"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

10 avril 2011

Introduction à la Prière de Jésus (princesse Ileana de Roumanie / abbatissa Alexandra)


Mère Alexandra, abbesse / abbatissa / higoumena
Ileana, Princesse de Roumanie, 1909-1991

La princesse Ileana était la fille du roi Ferdinand et de la reine Marie de Roumanie. Après s'être mariée et avoir élevé 6 enfants, elle est rentrée comme novice au monastère du Voile à Bussy-en-Otte, France, en 1961. Elle y fit profession monastique en 1967, et plus tard dans l'année, elle fonda le monastère de la Transfiguration à Ellwood City, Pennsylvanie, le premier monastère anglophone pour femmes aux États-Unis d'Amérique. Elle s'endormit dans le Seigneur le 21 janvier 1991, et est enterrée dans le monastère qu'elle a fondé.


http://www.deathtotheworld.com/writings/writings/princessileana/introtojesusprayer.html


INTRODUCTION À LA "PRIÈRE DE JÉSUS"
par son altesse royale la princesse Ileana de Roumanie


Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur.

J'ai souvent lu la Prière de Jésus dans des livres de prière, et l'ai entendue à l'église, mais mon attention n'a été attirée sur elle qu'il y a quelques années, en Roumanie, dans un petit monastère à Sâmbata, blotti au pied des Carpathes, au coeur d'une profonde forêt, avec sa petite église blanche qui se reflète dans une étendue d'eau montagneuse claire comme le cristal. J'y avais rencontré un moine qui pratiquait "la prière du coeur." Une paix profonde et un grand silence régnaient à l'époque à Sâmbata. C'était un lieu de repos et de force – je prie Dieu qu'il en soit toujours ainsi.



J'ai parcouru bien du chemin depuis que j'ai été à Sâmbata, et depuis lors la Prière de Jésus repose en mon coeur comme un précieux don. Elle y était restée inactive jusqu'il y a quelques années, jusqu'à ce que je lise le "Récit du Pèlerin Russe." Depuis lors, j'ai cherché à la pratique continuellement. Parfois je la manque; néanmoins, la prière a ouvert en mon coeur et en mon âme d'incroyables panoramas.

La Prière de Jésus, ou Prière du Coeur, se centre sur le Saint Nom. On peut la dire en entier, "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur." On peut changer en "de nous, pécheurs," ou nommer quelqu'un, ou elle peut être abrégée. Sa puissance se trouve dans le Nom de Jésus. Ainsi, "Jésus" pourrait, seul, suffire à combler celui qui prie.

Cette prière remonte au Nouveau Testament, et a une longue tradition d'utilisation. La méthode de contemplation basée sur le Saint Nom est attribuée à saint Syméon, appelé "le Nouveau Théologien" (949-1022). A l'âge de 14 ans, saint Syméon a eu la vision d'une lumière céleste, qui lui a donné la sensation d'être séparé de son corps. Surpris, et rempli d'une joie inexprimable, senti une humilité consummante s'emparer de lui, et il s'écria, empruntant la prière du Publicain (Lc 18,13) "Seigneur Jésus, aie pitié de moi." Bien après que la vision eu disparue, cette grande joie revint à saint Syméon à chaque fois qu'il répéta la prière, et il enseigna à ses disciples de prier de la même manière. La prière évolua vers sa forme plus complète : "Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur." C'est sous cette forme qu'il nous est arrivé à travers des générations et générations de pieux moines et laïcs.

L'invocation du Saint Nom n'est pas une exclusivité de l'Église Orthodoxe, mais est aussi utilisée par des catholiques-romains, des anglicans, et des protestants, quoiqu'à un moindre degré. Sur le Mont Sinaï et sur le Mont Athos, les moines ont tout un schéma de contemplation basé sur cette simple prière, pratiquée dans un complet silence. Ces moines sont appelés les hésychastes.

Saint Grégoire Palamas (1296-1359), le dernier parmi les grands Pères de l'Église, est devenu le grand promoteur des hésychastes. Il gagna, après une longue et difficile bataille, une place incontestable pour la Prière de Jésus et l'hésychasme dans l'Église. Au 18ème siècle, lorsque tsarisme frappa durement le monachisme en Russie, et que les Turcs écrasèrent l'Orthodoxie en Grèce, le monastère de Neamtzu en Moldavie (Roumanie) devint un des grands centres de la Prière de Jésus.

