"Ô étrange Église Orthodoxe, si pauvre et si faible, qui se maintient comme par miracle à travers tant de vicissitudes et de luttes. Église de contrastes, à la fois si traditionnelle et si libre, si archaïque et si vivante, si ritualiste et si personnellement mystique.
Église où la perle de grand prix de l'Évangile est précieusement conservée, parfois sous une couche de poussière. Église qui souvent n'a pas su agir, mais qui sait chanter comme nulle autre la joie de Pâques."
P. Lev Gillet ("Un moine de l'Eglise d'Orient)

20 avril 2011

Ne jugez pas vos prêtres, et ne jugez personne (p. Arsenie Papacioc)

http://valahia.wordpress.com/2010/09/12/dont-judge-priests/



La critique est permise, mais juger les prêtres ne l'est pas. Comme dit le dicton, critiquer quelqu'un ou le travail d'autrui, c'est le couronner (et c'est une bonne chose). Mais juger quelqu'un du clergé, le juger dans un contexte où tout le monde tend à critiquer précisément parce que les membres du clergé sont ceux qui communiquent la puissance et la Grâce de Dieu et tout le monde pointe du doigt sans cesse vers eux.. après tout, n'oublions pas qu'ils sont humains, eux aussi. De plus, ils ont la possibilité de se sauver plus facilement que vous, parce qu'ils ont la Grâce et les Mystères de l'Église et les oeuvres et tâches qui leur ont été confiées – et ce qui n'est pas la moindre des choses, ils doivent aussi avoir quelque conscience, ne croyez-vous pas?

Permettez-moi d'ajouter ceci – aucun membre du clergé ne devient ainsi sans la volonté de Dieu. Car Dieu dirige la vie de ces gens-là.

Mais revenons-en à notre point de départ : nous avons tendance à critiquer autrui mais pas nous-mêmes!
Pensez-y – lorsque vous irez là-haut, que vous rencontrerez le Christ, et qu'on vous montrera que vous avez jugé le prêtre – il a fait ceci au lieu de cela, etc. Vous voyez bien.. ce que vous avez fait, c'est juger les faits et gestes du prêtre dans sa vie, et c'est une grosse erreur.



Je vous le redis : peu importe la coupe dont vous buvez le vin – qu'elle soit en cristal ou en terre cuite, ça reste du vin. Et l'on boit le vin du saint Calice, qui contient le Saint Corps et Saint Sang de notre Sauveur. Parce que ce n'est pas la dignité du prêtre qui est responsable de la merveilleuse transformation qui a lieu à ce moment-là, lorsque le vin se change en Saint Sang et le pain en Saint Corps du Christ – mais la Grâce de Dieu!

Dès lors, qu'il soit digne ou indigne, ce qu'accomplit le prêtre dépend de la Grâce, et de rien d'autre. Alors ne vous empressez pas de le juger, car vous commettez ainsi une énorme erreur. Ici je me dois de revenir à une remarque précédente – vous ne devriez juger personne, pas même un terrible assassin – alors sûrement pas non plus un prêtre! Pourquoi voudriez-vous vous immiscer ainsi dans sa vie? Vous en serez sévèrement condamné. Vous avez rejoint le Christ? Priez le Christ, afin d'aider le prêtre.

Mes chers amis, je le répète : nous sommes responsables de toutes les erreurs qui sont commises en ce monde – nous sommes personnellement responsables pour elles, chacun d'entre nous. Voilà. Dès lors nous devons avoir cette attitude de sacrifice. Parce que le Mystère du Salut de l'homme, pour chacun d'entre nous, est porté sur la Croix. Ce que nous devrions en comprendre, c'est que la Croix est le plus grand don sur terre, de la plus haute importance.

Quel devrait alors être votre "sacrifice?" Vous devriez faire le sacrifice de votre jugement d'autrui, ne pas le juger pour quelque erreur qu'il / elle aurait commis(e). Et si vous en êtes arrivé au point de juger ceux qui sont dans l'Église où demeure la Grâce de Dieu et que vous jugez le prêtre, vous commettez une grave, une très grave erreur. Lorsque vous regardez vers l'Église, prenez tous l'habitude de voir le Christ, car il y a cette prière que lit le prêtre à voix basse pendant qu'on chante la première partie du Cherubikon, prière qui dit entre autres ceci : "Car c’est Toi Qui offres et Qui es offert, Qui reçois et Qui es distribué, ô Christ notre Dieu." Alors quoi, si le prêtre est en charge de telles choses? C'est comme si.. "Oui, mais sans toi, Mon prêtre, Je ne sais pas accomplir ces choses," dira le Christ – rien sans la grâce de la prêtrise. Et oui, bien sûr, comme prêtre, cet homme ne vaut peut-être pas grand chose, mais il a la Grâce, et c'est une chose divine. Alors vous vous condamnez terriblement si vous le jugez. Il est responsable de ses actes. Mais vous, d'un autre côté, vous serez tenu grandement responsable de vos actes et des siens aussi, car vous l'aurez jugé.

Un jour, un grand ermite reçu la visite d'un fidèle de son village, qui était venu le voir dans son coin désertique. Dans le village de l'ermite, il y avait un très grand pécheur. L'ermite demanda au visiteur : "Est-ce que notre compatriote X a enfin changé ou est-il encore comme je l'ai toujours connu?" L'homme répondit : "Il n'a pas changé, père." Et l'ermite soupira. Le lendemain, un Ange vint le voir et lui demanda : "Dieu m'envoie vers toi pour te demander ceci : où doit-Il envoyer l'âme de cet homme pécheur, qui est mort la nuit dernière – au Ciel ou dans l'Hadès? Parce que tu l'as jugé." L'ermite se lamenta et se repentit pour le restant de ses jours, afin de recevoir de Dieu un signe de pardon, et il n'en vit pas. Et l'homme qu'il avait jugé était pourtant vraiment un grand pécheur. Mais il l'avait jugé.

Il aurait mieux fait de dire "Oh Dieu, s'il Te plaît, aie pitié de lui, protège-le." Je le répète et j'insiste, et pardonnez-moi d'être répétitif : NOUS sommes coupables des erreurs des autres. Toute la tragédie humaine dépend du désordre dans nos propres vies.

Parce que si quelqu'un parle d'amour, c'est d'amour. Rien à redire. Regardez les choses comme elles sont vraiment. C'est comme ceci : je suis un être humain, avec mains, doigts, etc, rien à redire. Avec un coeur, aussi. Nul ne saurait nier tout cela. L'enseignement Chrétien parle de l'intégrité de la personne humaine. Alors nous n'avons pas à nous occuper de tout un tas de choses qui peuvent nous faire chuter – ou pourrir nos vies. Je vous le redis – ce jugement des autres que nous commettons est si grave que – et je pense l'avoir écrit quelque part – je crois que la plupart des âmes qui sont dans l'Hadès sont des gens qui ont dit du mal de leur prochain. Ils s'excusent eux-mêmes en disant "mais je ne suis pas le seul à médire d'autrui," ou "ne méritait-il pas d'être jugé?" Non. Si quelqu'un est coupable, vous aussi vous êtes coupable de sa culpabilité, car vous n'avez pas prié pour lui – et bien sûr, si vous l'avez jugé, alors vous avez commis une erreur encore plus grave.


Sainte Deborah, Juge dans l'Ancien Testament

Aucun commentaire: