Kotlyarov). A l'époque, le métropolite Nikodim (Rotov) était très actif dans les affaires internationales. Nombre de gens pensaient que les 2 Eglises étaient occupées à se rapprocher, et finiraient par se retrouver à un moment donné. Mon rêve était en train de devenir de plus en plus réel. Mais au fur et à mesure que j'ai vieilli et appris à connaître les choses en profondeur, j'ai cessé de croire à la possibilité de réconciliation des 2 Eglises en termes d'unité institutionnelle et d'offices divins. Que devais-je alors faire? Je ne pouvais qu'aller rechercher pour moi-même cette unité, individuellement, en la restaurant dans une âme séparée, la mienne. J'ai simplement suivi ma conscience, et je suis venu à l'Orthodoxie.

OatW : N'est-ce pas une opinion un peu extrême?
P.G. : Pendant que j'étais encore en Grèce, et encore catholique-romain, j'ai pris conscience que c'était l'Occident qui s'était séparé de l'Orietn, et non pas l'inverse. A ce moment-là, c'était quelque chose d'inconcevable pour moi. J'ai eu besoin de temps pour comprendre et accepter cela.. Mais les faits sont les faits : ce que nous appelons aujourd'hui le christianisme occidental était né d'une séries de ruptures en chaîne avec l'Orient..."
Hiéromoine Gabriel Bunge, éminent moine et théologien catholique-romain, devenu Chrétien Orthodoxe en août 2010
http://www.pravoslavie.ru/english/44489.htm

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