Cette Prière est tenue pour être magnifiquement spirituelle car elle se concentre pleinement sur Jésus: toutes les pensées, les efforts, les espoirs, la foi et l'amour sont répandus en dévotion à Dieu le Fils. Cela accompli 2 directions basiques du Nouveau Testament. Dans l'une, Jésus dit : "Je vous le dit, tout ce que vous demanderez au Père en Mon Nom, Il vous le donnera. Jusqu'à présent, vous n'avez rien demandé en Mon Nom : demandez, et vous recevrez, afin que votre joie soit complète" (Jn 16,23-24). Dans l'autre, nous avons l'invitation de saint Paul à prier sans cesse (1 Thess. 5,17). De plus, elle suit les instructions du comment prier données par Jésus (qu'Il donna à Ses disciples lorsqu'Il leur apprit le Notre Père) : "quand tu prie, retire-toi dans ta chambre la plus haute, ferme ta porte, et prie ton Père qui est dans le secret, et ton Père qui te voit dans le secret te récompensera grandement" (Mt 6,6).
Et Jésus a enseigné que toute inspiration, bonne ou mauvaise, provient du coeur de l'homme : "L’homme bon, du bon trésor de son coeur, tire ce qui est bon, et celui qui est mauvais, de son mauvais fond, tire ce qui est mauvais; car c’est du trop-plein du coeur que parle sa bouche" (Lc 6,45).

Sur ces préceptes-là, ainsi que beaucoup d'autres du Nouveau comme de l'Ancien Testament, les saints Pères, déjà bien avant saint Syméon, se sont basés pour une prière fervente et simple. Ils ont développé une méthode de contemplation dans laquelle la prière incessante devient aussi naturelle que la respiration, suivant la cadence du rythme cardiaque.

Toutes les voies qui mènent à Dieu sont parsemées d'embûches, car l'ennemi, satan, essaie toujours de nous faire chuter. Il attaque naturellement le plus fort lorsque nous sommes bien en chemin vers notre Salut, car c'est bien ce qu'il s'efforce le plus d'empêcher. Dans la prière mystique, les tentations que nous rencontrons dépassent toutes les autres en termes de danger. Car nos pensées se situent à un niveau plus élevé, d'où les illusions deviennent plus subtiles. Quelqu'un a dit que "la mystique a commencé dans le brouillard et s'est achevée dans le schisme." Cette remarque cynique, qui vient d'un incroyant, comporte cependant une part de vérité. La mystique n'est de valeur réelle que lorsqu'elle est pratiquée avec une absolue sobriété.

A une certaine époque, une controverse a éclaté à propos de certains hésychastes, qui avaient chuté et pratiquaient des actes de piété et de jeûne excessifs, car ils avaient perdu le sens de la modération, à propos duquel l'Église accorde une si grande importance. Nous ne devons pas nous arrêter aux mauvais usages de la Prière de Jésus, sinon pour réaliser que toutes les exagérations sont nuisibles, et que nous devrions toujours pratiquer avec retenue. "La pratique de la Prière de Jésus est la forme traditionnelle pour accomplir l'injonction de l'Apôtre Paul à 'prier sans cesse': elle n'a rien à voir avec le mysticisme qui est l'héritage d'un passé païen."

L'Église Orthodoxe est empreinte d'une profonde vie mystique, qu'elle garde et renforce de la solidité de ses règles traditionnelles. C'est pourquoi ses mystiques s'égarent rarement. "La 'vie ascétique' est une vie dans laquelle prévalent les vertus 'acquises', c-à-d les vertus résultant d'un effort personnel, uniquement accompagné de la grâce générale que Dieu accorde à toute bonne volonté. La "vie mystique" est une vie dans laquelle les dons de l'Esprit Saint prédominent sur les efforts humains, et dans laquelle les vertus "infuses" prédominent sur les vertus "acquises." L'âme est devenue plus passive qu'active. Prenons une comparaison classique. Entre la vie ascétique, c-à-d la vie dans laquelle l'action humaine prédomine, et la vie mystique, c-à-d la vie dans laquelle l'action de Dieu prédomine, il y a la même différence qu'entre un bateau à rames et un bateau à voiles. La rame est l'effort ascétique, la voile est la passivité mystique qui est déployée pour attraper le vent divin. La Prière de Jésus est le coeur de la prière mystique, et elle peut être utilisée par tout un chacun, à n'importe quel moment. Il n'y a rien de mystérieux en elle – ne confondons pas mystérieux et mystique. Nous commençons en suivant les préceptes et exemples fréquemment donnés par notre Seigneur. Tout d'abord, un endroit calme - "Venez vous-mêmes à l’écart, dans un lieu désert, et reposez-vous un peu" (Mc 6,31); "mettant votre honneur à vivre calmes" (1 Thess 4,11). Puis priez en secret – seul et en silence.

Je pense qu'il serait utile que j'explique "prier en secret, seul et en silence."
"Secret" doit être comprit comme il est utilisé dans la Bible : par exemple, Jésus nous dit de donner la charité secrètement – que la main gauche ignore ce que donne la droite. Nous ne devrions pas faire étalage de nos dévotions, ni nous en vanter.
"Seul" signifie de nous séparer de notre environnement immédiat et des influences qui perturbent. Cependant, nous ne sommes en réalité jamais aussi bien entourés que lorsque nous prions ".. enveloppés que nous sommes d’une si grande nuée de témoins.." (Héb. 12,1). Les témoins sont tous ceux qui prient: les Anges, Archanges, saints et pécheurs, les vivants et les morts. C'est dans la prière, en particulier la Prière de Jésus, que nous devenons particulièrement conscients d'appartenir au Corps vivant du Christ.
"En silence", cela veut dire que nous n'exprimons pas notre prière de manière audible. Nous ne méditons pas non plus sur les paroles, nous les utilisons simplement pour aller au delà d'elles, vers l'essence en elle-même.

Ce n'est pas facile, avec nos vies surchargées, et pourtant on peut y parvenir – chacun d'entre nous peut arriver à trouver quelques minutes pendant lesquelles utiliser une prière qui n'est composée que de quelques paroles, ou même d'un seul mot. Cette prière devrait être répétée paisiblement, sans se hâter, consciemment. Chaque pensée devrait être concentrée sur Jésus, oubliant tout le reste, tant les joies que les peines. Toute pensée qui égare, même bonne ou pieuse, peut devenir un obstacle.

Quand vous embrassez quelqu'un qui vous est cher, vous ne vous arrêtez pas pour méditer sur le comment et le pourquoi vous aimez – non, vous aimez du fond du coeur, tout simplement. Il en est de même lorsque nous embrassons spirituellement le Christ Jésus dans notre coeur. Si nous nous attardons à examiner la profondeur et la qualité de notre amour, cela veut dire que nous nous préoccupons de nos propres réactions, plutôt que de nous donner sans réserve à Jésus – sans rien retenir. Pensez à la prière comme à la respiration, inspirer, expirer; calmez l'esprit et le corps, utilisant le battement du coeur comme rythme. Ne cherchez pas des paroles, mais répétez la Prière, ou rien que le Nom de Jésus, avec amour et adoration. C'EST TOUT! Étrange – tout et bien plus se trouve dans ce tout petit peu!

Il est bon d'avoir des heures régulières pour la prière, et de se retirer à chaque fois que possible dans la même pièce ou au même endroit, si possible devant une Icône. L'Icône est chargée de la présence objective de Celui qui y est dépeint, et dès lors nous assiste grandement dans notre invocation. Les moines et moniales Orthodoxes trouvent qu'utiliser un chapelet (tchotki / komboschini) peut aider à garder l'attention fixée. Ou vous pouvez trouver plus approprié de fermer calmement vos yeux – vous concentrant vers l'intérieur.

La Prière de Jésus peut être utilisée pour le culte comme pour la prière de demande; pour l'intercession, l'invocation, l'adoration, et l'action de grâce. C'est un moyen par lequel nous déposons tout ce qui est en nous, à la fois pour Dieu et l'homme, aux pieds de Jésus. C'est un moyen de communion avec Dieu et avec tous ceux qui prient. Le fait que nous puissions entraîner notre coeur à prier même lorsque nous dormons, nous garde de manière ininterrompue dans la communauté de prière. Ce n'est pas une affirmation en l'air; nombreux ont expérimenté ce fait vivifiant. Bien entendu, nous ne saurons pas atteindre cette continuité de prière dès le départ, mais c'est accessible; car pour tout ce qui vaut la peine d'être entrepris, nous devons "… courir avec constance l'épreuve qui nous est proposée" (Héb. 12,1).

J'ai reçu une preuve éclatante de la communion ininterrompue avec tous ceux qui prie lorsque récemment j'ai subi une intervention chirurgicale. Je suis restée longtemps sous anesthésie. "Jésus" avait été ma dernière pensée consciente, et le premier mot que j'ai prononcé lorsque je me suis réveillée. C'était merveilleux, indescriptible, de bien que je ne savais pas ce qui se passais à propos de mon corps, je n'ai jamais perdu conscience qu'on priait pour moi et que je priais pour moi-même. Après une telle expérience, plus personne ne s'étonnerait qu'il y ait de grandes âmes qui consacrent leur vie exclusivement à la prière.

La prière a toujours été de très grande importance pour moi, et l'habitude que j'ai acquise pendant mon enfance de prier matin et soir ne m'a jamais quittée; mais dans la pratique de la Prière de Jésus, je ne suis qu'une débutante. J'aimerais cependant, comme pour susciter l'intérêt pour cette prière, parce que si je n'ai fait que toucher la frange du vêtement céleste, je l'ai touchée. Et la joie est si grande que j'aimerais la partager avec autrui. Ce n'est pas vraiment la manière de prier habituelle; vous pourriez ne pas y retrouver la joie que moi j'y trouve, car votre chemin pourrait être bien différent – et pourtant aussi gratifiant.

Dans la crainte et dans la joie, dans la solitude et en compagnie, elle est toujours avec moi. Pas seulement dans le silence des dévotions quotidiennes, mais en tout temps et en tout lieu. Elle transforme pour moi les visages tristes en sourires; elle magnifie, comme si on avait enlevé un film protecteur d'une vieille photo et que la couleur apparaissait alors claire et nette, comme la nature un chaud jour de printemps après une petite averse. Même le désespoir s'en retrouve atténué, et la repentance est parvenue à son but.

Lorsque je me lève au matin, elle m'introduit dans la joie au jour nouveau. Lorsque je voyage par air, terre ou mer, elle chante en moi. Lorsque je suis sur une estrade à faire face à mes auditeurs, elle est un encouragement rythmé. Lorsque je rassemble mes enfants autour de moi, elle murmure une bénédiction. Et à la fin d'une journée bien chargée, lorsque je me couche pour me reposer, je donne mon coeur à Jésus : "(Seigneur), entre Tes mains je remet mon esprit." Je dors – mais tout en battant, mon coeur prie : "JÉSUS."



Princesse Ileana de Roumanie - née à Bucarest 23/12/1908 - + Ellwood City (USA) 21/1/1991



ses écrits (traduction anglaise)
http://www.tkinter.smig.net/PrincessIleana/index.htm


livre :


http://www.conciliarpress.com/royal-monastic-princess-ileana-of-romania.html




Le tsarévitch & futur martyr saint Alexei Romanov, avec Nicolas et Ileana de Roumanie, vers 1915



Princesse Ileana à Balcic




Princesse Ileana, à l'hôpital du "Coeur de la Reine"


photos extraites de cette très riche photothèque :
http://www.tkinter.smig.net/PrincessIleana/Gallery/index.htm

5 commentaires:

Antoine a dit…

Pourquoi insistez-vous tellement sur le fait qu’elle était princesse ? Qu’est-ce que ça a de si extraordinaire ? En devenant moniale, elle a volontairement renié ce statut pour entrer dans l’humble anonymat du monachisme. Mais visiblement, ici comme partout, il lui est impossible d’échapper à ce rang qui lui colle à le semelle même après sa dormition. De plus, son enseignement aurait-il moins de valeur si elle était d’origine roturière ? Pourquoi faut-il toujours que l’homme se cherche des idoles. Si vous êtes accro à la starmania lisez « Voici ».

Anonyme a dit…

l'article original que je traduis titre exclusivement sur l'aspect "noblesse" - j'ai rajouté les détails sur l'aspect monastique.
L'aperçu historique me semble utile pour situer le personnage dans son contexte. Peu de nos concitoyens savent que la Roumanie a été une monarchie, ou qu'une princesse peut devenir simple moniale.
Bien entendu, la valeur spirituelle de son témoignage ne dépend pas de sa "naissance." Je pense publier assez d'articles d'origine "roturière" pour que soit évident pour le lectorat. Non?

Pax tecum, ami Antoine!

Antoine a dit…

Merci pour votre réponse et pardonnez-moi d’avoir été si « vif ».
Oui, votre blog est excellent et je le visite quotidiennement. Quel dommage qu’il n’y en ait pas plus du même niveau. À la lecture de vos articles, j’ai toujours le sentiment que nous avons une même conception de la foi orthodoxe. Par contre, je suis excédé de rencontrer tellement de sites dédiés à l’Orthodoxie où règne cet exécrable esprit mondain, petit bourgeois et idolâtre qui fait de l’Esprit l’apanage d’une soi-disante élite sociale et intellectuelle ou d’une nation quelconque. N’allez surtout pas croire que j’ai quelque grief contre les personnes issues de milieux sociaux aisés, car je sais par expérience que l’on peu trouver des personnes formidables et épouvantables dans tous les milieux.
A vrai dire, ce sont les idolâtres de tous poils qui m’irritent. Par exemple, ceux qui par principe sont béat d’admiration devant les renoncements de certains moines mais qui restent totalement indifférents face à la banale lutte de parent(s) qui, ici ou ailleurs, se débatte(nt) héroïquement contre la misère pour assurer un minimum de subsistance à leur famille. Imaginez également ma consternation lorsque après avoir rappelé que St Silouane ou le saint Père Païssios n’étaient pas des lettrés, on m’a fièrement répondu qu’ils auraient été de plus grands saints encore s’ils l’avaient été ……
Comme l’écrivait le regretté Jean-Louis Palierne : « Mais où donc se cache l’Eglise orthodoxe ? »

Pour en revenir à la prière de Jésus connaissez-vous ce chant, véritable guide de cette prière ? :

J’ai quitté le Pharaon,
l’esclavage de l’Egypte,
à la suite de Moïse,
pour gravir le Sinaï

Pour gravir le Sinaï,
O combien je le désire,
Arriver au Saint Sommet,
En disant la prière.

L’ascension est très ardue ;
Seigneur, donne la patience,
Fermeté, force et puissance,
D’acquérir la prière.

Avant tout l’obéissance,
L’Ecriture, la cellule
Et le très sage silence
Affermissent la prière.

Pour pouvoir dire la prière
Il te faudra rejeter
Et chasser de ta pensée
Toute chose de ce monde.

Au début, fais la prière
Vocalement avec labeur
Et plus tard, avec le temps,
Elle descendra dans ton cœur.

Fixe bien ton attention
Sur les mots de la prière
Sinon tu t’égareras
Dans un monde imaginaire.

Le malin est irrité,
Agacé par la prière ;
Ne sois donc pas effrayé
Quand il te ferra la guerre.

Les paroles de la prière
Portent des fruits savoureux ;
Ils sont plus doux que le miel,
Tu ne peux l’imaginer.

Et ne me demande pas
Comment agit la prière
Je ne saurais l’expliquer
Car c’est un divin mystère.

Quand tu verras la prière
Agir au-dedans de toi,
Garde-la soigneusement,
Dans une grande humilité

Révérend Géronda,
Mon Moïse spirituel,
Donne ta bénédiction,
Que j’acquière la prière.

La Vierge Mère du Christ,
L’higoumène mystique,
Elle bénit tous les moines
Et leur donne la prière

Pour gravir le Sinaï,
O combien je le désire,
Arriver au Saint Sommet
En disant la prière.

En disant la prière
Seigneur Jésus-Christ
Fils et Verbe de Dieu
Aie pitié de nous, Amin.

Père Placide le site également à la fin de son livre « La Spiritualité orthodoxe et la Philocalie ». Il y précise qu’il est couramment utilisé à Chypre dans les camps de vacances de jeunes Orthodoxes. S’il vous intéresse, je devrai arriver à en retrouver la partition.

Anonyme a dit…

un article de saint Jean Chrysostome est en attente de publication sur les questions sociales :-)
j'ai préparé hier tout jusque samedi, cerveau chauffe

oui, volontiers, la partition m'intéresserait pour ce beau chant. Je vais d'ailleurs le republier à la fin d'un article d'un moine roumain à propos de la prière, histoire que le texte soit repris par google, que nombreux puissent en profiter

Anonyme a dit…

ah oui, il n'y a rien à pardonner, je suis moi-même aussi vif à la réaction, je comprend quand on est touché par un sujet. Saint Columba d'Iona est resté tel un volcan actif jusque passé la cinquantaine. Puis le feu est devenu cendre qui couve, et là il a porté énormément de fruit. C'est tout le bien que je nous souhaite en cette dernière semaine du Grand Carême : approcher de cette félicité columbienne!